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 Deutéronome 4, 1-10 et 6, 1-9

Texte biblique
4

1 Et maintenant, Israël, écoute les statuts et les ordonnances que je vous enseigne, pour les pratiquer, afin que vous viviez, et que vous entriez dans le pays que l’Éternel, le Dieu de vos pères, vous donne, et que vous le possédiez. 2 Vous n’ajouterez rien à la parole que je vous commande, et vous n’en retrancherez rien, afin de garder les commandements de l’Éternel, votre Dieu, que je vous commande. 3 Vos yeux ont vu ce que l’Éternel a fait à cause de Baal-Péor* ; car tout homme qui était allé après Baal-Péor, l’Éternel, ton Dieu, l’a détruit du milieu de toi ; 4 et vous qui vous êtes tenus attachés à l’Éternel, votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui. 5 Regarde, je vous ai enseigné les statuts et les ordonnances, comme l’Éternel, mon Dieu, me l’a commandé, afin que vous fassiez ainsi au milieu du pays où vous allez entrer pour le posséder. 6 Et vous les garderez et les pratiquerez ; car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples qui entendront tous ces statuts et diront : Quel peuple sage et intelligent que cette grande nation ! 7 Car quelle est la grande nation qui ait Dieu* près d’elle, comme l’Éternel, notre Dieu, [est près de nous], dans tout ce pour quoi nous l’invoquons ? 8 Et quelle est la grande nation qui ait des statuts et des ordonnances justes, comme toute cette loi que je mets aujourd’hui devant vous ? 9 Seulement, prends garde à toi et garde soigneusement ton âme, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, (et afin que, tous les jours de ta vie, elles ne s’éloignent pas de ton cœur, mais que tu les fasses connaître à tes fils et aux fils de tes fils), 10 le jour où tu te tins devant l’Éternel, ton Dieu, à Horeb, quand l’Éternel me dit : Assemble-moi le peuple, et je leur ferai entendre mes paroles, qu’ils apprendront pour me craindre tous les jours qu’ils seront vivants sur la terre, et qu’ils enseigneront à leurs fils 

v. 3 : ou : le Baal de Péor. — v. 7 : ou : qui ait [son] Dieu

6

1 Et ce sont ici les commandements, les statuts, et les ordonnances, que l’Éternel, votre Dieu, a commandé de vous enseigner, afin que vous les pratiquiez dans le pays dans lequel vous passez pour le posséder ; 2 afin que tu craignes l’Éternel, ton Dieu, pour garder, tous les jours de ta vie, toi, et ton fils, et le fils de ton fils, tous ses statuts et ses commandements que je te commande, et afin que tes jours soient prolongés. 3 Et tu écouteras, Israël ! et tu prendras garde à les pratiquer, afin que tu prospères, et que vous multipliiez beaucoup dans un pays ruisselant de lait et de miel, comme l’Éternel, le Dieu de tes pères, te l’a dit.
4 Écoute, Israël : L’Éternel, notre Dieu, est un seul Éternel. 5 Et tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force. 6 Et ces paroles, que je te commande aujourd’hui, seront sur ton cœur. 7 Tu les inculqueras à tes fils, et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison, et quand tu marcheras par le chemin, et quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras ; 8 et tu les lieras comme un signe sur ta main, et elles te seront pour fronteau entre les yeux, 9 et tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes*.

v. 9 : Portes des villes, ou des enclos

Commentaires
L’apôtre Paul écrit à Timothée dans sa deuxième épître: "Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre" (3, 16-17). Toute écriture est inspirée. Les écrits de l’Ancien Testament comme ceux du Nouveau Testament. Nous avons d’autre part deux passages, que nous rappelons souvent: Rom. 15, 4: "Car toutes les choses qui ont été écrites auparavant ont été écrites pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation des écritures, nous ayons espérance" et 1 Cor. 10, 11: "Or toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour nous servir d’avertissements, à nous que les fins des siècles ont atteints". Si donc les Ecritures de l’Ancien Testament nous ont été conservées, ce n’est pas seulement pour que nous soyons intéressés par la vie du peuple d’Israël
, c’est pour notre instruction et notre avertissement.
Différentes portions de l’Ecriture sont donc utiles pour le sujet de l’Assemblée. Arrêtons-nous d’abord sur des portions parlant de la responsabilité individuelle et de la responsabilité du croyant dans sa maison
. Elles conditionnent toutes deux, dans une très large mesure, la vie d’assemblée: si nous voulons réaliser la vie d’assemblée selon la pensée de Dieu, ne perdons pas de vue notre responsabilité individuelle et notre responsabilité dans nos maisons. Les réunions d’assemblée seront toujours ce que nous les ferons. Il n’y a pas un frère, pas une sœur qui puisse éluder cette responsabilité. Si l’un des membres du corps est défaillant, tout le corps en souffre inévitablement. Il est donc important de considérer ce qui constitue en quelque sorte les vases de la vie d’assemblée.
Le Deutéronome nous rappelle les instructions données par Moïse au peuple d’Israël de la part de l’Eternel, après la traversée du désert et avant son entrée en Canaan. Les fils d’Israël devaient traverser le Jourdain, figure de notre mort et de notre résurrection avec Christ, pour pouvoir entrer en Canaan. Réaliser notre mort et notre résurrection avec Christ (cf Rom. 6) est une condition nécessaire pour jouir de notre position céleste.
Le livre du Deutéronome dans l’Ancien Testament a un rapport avec l’épître aux Ephésiens du Nouveau Testament. Dans les Ephésiens, nous sont présentées la position du croyant et celle de l’assemblée dans les lieux célestes. Certains passages du Deutéronome permettent parfois de mieux saisir la portée des enseignements (peut-être un peu abstraits pour certains) que nous trouvons dans le Nouveau Testament et en particulier dans l’épître aux Ephésiens. L’importance du Deutéronome est certaine. Ce sont les dernières paroles de Moïse, l’un des grands hommes de Dieu de l’ancienne économie. Plusieurs hommes de l’Ancien Testament ont été appelés "homme de Dieu
". Parmi eux, il y en a deux qui émergent: Moïse et Elie. Ce titre est donné six fois à chacun d’eux. Ce sont les deux hommes qui apparaissent avec le Seigneur sur la montagne de la transfiguration. Il est donc instructif de s’arrêter sur les dernières paroles d’un homme tel que Moïse.
Le livre du Deutéronome est important aussi, car le Seigneur entrant comme homme dans la condition de l’homme céleste se trouve aussitôt en face de Satan (cf avec Eph. 6, 10-12). Comment brise-t-il la puissance de l’Ennemi, en tant qu’homme ? Par la puissance de la Parole. Et il est remarquable que, chaque fois, Il cite un passage du Deutéronome (cf Luc 4, 1-12 avec Deut. 8, 3; 6, 13). D’où l’importance de ce livre.
Dans les ch. 4 à 11 du Deutéronome
, Moïse établit le principe de l’obéissance comme conditionnant la jouissance du pays de Canaan. Le contenu de ces 8 chapitres pourrait se résumer ainsi: "Moïse dit aux Israélites, en substance: Vous ne pourrez habiter le pays de la promesse, en jouir et en goûter les fruits que si vous obéissez". Nous ne pouvons réellement jouir de notre position céleste que si nous obéissons à la Parole.
A partir du ch. 12
nous sont présentées les applications pratiques de ce principe d’obéissance. La première de ces applications pratiques concerne le rassemblement. C’est dire quelle valeur, quelle importance a, pour le cœur de Dieu, le rassemblement des siens dans l’obéissance à sa Parole.
Dans les ch. 1 à 3
, nous avons d’une façon générale l’histoire du voyage du peuple au travers du désert. Le principe de l’obéissance s’y trouve aussi présenté, comme dans les ch. 4 à 11.
Le ch. 4 commence ainsi
: "Et maintenant, Israël, écoute les statuts et les ordonnances que je vous enseigne pour les pratiquer" :
écouter pour pratiquer (il y a aussi vivre et posséder). Voilà deux principes qui devaient marquer le peuple terrestre de Dieu et qui devraient marquer le peuple céleste. Pesons-nous ces questions: Savons-nous écouter la Parole ? A-t-elle de l’écho dans nos cœurs ? Est-ce que nous retenons ses enseignements et les mettons en pratique ? Bien des faiblesses dans l’assemblée viennent de ce que nous écoutons trop peu ou trop mal et surtout ce de que bien souvent nous ne mettons pas en pratique l’enseignement de l’Ecriture. Pour vivre la vie que nous possédons, il faut "écouter" et "pratiquer".
Moïse insiste dans le verset suivant (ch. 4, 5) sur l’importance de la Parole: "Vous n’ajouterez rien à la parole que je vous commande, et vous n’en retrancherez rien, afin de garder les commandements de l’Eternel, votre Dieu, que je vous commande". Si nous y ajoutons quelque chose, ce n’est plus la parole de Dieu. C’est un mélange. Si nous en retranchons quelque chose ce n’est plus la parole de Dieu dans son intégralité, dans son intégrité. De nos jours plus que jamais on veut raisonner avec l’Ecriture, on veut discuter ses enseignements
: l’intelligence humaine se place ainsi au-dessus de la Parole de Dieu ! Il est important pour nous de considérer la Parole telle que Dieu nous la donne, de l’écouter et de la mettre en pratique. Alors seulement nous jouirons de notre position céleste. C’est là un point capital.
Dans Apoc. 22, 18-19: "Moi, je rends témoignage à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre, que si quelqu’un ajoute à ces choses, Dieu lui ajoutera les plaies écrites dans ce livre; et que si quelqu’un ôte quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu ôtera sa part de l’arbre de vie et de la sainte cité, qui sont écrits dans ce livre".
Il est assez remarquable de constater que cet enseignement, que nous trouvons dans Deut. 4 et Apoc. 22, c’est-à-dire du début et à la fin des Ecritures se trouve aussi au cœur du saint Livre: "N’ajoute pas à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne, et que tu ne sois trouvé menteur" (Prov. 30, 6). Ici il n’est question que d’ajouter. L’exhortation, donnée trois fois dans l’Ecriture, est très importante et nous avons besoin d’y être particulièrement attentifs. Nous pouvons le dire tout spécialement à la jeunesse chrétienne, en danger d’entendre les argumentations que l’homme peut mettre en avant pour essayer de démolir la Parole de Dieu. Il est bon, que de bonne heure, nos enfants soient attachés à la Parole de Dieu et La gardent dans leur cœur.
C’est l’enseignement de Jacques: "Ainsi, mes frères bien-aimés, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler. Mais mettez la parole en pratique, et ne l’écoutez pas seulement, vous séduisant vous-mêmes. Car si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui considère sa face naturelle dans un miroir; car il s’est considéré lui-même et s’en est allé, et aussitôt il a oublié quel il était. Mais celui qui aura regardé de près dans la loi parfaite, celle de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais un faiseur d’œuvre, celui-là sera bienheureux dans son faire" (Jac. 1, 19-25).
Ne sommes-nous pas trop souvent, hélas ! des auditeurs oublieux ? Qu’avons-nous retenu après une lecture personnelle ou en assemblée de la Parole de Dieu ? Quel profit en avons-nous retiré ? Quels résultats pratiques dans notre vie ?
Le Seigneur dit à ses disciples dans Jean 13: "Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites" (v. 17).
Et Lui, le parfait modèle, pouvait dire par l’Esprit prophétique: "Il me réveille chaque matin, il réveille mon oreille pour que j’écoute comme ceux qu’on enseigne. Le Seigneur l’Eternel m’a ouvert l’oreille" (Es. 50, 4-5).
Comme Fils de Dieu, Il connaissait la volonté de Son Dieu, Il n’avait pas besoin d’être enseigné. Mais comme Fils de l’homme, Il est notre modèle. Puisions-nous L’imiter !
Un peu plus loin Moïse revient sur les "statuts" et les "ordonnances" : Deut. 4, 5 "Regarde, je vous ai enseigné les statuts et les ordonnances comme l’Eternel… me l’a commandé, afin que vous fassiez ainsi au milieu du pays où vous allez entrer pour le posséder. Et vous les garderez et les pratiquerez; car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples qui entendront tous ces statuts et diront: Quel peuple sage et intelligent que cette grande nation ! ". On voit avec quelle insistance Moïse s’adresse au peuple pour l’exhorter à garder les commandements de l’Eternel et à les pratiquer. Qu’est-ce qui peut manifester la sagesse et l’intelligence si ce n’est le fait de mettre en pratique la Parole de Dieu ? On n’a pas dû dire d’Israël: Quel peuple sage et intelligent ! Il est retourné à l’idolâtrie de ses pères et la puissance et la fidélité de Dieu ont été démontrées non par la marche d’Israël mais par l’exercice du gouvernement de Dieu à l’égard de son peuple. Nous aussi, ne pouvons-nous dire: que d’idoles dans nos cœurs, que d’objets après lesquels nous nous tournons ! Tout ce qui détourne le cœur de Christ est une idole. Tout ce qui empêche un incrédule de venir à Christ est une idole. Que de fois le Seigneur est obligé de nous reprendre.
"Quiconque donc entend ces miennes paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc; et la pluie est tombée, et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé et ont donné contre cette maison; et elle n’est pas tombée car elle avait été fondée sur le roc" (Matt. 7, 24-25).
Est-ce que nous ressemblons à ces enfants nouveau-nés auxquels l’apôtre Pierre, dans sa première épître, compare les croyants: "Désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui à salut, si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon" ? C’est d’abord une question de cœur. Si nous avons goûté que le Seigneur est bon, nous désirerons ardemment nous nourrir de la Parole de Dieu. C’est la nourriture "pure" dont le croyant a besoin, celle qui lui permet de croître et de se développer. Pour que nous la mettions en pratique, il faut qu’elle soit pour nous d’abord une nourriture, comme elle doit être aussi une instruction, un enseignement.
L’expression "pur lait" nous montre qu’il ne s’agit pas de mélange, pas d’un enseignement frelaté.
Dans le passage de 1 Pi. 2, 2-3 que nous avons cité, il est question de "pur lait intellectuel". L’enfant nouveau-né, lorsqu’il est près de sa mère, est assuré de ne pas avoir une nourriture frelatée. Si nous demeurons près du Seigneur, nous n’aurons pas un enseignement frelaté. L’enseignement frelaté est très dangereux parce qu’il est recouvert de très belles apparences. On ne saurait trop insister sur le fait qu’il faut s’attacher à la Parole, ne rien en retrancher, ne rien y ajouter.
Il y a un danger à vouloir mettre la Parole de Dieu à la portée des enfants de telle manière qu’on la déforme sous prétexte de la leur faire mieux comprendre.
Que l’on me permette de rapporter ici le fait suivant: une mère de famille ayant reçu pour son enfant d'environ six ans un livre retraçant des récits et des paraboles de l’Ecriture, lui lit la parabole du bon Berger et lui dit ensuite: maintenant je vais te lire le récit dans la Bible (Luc 15). Après cette deuxième lecture l’enfant fit la réflexion suivante: moi je comprends mieux comme c’est écrit dans la Bible.

La Parole de Dieu est écrite pour les enfants comme pour les grandes personnes
. Ils ne peuvent tout comprendre certes, mais quel est celui d’entre nous qui prétend tout comprendre dans la Parole de Dieu ? Soyons assurés qu’ils comprendront tout ce qu’ils ont besoin de comprendre.
"Seulement, prends garde à toi et garde soigneusement ton âme, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et afin que, tous les jours de ta vie, elles ne s’éloignent pas de ton cœur, mais que tu les fasses connaître à tes fils et aux fils de tes fils". La responsabilité personnelle du chef du foyer est d’abord soulignée avant sa responsabilité dans sa maison. C’est le même principe que dans Act. 20, 28:  "Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau au milieu duquel l’Esprit Saint vous a établis surveillants" :
d’abord à vous-mêmes et ensuite à tout le troupeau.
Qu’elles "ne s’éloignent pas de ton cœur" (Deut 4, 9).  : le cœur est la source de la vie.
"Que tu les fasses connaître à tes fils et aux fils de tes fils " (Deut 4, 9
). C’est la responsabilité du père et du grand-père. C’est une responsabilité importante que d’enseigner les enfants selon Dieu. On s’occupe beaucoup de la santé des enfants, de leurs études, de les acheminer vers une situation que l’on désire intéressante, lucrative et pas trop fatigante. Mais leur santé morale et spirituelle, est-ce là la première et la plus grande des préoccupations des parents ? Ils sont responsables de prendre soin de l’enfant que Dieu leur a confié, de son âme avant tout. Il faut armer cet enfant pour la vie qui est devant lui, pour que le jour où il marchera avec ses propres jambes, il puisse vivre une vie heureuse dans le Seigneur. C’est une tâche extrêmement difficile; c’est pourquoi les parents ont besoin de compter sur le Seigneur et de regarder à Lui pour avoir Son secours. La vraie confiance en Dieu est toujours liée à l’obéissance. Compter sur Dieu pour nos enfants avec une entière confiance et les élever pour lui dans l’obéissance aux enseignements de la Parole, les deux vont ensemble. Nous avons des promesses dans l’Ecriture: "Elève le jeune garçon selon la règle de sa voie; même lorsqu’il vieillira, il ne s’en détournera pas" (Prov. 22, 6). Que les parents chrétiens élèvent leurs enfants pour le Seigneur !  Il y a, dira-t-on, des enfants qui se sont pourtant éloignés du rassemblement mais il y en a qui sont revenus, que Dieu a parfois ramenés au soir de leur vie ! Ne mettons pas en doute la Parole de Dieu et les promesses qu’elle contient.
Il y a beaucoup d’œuvres pour la jeunesse aujourd’hui. Ne méconnaissons pas les bonnes intentions de ceux qui s’en occupent mais il n’en est pas moins vrai qu’on déplace le problème. L’on crée ces œuvres parce que les parents sont défaillants et ne s’occupent pas de leurs enfants comme il convient
, alors que c’est aux parents qu’il faudrait parler. On veut s’attaquer aux effets et on néglige les véritables causes. (Pour les enfants de parents inconvertis, c’est différent, puisque leurs parents ne peuvent pas leur parler du Seigneur). Si les parents chrétiens se nourrissaient de la Parole pour instruire leurs enfants, n’en verrait-on pas les fruits dans l’assemblée ? On dit quelquefois: les enfants assistent aux réunions, mais ces enseignements qui y sont donnés passent au-dessus de leurs têtes. C’est vrai bien souvent. Nous devrions veiller davantage à avoir quelques paroles à la portée des enfants. Mais si les enfants ne comprennent pas tout dans les réunions, combien il est important que de retour à la maison, les parents reprennent avec leurs enfants ce qui a été dit au cours de la réunion. On peut leur demander: "Qu’est-ce que tu as compris ? Qu’est-ce que tu as retenu ? Qu’est-ce que tu n’as pas compris?" Les enfants prendront alors l’habitude d’écouter plus attentivement, et ne seront pas découragés s’il y a certaines choses qu’ils ne comprennent pas, sachant qu’ils auront une explication à la maison. Quelle jeunesse nous aurions alors, ainsi établie sur des bases solides, prospérant spirituellement ! Quelle bénédiction s’en suivrait pour la vie de l’assemblée !
Si les enfants ont à recevoir un enseignement, ils ont aussi des yeux pour voir marcher et agir les parents et l’assemblée. Ils constatent beaucoup de choses, plus que nous ne pourrions penser.
Prenons garde que rien ne les choque, que rien ne soit en contradiction avec l’enseignement de la Parole ! Dans l’assemblée il y a le Seigneur fidèle à Sa promesse, au milieu des deux ou trois réunis en Son nom, et il y a les enfants qui nous observent.
Il est aussi question dans la Parole de l’enseignement de la mère: "Ecoute, mon fils, l’instruction de ton père, et n’abandonne pas l’enseignement de ta mère" (Prov. 1, 8).
Timothée était un enfant qui avait reçu l’enseignement de sa mère et de sa grand-mère (2 Tim. 1, 5).
Les rois d’Israël qui avaient eu une mère pieuse, faisaient ce qui est bon aux yeux de l’Eternel.
L’influence d’une mère au foyer
On a remarqué que dans le livre des Proverbes, quatorze passages nomment la mère, deux seulement sur ces quatorze ne mentionnent que la mère: "Le jeune garçon abandonné à lui-même fait honte à sa mère" (29, 15) et "Paroles du roi Lemuel, l’oracle que sa mère lui enseigna" (31, 1). Dans les douze autres, les noms du père et de la mère sont unis l’un à l’autre: 1, 8; 4, 4; 6, 20; 10, 1; 15, 20; 19, 26; 20, 20; 23, 22,25; 28, 24; 30, 11,17. On ne saurait trop insister sur l’influence de la mère dans son foyer et sur l’harmonie qui doit régner entre le père et la mère au sein du foyer. Il y a un témoignage pratique qui doit être rendu et qui ne doit pas démentir l’enseignement donné dans l’Ecriture. C’est ainsi que les frères et les sœurs peuvent montrer "leur sagesse et leur intelligence" (Deut. 4, 6).
Deut. 4 v. 10 : "Assemble-moi le peuple, et je leur ferai entendre mes paroles, qu’ils apprendront pour me craindre tous les jours qu’ils seront vivants sur la terre" :
la crainte, c’est la conscience qui est atteinte. Au v. 9 c’est le cœur qui doit être touché: "afin qu’… elles ne s’éloignent pas de ton cœur". Les deux choses sont en relation avec les deux caractères essentiels de Dieu qui est amour et lumière. Il est amour, cela touche le cœur; Il est lumière, cela atteint la conscience.
Il faut que la Parole soit véritablement sur le cœur des parents. Si cette Parole est la source de la vie, il y aura des fruits.
"Tu les inculqueras à tes fils" (Deut. 6, 7): cela donne une idée de la persévérance avec laquelle ce travail doit être fait.
"Tu en parleras quand tu seras assis dans ta maison, et quand tu marcheras par le chemin, et quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras" : en tout temps et partout. L’atmosphère de la maison doit témoigner que Christ y habite.

Ainsi donc, les versets médités jusqu'ici rappellent à notre mémoire de ne rien ajouter et de rien retrancher à la parole de Dieu (4, 1-4). Il y a aussi le fait que l'obéissance rend sage (4, 5-10). Dans Deut. 6, 1-6 montre dans l'amour un dévouement total ainsi qu'un esprit de fidélité (6, 7-9).

 

Deutéronome 7, 3-4 et 25-26 Voir 2 Cor. 6, 14 et Act. 19, 19

Texte biblique
7

3 Tu ne t’allieras point par mariage avec elles, tu ne donneras pas ta fille à leur fils, et tu ne prendras pas leur fille pour ton fils; 4 car ils détourneraient de* moi ton fils, et il servirait d’autres dieux, et la colère de l’Éternel s’embraserait contre vous, et te détruirait aussitôt.

v. 4 : litt.: d’après
25 Vous brûlerez au feu les images taillées de leurs dieux ; tu ne désireras pas l’argent ou l’or qui sont dessus, et tu ne les prendras pas pour toi, de peur que, par là, tu ne sois pris dans un piège ; car c’est une abomination pour l’Éternel, ton Dieu; 26 afin que tu n’introduises pas l’abomination dans ta maison, et que tu ne sois pas anathème comme elle : tu l’auras en extrême horreur et en extrême abomination ; car c’est un anathème.

Commentaires
Avec le ch. 7 nous abordons un autre point: la séparation. Le rassemblement selon la pensée de Dieu est établi sur un terrain de séparation. Mais aussi le croyant doit être séparé, sa maison doit être séparée. D’Israël il est dit: "C’est un peuple qui habitera seul" (Nom. 23, 9). Le peuple céleste est aussi, comme Israël devait l’être, un peuple séparé et il doit réaliser cette séparation. La deuxième épître à Timothée nous montre que nous devons être séparés non seulement des inconvertis, mais encore des "vases à déshonneur" au sein de la chrétienté, quoiqu’il puisse nous en coûter et malgré tous les arguments que l’Ennemi met en avant à ce sujet, par le moyen des instruments qu’il emploie dans ce but.
Dans les v. 3 et 4 du ch. 7 il est question du mariage. Est-ce que les parents chrétiens y pensent assez comme ils devraient y penser ? Ne recherchent-ils pas trop souvent pour leurs enfants un beau parti, la prospérité matérielle ? Alors qu’ils devraient considérer avant tout le côté spirituel. Est-ce qu’on fait comprendre de bonne heure aux enfants que s’ils doivent un jour contracter une union dans les liens du mariage, ils ne peuvent le faire que dans le témoignage ? Mais dira-t-on peut-être n’y a-t-il pas eu des cas où le conjoint non converti a été amené au Seigneur ? Certes, la grâce de Dieu opère mais ce n’est pas pour autant que nous sommes autorisés à désobéir à la Parole de Dieu. Et on pourrait citer, d’autre part, le cas de personnes qui ont perdu leur vie parce qu’un faux-pas a été fait au moment de leur mariage; leur vie a été une vie de souffrances et de douleurs. Combien il est important d’enseigner les enfants au sujet du mariage chrétien afin qu’ils ne laissent pas parler leur cœur quand il faudrait que les affections du cœur se taisent !
Parce que Salomon n’avait pas gardé ces choses, le royaume lui a été ôté (1 Rois 11 ).
A propos des liens du mariage, je pensais aux filles de Tselophkhad (Nom. 27) dont les noms nous sont donnés: Makhla, Noa et Hogla, et Milca, et Thirtsa. "Elles se tinrent devant Moïse… disant: Notre père est mort dans le désert, et il n’était pas dans l’assemblée de ceux qui s’ameutèrent contre l’Eternel, dans l’assemblée de Coré; mais il est mort dans son péché, et il n’a pas eu de fils. Pourquoi le nom de notre père serait-il retranché du milieu de sa famille parce qu’il n’a pas de fils ? Donne-nous une possession au milieu des frères de notre père. Et Moïse apporta leur cause devant l’Eternel. Et l’Eternel parla à Moïse disant: Les filles de Tselophkhad ont bien parlé. Tu leur donneras une possession d’héritage au milieu des frères de leur père, et tu feras passer à elles l’héritage de leur père" (v. 2-7). Et au ch. 36, 6: "C’est ici la parole que l’Eternel a commandée à l’égard des filles de Tselophkhad, disant: Elles deviendront femmes de qui leur semblera bon (c’est le même principe que dans 1 Cor. 7, 39: "Elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur"); seulement qu’elles deviennent femmes dans la famille de la tribu de leurs pères, afin que l’héritage ne passe point de tribu en tribu chez les fils d’Israël". Elles devaient demeurer dans la tribu de leur père, ce qui correspond, aujourd’hui, à une union dans les liens du mariage au sein du témoignage. A la fin du chapitre il est écrit: "Les filles de Tselophkhad firent comme l’Eternel l’avait commandé à Moïse; et Makhla, Thirtsa, et Hogla, et Milca, et Noa, filles de Tselophkhad, se marièrent aux fils de leurs oncles. Elles furent mariées à ceux qui étaient des familles des fils de Manassé, fils de Joseph; et leur héritage resta dans la tribu de la famille de leur père".
Il est donc important de mettre les enfants en garde contre les dangers auxquels ils peuvent être exposés au moment du mariage. Il faut leur enseigner que le mariage ne peut être, selon 1 Cor. 7, que "dans le Seigneur". L’expression vaut la peine d’être soulignée. Il n’est pas écrit "dans le Sauveur". Il faut que les droits du Seigneur soient reconnus. Où sont-ils reconnus en premier lieu ? C’est à Sa table.
Dans 2 Tim. 2, c’est aussi le mot Seigneur qui est employé en relation avec la séparation: "Qu’il se retire de l’iniquité quiconque prononce le nom du Seigneur" (v. 19). Si les enfants ont vu leurs parents sacrifier leurs intérêts personnels aux intérêts du Seigneur, ils seront préparés à faire passer leurs sentiments après les droits du Seigneur.
Les droits du Seigneur doivent passer avant tout le reste. Les sentiments qu’un cœur peut éprouver sont selon Dieu: l’amour paternel, l’amour maternel, l’amour filial, l’amour fraternel (dans les liens du sang et dans les liens de Christ) sont selon les pensées de Dieu et du Seigneur. Mais la sentimentalité fait passer les sentiments avant tout le reste. Elle les fait passer avant les droits du Seigneur. C’est pourquoi elle constitue un très grave danger; elle est à l’origine de tant de désastre dans la vie des assemblées !
Quelle que soit la fidélité des parents, il peut se faire que les résultats immédiats ne soient pas ceux sur lesquels ils seraient en droit de compter. Que leur foi s’appuie sur les promesses de la Parole: "L’égarée, je la ramènerai" (Ezé. 34, 16) et encore Prov. 22, 6. Il est toujours vrai que "Dieu n’est pas un homme, pour mentir, ni un fils d’homme, pour se repentir" (Nom. 23, 19).
v. 25-26: "Vous brûlerez au feu les images taillées de leurs dieux; tu ne désireras pas l’argent ou l’or qui sont dessus, et tu ne les prendras pas pour toi, de peur que, par-là, tu ne sois pris dans un piège, car c’est une abomination pour l’Eternel, ton Dieu; afin que tu n’introduises pas l’abomination dans ta maison, et que tu ne sois pas anathème comme elle: tu l’auras en extrême horreur et en extrême abomination; car c’est un anathème". Cela nous parle de tout ce que l’on introduit dans les maisons, de tous les moyens modernes employés pour faire pénétrer le monde dans nos foyers. Nous voyons, au v. 17, qu’il y avait au dehors des ennemis très dangereux mais cette parole était adressée à Israël: "ne les crains point…" (v. 18-24). Ce qui est à craindre, c’est "l’abomination" qui peut pénétrer dans la maison. Que de temps perdu à écouter, à lire tout ce qui au fond détourne le cœur de Christ, du temps qu’on ne retrouvera jamais ! Prenons bien garde à ce qui est, en définitive, "l’idolâtrie" sous une forme moderne introduite dans nos maisons. L’Ennemi vient nous dire – ce n’est pas d’aujourd’hui, c’est toujours le "quoi Dieu a dit ? " de Gen. 3 -: "Oui, vous devez vous séparer de certaines choses mais il en est que vous pouvez conserver". On accepterait bien de brûler l’image au feu, mais on voudrait conserver "l’argent ou l’or", on veut bien se séparer du mal mais pas de tout le mal. N’écoutons pas les séductions de l’ennemi !
v. 26: On trouve rarement dans l’Ecriture des expressions aussi fortes que celles-ci. Cela doit d’autant plus nous parler que nous sommes dans les temps fâcheux des derniers jours, peut-être plus dangereux que ceux dans lesquels se déroulait l’histoire d’Israël. Au fond, tout cela manifeste l’état du cœur ! De qui notre cœur est-il rempli ? Si notre cœur est rempli de Christ, nous n’aurons aucun intérêt pour ces choses.

Nous avons vu dans ces quelques versets:

la responsabilité personnelle du croyant
la responsabilité du croyant comme chef du foyer, la responsabilité des parents quant aux soins, à l’éducation à donner à leurs enfants.

Nous avons vu aussi qu’une séparation stricte est à maintenir dans notre marche individuelle dans nos maisons qui doivent être autant de petits sanctuaires.

Si nous réalisions ces choses, nous serions préparés, formés pour la vie d’assemblée réalisée selon la pensée de Dieu. S’il en était vraiment ainsi, il n’y aurait pas d’entraves à l’action de l’Esprit dans l’Assemblée, il n’y aurait pas de bouches fermées à la réunion de prière, pas de bouches fermées à la réunion de culte mais des prières, des actions de grâces, et même dans les réunions d’édification les "cinq paroles" qui, données par l’Esprit, seraient pour l’édification de l’assemblée. Réalisons ces choses; nous aurons alors une vie d’assemblée heureuse, prospère et à la gloire du Seigneur.

De nos jours, il est donc important d'avertir chacun du danger couru si un objet d'occultisme ou de vénération idolâtre est gardé dans la maison. Il doit être détruit si nous voulons avoir la paix et jouir pleinement du Seigneur. D'une façon générale, il importe absolument de ne pas introduire dans nos maisons ce qui serait une offense pour le Seigneur et détournerait de lui notre cœur.

Deutéronome 12, 1-28

Texte biblique
1 Ce sont ici les statuts et les ordonnances que vous garderez pour les pratiquer dans le pays que l’Éternel, le Dieu de tes pères, te donne pour le posséder, tous les jours que vous vivrez sur la terre. 2 Vous détruirez entièrement tous les lieux où les nations que vous déposséderez auront servi leurs dieux sur les hautes montagnes et sur les collines et sous tout arbre vert; 3 et vous démolirez leurs autels, et vous briserez leurs statues ; et vous brûlerez au feu leurs ashères*, et vous abattrez les images taillées de leurs dieux, et vous ferez périr leur nom de ce lieu-là.
4 Vous ne ferez pas ainsi à l’Éternel, votre Dieu; 5 mais vous chercherez le lieu que l’Éternel, votre Dieu, choisira d’entre toutes vos tribus pour y mettre son nom, le lieu où il habitera, et vous y viendrez; 6 et vous apporterez là vos holocaustes, et vos sacrifices, et vos dîmes, et l’offrande élevée de vos mains, et vos vœux, et vos offrandes volontaires, et les premiers-nés de votre gros et de votre menu bétail. 7 Et là, vous mangerez devant l’Éternel, votre Dieu, et vous vous réjouirez, vous et vos maisons, dans toutes les choses auxquelles vous aurez mis la main, dans lesquelles l’Éternel, ton Dieu, t’aura béni. 8 Vous ne ferez pas selon tout ce que nous faisons ici aujourd’hui, chacun ce qui est bon à ses yeux; 9 car, jusqu’à présent, vous n’êtes pas entrés dans le repos et dans l’héritage que l’Éternel, ton Dieu, te donne. 10 Mais lorsque vous aurez passé le Jourdain, et que vous habiterez dans le pays que l’Éternel, votre Dieu, vous fait hériter, et qu’il vous aura donné du repos à l’égard de tous vos ennemis, à l’entour, et que vous habiterez en sécurité, 11 alors il y aura un lieu que l’Éternel, votre Dieu, choisira pour y faire habiter son nom ; là vous apporterez tout ce que je vous commande, vos holocaustes, et vos sacrifices, vos dîmes, et l’offrande élevée de vos mains, et tout le choix de vos vœux que vous aurez voués à l’Éternel. 12 Et vous vous réjouirez devant l’Éternel, votre Dieu, vous, et vos fils, et vos filles, et vos serviteurs, et vos servantes, et le Lévite qui est dans vos portes, car il n’a point de part ni d’héritage avec vous. 13 Prends garde à toi, de peur que tu n’offres* tes holocaustes dans tous les lieux que tu verras; 14 mais dans le lieu que l’Éternel choisira dans l’une de tes tribus, là tu offriras* tes holocaustes, et là tu feras tout ce que je te commande. 15 Toutefois, suivant tout le désir de ton âme, tu sacrifieras* et tu mangeras de la chair dans toutes tes portes, selon la bénédiction de l’Éternel, ton Dieu, qu’il t’aura donnée. Celui qui est impur et celui qui est pur en mangeront, comme [on mange] de la gazelle et du cerf; 16 seulement, vous ne mangerez pas le sang : tu le verseras sur la terre, comme de l’eau. 17 Tu ne pourras pas manger, dans tes portes, la dîme de ton froment, ou de ton moût, ou de ton huile, ni les premiers-nés de ton gros et de ton menu bétail, ni aucune des choses* que tu auras vouées, ni tes offrandes volontaires, ni l’offrande élevée de ta main; 18 mais tu les mangeras devant l’Éternel, ton Dieu, au lieu que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi, toi, et ton fils, et ta fille, et ton serviteur, et ta servante, et le Lévite qui est dans tes portes ; et tu te réjouiras devant l’Éternel, ton Dieu, en tout ce à quoi tu auras mis la main. 19 Prends garde à toi, de peur que tu ne délaisses le Lévite, tous les jours que tu seras sur ta terre.
20 Quand l’Éternel, ton Dieu, aura étendu tes limites, comme il te l’a promis, et que tu diras : Je mangerai de la chair, parce que ton âme désirera de manger de la chair, tu mangeras de la chair, selon tout le désir de ton âme. 21 Si le lieu que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi pour y mettre son nom est loin de toi, alors tu sacrifieras de ton gros et de ton menu bétail, que l’Éternel t’aura donné, comme je te l’ai commandé, et tu en mangeras dans tes portes, selon tout le désir de ton âme; 22 comme on mange de la gazelle et du cerf, ainsi tu en mangeras : celui qui est impur et celui qui est pur en mangeront également. 23 Seulement, tiens ferme à ne pas manger le sang, car le sang est la vie*; et tu ne mangeras pas l’âme* avec la chair. 24 Tu n’en mangeras pas, tu le verseras sur la terre, comme de l’eau. 25 Tu n’en mangeras pas, afin que tu prospères, toi et tes fils après toi, parce que tu auras fait ce qui est droit aux yeux de l’Éternel. 26 Toutefois les choses que tu auras sanctifiées*, qui seront à toi, et celles que tu auras vouées, tu les prendras, et tu viendras au lieu que l’Éternel aura choisi; 27 et tu offriras tes holocaustes, la chair et le sang, sur l’autel de l’Éternel, ton Dieu, et le sang de tes sacrifices sera versé sur l’autel de l’Éternel, ton Dieu, et tu en mangeras la chair. 28 Prends garde à écouter toutes ces paroles que je te commande, afin que tu prospères, toi et tes fils après toi, à toujours, parce que tu auras fait ce qui est bon et droit aux yeux de l’Éternel, ton Dieu.

v. 3 : voir la note à Exode 34:13 v. 13, 14 : voir note à Lévitique 14:20. — v. 15 : sacrifier, plutôt tuer, ici, et verset 21. — v. 17 : litt.: aucun de tes vœux. v. 23 : vie et âme. — v. 26 : litt.: tes choses saintes.

Commentaires
Ici commence une nouvelle division du Deutéronome. Jusqu'au ch. 4, le peuple a été invité à regarder en arrière. Puis jusqu'au ch. 11, Moïse a placé sur leur cœur le grand devoir de l'obéissance à l'Eternel. Nous arrivons maintenant à la deuxième grande section du livre ou à sa troisième partie dans laquelle Israël va recevoir des instructions pour le moment où il habitera dans le pays. Et la toute première concerne l'établissement d'un lieu pour le culte de son Dieu. Faisons-y bien attention. L'Israélite devait d'abord en finir avec tout ce qui était souillé puis chercher - mais non pas choisir - la place où le culte serait célébré. Ce choix appartenait à l'Eternel. Il en est encore ainsi de nos jours. Le chrétien n'a pas le droit de décider où ni comment il rendra à Dieu la louange. Son devoir est de chercher avec soin, d'après la Parole, le lieu que le Seigneur a choisi et où il veut habiter, selon Matt. 18, 20. C'était là, dans cet endroit désigné par l'Eternel, qu'il faudrait apporter les sacrifices, là qu'on les mangerait, là enfin qu'on pourrait se réjouir avec sa maison (v. 7 et 22). Image claire et précieuse de ce que nous venons faire et recevoir dans la présence du Seigneur Jésus quand nous sommes assemblés autour de Lui.
Ainsi donc, dans les ch. 1 à 11, Moïse s'était forcé d'amener le cœur d'Israël dans la condition du
v. 1, condition si essentielle de se soumettre aux enseignements et à l'autorité de la Parole de Dieu, que nous comprenions ou non ces enseignements. Ne raisonnons pas. Dans un état normal, toute âme apportera la preuve de sa soumission à la Parole de Dieu en obéissant, plutôt que d'écouter Satan qui nous dit de tout contrôler pour notre raison "si cela est vrai". Il se peut que nous n'ayons pas une pleine intelligence de chaque statut mais là n'est pas la question. Il nous suffit de savoir qu'il vient de Dieu. Il a parlé. Cela suffit. Dans les v. 2 et 3, les Israélites, comme premier devoir, devaient détruire toute trace d'idolâtrie. Cela parce que le pays appartenait à l'Eternel. Les Israélites n'en étaient que les tenanciers. La raison humaine trouvera cette manière d'agir intolérable envers la religion d'autrui. Mais comment le Dieu vivant et vrai n'aurait-il pu ne pas être intolérable envers les faux dieux et l'idolâtrie? C'eût été un vrai blasphème de penser que Dieu permette le culte des idoles dans son pays. Israël devait apprendre qu'en prenant possession du pays, le premier devoir était d'effacer toute trace d'idolâtrie car ils devaient servir Dieu, et Dieu seul (Deut. 6, 13).
Dans les
v. 4 à 7, il ne s’agit pas seulement d’en finir avec l’idolâtrie en mettant en pièces les images taillées pour élever à leur place des autels au vrai Dieu. Il y a en plus le seul lieu où ils devaient rendre culte. C’est un lieu choisi par Dieu et non par l’homme. C’est le lieu de Sa présence, de Son habitation. C’est le grand centre d’Israël. Cela peut paraître exclusif. C’est exclusif. Si Dieu s’était plu à choisir un lieu, pour y établir sa demeure au milieu de son peuple racheté, il était de toute nécessité que la célébration de leur culte se fit exclusivement là. C’était une exclusivité divine. Toute âme pieuse pouvait s’exprimer selon, par exemple, les Psaumes 26 et 84, en relation avec l’autel, les autels, de l’Eternel. Tout adorateur vrai et dévoué ne pouvait trouver satisfaction, bénédiction, joie et repos, que dans le lieu où se trouvait la présence de son Dieu et où il avait mis son nom, sur le terrain où l’autorité de sa précieuse Parole était reconnue. Rechercher un autre lieu de culte eût été non seulement abandonner la Parole de l’Eternel mais sa sainte demeure. Ce principe est développé dans ce beau chapitre.
Dans les
v. 8 à 19, Moïse rappelle au peuple que dès le moment où il entrerait dans le pays de l’Eternel, il fallait renoncer à tout esprit d’indépendance et de volonté propre qui les avait caractérisés dans les plaines de Moab ou dans le désert. Il y a aussi ce principe que plus leurs privilèges sont grands, plus grandes aussi sont leurs responsabilités. Israël doit s’en tenir absolument aux commandements de l’Eternel, non seulement quant à l’objet mais aussi quant au lieu et à la forme du culte. Une fois dans la jouissance du pays de l’Eternel et dans la repos de ce même pays, leur service raisonnable et intelligent devait être une obéissance absolue à sa Parole. Aller au lieu que l’Eternel a choisi n’est pas de l’étroitesse. Israël n’est ni étroit ni bigot. Obéir aux commandements de Dieu n’est, répétons-le, pas de l’étroitesse. La vraie largeur d’esprit et de cœur est précisément d’obéir aux commandements de Dieu. Si les Gentils incirconcis pouvaient aller où bon leur semblait, pas le peuple de Dieu. Il y a un privilège inestimable pour ceux qui aimaient Dieu et s’aimaient l’un l’autre, le privilège de se rassembler au lieu où son nom était magnifié.
Versets 20 à 28
. Dieu, dans sa bonté infinie, prenait soin de tout, trouvait ses délices à répandre la joie, la bénédiction sur son peuple, individuellement ou collectivement, comme nous en font part les v. 20 à 22. Nous y voyons les bontés et les tendres compassions avec lesquelles Dieu agissait en bien en vue de réjouir chacun. Il y a une restriction dans les v. 23 à 25. C’est le grand principe de la doctrine du sang exposé dans Lév. 17. Et la question n’est pas de savoir à quel point les Israélites comprenaient ces choses mais bien le fait d’obéir. Ils devaient obéir. Il s’agissait de reconnaître les droits souverains de Dieu. Cette exception du sang faite, le législateur reprend le sujet si important du culte public, selon les v. 26 et 27. La propre raison dirait peut-être : pourquoi devaient-ils tous aller au même lieu ? Ne pouvait-on pas avoir un autel à la maison ou sinon dans chaque ville principale, ou encore au centre de chaque tribu ? Et bien non; Dieu a commandé autrement. Si l’homme animal ne peut comprendre cela, il serait inutile à chercher à leur expliquer ces choses. Le raisonnement de l’homme ne peut pas les comprendre. Par contre, l’homme spirituel voit toute la beauté du lieu. L’Eternel rassemble son peuple autour de lui-même afin qu’ils se réjouissent ensemble devant lui et que l’Eternel aussi pût trouver une joie particulière en eux. Cela est des plus précieux pour le cœur de tous ceux qui aiment réellement le Seigneur. Le ch. 16 de ce livre du Deutéronome développera encore ce beau sujet. Citons aussi le Ps. 122, 1-2 :
1 Je me suis réjoui quand ils m’ont dit : Allons à la maison de l’Éternel !
2 Nos pieds se tiendront dans tes portes, ô Jérusalem !

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