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Justin Martyr

Qui
était-il ?
Parmi les chrétiens qui souffrirent le martyre
à Rome sous l’empereur Marc-Aurèle, on peut mentionner Justin,
surnommé Martyr. Son histoire est d’autant plus édifiante qu’il
avait été, comme l’empereur lui-même, un philosophe et s’était
opposé à l’évangile comme tant d’autres tenants de la sagesse
humaine, ennemis de Christ et de la croix.
Justin était né de parents païens, à
Néapolis, ville de Samarie, bâtie sur l’emplacement de l’ancienne
Sichem. Il raconte lui-même comment, dans sa jeunesse, désirant
ardemment connaître la vérité, il avait fréquenté toutes les
écoles de philosophie du monde gréco-romain, étudiant avec soin
les systèmes des sages de ce monde, sans rien trouver qui satisfît
son âme et répondît à ses besoins spirituels.

Sa
conversion
Un jour, au cours d’une promenade au bord de la
mer, il rencontra un vieillard d’aspect vénérable qui entra en
conversation avec lui. Justin s’ouvrit à cet inconnu, qui avait
gagné sa confiance. Il lui dit son ardent désir de trouver Dieu,
et tout ce qu’il avait fait pour y arriver mais en vain.
Le vieillard lui répondit qu’en effet tous les
enseignements des philosophes ne pouvaient l’amener à la
connaissance de Dieu et à la possession de la paix à laquelle il
aspirait, car, dit l’apôtre Paul, "le monde, par la sagesse,
n’a pas connu Dieu". Puis le vieillard parla à Justin de la
révélation que Dieu avait donnée aux hommes par les écrits des
prophètes et les évangiles, et le pressa de les lire
attentivement. "Priez", ajouta-t-il, "pour que les
portes de la lumière vous soient ouvertes, parce que les Ecritures
ne peuvent être comprises qu’avec l’aide de Dieu et de son Fils
Jésus Christ".
Le vieillard s’éloigna et Justin ne le revit
plus. Mais il suivit ses conseils. Il lut et médita les
Ecritures; il pria, et Dieu répondit à ses requêtes. Il
trouva la lumière et la paix en Jésus Christ. Une fois converti,
il devint un ardent défenseur du christianisme. Plein de zèle pour
la vérité qu’il avait saisie, et qui remplissait et réjouissait
son cœur, il se mit à voyager, toujours vêtu de sa robe de
philosophe, en Egypte et en Asie, annonçant l’évangile à tous
ceux qui voulaient l’entendre.

Son
service, son témoignage et ... persécution
Justin se fixa enfin à Rome et continua d’y
enseigner. Il cherchait à se mettre en rapport avec les
philosophes, dans le désir de leur faire connaître la vérité.
Mais l’un d’eux, nommé Crescent, irrité de ce que Justin l’avait
réduit au silence au cours d’une discussion, le dénonça comme
chrétien. Justin, avec six autres, parmi lesquels une femme,
comparut devant le préfet de Rome, Ructicus. Celui-ci, voyant
Justin revêtu de sa robe de philosophe, lui demanda quelles
doctrines il professait.
J’ai cherché à acquérir toutes sortes de connaissances,
répondit Justin; j’ai étudié dans toutes les écoles
de philosophie, et je me suis enfin arrêté à la seule vraie
doctrine, celle des chrétiens, de ces hommes méprisés par
tous ceux qui sont dans l’aveuglement et l’erreur.
Comment, misérable, tu suis cette doctrine ? s’écria
le préfet.
Oui, et c’est avec joie ; car je sais qu’elle est
vraie.
Interrogé ensuite sur les lieux où les
chrétiens se réunissaient, il répondit qu’ils s’assemblaient
où ils pouvaient, non pas tous en un même lieu, "car le Dieu
invisible remplit les cieux et la terre, et est adoré et glorifié
partout par les fidèles".
Le préfet l’ayant menacé de mort s’il
persistait dans sa conviction, le témoin de Christ répondit:
"Tu peux me faire souffrir; je n’en resterai pas moins
en possession de la grâce qui assure le salut, partage de tous ceux
qui sont à Christ".
Tu crois donc aller au ciel ?
Non seulement je le crois, mais je le sais.
Telle fut la réponse pleine d’assurance du
philosophe qui, après avoir été si longtemps ballotté par tout
vent de doctrine humaine, avait enfin trouvé pour son âme une
ancre sûre et ferme, une espérance qui ne confond point.
Le préfet s’efforça alors de persuader Justin
et ses compagnons de "sacrifier aux idoles".
Nul homme sain d’esprit, répondit Justin, n’abandonnera
une certitude divine pour se vouer à l’erreur et à l’impiété.
Sacrifiez, ou vous serez condamnées sans miséricorde.
Je ne désire que souffrir pour le nom de Jésus, mon Sauveur,
devant le tribunal duquel je paraîtrai avec confiance. Sachez
que le monde entier doit comparaître devant Lui un jour.
Et les six compagnons du martyr confirmèrent ses
paroles: "Faites ce que vous voudrez",
dirent-ils; "nous sommes chrétiens et ne pouvons
sacrifier".

Fidèles
jusqu'à la mort
Le préfet alors prononça la sentence:
"Ceux qui refusent de sacrifier aux dieux et d’obéir aux
édits de l’empereur qui l’ordonnent, seront battus de verges,
puis décapités".
Les martyrs se réjouirent et louèrent Dieu d’avoir
été trouvés dignes de souffrir et de mourir pour Christ. Après
avoir été fouettés, ils eurent la tête tranchée. Ils attendent
maintenant auprès du Seigneur la "récompense": la
couronne de justice et la couronne de gloire.