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LA
REDEMPTION DES MALFAITEURS
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A fin 1945, un pasteur américain
fut nommé aumônier auprès des grands criminels de guerre
nazis, pendant leur procès de Nuremberg. Ses deux fils ayant
été victimes de leurs méfaits, il se posa la question
fondamentale : "Comment aborder ces hommes qui ont causé
au monde de telles indicibles souffrances et sacrifié des
millions de vie?" Il
passa une nuit en
prières, demandant à Dieu de lui donner un message pour eux.
Il reçut la grâce, dit-il, d'aimer ces pécheurs au-delà de
la haine du péché.
Les prisonniers étaient vingt-et-un. Six choisirent l'aide
spirituelle d'un prêtre catholique, quinze celle d'un pasteur
protestant. Streicher, Jold, Hess et Rosenberg n'avaient
jamais assisté à un culte. Deux cellules de la prison furent
transformées en chapelle. Un ancien lieutenant-colonnel SS
devint organiste et communia en Christ.
Franck, Seyss-Inquart, Kaltenbrunner et von Papen assistaient
au culte catholique. Keitel, von Ribbentropp, Raeder, von
Neurath, Speer, Schacht, Frick, Funk, Fritsche, Von Schirach,
Sauckel et Goering composaient l'assemblée du pasteur
américain. Sept d'entre eux communiaient après avoir chanté
trois cantiques, entendu des passages de la Bible, un court
message et une prière.
Le dégel de la grâce
Sauckel fut le premier a ouvrir son coeur à l'Evangile. Il
était père de dix enfants et sa femme était chrétienne.
Puis Fritsche, von Schirach et Speer prirent la Sainte Cène
et, en pécheurs repentants, acceptèrent le pardon accordé
par le Christ. Reader, chef suprême de la marine allemande,
lisait la Bible avec ardeur et bientôt il communia. Keitel,
chef suprême de l'armée allemande, remercia dans les larmes
ceux qui leur apportaient le secours spirituel, à eux qui
étaient des criminels. D'abord réticent, von Ribbentropp
commença aussi à lire la Bible.
Puis tombèrent les sentences de mort par pendaison pour onze
d'entre les prisonniers, alors que Hess, Funk et Reader
écopèrent de la prison à vie, von Schirach et Speer vingt
ans, von Neurath quinze ans et Dönitz dix ans, alors que
Schacht, von Papen et Fritsche furent acquittés.
Désormais le pasteur passa la majeure partie du temps qui
restait dans les cellules des condamnés, qui obtinrent la
faveur de voir leurs femmes. Triste entrevue : von Ribbentropp
demanda à son épouse d'élever leurs enfants dans la crainte
du Seigneur. Sauckel fit jurer à la sienne d'élever leur
nombreuse famille au pied de la croix de Jésus. Goering
pleura lorsqu'il sut que sa petite fille Edda espérait
rencontrer son papa au ciel.
Jour et nuit, le pasteur resta avec ceux qui avaient remis
leur âme à Dieu. Il visitait certains cinq fois par jour.
Von Ribbentropp lisait sa Bible toute la journée. Keitel
était profondément remué par les passages parlant du
pouvoir rédempteur du Sang du Christ. Sauckel souhaitait
disparaître avant l'exécution et priait à haute voix
continuellement "O Dieu, aie pitié de moi qui suis un
pécheur!" Ces trois-là prirent la communion pour la
dernière fois en cellule et, sur le point de perdre leur vie
indigne, se confièrent aux promesses du Tout-Puissant faites
aux pécheurs perdus.
Un examen de conscience universel
La veille de l'exécution des sentences, Goering
s'entretint longuement avec le pasteur américain. Il
ridiculisa certaines vérités de la Bible, refusa d'accepter
que le Christ soit mort pour les pécheurs et nia
complètement la puissance du sang. "La mort est la
mort" dit-il. Et, comme on lui rappelait les paroles
d'espérance de sa petite fille, il répondit : "Elle
croit à sa manière et moi à la mienne". Une heure
après, il s'était donné la mort dans sa cellule. Fin
effrayante, qui bouleversa le pasteur.
Quand von Ribbentropp dut monter à la potence, il
déclara qu'il plaçait toute sa confiance dans le sang de
l'Agneau qui avait ôté la culpabilité du monde et il pria
Dieu d'avoir pitié de son âme. En montant les treize marches
du gibet, il fit une dernière prière.
Keitel entra aussi dans l'éternité en se fiant à la
grâce de Dieu qui pardonne. Seickel marcha à la mort
en adressant une dernière salutation à sa femme. Avant de
mourir, Frick, lui aussi, assura qu'il croyait au sang
purificateur et avait fait, grâce aux entretiens avec l'aumônier,
une rencontre personnelle avec Jésus-Christ.
Au dernier groupe appartenait Rosenberg qui avait
constamment refusé toute aide spirituelle. Lorsque le pasteur
demanda s'il pouvait prier pour lui, il répondit en souriant:
"Non, je vous remercie". Il
vécut et mourut sans
Sauveur.
Puis ce fut le tour de Streicher. D'abord, il refusa de
donner son nom; mais, au moment de l'exécution, il prononça
le nom de sa femme et entra dans l'éternité en criant :
"Heil, Hitler!" Fin épouvantable!
Et le pasteur conclut : "La
repentante sincère que Dieu accorda dans la vie de ceux qui,
à vue humaine, étaient dignes de la plus profonde disgrâce,
peut sans doute apporter un rayon d'espoir à ceux dont les
vies ont été corrompues par le péché".
Que penser de ces pestiférés de
l'humanité ? N'étaient-ils pas la pointe d'un iceberg
immense qui avait sa base, pour les neuf dixièmes, bien
ancrée dans les coeurs et les esprits pervertis de toute une
époque et dans tous les pays. Les forces du mal se sont
concentrées et focalisées à travers ces formes humaines qui
en furent les instruments mécaniques. Le pasteur aumônier
américain amena ces robots à la frange de la conscience
divine. En les jugeant et en les condamnant, l'humanité en
quelque sorte se jugeait elle-même et croyait exorciser des
démons qu'on voit hélas réapparaître en tout temps et en
tout lieu. |
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