1 Cor. 7, 1 à 40 : La question du mariage, la liberté chrétienne   Accueil Remonter

1 Or, pour ce qui est des choses au sujet desquelles vous m’avez écrit, il est bon à l’homme de ne pas toucher de femme ; 2 mais, à cause de la fornication, que chacun ait sa propre femme, et que chaque femme ait son mari à elle. 3 Que le mari rende à la femme ce qui lui est dû, et pareillement aussi la femme au mari. 4 La femme ne dispose pas de son propre corps, mais le mari ; et pareillement aussi le mari ne dispose pas de son propre corps, mais la femme. 5 Ne vous privez* pas l’un l’autre, à moins que ce ne soit d’un consentement mutuel, pour un temps, afin que vous vaquiez à la prière, et que vous vous trouviez de nouveau ensemble, afin que Satan ne vous tente pas à cause de votre incontinence. 6 Or je dis ceci par indulgence, non comme commandement ; 7 mais je voudrais que tous les hommes fussent comme moi ; toutefois chacun a son propre don de grâce de la part de Dieu, l’un d’une manière, et l’autre d’une autre. 8 Or je dis à ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, qu’il leur est bon de demeurer comme moi. 9 Mais s’ils ne savent pas garder la continence, qu’ils se marient, car il vaut mieux se marier que de brûler. 10 Mais quant à ceux qui sont mariés, je leur enjoins, non pas moi, mais le Seigneur : que la femme ne soit pas séparée du mari ; 11 (et si elle est séparée, qu’elle demeure sans être mariée, ou qu’elle se réconcilie avec son mari ;) et que le mari n’abandonne pas sa femme. 12 Mais quant aux autres, je dis, moi, non pas le Seigneur : Si quelque frère a une femme incrédule, et qu’elle veuille habiter avec lui, qu’il ne l’abandonne pas ; 13 et si une femme a un mari incrédule, et qu’il veuille habiter avec elle, qu’elle n’abandonne pas [son] mari. 14 Car le mari incrédule est sanctifié par* la femme, et la femme incrédule est sanctifiée par* le frère, [son mari] ; puisque autrement vos enfants seraient impurs ; mais maintenant ils sont saints. 15 Mais si l’incrédule s’en va, qu’il s’en aille ; le frère ou la sœur ne sont pas asservis en pareil cas ; mais Dieu nous a appelés [à marcher] dans la paix. 16 Car que sais-tu, femme, si tu ne sauveras pas ton mari ? ou que sais-tu, mari, si tu ne sauveras pas ta femme ? 17 Toutefois, que chacun marche comme le Seigneur le lui a départi, chacun comme Dieu l’a appelé ; et c’est ainsi que j’en ordonne dans toutes les assemblées.
 — v. 5 : plus proprement : frustrez.. — v. 14 : par, en.
18 Quelqu’un a t il été appelé étant circoncis, qu’il ne redevienne pas incirconcis. Quelqu’un a-t-il été appelé étant dans l’incirconcision, qu’il ne soit pas circoncis.
19 La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien, mais l’observation des commandements de Dieu. 20 Que chacun demeure dans la vocation dans laquelle [il était quand] il a été appelé. 21 As-tu été appelé étant esclave, ne t’en mets pas en peine ; toutefois, si tu peux devenir libre, uses-en plutôt : 22 car l’esclave qui est appelé dans le Seigneur est l’affranchi du Seigneur ; de même aussi l’homme libre qui a été appelé est l’esclave de Christ. 23 Vous avez été achetés à prix ; ne devenez-pas esclaves des hommes. 24 Frères, que chacun demeure auprès de Dieu dans l’état dans lequel il a été appelé.
25 Or, pour ce qui est de ceux qui sont vierges*, je n’ai pas d’ordre du Seigneur ; mais je donne mon opinion comme ayant reçu miséricorde du Seigneur pour être fidèle. 26 J’estime donc que ceci est bon, à cause de la nécessité présente, qu’il est bon, [dis-je], à l’homme d’être tel qu’il est.
27 Es-tu lié à une femme, ne cherche pas à en être séparé. N’es-tu pas lié à une femme, ne cherche pas de femme. 28 Toutefois, si même tu te maries, tu n’as pas péché ; et si la vierge se marie, elle n’a pas péché. Mais ceux qui font* ainsi auront de l’affliction pour ce qui regarde la chair ; mais moi, je vous épargne. 29 Or je dis ceci, frères : le temps est difficile* : au reste, c’est pour que ceux mêmes qui ont une femme soient comme n’en ayant pas ; 30 et ceux qui pleurent, comme ne pleurant pas ; et ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant pas ; et ceux qui achètent, comme ne possédant pas ; 31 et ceux qui usent du monde, comme n’en usant pas à leur gré ; car la figure de ce monde passe. 32 Mais je voudrais que vous fussiez sans inquiétude. Celui qui n’est pas marié a le cœur occupé des choses du Seigneur, comment il plaira au Seigneur ; 33 mais celui qui s’est marié a le cœur occupé des choses du monde, comment il plaira à sa femme. 34 Il y a une différence entre la femme et la vierge : celle qui n’est pas mariée a le cœur occupé des choses du Seigneur, pour être sainte, et de corps et d’esprit ; mais celle qui s’est mariée a le cœur occupé des choses du monde, comment elle plaira à son mari. 35 Mais je dis ceci pour votre propre avantage, non pour vous enlacer dans des liens, mais en vue de ce qui est bienséant, et pour que vous vaquiez au service du Seigneur sans distraction. 36 Mais si quelqu’un estime qu’il agit d’une manière inconvenante à l’égard de sa virginité*, et qu’elle ait passé la fleur de son âge, et qu’il faut que cela soit ainsi, qu’il fasse ce qu’il veut : il ne pèche pas ; — qu’ils se marient. 37 Mais celui qui tient ferme dans son cœur, et qui n’est pas sous l’empire** de la nécessité, mais qui est maître de sa propre volonté et a décidé dans son cœur de garder sa propre virginité*, fait bien. 38 Ainsi, et celui qui se marie* fait bien ; et celui qui ne se marie pas** fait mieux. 39 La femme est liée pendant tout le temps que son mari est en vie ; mais si le mari s’est endormi, elle est libre de se marier à qui elle veut, seulement dans le Seigneur ; 40 mais elle est, à mon avis, plus heureuse si elle demeure ainsi : or j’estime que moi aussi j’ai l’Esprit de Dieu.
 — v. 25 : soit hommes, soit femmes. — v. 28 : litt.: ceux qui sont tels. — v. 29 : ou : raccourci. — v. 36 et 37 : ou : sa vierge. — v. 37 ** : litt.: n’y ayant pas. — v. 38 * : ou la donne en mariage. — v. 38 ** : ou : ne la donne pas en mariage.

Dans les premiers chapitres, le fait que la croix a mis fin au vieil homme n'était pas mis en pratique par les Corinthiens qui semblaient même ignorer cette question capitale. Aussi Dieu se sert de l'apôtre Paul pour les éclairer au sujet de l'ordre qui convient à Sa maison. De ce fait, l'expression "Ne savez-vous pas" revient avec la question conjugale dans ce chapitre. Nous y avons aussi des enseignements quant au mariage avec des conjoints païens, ce qu'il en est avec les enfants, s'il faut rester dans certaines conditions, ce qu'il en est de la virginité, si l'on peut manger des choses sacrifiées aux idoles, etc. Ce chapitre, qui traite de la liberté chrétienne, donne des réponses à toutes ces questions. Ces questions ne touchent pas directement à la personne de Christ et devraient être facilement réglées. Les deux grandes parties du chapitre sont le mariage chrétien dans les versets 1 à 24 et de savoir s'il faut se marier ou rester célibataire dans les versets 25 à 40. Avant de toucher quelques détails, remarquons que ce chapitre comporte des enseignements remarquables en rapport avec le ministère de l'apôtre Paul : les versets 1 à 17 où l'on remarque que l'apôtre ne parle pas comme apôtre inspiré mais comme apôtre. Il avait une mission divine pour régler beaucoup de questions dans les assemblées (v. 17). Cette autorité qu'il a reçu est différente de ce qu'il peut dire de la part du Seigneur, c'est-à-dire avec inspiration (cf v. 10). Dans la dernière partie du chapitre, selon versets 25 à 40, Paul parle aux Corinthiens comme ayant une autorité spirituelle. Ainsi, les passages contenus dans ce chapitre illustrent trois choses : l'autorité apostolique, l'inspiration, et le droit du chrétien spirituel à se faire écouter. Au v 6, nous avons son autorité, au v. 17 cette autorité qui s'exerce dans l'Eglise et au v. 25 un homme spirituel qui doit être écouté. Au v. 40, il estime aussi qu'il doit être entendu et au v. 10 déjà cité, nous avons cette inspiration Au v. 12, il y a la distinction entre sa parole comme apôtre et sa parole inspirée. Ce chapitre pourrait porter le titre de "la liberté chrétienne", réglée par une entière dépendance du Seigneur et de sa parole. Le célibat offre de grands dangers et le mariage de grandes difficultés. Il faut peser tout cela devant le Seigneur et décider devant lui. Or l’Esprit dit expressément qu’aux derniers temps quelques-uns apostasieront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs et à des enseignements de démons, disant des mensonges par hypocrisie, ayant leur propre conscience cautérisée, défendant de se marier, [prescrivant] de s’abstenir des viandes que Dieu a créées pour être prises avec action de grâces par les fidèles et par ceux qui connaissent la vérité. L'occasion est ainsi donnée à l'apôtre de répondre sur l'institution divine établie en rapport avec le mariage. Et la réponse est dans toute son intégrité primitive, c'est-à-dire une seule femme pour un seul homme, un seul homme pour une seule femme. Le christianisme condamne la polygamie. C'est donc différent de l'AT puisqu'un homme pouvait avoir plusieurs femmes (cf Deut. 21, 15). Mais avec le christianisme, l'institution de la création est rigoureusement réclamée. Et si un païen venait à se convertir tout en étant uni à plus d'une femme, cela était aussi prévu, mais il ne pouvait occuper aucune charge dans l'assemblée (cf 1 Tim. 3, 2,12; Tite 1, 6). Et pour revenir à l'AT, il y a lieu de souligner que la pluralité de femmes fut toujours une cause de chagrin dans les familles des justes comme les exemples suivants : Abraham, Jacob, Elkana, David, Salomon. Cf aussi Deut. 17, 17. Dans notre chapitre des Corinthiens, l'apôtre présente aussi un fait nouveau. C'est cette vie nouvelle, cette puissance de l'Esprit qui peut accorder d'être au-dessus et en-dehors de ce qui a trait à la nature. Un tel chrétien, consacré entièrement au Seigneur, a une part meilleure. Le célibat, qui n'était pas prévu en principe lors de la création, est maintenant le plus excellent pour autant que ce soit un don, v. 7, et non une contrainte ou un acte de propre volonté qui voudrait s'en faire un mérite devant Dieu. Il ne faut pas non plus en faire un système comme c'est le cas de l'Eglise de Rome. En 1 Tim. 4, 3, la défense du mariage est présentée comme provenant d'esprits séducteurs et d'enseignements de démons . L'expérience montre qu'un état de célibat, en dehors d'un don personnel, est un état qui conduit souvent à des péchés positifs. S'il ne s'agit pas d'un don, il vaut mieux se marier que de brûler (v. 9). Le mariage est ainsi comme une sauvegarde contre le péché.

Versets 10 à 17 :  une fois mariés, les deux époux ne disposent plus de leur propre personne à leur gré. Ils sont "une seule chair" (Marc 10, 8). En effet, il y a charge de famille et le lien du mariage place les époux dans une obligation dont les versets 3 - 5 en font part. D'autres passages donnent aussi des exhortations relativement à ces obligations. Citons par exemple 1 Pi. 3, 7 : Pareillement, vous, maris, demeurez avec elles selon la connaissance, comme avec un vase plus faible, [c’est-à-dire] féminin, leur portant honneur comme étant aussi ensemble héritiers de la grâce de la vie, pour que vos prières ne soient pas interrompues
. Entre époux, tout doit être réglé par la connaissance chrétienne et non pas par la passion humaine. Au v. 11 : il ne s'agit pas du feu vert pour quitter un conjoint d'une manière voulue; nous y avons le cas dans lequel une femme chrétienne est abandonnée par un mari mondain. Les v. 12 à 16 nous occupent du cas où l'un des époux a été gagné par l'évangile et non pas l'autre. Dans ce cas, et contrairement à ce qui se passait sous la loi (cf Esdras 10), il ne faut pas se séparer. Sous le régime de la grâce, c'est différent en ce sens que le conjoint non converti est sanctifié et les enfants, au lieu d'être impurs, sont saints. Il faut encore remarques que ces versets 12 à 16 ont en vue une union déjà formée avant la conversion de l'un d'eux. Il n'y a donc aucune approbation à un mariage qu'une chrétienne voudrait contacter avec un incrédule. Remarquons encore que ce chapitre ne mentionne pas le divorce, même pas au v. 11. Au v. 12, l'apôtre est inspiré pour écrire "moi, non pas le Seigneur".
V. 14 : lorsqu'il est question de la sanctification des enfants et d'un conjoint incrédule, rappelons-nous qu'il est question, dans ce chapitre, de la maison de Dieu . Ainsi, en rapport avec ces personnes, le salut éternel n'est pas en vue. Toutefois, elles sont considérées comme faisant partie de la maison de Dieu sur la terre afin d'avoir part à toutes les bénédictions qui s'y trouvent.

Versets 18 à 24 : dans ce paragraphe, il est aussi question de la circoncision et nous sommes enseignés qu'elle n'est rien dans le contexte de ce chapitre. Ce qui est important, ce sont les commandements et la vérité. Voilà ce qui doit faire autorité sur l'âme. Lorsqu'il est dit : "Que chacun demeure dans la vocation dans laquelle il était quand il a été appelé" (v. 20), nous y avons un principe général bien qu'il s'agisse ici de l'esclave. Et ce principe est aussi pour les occupations, pour les professions, etc, que l'on avait quand on a été appelé. Toutefois, il y a des choses que l'on doit quitter lorsque l'on est chrétien. Dans ce sens, il ne faut pas devenir esclaves des hommes et c'est pourquoi, si un esclave "pouvait devenir libre", il faisait bien d'en profiter. Mais en général, le chemin est de rester tout simplement dans l'état où l'on était quand on a été appelé. Et d'y rester avec Dieu.

Dès le verset 25 : nous y lisons que les Corinthiens avaient interrogé l'apôtre au sujet de ceux qui n'étaient jamais entrés dans les liens du mariage. En réponse, l'apôtre leur donne les indications qu'un homme spirituel comme lui pouvait donner car il estimait qu'il avait aussi l'Esprit de Dieu (v. 40).  Au v. 29, le terme "le temps est difficile" va dans le sens que "le temps est raccourci". En effet, depuis la croix, nous nous trouvons dans un temps où tout avance rapidement vers la fin. Si nous avons cette pensée devant les yeux, que le Seigneur est très près, plus près maintenant que lorsque ce chapitre a été écrit, eh bien nous serions préservés d'intérêts terrestres et nos coeurs seraient remplis de Christ. Nous aurions davantage à faire à Dieu. Soyons attentifs aux exhortations de cet homme spirituel, l'apôtre Paul, qui a pourtant les mêmes passions que nous. Ayons l'oreille ouverte pour entendre ses exhortations et des coeurs soumis aux pensées exprimées par celui qui pouvait dire "or j'estime que moi aussi j'ai l'Esprit de Dieu" (v. 40),
Ainsi, dans les v. 25 à 40, nous avons encore l'expression du verset 39 "
se marier dans le Seigneur". Ceci démontre que non seulement tous les deux étaient des chrétiens mais nécessairement dans l'Assemblée. Aujourd'hui, les chrétiens sont dispersés. Mais si le coeur est lié au témoignage de la vérité, de manière que ce soit le tout de sa vie, on ne sacrifiera pas cette position pour s'unir à une personne, même chrétienne, qui se trouverait dans un milieu où la vérité n'y est pas. Dans cette fin de chapitre, l'apôtre donne aussi son avis quant à la veuve.

 

1 Cor. 8, 1 à 13 : Peut-on manger quelque chose sacrifiée aux idoles ?   >  top  <  Retour à L'ACCUEIL

1 Pour ce qui est des choses sacrifiées aux idoles, nous savons — (car nous avons tous de la connaissance ; la connaissance enfle, mais l’amour édifie. 2 Si quelqu’un pense savoir quelque chose, il ne connaît rien encore comme il faut connaître ; 3 mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui). 4 — Pour ce qui est donc de manger des choses sacrifiées aux idoles, nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde, et qu’il n’y a point d’autre Dieu qu’un seul. 5 Car aussi, s’il y en a qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, (comme il y a beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs,) 6 toutefois, pour nous, il y a un seul Dieu, le Père, duquel sont toutes choses, et nous pour lui, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par lequel sont toutes choses, et nous par lui. 7 Toutefois la connaissance n’est pas en tous ; mais quelques-uns, ayant jusqu’à maintenant conscience de l’idole, mangent des choses comme sacrifiées aux idoles, et leur conscience, étant faible, en est souillée. 8 Or la viande ne nous recommande pas à Dieu ; si nous ne mangeons pas, nous n’avons pas moins, et si nous mangeons, nous n’avons rien de plus. 9 Mais prenez garde que cette liberté* que vous avez ne devienne une pierre d’achoppement pour les faibles. 10 Car si quelqu’un te voit, toi qui as de la connaissance, assis à table dans un temple d’idoles, sa conscience à lui qui est faible, ne sera-t-elle pas enhardie* à manger les choses sacrifiées à l’idole ? 11 et celui qui est faible, le frère pour lequel Christ est mort, périra par ta connaissance. 12 Or en péchant ainsi contre les frères, et en blessant leur conscience qui est faible, vous péchez contre Christ. 13 C’est pourquoi, si la viande est une occasion de chute pour mon frère, je ne mangerai pas de chair, à jamais, pour ne pas être une occasion de chute pour mon frère.  — v. 9 : ce droit. — v. 10 : litt.: édifiée.

Dans ce contexte, il y a aussi un enseignement en rapport avec les forts et les faibles. Diverses questions ont été posées à l'apôtre et il y répond par ordre.

Versets 1 à 4 : nous y avons des choses sacrifiées aux idoles. Les Corinthiens se vantaient aussi de leur connaissance. Et l'apôtre leur en parle, semble-t-il, avec ironie. Seule la connaissance de ce qui est en Dieu compte. Celle que l'on possède en soi enfle. La connaissance en Dieu le rend précieux à l'âme qui est ainsi gardée dans l'humilité. Si quelqu'un pense savoir quelque chose, il ignore la vraie connaissance. Au v. 4, il est clairement établi qu'une idole n'est rien. Et pourtant, au chapitre 10, Pau ira plus loin en enseignant que derrière l'idole,  il y a l'activité des démons. Nous avons donc le fait qu'en elle-même l'idole n'est rien et pourtant elle est quelque chose relativement à la conscience de l'homme
Au sujet des versets 1 et 2, remarquons encore que le pire orgueil est d'avoir cette connaissance de la Parole qui paraît si désirable. C'est là le piège des Corinthiens. C'est bien d'avoir la connaissance mais notre conscience doit être en jeu, sinon la connaissance enfle. Si nous n'avons que la connaissance, nous marchons vers la ruine. La seule chose qui édifie, c'est l'amour. Si l'on est pas conduit par l'amour, aucune édification n'est possible.  Si des chrétiens ont de la connaissance, et que cette connaissance les affranchissent de certains scrupules de conscience, auxquels leurs frères sont sujets, et en usant de leur liberté, ils pèchent contre leurs frères et de là contre Christ (v. 12). Une certaine connaissance peut ainsi faire tomber un chrétien dans ses rapports envers ses frères. L'autre danger est donc que la connaissance enfle: elle peut nous remplir d'orgueil et l'on peut se croire important. A cet égard, ne blessons pas ceux qui viennent de sortir du monde et qui se sont séparés de bien de choses pour lesquelles nous n'aurions pas de scrupules. Ne blessons pas la conscience de ces frères. Recherchons plutôt la connaissance qui est sans danger : elle a Christ pour objet et non notre égo. Cette connaissance là n'enfle jamais. Elle nous humilie et nous remplit de joie.

Versets 5 et 6 : il y a contraste entre les croyants et les païens. Cela en rapport avec ce qui est reconnu comme étant au-dessus de nous. Pour le chrétien, il y a Dieu le Père et le Seigneur Jésus Christ. Nous voyons ici l'acceptation différente entre les mots Dieu et Seigneur. Nous n'avons pas ici la nature divine comme telle mais la place que les personnes divines occupent dans ce que l'on appelle  "l'économie de la grâce". Le Fils est devenu un homme et dans son humanité il a pris la place de Seigneur. Ainsi, en parlant de Dieu, on parle du Père mais quant à Christ, on parle de Jésus, c'est-à-dire Jéhovah-Sauveur. Et la place qu'il a prise comme homme est donc celle de Seigneur. Jésus reste bien sûr "Jéhovah" mais il a pris la place de Seigneur tandis que le Père demeure dans la simple déité abstraite. Le Seigneur est donc à la fois Dieu et homme. Ici, nous l'avons en rapport avec la place qu'il a prise sur la terre.

Dans les versets 7 à 13, la question des choses sacrifiées aux idoles se présente de conscience à conscience entre frères, et non au point de vue de ce qu'est l'idolâtrie aux yeux de Dieu. Au v. 7, au sujet de la souillure de la conscience, nous y avons le fait que si quelqu'un juge dans sa conscience que si une chose est mauvaise, et bien il faut s'abstenir de la suivre; sinon il se souille (voir aussi le chapitre 14 des Romains). Dans ces passages, nous comprenons aussi l'amour qu'il faut avoir envers nos frères pour ne pas être une pierre d'achoppement pour les faibles, en quoi l'on peut pécher, même en étant dans le juste. Ainsi, il vaut mieux ne pas manger de viande plutôt que d'être une occasion de chute pour un frère. Il importe par-dessus tout d'avoir à coeur le bien des frères. Remarquons que de nos jours, la question des choses sacrifiées aux idoles n'est pas littérale mais le principe qui est à la base de cet enseignement est applicable à bien des détails de notre marche pratique. En Matt. 18, 6, il est aussi souligné la gravité d'être en occasion de chute envers son prochain. En cela, pensons que les petits, les simples, ne sont pas forcément de petits enfants mais d'adultes tout simples dans leur foi. Le v. 11 semble difficile: "périr". Mon acte de manger peut conduire mon frère à périr en ce sens que je l'induis à pécher contre sa conscience. On peut rapprocher Rom. 8, 13 : car si vous vivez selon [la] chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. Cela veut dire que la mort est la fin d'une vie selon la chair mais il n'est pas question, ici, de la mort éternelle, respectivement de la vie éternelle. Dieu juge et il montre que la fin de certaines choses conduit à la mort. Il nous faut être prudents et se souvenir que Dieu connaît tout. D'après d'autres textes, nous sommes enseignés que Dieu parle à notre conscience. Vis-à-vis de notre Dieu qui est sage, qui ne commet pas d'erreur, ne tordons pas les Ecritures et n'en faisons point de doctrines.

 

1 Cor. 9, 1-27 :  L'apostolat de Paul                                                               >  top  <  Retour à L'ACCUEIL

1. Ne suis-je pas libre ? Ne suis-je pas apôtre ? N’ai-je pas vu Jésus notre Seigneur ? N’êtes-vous pas, vous, mon ouvrage dans le Seigneur ? 2 Si je ne suis pas apôtre pour d’autres, je le suis pour vous du moins ; car vous êtes le sceau de mon apostolat dans le Seigneur. 3 C’est ici ma défense auprès de ceux qui m’interrogent. 4 N’avons-nous pas le droit de manger et de boire ? 5 N’avons-nous pas le droit de mener avec nous une sœur comme femme, comme [font] aussi les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas ? 6 N’y a-t-il que moi et Barnabas qui n’ayons pas le droit de ne pas travailler ? 7 Qui jamais va à la guerre à ses propres dépens ? Qui plante une vigne et n’en mange pas le fruit ? Ou qui paît un troupeau et ne mange pas du lait du troupeau ? 8 Est-ce que je dis ces choses selon l’homme ? Ou la loi aussi ne dit-elle pas ces choses ? 9 Car dans la loi de Moïse il est écrit : " Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui foule le grain " [Deutéronome 25:4]. Dieu s’occupe-t-il des bœufs ? 10 ou parle-t-il entièrement pour nous ? Car c’est pour nous que cela est écrit, que* celui qui laboure doit labourer avec espérance, et que celui qui foule le grain [doit le fouler] dans l’espérance d’y avoir part. 11 Si nous avons semé pour vous des [biens] spirituels, est-ce beaucoup que nous moissonnions de vos [biens] charnels ? 12 Si d’autres ont part à ce droit sur vous, ne l’avons-nous pas bien plus ? Mais nous n’avons pas usé de ce droit, mais nous supportons tout, afin de ne mettre aucun obstacle à l’évangile du Christ. 13 Ne savez-vous pas que ceux qui s’emploient aux choses sacrées mangent [de ce qui vient] du temple*; que ceux qui servent à l’autel ont leur part de l’autel ? 14 De même aussi, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l’évangile, de vivre de l’évangile. 15 Mais moi je n’ai usé d’aucune de ces choses, et je n’ai pas écrit ceci, afin qu’il en soit fait ainsi à mon égard ; car il serait bon pour moi de mourir, plutôt que [de voir] quelqu’un anéantir ma gloire. 16 Car, si j’évangélise, je n’ai pas de quoi me glorifier, car c’est une nécessité qui m’est imposée, car malheur à moi si je n’évangélise pas. 17 Car, si je fais cela volontairement, j’en ai un salaire ; mais si c’est malgré moi, une administration m’est confiée. 18 Quel est donc mon salaire ? C’est que, en évangélisant, je rends l’évangile exempt de frais, pour ne pas user comme d’une chose à moi de mon droit dans l’évangile. 19 Car, étant libre à l’égard de tous, je me suis asservi à tous, afin de gagner le plus de gens*; 20 et pour les Juifs, je suis devenu comme Juif, afin de gagner les Juifs ; pour ceux qui étaient sous la loi, comme si j’étais sous la loi, n’étant pas moi-même sous la loi, afin de gagner ceux qui étaient sous la loi ; 21 pour ceux qui étaient sans loi*, comme si j’étais sans loi (non que je sois sans loi quant à Dieu, mais je suis justement soumis à Christ), afin de gagner ceux qui étaient sans loi*. 22 Je suis devenu pour les faibles [comme] faible, afin de gagner les faibles ; je suis devenu toutes choses pour tous, afin que de toute manière j’en sauve quelques-uns. 23 Et je fais toutes choses à cause de l’évangile, afin que je sois coparticipant avec lui.
 — v. 10 : ou : car. — v. 13 : ou : mangent de ce qui est sacré. — v. 19 : la majeure partie, la masse. — v. 21 : ou : sont sans loi ;- " sans loi ", ailleurs : inique, iniques (ici et dans tout ce verset).

24 Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice* courent tous, mais un seul reçoit le prix ? Courez de telle manière que vous le remportiez. 25 Or quiconque combat dans l’arène vit de régime en toutes choses ; eux donc, afin de recevoir une couronne corruptible ; mais nous, [afin d’en recevoir] une incorruptible. 26 Moi donc je cours ainsi, non comme ne sachant pas vers quel but ; je combats ainsi, non comme battant l’air ; 27 mais je mortifie mon corps et je l’asservis, de peur que après avoir prêché à d’autres, je ne sois moi-même réprouvé
 — v. 24 : ou : le stade

Si le ch. 8 nous entretenait de la liberté quant aux idoles, le 9ème nous présente la liberté quant au ministère. Le mot "interroger" dans l'expression "... auprès de ceux qui m'interrogent" du v. 3 vient du grec "juger" ou "faire subir un interrogatoire".  Les mots "droit" et "liberté" ( cf ch. 8,  9 et 9, 4) sont un seul et même mot. Dans ce chapitre, l'apôtre a beaucoup de droits mais il n'en use pas. Nous avons dans ce ch. 9 la réponse à la dernière question posée à l'apôtre. Ainsi, parmi les Corinthiens, des personnes prétendaient avoir des droits égaux à ceux de l'apôtre (cf ch. 4). Son apostolat était mis en question. Pour être apôtre, il faut avoir vu le Seigneur (v. 1). Dans ce début du chapitre, l'apôtre Paul connaît ainsi des difficultés étant en butte à des accusations de la part de faux docteurs. Ils insinuaient que son action était, ainsi que ses travaux, dans un but intéressé, et qu'il prenait les biens des chrétiens. C'est pourquoi, dans ce chapitre, l'apôtre parle de son ministère. Il témoigne qu'il est apôtre, qu'il est témoin oculaire de la gloire du Christ, ayant vu le Seigneur. Il avait aussi été le moyen de la conversion des Corinthiens. C'est le résultat de son oeuvre : leur conversion. Dans cette assemblée, certains voulaient avoir un rôle, une position,  une autorité. Pour atteindre ce but, ces personnes se mettaient nécessairement en conflit avec ceux auxquels le Seigneur a confié l'autorité. Ce sujet est traité. Quant à Paul, il est au moins apôtre pour eux (v. 2). L'apôtre avait le droit de vivre de l'évangile. Il avait aussi le droit de se marier. Pourtant, avec les Corinthiens, Paul n'a pas vécu de l'évangile de leur part. Il n'a pas non plus usé du droit de se marier (cf pour ces différents cas : v. 9, 5, 6). Mais il était obligé de prêcher l'évangile et malheur à lui s'il manquait (v. 16). Il le faisait gratuitement de manière à ôter toute occasion à ceux qui en cherchait. Il se fait serviteur de tous pour en gagner autant qu'il pouvait (v. 19). Ce v. 19 ajoute un point au ministère de Paul : il est libre à l'égard de tous tout en s'étant asservi à tous. Ce cher serviteur n'avait jamais pensé à lui-même. Remarquons que c'était dans son service que l'apôtre s'accommodait à tous (v. 20 - 23). A propos de ces versets, soyons bien au clair : il n'est pas question de mélange avec le monde. N'oublions pas que l'apôtre considérait les choses du monde comme des ordures (cf Phil. ch. 3), afin d'atteindre Christ. Et si l'apôtre se faisait comme un Juif, allant de synagogue en synagogue, c'est pour les prendre sur leur terrain, pour les convaincre de péchés. A Athènes, il y prêchait le Dieu créateur .. pour les amener à Christ, ce Dieu .. inconnu. Aux Romains, il prêchait la justice, la tempérance et le jugement à venir, afin d'atteindre leur conscience et de les faire rechercher un Sauveur. Oui, il ne faut pas s'associer au monde mais nous pouvons le traverser dans l'esprit de l'apôtre afin d'en sauver quelques-uns. En tout cela, il ne s'accommodait donc pas au monde pour faire cesser le scandale de la croix, mais il mettait la croix clairement en avant (ch. 2, 2). Et en prêchant la croix, l'apôtre s'adaptait à la capacité religieuse et à la forme des pensées des uns et des autres, afin de trouver accès pour la vérité dans les esprits. Paul faisait abnégation de lui-même en tout pour être serviteur de tous. Et il poursuivait cette ligne de conduite en tout, pour l'amour de l'évangile. Au v. 23, il personnifie même l'évangile comme faisant l'oeuvre de l'amour de Dieu dans le monde. L'apôtre imite bien le Seigneur lorsque nous pensons à des récits tels que celui de la Samaritaine, ou de Jean 3 avec Nicodème. Nous y voyons le Seigneur se faire connaître par une simple question ! L'apôtre se renie aussi lui-même, tenant la chair en bride, pour faire courir l'évangile. En effet, pour vaincre l'ennemi du dehors, il nous faut une lutte réelle avec nous-même, sans hypocrisie ou faux sentiment. Pour que le combat avec Satan soit efficace, je dois commencer avec la mortification de mon corps, me tenant continuellement pour mort au péché et pour vivant à Dieu. Et il le fait non d'une manière incertaine mais en voyant le but. Avec ce v. 23, nous arrivons à la fin d'un premier grand sujet de cette épître et qui traitait de l'ordre qui convient à la maison de Dieu. Dès le ch. 10, 14, nous aurons l'ordre qui convient à l'Assemblée comme corps de Christ. Et du ch. 9, 24 au ch. 10, 14, nous avons une chose intermédiaire qui n'est ni la Maison et ni le corps en tant que tels, mais la profession chrétienne qui se formait jadis et qui remplit aujourd'hui le monde civilisé
Versets 24 à 27 : tout homme qui professe appartenir à Christ est responsable d'atteindre un prix qui est celui de glorifier Christ. Paul se donne en exemple. Quant aux Corinthiens, ils ne marchaient pas selon cette connaissance, selon cette profession. L'apôtre, lui, démontre que la vie chrétienne doit être un témoignage réel et public devant le monde. Pour le chrétien, il y a une vie intérieure et un témoignage public. C'est de cela dont il est question ici. Ainsi, au v. 24 (on peut penser aux jeux olympiques), il y a comparaison avec une course qui se fait en public. Courrons donc comme si une seule personne doit remporter le prix. Que cela puisse nous donner du zèle pour faire un effort, cet effort que la Parole appelle "la vertu". Ayons les yeux fixés sur Christ. Soyons prêts au combat, à la lutte. Ne nous laissons pas arrêter dans notre course et retenons que le fait même d'avoir des dons, un ministère, prêcher, .. n'a aucune valeur si la vie intérieure ne correspond pas à la profession. Et un réprouvé n'est rien d'autre qu'un homme rejeté de Dieu, condamné aux peines éternelles. Quant à la profession évaluée à la fin du ch. 9 et au début du 10ème, ajoutons qu'il n'y a pas deux professions. Il n'y en a qu'une et cette profession est accompagnée, ou non, de la vie de Dieu. Ici, il est question de la profession chrétienne sans vie mais rien ne nous empêche d'appliquer à nous-mêmes la réalité de la profession chrétienne, avant de l'appliquer à d'autres.
  
Ainsi, le commencement du chapitre 10 se lie à la fin du 9ème. Paul est un bon prédicateur en sa qualité de chrétien. Et au chapitre 10, d'autres font aussi profession de christianisme , sont même prédicateurs, et pourtant ils ne sont pas reconnus de Dieu; ils sont réprouvés. Ces passages allant du ch. 9, 24 à 27 et du début du chapitre 10, distinguent entre le fait d'avoir participé aux ordonnances chrétiennes et la profession du salut. Cette distinction est toujours vraie, mais il n'est pas toujours nécessaire de la faire quand la vie chrétienne brille en ceux qui ont part aux privilèges extérieurs de l'assemblée.
Au v. 27 : à propos du terme "réprouvé", semble-t-il qu'il est l'opposé du terme "approuvé", c'est-à-dire "désapprouvé". En grec, nous avons Dokimos (approuvé) qui revient sept fois dans le NT. A son opposé, il y a donc Adokimos (désapprouvé). Par exemple Jean, surnommé Marc, est approuvé en Act. 13, 5 puis réprouvé en Act. 15, 33, et à nouveau approuvé en 2 Tim. 4, 11.

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