1 Cor. 4, 1 à 21 : Le vrai serviteur et les ministères   Accueil Remonter

Le chapitre précédent nous a présenté la responsabilité du chrétien en rapport avec son travail dans l'assemblée de Dieu considérée sous l'aspect d'une bâtisse. Cet aspect de l'assemblée (ou Eglise) est spécialement en vue dans cette épître. Dans l'épître adressée aux Ephésiens, la construction de l'édifice est aussi en vue mais c'est Christ qui bâtit. Dans les Corinthiens, c'est le travail et la responsabilité de l'homme qui sont en vue. A ce sujet et au ch. 3, l'apôtre a fait ressortir avec tact différents travaux : le sien, celui des autres. Il se considérait comme un ouvrier mais avec cette vocation spéciale d'être architecte. Dans ce travail, il y avait de bons ouvriers et il y en avait aussi des mauvais. Et nous arrivons au chapitre quatrième qui nous entretient des ministères. Avec ce chapitre se termine une partie de l'épître qui représente un spécimen admirable de tendresse et d'autorité, d'une autorité assez sûre d'elle-même, de la part de Dieu, pour rendre l'apôtre capable d'agir avec une parfaite tendresse envers ceux qui lui étaient si chers, dans le désir de ne pas être forcé de l'exercer d'une autre manière. De grandes vérités sont développées dans les communications qui en résultent !

Il y a donc des services (ou ministères) dans la maison de Dieu. Il peut y avoir similitude entre le ministère des apôtres et celui de leurs compagnons. Il peut y avoir aussi des orgueilleux (voir les versets 6 et 18) et c'est bien le cas dans ce chapitre dans lequel certains personnages s'affublent de titres et cherchent à supplanter l'apôtre.  Remarquons aussi avec quelle délicatesse l'apôtre Paul, qui ne doit pas épargner les orgueilleux, s'en occupe sans les nommer. Il pourrait nommer quelques noms parmi ceux qui se servaient de l'état charnel des Corinthiens pour les entraîner à leur suite. C'est un danger auquel les Corinthiens sont exposés et cela ressort déjà des chapitres précédents. Le tact de l'apôtre ressort par exemple au v. 6. C'est comme s'il disait : "Sommes-nous venus fonder des écoles de doctrines et faire des sectes et des divisions parmi vous? Avons-nous une haute opinion de nous-mêmes? Faisons-nous valoir notre autorité?". Il tourne tout cela sur lui et sur Apollos pour bien se faire comprendre tout en taisant le nom de ceux qui se prévalent d'avoir les premières places parmi ces Corinthiens. Dans ce verset, un principe est établi et cela d'une manière universelle : celui de ne pas nommer les personnes en prenant cela sur eux. C'est comme si Paul leur demandait : "Est-ce que vous voyez chez nous la même chose que chez ceux qui vous incitent à vous enfler l'un contre l'autre !". Que faisaient ces gens : une oeuvre d'édification ou de destruction ? Eh bien, tout au long de ce chapitre 4,  nous avons une similitude entre les apôtres et d'autres vrais serviteurs ainsi que  le contraste entre eux et ceux qui cherchent à occuper une place dans l'Assemblée, place que Dieu ne leur avait pas confiée. Tout ceci a été écrit voici bientôt 2000 ans. Que penser de l'état de l'Eglise (ou Assemblée) en ce début de 3ème millénaire : quel spectacle l'Eglise professante (voir article sur ce sujet dans le groupe "Eglise") n'offre-t-elle pas ?   

Au verset 2 : ce qui compte, c'est la fidélité et non pas la réputation. Cela est requis des administrateurs qui ont à rendre compte de leur travail. Dans une mesure, ne sommes-nous pas des administrateurs de ce que Dieu nous confie, à nous qui sommes "enfants de Dieu" ! Ce qui compte aussi, c'est l'humilité et nous avons déjà remarqué ces traits chez l'apôtre à plusieurs reprises : cf chapitre 1. 21-23. Loin de s'approprier quelque chose, l'apôtre se considérait comme appartenant aux Corinthiens, comme étant leur serviteur. Au verset premier, il est question de mystères : l'apôtre en a révélé plusieurs car c'est un administrateur fidèle. Lien :  Les mystères.

Versets 3 à 5 : Paul dépend manifestement du Seigneur et c'est Lui qui le juge en rapport avec le ministère qu'il a reçu de Dieu. Il est apôtre. Les notes de ces versets sont fort intéressantes en rapport avec le jugement : "3) Mais il importe fort peu, à moi, que je sois jugé* par vous, ou de jugement** d’homme ; et même je ne me juge* pas moi-même. 4) Car je n’ai rien sur ma conscience ; mais par là je ne suis pas justifié ; mais celui qui me juge, c’est le Seigneur. 5) Ainsi ne jugez* rien avant le temps, jusqu’à ce que le Seigneur vienne, qui aussi mettra en lumière les choses cachées des ténèbres, et qui manifestera les conseils des cœurs ; et alors chacun recevra sa louange de la part de Dieu. v. 3 * : juger, ici, et verset 4 : examiner, interroger. — v. 3 ** : litt.: jour des hommes, par opposition au jour du Seigneur. — v. 5 : ici, c’est bien : prononcer un jugement définitif". Ainsi, il y a un sens très fort au v. 3 qui va plus loin que prononcer un jugement puisqu'il s'agit de faire subir un interrogatoire à un accusé. Pour Paul, mis à part le Seigneur, personne ne peut le juger. En dehors de cela, l'Assemblée peut contrôler l'enseignement d'un serviteur. Nous en avons l'exemple avec les croyants de Bérée en  Actes 17 v.10-11 : Et aussitôt les frères envoyèrent Paul et Silas, de nuit, à Bérée, lesquels étant arrivés, entrèrent dans la synagogue des Juifs. Or ceux-ci étaient plus nobles que ceux de Thessalonique ; et ils reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les écritures [pour voir] si les choses étaient ainsi". Mais dans le verset qui nous occupe, il s'agit d'autre chose. Et pour aujourd'hui aussi, nous y apprenons que, en dehors du ministère de la Parole, Dieu nous confie des services et c'est vis-à-vis de Lui que nous devons nous en occuper. Il faut que le Seigneur soit toujours en vue et le jugement des hommes nous importera peu car c'est pour Lui que nous agissons.

Versets 6 et suivants : relevons une fois encore les traits d'humilité si nécessaires aux enfants de Dieu. Il y a aussi cette nécessité de se soumettre constamment au Dieu d'amour qui établit lui-même des différences entre les serviteurs. Tout cela fait contraste avec le côté de l'homme dont la chair tend toujours à se glorifier et le v. 8 souligne ce mauvais trait qui existait chez les Corinthiens. Dans le v. 9, l'expression "les derniers" est à mettre en rapport avec les prophètes que Dieu a envoyé en premier, puis le Seigneur et enfin les apôtres : ils étaient les "derniers". Dans ces versets 8 et 9, ces Corinthiens régnaient selon leur propre estimation. Quand il est écrit "vous avez régné sans nous", l'apôtre enseigne pour faire comprendre son souhait de régner avec eux mais ce n'est pas le moment, pas le temps. Car alors comme aujourd'hui (aube du 3ème millénaire), c'est le temps de souffrir à la suite d'un Christ rejeté.  Versets 9 à 15 : les apôtres ont été voués à l'opprobre et à la mort, comme pas un ne le sera après eux. Tout ceci constitue un reproche pour les Corinthiens et les hommes qui se donnaient tant d'importance parmi eux ! Et ceux que le Seigneur employait étaient considérés : la folie, les balayures du monde, et le rejet de tous. Oui, ils étaient considérés comme des ordures. Alors, au verset 16 : l'apôtre ajoute : je vous supplie donc d'être mes imitateurs. Au ch. 11. 1, il ajoutera : comme moi je le suis de Christ. Lorsque nous pensons au ministère de Christ dans ce monde et comment Paul a marché sur ses traces, nous comprenons ce que cela implique de la part d'un chrétien fidèle. Les Corinthiens n'avaient pas réalisé cela : ils veulent la première place, ils veulent régner dans ce monde alors que le moment n'est pas là. Devant leur état, l'apôtre ne veut pas prendre la verge (il le pourrait) mais, .. parole touchante, il les avertit comme de bien-aimés et les reprend avec une tendresse paternelle. 

Versets 17 à 21 : C’est pourquoi je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et qui est fidèle dans le Seigneur ; il vous fera souvenir de mes voies en Christ, selon que j’enseigne partout dans chaque assemblée. Or quelques-uns se sont enflés d’orgueil, comme si je ne devais pas aller vers vous ; mais j’irai bientôt vers vous, si le Seigneur le veut, et je connaîtrai, non la parole de ceux qui se sont enflés, mais la puissance. Car le royaume de Dieu n’est pas en parole, mais en puissance. Que voulez-vous ? Que j’aille vers vous avec la verge, ou avec amour et un esprit de douceur ?  Au v.17, l'envoi de Timothée est une preuve des sentiments paternels de Paul pour les Corinthiens. C'est aussi une preuve de son autorité apostolique.  Ces versets attestent encore que le ministère chrétien ne consiste pas en de belles paroles et en de beaux discours mais il est en puissance. La puissance n'appartient pas aux beaux parleurs, surtout en Grèce où l'on tenait beaucoup à l'élégance du beau langage. La puissance n'est pas avec eux : elle appartient à ceux qui étaient "le rebut du monde" mais qui avaient l'approbation de Dieu et les secours de son Esprit pour édifier les âmes. En rapport avec le royaume (v. 20), relevons qu'actuellement le royaume est un principe moral, c'est quelque chose de spirituel à toute âme qui reconnaît que Dieu a des droits sur tout ce qui se trouve sous sa dépendance.  En Rom. 14, 17 : Car le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et joie dans l’Esprit Saint.

1 Cor. 5, 1 à 13 : Le mal dans l'Assemblée (ou Eglise, ou maison de Dieu) et la discipline   >  top  <

1 On entend dire partout qu’il y a de la fornication parmi vous, et une fornication telle qu’elle [n’existe] pas même parmi les nations, de sorte que quelqu’un aurait la femme de son père. 2 Et vous êtes enflés d’orgueil, et vous n’avez pas plutôt mené deuil, afin que celui qui a commis cette action fût ôté du milieu de vous. 3 Car pour moi, étant absent de corps, mais présent en esprit, j’ai déjà, comme présent, jugé 4 (vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre seigneur Jésus Christ), [de livrer], au nom de notre seigneur Jésus Christ, celui qui a ainsi commis cette action, 5 [j’ai jugé, dis-je,] de livrer un tel homme à Satan pour la destruction de la chair, afin que l’esprit soit sauvé dans la journée du Seigneur Jésus. 6 Votre vanterie n’est pas bonne ; ne savez-vous pas qu’un peu de levain fait lever la pâte tout entière ? 7 Otez* le vieux levain, afin que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée : 8 c’est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité.    
9 Je vous ai écrit dans la lettre, de ne pas avoir de commerce
* avec des fornicateurs, 10 non pas absolument avec les fornicateurs de ce monde, ou les avares et les ravisseurs, ou les idolâtres, puisque ainsi il faudrait que vous sortissiez du monde;  11 mais, maintenant, je vous ai écrit que, si quelqu’un appelé frère est fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, vous n’ayez pas de commerce* avec lui, que vous ne mangiez pas même avec un tel homme. 12 Car qu’ai-je affaire de juger ceux de dehors aussi ? Vous, ne jugez-vous pas ceux qui sont de dedans ? 13 Mais ceux de dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous-mêmes.
— v. 7 : ôter, avec le sens de : purifier de. — v. 9, 11 : de relation.

Ce chapitre, avec les sujets  de querelles entre frères et de dangers de l'immoralité du 6ème, fait état de désordre dans l'assemblée. C'est bien triste qu'il en soit ainsi. Il est aussi démontré que le mal peut avoir, sur un chrétien abandonné à lui-même, un effet pire que chez une personne non convertie. C'est pourquoi, dans ce chapitre, Paul agit pour stimuler la conscience des Corinthiens afin de leur faire sentir leur responsabilité au sein de l'assemblée. Paul, ayant une autorité d'apôtre, reconnaît aussi la compétence et l'autorité de l'assemblée pour ôter le méchant, de même que pour ratifier un amour envers ce même homme, selon 2 Cor. 2, 5-11 : Mais si quelqu’un a causé de la tristesse, ce n’est pas moi qu’il a attristé, mais, en quelque sorte (afin que je ne vous surcharge pas), c’est vous tous. Il suffit, pour un tel homme, de cette punition [qui lui a été infligée] par le grand nombre, de sorte qu’au contraire vous devriez plutôt pardonner et consoler, de peur qu’un tel homme ne soit accablé par une tristesse excessive. C’est pourquoi je vous exhorte à ratifier envers lui votre amour. Car c’est aussi pour cela que je vous ai écrit, afin que je connaisse, à l’épreuve, si vous êtes obéissants en toutes choses. Or à celui à qui vous pardonnez quelque chose, moi aussi [je pardonne] ; car moi aussi, ce que j’ai pardonné, si j’ai pardonné quelque chose, [je l’ai fait] à cause de vous dans la personne de Christ ; afin que nous ne soyons pas circonvenus par Satan, car nous n’ignorons pas ses desseins. Un homme sous discipline n'est plus un frère, il est "un tel homme" et cela jusqu'à sa réintégration.

Versets 1 et 2 : selon ce passage, nous constatons qu'il y avait chez les chrétiens à Corinthe un état pire que tout ce qui existait chez les païens. Dans leur triste état, ils ne s'humilient pas. Au contraire, ils sont enflés d'orgueil et se vantent de leurs dons et de leur connaissance. Les faux docteurs qu'ils accréditent ne les pressent pas de réprimer le mal. L'apôtre leur fait donc le reproche de ne pas avoir mené deuil. Y avait-il peut-être, chez eux, un manque d'instructions pour cela ? En tout cas l'apôtre leur apprend, dans ce chapitre, la façon qu'il convenait d'adopter pour régler ce cas. Aujourd'hui aussi, il y a des situations dans lesquelles nous ne savons  pas comment agir. Eh bien dans de tels cas, nous apprenons qu'il faut au moins "mener deuil" en attendant que le chemin nous soit montré.

Versets 3 à 5 : l'apôtre a jugé de livrer un tel homme, celui du verset premier, à Satan. Nous avons là un acte d'autorité apostolique et non un acte d'assemblée. L'assemblée est tenue d'ôter le mal du milieu d'elle-même mais Paul, comme apôtre, peut livrer à Satan comme le furent aussi Hyménée et Alexandre en 1 Tim. 1, 20. Ici, l'apôtre juge que c'est le cas de le faire mais il est douteux que l'action ait été effectuée puisque l'assemblée fera son devoir en excluant le coupable. Remarquons qu'une âme, au-dedans de l'assemblée, est protégée. Mais au-dehors, c'est le domaine de Satan et Dieu peut permettre qu'une âme soit livrée à Satan; ce fut le cas de Job et là, malgré lui, l'ennemi est serviteur des desseins de Dieu. Cela afin de mâter une chair rebelle.  Il s'agit d'un châtiment gouvernemental pour échapper à la condamnation finale. Quant à une assemblée, si elle ôte le méchant, elle ne le livre pas à Satan. Toutefois le coupable, une fois dehors, se trouve dans le domaine où Satan exerce ses droits. L'exclusion a aussi deux buts: la purification de l'assemblée et le relèvement du coupable.

Versets 6 à 8 (cf 2 Cor. 7. 11 et Gal. 5, 9)  : toute l'assemblée est souillée par le mal et ce qui nécessite la purification, c'est que l'assemblée est en elle-même une chose sainte et qui appartient à Christ. C'est le résultat de ce que "note pâque, Christ, a été sacrifiée. Quant au vieux levain, c'est le levain de la vieille nature, de souche adamique. Quant au levain de malice et de méchanceté, nous y avons l'activité du levain. Il faut que tout cela soit absent pendant une période complète, c'est-à-dire note vie ici-bas, figurée par cette fête des pains sans levain. Dans ces versets, nous ne trouvons pas la cène du Seigneur. S'il est question de "notre pâque" et de fête, c'est pour nous faire comprendre quelle est la valeur du sang de Christ et pour savoir qu'en vertu de ce sang, nous sommes sans levain devant Dieu. Nous pouvons nous présenter à lui en étant revêtu, comme Christ, d'une sainteté parfaite. Dans notre marche, il faut chercher soigneusement à correspondre à ce caractère de sainteté dont nous sommes revêtus. Cela toute notre vie figurée par l'allusion à la fête des pains sans levain. Il faut que nous comprenions le but de Dieu qui nous a racheté par le sang de Christ.

Versets 9 à 13 : l'apôtre enseigne la conduite à tenir à l'égard de personnes exclues. Nous y apprenons que, vis-à-vis des pécheurs de ce monde, même de grands pécheurs, nous pouvons avoir affaire avec eux pour toutes les choses de la vie. Mais si quelqu'un portant le nom de frère a du être exclu pour l'un des péchés du verset 11, ou pour d'autres, il n'est plus possible de conserver envers lui les conditions ordinaires de la vie alors que de telles relations peuvent être obligatoires envers des personnes du monde. Ce sont "ceux du dedans" qui tombent sous le jugement de l'assemblée. Ceux qui sont au dehors de l'assemblée ont affaire au jugement de Dieu. Ainsi quelqu'un "du dedans" peut être appelé "méchant" pour avoir offensé le saint nom de Jésus. Une telle personne doit être ôtée. Mais il reste néanmoins dans l'assemblée. Pour imager, c'est comme si un enfant méchant était renvoyé du salon tout en continuant de faire partie de la famille. Remarquons encore, à propos du verset 11, que la liste n'est pas complète. Une liste complète n'existe pas. Nous y trouvons que du mal moral et même le meurtrier, le voleur, ne s'y trouvent pas. Quant au mal moral, il peut y avoir des cas difficile à juger comme celui de l'avare. Pourtant, si l'assemblée est dans un bon état spirituel, le Seigneur amènera tout au jour.
Ne pas avoir de commerce avec un retranché est un caractère de la discipline. Et celui qui a été mis dehors comme méchant garde ce caractère jusqu'à sa restauration. Pour l'assemblée, il ne s'agit pas d'un jugement judiciaire mais d'ôter le levain en vue de la pureté. Une assemblée peut perdre son caractère d'assemblée de Dieu en ne se purifiant pas. Si l'assemblée est appellée à exercer la discipline, cela a en vue l'amour afin qu'un chrétien en chute puisse retrouver la communion perdue. Un chrétien, objet de la discipline, ne doit pas se sentir sous le coup d'un acte de tribunal. Il ne faut pas agir non plus envers une personne retranchée avec un faux amour que l'on constate si souvent en maintenant des relations fraternelles mais qui trahissent de l'indifférence quant au mal et empêchent la discipline de produire les effets recherchés. Cela ne veut pas dire qu'il faut rester insensible au premier symptôme d'un retour au bien. La deuxième épître aux Corinthiens montre que le retranché a été restauré et alors l'apôtre peut changer de langage. Au verset 13, le méchant désigne celui qui fait sa volonté en opposition avec la pensée de Dieu connue dans la lumière et révélée dans la Parole. Le méchant est aussi celui qui poursuit sa mauvaise voie en ne tenant pas compte des observations qui lui ont été faites. Remarquons encore que même si le méchant s'humilie, l'assemblée doit l'exclure pour être purifiée avant de le réintégrer.  

De l'ensemble du chapitre, relevons encore trois points importants. 
1) L'humiliation qui doit caractériser l'assemblée lorsqu'un péché est découvert.
2) L'action de l'assemblée pour se purifier du mal en excluant le coupable mais en vue de son rétablissement.
3) La ligne sévère de conduite à tenir à l'égard de la personne exclue

1 Cor. 6, 1 à 20 : Le détail du relâchement des Corinthiens dans leur vie ordinaire : querelles entre frères (v.6-11) et dangers de l'immoralité (v.12-20)   >  top  <

1 Quelqu’un de vous, lorsqu’il a une affaire avec un autre, ose-t-il entrer en procès devant les injustes et non devant les saints ? 2 Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? Et si le monde est jugé par vous, êtes-vous indignes des plus petits jugements* ? 4 Si donc vous avez des procès pour les affaires de cette vie, établissez ceux-là [pour juges] qui sont peu estimés dans l’assemblée. 5 Je parle pour vous faire honte : ainsi il n’y a pas d’[homme] sage parmi vous, pas même un seul, qui soit capable de décider entre ses frères ? 6 Mais un frère entre en procès avec un frère, et cela devant les incrédules. 7 C’est donc de toute manière déjà une faute en vous, que vous ayez des procès entre vous. Pourquoi ne supportez-vous pas plutôt des injustices ? pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt faire tort ? 8 Mais vous, vous faites des injustices et vous faites tort, et cela à vos frères. 9 Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point du royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni fornicateurs, ni idolâtres, ni adultères, ni efféminés, ni ceux qui abusent d’eux-mêmes avec des hommes, 10 ni voleurs, ni avares, ni ivrognes, ni outrageux, ni ravisseurs, n’hériteront du royaume de Dieu. 11 Et quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au* nom du seigneur Jésus, et par* l’Esprit de notre Dieu.
 — v. 2 : c. à d. de juger les plus petites choses. — v. 11 : au et par = en vertu de la puissance de.

12 Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune.13 Les viandes pour l’estomac, et l’estomac pour les viandes ; mais Dieu mettra à néant et celui-ci et celles-là.
Or le corps n’est pas pour la fornication, mais pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps.14 Mais Dieu a ressuscité le Seigneur, et il nous ressuscitera par sa puissance.
15 Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Prendrai-je donc les membres du Christ pour en faire les membres d’une prostituée ? Qu’ainsi n’advienne ! 16 Ne savez-vous pas que celui qui est uni à une prostituée est un seul corps [avec elle] ? " Car les deux, dit-il, seront* une seule chair " [Genèse 2:24];
18 Fuyez la fornication : quelque péché que l’homme commette, il est hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps. 19 Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, et que vous avez de Dieu ? Et vous n’êtes pas à vous-mêmes ; 20 car vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps.
 — v. 16 : litt.: seront pour, deviendront..

Dans ce chapitre, l'apôtre entre dans le détail du relâchement des Corinthiens en rapport avec leur vie ordinaire. Ils avaient des procès devant les incrédules et faisaient tort à leurs frères plutôt que de supporter le tort qui leur était fait. Puis il revient à ce qui était le grand piège à Corinthe : la corruption par les convoitises de la chair.

Versets 1 à 8 : les Corinthiens se conduisent comme les hommes du monde dans leurs différents. Se conduire comme "morts et ressuscités en Christ" leur était bien étranger. Au verset 2, nous avons "Ne savez-vous pas". Cette expression revient six fois dans ce chapitre. Les Corinthiens avaient été enseignés par l'apôtre et ils auraient dû savoir quelle était la pensée de Dieu à l'égard de toutes choses. Remarquons ici, et cela arrive dans le NT, que les choses les plus élevées sont introduites dans les circonstances de la vie ordinaire et leurs sont appliquées. Par exemple le fait que "les saints jugeront le monde (au v.2), ... les anges (au v.3)" Ainsi, l'Esprit de Dieu introduit les gloires d'un autre monde et en projette la lumière directe dans les choses les plus ordinaires d'ici-bas. L'apôtre exhorte les Corinthiens à vivre tout le christianisme dépeint en Tite 2 v.9-14 : 9 [Exhorte] les esclaves à être soumis à leurs propres maîtres, à leur complaire en toutes choses, n’étant pas contredisants; 10 ne détournant rien, mais montrant toute bonne fidélité, afin qu’ils ornent en toutes choses l’enseignement qui est de notre Dieu sauveur. 11 Car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes, 12 nous enseignant que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement, 13 attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ, 14 qui s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachetât de toute iniquité* et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes œuvres. *v. 14 : état ou marche sans loi.
Au verset 2, il s'agit d'un jugement judiciaire. Au verset 3, il ne s'agit pas des anges déchus dont un feu éternel a été préparé pour eux selon Matt. 25.41. Il s'agit de juger les anges non déchus pour lesquels il y aurait quelque acte gouvernemental pour lequel Dieu nous emploierait. Ainsi, ces anges là seraient aussi soumis à la suprématie de ceux que le Seigneur a associé à son gouvernement. Pour juger la chair, il faut appliquer des motifs élevés. Au verset 4, ceux qui sont peu estimés sont ceux qui ont le moins de puissance spirituelle.  C'est en contraste avec la place spéciale qu'occupaient par exemple des Jean, Jacques, Céphas qui étaient considérés comme des colonnes (cf Gal. 2.9). Ces hommes "peu estimés" étaient néanmoins sages et cela en contraste avec d'autres selon ce que nous lisons dans le v. 5.
Ce passage nous rappelle aussi que pour juger les affaires de ce monde, il n'y a pas besoin d'être des docteurs puisque les plus faibles peuvent s'en occuper. 

Versets 9 à 11 : les incrédules ne pourront pas participer au jugement des choses vues dans le royaume et nous avons le rappel que quelques croyants de Corinthe portaient les caractères des incrédules mentionnés dans ces versets. En rapport avec le v. 11 dont on peut citer 1 Pierre 1 v.2 en parallèle :  la sanctification vient avant la justification. Cela est toujours le cas lorsque les deux choses sont mises ensemble. De ce fait, un homme est prêt à entrer au ciel; ce ne serait pas le cas si l'ordre était inversé. La sanctification progressive est encore autre chose (cf Eph. 4, 24; 1 Jean 1, 3; etc). Comme chrétiens, il y a toujours des progrès à faire. Mais ce n'est pas cela qui nous rend propres pour le ciel (cf aussi Col. 1, 12 où nous avons tous les chrétiens ensemble).

Versets 12 à 14 : ce passage nous enseigne que le corps doit être un sacrifice vivant à Dieu (cf Rom. 12, 1) et qu'il ne doit servir à aucun usage impur. Ne permettons pas à des choses d'avoir puissance sur nous, comme la viande par exemple. Il ne faut pas que la convoitise ait de la puissance sur nous, même s'il s'agit de quelque chose de bon à manger. Dans ces versets, bien des choses sont à rapprocher : les viandes ne sont pas bonnes pour l'estomac et le corps n'est pas pour la fornication mais pour le Seigneur et le Seigneur pour le corps. Oui, le Seigneur s'est occupé aussi bien du corps que de l'âme. Ce corps qui est le temple du Saint Esprit, ce corps qui attend la rédemption dans ce sens qu'il attend d'être transformé pour la gloire. Et bien ce corps appartient déjà maintenant au Seigneur.
Dès le v. 12, nous entrons dans une deuxième partie du chapitre. Le sujet de la "liberté chrétienne" y est traité. Ce v. 12 est une charnière pour nous indiquer quel est notre devoir comme chrétien. Dans ces versets, nous sommes aussi exhortés à prendre soin du corps, qui durera, à l'inverse des viandes avec l'estomac (v. 13). De faux docteurs enseignaient le contraire en Col. 2.22-23 :
(choses qui sont toutes destinées à périr par l’usage,) selon les commandements et les enseignements des hommes (qui ont bien une apparence de sagesse en dévotion volontaire et en humilité, et en ce qu’elles n’épargnent pas le corps, ne [lui] rendant pas un certain honneur), pour la satisfaction de la chair ?. Oui, le Seigneur donne une grande valeur au corps, ce corps qui ressuscitera incorruptible.

Versets 15 à 20 : le corps humain doit être consacré comme un instrument au Seigneur. Ces versets montrent qu'il y a une gradation par rapport au verset 13 où le corps n'est pas pour la fornication mais pour le Seigneur. Ici, au verset 15, "vos corps sont des membres de Christ". Nous comprenons dès lors l'énormité du péché commis dans une union avec une prostituée. Ainsi, dans l'acte de la fornication, il y a union des deux. Au verset 16, ce n'est pas pour rien que Genèse 2 v. 24 est cité : "Car les deux, dit-il, seront une seule chair". Un croyant uni à une prostituée est donc une abomination. Le cas normal, c'est d'être uni au Seigneur, d'avoir la vie de Christ, d'avoir son Esprit  et d'être ainsi un avec lui. Unis à lui, nous sentons cette autorité, l'autorité du Seigneur. Nous sommes des membres de Christ et nous avons dès lors la seigneurie de Christ et l'autorité du Seigneur. Verset 19 : Christ habite dans nos coeurs par la foi mais le corps est son temple et il faut s'en servir sous ce rapport. Le corps n'est à sa vraie place que lorsqu'il est un vase dont on se sert pour Dieu et en vue de Dieu, et il est un membre de Christ parce qu'il est à Lui, une partie de Lui, et il est le temple de Dieu parce que l'Esprit Saint y demeure. Ces versets montrent aussi la réalité de l'Esprit Saint en nous comme personne divine et non pas comme une simple influence. Au verset 20, nous avons la conclusion de tous les motifs donnés par l'apôtre "... Glorifiez donc Dieu dans votre corps". L'instrument peut glorifier Dieu. Dans ce verset, il n'est pas question de l'Esprit comme le "texte reçu*" l'avait mentionné. Ici, c'est le corps. C'est différent en 1 Thes. 5.2-3 où nous avons le corps, l'âme et l'esprit.
A propos du v. 18, pécher contre son propre corps, c'est introduire la souillure dans le corps de Christ dont le mien est un membre : gardons-nous de compromettre la pureté du corps de Christ ... et s'exposer par là même au jugement de Dieu et à la discipline de l'assemblée.
Dans ce passage, le corps c'est "NAOS" , c'est-à-dire le sanctuaire où comme jadis l'Eternel à Jérusalem, la personne divine du Saint Esprit habite.

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