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Cor. 4, 1 à 21 : Le vrai serviteur et les ministères
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Le chapitre précédent nous a présenté
la responsabilité du chrétien en rapport avec son travail dans l'assemblée de
Dieu considérée sous l'aspect d'une bâtisse. Cet aspect de l'assemblée (ou
Eglise) est spécialement en vue dans cette épître. Dans l'épître adressée
aux Ephésiens, la construction de l'édifice est aussi en vue mais c'est Christ
qui bâtit. Dans les Corinthiens, c'est le travail et la responsabilité de
l'homme qui sont en vue. A ce sujet et au ch. 3, l'apôtre a fait ressortir avec
tact différents travaux : le sien, celui des autres. Il se considérait comme un
ouvrier mais avec cette vocation spéciale d'être architecte. Dans ce travail,
il y avait de bons ouvriers et il y en avait aussi des mauvais. Et nous arrivons
au chapitre quatrième qui nous entretient des ministères. Avec ce chapitre
se termine une partie de l'épître qui représente un spécimen admirable de
tendresse et d'autorité, d'une autorité assez sûre d'elle-même, de la part
de Dieu, pour rendre l'apôtre capable d'agir avec une parfaite tendresse envers
ceux qui lui étaient si chers, dans le désir de ne pas être forcé de
l'exercer d'une autre manière. De grandes vérités sont développées dans les
communications qui en résultent !
Il y a donc des services (ou ministères) dans la maison de
Dieu. Il peut y avoir similitude entre le ministère des apôtres et celui de
leurs compagnons. Il peut y avoir aussi des orgueilleux (voir les versets
6 et 18) et c'est bien le cas dans ce chapitre dans lequel certains
personnages s'affublent de titres et cherchent à supplanter l'apôtre.
Remarquons aussi avec quelle délicatesse l'apôtre Paul, qui ne doit pas
épargner les orgueilleux, s'en occupe sans les nommer. Il pourrait nommer
quelques noms parmi ceux qui se servaient de l'état charnel des Corinthiens
pour les entraîner à leur suite. C'est un danger auquel les Corinthiens sont
exposés et cela ressort déjà des chapitres précédents. Le tact de
l'apôtre ressort par exemple au v. 6. C'est comme
s'il disait : "Sommes-nous venus fonder des écoles de doctrines et faire
des sectes et des divisions parmi vous? Avons-nous une haute opinion de
nous-mêmes? Faisons-nous valoir notre autorité?". Il tourne tout cela sur
lui et sur Apollos pour bien se faire comprendre tout en taisant le nom de ceux
qui se prévalent d'avoir les premières places parmi ces Corinthiens. Dans
ce verset, un principe est établi et cela d'une manière universelle : celui de
ne pas nommer les personnes en prenant cela sur eux. C'est comme si Paul leur
demandait : "Est-ce que vous voyez chez nous la même chose que chez ceux
qui vous incitent à vous enfler l'un contre l'autre !". Que faisaient ces
gens : une oeuvre d'édification ou de destruction ? Eh bien, tout au long
de ce chapitre 4, nous avons une similitude entre les apôtres et d'autres
vrais serviteurs ainsi que le contraste entre eux et ceux qui cherchent à
occuper une place dans l'Assemblée, place que Dieu ne leur avait pas
confiée. Tout ceci a été écrit voici bientôt 2000 ans. Que penser de
l'état de l'Eglise (ou Assemblée) en ce début de 3ème millénaire : quel
spectacle l'Eglise professante (voir article sur ce sujet dans le
groupe "Eglise") n'offre-t-elle pas ?
Au verset 2 : ce qui compte,
c'est la fidélité et non pas la réputation. Cela est requis des
administrateurs qui ont à rendre compte de leur travail. Dans une mesure, ne
sommes-nous pas des administrateurs de ce que Dieu nous confie, à nous qui
sommes "enfants de Dieu" ! Ce qui compte aussi, c'est l'humilité et
nous avons déjà remarqué ces traits chez l'apôtre à plusieurs reprises : cf
chapitre 1. 21-23. Loin de s'approprier
quelque chose, l'apôtre se considérait comme appartenant aux Corinthiens,
comme étant leur serviteur. Au verset premier, il
est question de mystères : l'apôtre en a révélé plusieurs car c'est un
administrateur fidèle. Lien : Les
mystères.
Versets 3 à 5 : Paul dépend
manifestement du Seigneur et c'est Lui qui le juge en rapport avec le ministère
qu'il a reçu de Dieu. Il est apôtre. Les notes de ces versets sont fort
intéressantes en rapport avec le jugement :
"3) Mais il
importe fort peu, à moi, que je sois jugé* par vous, ou de jugement** d’homme ;
et même je ne me juge* pas moi-même. 4) Car je n’ai
rien sur ma conscience ; mais par là je ne suis pas justifié ; mais
celui qui me juge, c’est le Seigneur.
5) Ainsi ne
jugez* rien avant le temps, jusqu’à ce que le Seigneur vienne, qui aussi
mettra en lumière les choses cachées des ténèbres, et qui manifestera les
conseils des cœurs ; et alors chacun recevra sa louange de la part de
Dieu.
v. 3 * :
juger, ici, et verset 4 : examiner, interroger. — v. 3 ** : litt.:
jour des hommes, par opposition au jour du Seigneur. — v. 5 : ici,
c’est bien : prononcer un jugement définitif". Ainsi,
il y a un sens très fort au v. 3 qui va plus loin que prononcer un jugement
puisqu'il s'agit de faire subir un interrogatoire à un accusé. Pour Paul, mis
à part le Seigneur, personne ne peut le juger. En dehors de cela, l'Assemblée
peut contrôler l'enseignement d'un serviteur. Nous en avons l'exemple avec les
croyants de Bérée en Actes 17
v.10-11 : Et
aussitôt les frères envoyèrent Paul et Silas, de nuit, à Bérée, lesquels
étant arrivés, entrèrent dans la synagogue des Juifs.
Or ceux-ci étaient plus nobles que ceux de Thessalonique ; et ils
reçurent la parole avec toute bonne volonté, examinant chaque jour les
écritures [pour voir] si les choses étaient ainsi".
Mais dans le verset qui nous occupe, il
s'agit d'autre chose. Et pour aujourd'hui aussi, nous y apprenons que, en dehors
du ministère de la Parole, Dieu nous confie des services et c'est vis-à-vis de
Lui que nous devons nous en occuper. Il faut que le Seigneur soit toujours en
vue et le jugement des hommes nous importera peu car c'est pour Lui que nous
agissons.
Versets 6
et suivants : relevons une fois encore les
traits d'humilité si nécessaires aux enfants de Dieu. Il y a aussi cette
nécessité de se soumettre constamment au Dieu d'amour qui établit lui-même
des différences entre les serviteurs. Tout cela fait contraste avec le côté
de l'homme dont la chair tend toujours à se glorifier et le v. 8 souligne ce
mauvais trait qui existait chez les Corinthiens. Dans le v. 9, l'expression
"les derniers" est à mettre en rapport avec les prophètes que Dieu a
envoyé en premier, puis le Seigneur et enfin les apôtres : ils étaient les
"derniers". Dans ces versets 8 et 9, ces Corinthiens régnaient selon leur propre estimation. Quand il est écrit "vous
avez régné sans nous", l'apôtre
enseigne pour faire comprendre son souhait de régner avec eux mais ce n'est pas
le moment, pas le temps. Car alors comme aujourd'hui (aube du 3ème
millénaire), c'est le temps de souffrir à la suite d'un Christ rejeté. Versets 9 à
15 : les apôtres ont été voués à
l'opprobre et à la mort, comme pas un ne le sera après eux. Tout ceci
constitue un reproche pour les Corinthiens et les hommes qui se donnaient tant
d'importance parmi eux ! Et ceux que le Seigneur employait étaient considérés
: la folie, les balayures du monde, et le rejet de tous. Oui, ils étaient
considérés comme des ordures. Alors, au verset
16 : l'apôtre ajoute : je
vous supplie donc d'être mes imitateurs. Au
ch. 11. 1, il
ajoutera : comme moi je le suis de Christ.
Lorsque nous pensons au ministère de
Christ dans ce monde et comment Paul a marché sur ses traces, nous comprenons
ce que cela implique de la part d'un chrétien fidèle. Les Corinthiens
n'avaient pas réalisé cela : ils veulent la première place, ils veulent régner
dans ce monde alors que le moment n'est pas là. Devant leur état,
l'apôtre ne veut pas prendre la verge (il
le pourrait) mais, .. parole touchante, il les avertit comme de bien-aimés et
les reprend avec une tendresse paternelle.
Versets 17 à
21 : C’est
pourquoi je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et qui
est fidèle dans le Seigneur ; il vous fera souvenir de mes voies en
Christ, selon que j’enseigne partout dans chaque assemblée. Or
quelques-uns se sont enflés d’orgueil, comme si je ne devais pas aller
vers vous ; mais j’irai bientôt vers vous, si le Seigneur le veut,
et je connaîtrai, non la parole de ceux qui se sont enflés, mais la
puissance. Car le royaume de Dieu n’est pas en parole, mais en puissance.
Que voulez-vous ? Que j’aille vers vous avec la verge, ou avec amour
et un esprit de douceur ?
Au v.17, l'envoi de Timothée est une preuve des sentiments paternels de
Paul pour les Corinthiens. C'est aussi une preuve de son autorité
apostolique. Ces versets attestent encore que le ministère chrétien
ne consiste pas en de belles paroles et en de beaux discours mais il est en
puissance. La puissance n'appartient pas aux beaux parleurs, surtout
en Grèce où l'on tenait beaucoup à l'élégance du beau langage. La
puissance n'est pas avec eux : elle appartient à ceux qui étaient "le
rebut du monde" mais qui avaient l'approbation de Dieu et les secours
de son Esprit pour édifier les âmes. En rapport avec le royaume (v. 20),
relevons qu'actuellement le royaume est un principe moral, c'est quelque
chose de spirituel à toute âme qui reconnaît que Dieu a des droits sur
tout ce qui se trouve sous sa dépendance. En Rom.
14, 17 : Car
le royaume de Dieu n’est pas manger et boire, mais justice, et paix, et
joie dans l’Esprit Saint.
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Cor. 5, 1 à 13 : Le mal dans l'Assemblée (ou Eglise, ou maison
de Dieu) et la discipline >
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1 On entend dire partout qu’il y a de la
fornication parmi vous, et une fornication telle qu’elle [n’existe] pas
même parmi les nations, de sorte que quelqu’un aurait la femme de son père.
2 Et vous êtes enflés d’orgueil, et vous n’avez pas plutôt mené deuil,
afin que celui qui a commis cette action fût ôté du milieu de vous.
3 Car pour moi, étant absent de corps, mais présent en esprit, j’ai déjà,
comme présent, jugé
4 (vous et mon esprit étant assemblés avec la puissance de notre seigneur
Jésus Christ), [de livrer], au nom de notre seigneur Jésus Christ, celui qui a
ainsi commis cette action,
5 [j’ai jugé, dis-je,] de livrer un tel homme à Satan pour la destruction de
la chair, afin que l’esprit soit sauvé dans la journée du Seigneur Jésus.
6 Votre vanterie n’est pas bonne ; ne savez-vous pas qu’un peu de
levain fait lever la pâte tout entière ? 7 Otez*
le vieux levain, afin
que vous soyez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain. Car aussi
notre pâque, Christ, a été sacrifiée :
8 c’est pourquoi célébrons la fête, non avec
du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des
pains sans levain de sincérité et de vérité.
9 Je vous ai écrit dans la lettre, de ne pas avoir de commerce*
avec des fornicateurs,
10 non pas absolument avec les fornicateurs de ce monde, ou les avares et les
ravisseurs, ou les idolâtres, puisque ainsi il faudrait que vous sortissiez du
monde; 11
mais, maintenant, je vous ai écrit que, si quelqu’un appelé frère est
fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur,
vous n’ayez pas de commerce*
avec lui, que vous ne
mangiez pas même avec un tel homme. 12
Car qu’ai-je affaire de juger ceux de dehors aussi ? Vous, ne
jugez-vous pas ceux qui sont de dedans ?
13 Mais
ceux de dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous-mêmes.
— v. 7 : ôter, avec le sens de : purifier de. —
v. 9, 11 : de relation.
Ce chapitre, avec les sujets de querelles entre frères
et de dangers de l'immoralité du 6ème, fait état de désordre dans
l'assemblée. C'est bien triste qu'il en soit ainsi. Il est aussi démontré que
le mal peut avoir, sur un chrétien abandonné à lui-même, un effet pire que
chez une personne non convertie. C'est pourquoi, dans ce chapitre, Paul agit
pour stimuler la conscience des Corinthiens afin de leur faire sentir leur
responsabilité au sein de l'assemblée. Paul, ayant une autorité
d'apôtre, reconnaît aussi la compétence et l'autorité de l'assemblée pour
ôter le méchant, de même que pour ratifier un amour envers ce même
homme, selon 2 Cor. 2, 5-11 : Mais
si quelqu’un a causé de la tristesse, ce n’est pas moi qu’il a attristé,
mais, en quelque sorte (afin que je ne vous surcharge pas), c’est vous tous.
Il suffit, pour un tel homme, de cette punition [qui lui a été infligée] par
le grand nombre, de sorte qu’au contraire vous devriez plutôt pardonner et
consoler, de peur qu’un tel homme ne soit accablé par une tristesse
excessive. C’est pourquoi je vous exhorte à ratifier envers lui votre amour.
Car c’est aussi pour cela que je vous ai écrit, afin que je connaisse, à l’épreuve,
si vous êtes obéissants en toutes choses. Or à celui à qui vous pardonnez
quelque chose, moi aussi [je pardonne] ; car moi aussi, ce que j’ai
pardonné, si j’ai pardonné quelque chose, [je l’ai fait] à cause de vous
dans la personne de Christ ; afin que nous ne soyons pas circonvenus par
Satan, car nous n’ignorons pas ses desseins.
Un homme sous discipline n'est plus un frère, il
est "un tel homme" et cela jusqu'à sa réintégration.
Versets 1 et 2
: selon ce passage, nous constatons qu'il y avait chez les chrétiens à
Corinthe un état pire que tout ce qui existait chez les païens. Dans leur
triste état, ils ne s'humilient pas. Au contraire, ils sont enflés
d'orgueil et se vantent de leurs dons et de leur connaissance. Les
faux docteurs qu'ils accréditent ne les pressent pas de réprimer le mal.
L'apôtre leur fait donc le reproche de ne pas avoir mené deuil. Y avait-il
peut-être, chez eux, un manque d'instructions pour cela ? En tout cas
l'apôtre leur apprend, dans ce chapitre, la façon qu'il convenait
d'adopter pour régler ce cas. Aujourd'hui aussi, il y a des situations dans
lesquelles nous ne savons pas comment agir. Eh bien dans de tels cas,
nous apprenons qu'il faut au moins "mener deuil" en attendant que
le chemin nous soit montré.
Versets 3 à 5 :
l'apôtre a jugé de livrer un tel homme, celui du verset premier, à Satan.
Nous avons là un acte d'autorité apostolique et non un acte d'assemblée.
L'assemblée est tenue d'ôter le mal du milieu d'elle-même mais Paul,
comme apôtre, peut livrer à Satan comme le furent aussi Hyménée et
Alexandre en 1 Tim. 1, 20. Ici,
l'apôtre juge que c'est le cas de le faire mais il est douteux que l'action
ait été effectuée puisque l'assemblée fera son devoir en excluant le
coupable. Remarquons qu'une âme, au-dedans de l'assemblée, est protégée.
Mais au-dehors, c'est le domaine de Satan et Dieu peut permettre qu'une âme
soit livrée à Satan; ce fut le cas de Job et là, malgré lui, l'ennemi
est serviteur des desseins de Dieu. Cela afin de mâter une chair
rebelle. Il s'agit d'un châtiment gouvernemental pour échapper
à la condamnation finale. Quant à une assemblée, si elle ôte le
méchant, elle ne le livre pas à Satan. Toutefois le coupable, une fois
dehors, se trouve dans le domaine où Satan exerce ses droits. L'exclusion a
aussi deux buts: la purification de l'assemblée et le relèvement du
coupable.
Versets 6 à 8 (cf
2 Cor. 7. 11 et Gal. 5, 9)
: toute l'assemblée est souillée par le mal
et ce qui nécessite la purification, c'est que l'assemblée est en
elle-même une chose sainte et qui appartient à Christ. C'est le résultat
de ce que "note pâque, Christ, a été sacrifiée. Quant au
vieux levain, c'est le levain de la vieille nature, de souche adamique.
Quant au levain de malice et de méchanceté, nous y avons l'activité du
levain. Il faut que tout cela soit absent pendant une période
complète, c'est-à-dire note vie ici-bas, figurée par cette fête des
pains sans levain. Dans ces versets, nous ne trouvons pas la cène du
Seigneur. S'il est question de "notre pâque" et de fête, c'est
pour nous faire comprendre quelle est la valeur du sang de Christ et pour
savoir qu'en vertu de ce sang, nous sommes sans levain devant Dieu. Nous
pouvons nous présenter à lui en étant revêtu, comme Christ, d'une
sainteté parfaite. Dans notre marche, il faut chercher soigneusement à
correspondre à ce caractère de sainteté dont nous sommes revêtus. Cela
toute notre vie figurée par l'allusion à la fête des pains sans levain.
Il faut que nous comprenions le but de Dieu qui nous a racheté par le sang
de Christ.
Versets 9 à 13 :
l'apôtre enseigne la conduite à tenir à l'égard de personnes exclues.
Nous y apprenons que, vis-à-vis des pécheurs de ce monde, même de grands
pécheurs, nous pouvons avoir affaire avec eux pour toutes les choses de la
vie. Mais si quelqu'un portant le nom de frère a du être exclu pour l'un
des péchés du verset 11, ou pour d'autres, il n'est plus possible de
conserver envers lui les conditions ordinaires de la vie alors que de telles
relations peuvent être obligatoires envers des personnes du monde. Ce sont
"ceux du dedans" qui tombent sous le jugement de l'assemblée.
Ceux qui sont au dehors de l'assemblée ont affaire au jugement de Dieu. Ainsi
quelqu'un "du dedans" peut être appelé "méchant" pour
avoir offensé le saint nom de Jésus. Une telle personne doit être
ôtée. Mais il reste néanmoins dans l'assemblée. Pour imager, c'est comme
si un enfant méchant était renvoyé du salon tout en continuant de faire
partie de la famille. Remarquons encore, à propos du verset 11, que la
liste n'est pas complète. Une liste complète n'existe pas. Nous y trouvons
que du mal moral et même le meurtrier, le voleur, ne s'y trouvent pas.
Quant au mal moral, il peut y avoir des cas difficile à juger comme celui
de l'avare. Pourtant, si l'assemblée est dans un bon état spirituel, le
Seigneur amènera tout au jour.
Ne pas avoir de commerce avec un retranché est un caractère de la
discipline. Et celui qui a été mis dehors comme méchant garde
ce caractère jusqu'à sa restauration. Pour l'assemblée, il ne
s'agit pas d'un jugement judiciaire mais d'ôter le levain en vue de la
pureté. Une assemblée peut perdre son caractère d'assemblée de Dieu en
ne se purifiant pas. Si l'assemblée est appellée à exercer la discipline,
cela a en vue l'amour afin qu'un chrétien en chute puisse retrouver la
communion perdue. Un chrétien, objet de la discipline, ne doit pas se
sentir sous le coup d'un acte de tribunal. Il ne faut pas agir non
plus envers une personne retranchée avec un faux amour que l'on constate si
souvent en maintenant des relations fraternelles mais qui trahissent de
l'indifférence quant au mal et empêchent la discipline de produire les
effets recherchés. Cela ne veut pas dire qu'il faut rester
insensible au premier symptôme d'un retour au bien. La deuxième épître
aux Corinthiens montre que le retranché a été restauré et alors
l'apôtre peut changer de langage. Au verset 13, le méchant désigne celui
qui fait sa volonté en opposition avec la pensée de Dieu connue dans la
lumière et révélée dans la Parole. Le méchant est aussi celui qui
poursuit sa mauvaise voie en ne tenant pas compte des observations qui lui
ont été faites. Remarquons encore que même si le méchant s'humilie,
l'assemblée doit l'exclure pour être purifiée avant de le
réintégrer.
De l'ensemble du
chapitre, relevons encore trois points importants.
1) L'humiliation qui doit caractériser l'assemblée lorsqu'un péché
est découvert.
2) L'action de l'assemblée pour se purifier du mal en excluant le coupable
mais en vue de son rétablissement.
3) La ligne sévère de conduite à tenir à l'égard de la personne exclue
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Cor. 6, 1 à 20 : Le détail du relâchement des Corinthiens dans
leur vie ordinaire : querelles entre frères (v.6-11) et dangers de l'immoralité
(v.12-20) >
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1 Quelqu’un de vous, lorsqu’il
a une affaire avec un autre, ose-t-il entrer en procès devant les injustes et
non devant les saints ? 2
Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? Et si le monde est
jugé par vous, êtes-vous indignes des plus petits jugements* ?
4 Si donc vous avez des procès pour
les affaires de cette vie, établissez ceux-là [pour juges] qui sont peu
estimés dans l’assemblée. 5
Je parle pour vous faire honte : ainsi il n’y a pas d’[homme] sage
parmi vous, pas même un seul, qui soit capable de décider entre ses
frères ? 6 Mais un
frère entre en procès avec un frère, et cela devant les incrédules. 7 C’est donc de toute manière
déjà une faute en vous, que vous ayez des procès entre vous. Pourquoi ne
supportez-vous pas plutôt des injustices ? pourquoi ne vous laissez-vous
pas plutôt faire tort ? 8
Mais vous, vous faites des injustices et vous faites tort, et cela à vos
frères. 9 Ne savez-vous pas
que les injustes n’hériteront point du royaume de Dieu ? Ne vous y
trompez pas : ni fornicateurs, ni idolâtres, ni adultères, ni
efféminés, ni ceux qui abusent d’eux-mêmes avec des hommes, 10 ni voleurs, ni avares, ni
ivrognes, ni outrageux, ni ravisseurs, n’hériteront du royaume de Dieu. 11 Et
quelques-uns de vous, vous étiez tels ; mais vous avez été lavés, mais
vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au* nom du seigneur
Jésus, et par*
l’Esprit de notre Dieu.
— v. 2 : c. à d. de juger les plus petites choses. — v.
11 : au et par = en vertu de la puissance de.
12 Toutes choses me sont
permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ; toutes choses me
sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune.13 Les viandes
pour l’estomac, et l’estomac pour les viandes ; mais Dieu mettra à
néant et celui-ci et celles-là.
Or le corps n’est pas pour la fornication, mais pour le Seigneur, et le
Seigneur pour le corps.14 Mais Dieu a ressuscité le Seigneur, et il nous
ressuscitera par sa puissance.
15 Ne savez-vous pas que vos corps
sont des membres de Christ ? Prendrai-je donc les membres du Christ pour en
faire les membres d’une prostituée ? Qu’ainsi n’advienne ! 16
Ne savez-vous pas que celui qui est uni à une prostituée est un seul corps
[avec elle] ? " Car les deux, dit-il, seront*
une seule chair " [Genèse 2:24];
18 Fuyez la fornication : quelque péché que l’homme commette, il est
hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps.
19 Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en
vous, et que vous avez de Dieu ? Et vous n’êtes pas à
vous-mêmes ;
20 car vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps.
— v. 16 : litt.:
seront pour, deviendront..
Dans ce chapitre, l'apôtre entre dans
le détail du relâchement des Corinthiens en rapport avec leur vie
ordinaire. Ils avaient des procès devant les incrédules et
faisaient tort à leurs frères plutôt que de supporter le tort qui leur
était fait. Puis il revient à ce qui était le grand piège à Corinthe :
la corruption par les convoitises de la chair.
Versets 1 à 8 :
les Corinthiens se conduisent comme les hommes du monde dans leurs
différents. Se conduire comme "morts et ressuscités en Christ"
leur était bien étranger. Au verset 2, nous
avons "Ne savez-vous pas". Cette expression revient six fois dans
ce chapitre. Les Corinthiens avaient été enseignés par l'apôtre et
ils auraient dû savoir quelle était la pensée de Dieu à l'égard de
toutes choses. Remarquons ici, et cela arrive dans le NT, que les choses
les plus élevées sont introduites dans les circonstances de la vie
ordinaire et leurs sont appliquées. Par exemple le fait que "les
saints jugeront le monde (au v.2), ... les anges (au v.3)" Ainsi,
l'Esprit de Dieu introduit les gloires d'un autre monde et en projette
la lumière directe dans les choses les plus ordinaires d'ici-bas.
L'apôtre exhorte les Corinthiens à vivre tout le christianisme dépeint en
Tite 2 v.9-14 : 9
[Exhorte] les esclaves à être soumis à leurs propres maîtres, à leur
complaire en toutes choses, n’étant pas contredisants; 10 ne détournant
rien, mais montrant toute bonne fidélité, afin qu’ils ornent en toutes
choses l’enseignement qui est de notre Dieu sauveur. 11 Car la grâce de
Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes, 12 nous enseignant
que, reniant l’impiété et les convoitises mondaines, nous vivions dans
le présent siècle sobrement, et justement, et pieusement, 13 attendant la
bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre grand Dieu
et Sauveur Jésus Christ, 14 qui s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il
nous rachetât de toute iniquité*
et qu’il purifiât pour lui-même un peuple acquis, zélé pour les bonnes
œuvres. *v. 14 :
état ou marche sans loi.
Au verset
2, il s'agit
d'un jugement judiciaire. Au verset
3, il ne s'agit pas des anges déchus
dont un feu éternel a été préparé pour eux selon Matt.
25.41. Il s'agit
de juger les anges non déchus pour lesquels il y aurait quelque acte
gouvernemental pour lequel Dieu nous emploierait. Ainsi, ces anges là
seraient aussi soumis à la suprématie de ceux que le Seigneur a associé
à son gouvernement. Pour juger la chair, il faut appliquer
des motifs élevés. Au verset 4, ceux qui sont
peu estimés sont ceux qui ont le moins de puissance spirituelle.
C'est en contraste avec la place spéciale qu'occupaient par exemple des
Jean, Jacques, Céphas qui étaient considérés comme des colonnes (cf Gal.
2.9). Ces hommes "peu estimés" étaient néanmoins
sages et cela en contraste avec d'autres selon ce que nous lisons dans le v.
5.
Ce passage nous rappelle aussi que pour juger les affaires de ce monde, il
n'y a pas besoin d'être des docteurs puisque les plus faibles peuvent s'en
occuper.
Versets 9 à 11 :
les incrédules ne pourront pas participer au jugement des choses vues dans
le royaume et nous avons le rappel que quelques croyants de Corinthe
portaient les caractères des incrédules mentionnés dans ces versets. En
rapport avec le v. 11 dont on peut citer 1 Pierre 1
v.2 en parallèle : la sanctification vient avant la
justification. Cela est toujours le cas lorsque les deux choses sont mises
ensemble. De ce fait, un homme est prêt à entrer au ciel; ce ne serait pas
le cas si l'ordre était inversé. La sanctification progressive est encore
autre chose (cf Eph. 4, 24; 1 Jean 1, 3;
etc). Comme chrétiens, il y a toujours des progrès à faire. Mais
ce n'est pas cela qui nous rend propres pour le ciel (cf aussi Col.
1, 12 où nous avons tous les chrétiens ensemble).
Versets 12 à 14
: ce passage nous enseigne que le corps doit être un sacrifice vivant à
Dieu (cf Rom. 12, 1) et qu'il ne doit
servir à aucun usage impur. Ne permettons pas à des choses d'avoir
puissance sur nous, comme la viande par exemple. Il ne faut pas que la
convoitise ait de la puissance sur nous, même s'il s'agit de quelque chose
de bon à manger. Dans ces versets, bien des choses sont à rapprocher : les
viandes ne sont pas bonnes pour l'estomac et le corps n'est pas pour la
fornication mais pour le Seigneur et le Seigneur pour le corps. Oui,
le Seigneur s'est occupé aussi bien du corps que de l'âme. Ce
corps qui est le temple du Saint Esprit, ce corps qui attend la rédemption
dans ce sens qu'il attend d'être transformé pour la gloire. Et bien ce
corps appartient déjà maintenant au Seigneur.
Dès le v. 12, nous entrons dans une deuxième
partie du chapitre. Le sujet de la "liberté chrétienne" y est
traité. Ce v. 12 est une charnière pour nous indiquer quel est notre
devoir comme chrétien. Dans ces versets, nous sommes aussi
exhortés à prendre soin du corps, qui durera, à l'inverse des viandes
avec l'estomac (v. 13). De faux docteurs
enseignaient le contraire en Col. 2.22-23
: (choses qui sont toutes
destinées à périr par l’usage,) selon les commandements et les
enseignements des hommes (qui ont bien une apparence de sagesse en dévotion
volontaire et en humilité, et en ce qu’elles n’épargnent pas le corps,
ne [lui] rendant pas un certain honneur), pour la satisfaction de la
chair ?. Oui, le Seigneur donne une
grande valeur au corps, ce corps qui ressuscitera incorruptible.
Versets 15 à 20
: le corps humain doit être consacré comme un instrument au Seigneur. Ces
versets montrent qu'il y a une gradation par rapport au verset 13 où le
corps n'est pas pour la fornication mais pour le Seigneur. Ici, au verset
15, "vos corps sont des membres de Christ".
Nous comprenons dès lors l'énormité du péché commis dans une union avec
une prostituée. Ainsi, dans l'acte de la fornication, il y a union des
deux. Au verset 16, ce n'est pas pour rien que Genèse
2 v. 24 est cité : "Car
les deux, dit-il, seront une seule chair".
Un croyant uni à une prostituée est donc une abomination. Le cas normal,
c'est d'être uni au Seigneur, d'avoir la vie de Christ, d'avoir son
Esprit et d'être ainsi un avec lui. Unis à lui, nous sentons
cette autorité, l'autorité du Seigneur. Nous sommes des membres de
Christ et nous avons dès lors la seigneurie de Christ et l'autorité du
Seigneur. Verset 19 : Christ habite dans nos coeurs par la foi mais le corps
est son temple et il faut s'en servir sous ce rapport. Le corps n'est à sa
vraie place que lorsqu'il est un vase dont on se sert pour Dieu et en vue de
Dieu, et il est un membre de Christ parce qu'il est à Lui, une partie de
Lui, et il est le temple de Dieu parce que l'Esprit Saint y demeure. Ces
versets montrent aussi la réalité de l'Esprit Saint en nous comme personne
divine et non pas comme une simple influence. Au verset 20, nous avons la
conclusion de tous les motifs donnés par l'apôtre "...
Glorifiez donc Dieu dans votre corps".
L'instrument peut glorifier Dieu. Dans ce verset, il n'est pas question de
l'Esprit comme le "texte reçu*"
l'avait mentionné. Ici, c'est le corps. C'est différent en 1
Thes. 5.2-3 où nous avons le corps, l'âme et l'esprit.
A propos du v. 18, pécher contre son propre
corps, c'est introduire la souillure dans le corps de Christ dont le mien
est un membre : gardons-nous de compromettre la pureté du corps de Christ
... et s'exposer par là même au jugement de Dieu et à la discipline de
l'assemblée.
Dans ce passage, le corps c'est "NAOS" , c'est-à-dire le
sanctuaire où comme jadis l'Eternel à Jérusalem, la personne divine du
Saint Esprit habite.
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