1 Cor. 12, 1 à 11 : Les manifestations spirituelles et les dons de grâce   
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1 Or, pour ce qui est des [manifestations] spirituelles, frères, je ne veux pas que vous soyez ignorants. 2 Vous savez que, quand vous étiez [gens des] nations, [vous étiez] entraînés vers les idoles muettes, selon que vous étiez menés. 3 C’est pourquoi je vous fais savoir que nul homme parlant par l’Esprit de Dieu, ne dit : "Anathème [à] Jésus" ; et que nul ne peut dire "Seigneur Jésus", si ce n’est par l’Esprit Saint.
4 Or il y a diversité de dons de grâce, mais le même Esprit : 5 et il y a diversité de services, et le même Seigneur ; 6 et il y a diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. 7 Or à chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue de l’utilité. 8 Car à l’un est donnée, par l’Esprit, la parole de sagesse ; et à un autre la parole de connaissance, selon le même Esprit ; 9 et à un autre la foi, par le même Esprit ; et à un autre des dons de grâce de guérisons, par le même Esprit ; 10 et à un autre des opérations de miracles ; et à un autre la prophétie ; et à un autre des discernements d’esprits ; et à un autre [diverses] sortes de langues ; et à un autre l’interprétation des langues. 11 Mais le seul et même Esprit opère toutes ces choses, distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît.

1 Cor. 1, 12 à 31 : La vie du corps de Christ 
                                                                    
12 Car de même que le corps est un et qu’il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ. 13 Car aussi nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit* pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres ; et nous avons tous été abreuvés pour [l’unité d’] un seul Esprit**. 14 Car aussi le corps n’est pas un seul membre, mais plusieurs. 15 Si le pied disait : Parce que je ne suis pas main, je ne suis pas du corps, est-ce qu’à cause de cela il n’est pas du corps ? 16 Et si l’oreille disait : Parce que je ne suis pas œil, je ne suis pas du corps, est-ce qu’à cause de cela elle n’est pas du corps ? 17 Si le corps tout entier était œil, où serait l’ouïe ? Si tout était ouïe, où serait l’odorat ? 18 Mais maintenant, Dieu a placé les membres, — chacun d’eux, — dans le corps, comme il l’a voulu. 19 Or, si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? 20 Mais maintenant les membres sont plusieurs, mais le corps, un. 21 L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ou bien encore la tête, aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous ; 22 — mais bien plutôt les membres du corps qui paraissent être les plus faibles, sont nécessaires ; 23 et les membres du corps que nous estimons être les moins honorables, nous les environnons d’un honneur plus grand ; et nos membres qui ne sont pas décents sont les plus parés, 24 tandis que nos membres décents n’en ont pas besoin. Mais Dieu a composé le corps en donnant un plus grand honneur à ce qui en manquait, 25 afin qu’il n’y ait point de division dans le corps, mais que les membres aient un égal soin les uns des autres. 26 Et si un* membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un* membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui. 27 Or vous êtes le corps de Christ, et [ses] membres chacun en particulier. 28 Et Dieu a placé les uns dans l’assemblée : — d’abord des apôtres, en second lieu des prophètes, en troisième lieu des docteurs*, ensuite des miracles**, puis des dons de grâce de guérisons, des aides, des gouvernements, [diverses] sortes de langues. 29 Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous [font-ils] des miracles* ? 30 Tous ont-ils des dons de grâce de guérisons ? Tous parlent-ils en langues ? 31 Tous interprètent-ils ? Or désirez avec ardeur des dons de grâce plus grands : et je vous montre encore un chemin bien plus excellent. 
— v. 13 * : en, ou : dans la puissance d’un seul Esprit. — v. 13 ** : ou : en un seul Esprit. — v. 26 : un, un seul. — v. 28 * : docteur, maître qui enseigne. — v. 28** et 29 : litt.: puissances.

La physiologie est la science qui explique la destination et le fonctionnement des organes du corps humain, et qui les régit. Ce chapitre 12 est une physiologie spirituelle. Le Saint Esprit expose la relation des organes du corps de Christ entre eux, le fonctionnement particulier de chacun, et le but final auquel tous doivent tendre, ainsi que la source unique dont dépend toute l’activité de ce corps. Au chapitre 14, nous verrons ce corps dans l’harmonie de son exercice. Agissons selon l’enseignement de ces chapitres. Ainsi, il n’y aura pas de division (12 v. 25). C’est ce que les Corinthiens devaient apprendre. Nous devons aussi l’apprendre aujourd’hui malgré les multiples divisions de la chrétienté. Dans les Corinthiens, le corps est présenté différemment de ce que nous avons dans les Ephésiens. Là, le corps de Christ est vu dans son union avec la tête glorifiée dans le ciel. Dans la première épître aux Corinthiens, nous avons le corps dans la place qu’il occupe ici-bas, aux yeux de celui qui en est le chef. Et ce corps est appelé " le Christ " au v. 12. Christ identifie ce corps avec lui-même. C’est cela que Saul avait appris sur le chemin de Damas lorsqu’il entendit cette voix " pourquoi me persécutes-tu ? ". Remarquons encore que l’assemblée de Corinthe est appelée " le corps de Christ ". C’est important de constater que cela n’est pas appliqué seulement à l’ensemble des croyants, qui en tous lieux invoquent son nom, mais à une assemblée particulière. Nous avons donc le fait que la manifestation de ce corps se trouve dans une assemblée locale. Ici à Corinthe (cf v. 27). On dira que de nos jours, il n’y a plus de manifestations locales, comme autrefois. Et cela paraît plausible puisque les croyants ne sont pas rassemblés dans un même lieu dans telle ou telle localité. Mais Matthieu 18 nous apprend que l’assemblée peut être représentée par deux ou trois réunis à son nom, sur le principe de l’unité du corps de Christ, qui ne peut être détruite. Ainsi donc, les chapitres 12 et suivants de la première aux Corinthiens conservent toute leur valeur pour les croyants de la fin : celle qu’elle avait pour les croyants du début. Appliquons donc ces chapitres pour nous-mêmes et ne nous soustrayons point aux obligations qu’ils nous imposent. Voilà donc la manière dont cette épître envisage le corps. Le Saint Esprit est à l’origine et à la source pour la fonction de ces divers organes. Il ne faut pas confondre non plus l’action des mauvais esprits, qui régnaient dans le paganisme, avec celle de l’Esprit de Dieu. D’où la mise en garde des v. 1 à 3. Pourtant la chrétienté, au cours de son histoire, n’est-elle pas devenue le repère des esprits des ténèbres ! C’est pire que le paganisme. Ne dirait-on pas que la maison chrétienne a déjà été envahie comme le sera plus tard la maison juive par sept esprits plus méchants que le premier. Mais l’apôtre donne aux Corinthiens un moyen de discerner les esprits, en ce que l’Esprit de Dieu fera toujours, et les mauvais esprits jamais. Ainsi donc le Saint Esprit n’est pas une influence, comme les mauvais esprits, mais il est une personne. Il est un, et il distribue (au v. 11). Et encore plus : cet Esprit, c’est Dieu, cet Esprit qui donne et qui opère toutes choses (v.5, 6 et 11). Cet Esprit qui distribue les dons, comme le Seigneur les donnait (Eph. 4, 8). Au v. 4, il y a diversité dans l’unité : cf v. 14 et 20. Chacun a sa place car un organe ne peut se séparer d’un autre ; sinon, il le jalousie. Ce serait de l’orgueil (v. 19). Et au v. 15, un organe ne peut usurper la place d’un autre et ne suffit pas pour constituer le corps. Au v. 17, un organe ne peut mépriser un autre ou s’en passer (voir aussi v. 21). De tout cela, il découle une double conséquence en ce que, pour réaliser l'unité du corps de Christ, il faut que chaque organe y prenne la place qui lui est assignée par l’Esprit de Dieu. Puis : un organe ne peut pas prétendre à une place séparée, car ce serait se séparer du corps que Dieu a formé, et où il nous a placé comme il a voulu (v. 18). La réalisation de l’unité exclut la propre volonté. Et de plus, les membres sont faits pour s’entraider et non pas pour se combattre ou se supplanter. C’est pourquoi Dieu a eu soin de revêtir ceux qui semblaient le moins honorables pour marquer l’importance qu’il leur attache. C’est ainsi que dans un corps, les organes les plus cachés, comme le cœur, les reins, l’estomac, etc, sont les plus revêtus. Sans eux, toute vie serait interrompue dans le corps. Quel est le but de tout ce fonctionnement harmonieux des organes : c’est l’utilité (v. 7). En comprenant cela, nous n’aurons pas d’entraves dans notre activité dans le corps. Nous nous rendrons aussi bien compte de notre fonctionnement, et nous nous en acquitterons fidèlement en vue du profit que l’ensemble doit en tirer. Et bien, soyons sondés par ces versets. N’ayons pas une paresse spirituelle qui trouve plus commode que d’autres agissent à notre place. Ne pensons pas qu’un membre peut suppléer un autre membre et prendre la charge de sa fonction. C’est contredire la pensée de l’Esprit Saint. Nous devrions lire et relire ce chapitre en nous demandant " Réponds-tu à ce qu’attend de toi Celui qui distribue à chacun en particulier, comme il lui plaît ". Puis, après le fonctionnement des dons, nous en avons l’énumération à partir du v. 27. A Corinthe, selon ch. 1, 7, aucun don ne manquait. Et au début du ch. (v. 7 à 9), l’apôtre a mentionné ce que l’on pourrait appeler des dons occasionnels. Le v. 10 fait part de dons qui occupent une place secondaire. Mais à la fin du ch. (v. 28), nous avons d’abord les dons permanents : apôtres, prophètes, docteurs. Ils sont suivis, comme au début du chapitre, de dons auxquels il assigne cette place de dons secondaires qui comprennent des miracles, des guérisons, etc. Cela réduit à néant la prétention des Corinthiens de mettre ces derniers dons à la première place en raison du relief personnel qu’ils en retiraient. Dans les deux cas, les langues occupent la dernière place. En plus, ces dons miraculeux des premiers temps de l’assemblée n’ont pas tardé à disparaître. Dans les dons de grâce plus grands, c’est-à-dire apôtres, prophètes et docteurs, nous avons une différence par rapport à l’épître aux Ephésiens qui mentionne les évangélistes, comme agissant en vue de la formation du corps. Ils ne sont pas mentionnés dans les Corinthiens où nous avons le fonctionnement du corps et non la manière dont il a été formé. Chez les apôtres, nous avons l’autorité. La révélation chez les prophètes. L’enseignement chez les docteurs. Ces trois dons demeurent. Le premier comme ayant posé une fois pour toutes le fondement dans la parole écrite. Au chapitre 14, nous verrons la signification et le rôle du prophète. Quant au troisième, le docteur, il ne manque jamais quand il s’agit de croître par la connaissance de la Parole.

Pensées complémentaires sur quelques versets
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bulletVerset 3 : les expressions anathème à Jésus et Seigneur Jésus sont une pierre de touche. Elles vont plus loin que des paroles sur des lèvres et reflètent un état, un enseignement.
bulletVersets 4 à 6 : dans ces versets, il y a la Trinité et tout découle de ces trois personnes. Quelle différence avec la pluralité d’esprits chez les démons où l’unité est impossible, sauf pour le mal.
bulletLe corps de Christ, sur la terre, est toujours complet car il se compose de tous les rachetés existants ensemble sur la terre à un moment donné. C’est aussi le cas en Eph. 4, 4 : Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel. En Eph. 1, 23, le corps est envisagé dans son plein résultat dans la gloire , comprenant tous les saints entre la Pentecôte et le retour du Seigneur. Il y a donc un corps qui est manifesté dans le temps. Mais dans le résultat final, l’ensemble sera le corps de Christ. Dans la première aux Corinthiens, le corps est donc la chose actuelle dans son accomplissement. Ce n’est pas, comme dans Ephésiens 1, en dessein et en conseils.
bulletVerset 25 : avoir " un égal soin les uns les autres ". L’amour est en jeu … car ma main est intéressée à mon œil et mon œil à ma main. Souvenons-nous que le but du Saint Esprit est de glorifier Christ. Comme buts, il y a aussi l’encouragement, l’édification, … Mais le but qu’il a toujours en vue, c’est d’exalter Christ et de le défendre contre tout ce qui pourrait rabaisser sa gloire. Ainsi, c’est le but et le travail de l’Esprit de Dieu que nous avons dans l’enseignement de ce chapitre.
bulletDans le catholicisme, il y a le principe de l’Eglise qui détruit celui de l’individu. Et dans le protestantisme, le principe de l’individu neutralise celui de l’Eglise. Pourtant, ces deux principes peuvent être conciliés autour de la personne du Seigneur Jésus Christ car nous le possédons, pas seulement comme Sauveur, mais aussi comme tête du corps qui est un avec lui.
bulletDans ce chapitre, on apprend que la spiritualité consiste aussi à avoir beaucoup d’affections et de jugements selon Dieu pour, comme Christ, ne pas vouloir être débarrassés d’épreuves ou de difficultés, mais de tout supporter avec patience et dans l’exercice de l’amour (cf v. 23).
bulletDans les entorses de l’unité, il y avait le mécontentement en raison de la place que le Seigneur nous a donnée (cf v. 15-16). Et au v. 21, il y a le membre supérieur qui méprise le membre inférieur. Soyons en garde contre tous ces dangers. Au v. 15, il y a aussi le don le moins important qui envie un don plus important. Dans ses interventions, l’apôtre nuance selon les cas.
bulletS’il y a des dons dans une assemblée, souvenons-nous que la source de bénédiction, c’est Dieu. Et il ne faut pas se taire devant des dons éminents qui eux-mêmes, quand il y a de la spiritualité, souhaitent voir le moindre don en activité. Oui, sentons que c’est Dieu qui agit dans l’Eglise et qu’il peut employer le moindre des dons pour l’édification, même en présence du plus grand. Et les membres les plus faibles n’ont pas seulement leur place mais ils sont nécessaires.
bulletA propos du v. 26, on est membre du corps de Christ, de l’Eglise et non d’une Eglise : l’Ecriture ne connaît pas ce langage. On est membre de l’Eglise.
bulletA propos du v. 18 : " comme il l’a voulu ". De cela découlent l’amour du chapitre 13 et l’édification au chapitre 14.
bulletUn don de sagesse qui s’exerce dans le particulier peut être plus efficace qu’un don de prédicateur qui s’exerce en public.

Remarquons, dans les v. 27 à 31 : " vous êtes ". L’unité dans la diversité. Telle est l’harmonie d’un corps vivant.

1 Cor. 13 : La valeur comparative de l'amour                                                                          >  top  <  

1 Si je parle dans les langues des hommes et des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis* comme un airain qui résonne ou comme une cymbale retentissante. 2 Et si j’ai la prophétie, et que je connaisse tous les mystères et toute connaissance, et que j’aie toute la foi de manière à transporter des montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. 3 Et quand je distribuerais en aliments tous mes biens, et que je livrerais mon corps afin que je fusse brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me profite de rien. 4 L’amour use de longanimité ; il est plein de bonté ; l’amour n’est pas envieux ; l’amour ne se vante pas ; il ne s’enfle pas d’orgueil ; 5 il n’agit pas avec inconvenance ; il ne cherche pas son propre intérêt ; il ne s’irrite pas ; 6 il n’impute pas* le mal ; il ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ; 7 il supporte* tout, croit tout, espère tout, endure tout. 8 L’amour ne périt jamais. Or y a-t-il des prophéties ? elles auront leur fin. Y a-t-il des langues ? elles cesseront. Y a-t-il de la connaissance ? elle aura sa fin. 9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie ; 10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est en partie aura sa fin. 11 Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; quand je suis devenu homme, j’en ai fini avec ce qui était de l’enfant. 12 Car nous voyons maintenant au travers d’un verre*, obscurément, mais alors face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai à fond comme aussi j’ai été connu. 13 Or maintenant ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.
 — v. 1 : litt.: je suis devenu. — v. 6 : ou : ne pense pas. — v. 7 : ou : couvre. — v. 12 : verre demi-transparent.

Ce chapitre forme comme une parenthèse entre le 12ème et le 14ème. Le dernier verset du ch. 13, ainsi que le premier du ch. 14, n’expriment pas un simple désir mais un besoin brûlant. Pour obtenir les dons dont nous entretiennent ces chapitres, il faut sortir de notre apathie spirituelle et ne pas se contenter de suivre un homme institué par les hommes. Les dons ne sont pas un relief pour ceux qui les possèdent mais quelque chose pour le bien des frères, pour l’utilité dans le corps de Christ, pour la gloire du Seigneur. C’est là un chemin plus excellent. Quant aux dons plus grands, il s’agit surtout de la prophétie, alors que les Corinthiens s’attachaient à ce qui les faisait valoir aux yeux des autres, comme le don des langues. Ainsi les dons qui mettent les hommes en vue ne sont pas les plus grands. Le prophète (ch. 14, 1) est quelqu’un qui révèle les choses de Dieu. Il y a la révélation des choses futures et celle des choses actuelles de Dieu et c’est ces dernières qui sont en vue dans le début du chapitre 14 qui, dans son ensemble, présente les dons en exercice alors que le 12ème donne la doctrine des dons du Saint Esprit. Entre deux, le chapitre 13 nous enseigne sur ce qui est absolument indispensable pour l’exercice de ces dons à savoir l’amour. Sans l’amour, les dons sont inutiles. L’amour, c’est ce chemin bien plus excellent. Tout découle de cela même si ce mot ne se trouve même pas au chapitre 14. Au 13ème, nous n’avons pas une description, ni une définition de l’amour puisqu’il est l’essence même de Dieu. Mais nous y avons l’amour en activité et c’est ce qu’il nous est nécessaire de savoir. Un autre chapitre nous montre la foi en action: c’est Hébreux 11. Dans les caractères de l’amour décrit, il y a un point commun: c’est le renoncement de soi-même. Remarquons aussi qu’un chrétien qui manque de tact n’agit pas dans l’amour. On trouve souvent plus de tact chez des chrétiens simples que chez d’autres, parfois érudits. Agissons avec amour. L’amour ne fait pas ressortir les défauts des frères. L’amour ne dénigre pas. La vérité sans l’amour blesse les âmes, les détourne, les repousse. Croire, ce n’est pas croire des mensonges mais la promptitude à accepter le bien chez d’autres au lieu de le mettre en doute.

Dans ce chapitre 13, nous voyons que ce qui provient de la nature du Dieu d’amour est au-dessus de tout. Cet amour doit être le mobile et le ressort de l’exercice des dons de grâce. Sinon leur utilité est perdue. Les v. 1 à 3 prouvent cette assertion. Sans l’amour, les dons ne sont rien. Ainsi, le don des langues qui deviendrait comme ces instruments qui retentissent. Mais après leurs sons, si mélodieux soient-ils, ils ne reste rien. Ainsi, les versets 2 et 3 attirent notre attention sur le fait que l’on peut faire du bruit mais sans aucun profit pour Dieu. C’est le résultat de grandes choses sans l’amour. Dieu est amour. C’est l’amour divin dans le monde, cet amour qui est au-dessus de tout mal, tout en étant affecté par ce mal sans en être touché. Nous verrons cela dans ce que l’amour opère au cours de ce chapitre. Cela, Christ l’a parfaitement réalisé. Par exemple, on peut très bien lire les versets 4 à 7 en mettant Christ à la place du mot amour. Ce chapitre traite donc de l’amour de Dieu et non de l’affection humaine, cette dernière devant découler de l’amour, car sinon il y a toutes sortes de dangers. Dans ce passage, il y a la longanimité. La longanimité, c’est la patience au milieu du mal sans se laisser provoquer par ce mal. L’amour est aussi plein de bonté. Ces deux caractères, comme les autres, furent en Jésus. La chair, elle, ne peut pas réaliser ces caractères. Elle peut toutefois les simuler. Les versets de ce chapitre présentent aussi huit choses que l’amour ne fait pas et qui caractérisent la nature de l’homme. Le chrétien évitera ces choses s’il marche dans l’amour comme Christ y a marché. Dans l’amour, au v. 7, il y a cinq choses positives. Par exemple prétendre aimer, sans la vérité, ce n’est pas l’amour. Dans l’amour qui ne pense pas le mal, il ne faut avoir dans ce monde aucune pensée de soupçons. C’est dans cet esprit là qu’il nous faut marcher dans ce monde car si l’on soupçonne les gens, qui aura confiance en nous? Croire et espérer est un puissant moyen pour amener au bien. Se défier des autres provoque souvent le mal.

Versets 8 à 11 : l’amour ne périt jamais car il est la nature même de Dieu, alors que les moyens de communication par lesquels nous saisissons les pensées de Dieu auront leur fin. Par contraste les langues, par exemple, ont déjà cessé. Notre connaissance actuelle est cependant limitée. Nous ne pouvons saisir tout l’ensemble de la révélation . . . comme un enfant, qui a des conceptions propres à son âge, relativement aux choses qui l’entourent: quand il sera homme, il les envisagera autrement, c’est-à-dire au point de vue de ce qu’elles sont réellement.

Versets 12 et 13 : obscurément ou, en grec, énigmatiquement. La connaissance dont il est question dans ce passage sera une connaissance morale et non pas une connaissance de l’intelligence seulement. Ce sera une connaissance où toutes nos facultés seront en jeu. "Connaître comme j’ai été connu"signifie la manière dont Dieu connaît. Le v.13, qui dépeint notre état actuel, doit nous donner une grande idée de notre petitesse. La foi sera changée en vue et l’espérance en réalité. Dans cette vue et cette réalité, nous aurons éternellement l’amour. Ce v. 13 est l’un des quelque dix passages dans lesquels les vertus que sont la foi, l’espérance et l’amour sont ensemble. Ce sont des éléments positifs. La foi et l’espérance se rattachent à notre état présent. L’amour se rattache à notre état présent et éternel. L’expression "demeurent" indique bien qu’il s’agit de choses présentes alors que l’amour ne manque jamais.

Encore quelques pensées sur ce chapitre 13 :

bulletLes pensées de l’homme, quant à l’amour, ne sont qu’une pauvre caricature de l’original divin.
bulletLe Dieu d’amour n’épargne pas l’homme: il lui montre sa corruption, son orgueil. Mais il ne s’épargne pas lui-même: il a donné son propre Fils pour l’homme. L’amour reçoit des autres tout le mal possible et leur fait tout le bien possible.
bulletPour les vrais chrétiens, l’amour c’est demeurer en Dieu et Dieu en eux.
bulletL’amour n’épargne pas le mal chez les autres mais il s’oublie entièrement pour y porter un remède.
bulletEpargner son frère dans le péché, par crainte de le blesser, ce n’est pas de l’amour.
bulletL’amour, dans ce chapitre, va plus loin que la somme de la loi qui est l’amour (Rom. 8, 4).
bulletL’amour est solide et est le principe du bon fonctionnement du corps de Christ.
bulletL’amour n’est pas un don. C’est le motif de l’action des dons.
bulletL’amour en lui-même ne se définit pas. Il se fait connaître en actions portant sa marque, la marque divine (cf 1 Jean 4, 9-10).
bulletL’amour sans la vérité donnerait un masque sans vie tout en dissimulant l’égoïsme.
bulletL’amour n’est ni aveugle, ni faible.
bulletPerdre son premier amour. Comme quelqu’un l’a remarqué, il y a encore beaucoup de l’eau dans la rivière mais la source a tarit, la communication fait défaut.
bulletNe faisons rien par devoir ou par obligation, mais faisons tout par amour.

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