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Cor. 10, 1 à 13 : La profession, l'état des Corinthiens en
général
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1 Car je ne veux pas que vous
ignoriez, frères, que nos pères ont tous été sous la nuée, et que tous ils
ont passé à travers la mer, 2
et que tous ils ont été baptisés pour Moïse dans la nuée et dans la mer,
3 et que tous ils ont mangé la
même viande spirituelle, 4
et que tous ils ont bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient d’un*
rocher spirituel qui les suivait : et le rocher était le Christ. 5
Mais Dieu n’a point pris plaisir en la plupart d’entre eux, car ils
tombèrent dans le désert. 6
Or ces choses arrivèrent comme types de ce qui nous concerne, afin que nous ne
convoitions pas des choses mauvaises, comme ceux-là aussi ont convoité.
7 Ne soyez pas non plus idolâtres,
comme quelques-uns d’eux, ainsi qu’il est écrit : " Le
peuple s’assit pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour
jouer " [Exode 32:6]. 8
Ne commettons pas non plus la fornication, comme quelques-uns d’eux ont commis
la fornication, et il en est tombé en un seul jour vingt-trois mille. 9
Ne tentons pas non plus le Christ, comme quelques-uns d’eux l’ont tenté et
ont péri par les serpents. 10
Ne murmurez pas non plus, comme quelques-uns d’eux ont murmuré et ont péri
par le destructeur. 11 Or
toutes ces choses leur arrivèrent comme types, et elles ont été écrites pour
nous servir d’avertissement, à nous que les fins des siècles ont atteints.
12 Ainsi, que celui qui croit* être
debout, prenne garde qu’il ne tombe. 13
Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été une tentation
humaine ; et Dieu est fidèle, qui ne permettra pas que vous soyez tentés
au delà de ce que vous pouvez [supporter], mais avec la tentation il fera aussi
l’issue, afin que vous puissiez la supporter.
— v. 4 :
ou : du. — v. 12 : ou : paraît.
Dans ce passage, nous voyons que le
baptême n'est rien d'autre que le signe de la profession chrétienne. La
profession chrétienne est synonyme de participation extérieure aux choses
du christianisme et les premiers versets nous occupent de cela. Ici,
ce baptême pour Moïse est assimilé au baptême chrétien. Dans ces
versets, si Israël a eu de grands privilèges, cinq points ont cependant
excité la colère de Dieu: 1)
la convoitise des choses mauvaises; 2)
l'idolâtrie dans ce festin qui a accompagné le veau d'or; 3)
la fornication avec les filles de Moab; 4)
avoir tenté Christ; 5) le
murmure. Tout cela fait penser à la chrétienté professante. En
effet, nous avons, dans ces
versets, un tableau de la chrétienté professante dans le monde. Pour
représenter cela, l'exemple d'Israël, dans le désert, nous est donné. Paul
prouve qu'une personne peut observer les choses extérieures du
christianisme tout en étant perdue. Ainsi, pour Israël, tous ont eu
part à des bénédictions communes. Mais en route, un triage s'est opéré
et la plupart tombèrent. C'est l'histoire de la chrétienté. Les
avertissements sont cependant pour tous mais seuls ceux qui ont la vie en
profitent et ils vont jusqu'au bout (cf
Héb. 3,
6-19).
Au v. 2
: être baptisés pour Moïse, c'est être associés à lui dans le passage
de la mer et c'est aussi la protection de Dieu dans la nuée. Moïse était
responsable dans ce chemin et les Israélites y entraient pour lui,
adhérant à lui dans cette chose. Ce
chemin à travers la mer est un type de la mort qui délivre. Quant
à nous, nous sommes baptisés pour Christ, nous entrons après lui,
associés à lui, dans ce chemin de la mort qu'il a frayé pour nous, de la
mort qui délivre. Dans
les v. 3 et 4
: il y est question de la manne et de l'eau du rocher. Pour la manne, nous
avons le terme "viande spirituelle" et pour l'eau celui de
"breuvage spirituel". Nous avons aussi, dans la manne, le type du
pain de vie qui est une image de Jésus descendu du ciel. Et dans l'eau du
rocher, c'est le type de l'Esprit que devait recevoir ceux qui croyaient
après que Christ soit glorifié (voir les ch. 6 et 7 de l'évangile de
Jean). En parlant de cette nourriture et de ce breuvage, l'apôtre fait
ressortir le grand privilège du peuple sorti d'Égypte. Pour la
chrétienté, il y a des privilèges correspondants qui sont le baptême et
la cène. V. 5
: nous avons le triage qui s'est opéré en route. Remarquons bien le
contraste entre les mots "la plupart" et "tous". Si la
plupart tombèrent, c'est à cause de l'énumération des péchés ....
qu'en sera-t-il de la chrétienté ? Ces péchés, nous les trouvons dans
les v. 6 à 10. V. 6 à
10 : ce passage mentionne
des péchés qui découlent de la convoitise, c'est-à-dire de la tendance
du coeur de l'homme. En raison des mauvaises actions de l'homme, Dieu
exerça le châtiment et ils disparurent de la cène. Pour nous, les types
sont surtout ce qui leur arriva comme jugement. En rapport avec
l'idolâtrie, remarquons que le veau d'or avait même l'apparence d'un culte
offert à l'Eternel puisque Aaron avait dit "demain une fête à
l'Eternel ! Dans notre v.
7, l'apôtre se borne à
cette citation "ils se levèrent pour jouer" et cela s'applique,
comme type, spécialement à la position des Corinthiens qui prenaient part,
sous prétexte de liberté, aux fêtes païennes qui suivaient les
sacrifices offerts aux idoles (ch. 8). Ces repas étaient accompagnés de
jeux et de danses. A cela, aucun chrétien ne peut participer sans se
souiller. L'avertissement est à propos. Au v.
8, il y a une mise en
garde contre la fornication. Ce péché fut la cause de la mort de 23000
Israélites en un jour et de 24000 en plusieurs jours (cf Nomb.
25, 4-5).
Dans les v. 9 et 10
: tenter Dieu, c'est vouloir éprouver sa puissance et sa bonté en
demandant des preuves matérielles (cf Ex.
17, 7).
C'est ce que fit le peuple en étant incrédule et mettant en doute la
fidélité de Dieu. Ils murmurèrent et 14700 d'entre eux moururent. Ce fut
le châtiment dans l'affaire de Corée. Remarquons aussi qu'il y a
plusieurs sortes de murmures. Celui du v. 10, qui est la révolte contre
Dieu, est affreux. V.
11 et 13 : toutes les
choses mentionnées dans les versets précédents leur arrivèrent comme
types. V. 11
: Paul ne parle plus à de simples professants sans vie, mais à ceux qui
ont la vie de Dieu. Il y a dès lors, au v.
12, une conclusion
sérieuse : celui qui se préoccupe d'être debout est en danger. En
sortant d'Égypte, Israël pouvait se croire debout. Aujourd'hui, la
chrétienté peut se croire debout. Et bien, tout comme Israël, la
chrétienté professante ne restera pas debout (cf Rom.
11, 22).
Mettons aussi individuellement cette exhortation à profit. Se glorifier de
quoi que ce soit est un danger qui mène à des chutes. Comprenons bien ce
verset : ce n'est pas celui qui est debout mais qui croit être debout. Les
différentes versions sont d'accord. Cet avertissement est donc avant tout
pour les professants sans vie car celui qui est debout, par un effet de la
pure grâce et de la miséricorde de Dieu, ne pense pas à lui-même. Il
sait qu'il est mort, qu'il a été crucifié avec Christ, qu'il en a fini
avec lui-même comme homme. Il est humble, il veille. V.
13 :
nous avons un grand encouragement et une précieuse promesse. Nous mesurons,
dans ce verset, la miséricorde de Dieu. |
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Cor. 10, 14 à 22 : La table du Seigneur
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| 14 C’est
pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie. 15
Je parle comme à des personnes intelligentes : jugez vous-mêmes de ce
que je dis. 16 La coupe
de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion du sang
du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du
corps du Christ ? 17
Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous
participons tous à un seul et même pain. 18
Considérez l’Israël selon la chair : ceux qui mangent les
sacrifices n’ont ils pas communion avec l’autel ? 19
Que dis-je donc ? que ce qui est sacrifié à une idole soit quelque
chose ? ou qu’une idole soit quelque chose ? 20
[Non], mais que les choses que les nations sacrifient, elles les sacrifient
à des démons et non pas à Dieu : or je ne veux pas que vous ayez
communion avec les démons. 21
Vous ne pouvez boire la coupe du Seigneur et la coupe des démons ;
vous ne pouvez participer à la table du Seigneur et à la table des
démons. 22
Provoquons-nous le Seigneur à la jalousie ? Sommes-nous plus forts que
lui ?
Le danger de l'idolâtrie (v.
14) était celui auquel les Corinthiens étaient le plus exposé. Ils
devaient fuir. Le v. 20 montre l'énormité de
l'idolâtrie aux yeux de Dieu en ce que derrière l'idole, il y a un
démon.
Dès ce v.
14, un principe est mis
en avant : il y a association
et communion par le moyen de la table
à laquelle nous participons avec ce qui y est placé. Et nous arrivons avec
ces versets, le 17ème étant significatif, au cercle
intérieur, au corps de Christ, à la vraie assemblée de Dieu, dont ceux
qui la composent sont unis ensemble par l'Esprit Saint. La cène en est
l'expression. Le v. 17 est comme une parenthèse entre les
v. 16 et 18. Tout ce passage nous donne
plusieurs exemples de communion : la cène au v. 16; les sacrifices en
Israël au v. 18. Le v. 17 est une révélation
à part et ce passage tout entier est comme une grande leçon de
communion. La manière de répondre à l'invitation du Seigneur et celle
de le faire détermine avec qui l'on peut et l'on doit rompre le pain. De ce
principe ressort nécessairement le fait que tous ceux qui participent
ensemble à la cène à une table quelconque sont solidaires ensemble de
tout ce qui caractérise cette table .... et sont chacun responsable
sciemment ou non de tout ce qui se rattache au terrain sur laquelle cette
table est dressée. Selon la Parole et le v. 17,
le terrain doit être l'unité du corps de Christ. Pour y participer, il
faut être individuellement dans les conditions requises par le Seigneur;
l'Assemblée est responsable de maintenir les droits du Seigneur sur sa
propre table. Toute table dressée en dehors du principe énoncé au v.
17 est une table de l'homme. Ce serait faux de dire que c'est une table
des démons car ce terme ne s'applique qu'à l'idolâtrie. Pour
juger du terrain sur lequel une table repose, il faut remonter à l'origine
de son existence : provient-elle d'un schisme, d'un esprit
d'indépendance, d'une organisation humaine ? Et bien, répétons que ceux
qui sont en communion à une table sont solidaires et responsables, le
sachant ou non, du mal quel qu'il soit. Si une personne s'approche de
l'Assemblée, pour pouvoir être reçue à la table du Seigneur, il faut
qu'elle se purifie personnellement du mal qui se rattache à la table à
laquelle elle a participé jusqu'alors. Si ce n'est pas le cas, l'Assemblée
accepterait le mal qui se rattache à la table en question et deviendrait
solidaire de ce mal. Il va de soit qu'une personne admise à la table du
Seigneur ne peut pas retourner ensuite à son ancien état de choses.
L'assemblée ne peut pas recevoir temporairement une personne. Citation
d'un devancier : la différence de vue ecclésiastique n'est pas une
raison suffisante pour exclure une âme mais si quelqu'un voudrait être un
jour avec les frères et un autre jour avec d'autres, je ne pourrais pas le
permettre et je ne recevrais pas une telle personne. Pour être reçue, une
personne qui s'approche doit avoir la confiance de l'assemblée. Une
personne qui rompt le pain est aussi sujette à la discipline de la maison
de Dieu. En voyant le pain sur la table, nous voyons l'expression du
corps entier et nous reconnaissons que tous les croyants font partie du
corps de Christ qu'ils soient présents ou non à la table.
Heureusement, il n'est pas nécessaire d'attendre que tous les croyants
d'une localité veuillent obéir au Seigneur pour rompre le pain à sa table
: ceux qui désirent être fidèles ont le privilège de pouvoir se réunir
autour de sa table même s'ils ne sont que deux ou trois.
L'épître aux Corinthiens diffère de celle aux
Ephésiens autant pour le sujet du "corps" que pour celui de la
"maison". Les Ephésiens nous montre cette Assemblée qui croît
pour être un temple saint dans le Seigneur, une habitation de Dieu par
l'Esprit, ainsi qu'un corps uni avec la tête glorifiée dans le ciel. Cette
assemblée y est aussi présentée comme épouse de Christ. Et bien, dans
les Corinthiens, c'est autre chose puisque nous y avons l'assemblée qui est
vue comme une maison édifiée par l'homme qui est responsable des
matériaux qu'il y introduit et de l'ordre qui doit y régner. Nous y
voyons aussi le corps et la maison tels qu'ils devraient être et l'homme a
tout ce qui est nécessaire pour que ce corps puisse fonctionner et
manifester Christ ici-bas. Cette pensée est développée dès le ch. 10,
14 et se poursuit jusqu'à la fin du ch. 14. L'assemblée
doit manifester le fonctionnement et l'unité qui appartiennent au corps de
Christ. Cela est d'une immense importance car même en étant deux ou trois,
nous sommes tenus de montrer l'unité du corps de Christ dans ce monde et
l'ordre qui appartient à cette unité. C'est pourquoi, dans les v.
14 à 22, le rôle
assigné à la table du Seigneur est très remarquable. En tout premier
lieu, il faut ainsi établir que dans ce monde, il y a une manifestation de
l'unité du corps de Christ et cette unité existe. Le témoignage rendu
à cette unité est ce qui fait la valeur de la cène pour nous, mais une
valeur partielle car il y a aussi le côté du mémorial (ch. 11) pour
compléter. Si nous ne nous réunissons pas autour de la table du Seigneur,
nous montrons alors une indifférence au sujet de la manifestation de
l'unité confiée à notre responsabilité. Le corps est un aux
yeux de Dieu; il ne l'est plus aux yeux du monde à cause de notre infidélité. Un
point important est que des chrétiens peuvent être réunis autour de la
table du Seigneur sans manifester l'unité du corps. Ainsi en était-il des
Corinthiens dont l'état de l'assemblée a été relevé dans les chapitres
précédents. "Communion" a ici le caractère de la
participation des croyants, en commun, à toutes les bénédictions qui nous
ont été apportées par le sang de Christ : c'est une coupe de
bénédiction. On trouve d'abord la coupe et ensuite le pain car c'est
le sang de Christ qui nous introduit dans ces bénédictions. Le seul pain
est posé sur la table et quand nous le rompons nous manifestons en commun
que nous faisons tous ensemble partie de ce seul corps, nous manifestons
l'unité. Au ch. 11, le sang et le corps signifient ensemble la mort (le
sang séparé du corps). De fausses doctrines, aux yeux d'un grand nombre
paraissent moins offensantes que le mal moral, tandis qu'elles le sont
davantage pour le Seigneur car elles portent atteinte à son autorité et
aux gloires de sa personne adorable. Il peut même y avoir des chrétiens
qui n'ont pas de fausses doctrines mais qui admettent à leur table ceux qui
en ont. Au sujet de la table des démons, il y a le caractère des
démons mais, le principe étant posé, une table qui n'est pas celle du
Seigneur peut avoir plusieurs caractères. La bonne table, c'est celle
qui a le caractère du Seigneur. C'est un caractère dans le sens de
dénomination. Dans la suite de ces v. (v.
20+), la table du
Seigneur est mise en contraste avec l'autel juif et en opposition avec la
table des démons. Derrière
l'idole, il y a les démons. Le chrétien doit en
être séparé. Et bien, avons-nous à coeur de manifester l'unité du corps
de Christ ... ou faisons-nous comme le monde, allant où bon nous semble.
Soyons intelligents et ne provoquons pas le Seigneur à jalousie. La
cène, à la table du Seigneur, a donc la communion en vue au ch. 10 et le
mémorial au ch. 11. Il y a une seule table du Seigneur comme il n'y avait
qu'un seul autel en Israël (cf. Deut. 12,
27). Cette table est sainte car c'est celle du Seigneur. Le mal
doctrinal et le mal moral doivent en être écartés. Les "or je ne
veux pas" (v. 20) et "vous ne pouvez" (v. 21) montrent
l'immense importance de la question et le sérieux de l'apôtre en
relation avec cela.
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Cor. 10, 23 à 33 (et 11, 1-2) : La liberté chrétienne
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| 23 Toutes
choses sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses ;
toutes choses sont permises, mais toutes choses n’édifient pas. 24
Que personne ne cherche son propre intérêt, mais celui d’autrui. 25
Mangez de tout ce qui se vend à la boucherie, sans vous enquérir de rien
à cause de la conscience : 26
" car la terre est au *Seigneur, et tout ce qu’elle
contient " [Psaume 24:1]. 27
Or si quelqu’un des incrédules vous convie, et que vous vouliez aller,
mangez de tout ce qui est mis devant vous, sans vous enquérir de rien à
cause de la conscience. 28
Mais si quelqu’un vous dit : Ceci a été offert en sacrifice*, — n’en
mangez pas, à cause de celui qui vous a avertis, et à cause de la
conscience. 29 Or je
dis : la conscience, non la tienne, mais celle de l’autre ; car
pourquoi ma liberté est-elle jugée par la conscience d’autrui ?
30 Si moi, je participe avec
action de grâces*, pourquoi suis-je blâmé pour une chose dont moi je
rends grâces ? 31
Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, ou quoi que vous fassiez,
faites tout pour la gloire de Dieu. 32
Ne devenez une cause d’achoppement ni aux Juifs, ni aux Grecs, ni à l’assemblée
de Dieu ; 33
comme moi aussi je complais à tous en toutes choses, ne cherchant pas mon
avantage propre, mais celui du grand nombre, afin qu’ils soient sauvés.
Ces versets nous enseignent
qu'il faut éviter d'avoir pour soi-même la communion avec ce qui est faux,
notamment dans ce qui se rapporte dans la communion avec Dieu lui-même. Plutôt
que d'user de ma liberté, il faut l'abandonner pour ne pas blesser la
conscience faible de notre prochain. Nous avons déjà vu ce principe au
ch. 9. Faisons toutes choses dans le but de la gloire de Dieu (v. 31).
V. 23 à 33 : en quelques mots, ces versets nous exhortent à ne pas
rechercher chacun son propre intérêt mais l'intérêt de notre prochain.
Recherchons par-dessus tout la gloire de Dieu (v. 31). Ces versets sont
très importants pour la vie de l'Assemblée de Dieu. Nous verrons
l'importance de ces détails dès le début du chapitre 11ème où il est
question de la coiffure de la femme, etc.
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Cor. 11, 3 à 16 : L'homme et la femme, selon l'ordre divin
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1 Soyez mes
imitateurs, comme moi aussi je le suis de Christ. 2 Or je vous loue de ce
que vous vous souvenez de moi en toutes choses, et de ce que vous gardez les
enseignements, comme je vous les ai donnés.
3 Mais je veux que vous sachiez que le chef* de tout homme**, c’est le
Christ, et que le chef de la femme, c’est l’homme, et que le chef du
Christ, c’est Dieu. 4 Tout homme qui prie ou qui prophétise en ayant
[quelque chose] sur la tête, déshonore sa tête ; 5 et toute femme
qui prie ou qui prophétise, la tête découverte, déshonore sa tête, car
c’est la même chose qu’une femme qui serait rasée. 6 Car si la femme n’est
pas couverte, qu’on lui coupe aussi les cheveux. Mais s’il est
déshonnête pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être
rasée, qu’elle soit couverte. 7 Car l’homme, étant l’image et la
gloire de Dieu, ne doit pas se couvrir la tête ; mais la femme est la
gloire de l’homme. 8 Car l’homme ne procède* pas de la femme, mais la
femme de l’homme ; 9 car aussi l’homme n’a pas été créé à
cause de la femme, mais la femme à cause de l’homme. 10 C’est pourquoi
la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête [une marque de l’]
autorité [à laquelle elle est soumise]. 11 Toutefois, ni la femme n’est
sans l’homme, ni l’homme sans la femme, dans le Seigneur ; 12 car
comme la femme procède de l’homme, ainsi aussi l’homme est par la
femme ; mais toutes choses procèdent de Dieu. 13 Jugez-en en
vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être
couverte ? 14 La nature même ne vous enseigne-t-elle pas que, si un
homme a une longue chevelure, c’est un déshonneur pour lui ? 5 Mais
si une femme a une longue chevelure, c’est une gloire pour elle, parce que
la chevelure lui est donnée en guise de voile. 16 Mais si quelqu’un
paraît vouloir contester, nous, nous n’avons pas une telle coutume, ni
les assemblées de Dieu.
— v. 3 :
chef * : litt.: tête (dans tout ce verset). — v.- 3
** : l’homme en contraste avec la femme, ici partout jusqu’au
verset 14 inclusivement. — v. 8 : litt.: n’est.
Mais reprenons d'abord les versets 1 et
2 : 1 Soyez mes imitateurs,
comme moi aussi je le suis de Christ. 2 Or je vous loue de ce que vous vous
souvenez de moi en toutes choses, et de ce que vous gardez les enseignements,
comme je vous les ai donnés.
Ainsi, dans l'ordre divin, il y a d'abord Christ : Christ,
l'homme, la femme. Ne faisons pas d'insulte à cet ordre divin (cf 1 Cor. 14,
34 et 1 Tim. 2, 11-12). Dieu enseigne que la place des femmes est
dans le silence.
Ces versets 1 à 16 nous occupent donc de la femme qui doit
avoir la tête couverte. Dieu a voulu ainsi donné aux anges le spectacle de
voir la femme soumise au mari. Cela est un exemple de la soumission de
l'Eglise à Christ. Ce détail nous est présenté dans les Corinthiens en
relation avec l'Assemblée. Il s'agit d'un détail particulier de la conduite
des femmes dans les assemblées. Un petit détail semble-t-il mais auquel
Dieu attache une grande importance. Quant à la tête couverte, il y a trois
raisons mentionnées, à savoir : la création (v. 8 et 9); la nature (v. 14);
la coutume (v. 16). Et puis, dans l'important v. 11, l'apôtre ramène à un
niveau commun : la position de l'homme et de la femme car, dans le Seigneur, la
femme est au niveau de l'homme et ce dernier ne peut songer à dominer sa femme.
La femme est l'aide de l'homme et l'homme son soutien, mais ils sont unis
dans le Seigneur. Et bien observons cet ordre dans les rapports entre époux
afin que celui qui est le Seigneur de tous soit glorifié dans l'assemblée.
En comparant les versets 15, 5, 7, 3, 6 : il ressort que la
femme doit avoir une longue chevelure et en plus être couverte. Si elle n'est
pas couverte, on doit lui couper les cheveux qui sont sa gloire. La femme doit
donc couvrir sa gloire pour honorer l'homme. En observant cela, Christ est
honoré. Si la femme demeure la tête découverte, elle déshonore sa tête. La
tête est le synonyme de chef. Le chef, c'est l'homme. Le chef de l'homme, c'est
Christ et le chef de Christ, c'est Dieu. L'enseignement tant contredit de
ce passage est donc très clair. La marque du v. 10 peut être, par exemple, un
chapeau. Remarquons encore qu'une femme peut avoir une belle chevelure avec des
cheveux coupés. Mais si les cheveux sont coupés, peu ou beaucoup, ce n'est pas
une gloire car il y a manque de soumission au Seigneur. Une autre femme peut
avoir une chevelure faible et sans apparence mais non coupée. C'est alors
vraiment une gloire pour elle car elle montre sa soumission à l'ordre original
de la création, sa soumission au Seigneur, et elle garde la place que Dieu lui
assigne. Bien sûr, nous ne parlons pas des raisons où il est nécessaire de
couper les cheveux en raison de soins médicaux. Si nous faisons tout cela pour
la gloire de Dieu (cf ch. 10, 31), ces questions de cheveux ne
seraient même pas soulevées parmi nous. Et la manière d'agir manifeste
l'état du cœur et à qui nous voulons plaire. On considère aussi trop
souvent ces passages comme une simple forme pour mettre l'obéissance à
l'épreuve. Non, ce n'est pas de cela qu'il s'agit mais de tout faire pour la
gloire de Dieu même si, sur ce point particulier, un certain opprobre peut
peser sur une femme fidèle qui veut s'attacher au respect de ce que Dieu
désire pour elle. Et la gloire du Seigneur est en point de mire et quand on
aime le Seigneur en vérité, il y a de la joie à obéir.
Reprenons maintenant encore d'autres détails :
Versets 4 à 6 : c'est une chose nouvelle pour les
hommes d'être la tête découverte. C'est en contraste avec ce qui
caractérisait les sacrificateurs (cf Ex. 29, 6 et 9 et Lév. 8,
9 et 13). Dans La période de l'Eglise, c'est parce qu'il est dans une position
d'autorité. Quant à la chevelure de la femme, chez les païens, il était de
coutume que les femmes aient leur chevelure éparse et flottante. Et bien dans
le christianisme, la femme doit avoir la tête couverte pour se présenter
devant Dieu. Au sujet du v. 5, sachons qu'il y a des femmes qui prient et qui
prophétisent (cf Act. 21, 9). La femme avait donc sa sphère, qui
n'est pas l'assemblée, pour prier et prophétiser. Si une femme a un don, il
faut qu'elle l'exerce dans la famille ou auprès des femmes. Et quant à la
tête couverte, l'apôtre l'enseigne par la chevelure dont Dieu la couverte.
Versets 6 à 10 : pour montrer l'importance de ce
qui vient d'être dit, l'apôtre remonte jusqu'à la création dans laquelle
l'homme est l'image de la gloire de Dieu. Les anges ont été les témoins de la
manière dont Dieu a créé l'homme et la femme avec la place de suprématie
donnée à l'homme. Maintenant, les anges sont spectateurs de la manière
dont cet ordre établi de Dieu est respecté. Ainsi, le v. 10 nous enseigne
que la femme doit avoir une marque de l'autorité à laquelle elle est soumise.
Oui, il faut une marque car les cheveux à eux seuls ne
suffisent pas. Il faut sur les cheveux une marque quelconque. Les anges
ne doivent pas voir du désordre parmi les chrétiens. Le sujet tout entier se
rapporte à la modestie, à l'ordre, à la convenance. C'est pourquoi la femme
doit avoir un signe de soumission à son mari. Au v. 7, il y a le terme d'image
et l'image est quelque chose qui représente un autre. Ainsi, l'homme
représente Dieu et si même il est tombé, il garde la place que Dieu lui a
donnée. Versets 11 et 12 : nous y avons comme un
correctif des versets 7 à 9 afin que l'homme ne s'arroge pas d'une position
d'autorité démesurée vis-à-vis de la femme. En dehors de l'ordre établi à
la Création, il y a des relations de dépendance de l'un par rapport à
l'autre. Versets 13 à 15 : l'apôtre en appel au sentiment
naturel de convenance. Il explique et développe sa pensée en invoquant la
nature pour démontrer l'importance de l'enseignement donné dans ce
passage. Et si la longue chevelure est un déshonneur pour l'homme, le nazaréen
avait pourtant une longue chevelure. Mais le nazaréen, dans l'enseignement de
l'ancien testament, montrait surtout l'assujettissement et le pouvoir, sur sa
tête. Ainsi, pour montrer l'importance de son enseignement, l'apôtre a
rappelé l'ordre dans la création, la présence des anges comme spectateurs, la
nature ou le sentiment naturel des convenances, et au v.
16, il invoque encore l'autorité des assemblées. Si quelqu'un aime à
contester ce que les assemblées ont décidé, comme convenable devant Dieu,
celui-là conteste contre une autorité.
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Cor. 11, 17 à 34 : La cène du Seigneur
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17 Or, en
prescrivant ceci, je ne [vous] loue pas*,- c’est que vous vous réunissez,
non pas pour votre profit, mais à votre détriment. 18 Car d’abord, quand
vous vous réunissez en assemblée, j’entends dire qu’il y a des
divisions parmi vous, et je le crois en partie ; 19 car il faut aussi
qu’il y ait des sectes* parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés
soient manifestes parmi vous.
— v. 17 : comparer verset
2. — v. 19 : secte, ou école comme en formaient les
philosophes.
20 Quand donc vous vous réunissez ensemble*, ce n’est pas manger la cène
dominicale : 21 car lorsqu’on mange, chacun prend par avance son
propre souper, et l’un a faim, et l’autre s’enivre. 22 N’avez-vous
donc pas des maisons pour manger et pour boire ? Ou méprisez-vous l’assemblée
de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n’ont rien ? Que vous
dirai-je ? Vous louerai-je ? En cela, je ne vous loue pas. 23 Car
moi, j’ai reçu du Seigneur ce qu’aussi je vous ai enseigné : c’est
que le seigneur Jésus, la nuit qu’il fut livré, prit du pain, 24 et
après avoir rendu grâces, il le rompit et dit : "Ceci est mon
corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi". 25 De
même [il prit] la coupe aussi, après le souper, en disant :
"Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang : faites ceci,
toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi". 26 Car toutes
les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez
la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. 27 Ainsi quiconque mange
le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable à l’égard
du corps et du sang du Seigneur. 28 Mais que chacun* s’éprouve soi-même,
et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; 29 car celui qui
mange et qui boit, mange et boit un jugement contre lui-même, ne
distinguant pas le corps.30 C’est pour cela que plusieurs sont faibles et
malades parmi vous, et qu’un assez grand nombre dorment. 31 Mais, si nous
nous jugions* nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. 32 Mais quand nous
sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin que nous ne
soyons pas condamnés avec le monde. 33 Ainsi, mes frères, quand vous vous
réunissez pour manger, attendez-vous l’un l’autre ; 34 si quelqu’un
a faim, qu’il mange chez lui, afin que vous ne vous réunissiez pas pour
être jugés. Or, quant aux autres points, je les réglerai quand j’irai
[vers vous].
— v. 20 : ensemble, en un même
lieu. — v. 28 : litt.: un homme. — v. 31 : juger, ici ;
plus haut : distinguer.
Les Corinthiens ont perdu de vue l'importance de la portée
de la cène. Ceci donne occasion à l'apôtre de revenir à cette institution et
de relever combien le Seigneur veut qu'on y prenne garde. Oui, dans la suite de
ce livre, l'apôtre va parler de la puissance de l'Esprit de Dieu manifestée
dans ses dons et donne les règles nécessaires pour maintenir l'ordre et pour
pourvoir à l'édification dans les cas où ces dons étaient exercés dans les
Assemblées. Mais, avant d'entrer dans ce sujet, il place la cène comme le
centre moral de l'objet de l'assemblée.
Versets 17 à 19 : il y a cette expression "quand
vous vous réunissez en assemblée". Ce même sujet est aussi traité en
Matt. 18, 18 à 20 et en Jean 20, 19 à 21. Pour
un tel sujet, l'obéissance adapte les actes à la Parole. Ceux qui font leur
propre volonté adaptent la Parole aux actes. Le v. 17 démontre que
l'assemblée à Corinthe est dans un grand désordre. Au v. 2, l'apôtre pouvait
bien les louer pour certains enseignements. Mais ici, il ne peut pas les louer
à l'égard de la manière dont ils se réunissaient pour célébrer la cène.
Au contraire, ils se réunissaient pour être jugés (cf v. 34). Autre chose
grave, selon v. 18 et 19 : des coteries se sont formées. Au ch. 1,
3, ces partis existaient déjà. Et bien ces coteries ou partis, étaient le
chemin aux sectes ou écoles. Le mot secte vient du mot hérésie
qui a maintenant le sens de mauvaises doctrines tandis qu'un schisme est une
division positive. Un hérétique est un homme qui est à la tête d'une
école de doctrine. Il faut rejeter l'homme hérétique. Au v. 18 : en
assemblée. Toutes les réunions ne sont pas des réunions d'assemblée.
Il y a des réunions convoquées et à ces réunions-là, seul celui qui a
convoqué a le droit de prendre de l'action à moins qu'il autorise quelqu'un
d'autre. Les réunions d'études, ou de conférences, n'ont pas non plus le
caractère de réunions d'assemblée.
Versets 20 à 22 : la cène a été dénaturée. Les
Corinthiens ont mis de côté l'élément institué par le Seigneur. L'un a
faim, l'autre s'enivre : n'avons-nous pas là aussi les divisions qui se
manifestent entre riches et pauvres ? Et, en tout cela, on prétend célébrer
la cène! Les expressions données par l'apôtre sont énergiques et font
ressortir le contraste entre la sainteté requise pour participer à la cène et
la conduite des Corinthiens. Le terme cène dominicale montre non
seulement que la cène vient du Seigneur qui l'a instituée, mais qu'elle est sa
propriété. C'est la cène du Seigneur. L'Assemblée est responsable de
maintenir les droits du Seigneur sur cette cène dominicale ou seigneuriale.
Un autre terme solennel est au v. 22. C'est mépriser. Il ne faut pas
agir de manière à laisser du mépris sur le caractère de l'assemblée qui,
comme telle, est une chose sainte puisqu'elle est l'assemblée de Dieu.
Et bien ne méprisons pas l'assemblée de Dieu (v. 22), ne nous réunissons pas
à notre détriment (v. 17), ou encore pour être jugés (v. 34).
Versets 23 à 25 : Paul a reçu du Seigneur. Cela
veut dire que le Seigneur a institué comme à nouveau la cène depuis la
gloire. Cela nous montre la valeur du mémorial de sa mort pour son cœur.
En Act. 2, 42, les frères du début se souvenaient ainsi du
mémorial de la mort de leur Sauveur. Ils ne possédaient bien sûr pas
l'épître aux Corinthiens et ne savaient pas que la cène exprimât aussi
l'unité du corps (ch. 10). Ils ne savaient pas non plus que la mort du Seigneur
était annoncée jusqu'à ce qu'il vienne. Paul rappelle aussi que ce
repas a été institué la nuit qu'il fut livré. Oui, ce moment-là est
choisi, pour nous enseigner ce que son cœur désire que nous fassions en
mémoire de lui. Paul a aussi entendu, de la bouche même du Seigneur, les
paroles dont il s'était servi le soir du souper à l'égard du pain et de la
coupe. Seul, quant au corps, le mot "donné" (Luc 22,
19), manque ici. Oui, en Luc, le corps allait être donné. Dans les
Corinthiens, le fait avait eu lieu. Quant à la coupe (v. 25), Paul rappelle que
c'est celle d'après le souper, c'est-à-dire celle de la cène qui est
différente de celle prise pendant le souper et qui célébrait la Pâque juive.
Ainsi, en Luc 22, la coupe du v. 20 est distincte de celle du v. 17. Et le sang
que cette coupe représente est aussi celui sur lequel est basé la nouvelle
alliance que l'Eternel traitera avec Israël restauré (cf Jér. 31,
31 à 34). Le sang de la nouvelle alliance est donc déjà versé mais cette
alliance n'est pas pour nous chrétiens qui sommes enfants de Dieu et l'épouse
de Christ. Ce sans est la base de toutes nos bénédictions (cf Eph. 1,
7; Col. 1, 14; Rom. 3, 24-25).
Verset 26 : la célébration de la cène est donc un
témoignage collectif rendu au Seigneur. Il se rattache à sa mort de la croix
(le passé) et à sa venue pour nous prendre avec lui. C'est d'un Christ mort
dont on se souvient lors de la célébration de la cène et non pas de sa
résurrection et de sa glorification bien que nous soyons heureux d'être en
relation avec lui ressuscité et glorifié. Et il va de soi qu'il ne faut pas
mêler la cène avec un autre repas comme les Corinthiens qui assimilaient la
cène à un repas ordinaire. Quant au témoignage collectif rendu, c'est le
plus puissant qui puisse être rendu et sa puissance consiste de manger et de
boire la coupe de la cène, et non pas dans les paroles qui peuvent accompagner
l'acte. Mais pour que ce témoignage soit réel, il faut que la cène soit
célébrée selon les enseignements de la Parole. C'est un témoignage permanent
en attendant son retour. L'ennemi s'oppose plus à ce témoignage qu'à la
prédication de l'évangile. Ce verset 26 est la clé des versets qui suivent.
La cène est donc un souvenir et le "en mémoire de moi" (v. 25) doit
apporter à l'âme une joie et une influence fructueuse supérieures à toute
autre institution du christianisme. Ne négligeons pas la mémoire du Seigneur.
Versets 27 à 30 : la manière indigne de célébrer
la cène, chez les Corinthiens, est une cause de faiblesse et de maladies, et
que beaucoup dorment. V. 27 : prendre la cène indignement, c'est incompatible
avec la sainteté de Dieu. V. 28 : l'état normal du chrétien est de se juger
continuellement. A ce sujet, nous aurions tendence à juger notre frère. Et
bien, nous n'avons pas à le faire quand des personnes sont en communion à la
table du Seigneur. Le Seigneur lui-même dit ".. ne jugez pas". C'est
à l'assemblée de juger. Se juger soi-même est différent. C'est juger ce qui
n'est pas en communion avec Dieu et tout ce qui empêche cette communion. L'on
ne peut pas mêler la mort de la sainte victime avec le péché, le péché
ayant été jugé. Sans ce jugement de soi-même, pas de communion avec Dieu. V.
29 : les Corinthiens faisaient donc de la cène un repas ordinaire en ne
distinguant pas le corps et le sang du Seigneur dans les éléments de la cène.
Nous avons par là l'enseignement qu'il ne faut pas s'approcher légèrement de
la table. V. 30 : la maladie, voire la mort, est l'effet d'un jugement. L'on
voit aussi le sérieux de la chose de prendre sur soi d'apporter la cène à un
malade (pour ce contexte, voir Messager 1926 p. 336).
Les versets 31 et 32 démontrent
encore la grâce d'être sous la discipline du Seigneur qui est distincte de la
condamnation du monde. Dans l'original, les mots traduits par distingué (v.
29) et jugé soi-même (v. 31) son un même mot. Quant aux versets
33 et 34, ils se relient au v. 20 et il est évident que la cène n'est
pas là pour satisfaire son appétit. Il en va de même pour les agapes.
Encore quelques pensées :
De la mort de Christ, dépendent toutes les bénédictions de
l'assemblée. Que ce soient le salut, la paix, la joie, la présence du Saint
Esprit, l'exercice des dons. Tout à son point de départ dans l'amour de Dieu
et dans le sacrifice de Jésus. C'est pour cela que dans nos réunions, la
première place appartient à la cène, la fête en souvenir de la mort de
Jésus. Dans ce passage de la cène, l'Esprit de Dieu ne veut pas tellement
mettre en relief le résultat de la mort mais plutôt ce qui lie le cœur à la
personne de Jésus et au souvenir de sa mort. Un autre principe important lié
à la cène, c'est de reconnaître l'unité du corps de Christ. C'est le sujet
du ch. 10, 17. Les Corinthiens étaient confus à cet égard,
eux qui n'avaient pas l'unité de l'Esprit car un esprit de division se
manifestait dans leurs réunions et menaçait de rompre ce lien de l'unité et
par là de diviser l'assemblée en sectes ou en partis, ce qui était néanmoins
nécessaire pour la guérison du mal afin d'ouvrir les yeux de ceux qui sont
approuvés. Si la proclamation de la mort du Seigneur ou
la représentation de l'unité du corps de Christ est obscurcie par quoi que ce
soit, c'est qu'il y a quelque chose de faux dans le principe qui rassemble.
A Corinthe, il y avait de graves désordres quant à la cène. Aujourd'hui, les
désordres sont différents mais ils amènent souvent les mêmes résultats. Rappelons
encore que le vrai caractère de la cène du Seigneur n'est réalisé que là
où l'unité de tout le corps formée par tous les croyants est reconnue.
Sinon, on devient une secte.
La Pâque porte le regard en avant vers la croix et la cène
le reporte en arrière. Pour nous, il ne s'agit pas d'une alliance car le
résultat d'une alliance entre Dieu et l'homme fait ressortir que ce dernier est
incapable de la garder. Elle aboutirait au jugement. Cette nouvelle alliance (v.
25), c'est pour Israël (cf. Héb. 9, 6 à 13). Et elle ne sera
plus sur le terrain de la responsabilité de l'homme mais sur le terrain de la
grâce illimitée de Dieu en vertu de l'œuvre de Christ. Le fait que la cène a
été instituée tout de suite après la Pâque enseigne que le sort de
l'assemblée ainsi que celui du peuple d'Israël sont liés à la croix de
Jésus. Nom. 9, 13, au sujet de la participation à la Pâque,
devrait réveiller bien des âmes pour la participation à la cène. La
réformation a ignoré le fait de l'unité du corps. La chrétienté actuelle ne
l'ignore pas mais n'en tient aucun compte. Ainsi, réaliser l'unité du corps
est devenu le précieux partage, et le témoignage, de ceux réunis autour du
Seigneur, fussent-ils deux ou trois. Ceux-là réalisent aussi que le caractère
le plus élevé de la cène est qu'elle est par excellence le lieu du culte (cf
Ps. 22, 22-23).
La fraction du pain représente la mise à mort de Christ.
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