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La
communion
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Moïse voit "Celui qui est
invisible" (Héb. 11,27); c’est ce qui lui donne de la décision.
Lorsque nous réalisons la présence de Dieu, le pharaon n’est rien. Quand
notre communion avec lui est interrompue, la faiblesse et l’indécision
nous caractérisent.

Il n’y a de vraie force qu’en
Christ. Je n’en ai aucune à aucun moment quelconque, sauf quand mon âme
est en communion secrète avec Lui. Or, toute la puissance directe de Satan
s’exerce essentiellement en vue de nous empêcher de vivre de Christ.

Nous devons veiller avant tout
à ce que notre communion avec Christ soit aussi profonde que toute notre
prédication et tous nos enseignements; sans cela, la doctrine elle même
sera sans force; de plus, nous ne serons pas avec Dieu dans ce chemin, et,
après tout, c’est la seule chose nécessaire.

Quand Dieu a besoin de
serviteurs, il peut les rendre aussi actifs que possible, comme Paul ou les
"fils de tonnerre" , mais la communion est pour lui la chose la
plus précieuse. II y avait une différence entre Pierre et Jean. Le cœur
de Christ se reposait avec satisfaction sur celui qui se penchait sur son
sein.

L’âme du croyant devrait
avoir avec Dieu des relations beaucoup plus intimes qu’avec n’importe
qui d’autre. La communion des saints est précieuse, mais il est
nécessaire que mon âme ait, avant tout, une intimité de communion avec
Dieu qui surpasse tout, car la communion des saints découle nécessairement
de la communion avec Dieu.

Se réjouir en Dieu est la
communion; Lui présenter un besoin, ne l’est pas. Dieu parlait avec
Abraham, "son ami" (Jacq. 2:23), en cela consiste la communion.

La communion avec Dieu est la
place secrète où le cœur se retire.

Si nous vivons en communion avec
Dieu, nous ne pensons pas à nous-mêmes. Moïse ne savait pas "que la
peau de son visage rayonnait" (Ex. 34:29), alors que tous, en Israël,
le savaient. Il avait regardé en haut hors de lui-même; puis, tourné vers
la terre, il portait sur lui le reflet du ciel.

Personne ne peut être plus
intimement proche de nous que Dieu, car il est en nous. Mais combien
merveilleuse est cette intimité!

La croix et la couronne vont
ensemble; mais, plus encore, la croix et la communion vont ensemble. La
croix atteint ma volonté naturelle; c’est pourquoi elle brise et enlève
ce qui entrave la communion.

Puisse notre œuvre être une
œuvre de foi qui tire sa force, et même son existence, de notre communion
avec Dieu notre Père.

En présentant la vérité de
Dieu, si nous ne pouvons pas parler "comme oracles de Dieu" (1
Pierre 4:11), en communion avec Lui, notre affaire est de garder le silence.

Je puis étudier la parole avec
persévérance, mais si je ne trouve pas, par ce moyen, la communion avec le
Seigneur, cela ne me profitera de rien — pour le moment du moins.

En quoi le Rédempteur
trouve-t-il sa joie, sinon dans la joie et la communion, dans le bonheur de
ses rachetés?

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Le
combat >>
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Plusieurs n’ont pas le courage
de persévérer dans le combat pour la vérité, parce qu’ils retiennent
certaines choses qui sont incompatibles avec la lumière qu’ils ont
reçue. Il arrive, peut-être même, hélas! qu’ils perdent la lumière,
selon laquelle ils n’ont pas marché, et Satan réussit alors à plonger
leur entendement dans les ténèbres, en leur persuadant par ses arguments
qu’ils font bien de ne pas chercher à conquérir une plus grande part de
leur héritage céleste, et qu’ils ont à se contenter de ce qu’ils
possèdent déjà.

Il faut avoir revêtu l’armure
de Dieu avant la bataille, et non au moment de combattre.

C’est une chose extrêmement
sérieuse d’engager le combat de Dieu contre Satan, et c’est une pensée
des plus solennelles que ma responsabilité soit de vaincre l’adversaire.

Plus est grande l’énergie de
l’Esprit, plus l’individu en qui elle se manifeste est exposé à la
furie de Satan.

Non seulement nous devrions ne
pas être vaincus par l’adversaire, mais nous devrions sans cesse gagner
du terrain sur lui.

Un nouveau terrain donne lieu à
de nouvelles tentations, mais si celles-ci sont nouvelles, la grâce
nécessaire pour en triompher est aussi fraîche, aussi variée, aussi
infinie que l’exigent les circonstances, quand nous sommes où Dieu veut
nous avoir.

Ce fut par la puissance de la
mort que le Seigneur détruisit toute la force de celui qui avait cette
puissance. La mort est l’arme la plus excellente de l’arsenal de Dieu,
lorsqu’elle est maniée par la puissance de la vie.

Nulle part la lutte avec l’ennemi
n’est plus sentie que dans la prière; c’est là que Satan désire
intervenir.

Si le chrétien sort de la
dépendance du Seigneur, il sera vaincu par Satan dans la lutte.

Moïse, Aaron et Hur montent au
sommet de la colline, tandis que, sous la conduite de Josué, Israël combat
dans la plaine contre Amalek (Ex. 17). Israël eut pu raisonner sur le
caractère du combat, sur la force de l’ennemi et sur mille autres choses,
mais, après tout, le succès dépendait des mains étendues de Moïse. Il
nous est très difficile de réaliser que pas plus nous que Satan ne sommes
rien et que Dieu est tout.

Je crois que beaucoup d’entre
nous pensent parfois qu’une bonne bataille livrée à Satan nous suffira,
mais il n’en est rien. Nous avons la sécurité en Christ et la certitude
de la victoire, mais aucune promesse que le combat prendra fin.

Christ a souffert, mais n’a
jamais cédé (Hébr. 2:18). Nous ne souffrons pas lorsque nous cédons à
la tentation: la chair prend plaisir aux choses par lesquelles elle est
tentée. Jésus a souffert étant tenté et "est à même de secourir
ceux qui sont tentés". Il importe de remarquer que la chair, quand
elle est sous l’influence de ses convoitises, ne souffre pas: hélas!... elle
jouit de la tentation. Mais lorsque, grâce à la lumière du Saint Esprit
et à la fidélité dans l’obéissance, nous sommes rendus capables de
résister aux attaques de l’ennemi, qu’elles soient faites de ruse ou de
violence, alors nous souffrons. C’est ce que fit le Seigneur et c’est ce
que nous avons à faire.

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Le
dévouement >>
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Une consécration absolue à
Jésus est le lien le plus puissant qui puisse unir des cœurs humains. Elle
les dépouille du moi, et ainsi ils ne sont plus qu’une âme dans leurs
pensées, leurs intentions et leur propos arrêté, parce qu’ils n’ont
qu’un seul objet.

Ayant la gloire devant nous, ayant Christ devant nous,
pouvons-nous dire en toute vérité: "Je fais une chose"? (Phil. 3:1).
De quel côté vos yeux sont-ils dirigés? Vers quel but marchez-vous? Dieu n’a
qu’un but: Christ.

Sur le chemin de Damas, Paul voit Christ; dès lors il
abandonne son importance, sa qualité de pharisien, ce qu’il avait appris et
tout le reste. Il estime toutes choses comme des ordures afin de gagner Christ.
On parle de sacrifices à faire: ce n’est pas un grand sacrifice d’abandonner
des ordures. Si nos yeux étaient assez fixés sur Christ pour que ces choses
prissent un tel caractère, nous n’aurions pas de peine à les abandonner. Les
choses revêtent leur caractère selon l’objet que le cœur poursuit.

J’espère que Dieu vous gardera de tout autre lien que des
liens de Christ et que vous y trouverez de plus en plus la sécurité et la joie
de votre âme.

Dans tout vrai dévouement pour Dieu, Christ est l’objet
qui occupe la première place, puis "les siens" qui sont "dans le
monde" (Jean 13:1), enfin nos semblables: d’abord leurs âmes, puis leurs
corps, ensuite leurs besoins divers.

L’amour de Christ nous étreint à la croix et nous pousse
à nous donner sans réserve à Celui qui nous a tant aimés et qui s’est
donné lui-même entièrement pour nous. En présence d’un tel amour nous
apprenons à n’avoir aucune haute pensée de nous-mêmes et à réaliser que
nous avons été achetés à prix et ne nous appartenons plus.

Le sentiment que nous ne sommes plus à nous-mêmes
approfondit dans nos âmes celui des droits du Seigneur sur nous, tout en nous
débarrassant de la pensée qu’il y ait un mérite quelconque dans notre
dévouement.

C’est en fixant nos yeux sur Jésus que nous pouvons
abandonner quoi que ce soit pour Lui.

Ni le monde ni le cœur naturel ne pourront supporter de
suivre Christ jusqu’au bout.

Nous avons à vivre dans les liens naturels comme n’y
étant pas et à agir dans ces liens de la part de Christ.

Vous pouvez être en bénédiction à votre mari, en le
fortifiant, le consolant et en l’encourageant dans les fatigues et les épreuves
qui accompagnent le service du Seigneur; mais ne cherchez pas à relâcher son
énergie. Quelquefois une femme aime à posséder son mari pour elle-même, et
lorsque celui-ci est un ouvrier du Seigneur, c’est un grand mal. J’ai connu
une femme qui a compromis de cette manière le service d’un frère à l’œuvre.
Un mari est tenu de prendre soin de sa femme, d’avoir de la considération
pour elle et de veiller à ne la négliger en aucune manière, mais la compagne
d’un frère qui travaille pour le Seigneur doit mettre au premier rang le
service et l’œuvre de son mari. Une femme sage qui cherche d’abord le
Seigneur pour elle-même, lui donne aussi la première place à l’égard de
son mari et n’en aime pas moins ce dernier; ainsi le lien qui les unit est
reconnu; le mari pieux honorera et appréciera sa compagne et le Seigneur agira
de même envers elle.
Oh! combien, dans le jour de Christ, nous réaliserons que
tout ce que nous avons gardé dans nos cœurs pour nous-mêmes, n’a été que
perte et misère.
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Craintes incrédules
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Il ne vous faut pas attacher
trop d’importance à votre joie ou à votre détresse. Ni par l’une ni par l’autre,
vous ne pouvez ajouter quoi que ce soit à l’œuvre parfaite de Christ. Si
quelqu’un a payé mes dettes, ni ma douleur en pensant à la folie avec
laquelle je les ai contractées, ni ma joie de les savoir acquittées, n’ajoutent
quoi que ce soit au paiement qui en a été fait, quoique l’un et l’autre de
ces sentiments soient naturels et justes.

Abraham trouva sur la montagne
un endroit où il pouvait intercéder auprès de Dieu, tandis que Lot disait:
"Je ne puis me sauver vers la montagne, de peur que le mal ne m’atteigne"
(Gen.19:19). L'incrédulité considère toujours la part de la foi comme étant
la plus terrible qu’il soit possible de choisir; tout est ténèbres pour elle
dans ce chemin.

Il n’a pas honte de nous
appeler frères; aurons-nous honte de le confesser comme notre Seigneur et notre
Maître à la face du monde? Ne raisonnez pas en vous-mêmes relativement au
moment où vous vous déclarerez pour Christ: faites-le tout de suite avec
décision; jetez-vous à l’eau sans crainte et confiez-vous en Dieu pour les
conséquences. Je sais par expérience qu’une confession ouverte et franche d’appartenir
à Christ délivre l’âme de la plus grande partie de ses luttes. Je puis dire
aussi, en connaissance de cause, que si, dans la force du Seigneur, un homme est
rendu capable de dire à ses compagnons et à ses amis: "J’appartiens à
Christ et je dois agir pour Lui" , il ne souffrira pas comme ceux qui,
craignant de confesser le nom de Celui qu’ils désirent servir, se traînent
sans force et sans joie parce qu’ils n’ont pas le courage de l’avouer.

Je ne connais pas une parole
plus propre à remplir l’âme de paix que celle-ci "ne vous inquiétez de
rien" (Phil. 4:6). Combien souvent j’ai expérimenté la force de ces
deux mots: de rien.

Combien peu nous gagnons par la
prudence de l’incrédulité: au contraire, elle donne occasion à la puissance
et aux attaques de l’ennemi.

Jamais l’incrédulité,
quelque bonnes que soient ses intentions en s’associant à l’œuvre de la
foi, ne peut faire autre chose que la gâter.

Combien l’enfant de Dieu
risque de se fourvoyer lorsqu’il se place sous la protection des incrédules,
au lieu de se reposer sur le secours de Dieu dans toutes les difficultés
inséparables du sentier de la foi.

Satan acquiert une large
entrée pour exercer ses ravages dans une âme, dès l’instant où celle-ci
admet l’ombre d’une méfiance à l’égard de Dieu.

Lorsque l’incrédulité agit,
elle ne produit que du trouble et des angoisses.

Lorsqu’il reste dans le cœur
un gémissement quelconque qui ne s’exhale pas vers Dieu, comme le Dieu de
grâce, s’il subsiste quelque méfiance à son égard, c’est l’action de
la chair et l’œuvre de l’ennemi en nous. Il nous arrive parfois d’être
abattus (quoique ce soit rarement sans quelque manque de foi); mais tout ira
bien si nous apportons tout à Dieu.

L’inquiétude qui voit venir
la calamité n’est pas la foi qui fait face aux difficultés par lesquelles
Dieu trouve bon de nous faire passer.

Lorsque l’âme est dans la
détresse ou abattue, ce n’est pas en soi un état de péché; mais le péché
s’introduit lorsque l’on se méfie de Dieu.

Je n’ai rien à craindre tant
que mon Sauveur vit et que son nom est Jésus.

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La
séparation du monde
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Un chrétien céleste tient pour une honte toute marque du
monde sur lui.

L’homme céleste qui peut dire: Je suis mort avec Christ,
est le seul à se libérer de tout ce qui appartient à l’Égypte. Le principe
de la mondanité est déraciné du cœur de celui qui, mort et ressuscité avec
Christ, vit d’une vie céleste.

L’association avec le monde nous empêche de vaincre le
monde.

Appelée à la gloire, la foi quitte nécessairement l’Égypte;
ce n’est pas là que Dieu a placé la gloire. Être à l’aise dans le monde
n’est pas être à l’aise dans le ciel.

Je crains beaucoup que les saints ne se fatiguent de la
séparation du monde.

C’est avec un Sauveur rejeté que nous avons à marcher. Le
système tout entier de ce monde est une pierre d’achoppement employée par l’ennemi
pour détourner les cœurs de Dieu; que ce soient les vêtements, les vaines
apparences, les flatteries…, tout ce qui nous place dans la position de l’homme
riche au chapitre 16 de Luc est un piège. Le ciel s’est ouvert pour recevoir
un Christ rejeté: souvenons-nous-en.

Samson était un nazaréen, séparé pour Dieu, sanctifié
pour l’Éternel; comme signe de mise à part, sa chevelure ne devait pas être
coupée. Tant que le commandement et le précepte divins furent observés, sa
force demeura entière. Il pouvait sembler qu’il n’y avait guère de rapport
entre une longue chevelure non coupée et une force invincible: mais Dieu était
en cela; or un Dieu auquel nous obéissons et que nous honorons est pour nous un
Dieu de puissance.

Le dessein de Dieu est de nous lier au ciel. Il faut que vous
ayez le ciel sans le monde, ou le monde sans le ciel. Celui qui a préparé la
cité ne peut désirer pour nous quelque chose entre les deux.

Je me rappelle avoir dit qu’il y a une très grande
différence entre abandonner le monde ou être abandonné par lui. C’est cette
dernière éventualité qui met à l’épreuve tous les éléments d’importance
personnelle cachés plus profondément dans nos cœurs que nous ne le pensons.

L’activité dont nous avons le plus pressant besoin est
celle qui a pour but de présenter Christ aux âmes, de manière à produire du
dévouement pour Lui, l’absence de mondanité, une vie dans laquelle on fait
une seule chose; que le foyer, les vêtements, toute notre manière d’être
montrent que Christ est tout pour nous.

Nous sortons du milieu des gens du monde, afin d’entrer
avec le Dieu tout-puissant dans la relation de fils et de filles (2 Cor.
6:17:18); si nous ne le faisons pas, il ne nous est pas possible de
jouir de cette relation. Dieu ne veut pas avoir des gens du monde en relation
avec Lui comme ses fils et ses filles: cette position à son égard leur est
inconnue.

Avec quelle sagesse Dieu n’a pas choisi "beaucoup de
sages selon la chair, beaucoup de puissants, beaucoup de nobles!" (1 Cor.
1:26). Ceux-ci trouvent trop difficile de soumettre tous leurs avantages à ceux
de Dieu. Si une assemblée est composée de frères riches, de deux choses l’une:
ou bien ils deviendront pratiquement pauvres et sans prétentions ou
pratiquement mondains.

Un cœur distrait est un fléau pour le chrétien. Quand le cœur
est rempli de Christ, il n’a point de place ni de désir pour les vanités du
monde. Si Christ habite dans votre cœur par la foi, vous ne vous poserez pas la
question si fréquente: "Quel mal y a-t-il en ceci ou en cela?" Vous
vous demanderez plutôt: "Est-ce que je fais ceci pour Christ? peut-Il m’approuver
en cela?" Si vous êtes en communion avec Lui, vous découvrirez facilement
ce qui n’est pas selon Lui. Ne laissez pas le monde intervenir et détourner
vos pensées.

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La joie
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Ce qui nous empêche de nous réjouir, ce ne sont pas les
difficultés du chemin, mais un cœur partagé. Quand un chrétien marche avec
le monde, sa conscience lui fait des reproches, et s’il rencontre des
chrétiens spirituels, il est malheureux en leur compagnie: de fait, il n’est
heureux nulle part.

Notre christianisme ne devrait pas
être une religion de
regrets, mais une joie continuelle du cœur.

"Réjouissez-vous toujours, priez sans cesse. En toutes
choses rendez grâces" (1 Thess. 5:16-17). Il y a un lien plus intime entre
ces trois états d’âme que nous ne sommes généralement disposés à l’admettre.
La joie grandit toujours en proportion de la prière et des actions de grâces.

Là où est la volonté du Seigneur, il y a du bonheur.
Christ est ma joie, mais c’est dans le chemin de sa volonté que je trouve la
jouissance de son amour. C’est là que je découvre en Lui une source de joie
profonde et ineffable. Lui-même est mon trésor.

Dernièrement j’ai été ineffablement heureux, mais d’un
bonheur qui me réduisait au néant à la pensée que j’étais l’objet de l’amour
de Dieu. J’aurais voulu — chose excellente — réaliser de saintes
affections pour Lui, mais la pensée de son amour pour moi m’inonda de joie et
de paix; et la paix, comme un fleuve, est une chose très profonde.

J’attache plus d’importance à la paix qu’à la joie. J’aimerais
vous voir dans la jouissance habituelle d’une joie plus profonde que
démonstrative; si Jésus est au fond de votre cœur, votre joie sera profonde.

L’affliction est une bonne chose, car elle a pour effet de
nous amener à trouver en Dieu une source de joie plus abondante.

Le véritable effet d’une joie réelle dans les choses de
Dieu est de nous dépouiller du moi et de nous amener à penser fort peu à
nous-mêmes.

L’apôtre exhorte les chrétiens à se réjouir (Phil.
4:4); ils rendent ainsi témoignage à la valeur de Christ.

"Plût à Dieu que non seulement toi, mais aussi tous
ceux qui m’entendent aujourd’hui, vous devinssiez de toutes manières tels
que je suis, hormis ces liens" (Actes 26:29). Quel bonheur et quel amour
(car en Dieu ces deux choses vont de pair) sont exprimés dans ces paroles!
Paul, ce pauvre prisonnier âgé, méconnu, oublié, arrivé à la fin de sa
carrière, est un homme riche en Dieu. Années bénies que celles qu’il avait
passées en prison! Il pouvait se donner comme le modèle d’un homme heureux,
car la joie remplissait son cœur.

Si Paul pleurait en pensant à plusieurs qui, tout en se
nommant chrétiens, marchaient comme des ennemis de la croix, il se réjouissait
toujours dans le Seigneur" (Phil. 3:18 et 4:4). En Lui se trouve un bonheur
que rien ne peut altérer. Ce n’est pas l’indifférence à la douleur qui
pourrait nous empêcher de pleurer; mais il y a dans le Seigneur une source de
joie qui va s’élargissant dans la détresse, à cause de son caractère
immuable et qui, à mesure qu’elle devient la seule source de bonheur, se
dégage de tout mélange dans le cœur qui la réalise. Elle est de fait, en
elle-même, la seule source infiniment pure. Lorsque nous puisons uniquement à
cette source, nous pouvons aimer les autres. Si notre amour pour eux n’a
pas sa source en Dieu, nous perdons quelque chose de Lui. Quand nous sommes
sevrés de toutes les autres joies, celle qui vient de Lui demeure dans toute sa
fraîcheur, et notre sollicitude pour les âmes participe à la pureté de sa
source.

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La dépendance >>
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Lorsque nous sommes réellement faibles, Dieu ne nous
abandonne jamais; mais si nous n’avons pas le sentiment de nos infirmités,
nous devons apprendre à les connaître par l’expérience.

La grande affaire pour nous est d’arriver à une
dépendance absolue de la fidélité infaillible de Dieu et de son amour
infatigable qui nous amèneront au terme du voyage.

La conscience de sa faiblesse empêchera un saint d’oser
faire un pas sans Dieu.

Le lieu de la force est toujours celui où nous sommes
obligés de nous appuyer sur Dieu.

L’essence même de la condition d’une âme en bon état
est la dépendance consciente de Dieu.

Trouvons nos délices dans la dépendance, dans la pensée qu’une
personne divine au dessus de nous s’enquiert de nos besoins et prend soin de
nous.

Il est une marche aisée, un chemin facile de mondanité, et
rien n’est plus triste que de voir un chrétien vivre tranquillement et
confortablement, allant de l’avant, jour après jour, sans aucune dépendance
du Seigneur.

Nous avons devant nous cette alternative: demeurer dans la
dépendance ou tomber.

Dans chaque détail de notre vie, il n’y a de bénédiction
que dans la dépendance de Dieu. Si, en vous parlant maintenant, je cessais de
la réaliser, par cet acte même je perdrais complètement la bénédiction qui
en résulte pour mon âme. "Séparés de moi, vous ne pouvez rien
faire." Je ne puis parler et vous ne pouvez écouter avec profit sans la
dépendance du Seigneur.

Ce que nous avons à faire est de nous appuyer sur le bras du
Seigneur, quoi qu’il arrive, et de ne pas nous agiter pour trouver du secours
ailleurs.

Nous pouvons dire des choses vraies dans nos prières ou dans
notre témoignage, mais si nous ne réalisons pas notre dépendance du Seigneur,
nous n’aurons pas sa force dans la bataille.

Si la victoire ne nous conduit pas à adorer, nous nous
séparons de Dieu aussitôt qu’elle a été remportée. Combien il est triste
de voir qu’une victoire ne conduit souvent qu’à de la joie, au lieu de nous
amener à réaliser une dépendance encore plus grande de Dieu, et à trouver
toujours davantage nos délices en Lui.

Nous ne pouvons faire une visite utile sans que Sa main soit
avec nous.

Rappelons-nous que, si nous sommes dans une entière
dépendance du Seigneur, la tentation ne nous atteindra pas du tout. L’épreuve
peut survenir; mais, comme Jésus, nous pouvons dire de celle-ci: "La coupe
que le Père m’a donnée, ne la boirai-je pas?" (Jean 18:11).

Si nous sommes près de Dieu, toute épreuve devient une
occasion précieuse de manifester une obéissance plus grande, sinon c’est une
tentation de sortir du chemin de la dépendance.

Nous ne pouvons nous passer de Lui un seul instant, et
combien il est précieux de nous confier en Lui! Je sens que tout notre travail
devrait être l’expression formelle et positive de la pensée de Dieu, et c’est
une chose très solennelle de penser que nous dépendons ainsi directement de
Lui et travaillons comme de Sa part.

Personne ne peut nous ravir des mains de Christ, mais
pourquoi nous le dirait-il, s’il n’y avait pas un danger réel, dont Il doit
nous garder? Le loup ravit et disperse les brebis (Jean 10:12). Ce mot
"ravit" est le même qu’au verset 28: "le loup ne peut ravir
les brebis des mains du Berger" ; toutefois notre responsabilité entre en
jeu ici. Nous devons dépendre de Lui et nous abandonner à ses soins
infaillibles; ils sont aussi précieux que la dépendance est nécessaire.

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