La Grâce
>>
sommaire <<
Oh! quand le cœur de l’homme
s’élèvera-t-il, même par la pensée, à la hauteur de la grâce et de
la patience de Dieu?

C’est l’amour en Dieu, non
pas quelque attrait dans l’homme pécheur, qui explique la libéralité
débordante de son accueil en Christ.

La manière dont l’homme
naturel comprend la miséricorde serait, non pas que Dieu efface le péché
par l’effusion du sang de Jésus, mais qu’il traite le péché avec une
certaine indifférence: ce n’est pas la grâce, cela!

Rien ne se donne dans le
"pays éloigné", pas même des gousses de pourceaux. Satan vend
tout et cela très cher: nos âmes sont le prix. Il faut tout acheter; le
principe du monde est celui-ci: rien de gratuit. Pour trouver quelqu’un
qui donne, il faut venir à Dieu.

La grâce n’a ni bornes, ni
limites. Quelque coupables que nous soyons (et nous ne pouvons être pires),
en dépit de tout, Dieu est amour à notre égard.

Sa grâce est toujours plus
incompréhensible pour moi. Par le fait que Christ est devenu Homme, elle se
lie d’une manière si étonnante à toutes les fibres et aussi à tous les
besoins de nos cœurs, qu’elle nous amène dans une position que nul ne
peut connaître s’il ne s’y trouve lui-même. Toutefois, dans cette
position, nous ne sommes rien, bien qu’unis à Celui qui est tout. Or, n’être
rien, est un état précieux entre tous.

La loi peut torturer notre
conscience, mais la grâce nous humilie.

Lorsque nous étions encore
pécheurs, Christ est mort pour nous (Rom. 5:8). Nous trouvons deux
vérités dans ce passage; d’abord que le pécheur est sans force et sans
ressource; ensuite que Dieu est pour lui. Comme le fils prodigue, il a
dépensé tout son bien; aussi, lorsqu’il revient à lui et se prépare à
retourner auprès de son père, il n’a rien à lui apporter. Tout son
avoir, comme celui d’un matelot naufragé, est jeté par-dessus bord; tout
s’en va au gré des flots; lui-même, luttant contre les vagues sombres,
est jeté sur la plage, exténué, dépouillé, ayant tout perdu. Mais béni
soit Dieu! Dans notre détresse, c’est sur cette plage que nous le
trouvons; il est là et il y est pour nous! Nous savons, en outre, qu’Il
ne nous rejettera pas et que nous pourrons compter sur toutes les
bénédictions que Dieu peut donner. "Celui même qui n’a pas
épargné son propre fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne
nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec lui?"
(Rom. 8:32).

Ce qui me donne le sentiment de
l’énormité du péché, c’est l’immensité de la grâce qui l’a
ôté.

"Afin qu’il montrât,
dans les siècles à venir, les immenses richesses de sa grâce, dans sa
bonté envers nous dans le Christ Jésus" (Éph. 2:7).

Telle est la manière dont les
anges, qui sont "les principautés et les autorités dans les lieux
célestes" (Éph. 3:10), apprendront à connaître les immenses
richesses de sa grâce. Ils verront le pauvre brigand, la femme de la ville
qui était une pécheresse (Luc 7:37) et nous-mêmes aussi, dans le même
lieu et dans la même gloire que le Fils de Dieu!

La parole du maître:
"Bien, bon et fidèle esclave" (Matt. 25:21), résonne comme une
douce musique aux oreilles du fidèle, mais elle est surtout appréciée de
celui qui sait que la grâce seule peut nous donner l’un ou l’autre de
ces caractères.
