L'homme de douleur    >> sommaire <<

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À la croix, Jésus, et lui seul le pouvait, sentait Dieu contre le péché, mais rien, non, absolument rien, ne se trouvait entre lui et Dieu. Rien ne mettait son âme à l’abri du jugement de Dieu devant qui il était fait péché. Il subissait la colère immédiate de Dieu,  pensée terrible, sa colère contre le péché. En Gethsémané, il trouvait la face de son Père, en maintenant son regard tourné vers lui à travers les ténèbres que Satan pouvait accumuler. Mais sur la croix, tout était à découvert devant Dieu lui-même.

Jésus a dû aimer en présence d’une haine qui jamais ne désarmait; il a dû nous aimer couverts de souillures, indifférents, ayant en haine la lumière, nous qui, mille fois, l’avons renié.

Tout ce que Dieu était dans sa nature, il l’était nécessairement contre le péché; car, quoiqu’il fût amour, l’amour ne trouve pas de place dans la colère contre le péché; et la perte du sentiment de cet amour, la conscience, dans l’âme, d’être privé de Dieu, est la plus terrible de toutes les souffrances, une horreur indicible pour celui qui connaît cet amour; or Christ le connaissait dans toute sa perfection. Et la majesté de Dieu, sa sainteté, sa justice, sa vérité, tous ces caractères de Dieu, dans leur nature même, étaient dirigés contre Christ fait péché pour nous. Christ a été fait péché; nulle consolation d’amour n’a atténué la colère. Jamais le Christ obéissant n’a été aussi précieux qu’alors; mais son âme devait être mise en oblation pour le péché, afin de porter judiciairement le péché devant Dieu. Voilà ce qui, à la fin des trois heures de ténèbres, a été exprimé par le Seigneur dans ses paroles du Psaume 22: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?" La perfection divine de Christ, en amour, a passé par cette souffrance, sans un seul rayon de consolation de la part de Dieu, ni des hommes. Toutes ses autres afflictions le poussèrent, avec une force croissante, vers cette souffrance suprême, et se confondirent avec elle dans ces ténèbres qui cachaient tout, sauf la colère qu’il endurait de la part de Dieu.

Selon la mesure de sa parfaite connaissance de la sainteté, Il a ressenti ce que c’était que d’être fait péché devant Dieu. Selon la mesure de sa parfaite connaissance de l’amour de Dieu, Il a ressenti ce que c’était que d’être abandonné de Dieu.

Il est merveilleux de le voir, Lui la résurrection et la vie ici-bas, Lui le Maître de la mort, descendant Lui-même dans la mort pour nous.

Il nous a acquis à un trop grand prix pour nous abandonner.

L'amour   >> sommaire <<

L’amour chérit les frères, comme Christ l’a fait, en ayant sa source en lui-même et non dans ses objets; il sent toutes leurs douleurs et leurs infirmités, mais en restant au-dessus d’elles toutes, pour les porter, les supporter, et trouver en elles l’occasion d’un saint exercice.

Exiger l’amour, ne fait pas aimer; exiger la sainteté, ne rend pas saint.

Nous devons avoir le coeur assez large pour embrasser tous les enfants de Dieu; si nous ne le faisons pas, nous perdons en esprit la bénédiction même qui se trouve dans le chemin étroit. L’apôtre dit: "L’amour... que tu as... pour tous les saints" (Philémon 5). Nous ne pouvons proprement réaliser l’amour de Christ dans la communion avec lui, sans y comprendre tous ceux qu’il aime comme siens.

La "communion les uns avec les autres" est l’un des éléments les plus importants de l’état chrétien, et sa portée est beaucoup plus étendue que nous ne le pensons d’habitude.

Si tant de chrétiens en entravent la manifestation, elle ne devrait avoir que plus de puissance, par grâce, dans nos cœurs, et nous devrions penser à toutes ces âmes avec les sentiments de Christ lui-même pour elles. "Quiconque aime Celui qui a engendré, aime aussi celui qui est engendré de lui" (1 Jean 5:1).

La toute-suffisance de Christ    >> sommaire <<

La connaissance de Christ fait mûrir l’âme.

Nous apprenons à connaître la gloire du Seigneur Jésus par le fait qu’elle répond à nos besoins, comme le pauvre apprécie les richesses du riche par le bien qu’il en reçoit. Oui, c’est par nos besoins, et non en cherchant orgueilleusement à nous élever jusqu’à lui, que nous apprenons ce qu’il est.

Christ est-il venu ici-bas pour exiger quelque chose de moi ? Tel le figuier stérile, je suis dépourvu de fruits; je suis desséché. Mais le Seigneur, béni soit-il! est venu dans ce monde parce que je suis tout cela. Le mal qui est en moi, loin de repousser Dieu, l’a amené vers moi dans la personne de Christ. Tout le mal en moi, être misérable, a amené Christ dans le monde.

Je suis infirme; cependant mes infirmités deviennent non pas une occasion de jugement, mais, pour Dieu, l’occasion de déployer sa tendresse et ses compassions envers moi, par le moyen de notre sacrificateur. Ici-bas, Jésus lave nos pieds, mais devant Dieu, il nous représente dans sa perfection. Il déploie les richesses et les miséricordes de Dieu envers nous ici-bas, et il nous présente à Dieu dans sa propre perfection. Le sang de Christ efface complètement les péchés, nous donne une rédemption éternelle, Dieu se souvient du sang de Christ et non du péché, tellement ce sang est précieux à ses yeux. Ce que Dieu efface, il l’efface pour toujours.

Dieu a donné en Jésus ce que sa gloire et sa justice exigeaient, et nous avons la certitude que tout cela est accompli selon la perfection de cette justice et de cette gloire. Si tout n’était pas accompli, Dieu y aurait mal pourvu, ce qui est un blasphème.

Après avoir fait par lui-même la purification de mes péchés, Christ s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauts lieux. Il ne s’est pas assis avant d’avoir terminé son oeuvre, et, maintenant que nous croyons en lui, la seule question est celle-ci: quelle est la valeur de son oeuvre? Mon appréciation de cette oeuvre ne me donne pas la paix, mais le prix que Dieu y attache. Dieu est-il satisfait? Oui, puisque Christ est assis à la droite de Dieu. Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, l’a glorifié; il est là maintenant. Celui qui a porté mes péchés est à la droite de Dieu. Croyez-vous qu’il y soit avec mes péchés? C’est impossible. Voilà résolue la question de mon acceptation.

"Conduis-moi dans la voie éternelle" (Ps. 139: 24). Cette voie n’est-elle pas Christ Lui-même, le seul chemin, la voie éternelle? Dieu se plaît à sonder nos voies, afin de nous y conduire et de nous montrer que Christ doit être pratiquement pour nous ce qu’Il nous déclare être dans sa Parole: "Le premier et le dernier, notre Alpha et notre Oméga (Apoc. 22:13). Tout ce qui nous conduit dans la "voie éternelle" est bien. Tout ce qui, en nous brisant, nous délivre de nos propres voies et nous amène dans les siennes, nous est salutaire. Tout ce qui a pour effet de nous faire apprécier Christ, tout aussi bien à la fin qu’au commencement du voyage, un Christ connu comme la portion dont nos âmes se nourrissent, comme nous l’avons connu pour le pardon de nos péchés, tout ce qui produit de tels fruits nous est bon.

 

Le secours venant du sanctuaire   >> sommaire <<

Aaron portait sur son cœur, au pectoral du jugement, les noms de son peuple. Il n’est pas un rayon de la gloire et de l’amour de Dieu brillant sur Christ, qui ne luise aussi sur nous qui sommes portés sur son coeur. Le coeur de Christ nous présente à Dieu, non seulement pour nous obtenir des grâces particulières, mais pour nous présenter nous-mêmes, selon l’amour qu’il y a entre lui et Dieu.

Les Urim et les Thummim sont les lumières et les perfections. Aaron portait sur son coeur devant Dieu, selon les perfections de la présence de Dieu, le jugement des enfants d’Israël. Nos péchés ne peuvent pas s’interposer entre Dieu et Christ. Il nous maintient continuellement en jugement devant Dieu, selon les lumières et les perfections de cette présence. Dieu ne cache jamais sa face. Il peut nous châtier; par notre faute, nous pouvons perdre sa communion; mais si Dieu nous cachait sa face, il la cacherait à Christ.

 

Voyant tout défaillir ici-bas, la question se présente à nous, inéluctable: Christ nous suffit-il?

Toutes les circonstances sont des chemins pour l’amour de Christ; il pénètre partout où nous avons à passer.

Jésus aime les siens qui sont dans le monde, tels qu’ils sont dans leurs souillures. Il n’en est pas rebuté. Elles attirent sa grâce, car l’objet de sa grâce, c’est l’iniquité et le mal. Quelle consolation de savoir que Jésus est tout ce qu’il faut pour tout ce que nous sommes!

Il y a dans le ciel un cœur qui sait sympathiser avec nous, qui est tourné vers nous et qui cependant sait tout ce qui nous concerne. Il pense à nous dans son amour; il est toujours prêt à nous venir en aide. Aucune circonstance n’a jamais pu empêcher la puissance de grâce et de vérité qui était en lui de secourir ceux qui en avaient besoin.

 

  Le repos  >> sommaire <<

Quand on en a fini avec soi-même comme n’ayant aucun bien en soi, on ne l’y cherche plus. Seulement il faut en venir là; alors on sait que, par la croix de Christ, on en a fini avec le péché dans la chair, car il y a été condamné et jugé tout entier. Alors on pense à l’amour et à Dieu, au lieu de penser à soi; on se nourrit du pain descendu du ciel, on s’attache à Christ, on sent qu’il est précieux et le tout de nos âmes.

Dieu voit le sang: voilà ce qui donne le repos. Il veut rencontrer le sang, comme réponse à sa justice; elle y trouve une entière satisfaction. C’est une question entre Dieu et Christ de savoir si le sang du Sauveur satisfait à toutes les exigences de Dieu. La preuve que le sang y a satisfait, c’est que Christ est à la droite de Dieu.

Quand nos cœurs réalisent ce que Dieu est et ce qu’il est pour nous, nous avons du repos. C’est un repos céleste; mais quand nous cherchons du repos dans le désert, nous oublions Canaan.

Si un croyant a encore confiance en lui-même, il sera difficile de le convaincre de son impuissance et de la nécessité de se confier uniquement en Dieu. Il trouvera la délivrance quand il aura appris à dire: "Je dois rester tranquille, car je ne puis rien faire".

Paul ne dit pas: "Je crois", mais "Je sais qui j’ai cru"; c’est là le fondement de son repos.

Après toute la fatigue éprouvée par nos cœurs dans ce monde, que le Seigneur Jésus a traversé sans y trouver un lieu où son cœur réellement brisé put se reposer, il nous révèle que ce que l’homme ne trouve nulle part ailleurs, se trouve en Dieu. Il est délicieux de savoir qu’après tout, un pauvre cœur fatigué, lassé de lui-même, de ses propres voies, du monde et de tout ce qu’il renferme, peut trouver le repos dans la béatitude du sein du Père.

On peut quelquefois se reposer avec Dieu aussi bien qu’agir avec Lui; car on ne peut agir indépendamment de Lui, même en voulant faire le bien, sans amener du trouble.

Jésus Christ donne le repos suprême, car il est Celui qui savait, mieux que nul autre, ce qu’est la paix dans la tribulation.

Je cherche à nourrir les âmes de Christ: c’est ce dont elles ont besoin, soit pour leur tranquillité, soit pour être formées à son image. Ceux qui ne sont pas avec Lui ne connaissent pas le repos.

La soumission  >> sommaire <<

L’enfant de Dieu n’est pas seulement joyeux de son pardon; mais il est joyeux de faire la volonté du Père. C’était la joie de Christ.

Nous faisons la volonté de Christ, non pour être sauvés, mais parce que nous le sommes. Les Lévites servaient dans le tabernacle, non pour devenir Lévites, mais parce qu’ils l’étaient, en vertu du privilège que Dieu leur avait conféré.

Dieu nous donne assez de lumière pour discerner sa volonté, puis il attend que nous obéissions. Quand nous avons obéi, il nous en fait voir les conséquences, mais il faut obéir à Dieu, et Dieu se réserve de nous faire passer la mer Rouge, comme s’il n’y avait point de mer.

Ne craignons pas d’obéir à la volonté de Dieu. Il ne faut jamais reculer devant les conséquences de cette volonté.

L’obéissance nous rapproche de Dieu et nous place ainsi dans la lumière. L’obéissance nous rend intelligents.

Par l’obéissance, un Homme a vaincu Satan. Quel exemple pour nous!

Quand la volonté de Dieu nous est révélée, nous pouvons aller de l’avant avec une parfaite certitude (Jean 11:6-8). Dieu est là, si seulement nous obéissons. Nous laisser diriger par notre propre volonté nous est le plus préjudiciable. Israël, dans le désert, ne savait où il allait, mais il marchait sans hésitation, en suivant la direction indiquée par la nuée. Les circonstances n’ont pas de pouvoir sur le fidèle qui fait la volonté de Dieu dans toutes les circonstances et n’a pas d’autre règle. Comment Israël aurait-il trouvé sa route, de nuit ou de jour, dans un désert où il n’y avait pas de chemin? Les circonstances n’étaient rien; il lui fallait prendre garde à la nuée. Obéir à Dieu est plus important que tout le reste. En prenant garde à lui, on est capable d’aller, chaque fois que la nuée se lève. Il faut le faire dans les détails de la vie de chaque jour. Si nous ne sommes pas attentifs à la nuée quand tout est facile, nous ne la discernerons pas dans les difficultés.

Une âme ignorante, mais fidèle, est plus avancée que celle qui, connaissant plus de vérité, est infidèle. On peut trouver de la joie à entendre la Parole; mais cette joie n’est rien, si la Parole ne se réalise pas en nous et si nous n’avons pas une communion habituelle avec le Seigneur. On peut être joyeux de savoir Christ notre berger, mais à quoi cela sert-il si on ne le suit pas?

 

La satisfaction   >> sommaire <<

Dieu éprouve notre cœur pour nous montrer que nous n’avons rien ici-bas. Nous n’avons qu’à y attendre le désert; et c’est la seule chose dont nous soyons assurés. Si nous y attendons autre chose, il nous arrivera de vouloir nous y établir, ou d’y trouver la fatigue et la lassitude. Dans le désert, nous devons compter sur Dieu seul. Sa patience, son support, sa tendresse ne peuvent s’apprendre dans le ciel. C’est uniquement dans le désert que nous pouvons connaître ces divers aspects de sa grâce. Dieu laboure nos coeurs pour y semer le blé de son amour.

Gloire, honneurs, richesses, sont autant de biens qui, en nous attachant à la terre, affaiblissent nos vrais liens avec le ciel.

Le chrétien ne peut se réjouir ici-bas avec le monde qui a tué son Sauveur.

Les trois Hébreux de Daniel 3 avaient reçu de l’avancement, ce qui les mettait de trop près en contact avec le monde. Dieu ne les délivre pas de l’épreuve et n’empêche pas qu’on les jette dans la fournaise. Plus un chrétien se trouve lié avec le monde, plus il est en danger; plus aussi il a à perdre et à souffrir. En effet, si Dieu intervient, c’est pour rompre tous nos liens. Si nous possédons quelque chose du monde, Satan nous l’a vendu, et cela doit être brûlé.

Il ne s’agit pas pour nous d’unir le christianisme à un certain train de vie dans ce monde, comme si nous lui appartenions, mais de vivre ici-bas la même vie que Christ. Notre chemin en Christ traverse les diverses circonstances de la vie et met notre cœur à l’épreuve; nous sommes appelés à nous y conduire et y juger toutes choses selon les pensées de Christ.

Il y a dans ce monde mille choses dont le cœur humain ne pourra se passer, à moins qu’il ne soit fortement attaché à Jésus.

 

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