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Sujet 18 —
L'homme de douleur
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À la croix, Jésus, et lui seul le pouvait,
sentait Dieu
contre le péché, mais rien, non, absolument rien, ne se trouvait entre lui et
Dieu. Rien ne mettait son âme à l’abri du jugement de Dieu devant qui il
était fait péché. Il subissait la colère immédiate de Dieu, pensée
terrible, sa colère contre le péché. En Gethsémané, il trouvait la
face de son Père, en maintenant son regard tourné vers lui à travers les
ténèbres que Satan pouvait accumuler. Mais sur la croix, tout était à
découvert devant Dieu lui-même.

Jésus a dû aimer en présence d’une haine qui jamais ne
désarmait; il a dû nous aimer couverts de souillures, indifférents,
ayant en haine la lumière, nous qui, mille fois, l’avons renié.

Tout ce que Dieu était dans sa nature, il l’était
nécessairement contre le péché; car, quoiqu’il fût amour, l’amour
ne trouve pas de place dans la colère contre le péché; et la perte du
sentiment de cet amour, la conscience, dans l’âme, d’être privé de
Dieu, est la plus terrible de toutes les souffrances, une horreur indicible
pour celui qui connaît cet amour; or Christ le connaissait dans toute sa
perfection. Et la majesté de Dieu, sa sainteté, sa justice, sa vérité,
tous ces caractères de Dieu, dans leur nature même, étaient dirigés
contre Christ fait péché pour nous. Christ a été fait péché; nulle
consolation d’amour n’a atténué la colère. Jamais le Christ
obéissant n’a été aussi précieux qu’alors; mais son âme devait
être mise en oblation pour le péché, afin de porter judiciairement le
péché devant Dieu. Voilà ce qui, à la fin des trois heures de
ténèbres, a été exprimé par le Seigneur dans ses paroles du Psaume 22:
"Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?" La perfection
divine de Christ, en amour, a passé par cette souffrance, sans un seul
rayon de consolation de la part de Dieu, ni des hommes. Toutes ses autres
afflictions le poussèrent, avec une force croissante, vers cette souffrance
suprême, et se confondirent avec elle dans ces ténèbres qui cachaient
tout, sauf la colère qu’il endurait de la part de Dieu.

Selon la mesure de sa parfaite connaissance de la sainteté,
Il a ressenti ce que c’était que d’être fait péché devant Dieu. Selon la
mesure de sa parfaite connaissance de l’amour de Dieu, Il a ressenti ce que c’était
que d’être abandonné de Dieu.

Il est merveilleux de le voir, Lui la résurrection et la vie
ici-bas, Lui le Maître de la mort, descendant Lui-même dans la mort pour nous.

Il nous a acquis à un trop grand prix pour nous abandonner.

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Sujet 19 —
L'amour
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L’amour chérit les frères, comme Christ l’a fait, en
ayant sa source en lui-même et non dans ses objets; il sent toutes leurs
douleurs et leurs infirmités, mais en restant au-dessus d’elles toutes,
pour les porter, les supporter, et trouver en elles l’occasion d’un
saint exercice.

Exiger l’amour, ne fait pas aimer; exiger la sainteté,
ne rend pas saint.

Nous devons avoir le coeur assez large pour embrasser tous
les enfants de Dieu; si nous ne le faisons pas, nous perdons en esprit la
bénédiction même qui se trouve dans le chemin étroit. L’apôtre dit:
"L’amour... que tu as... pour tous les saints" (Philémon 5).
Nous ne pouvons proprement réaliser l’amour de Christ dans la communion
avec lui, sans y comprendre tous ceux qu’il aime comme siens.

La "communion les uns avec les autres" est l’un
des éléments les plus importants de l’état chrétien, et sa portée est
beaucoup plus étendue que nous ne le pensons d’habitude.

Si tant de chrétiens en entravent la manifestation, elle ne
devrait avoir que plus de puissance, par grâce, dans nos cœurs, et nous
devrions penser à toutes ces âmes avec les sentiments de Christ lui-même
pour elles. "Quiconque aime Celui qui a engendré, aime aussi celui qui
est engendré de lui" (1 Jean 5:1).

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Sujet 20 —
La toute-suffisance de Christ
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La connaissance de Christ fait mûrir l’âme.

Nous apprenons à connaître la gloire du Seigneur Jésus
par le fait qu’elle répond à nos besoins, comme le pauvre apprécie les
richesses du riche par le bien qu’il en reçoit. Oui, c’est par nos
besoins, et non en cherchant orgueilleusement à nous élever jusqu’à
lui, que nous apprenons ce qu’il est.

Christ est-il venu ici-bas pour exiger quelque chose de moi
? Tel le figuier stérile, je suis dépourvu de fruits; je suis desséché.
Mais le Seigneur, béni soit-il! est venu dans ce monde parce que je suis
tout cela. Le mal qui est en moi, loin de repousser Dieu, l’a amené vers
moi dans la personne de Christ. Tout le mal en moi, être misérable, a
amené Christ dans le monde.

Je suis infirme; cependant mes infirmités deviennent non
pas une occasion de jugement, mais, pour Dieu, l’occasion de déployer sa
tendresse et ses compassions envers moi, par le moyen de notre
sacrificateur. Ici-bas, Jésus lave nos pieds, mais devant Dieu, il
nous représente dans sa perfection. Il déploie les richesses et les
miséricordes de Dieu envers nous ici-bas, et il nous présente à Dieu dans
sa propre perfection. Le sang de Christ efface complètement les péchés,
nous donne une rédemption éternelle, Dieu se souvient du sang de Christ et
non du péché, tellement ce sang est précieux à ses yeux. Ce que Dieu
efface, il l’efface pour toujours.

Dieu a donné en Jésus ce que sa gloire et sa justice
exigeaient, et nous avons la certitude que tout cela est accompli selon la
perfection de cette justice et de cette gloire. Si tout n’était pas
accompli, Dieu y aurait mal pourvu, ce qui est un blasphème.

Après avoir fait par lui-même
la purification de mes péchés, Christ s’est assis à la droite de la
Majesté dans les hauts lieux. Il ne s’est pas assis avant d’avoir
terminé son oeuvre, et, maintenant que nous croyons en lui, la seule
question est celle-ci: quelle est la valeur de son oeuvre? Mon
appréciation de cette oeuvre ne me donne pas la paix, mais le prix que Dieu
y attache. Dieu est-il satisfait? Oui, puisque Christ est assis à la droite
de Dieu. Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, l’a glorifié; il
est là maintenant. Celui qui a porté mes péchés est à la droite de
Dieu. Croyez-vous qu’il y soit avec mes péchés? C’est impossible.
Voilà résolue la question de mon acceptation.

"Conduis-moi dans la voie éternelle"
(Ps. 139:
24). Cette voie n’est-elle pas Christ Lui-même, le seul chemin, la voie
éternelle? Dieu se plaît à sonder nos voies, afin de nous y conduire et de
nous montrer que Christ doit être pratiquement pour nous ce qu’Il nous
déclare être dans sa Parole: "Le premier et le dernier, notre Alpha et
notre Oméga (Apoc. 22:13). Tout ce qui nous conduit dans la "voie
éternelle" est bien. Tout ce qui, en nous brisant, nous délivre de nos
propres voies et nous amène dans les siennes, nous est salutaire. Tout ce qui a
pour effet de nous faire apprécier Christ, tout aussi bien à la fin qu’au
commencement du voyage, un Christ connu comme la portion dont nos âmes se
nourrissent, comme nous l’avons connu pour le pardon de nos péchés, tout ce
qui produit de tels fruits nous est bon.

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Sujet 21 —
Le secours venant du sanctuaire
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Aaron portait sur son cœur, au pectoral du
jugement, les noms de son peuple. Il n’est pas un rayon de la
gloire et de l’amour de Dieu brillant sur Christ, qui ne luise
aussi sur nous qui sommes portés sur son coeur. Le coeur de Christ
nous présente à Dieu, non seulement pour nous obtenir des grâces
particulières, mais pour nous présenter nous-mêmes, selon l’amour
qu’il y a entre lui et Dieu.
Les Urim et les Thummim sont les lumières et les
perfections. Aaron portait sur son coeur devant Dieu, selon les
perfections de la présence de Dieu, le jugement des enfants d’Israël.
Nos péchés ne peuvent pas s’interposer entre Dieu et Christ. Il
nous maintient continuellement en jugement devant Dieu, selon les
lumières et les perfections de cette présence. Dieu ne cache
jamais sa face. Il peut nous châtier; par notre faute, nous
pouvons perdre sa communion; mais si Dieu nous cachait sa face, il
la cacherait à Christ.

Voyant tout défaillir ici-bas, la question se
présente à nous, inéluctable: Christ nous suffit-il?

Toutes les circonstances sont des chemins pour l’amour de
Christ; il pénètre partout où nous avons à passer.

Jésus aime les siens qui sont dans le monde, tels qu’ils
sont dans leurs souillures. Il n’en est pas rebuté. Elles attirent sa
grâce, car l’objet de sa grâce, c’est l’iniquité et le mal. Quelle
consolation de savoir que Jésus est tout ce qu’il faut pour tout
ce que nous sommes!

Il y a dans le ciel un cœur qui sait sympathiser avec nous,
qui est tourné vers nous et qui cependant sait tout ce qui nous concerne.
Il pense à nous dans son amour; il est toujours prêt à nous venir en
aide. Aucune circonstance n’a jamais pu empêcher la puissance de grâce
et de vérité qui était en lui de secourir ceux qui en avaient besoin.

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Sujet 22 —
Le repos >>
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Quand on en a fini avec soi-même comme n’ayant aucun bien
en soi, on ne l’y cherche plus. Seulement il faut en venir là; alors on
sait que, par la croix de Christ, on en a fini avec le péché dans la
chair, car il y a été condamné et jugé tout entier. Alors on pense à l’amour
et à Dieu, au lieu de penser à soi; on se nourrit du pain descendu du
ciel, on s’attache à Christ, on sent qu’il est précieux et le tout de
nos âmes.

Dieu voit le sang: voilà ce qui donne le repos. Il veut
rencontrer le sang, comme réponse à sa justice; elle y trouve une
entière satisfaction. C’est une question entre Dieu et Christ de savoir
si le sang du Sauveur satisfait à toutes les exigences de Dieu. La preuve
que le sang y a satisfait, c’est que Christ est à la droite de Dieu.

Quand nos cœurs réalisent ce que Dieu est et ce qu’il
est pour nous, nous avons du repos. C’est un repos céleste; mais
quand nous cherchons du repos dans le désert, nous oublions Canaan.

Si un croyant a encore confiance en lui-même, il sera
difficile de le convaincre de son impuissance et de la nécessité de se
confier uniquement en Dieu. Il trouvera la délivrance quand il aura appris
à dire: "Je dois rester tranquille, car je ne puis rien faire".

Paul ne dit pas: "Je crois", mais "Je sais qui
j’ai cru"; c’est là le fondement de son repos.

Après toute la fatigue éprouvée par nos cœurs dans ce
monde, que le Seigneur Jésus a traversé sans y trouver un lieu où son cœur réellement
brisé put se reposer, il nous révèle que ce que l’homme ne trouve nulle
part ailleurs, se trouve en Dieu. Il est délicieux de savoir qu’après tout,
un pauvre cœur fatigué, lassé de lui-même, de ses propres voies, du monde et
de tout ce qu’il renferme, peut trouver le repos dans la béatitude du sein du
Père.

On peut quelquefois se reposer avec Dieu aussi bien qu’agir
avec Lui; car on ne peut agir indépendamment de Lui, même en voulant faire le
bien, sans amener du trouble.

Jésus Christ donne le repos suprême, car il est Celui qui
savait, mieux que nul autre, ce qu’est la paix dans la tribulation.

Je cherche à nourrir les âmes de
Christ: c’est ce dont
elles ont besoin, soit pour leur tranquillité, soit pour être formées à son
image. Ceux qui ne sont pas avec Lui ne connaissent pas le repos.

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Sujet 23 —
La soumission >>
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L’enfant de Dieu n’est pas seulement joyeux de son
pardon; mais il est joyeux de faire la volonté du Père. C’était la
joie de Christ.

Nous faisons la volonté de Christ, non pour être sauvés,
mais parce que nous le sommes. Les Lévites servaient dans le tabernacle,
non pour devenir Lévites, mais parce qu’ils l’étaient, en vertu du
privilège que Dieu leur avait conféré.

Dieu nous donne assez de lumière pour discerner sa
volonté, puis il attend que nous obéissions. Quand nous avons obéi, il
nous en fait voir les conséquences, mais il faut obéir à Dieu, et Dieu se
réserve de nous faire passer la mer Rouge, comme s’il n’y avait point
de mer.

Ne craignons pas d’obéir à la volonté de Dieu. Il ne
faut jamais reculer devant les conséquences de cette volonté.

L’obéissance nous rapproche de Dieu et nous place ainsi
dans la lumière. L’obéissance nous rend intelligents.

Par l’obéissance, un Homme a
vaincu Satan. Quel exemple pour nous!
Quand la volonté de Dieu nous
est révélée, nous pouvons aller de l’avant avec une parfaite certitude
(Jean 11:6-8). Dieu est là, si seulement nous obéissons. Nous laisser
diriger par notre propre volonté nous est le plus préjudiciable. Israël,
dans le désert, ne savait où il allait, mais il marchait sans hésitation,
en suivant la direction indiquée par la nuée. Les circonstances n’ont
pas de pouvoir sur le fidèle qui fait la volonté de Dieu dans toutes les
circonstances et n’a pas d’autre règle. Comment Israël aurait-il
trouvé sa route, de nuit ou de jour, dans un désert où il n’y avait pas
de chemin? Les circonstances n’étaient rien; il lui fallait prendre
garde à la nuée. Obéir à Dieu est plus important que tout le reste. En
prenant garde à lui, on est capable d’aller, chaque fois que la nuée se
lève. Il faut le faire dans les détails de la vie de chaque jour. Si nous
ne sommes pas attentifs à la nuée quand tout est facile, nous ne la
discernerons pas dans les difficultés.
Une âme ignorante, mais
fidèle, est plus avancée que celle qui, connaissant plus de vérité, est
infidèle. On peut trouver de la joie à entendre la Parole; mais cette
joie n’est rien, si la Parole ne se réalise pas en nous et si nous n’avons
pas une communion habituelle avec le Seigneur. On peut être joyeux de
savoir Christ notre berger, mais à quoi cela sert-il si on ne le suit pas?
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Sujet 24 —
La satisfaction
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Dieu éprouve notre cœur pour nous montrer que nous n’avons
rien ici-bas. Nous n’avons qu’à y attendre le désert; et c’est la
seule chose dont nous soyons assurés. Si nous y attendons autre chose, il
nous arrivera de vouloir nous y établir, ou d’y trouver la fatigue et la
lassitude. Dans le désert, nous devons compter sur Dieu seul. Sa patience,
son support, sa tendresse ne peuvent s’apprendre dans le ciel. C’est
uniquement dans le désert que nous pouvons connaître ces divers aspects de
sa grâce. Dieu laboure nos coeurs pour y semer le blé de son amour.

Gloire, honneurs, richesses, sont autant de biens qui, en
nous attachant à la terre, affaiblissent nos vrais liens avec le ciel.

Le chrétien ne peut se réjouir ici-bas avec le monde qui a
tué son Sauveur.

Les trois Hébreux de Daniel 3 avaient reçu de l’avancement,
ce qui les mettait de trop près en contact avec le monde. Dieu ne les
délivre pas de l’épreuve et n’empêche pas qu’on les jette dans la
fournaise. Plus un chrétien se trouve lié avec le monde, plus il est en
danger; plus aussi il a à perdre et à souffrir. En effet, si Dieu
intervient, c’est pour rompre tous nos liens. Si nous possédons quelque
chose du monde, Satan nous l’a vendu, et cela doit être brûlé.

Il ne s’agit pas pour nous d’unir le christianisme à un
certain train de vie dans ce monde, comme si nous lui appartenions, mais de
vivre ici-bas la même vie que Christ. Notre chemin en Christ traverse les
diverses circonstances de la vie et met notre cœur à l’épreuve; nous
sommes appelés à nous y conduire et y juger toutes choses selon les
pensées de Christ.

Il y a dans ce monde mille
choses dont le cœur humain ne pourra se passer, à moins qu’il ne soit
fortement attaché à Jésus.
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