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Le riche et le pauve - Deux hommes (Luc 16)

Oui, deux hommes, tous deux nés de femme et venus nus dans ce monde ; mais héritages, sagesse humaine, mais peut-être hélas ! Ruse et extorsion, ont fait de l'un "un riche". L'autre, la maladie, l'incapacité de travail découlant d'elle, en ont fait "un pauvre".

Ce n'est pas un péché d'être riche ; c'est Dieu qui avait permis les circonstances de ces deux hommes ; il est simplement dit : Ps. 62, 10 : "Si les biens augmentent n'y mettez pas votre cœur", et pour le croyant ils sont administration confiée dont il faudra rendre compte. L 'homme de ce monde le devra aussi, mais dans un tout autre ordre de pensée. Un croyant déjà riche, héritait - il y a bien des années - de deux millions ; il écrivait à un ami : "Priez beaucoup pour un pauvre homme, je viens d 'hériter de deux millions" ; quand on entre dans la richesse avec cette crainte, on peut être gardé et l'administration sera sans reproche.

Le riche de la parabole n'en était pas là, tout était pour lui, pour son corps et pour son coeur charnel ; il se vêtait de pourpre - c'est la gloire humaine recherchée - il se vêtait aussi de fin lin - n'était-il pas religieux - le fin lin nous parle de justice ; les mets les plus recherchés étaient sur sa table, il pouvait exercer quelque charité envers les pauvres, pourvu que cela soit vu et connu (il n'y avait pas alors de listes de souscription où l'on étale son nom, mais le principe est le même). Cet homme semble ne pas connaître Lazare, les chiens seuls le connaissent et, malgré leur inconscience, ils lui apportent quelques faibles soulagements. Non, Lazare n'intéresse pas le riche, même les miettes de sa table ne parvenaient pas au pauvre déshérité. Seulement souvenons-nous que le nom de Lazare, qui nous est précieusement rappelé par le Seigneur, signifie "Dieu est mon secours". Le riche n'est pas nommé, il est inconnu dans les annales du ciel.

Mais les choses changent. Ce qui atteint le riche et le pauvre, la conséquence du péché sur le corps les atteint les deux; la mort intervient. Pour cesdeux hommes qui ont vécu côté à côte, qu'une porte seulement séparait, quelle différence désormais.

Lazare meurt le premier, mais considérons d'abord le riche à ce moment suprême. Il nous est dit qu'il fut "enseveli" ; oh, certainement avec les honneurs par lesquels l'homme cherche à se cacher à lui-même le sort affreux de ce corps choyé, soigné, et qu'il faut abandonner aux vers et à la pourriture. Mais, pendant que sur la terre, cortège et discours, (pour parler un langage actuel), accompagnent ce corps, l'âme est déjà dans le hadès et comprend avec une terreur indicible les terribles conséquences d'une vie perdue, quoique donnée pour se préparer à l'éternité, et les épouvantables réalités d'une éternité loin de Dieu, seule source du bonheur.

Ce passage est le premier dans la Parole, où le regard plonge jusqu'au fond de l'éternité, pour y trouver l'aboutissement des deux chemins dont nous nous occupons dans ces pages. Le regard spirituel pénètre jusqu'au fond de la révélation divine ; la pensée de cet homme s'ouvre enfin sur ce qui est, il est perdu pour jamais. On est même étonné qu'il ait une parole d'intercession pour ses frères, mais n'est-ce pas un avertissement de plus de la part de Dieu, qu'un bon sentiment reçu avec grâce sur la terre, n'a plus de place en ce lieu, tout est fini. "Il n'y a ni combinaison, ni sagesse dans le shéol où tu vas" (Ecc. 9, 10).

Lazare mort auparavant, délivré de ses souffrances, est porté par les anges dans le sein d'Abraham. C'est un "hébraïsme" ; le Seigneur parlait à des Juifs inconvertis à l'égard du bonheur des bienheureux. Pour nous, éclairés par les parfaits résultats de l’œuvre de Christ et les révélations complètes du Nouveau Testament, nous dirons simplement : "il s'agit du lieu où conduit et aboutit la foi" ; la présence de Jésus réalisée par l'âme, dans le repos, attendant la gloire avec Lui quand tous les rachetés seront réunis, remplace pour nous avec une joie indicible, le "Sein d'Abraham" espérance juive.

Résumé des deux chemins. Parti du palais, le riche, comblé sur la terre et ayant vécu dans l'égoïsme, arrive en enfer, non encore ouvert - il le sera en Apoc. 19, 20 - mais c'est le lieu où son chemin aboutit. Le pauvre Lazare, méprisé, couvert d'ulcères, quitte la compagnie compatissante des chiens pour entrer dans le grand et éternel repos de Dieu, que son nom annonçait pour lui. Comme toujours dans ces exemples : le ciel et l’enfer.

ABC - Ayez bon courage - Tharsei