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1er livre de Samuel

Mise à jour du 26.07.2010 : actuellement sur le site = chapitres 1 à 22

 

Lecture des chapitres

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Commentaires des chapitres

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I n t r o d u c t i o n

Ce livre fait suite à celui des Juges et de Ruth. 
Au début de ce livre, la période des Juges n’est pas encore close. Quant à Samuel il est aussi le premier prophète. Nous le lisons par exemple en Act. 3, 24. Et même tous les prophètes depuis Samuel et ceux qui l’ont suivi, tous ceux qui ont parlé, ont aussi annoncé ces jours. Et également en Act. 13, 20 nous voyons que Samuel fut aussi juge. 

Et après ces choses, pendant environ 450 ans, il leur donna des juges jusqu’à Samuel le prophète. 1 Sam. 7, 6 montre également que Samuel était juge selon qu’il est dit : « Et ils s’assemblèrent à Mitspa et ils puisèrent de l’eau et la répandirent devant l’Eternel et jeûnèrent ce jour-là et dirent là : Nous avons péché contre l’Eternel. Et Samuel jugea les fils d’Israël à Mitspa ». Samuel établit également ses fils juges, au début de 1 Sam. 8, mais leur infidélité mit fin à cette économie.  

Ainsi le temps des juges avait plutôt un caractère de transition. Nous nous souvenons du livre des Juges. Israël qui laisse venir les ennemis, qui n’étaient jamais complètement détruits. Israël était entraîné par ces nations dans l’iniquité et l’idolâtrie et devait subir comme châtiment le joug de leur désobéissance. Mais si l’Eternel envoyait des libérateurs, des juges, suite à leurs cris, leur cœur ne changeait pas. Nous le lisons en Jug. 2, 19 : « Et il arrivait que, lorsque le juge mourrait, ils retournaient à se corrompre plus que leurs pères, marchant après d’autres dieux pour les servir et pour se prosterner devant eux : ils n’abandonnaient rien de leurs actions et de leur voie obstinée ». Pendant cette période, la sacrificature reste le lien reconnu, le point de contact entre le peuple et Dieu dans les temps les plus sombres où chacun faisait ce qui était son bon plaisir. Le rôle de la sacrificature pouvait être comme éclipsé,  mais le lien en subsistait tout de même.

Puis vient le livre de Ruth où Dieu nous révèle une pensée secrète au sujet d’une économie nouvelle : la royauté. Nous voyons Dieu qui prépare un roi selon son cœur. Et, selon la prophétie de Jacob (Gen. 49), il devait sortir de Juda. C’est pourquoi le livre de Ruth commençait par Elimélec, homme de Juda, et proclame en terminant le nom du roi David, nous montrant d’avance quel sera l’oint de l’Eternel. Notons ici que la relation de l’Eternel avec le peuple diffère selon qu’elle est sous la sacrificature ou sous la royauté. Sous la sacrificature, cette relation est immédiate. Sous la royauté, il y a une autorité établie sur le peuple. Le peuple était assujetti au roi, il devait le gouverner selon ses pensées, c’est-à-dire selon les pensées de Dieu. Dieu attendait la fidélité du roi. Le roi était responsable devant Dieu de l’infidélité d’Israël. Et la destinée du peuple dépendait de la conduite du roi. Jusqu’à l’établissement définitif de la royauté 1 Sam. nous présente encore une période de transition. Nous y voyons que la sacrificature est devenue infidèle, elle ne peut plus être le fondement des relations du peuple avec Dieu. La sacrificature est nécessaire mais elle cesse d’occuper la première place. Un nouveau fondement de relation est établi dans la royauté. Alors Dieu se suscite un sacrificateur fidèle qui marchera toujours devant son oint, au lieu d’être, comme par le passé, le lien entre le peuple et Dieu.

Lisons 1 Sam. 2, 35 : « Et je me susciterai un sacrificateur fidèle : il fera selon ce qui est dans mon cœur et dans mon âme, et je lui bâtirai une maison stable, et il marchera toujours devant mon oint ».

Tout ceci explique pourquoi 1 Sam. commence par la tribu de Lévi et la sacrificature, et non pas par Juda et la royauté comme en Ruth. Elkana est un lévite, Elie est un sacrificateur. Nous sommes sur le terrain de la sacrificature. Il faut constater la ruine de cette sacrificature avant l’entrée en scène du roi. Et puis dans 1 Sam. nous avons aussi toute l’histoire de Saül, du ch. 9  à la fin du livre pour montrer que si Dieu introduisait un roi comme intermédiaire entre Israël et Lui, cette relation ne pouvait être établie que sur le pied de la chair. Dieu pouvait bien sûr employer un roi selon la chair comme libérateur, mais cette fonction ne qualifiait pas le roi moralement pour être chef d’Israël. Le livre des Juges nous avait montré la même vérité dans l’histoire de Samson. Ainsi le don et l’état moral d’un homme sont deux choses différentes.

Les livres de Samuel contiennent :

1.    L’acceptation des relations originelles du peuple avec Dieu, fondées sur l’obéissance au terme de l’ancienne alliance, aux prescriptions spéciales du Deutéronome.

2.    L’intervention souveraine de Dieu par la prophétie

3.    L’établissement du roi que Dieu lui-même avait préparé et les circonstances qui précèdent cet établissement.

Israël n’a pas seulement manqué sous le gouvernement de Dieu, mais il a rejeté ce gouvernement. Et quant à la sacrificature, avec tous les privilèges, nous verrons quand même l’arche, le plus précieux lien entre le Dieu souverain et le peuple tombe aux mains de l’ennemi. Ainsi un sacrificateur ne pouvait plus rien quand toute l’importance de la sacrificature tombe dans les mains de l’ennemi. Il y a et l’infidélité d’Israël et le jugement de Dieu. Le lien extérieur des relations de Dieu avec le peuple est rompu, puisque l’arche de l’alliance, centre et base de ses relations, avait été livrée par la colère de Dieu aux mains de leurs ennemis. Mais Dieu lui est toutefois souverain. Et même lorsque tout est rompu suite à l’infidélité du peuple, Dieu trouve un moyen d’entrer en communication avec son peuple en vertu de sa grâce et de sa fidélité immuables par le moyen d’un prophète. Par ce moyen, Dieu communiquait encore directement avec son peuple, même si le peuple n’avait pas maintenu ses relations avec Lui. La prophétie introduit le roi, un roi toutefois méprisé et rejeté, l’homme en ayant établi un autre, mais un roi que Dieu introduit selon l’efficace de sa puissance. Tels sont les grands principes développés dans les livres de Samuel. Relevons encore que si nous avons parlé de la chute de la sacrificature, il ne faut pas en induire que la sacrificature a cessé d’exister. Elle était toujours nécessaire à un peuple rempli d’infirmité. Elle intervenait dans les choses de Dieu pour y maintenir les relations individuelles avec Lui mais elle cessa d’être la base des relations du peuple tout entier avec Dieu. Le peuple n’était plus capable de jouir de ces relations par ce moyen seul et la sacrificature elle-même avait trop manqué à sa position pour pouvoir y suffire.

   

Chapitre 1

1 Et il y avait un homme de Ramathaïm-Tsophim, de la montagne d’Éphraïm, et son nom était Elkana, fils de Jerokham, fils d’Élihu, fils de Thohu, fils de Tsuph, Éphratien*; 2 et il avait deux femmes: le nom de l’une était Anne*, et le nom de la seconde, Peninna. Et Peninna avait des enfants, mais Anne n’avait pas d’enfants. 3 Et cet homme montait chaque année de sa ville pour adorer l’Éternel des armées et lui sacrifier à Silo; et là étaient les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, sacrificateurs de l’Éternel.
4
Et il arriva que, le jour où Elkana sacrifia, il donna des portions à Peninna, sa femme, et à chacun de ses fils et de ses filles; 5 mais à Anne il donna une portion double, car il aimait Anne; mais l’Éternel avait fermé sa matrice. 6 Et son ennemie la chagrinait aigrement, afin de la pousser à l’irritation, parce que l’Éternel avait fermé sa matrice. 7 Et [Elkana] faisait ainsi d’année en année. Chaque fois qu’elle montait à la maison de l’Éternel, [Peninna] la chagrinait ainsi; et elle pleurait, et ne mangeait pas. 8 Et Elkana, son mari, lui dit: Anne, pourquoi pleures-tu? et pourquoi ne manges-tu pas? et pourquoi ton cœur est-il chagrin? Est-ce que je ne vaux pas mieux pour toi que dix fils?
9
Et Anne se leva, après qu’on eut mangé à Silo, et après qu’on eut bu; (et Éli, le sacrificateur, était assis sur un siège près de l’un des poteaux du temple de l’Éternel); 10 et elle avait l’amertume dans l’âme, et elle pria l’Éternel et pleura abondamment. 11 Et elle fit un vœu, et dit: Éternel des armées! Si tu veux regarder à l’affliction de ta servante, et si tu te souviens de moi et n’oublies pas ta servante, et que tu donnes à ta servante un enfant mâle, je le donnerai à l’Éternel [pour] tous les jours de sa vie; et le rasoir ne passera pas sur sa tête.
12
Et il arriva que, comme elle priait longuement devant l’Éternel, Éli observa sa bouche. 13 Et Anne parlait dans son cœur; ses lèvres seulement remuaient, mais on n’entendait pas sa voix; et Éli pensa qu’elle était ivre. 14 Et Éli lui dit: Jusques à quand seras-tu ivre? Ôte ton vin d’avec toi. 15 Et Anne répondit et dit: Non, mon Seigneur; je suis une femme qui a l’esprit accablé; je n’ai bu ni vin ni boisson forte, mais je répandais mon âme devant l’Éternel. 16 Ne mets pas ta servante au rang d’une fille de Bélial*; car c’est dans la grandeur de ma plainte et de mon chagrin que j’ai parlé jusqu’à présent. 17 Et Éli répondit et dit: Va en paix; et que le Dieu d’Israël t’accorde la demande que tu lui as faite! 18 Et elle dit: Que ta servante trouve grâce à tes yeux! Et la femme s’en alla son chemin; et elle mangea, et elle n’eut plus le même visage.
19
Et ils se levèrent de bonne heure le matin, et se prosternèrent devant l’Éternel; et ils s’en retournèrent et vinrent dans leur maison, à Rama. Et Elkana connut Anne, sa femme; et l’Éternel se souvint d’elle. 20 Et il arriva que, quand les jours furent révolus, Anne, ayant conçu, enfanta un fils; et elle appela son nom Samuel*: car je l’ai demandé à l’Éternel.
21
Et Elkana, son mari, monta avec toute sa maison pour sacrifier à l’Éternel le sacrifice annuel et son vœu. 22 Mais Anne ne monta pas, car elle dit à son mari: [J’attendrai] jusqu’à ce que l’enfant soit sevré; alors je le mènerai, afin qu’il paraisse devant l’Éternel et qu’il habite là pour toujours. 23 Et Elkana, son mari, lui dit: Fais ce qui est bon à tes yeux, demeure jusqu’à ce que tu l’aies sevré; seulement, que l’Éternel accomplisse sa parole! Et la femme demeura, et elle allaita son fils jusqu’à ce qu’elle l’eût sevré.* 24 Et sitôt qu’elle l’eut sevré, elle l’emmena avec elle, avec trois jeunes taureaux, et un épha de farine et une outre de vin; et elle le mena à la maison de l’Éternel à Silo; et l’enfant* était très-jeune. 25 Et ils égorgèrent le taureau, et ils amenèrent le jeune garçon à Éli. 26 Et elle dit: Ah, mon seigneur! ton âme est vivante, mon seigneur, je suis la femme qui se tenait ici près de toi pour prier l’Éternel. 27 J’ai prié pour cet enfant, et l’Éternel m’a accordé la demande que je lui ai faite. 28 Et aussi, moi je l’ai prêté à l’Éternel; [pour] tous les jours de sa vie*, il est prêté à l’Éternel. Et il se prosterna là devant l’Éternel.
v. 1: ou: Éphraïmite, les lévites étant comptés comme appartenant à la tribu au milieu de laquelle ils habitaient; comparer Juges 17:7. / v. 2: hébreu: Khanna, grâce. /  v. 16: ou: d’iniquité. /  v. 20: demandé à Dieu, ou: Dieu a exaucé.  / v. 23: date: A.C. 1150, environ. / v. 24: plus loin: jeune garçon. / v. 28: litt.: qu’il sera.

Commentaires

Première partie : 
Chapitres 1 à 3 : naissance et enfance de Samuel
Chapitres 4 à 7 : ruine de la sacrificature et relèvement du peuple

Chapitre 1 : une famille pieuse en un temps de faiblesse

Ce chapitre présente la sacrificature subsistant devant Dieu. Il en a déjà été question dans l’introduction en rapport avec la position particulière de cette sacrificature à cette époque.

Elie est pieux. Il craint Dieu. Toutefois, il ne maintient pas l’ordre dans la famille sacerdotale. La sacrificature, au lieu de lier le peuple à Dieu, rompait moralement ce lien. La conduite de Hophni, tout comme celle de Phinées, avaient pour résultat que les hommes méprisaient l’offrande de l’Eternel. C’était l’état de choses en Israël. Et en même temps, il y avait une famille dans l’épreuve, spécialement Anne. La suite du récit montrera que Celui dont la force s’accomplit dans l’infirmité, mettant de côté l’impuissance de la chair, bénira contre toute espérance. Ce qui était de Lui fut accompli par sa puissance à Lui. Anne a un fils et le consacre à l’Eternel. Sa famille est de la tribu de Lévi, selon 1 Chr. 6. Ce chapitre ainsi que les deux suivants présentent Elie ou la ruine de la sacrificature.

Anne a ceci de remarquable: c’était là le caractère du croyant de tous les âges. Son nom signifie: grâce. Mais, avant de porter ce nom, elle représente la chair incapable de porter du fruit pour Dieu. La ressource d’Anne consiste à porter son affliction devant l’Eternel. En épanchant ainsi son cœur, elle rencontre une autre épreuve. Quelle souffrance: le chef spirituel manque d’intelligence et confond l’action de l’Esprit de Dieu avec celle de la chair. Il la croit ivre alors qu’elle est angoissée. Elie est toutefois un vrai serviteur de Dieu et il a assez de conscience pour revenir sur sa première impression. La vérité s’impose à lui et il bénit Anne (v. 17). Alors la foi d’Anne s’empare de la grâce avant d’en avoir reçu les effets (v. 18). Elle a l’assurance de la foi qui fortifie son cœur et qui la comble d’une joie qui se manifeste aux yeux de tous. Pour cela, elle rendra à Dieu ce qu’elle a promis au v. 11, c’est-à-dire une consécration complète de son fils, une vraie séparation pour lui. En donnant son fils et en offrant ce coûteux sacrifice, Anne montre que pour elle Dieu a plus de prix que ce fils tant désiré. Puissions-nous manifester une telle foi par nos cœurs mis à l’épreuve. L’épreuve est d’abord un sujet d’amertume et de tristesse, Mais ensuite elle porte un fruit paisible de justice.

Chapitre 2

 * 1 Et Anne pria, et dit:
Mon cœur s’égaie en l’Éternel; ma corne est élevée en* l’Éternel; ma bouche s’ouvre sur mes ennemis, car je me réjouis en ton salut.

2
Nul n’est saint comme l’Éternel, car il n’y en a point d’autre que toi; et il n’y a pas de rocher comme notre Dieu.
3
Ne multipliez pas vos paroles hautaines; que l’insolence ne sorte pas de votre bouche; car l’Éternel est un *Dieu de connaissance, et par lui les actions sont pesées.
4
L’arc des puissants est brisé, et ceux qui chancelaient se ceignent de force.
5
Ceux qui étaient rassasiés se sont loués pour du pain; et ceux qui étaient affamés ont cessé de l’être; même la stérile en enfante sept, et celle qui avait beaucoup de fils est devenue languissante.
6
L’Éternel fait mourir et fait vivre; il fait descendre au shéol* et [en] fait monter.
7
L’Éternel appauvrit et enrichit; il abaisse, et il élève aussi.
8
De la poussière il fait lever le misérable, de dessus le fumier il élève le pauvre, pour les faire asseoir avec les nobles: et il leur donne en héritage un trône de gloire; car les piliers de la terre sont à l’Éternel, et sur eux il a posé le monde.
9
Il garde les pieds de ses saints*, et les méchants se taisent dans les ténèbres; car l’homme ne prévaut pas** par sa force.
10
Ceux qui contestent contre l’Éternel seront brisés; il tonnera sur eux dans les cieux. L’Éternel jugera les bouts de la terre, et il donnera la force à son roi, et élèvera la corne de son oint.
11
Et Elkana s’en alla à Rama, dans sa maison; et le jeune garçon servait l’Éternel en la présence d’Éli, le sacrificateur.
*
12 Et les fils d’Éli étaient des fils de Bélial, ils ne connaissaient pas l’Éternel. 13 Et la coutume des sacrificateurs à l’égard du peuple [était celle-ci]: quand quelqu’un sacrifiait un sacrifice, le serviteur* du sacrificateur venait, lorsqu’on faisait bouillir la chair, ayant en sa main une fourchette à trois dents, 14 et il piquait dans la chaudière, ou dans le chaudron, ou dans la marmite, ou dans le pot: le sacrificateur en prenait tout ce que la fourchette amenait en haut. Ils faisaient ainsi à tous ceux d’Israël qui venaient là, à Silo. 15 Même, avant qu’on eût fait fumer la graisse, le serviteur* du sacrificateur venait, et disait à l’homme qui sacrifiait: Donne de la chair à rôtir pour le sacrificateur; et il ne prendra pas de toi de la chair bouillie, mais [de la chair] crue. 16 Si l’homme lui disait: On va d’abord faire fumer la graisse, puis tu prendras selon le désir de ton âme, alors il [lui] disait: Non, car tu en donneras maintenant; sinon, j’en prendrai de force. 17 Et le péché de ces jeunes hommes fut très-grand devant l’Éternel; car les hommes méprisaient l’offrande* de l’Éternel.
18
Et Samuel servait devant l’Éternel, jeune garçon, ceint d’un éphod de lin. 19 Et sa mère lui faisait une petite robe et la lui apportait d’année en année quand elle montait avec son mari pour sacrifier le sacrifice annuel. 20 Et Éli bénit Elkana et sa femme, et dit: Que l’Éternel te donne des enfants* de cette femme, à la place du prêt qui a été fait à l’Éternel! Et ils s’en retournèrent chez lui. 21 Et l’Éternel visita Anne, et elle conçut, et enfanta trois fils et deux filles; et le jeune garçon Samuel grandissait auprès de l’Éternel.
22
Et Éli était fort âgé, et il apprit tout ce que ses fils faisaient à l’égard de tout Israël, et qu’ils couchaient avec les femmes qui servaient* à l’entrée de la tente d’assignation. 23 Et il leur dit: Pourquoi faites-vous des actions comme celles-là? Car, de tout le peuple, j’apprends vos méchantes actions. 24 Non, mes fils; car ce que j’entends dire n’est pas bon: vous entraînez à la transgression le peuple de l’Éternel. 25 Si un homme a péché contre un homme, Dieu le jugera*; mais si un homme pèche contre l’Éternel, qui priera pour lui? Mais ils n’écoutèrent pas la voix de leur père, car c’était le bon plaisir de l’Éternel de les faire mourir.
26
Et le jeune garçon Samuel allait grandissant, agréable à l’Éternel et aux hommes. 27 Et un homme de Dieu vint vers Éli, et lui dit: Ainsi dit l’Éternel: Je me suis clairement révélé à la maison de ton père, quand ils étaient en Égypte dans la maison du Pharaon, 28 et je l’ai choisi d’entre toutes les tribus d’Israël, pour être mon sacrificateur, pour offrir* [des sacrifices] sur mon autel, pour faire fumer l’encens, pour porter l’éphod devant moi; et j’ai donné à la maison de ton père tous les sacrifices des fils d’Israël faits par feu. 29 Pourquoi foulez-vous aux pieds mon sacrifice et mon offrande, que j’ai commandé [de faire] dans ma demeure? Et tu honores tes fils plus que moi, pour vous engraisser des prémices de toutes les offrandes d’Israël, mon peuple. 30 C’est pourquoi l’Éternel, le Dieu d’Israël, dit*: J’avais bien dit: Ta maison et la maison de ton père marcheront devant moi à toujours; mais maintenant l’Éternel dit*: Que cela soit loin de moi; car ceux qui m’honorent, je les honorerai; et ceux qui me méprisent seront en petite estime. 31 Voici, les jours viennent que je couperai ton bras et le bras de la maison de ton père, de sorte qu’il n’y aura plus de vieillard dans ta maison.
32
Et tu verras un adversaire [établi dans ma] demeure, dans tout le* bien qui aura été fait à Israël; et il n’y aura plus de vieillard dans ta maison à jamais. 33 Et celui des tiens que je ne retrancherai pas d’auprès de mon autel, sera pour consumer tes yeux et attrister ton âme; et tout l’accroissement de ta maison: — ils mourront à la fleur de l’âge. 34 Et ceci t’en sera le signe: ce qui arrivera à tes deux fils, Hophni et Phinées; ils mourront tous deux en un seul jour. 35 Et je me susciterai un sacrificateur fidèle: il fera selon ce qui est dans mon cœur et dans mon âme, et je lui bâtirai une maison stable, et il marchera toujours devant mon oint. 36 Et il arrivera que quiconque restera de ta maison viendra et se prosternera devant lui, pour avoir une pièce d’argent et un rond de pain, et dira: Place-moi, je te prie, dans* quelqu’une des charges de la sacrificature, afin que je mange une bouchée de pain!
v. 1 : ou : par. / v. 6* : voir note à Genèse 37:35. / v. 9* : proprement : pleins de grâce, pieux ; voir la note à 2 Chroniques 6:41, 42. / v. 9** : ou : n’est pas puissant. / v. 13, 15 : ailleurs : jeune homme, garçon. / v. 17 : ailleurs souvent : offrande de gâteau. / v. 20 : litt.: de la semence. / v. 22 : ou : s’attroupaient, voir Exode 38:8. / v. 25 : ici : juger comme arbitre. / v. 28 : signifie ici : offrir sur l’autel même ; voir note à Lévitique 14:20. / v. 30 : dire, dans le sens de la diction oraculaire ; voir Nombres 24:3. / v. 32 : ou : tu verras la détresse de [ma] demeure dans tout le. / v. 36 : ou : Attache-moi, je te prie, à.

Commentaires

Première partie : 
Chapitres 1 à 3 : naissance et enfance de Samuel
Chapitres 4 à 7 : ruine de la sacrificature et relèvement du peuple

Chapitre 2 : naissance de Samuel et chute de la sacrificature

 
Versets 1 à 11
          Cantique d’Anne.

Anne est remplie d’une joie qui déborde dans un cantique de triomphe. Pourtant, donnant son fils à l’Eternel, elle sera plus solitaire que jamais. Mais Anne était préparée à donner ce fils, car la conscience de son état irrémédiable, le brisement et l’humiliation, l’avaient préparée à cette séparation de son fils pour l’Eternel. Anne est l’objet de la grâce et peut parler du salut ( v. 1). Anne reçoit tout de Dieu, ne garde rien pour elle, et Dieu lui rend tout. Pour Anne, Dieu est tout. Elle le comprend mieux maintenant qu’avant. Abraham avait fait une expérience semblable dans le sacrifice d’Isaac: Gen. 22, 15-18: «L’Ange de l’Eternel cria, etc...: Parce que tu as fait cette chose-là et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, certainement je te bénirai». Et dans Gal. 3, 15-16: «Frères, je parle selon l’homme: personne n’annule une alliance qui est confirmée, même celle d’un homme, ni n’y ajoute. Or c’est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa semence. Il ne dit pas: «et aux semences», comme parlant de plusieurs; mais comme parlant d’un seul: - «et à ta semence», qui est Christ». Quant à Anne, elle a aussi, en plus de la joie, retrouvé la force (toujours selon v. 1). Et que nous dit 2 Cor. 12, 9: «Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans l’infirmité».

Dieu avait répudié tout ce qui avait  du renom en Israël et Dieu donne la force à cette pauvre femme méprisée. Ce cantique a pour point de départ les expériences personnelles d’Anne, douloureuses, mais ce cantique va beaucoup plus loin. Dans le cours de ce livre, nous verrons la même chose avec David en ce que ses expériences produiront des psaumes dont la portée va très loin. Christ est en vue. C’est ainsi qu’il faut interpréter le cantique d’Anne. Les circonstances personnelles sont comme l’introduction à des choses non révélées, gardées jusqu’au temps convenable dans les conseils de Dieu.

Dans ce cantique, le grand sujet c’est la grâce souveraine et la puissance de Dieu, qui abaissent l’orgueilleux et celui qui met sa confiance en la chair, comme le v. 4: «L’arc des puissants est brisé, et ceux qui chancelaient se ceignent de force».

En parfait contraste, Dieu relève le faible et l’impuissant. C’est sur sa grâce, sur sa puissance qu’il a établi l’ordre des choses créées. Tout dépend de lui. Israël, misérable et déchu, ainsi qu’un pauvre résidu fidèle, devait savoir cela.

Dans le cantique de Marie, rapporté en Luc 1, 46-56, il y a des caractères semblables. Dieu seul, aussi, pouvait donner la force à son roi, élever la corne de son oint, car il intervient en faveur d’Israël en donnant la force à son fils. Il suscite le roi de qui tout dépend, le pivot de tout, le seul moyen d’entretenir des relations entre son peuple et Lui.

Reprenons quelques détails de ce beau cantique :

Au v. 1 le salut est célébré et la grâce apporte le salut. 
Au v. 2 la sainteté de l’Eternel est célébrée. Et ces caractères de sainteté et de grâce vont ensemble. 
Au v. 3 un avertissement aux méchants dont Peninna est le type. 
Dans les v. 4 à 8 il y a la raison de la discipline qui a atteint les fidèles. C’est afin que le caractère de la grâce fut mis en lumière en les élevant à la gloire. Il y a aussi le caractère de la justice qui rétribue les méchants.
Au v. 10 il y a la prophétie de la venue du Messie, du vrai roi.

En comparant le v. 5 avec le 21éme, c’est-à-dire: v. 5 «même la stérile en enfante sept, et celle qui avait beaucoup de fils est devenue languissante» - v. 21: «Et l’Eternel visita Anne, et elle conçut, et enfanta trois fils et deux filles; et le jeune garçon Samuel grandissant auprès de l’Eternel». D’une part la grâce va donner jusqu’à sept enfants à la femme stérile, nombre parfait que Peninna n’a jamais atteint. Et les bénédictions promises n’atteindront leur plénitude que dans la gloire réservée au résidu d’Israël restauré.

Versets 12 à 36        la ruine de la sacrificature
Le passage des v. 14 à 36 montrent la ruine de la sacrificature. Elle est dominée par le v. 12: les fils d’Eli étaient des fils de Bélial. Le péché de ces deux hommes avait deux caractères: 1) ils méconnaissaient les droits de ceux qui venaient adorer l’Eternel en s’emparant de leur portion (v. 13-14), puis 2) ils méconnaissaient les droits de l’Eternel en portant une main profane sur sa portion à lui, à Dieu, prenant ainsi le pas sur Dieu lui-même (v. 15 et 16). Ils offraient les offrandes à l’Eternel tout en les rendant méprisables aux yeux des hommes. En cela nous avons le principe de tout clergé. Nous lisons en Matt. 24, 48-51: «Mais si ce méchant esclave-là dit en son cœur: Mon maître tarde à venir, et qu’il se mette à battre ceux qui sont esclaves avec lui, et qu’il mange et boive avec les ivrognes, le maître de cet esclave-là viendra en un jour qu’il n’attend pas, et à une heure qu’il ne sait pas, etc..».

Il y a des formes plus ou moins criardes, mais le principe est là. Dans ce chapitre, il ressort que tout est dû au clergé. Ils ont toute prétention. Et même un esclave du souverain sacrificateur a plus d’autorité à leurs yeux que les adorateurs eux-mêmes. Dans ce principe clérical, il y a usurpation des prérogatives de Dieu, dans une mesure, et les hommes sont honorés à la place de Dieu. Cela est particulièrement mis en évidence dans les fils d’Eli. Ainsi au v. 12 on voit que ces fils ne connaissaient pas l’Eternel. Dès lors il n’est pas étonnant que la plus effroyable corruption se trouve en eux, lorsque nous lisons au v. 22 qu’ils couchaient même avec des femmes. Au milieu de tout cela, hélas, la souveraine sacrificature ne s’est pas maintenue. En effet, Eli, le pieux Eli, manque de discernement spirituel. Cependant il se montrait capable d’enseigner les voies de Dieu au jeune Samuel. Et même il portait un jugement juste sur le mal et son cœur saignait en voyant la vie dissolue de ses fils.

Dans les v. 23 à 25 il y a même la conséquence d’Eli qui réprime ses fils. Que manque-t-il donc à cet homme, à Eli? Ceci: il jugeait le mal mais ne s’en séparait pas. Et ceci est malheureusement le cas de nombreux chrétiens. On est solidaire d’un mal qu’on juge sans s’en séparer et l’on ne s’en aperçoit pas, parce que le lien d’affection, de relation, d’habitude, prennent le pas sur la gloire du Seigneur.

Dès le v. 27 un homme de Dieu est chargé de déclarer cet état de fait à Eli. Eli était personnellement en ordre et c’est pourtant à lui qu’est adressé le v. 29: pourquoi foulez-vous aux pieds mon sacrifice et mon offrande, que j’ai commandé de faire dans ma demeure? Et tu honores tes fils plus que moi, pour vous engraisser des prémices de toutes les offrandes d’Israël, mon peuple. Amertume. Eli a manqué de sainteté dans sa marche. Et la sainteté n’est pas autre chose que la séparation du mal en vue du service de Dieu. Eli va récolter car la patience de l’Eternel est à son terme. Un jugement terrible est prononcé sur la maison d’Eli, v. 31 à 34. Oui ces fils méprisaient l’Eternel, v. 30. Lisons Luc 16, 13: «Nul serviteur ne peut servir deux maîtres; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre: vous ne pouvez servir Dieu et les richesses». Mais le Dieu de grâce ne s’arrête pas au jugement. Il s’en sert pour établir devant lui une sacrificature définitive. Il confie la sacrificature à la descendance d’Eléazar; au v. 35: «Et je me susciterai un sacrificateur fidèle:  il fera selon ce qui est dans mon cœur et dans mon âme, et je lui bâtirai une maison stable, et il marchera toujours devant mon oint». En même temps, l’Eternel annonce un changement d’économie. Mais prophétiquement cela dépasse de beaucoup la sacrificature d’Eléazar sous David et Salomon. L’oint de l’Eternel est Christ. Christ sera en haut, roi et sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec et, pendant le millemium, il y aura sur la terre un sacrificateur fidèle de la famille de Tsadok dont les fonctions tendront toutes à glorifier le roi élu, l’homme de la droite de Dieu. Et le prophète Ezéchiel déclare: «Et ils ne s’approcheront pas de moi pour exercer la sacrificature devant moi, ni pour s’approcher de toutes mes choses saintes, dans ce qui concerne les choses très-saintes ; et ils porteront leur ignominie, et leurs abominations qu’ils ont commises. Et je les établirai pour faire l’acquit de la charge de la maison, pour tout son service, et pour tout ce qui y sera fait. Mais les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok qui ont fait l’acquit de la charge de mon sanctuaire, quand les fils d’Israël se sont égarés d’auprès de moi, eux s’approcheront de moi pour faire mon service, et se tiendront devant moi, pour me présenter la graisse et le sang, dit le Seigneur, l’Eternel».

En terminant, retenons bien qu’un service avec beaucoup d’activité, même avec des dons éminents, sont peu de choses si le caractère moral ne correspond pas. Et c’est cela qui faisait défaut à Eli. Quel contraste en Samuel dont voici quelques étapes de sa vie:

Ch. 1, 18       -  il se prosterne devant l’Eternel
Ch. 2, 11       -  il sert l’Eternel en présence d’Eli. Jeune, il devait encore apprendre d’Eli avant de   pouvoir enseigner les autres
Ch. 2, 18       -  Samuel ne sert pas devant Eli mais plus directement devant l’Eternel, avec un éphod de lin. La sacrificature étant déchue, l’Eternel en revêt, pour ainsi dire, par intérim, ce jeune lévite. Il en a le vêtement. 
Ch. 2, 21       -  nous avons l’intimité de Samuel avec Dieu sans laquelle le service ne peut être efficace. 
Ch. 2, 26       -  les affections de relations de Samuel avec Dieu faisait que sa voie forçait l’attention des hommes comme une chose agréable. Nous y avons une intimité de faveur qui se reflétait sur la face de ce jeune garçon.

Ainsi en Luc 1, 80 Jean-Baptiste et 2, 52 Jésus. Toute la puissance de notre témoignage chrétien dépend d’une vie secrète passée en la présence du Seigneur.

Luc 1, 80 : L’enfant croissait et se fortifiait en esprit: et il fut dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation à Israël.
Luc 2, 52
 : Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes. 

Chapitre 3

1 Et le jeune garçon Samuel servait l’Éternel devant Éli; et la parole de l’Éternel était rare en ces jours-là: la vision n’était pas répandue.
2
Et il arriva en ce temps-là, qu’Éli était couché en son lieu (or ses yeux commençaient à être troubles, il ne pouvait voir); 3 et la lampe de Dieu n’était pas encore éteinte, et Samuel était couché dans le temple de l’Éternel, où était l’arche de Dieu, 4 et l’Éternel appela Samuel. Et il dit: Me voici. 5 Et il courut vers Éli et [lui] dit: Me voici, car tu m’as appelé. Mais il dit: Je n’ai pas appelé; retourne, couche-toi. Et il s’en alla et se coucha. 6 Et l’Éternel appela de nouveau: Samuel! Et Samuel se leva et alla vers Éli, et [lui] dit: Me voici, car tu m’as appelé. Et il dit: Je n’ai pas appelé, mon fils; retourne, couche-toi. 7 Et Samuel ne connaissait pas encore l’Éternel, et la parole de l’Éternel ne lui avait pas encore été révélée.
8
Et l’Éternel appela de nouveau: Samuel! pour la troisième fois; et [Samuel] se leva et alla vers Éli, et [lui] dit: Me voici, car tu m’as appelé. Et Éli s’aperçut que l’Éternel avait appelé le jeune garçon. 9 Et Éli dit à Samuel: Va, couche-toi; et s’il t’appelle, alors tu diras: Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. Et Samuel s’en alla et se coucha en son lieu. 10 Et l’Éternel vint et se tint là, et appela comme les autres fois: Samuel! Samuel! Et Samuel dit: Parle, car ton serviteur écoute. 11 Et l’Éternel dit à Samuel: Voici, je vais faire en Israël une chose telle, que quiconque l’entendra, les deux oreilles lui tinteront. 12 En ce jour-là j’accomplirai sur Éli tout ce que j’ai dit touchant sa maison: je commencerai et j’achèverai; 13 car je lui ai déclaré que je vais juger sa maison pour toujours, à cause de l’iniquité qu’il connaît, parce que ses fils se sont avilis et qu’il ne les a pas retenus. 14 C’est pourquoi j’ai juré à la maison d’Éli; Si jamais propitiation est faite pour l’iniquité de la maison d’Éli, par sacrifice ou par offrande*!
15
Et Samuel resta couché jusqu’au matin; et il ouvrit les portes de la maison de l’Éternel. Et Samuel craignait de rapporter sa vision à Éli. 16 Et Éli appela Samuel, et [lui] dit: Samuel, mon fils! 17 Et il dit: Me voici. Et [Éli] dit: Quelle est la parole qu’il t’a dite? Je te prie, ne me le cache pas. Ainsi Dieu te fasse, et ainsi il y ajoute, si tu me caches quoi que ce soit de toute la parole qu’il t’a dite. 18 Et Samuel lui rapporta toutes les paroles, et ne les lui cacha pas. Et [Éli] dit: C’est l’Éternel, qu’il fasse ce qui est bon à ses yeux.
19
Et Samuel grandissait; et l’Éternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles. 20 Et tout Israël, depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba, sut que Samuel était établi prophète de l’Éternel. 21 Et l’Éternel continua d’apparaître à Silo; car l’Éternel se révélait à Samuel, à Silo, par la parole de l’Éternel.

 v. 14: hébreu: minkha; voir note 2:17 et Exode 29:41.

 
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Première partie : 
Chapitres 1 à 3 : naissance et enfance de Samuel
Chapitres 4 à 7 : ruine de la sacrificature et relèvement du peuple

Chapitre 3 : appel de Samuel comme prophète

La comparaison entre Samuel et Eli continue. L’un va dans la bonne voie et l’autre continue dans le déclin.

Au v. 1 Samuel est caractérisé comme au ch. 2, 11: il sert l’Eternel. Ici il n’y a pas une gradation mais l’Esprit de Dieu pose de nouveau la base de ce qui va suivre. Le jeune garçon Samuel servait l’Eternel devant Eli.

Selon ch. 1, Dieu allait confier certains attributs de la sacrificature à Samuel. En un temps de ruine, il ressort de ces chapitres que les fonctions de la maison de Dieu ne sont pas bien définies. Cela se retrouve aujourd’hui (2009): ainsi, dans l’Eglise, un seul peut cumuler des services. Dans un temps normal, les services sont répartis entre plusieurs, cela sans faire allusion aux principes cléricaux qui prétendent accumuler sur la tête d’un homme des dons acquis par des études et confirmés par des examens.

En 1 Samuel 3, le service du jeune Samuel le conduit à la prophétie. Il avait acquis un bon degré : en 1 Tim. 3, 13: «Car ceux qui ont bien servi acquièrent un bon degré pour eux et une grande hardiesse dans la foi qui est dans le christ Jésus».

Samuel ne sort pas du sanctuaire. Dieu lui confie d’autres services. Deux choses manquent cependant encore au développement spirituel de Samuel. Sans ces choses, pas de témoignage public possible. Ainsi selon le v. 7 il ne connaît pas personnellement le Seigneur. Samuel lui appartenait, le servait, l’adorait, mais il n’avait pas encore rencontré l’Eternel face à face. Connaître le salut et l’auteur du salut sont deux choses. Un témoignage puissant est le fruit de la connaissance du Seigneur. Samuel ne connaissait pas non plus la parole (toujours selon le v. 7). Cette parole était rare (v. 1). Souvent, dans des temps de ruine, la révélation des pensées de Dieu est entravée par l’ennemi, mais la parole n’est pas arrêtée, car la grâce pourvoit aux besoins de chaque époque. Dans ce temps où la vision n’était pas répandue, v. 1, Dieu suscite le premier prophète proprement dit en Israël. C’est souvent aux jours les plus sombres de déclin que Dieu donne le plus de lumière nouvelle pour guider et encourager les siens. Ainsi la grâce de Dieu ne peut laisser son peuple sans ressources et sans moyen pour communiquer avec Lui.

Samuel est le premier de cette longue lignée de prophètes qui transmettent la parole de Dieu à un peuple que son infidélité aurait, sans cela, laissé sans ressources. Dieu se révèle à Samuel. Jusque là, l’enseignement d’Eli éclairait Samuel sur la manière d’entrer en communication avec Dieu. Au v. 9: «Eli dit à Samuel: Va, couche-toi: et s’il t’appelle, alors tu diras: Parle, Eternel, car ton serviteur écoute. Et Samuel s’en alla et se coucha en son lieu».

Maintenant Samuel est en rapport direct avec l’Eternel qui lui confie ses secrets. Et Samuel ne cache rien, comme Paul aux Ephésiens, selon Act. 20, 20: «Comment je n’ai rien caché des choses qui étaient profitables, en sorte que je ne vous eusse pas prêché et enseigné publiquement et dans les maisons, etc..».

En 1 Samuel 3, Eli est mis de côté. Il est obligé de recevoir les choses de Dieu par la bouche d’un jeune garçon. Humiliation pour ce vieillard dont le chemin va descendant tandis que celui de son élève atteint en montant des régions que les pas du souverain sacrificateur n’ont jamais abordées.

Au ch. 1) Eli montrait un manque de discernement spirituel. Au ch. 2) découragement moral pour se séparer du mal. Au ch. 3) ses yeux sont troublés. Il ne peut voir cette lumière qui n’était pas éteinte, image frappante de son état moral. De plus il se montre paresseux à comprendre. Il était aussi devenu paresseux à écouter. Samuel était simplement ignorant, ce qui vaut beaucoup mieux, et quand il y a la piété Dieu remédie à l’ignorance. Quant à nous-mêmes, nous sommes responsables de rechercher cette nourriture spirituelle, comme 1 Pi. 2, 3 en fait allusion.

Et au v. 13: «Car je lui ai déclaré que je vais juger sa maison pour toujours, à cause de l’iniquité qu’il connaît, parce que ses fils se sont avilis et qu’il ne les a pas retenus». C’est un caractère d’affaiblissement spirituel d’Eli qui n’avait pas été signalé jusqu’ici. Récrions le mal dans nos familles, le chef en a l’autorité.  Quant à Samuel, sa fidélité est le gage de nouvelles étapes de vie. Il grandit. Au v. 19: «Et Samuel grandissait; et l’Eternel était avec lui, et il ne laissa tomber à terre aucune de ses paroles». Puis les paroles de Samuel étaient gardées par celui qui l’assistait. Samuel était l’organe de Dieu, son oracle. Une révélation en attire une autre et Dieu continue de lui apparaître à Silo (v. 21). Samuel croît dans la connaissance du Seigneur et de sa parole révélée. Quant à Eli, v. 18, il est toutefois consolant de voir son humble soumission. Devant la discipline, Eli montre cet esprit d’humiliation qui précède le relèvement. Un cœur brisé qui ne se dresse pas en face de la volonté de Dieu pour lui résister, mais l’accepte avec toutes ses conséquences parce qu’elle est la volonté de Dieu, bonne, agréable, parfaite.

Chapitre 4

*  1 Et ce que Samuel avait dit arriva à tout Israël.
Et Israël sortit en bataille à la rencontre des Philistins, et ils campèrent près d’Ében-Ézer*; et les Philistins campèrent à Aphek. 2 Et les Philistins se rangèrent en bataille contre Israël; et la bataille devint générale, et Israël fut battu devant les Philistins; et ils frappèrent environ quatre mille hommes en bataille rangée, dans la campagne. 3 Et le peuple rentra dans le camp, et les anciens d’Israël dirent: Pourquoi l’Éternel nous a-t-il battus aujourd’hui devant les Philistins? Prenons à nous, de Silo, l’arche de l’alliance de l’Éternel, et qu’elle vienne au milieu de nous et nous sauve de la main de nos ennemis. 4 Et le peuple envoya à Silo, et on apporta de là l’arche de l’alliance de l’Éternel des armées, qui siège entre les chérubins*; et les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, étaient là avec l’arche de l’alliance de Dieu. 5 Et aussitôt que l’arche de l’alliance de l’Éternel entra dans le camp, tout Israël se mit à pousser de grands cris, de sorte que la terre en frémit. 6 Et les Philistins entendirent le bruit des cris, et dirent: Quel est ce bruit de grands cris dans le camp des Hébreux? Et ils surent que l’arche de l’Éternel était venue dans le camp. 7 Et les Philistins craignirent, car ils dirent: Dieu est venu dans le camp. Et ils dirent: Malheur à nous! car il n’en a jamais été ainsi auparavant. 8 Malheur à nous! Qui nous délivrera de la main de ces dieux puissants? Ce sont là les dieux qui ont frappé les Égyptiens de toutes sortes de plaies dans le désert. 9 Philistins, fortifiez-vous et soyez hommes, de peur que vous ne soyez asservis aux Hébreux, comme ils vous ont été asservis! Soyez hommes, et combattez! 10 Et les Philistins combattirent, et Israël fut battu; et ils s’enfuirent chacun à sa tente; et la défaite fut très-grande, et il tomba d’Israël trente mille hommes de pied. 11 Et l’arche de Dieu fut prise, et les deux fils d’Éli, Hophni et Phinées, moururent.

12
Et un homme de Benjamin courut de la bataille, et vint à Silo ce même jour, ayant ses vêtements déchirés, et de la terre sur sa tête. 13 Et il entra, et voici, Éli était assis sur un siège, aux aguets, à côté du chemin; car son cœur tremblait pour l’arche de Dieu. Et l’homme entra pour annoncer dans la ville [ce qui était arrivé]; et toute la ville jeta des cris. 14 Et Éli entendit le bruit des cris, et dit: Qu’est-ce que ce bruit de tumulte? Et l’homme vint en hâte et informa Éli. 15 Or Éli était âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, et il avait les yeux fixes et il ne pouvait voir. 16 Et l’homme dit à Éli: Je viens de la bataille, et je me suis enfui de la bataille aujourd’hui. Et [Éli] dit: Qu’est-il arrivé, mon fils? 17 Et celui qui portait le message répondit et dit: Israël a fui devant les Philistins, et même il y a eu une grande défaite du peuple, et aussi tes deux fils, Hophni et Phinées, sont morts, et l’arche de Dieu est prise. 18 Et il arriva que, lorsqu’il mentionna l’arche de Dieu, [Éli] tomba à la renverse de dessus son siège, à côté de la porte, et se brisa la nuque et mourut; car c’était un homme âgé et pesant.* Et il avait jugé Israël quarante ans.
19
Et sa belle-fille, femme de Phinées, était enceinte, près d’accoucher; et elle entendit la nouvelle que l’arche de Dieu était prise, et que son beau-père et son mari étaient morts, et elle se courba et enfanta, car les douleurs la surprirent. 20 Et comme elle se mourait, celles qui se tenaient auprès d’elle [lui] dirent: Ne crains point, car tu as enfanté un fils. Et elle ne répondit pas et n’y fit pas attention; 21 et elle appela l’enfant I-Cabod*, disant: La gloire s’en est allée d’Israël; — parce que l’arche de Dieu était prise, et à cause de son beau-père et de son mari. 22 Et elle dit: La gloire s’en est allée d’Israël, car l’arche de Dieu est prise.
v. 1: la pierre de secours. / v. 4: ou: dessus des chérubins, ici et ailleurs. / v. 18: date: A.C. 1120, environ. / v. 21: où est la gloire? ou: privé de gloire.

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Première partie : 
Chapitres 1 à 3 : naissance et enfance de Samuel
Chapitres 4 à 7 : ruine de la sacrificature et relèvement du peuple

Chapitre 4 : l’arche de l’alliance prise par les Philistins

Ce chapitre nous présente non seulement la ruine de la sacrificature mais celle du peuple tout entier. Le jugement atteint tout le peuple. «Ce que Samuel avait dit arriva» (v. 1). La parole prophétique a un caractère infaillible. Dams ce  v. 1 Eben-Ezer n’est indiqué que pour montrer l’emplacement du camp d’Israël. Ce lieu ne reçut son nom que plus tard selon ch. 7, 12. Cet endroit se trouvait à Mitspa, selon ch. 7, 6. Cela est d’une grande importance pour apprécier l’état moral du peuple. En effet, ce qu’était Guilgal sous Josué, Mitspa l’était sous les juges. C’est un lieu où le peuple se rassemblait. Mais dans ce chapitre quatrième, Mitspa n’a plus grande signification. Qu’en penser, que penser de l’état du peuple. Quel contraste avec, par exemple, ce que rapporte Jug. 11, 11: «Et Jephthé alla vers les anciens de Galaad, et le peuple l’établit chef et capitaine sur lui. Et Jephthé prononça toutes ses paroles devant l’Eternel, à Mitspa». Puis encore ch. 20, 1: «Et tous les fils d’Israël sortirent, depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba, et le pays de Galaad; et l’assemblée se réunit comme un seul homme, vers l’Eternel, à Mitspa». 

En 1 Samuel 4, on ne fait même plus attention à Mitspa. Il y a oubli de la présence de Dieu. Cela a pour conséquence que le peuple ne le consultait pas. Alors le résultat est là. Israël est battu, v. 2. Ils ne comprennent pas leur défaite, ils n’ont pas conscience de leur condition. Puis pour se relever de leur défaite, ils veulent associer l’arche,  le trône de Dieu, à leur état de ruine. Ils n’hésitent pas à prendre Dieu puisque Dieu siège entre les deux chérubins. Ils tirent pour ainsi dire Dieu à eux. Si Dieu se laisse amener, c’est comme juge et non comme libérateur. Dieu juge tout, la sacrificature puis le peuple, puis enfin leurs adversaires, après que sa gloire s’en est allée d’Israël (v. 22). Le peuple semble reconnaître la puissance de Dieu. Nous le voyons aussi jeter, à la vue de l’arche,  de grands cris, de sorte que la terre en frémit, v. 5. Que dire de l’ensemble de la chrétienté qui se sert du nom de Christ pour s’exalter alors que son état est déplorable! C’est comparable au récit de 1 Samuel 4:  ce peuple ne reconnaît que les choses extérieures. Il n’y a rien à l’intérieur et en réalité si l’arche est là, c’est pour que l’accomplissement de la Parole de l’Eternel par Samuel puisse avoir lieu. Dieu est, pour ainsi dire, livré aux mains des ennemis mais c’est lui qui juge. Le chemin de Christ ressemble à celui de l’arche. C’est lui qui a été rejeté, qui a été méprisé au milieu des hommes, qui a subit de leur part tout ce qu’ils ont voulu, mais Christ est établi sur eux juge des vivants et des morts. Les cris du v. 5 qui ressemblaient à des cris de triomphe sont devenus un bruit de tumulte. Israël est battu, la sacrificature est détruite. La honte et l’impuissance, la gloire de Dieu livrée aux mains de l’ennemi: triste tableau; c’est un désastre.

Dans la fin de la carrière d’Eli, sa mort fut terrible, dramatique. Le jugement de Dieu s’est abattu sur lui. Pourtant, en ayant un jugement sur lui-même, Eli avait accepté le jugement de Dieu, selon ch. 3, 18. Et maintenant il n’a de pensées que pour l’arche de l’Eternel, ch. 4, 13. Et c’est, au v. 18, la mention de la prise de l’arche qui fait tomber Eli. Ce n’est pas le jugement de sa famille qui le tue, mais le déshonneur infligé à l’Eternel et son départ du milieu de son peuple. Il y a aussi, dans les derniers moments de la femme de Phinées, un état remarquable de sa part. En mourant, elle appelle son fils «I-Cabod». Dans la personne de son propre enfant elle proclame la ruine d’Israël et ses conséquences.

Au sujet des Philistins, rappelons qu’ils représentent la puissance de l’ennemi agissant dans l’enceinte du peuple de Dieu. Ils étaient dans le territoire d’Israël, au-dedans du pays, et non en deçà du Jourdain, Ce ne sont pas des ennemis du dehors comme les Egyptiens ou les Assyriens. Ce sont des ennemis du dedans. Il ne s’agit pas de la chair mais de l’ennemi dans les limites de l’église professante, oppresseur du vrai peuple de Dieu, auquel les promesses appartiennent. La belle-fille d’Eli prononce l’oraison funèbre du malheureux peuple.

Si tous les liens extérieurs sont rompus, Dieu soutient sa majesté, et certes le cantique d’Anne devait soutenir la foi et l’espérance du peuple. Israël a été infidèle. Dieu revendique sa gloire. En apparence les Philistins avaient battu les Israélites; en réalité c’était l’Eternel par le moyen des Philistins. L’Eternel l’avait commandé. Quant à l’arche, elle n’était au fond qu’un symbole extérieur, sans puissance aucune si la présence de l’Eternel n’était là, effective et réelle. En présence de cette arche, l’ennemi doit s’humilier, Israël se réjouit avec transport et pourtant l’Eternel n’était pas avec le peuple. Il ne pouvait sanctionner de sa présence et de sa puissance un état non jugé. Pendant un moment, v. 7 et 8, les Philistins tremblent, mais les conséquences sont tout de même là. Israël est battu, l’arche est prise. Eli tombe, la gloire s’en va. Quel enseignement pour nous à tous nivaux! Il ne sert à rien de nier l’évidence et de cacher les choses sous des apparences trompeuses ce qui devrait être jugé et confessé, tout en prétendant connaître le bénéfice des privilèges d’une marche dans la lumière et la sainteté. En général les assemblées ou les croyants qui se connaissent le moins, ou qui cherchent à dissimuler leur véritable condition, prétendent, en général, à la position la plus élevée. On peut tromper les hommes, mais on ne trompe pas Dieu. Tôt ou tard Dieu produit dans les consciences une profonde humiliation, mais au terme d’une discipline combien pénible et douloureuse.

 Chapitre 5

1 Et les Philistins prirent l’arche de Dieu et la transportèrent d’Ében-Ézer à Asdod. 2 Et les Philistins prirent l’arche de Dieu et l’apportèrent dans la maison de Dagon et la placèrent à côté de Dagon. 3 Et le lendemain, les Asdodiens se levèrent de bonne heure, et voici, Dagon était gisant sur sa face contre terre, devant l’arche de l’Éternel; et ils prirent Dagon et le remirent à sa place. 4 Et ils se levèrent de bonne heure le lendemain matin, et voici, Dagon était gisant sur sa face contre terre, devant l’arche de l’Éternel; et la tête de Dagon et les deux paumes de ses mains coupées étaient sur le seuil; le Dagon* seul était resté. 5 C’est pourquoi les sacrificateurs de Dagon, et tous ceux qui entrent dans la maison de Dagon, ne marchent pas sur le seuil de Dagon, à Asdod, jusqu’à ce jour.
6
Et la main de l’Éternel s’appesantit sur les Asdodiens, et il les désola; et il frappa d’hémorroïdes Asdod et ses confins. 7 Et les hommes d’Asdod, voyant qu’il en était ainsi, dirent: L’arche du dieu d’Israël ne restera pas avec nous; car sa main pèse durement sur nous et sur Dagon, notre dieu. 8 Et ils envoyèrent, et assemblèrent auprès d’eux tous les princes des Philistins, et dirent: Que ferons-nous de l’arche du dieu d’Israël? Et ils dirent: Qu’on dirige l’arche du dieu d’Israël vers Gath. Et ils y dirigèrent l’arche du Dieu d’Israël. 9 Et, après qu’ils l’y eurent dirigée, il arriva que la main de l’Éternel fut sur la ville: il y eut un très-grand trouble, et il frappa les hommes de la ville, depuis le petit jusqu’au grand, et ils eurent des éruptions d’hémorroïdes.
10
Et ils envoyèrent l’arche de Dieu à Ékron. Et il arriva, comme l’arche de Dieu entrait à Ékron, que les Ékroniens poussèrent des cris, disant: Ils ont dirigé vers nous l’arche du dieu d’Israël, pour nous faire mourir, nous et notre peuple*. 11 Et ils envoyèrent, et assemblèrent tous les princes des Philistins, et dirent: Renvoyez l’arche du dieu d’Israël, et qu’elle retourne en son lieu, afin qu’elle ne nous fasse pas mourir, nous et notre peuple*. Car il y avait une consternation mortelle dans toute la ville: la main de Dieu s’y appesantissait fort, 12 et les hommes qui ne mouraient pas étaient frappés d’hémorroïdes; et le cri de la ville montait aux cieux.
v. 4: c. à d. le tronc, qui avait la forme d’un poisson; hébreu: dag, signifie poisson. // v. 10, 11: litt.: moi et mon peuple.

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Chapitres 1 à 3 : naissance et enfance de Samuel
Chapitres 4 à 7 : ruine de la sacrificature et relèvement du peuple

Chapitre 5 : l’arche de l’alliance dans le pays des Philistins

L’arche, autrement dit la gloire de Dieu, est captive. Elle est dans les mains des ennemis du peuple de Dieu. Mais ils ne pourront pas s’en glorifier. Dieu va prouver que rien n’est plus glorieux que sa gloire humiliée et captive. Ainsi en fut-il de Christ. La croix a glorifié le Fils de l’homme et Dieu en Lui. En Jean 13, 31: «Lors donc qu’il fut sorti, Jésus dit : Maintenant le fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui ».

Dans 1 Samuel ch. 5, et même jusqu’au ch. 6, 13, on distingue que Dieu revendique sa sainteté en jugement, un jugement complet qui tombe sur les faux dieux, sur les hommes, et cela dans le pays des Philistins. Là, l’arche n’était pas associée aux infidélités d’Israël. Elle ne pouvait pas non plus se soumettre aux idoles. Elle ne peut s’arrêter nulle part que là où il lui plaît de venir habiter en grâce. Si Dieu quitte Israël en jugement, nous verrons par la suite que c’est pour y revenir en grâce. Ce n’est pas encore le repos, ce repos aura lieu sous le règne de Salomon, type du règne de Christ. Mais ici, v. 1 à 8, les gens d’Asdod placent la gloire de Dieu à côté de leurs idoles. L’idole du monde, Dagon, est renversée, brisée, mais cela ne change en rien au culte que le monde lui rend. La gloire de Dieu gène le monde mais le monde préfère ses faux dieux mutilés, objet de mépris et de dérision. Le v. 5 montre même une pratique superstitieuse. Le jugement de leur idole n’a eu, cependant, aucun effet sur la conscience des idolâtres. Cette arche attire sur les Philistins la misère et la mort: en Deut. 28, 27: «L’Eternel te frappera de l’ulcère d’Egypte, et d’hémorroïdes, et de gale, et de teigne, dont tu ne pourras guérir». Dans cette arche, qui passe d’un lieu à l’autre, Asdod, Gath, Ekron, selon v. 9 à 11, nous y voyons ainsi l’égoïsme qui caractérise le monde, pourvu qu’un lieu soit tranquille. Peu importe le tourment de l’autre, mais la mort est là et la consternation aussi. Les Philistins ne savent que faire de cette arche et ils se posent la question, v. 8: «Que ferons-nous de l’arche du dieu d’Israël?» et au ch. 6, 2: «Que ferons-nous de l’arche de l’Eternel?».

Chapitre 6

 1 Et l’arche de l’Éternel fut sept mois dans le pays* des Philistins; 2 et les Philistins appelèrent les sacrificateurs et les devins, disant: Que ferons-nous de l’arche de l’Éternel? Faites-nous savoir comment nous la renverrons en son lieu. 3 Et ils dirent: Si vous renvoyez l’arche du dieu d’Israël, ne la renvoyez pas à vide; ne manquez pas de lui rendre un sacrifice pour le délit; alors vous serez guéris, et vous saurez pourquoi sa main ne s’est pas retirée de vous. 4 Et ils dirent: Quel est le sacrifice pour le délit que nous lui rendrons? Et ils dirent: Selon le nombre des princes des Philistins, cinq hémorroïdes d’or, et cinq souris d’or, car une même plaie a été sur vous tous* et sur vos princes. 5 Et vous ferez des figures de vos hémorroïdes, et des figures de vos souris qui détruisent le pays, et vous donnerez gloire au dieu d’Israël. Peut-être allégera-t-il sa main de dessus vous, et de dessus vos dieux, et de dessus votre pays. 6 Et pourquoi endurciriez-vous votre cœur, comme les Égyptiens et le Pharaon ont endurci leur cœur? Après qu’il eut opéré puissamment parmi eux, ne les laissèrent-ils pas aller? et ils s’en allèrent. 7 Et maintenant, faites un chariot neuf, et prenez deux vaches qui allaitent, sur lesquelles le joug n’ait jamais été mis, et attelez les vaches au chariot, et faites ramener à la maison leurs petits d’auprès d’elles. 8 Et prenez l’arche de l’Éternel, et mettez-la sur le chariot, et mettez dans un coffret, à côté d’elle, les objets d’or que vous lui rendez comme offrande pour le délit; et vous la renverrez, et elle s’en ira. 9 Et vous verrez: si elle monte par le chemin de sa frontière, vers Beth-Shémesh, c’est lui qui nous a fait ce grand mal; sinon, nous saurons que ce n’est pas sa main qui nous a frappés, [mais] que c’est une chose accidentelle qui nous est arrivée.
10
Et les hommes firent ainsi, et prirent deux vaches qui allaitaient, et les attelèrent au chariot, et enfermèrent leurs petits dans la maison; 11 et ils mirent l’arche de l’Éternel sur le chariot, et le coffret, avec les souris d’or et les figures de leurs hémorroïdes. 12 Et les vaches allèrent tout droit par le chemin, du côté de Beth-Shémesh; elles marchèrent par une seule route, allant et mugissant, et elles ne se détournèrent ni à droite ni à gauche; et les princes des Philistins allèrent après elles jusqu’à la frontière de Beth-Shémesh. 13 Et ceux de Beth-Shémesh moissonnaient les froments dans la vallée; et ils levèrent leurs yeux et virent l’arche, et se réjouirent en la voyant.
14
Et le chariot vint au champ de Josué, le Beth-Shémite, et s’arrêta là. Et il y avait là une grande pierre; et ils fendirent le bois du chariot, et offrirent les vaches en holocauste à l’Éternel. 15 Et les Lévites descendirent l’arche de l’Éternel, et le coffret qui était auprès, dans lequel étaient les objets d’or, et ils les mirent sur la grande pierre. Et les hommes de Beth-Shémesh offrirent en ce jour des holocaustes et sacrifièrent des sacrifices à l’Éternel. 16 Et les cinq princes des Philistins virent cela, et s’en retournèrent à Ékron ce jour-là.
17
Et ce sont ici les hémorroïdes d’or que les Philistins rendirent à l’Éternel comme offrande pour le délit: pour Asdod une, pour Gaza une, pour Askalon une, pour Gath une, pour Ékron une; 18 et les souris d’or, selon le nombre de toutes les villes des Philistins, des cinq princes, depuis les villes fortifiées jusqu’aux villages des campagnards; et [ils les amenèrent] jusqu’à la grande [pierre d’]Abel, sur laquelle ils posèrent l’arche de l’Éternel; elle est jusqu’à ce jour dans le champ de Josué, le Beth-Shémite. 19 Et [l’Éternel] frappa des hommes de Beth-Shémesh, car ils regardèrent dans l’arche de l’Éternel; et il frappa du peuple soixante-dix hommes*; et le peuple mena deuil, parce que l’Éternel avait frappé le peuple d’un grand coup. 20 Et les hommes de Beth-Shémesh dirent: Qui peut tenir devant l’Éternel, ce Dieu saint? Et vers qui montera-t-il de chez nous? 21 Et ils envoyèrent des messagers aux habitants de Kiriath-Jéarim, disant: Les Philistins ont ramené l’arche de l’Éternel: descendez, faites-la monter vers vous.

v. 1: ailleurs: champs, campagne. / v. 4: litt.: sur eux tous. / v. 19: quelques-uns ajoutent: cinquante mille hommes.

 

Commentaires

Première partie : 
Chapitres 1 à 3 : naissance et enfance de Samuel
Chapitres 4 à 7 : ruine de la sacrificature et relèvement du peuple

Chapitre 6 : retour de l’arche de l’alliance en Israël

Nous avons déjà vu (ch. 5, 8) cette question répétée au début de ce ch. 6: «Que ferons-nous...?». Le peuple interroge alors les sacrificateurs et les devins. Ils ne savent que faire du trône de Dieu, du propitiatoire, qui renfermait les pensées de Dieu. Il ne vient pas à leurs pensées de s’adresser à Dieu. Le clergé des Philistins est très ignorant quoique de bonne foi. Il reconnaît la main de Dieu dans ces plaies. Le clergé recommande au peuple de ne pas endurcir son cœur contre lui, et rappelle ses exploits en Egypte. Il suggère enfin un moyen pour connaître si c’est vraiment lui qui a fait ce mal ou si la chose n’est qu’accidentelle, selon v. 9. Le clergé a une conscience obscurcie, mais Dieu en tient compte. Leur pays était sous un jugement complet puisqu’il était dévasté par des souris et les hommes étaient frappés d’hémorroïdes, v. 5.

Le clergé conseille alors d’offrir des hémorroïdes d’or et des souris d’or comme sacrifice pour le délit. Il n’y avait pas, dans de tels sacrifices, d’effusion de sang et cela en présence de nombreux péchés: guerre, faux-dieux, etc. Ils offrent un sacrifice sans effusion de sang quand il fallait une expiation pour le péché. Mais Dieu tient compte du moindre cri de la conscience. Il donne une réponse claire (v. 12). Telles sont les voies de l’Eternel, toujours droites. 
Et ce Dieu qui juge remonte en grâce auprès de son peuple. Il ne tiendra qu’à celui-ci de le reconnaître avec humiliation. Ainsi Dieu a des voies secrètes qui le ramènent en grâce au milieu de son peuple. L’arche est ramenée sans qu’Israël n’en ait senti le besoin ni exprimé le désir. L’arche qui revient représente beaucoup de choses. C’est le trône de Dieu, c’est son gouvernement au milieu du peuple, c’est le propitiatoire, donc le symbole de l’œuvre de Christ, lieu d’approche. C’est enfin dans son ensemble la personne même de Christ. Puis elle renferme les tables et Jésus pouvait dire: «Ta loi est au-dedans de mes entrailles», etc.

Alors au v. 13, en voyant l’arche, les hommes de Beth-Shémesh se réjouirent. Quel spectacle! Les holocaustes recommencent. Il y a un sentiment de sécurité, de salut, de présence de Dieu. Quant aux Philistins, ils sont intéressés par le spectacle mais leurs cœurs ne sont pas touchés. Ils s’en retournent. Mais la joie provoquée par la contemplation de la grâce n’est pas tout. La joie s’allie au respect et à la crainte. Ils ont la conscience de se trouver en présence de Dieu. Ce Dieu de grâce est saint. Pourtant au v. 19 on voit que des gens abusent de l’intimité dans laquelle Dieu veut bien se présenter à eux. N’abusons pas, et si Jésus est descendu jusqu’à nous, ne traitons pas Jésus en compagnon dont nous disposons à notre gré. La spiritualité ne consiste pas, comme on voudrait le dire, en la familiarité avec Jésus: nous n’avons pas le droit de l’appeler notre frère mais lui n’a pas honte de nous appeler ses frères. Quelle différence! Ainsi cette absence de respect et de crainte, induit les gens de Beth-Shémesh à regarder dans l’arche. Ils ont un esprit profane, et se croient en mesure de distinguer ce qui est de la nature humaine et de la nature divine et d’en sonder le mystère. Regarder dans l’arche renferme un secret connu de Dieu seul, car personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père. Ayons souci de la gloire du Seigneur! Ne touchons pas impunément à son arche! Oui, quant à Jésus, prenons garde de ne pas raisonner sur des thèmes tels que: sa capacité de ne pas pécher, ou aux écoles qui étaient à sa portée pour apprendre les écritures, ou encore quant à son éducation scientifique … car tout cela, c’est «regarder dans l’arche». 

Pour les gens de Beth-Shémesh cette profanation amène sur eux des jugements. Ils ont méprisé la sainteté de l’Eternel et ils peuvent réaliser le v. 20: «Qui peut tenir devant l’Eternel, ce Dieu saint?». Au lieu de s’humilier, ils eurent la même pensée que les Philistins autrefois,  savoir: éloigner cet hôte! «Et vers qui montera-t-il de chez nous?» Ils pensent à Kiriath-Jéarim, v. 21. Ils perdent les bénédictions liées à la présence du Seigneur. D’autres en profitent et comprennent qu’il faut se sanctifier pour veiller sur l’arche. Ce dépôt fut fidèlement confié aux champs de Jaar (Ps. 132, 6).

 

Chapitre 7

1 Et les hommes de Kiriath-Jéarim vinrent, et firent monter l’arche de l’Éternel et l’apportèrent dans la maison d’Abinadab, sur la colline*; et ils sanctifièrent Éléazar, son fils, pour garder l’arche de l’Éternel.

*  2 Et il arriva que, depuis le jour où l’arche demeura à Kiriath-Jéarim, il se passa un long temps, vingt années; et toute la maison d’Israël se lamenta après l’Éternel. 3 Et Samuel parla à toute la maison d’Israël, disant: Si de tout votre cœur vous retournez à l’Éternel, ôtez du milieu de vous les dieux étrangers, et les Ashtoreths, et attachez fermement votre cœur à l’Éternel, et servez-le lui seul; et il vous délivrera de la main des Philistins. 4 Et les fils d’Israël ôtèrent les Baals et les Ashtoreths, et servirent l’Éternel seul. * 
5
Et Samuel dit: Assemblez tout Israël à Mitspa, et je prierai l’Éternel pour vous. 6 Et ils s’assemblèrent à Mitspa, et ils puisèrent de l’eau et la répandirent devant l’Éternel; et ils jeûnèrent ce jour-là, et dirent là: Nous avons péché contre l’Éternel. Et Samuel jugea les fils d’Israël à Mitspa. 7 Et les Philistins apprirent que les fils d’Israël s’étaient assemblés à Mitspa, et les princes des Philistins montèrent contre Israël; et les fils d’Israël l’apprirent, et eurent peur des Philistins. 8 Et les fils d’Israël dirent à Samuel: Ne cesse pas de crier pour nous à l’Éternel, notre Dieu, afin qu’il nous sauve de la main des Philistins. 9 Et Samuel prit un agneau de lait, et l’offrit tout entier à l’Éternel en holocauste; et Samuel cria à l’Éternel pour Israël, et l’Éternel l’exauça.
10
Comme Samuel offrait l’holocauste, les Philistins s’approchèrent pour livrer bataille à Israël; et l’Éternel fit tonner ce jour-là un grand tonnerre sur les Philistins, et les mit en déroute, et ils furent battus devant Israël. 11 Et les hommes d’Israël sortirent de Mitspa et poursuivirent les Philistins, et les frappèrent jusqu’au dessous de Beth-Car. 12 Et Samuel prit une pierre et la plaça entre Mitspa et le rocher, et il appela son nom Ében-Ézer*, et dit: l’Éternel nous a secourus jusqu’ici. 13 Et les Philistins furent abaissés, et ils n’entrèrent plus dans les confins d’Israël; et la main de l’Éternel fut sur les Philistins pendant tous les jours de Samuel. 14 Et les villes que les Philistins avaient prises sur Israël retournèrent à Israël, depuis Ékron jusqu’à Gath; et Israël délivra leur territoire de la main des Philistins. Et il y eut paix entre Israël et l’Amoréen.
15
Et Samuel jugea Israël tous les jours de sa vie. 16 Et il allait d’année en année, et faisait le tour, à Béthel, et à Guilgal, et à Mitspa, et jugeait Israël dans tous ces lieux-là; 17 et il s’en retournait à Rama, car là était sa maison, et là il jugeait Israël; et il bâtit là un autel à l’Éternel.
v. 1: ou: à Guibha. / v. 4: date: A.C. 1100, environ. / v. 12: la pierre de secours

 Commentaires

Première partie : 
Chapitres 1 à 3 : naissance et enfance de Samuel
Chapitres 4 à 7 : ruine de la sacrificature et relèvement du peuple

Chapitre 7 : repentance d’Israël et victoire

 Ce récit se passe en l’an 1100, environ, avant Jésus Christ.

Samuel, comme cela est le cas depuis le chapitre 4 et le sera jusqu’au chapitre 8, est là en tant que juge et prophète. Au début du chapitre septième, Dieu est sans communication avec son peuple. Pourtant l’arche est là: déjà vingt années se sont écoulées depuis qu’elle arrivée à Kiriath-Jéarim. Mais si l’arche est là, l’état moral du peuple est incompatible et ne bénéficie pas de cette grande faveur. Déjà vingt ans d’attente et le jugement n’avait duré que sept mois. Pour que le peuple puisse retrouver la communion avec Dieu, il faut la repentance. Il est aussi facilement compréhensible que l’arche ne peut s’associer aux Asthoreths (v. 3). Pour que cette repentance ait lieu, il aura fallu une durée trente-quatre fois supérieure à celle du jugement, donc: 34 fois 7 mois divisé par 12 = une vingtaine d’années. Vingt années pour que le peuple juge un mal aussi grossier. La Parole démontre ainsi une fois de plus que l’homme a besoin d’un temps beaucoup plus long pour être relevé que pour s’abandonner au mal. Dans ce chapitre septième, Israël se lamente après l’Eternel (v. 2). C’est un signe favorable car quelque chose semble lui manquer. C’est un premier symptôme de l’œuvre de Dieu dans l’âme du peuple. 
Au v. 3, Samuel est comme la bouche de l’Eternel. Il parle à toute la maison d’Israël. Il y a ainsi, par la parole de l’Eternel, une œuvre réelle de l’esprit dans les cœurs afin se séparer du mal, comme les Thessaloniciens qui s’étaient détournés des idoles pour servir le Dieu vivant et vrai. Comme résultat, il y a délivrance et Dieu enlève la discipline. Dans cette œuvre, l’activité de Samuel est remarquable. Non seulement il parle au peuple, mais il rassemble le peuple, selon v. 5, et cela est une fonction de tout serviteur de l’Eternel (voir v. 6 et suivants). Puis, au v. 8, Samuel intercède aussi. Au v. 5 il avait déjà déclaré: je prierai. Et au v. 8, le peuple lui dit: ne cesse pas de crier pour nous à l’Eternel. Tout comme Moïse, Samuel est un intercesseur. Dans le Ps. 99, 6: «Moïse et Aaron, parmi ses sacrificateurs, et Samuel, parmi ceux qui invoquèrent son nom, crièrent à l’Eternel, et il leur a répondu ».

L’importance de Mitspa est visible dans les v. 5 à 14. Au ch. 4, 1, souvenons-nous qu’Israël avait trouvé la défaite car il se rendait au combat sans un travail de conscience qui eût été propre à le relever. Mais dans au chapitre 7, c’est tout différent. Les fruits de la repentance sont là. L’eau est répandue, c’est-à-dire l’affliction jointe aux sentiments de leur irrémédiable faiblesse devant Dieu. Puis il y a le jeûne car dans le deuil on ne nourrit pas la chair. Et enfin, une véritable confession du mal, v. 6: «Nous avons péché contre l’Eternel». Les fruits sont le résultat de l’intercession de Samuel pour le peuple. D’autre part, dans ces versets, le rassemblement d’Israël ne convient pas aux Philistins (v. 7). Israël a craint, certes, c’est de la faiblesse, mais c’est meilleur que cette sûreté de la chair (ch. 4, 5). Alors les regards sont tournés vers Samuel pour prier. Et Samuel, au v. 9, offre un agneau. Il sait que son office ne peut être efficace qu’en vertu de l’acceptation du sacrifice. Il peut dès lors être l’avocat du peuple. La demande de Samuel a pour point de départ l’holocauste et Dieu écoute. Les v. 10 et 11 relèvent la défaite des Philistins. L’Eternel a fait le travail. Israël n’a rien d’autre à faire qu’à poursuivre un adversaire battu. La victoire vient de Dieu, le secours tout entier vient de lui, mais pour que la victoire soit complète, il faut le déploiement et l’énergie de la foi. Au v. 12, il y a cette pierre: Eben-Ezer. La restauration est là. L’ennemi ne se montre plus (v. 13).

Quant à Samuel, quelle persévérance; au v. 15: Béthel, Guilgal, Mitspa, caractérisent son activité pour Dieu. Même à Rama, sa maison, il n’est occupé que du bien-être du peuple de l’Eternel. Samuel est un adorateur, il se prosternait devant l’Eternel, ch. 1, 28; ici aussi (v. 17). La vie de foi de Samuel était encadrée par ces deux actes. Mais tout est de par l’Eternel. En comparant le v. 10 avec le ch. 2, 10, c’est l’Eternel qui a battu les Israélites,  et ici c’est l’Eternel qui bat les Philistins.

 

Chapitre 8

1 Et il arriva que, lorsque Samuel fut vieux, il établit ses fils juges sur Israël. 2 Et le nom de son fils premier-né était Joël, et le nom de son second [fils], Abija: ils jugeaient à Beër-Shéba. 3 Et ses fils ne marchaient pas dans ses voies; mais ils se détournaient après le gain déshonnête, et prenaient des présents, et faisaient fléchir le jugement. 4 Et tous les anciens d’Israël s’assemblèrent et vinrent vers Samuel, à Rama; 5 et ils lui dirent: Voici, tu es vieux, et tes fils ne marchent pas dans tes voies; maintenant, établis sur nous un roi pour nous juger, comme toutes les nations. 6 Et la chose fut mauvaise aux yeux de Samuel, qu’ils eussent dit: Donne-nous un roi pour nous juger. Et Samuel pria l’Éternel.
7
Et l’Éternel dit à Samuel: Écoute la voix du peuple en tout ce qu’ils te disent; car ce n’est pas toi qu’ils ont rejeté, mais c’est moi qu’ils ont rejeté, afin que je ne règne pas sur eux. 8 Selon toutes les actions qu’ils ont commises, depuis le jour où je les ai fait monter d’Égypte, jusqu’à ce jour, en ce qu’ils m’ont abandonné et ont servi d’autres dieux: ainsi ils font aussi à ton égard. 9 Et maintenant, écoute leur voix; seulement tu leur rendras clairement témoignage, et tu leur annonceras le régime du roi qui régnera sur eux.
10
Et Samuel dit toutes les paroles de l’Éternel au peuple qui lui demandait un roi. 11 Et il dit: Ce sera ici le régime du roi qui régnera sur vous: il prendra vos fils et les mettra pour lui sur son char et parmi ses cavaliers, et ils courront devant son char; 12 et [il les prendra] pour s’en faire des chefs de milliers et des chefs de cinquantaines, et pour labourer ses champs, et pour récolter sa moisson, et pour faire ses instruments de guerre et l’attirail de ses chars. 13 Et il prendra vos filles pour parfumeuses et pour cuisinières et pour boulangères. 14 Et il prendra vos champs et vos vignes et vos oliviers, les meilleurs, et les donnera à ses serviteurs; 15 et il prendra la dîme de vos semences et de vos vignes, et la donnera à ses eunuques* et à ses serviteurs; 16 et il prendra vos serviteurs et vos servantes et vos jeunes hommes d’élite, les meilleurs, et vos ânes, et les emploiera à ses ouvrages; 17 il dîmera votre menu bétail, et vous serez ses serviteurs. 18 Et en ce jour-là vous crierez à cause de votre roi que vous vous serez choisi; mais l’Éternel ne vous exaucera pas, en ce jour-là.
19
Et le peuple refusa d’écouter la voix de Samuel; et ils dirent: Non, mais il y aura un roi sur nous, 20 et nous serons, nous aussi, comme toutes les nations; et notre roi nous jugera, et il sortira devant nous et conduira nos guerres. 21 Et Samuel écouta toutes les paroles du peuple, et les rapporta aux oreilles de l’Éternel. 22 Et l’Éternel dit à Samuel: Écoute leur voix, et établis sur eux un roi. Et Samuel dit aux hommes d’Israël: Allez chacun dans sa ville.
/ v. 15: aussi: officiers de cour, chambellans.

 

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Deuxième partie : 
Chapitres 8 à 15 : Samuel et Saül

Chapitre 8 : Israël réclame un roi

Versets 1 à 3: Samuel manque de discernement spirituel. Il ne consulte pas l’Eternel et établi ses fils dans une fonction de juge, comme si le don qui fut le sien pouvait se transmettre de cette manière. Il n’y a pas de transmission de don ou même de charge par succession. L’histoire des juges comme celle de la sacrificature se termine par une ruine complète.

Au v. 4 les anciens d’Israël désapprouvent avec raison la conduite des fils de Samuel et ils prennent occasion, v. 5, pour demander un roi. Ils se dirigent vers les Gentils au lieu d’aller vers l’Eternel. Ils veulent un roi comme les nations. C’est là la grande faute: comme les nations. Ils cherchent un secours humain pour remédier à la ruine de l’homme. Vouloir un roi, c’est au fond abandonner l’Eternel et renier son gouvernement immédiat par les juges. Mais le péché principal était de vouloir faire «comme les nations». Pourtant dans ses conseils, Dieu avait un roi selon son cœur, selon ch. 2, 35 ; 13, 14.

Quant à la chrétienté, elle n’a pas fait mieux qu’Israël lorsque, en voie d’apostasie, au lieu de s’humilier et de mener deuil, elle a cherché l’appui du monde pour se maintenir (Pergame selon Apoc. 2, 12 et suivants). Quant à Samuel, s’il a manqué de discernement vis-à-vis de ses fils,  il n’a pas fait comme Eli en les honorant plus que l’Eternel. Ainsi, v. 6, la demande formulée par les anciens est mauvaise à ses yeux. Il a recourt à la prière. L’Eternel répond selon v. 7 et 8. Encouragement précieux donné par Dieu à son serviteur au moment où celui-ci subissait une discipline dont les anciens d’Israël étaient devenus les instruments. Tout en le disciplinant, Dieu identifie Samuel avec lui, alors que son peuple, ayant l’apparence de juger le mal, s’identifie avec les nations. Ainsi, il vaut mieux être comme Samuel, humilié, méconnu, seul avec un Dieu rejeté, qu’être comme le peuple d’Israël muni d’une puissante organisation extérieure qui lui donne l’illusion de pouvoir se passer de Dieu et agir à sa guise, alors qu’il est au fond l’esclave du monde et de Satan.

Versets 9 à 18 : la discipline que subissait Samuel le qualifie pour un office nouveau. Il rend un témoignage très clair de ce qui devait arriver au peuple. Le roi, selon le cœur des hommes, allait faire d’eux ses instruments pour accomplir ses desseins. Joug intolérable mais qu’ils ne pourraient secouer. De même le monde dépossède entièrement les chrétiens qui cherchent son appui et ne leur donne en échange que le sentiment de leur misère sans aucune compensation. C’est loin d’être le joug aisé et le fardeau léger de l’esclave de Christ, mais l’angoisse d’une cruelle servitude.

Au v. 21, suite à l’avertissement de Samuel, le peuple préfère suivre son propre chemin. Aussi Samuel rapporte tout à l’Eternel et n’a que lui pour ressources. Ainsi dans ce chapitre, Dieu s’est servi de la discipline pour affermir Samuel. Il veut faire de lui, pour la suite, un instrument de bénédictions nouvelles, Samuel, qui avait établi ses fils sans consulter l’Eternel, mais qui attend sa réponse pour établir un roi sur le peuple, v. 22.

 

Chapitre 9

 *  1 Et il y avait un homme de Benjamin, et son nom était Kis, homme fort et vaillant, fils d’Abiel, fils de Tseror, fils de Becorath, fils d’Aphiakh, fils d’un Benjaminite; 2 et il avait un fils, et son nom était Saül, homme d’élite et beau; et il n’y avait aucun des fils d’Israël qui fût plus beau que lui; il était plus grand que tout le peuple, depuis les épaules en haut.
3
Et les ânesses de Kis, père de Saül, s’étaient perdues; et Kis dit à Saül, son fils: Prends, je te prie, avec toi un des jeunes hommes, et lève-toi, va, cherche les ânesses. 4 Et il passa par la montagne d’Éphraïm, et passa par le pays de Shalisha; et ils ne les trouvèrent pas; et ils passèrent par le pays de Shaalim, mais elles n’y étaient pas, et il passa par le pays de Benjamin, mais ils ne les trouvèrent pas. 5 Quand ils furent venus dans le pays de Tsuph, Saül dit à son serviteur* qui était avec lui: Viens, et retournons-nous-en, de peur que mon père n’ait cessé de penser aux ânesses, et qu’il ne soit en peine de nous. 6 Et il lui dit: Voici, je te prie, il y a un homme de Dieu dans cette ville, et c’est un homme considéré; tout ce qu’il dit arrive infailliblement: allons-y maintenant, peut-être nous enseignera-t-il le chemin par lequel nous devons aller. 7 Et Saül dit à son serviteur*: Mais si nous y allons, que porterons-nous à l’homme? car le pain manque dans nos sacs**, et il n’y a pas de présent à porter à l’homme de Dieu. Qu’avons-nous avec nous? 8 Et le serviteur* répondit de nouveau à Saül et dit: Voici, il se trouve que j’ai en main le quart d’un sicle d’argent, et je le donnerai à l’homme de Dieu, et il nous enseignera notre chemin. 9 (Autrefois, en Israël, un homme, quand il allait consulter Dieu, disait ainsi: Venez, et allons vers le voyant. Car celui qu’on appelle prophète aujourd’hui, se nommait autrefois le voyant). 10 Et Saül dit à son serviteur*: Tu dis bien; viens, allons. Et ils allèrent à la ville où était l’homme de Dieu.
11
Comme ils montaient la montée de la ville, ils trouvèrent des jeunes filles qui sortaient pour puiser de l’eau, et ils leur dirent: Le voyant est-il ici? 12 Et elles leur répondirent et dirent: Il y est; le voilà devant toi: hâte-toi maintenant, car aujourd’hui il est venu à la ville, parce que le peuple a aujourd’hui un sacrifice sur le haut lieu. 13 Aussitôt que vous serez entrés dans la ville, vous le trouverez, avant qu’il monte au haut lieu pour manger; car le peuple ne mange pas, jusqu’à ce qu’il soit venu, parce que c’est lui qui bénit le sacrifice; après cela, les conviés mangent. Et maintenant, montez, car vous le trouverez précisément aujourd’hui.14 Et ils montèrent à la ville. Comme ils entraient dans la ville, voilà Samuel qui sortait au-devant d’eux pour monter au haut lieu.
15
Or, un jour avant que Saül vînt, l’Éternel avait averti* Samuel, disant: 16 Demain, à cette heure, je t’enverrai un homme du pays de Benjamin, et tu l’oindras pour être prince sur mon peuple Israël; et il sauvera mon peuple de la main des Philistins; car j’ai regardé mon peuple, car son cri est parvenu jusqu’à moi. 17 Et comme Samuel vit Saül, l’Éternel lui répondit: Voilà l’homme dont je t’ai parlé; c’est lui qui dominera sur mon peuple.
18
Et Saül s’approcha de Samuel, au milieu de la porte, et [lui] dit: Je te prie, montre-moi où est la maison du voyant. 19 Et Samuel répondit à Saül et dit: Moi, je suis le voyant; monte devant moi au haut lieu, et vous mangerez avec moi aujourd’hui, et le matin je te laisserai aller; et je te déclarerai tout ce qui est dans ton cœur. 20 Et quant aux ânesses que tu as perdues, il y a aujourd’hui trois jours, n’en sois pas en peine, car elles sont trouvées. Et vers qui est [tourné] tout le désir d’Israël? N’est-ce pas vers toi et vers toute la maison de ton père?
21
Et Saül répondit et dit: Ne suis-je pas Benjaminite, de la plus petite des tribus d’Israël? et ma famille n’est-elle pas la moindre de toutes les familles de la tribu de Benjamin? Et pourquoi me dis-tu de telles choses? 22 Et Samuel prit Saül et son jeune homme, et les fit entrer dans la salle, et leur donna place à la tête des invités; et ils étaient environ trente hommes. 23 Et Samuel dit au cuisinier: Donne la portion que je t’ai donnée, dont je t’ai dit: Serre-la par devers toi. 24 Et le cuisinier leva l’épaule, et ce qui était dessus, et il la mit devant Saül. Et [Samuel] dit: Voici ce qui a été réservé; mets-le devant toi [et] mange; car cela a été gardé pour toi, pour le temps fixé, lorsque j’ai dit: J’inviterai le peuple. Et Saül mangea avec Samuel ce jour-là. 25 Et ils descendirent du haut lieu dans la ville, et [Samuel] parla avec Saül sur le toit. 26 Et ils se levèrent de bonne heure. Et comme l’aurore se levait, Samuel appela Saül sur le toit, disant: Lève-toi, et je te laisserai aller. Et Saül se leva, et ils sortirent les deux dehors, lui et Samuel.
27
Comme ils descendaient au bout de la ville, Samuel dit à Saül: Dis au jeune homme qu’il passe devant nous, (et il passa); et toi, arrête-toi maintenant*, et je te ferai entendre la parole de Dieu.
v. 5, 7*, 10: ailleurs: jeune homme. / v. 7**: voir Genèse 42:25./ v. 15: comme Ruth 4:4. / v. 27: ou: un moment.


 Commentaires

Deuxième partie : 
Chapitres 8 à 15 : Samuel et Saül

Chapitre 9 et 10 : Saül établi roi sur Israël

 
Dans ce chapitre 9, et jusqu’au ch. 15, Saül est là. C’est le roi selon la chair. Saül entre en scène et Samuel devait établir un roi (cf ch. 8). Mais il attend que Dieu désigne ce roi. Samuel a un vrai caractère de serviteur. Il dépend de Dieu dans l’obéissance. Il attend. Cela est remarquable, car Samuel sert la cause d’une chose qui le répugne, à savoir établir un roi sur le peuple. Mais comment Samuel peut-il faire autrement puisque le Dieu de toute connaissance en a décidé ainsi. Dieu se met au service de son peuple pour lui choisir un roi selon les principes de l’homme et le chapitre 10 indique la manière de faire. Osée 13, 11 appuie bien: «Je t’ai donné un roi dans ma colère, et je l’ai ôté dans ma fureur». Toutefois Dieu est un Dieu de grâce. Il y a un but  en grâce, et cela est relevé dans le v. 16 où le peuple sera délivré des Philistins. D’autre part, ce choix était l’épreuve d’Israël qui avait demandé un roi selon la chair. Ni Dieu ni Samuel mettent obstacle. Au contraire! Dieu fait choix du plus excellent sujet que la chair puisse désirer; et Samuel le reconnaissait comme tel. Verset 20: tout le désir d’Israël est tourné vers Saül. Certes, Saül a tellement de qualités naturelles pour conduire le peuple: qualités de beauté, de vaillance (v. 1 et 2), qualités morales (v. 5) dans cette affection vis-à-vis de son père. Puis, v. 10, il écoute les conseils de ses inférieurs. V. 21: il est petit à ses propres yeux. Si un tel choix ne réussit pas c’est que décidément l’état de l’homme est général et sans espoir. Quant aux voies de Dieu envers David, elles n’auraient pas été complètes si Saül n’avait pas été choisi. Où auraient été les souffrances de David, préludes de sa gloire!

 Quant à Samuel, quel beau caractère ! homme de prière, d’intercession, qui consulte l’Eternel … et il est ici dans une relation d’intimité encore plus grande. Samuel réalise le Ps. 32, 8. Saül est un instrument aveugle des desseins de Dieu. Samuel en a la conscience et il est le confident des secrets de Dieu (v. 15). En cela nous voyons que rien ne vient de Samuel. Il reçoit de Dieu sans intermédiaire (v. 17). Samuel a conscience de son don de prophète (v. 19) et c’est pour communiquer la pensée de Dieu à Saül. Samuel n’a aucune jalousie de son cœur, lui qui a été mis de côté par les anciens (voir v. 22, etc). La volonté de Dieu lui suffit. Si un roi selon la chair est un mal, Samuel ne s’y oppose pas si Dieu lui-même ne s’y oppose pas.

Remarquons encore dans ce chapitre l’importance des choses insignifiantes : 
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la perte des ânesses
·        
les démarches inutiles de Saül dans la terre d’Israël 
·        
la pensée qui vient au serviteur 
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les jeunes filles allant à la fontaine
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la présence ce jour-là de Samuel dans la ville
·        
le sacrifice de prospérité
·        
chaque pas, chaque décision, chaque parole agissant en communion avec son Dieu

Importance des petits faits.

Remarquons encore au v. 8 ce quart d’un sicle d’argent que possèdent Saül et son serviteur. Autrement dit cela n’est rien en comparaison avec ce qu’ils reçoivent. Saül ne semble pas être atteint au plus profond de lui-même. Certes, il y a de beaux traits naturels, mais ce n’est pas encore comme Gédéon. Remarquons aussi que si Dieu choisit des hommes comme Saül, Balaam, pour servir ses desseins, il ne faut pas oublier que dans l’Ancien Testament l’épreuve de l’homme est toujours là. Il n’a pas encore été déclaré comme irrémédiablement perdu. La nécessité d’une nouvelle naissance n’est pas encore là. Cette nécessité est proclamée dans un temps futur lorsqu’Israël serait ramené dans le pays, selon Ezé. 36, 24-28.

 Quant au cœur de Saül, il n’est pas vraiment touché. Et la suite le montrera.

   

Chapitre 10

 
1
Et Samuel prit une fiole d’huile et la versa sur la tête de Saül*, et il le baisa, et dit: L’Éternel ne t’a-t-il pas oint pour prince sur son héritage? 2 En t’en allant aujourd’hui d’avec moi, tu trouveras deux hommes près du sépulcre de Rachel, sur la frontière de Benjamin, à Tseltsakh, et ils te diront: Les ânesses que tu étais allé chercher sont trouvées; et voici, ton père a oublié l’affaire des ânesses, et il est en peine de vous, disant: Que ferai-je au sujet de mon fils? 3 Et de là tu passeras plus loin, et tu viendras au chêne de Thabor; et là te trouveront trois hommes qui montent vers Dieu à Béthel, l’un portant trois chevreaux, l’autre portant trois gâteaux de pain, et l’autre portant une outre de vin. 4 Et ils te demanderont comment tu te portes, et ils te donneront deux pains, et tu les prendras de leurs mains. 5 Après cela, tu viendras au coteau de Dieu, où sont des postes des Philistins; et il arrivera qu’en entrant là, dans la ville, tu rencontreras une troupe de prophètes descendant du haut lieu, ayant devant eux un luth, un tambourin, une flûte, et une harpe, et eux-mêmes prophétisant. 6 Et l’Esprit de l’Éternel te saisira, et tu prophétiseras avec eux, et tu seras changé en un autre homme. 7 Et lorsque ces signes te seront arrivés, tu feras ce qui se présentera à toi; car Dieu est avec toi. 8 Et tu descendras devant moi à Guilgal; et voici, je descendrai vers toi pour offrir des holocaustes et sacrifier des sacrifices de prospérités; tu attendras sept jours, jusqu’à ce que je vienne vers toi, et je te ferai savoir ce que tu devras faire.
9
Et il arriva que, lorsque [Saül] tourna le dos pour s’en aller d’avec Samuel, Dieu lui changea son cœur en un autre; et tous ces signes eurent lieu ce jour-là. 10 Et ils arrivèrent là, au coteau*; et voici, une troupe de prophètes [venait] à sa rencontre, et l’Esprit de Dieu le saisit, et il prophétisa au milieu d’eux. 11 Et il arriva que, quand tous ceux qui l’avaient connu auparavant virent qu’il* prophétisait avec les prophètes, les gens se dirent l’un à l’autre: Qu’est-il donc arrivé au fils de Kis? Saül aussi est-il parmi les prophètes? 12 Et quelqu’un de là répondit et dit: Et qui est leur père? C’est pourquoi cela passa en proverbe: Saül aussi est-il parmi les prophètes? 13 Et quand [Saül] eut cessé de prophétiser, il vint au haut lieu. 14 Et l’oncle de Saül lui dit, à lui et à son jeune homme: Où êtes-vous allés? Et il dit: Chercher les ânesses; mais voyant qu’elles n’étaient nulle part, nous sommes allés vers Samuel. 15 Et l’oncle de Saül dit: Déclare-moi, je te prie, ce que vous a dit Samuel. 16 Et Saül dit à son oncle: Il nous a déclaré expressément que les ânesses étaient trouvées. Mais quant à l’affaire du royaume, dont Samuel avait parlé, il ne la lui déclara pas.
17
Et Samuel convoqua le peuple devant l’Éternel à Mitspa. 18 Et il dit aux fils d’Israël: Ainsi a dit l’Éternel, le Dieu d’Israël: Moi, j’ai fait monter Israël hors d’Égypte, et je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de tous les royaumes qui vous opprimaient; 19 et vous, aujourd’hui, vous avez rejeté votre Dieu, lui qui vous a sauvés de tous vos maux et de toutes vos détresses, et vous lui avez dit: [Non], mais établis un roi sur nous. Et maintenant, tenez-vous devant l’Éternel, selon vos tribus et selon vos milliers.
20
Et Samuel fit approcher toutes les tribus d’Israël, et la tribu de Benjamin fut prise; 21 et il fit approcher la tribu de Benjamin selon ses familles, et la famille de Matri fut prise; et Saül, fils de Kis, fut pris: et on le chercha, mais on ne le trouva pas. 22 Et ils interrogèrent encore l’Éternel: L’homme viendra-t-il encore ici? Et l’Éternel dit: Voici, il s’est caché parmi les bagages. 23 Et ils coururent, et le prirent de là; et il se tint au milieu du peuple, et il était plus grand que tout le peuple, depuis les épaules en haut. 24 Et Samuel dit à tout le peuple: Voyez-vous celui que l’Éternel a choisi? Il n’y en a point comme lui dans tout le peuple. Et tout le peuple poussa des cris, et dit: Vive le roi!
25
Et Samuel dit au peuple le droit du royaume, et il l’écrivit dans un livre, et le posa devant l’Éternel. Et Samuel renvoya tout le peuple, chacun à sa maison. 26 Et Saül aussi s’en alla à sa maison, à Guibha; et la troupe de ceux dont Dieu avait touché le cœur alla avec lui. 27 Et des fils de Bélial dirent: Comment celui-ci nous sauverait-il? Et ils le méprisèrent et ne lui apportèrent point de présent; et il fit le sourd.

v. 1: litt.: sa tête. / v. 10: ou: à Guibha. / v. 11: litt.: que voici, il.

 

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Deuxième partie : 
Chapitres 8 à 15 : Samuel et Saül

Chapitre 9 et 10 : Saül établi roi sur Israël

 Dans ce chapitre 10, Samuel oint Saül comme prince sur l’héritage de Dieu. Il lui prédit les signes qui lui arriveront en chemin en rapport avec son onction comme roi. Les signes relatés dans ce chapitre sont très importants, car l’avenir de Saül dépend de cela, de la manière dont il comprendrait ces signes.

Les v. 7 à 10 accentuent la responsabilité de Saül. Celui-ci n’aura aucune excuse. Et quant à nous-mêmes un tel passage peut être une pierre de touche. Avons-nous l’intelligence spirituelle, le discernement nécessaire.

Pour Saül, trois signes, dans un ordre voulu de Dieu :
·        
Au v. 2 : le sépulcre de Rachel : ce signe nous rappelle que Benjamin, chef de la tribu du futur roi Saül, avait vu le jour à la mort de sa mère. Ainsi l’histoire de Saül, pour correspondre aux pensées de Dieu, devait commencer là. Il devait être le fils de la droite de Jacob, le Benjamin de Dieu. Le sépulcre de Rachel devait être le début de sa royauté, la mort le séparant de tout son passé. Ce pouvait être pour lui une vie nouvelle, issue de la mort et de laquelle il marcherait librement, comme l’oint de l’Eternel. 
·        
Au v. 3 : trois hommes montent vers Dieu à Béthel. Béthel c’était la première étape du voyage de Jacob, là où Dieu avait fait des promesses (Gen. 28 ). Au milieu de la ruine, la fidélité de Dieu a ses promesses: elles sont manifestées au roi futur afin que ce roi régla sa conduite sur cette fidélité divine. Saül aurait dû voir que Béthel lui était assuré, et qu’il pouvait compter sur la protection divine. Béthel, c’était un lieu de grâce, de bénédiction, et Saül pouvait et devait entrer en relation avec ceux qui se rendaient dans ce lieu, même en si petit nombre. Trois hommes s’y rendent. C’est un témoignage complet à la réalité de la foi qui restait en Israël. Saül devait se joindre à ces hommes de foi.
·        
Au v. 5 : Saül arriverait au coteau de Dieu, siège de sa puissance, actuellement dans les mains des Philistins. Ce coteau de Dieu est donc envahi et dominé par l’ennemi. Ici, Saül peut prendre connaissance de l’état réel du peuple et cela doit parler à sa conscience. En même temps, Dieu se mettait en relation avec Israël par les prophètes. Malgré les Philistins, les ressources divines sont là. L’esprit peut agir en puissance et en grâce.

Cette troupe de prophètes, ce petit résidu allant à Béthel, tout cela doit ouvrir les yeux à Saül qui pouvait ainsi devenir le conducteur et le libérateur du peuple. Saül, qui dépend de l’esprit de Dieu, peut ainsi se laisser conduire pour devenir cet instrument (v. 6 à 9). Et au v. 10, le signe à lieu. Saül est saisi par l’esprit de Dieu. Mais hélas! Si Dieu aurait pu reprendre le cours de ses relations avec Israël, la foi n’est pas en jeu. Les témoins de cette scène ne s’y trompent point, bien que Saül, changé en un autre homme, prophétise. Mais ceux qui l’avaient connu auparavant n’ont pas confiance en lui. «Saül aussi est-il parmi les prophètes? ... qui est son père?» (v. 11 et 12). Mais les signes ne sont pas tout. Il faut encore la parole. Et il lui est enjoint de descendre à Guilgal et d’attendre sept jours (v. 8). Et Samuel viendrait vers lui pour lui apprendre ce qu’il aurait à faire. Deux ans plus tard, nous verrons le résultat de cet ordre quand le roi se décide de descendre à Guilgal (ch. 13, 1).

Dans les v. 17 et suivants, Samuel convoque le peuple à Mitspa. Mais ce n’est plus comme au ch. 7. Depuis lors le peuple avait rejeté l’Eternel en demandant un roi (v. 19). Cela ne pèse pas sur leurs cœurs. Les circonstances étaient extérieurement heureuses, faciles, mais Dieu est rejeté.

Les v. 20 à 27 présentent l’institution de la royauté, avec Saül qui montre sa modestie (v. 23), qui oublie une injure (v. 27), … bien des qualités! La cérémonie est prête. Saül va à Guibha avec ceux dont les cœurs sont touchés. Mais les fils de Bélial, image bien triste du monde, méprisent le roi que Dieu leur envoie. Mais ceux qui connaissent les pensées de Dieu, les vrais croyants, acceptent ce roi comme venant de Dieu, ce roi qui sera l’ennemi le plus acharné de David, oint de l’Eternel.

Quant à nous dans ce monde, reconnaissons les autorités les plus impies pour leur obéir, à part l’obéissance due à Dieu, parce que nous acceptons l’autorité de Dieu qui les a instituées.

Dans ce chapitre, nous voyons aussi que Samuel est toujours le seul que Dieu reconnaisse comme lien entre lui et le peuple. Saül doit avoir à faire avec Samuel, pour être un autre homme, il doit attendre Samuel pour qu’il sache quoi faire, il ne peut pas agir sans le prophète, il doit l’attendre avec une parfaite patience: sept jours. 

   

Chapitre 11

 *  1 Et Nakhash, l’Ammonite, monta et campa contre Jabès de Galaad. Et tous les hommes de Jabès dirent à Nakhash: Fais alliance avec nous, et nous te servirons. 2 Et Nakhash, l’Ammonite, leur dit: Je traiterai avec vous, à la condition que je vous crève à tous l’œil droit et que j’en mette l’opprobre sur tout Israël. 3 Et les anciens de Jabès lui dirent: Donne-nous un délai de sept jours, et nous enverrons des messagers dans tous les confins d’Israël; et s’il n’y a personne qui nous sauve, alors nous sortirons vers toi. 4 Et les messagers vinrent à Guibha de Saül, et dirent ces paroles aux oreilles du peuple. Et tout le peuple éleva sa voix, et pleura.
5
Et voici, Saül venait des champs, derrière ses bœufs; et Saül dit: Qu’a donc le peuple, pour qu’ils pleurent? Et on lui raconta les paroles des hommes de Jabès. 6 Et l’Esprit de Dieu saisit Saül, lorsqu’il entendit ces paroles, et sa colère s’embrasa fortement. 7 Et il prit une paire de bœufs, et les coupa en morceaux, et envoya dans tous les confins d’Israël par des messagers, en disant: Celui qui ne sortira pas après Saül et après Samuel, on fera ainsi à ses bœufs. Et la frayeur de l’Éternel tomba sur le peuple, et ils sortirent comme un seul homme. 8 Et [Saül] les dénombra en Bézek; et les fils d’Israël étaient trois cent mille, et les hommes de Juda trente mille.
9
Et ils dirent aux messagers qui étaient venus: Vous direz ainsi aux hommes de Jabès de Galaad: Demain vous serez délivrés*, quand le soleil sera dans sa chaleur. Et les messagers vinrent et rapportèrent cela aux hommes de Jabès, et ils s’en réjouirent. 10 Et les hommes de Jabès dirent [aux Ammonites]: Demain nous sortirons vers vous, et vous nous ferez selon tout ce qui sera bon à vos yeux.
11
Et il arriva que, le lendemain, Saül rangea le peuple en trois corps; et ils entrèrent au milieu du camp pendant la veille du matin, et ils frappèrent Ammon jusqu’à la chaleur du jour; et ceux qui restèrent furent dispersés; et il n’en resta pas deux ensemble.
12
Et le peuple dit à Samuel: Qui est-ce qui a dit: Saül régnera-t-il sur nous? Livrez ces hommes, et nous les ferons mourir. 13 Et Saül dit: On ne fera mourir personne en ce jour, car l’Éternel a opéré aujourd’hui une délivrance en Israël. 14 Et Samuel dit au peuple: Venez, et allons à Guilgal, et nous y renouvellerons la royauté. 15 Et tout le peuple s’en alla à Guilgal; et là ils établirent Saül pour roi, devant l’Éternel, à Guilgal; et ils sacrifièrent là des sacrifices de prospérités devant l’Éternel; et Saül et tous les hommes d’Israël firent là de grandes réjouissances.

/ v. 9: litt.: il y aura salut pour vous.

 

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Deuxième partie : 
Chapitres 8 à 15 : Samuel et Saül

Chapitre 11 : la victoire de Saül sur les Ammonites


Dans le chapitre précédent la royauté a été établie. Ici, à peine cette royauté établie, Nakhash l’Ammonite entre en scène. Ce n’est pas l’ennemi intérieur comme le Philistin.

L’Ammonite vient vers les gens de Jabès de Galaad qui proposent une alliance pour éviter le combat. Nakhash méprise cette proposition. Voilà ce que nous pouvons attendre de nos lâches concessions au monde: le mépris. Une concession au monde est un manque de foi. Le peuple qui vient d’assister à l’onction de Saül ne pense pas à ce dernier. C’est la chair. La chair ne voit que les choses extérieures.

Les messagers de Jabès annoncent aux tribus ce qu’il en est (v. 3). Saül est là et l’Esprit de Dieu le saisit (v. 6). Il est remarquable de constater que même l’Esprit de Dieu, qui agit en puissance, ne sauve pas l’homme s’il n’y a pas eu un travail de conscience. Ici, Saül, une fois de plus, en est un exemple, Saül dont le cœur avait été changé en un autre homme, mais pas le nouvel homme du Nouveau Testament. Ce même Saül sera plus tard réprouvé lorsqu’il manifestera le vrai fond de son cœur naturel. Saül n’est pas un homme de Dieu. Balaam et Judas sont dans la même lignée. Que penser de Samson! Quant à Saül qui est saisi par l’Esprit de Dieu, il semble néanmoins que son état personnel est décelé dans cette colère ardente de la chair. Il menace au lieu de gagner la confiance et de faire appel à la foi (v. 7). Mais quoi qu’il en soit, Jabès est délivré et Samuel renouvelle la royauté déjà établie au chapitre précédent: ce renouvellement se fait à Guilgal (v. 14). Saül n’est pour rien dans cet acte. Il reconnaît toutefois la main de l’Eternel dans cette délivrance (v. 13). Dieu accorde les moyens et les secours nécessaires pour que Saül puisse marcher en sa présence.

Dans ce chapitre, nous avons le peuple (v. 11-12) qui est distingué des vrais croyants dont Dieu avait touché le cœur au ch. 10, 26 et qui est aussi distingué des fils de Bélial selon ch. 10, 27. Le peuple n’appartient ni aux uns ni aux autres. Il disparaît au jour où le cœur est mis à l’épreuve mais parle hautement pour Saül et contre les fils de Bélial (v. 12). Cela dépend de quel côté se trouve le profit. V. 12: «Et le peuple dit à Samuel: Qui est-ce qui a dit: Saül régnera-t-il sur nous? Livrez ces hommes, et nous les ferons mourir». Ainsi le peuple n’est jamais du côté d’un Saül méprisé ou du côté d’un Saül rejeté.

Aujourd’hui il en est de même et même dans le millenium les nations se soumettront à Christ que pour y trouver un profit.

   

Chapitre 12

 *  1 Et Samuel dit à tout Israël: Voici, j’ai écouté votre voix en tout ce que vous m’avez dit, et j’ai établi un roi sur vous. 2 Et maintenant, voici, le roi marche devant vous; et moi, je suis vieux et j’ai blanchi; et voici, mes fils sont avec vous; et moi, j’ai marché devant vous depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour. 3 Me voici, témoignez contre moi, devant l’Éternel et devant son oint. De qui ai-je pris le bœuf? ou de qui ai-je pris l’âne? ou à qui ai-je fait tort? à qui ai-je fait violence? ou de la main de qui ai-je pris un présent* pour que par lui j’eusse fermé mes yeux? et je vous le rendrai. 4 Et ils dirent: Tu ne nous as point fait tort, et tu ne nous as point fait violence, et tu n’as rien pris de la main de personne. 5 Et il leur dit: L’Éternel est témoin contre vous, et son oint est témoin aujourd’hui, que vous n’avez rien trouvé dans ma main. Et ils dirent: [Il en est] témoin.
6
Et Samuel dit au peuple: C’est l’Éternel qui a établi Moïse et Aaron, et qui a fait monter vos pères du pays d’Égypte. 7 Et maintenant, présentez-vous, et je vous jugerai devant l’Éternel au sujet de tous les actes justes de l’Éternel, qu’il a opérés envers vous et envers vos pères. 8 Quand Jacob fut entré en Égypte, vos pères crièrent à l’Éternel, et l’Éternel envoya Moïse et Aaron; et ils firent sortir vos pères hors d’Égypte, et les firent habiter dans ce lieu-ci. 9 Et ils oublièrent l’Éternel, leur Dieu, et il les vendit en la main de Sisera, chef de l’armée de Hatsor, et en la main des Philistins, et en la main du roi de Moab, qui leur firent la guerre. 10 Et ils crièrent à l’Éternel, et dirent: Nous avons péché; car nous avons abandonné l’Éternel, et nous avons servi les Baals et les Ashtoreths. Et maintenant, délivre-nous de la main de nos ennemis, et nous te servirons. 11 Et l’Éternel envoya Jerubbaal, et Bedan*, et Jephthé, et Samuel, et il vous délivra de la main de vos ennemis tout autour, et vous avez habité en sécurité. 12 Et vous avez vu que Nakhash, roi des fils d’Ammon, venait contre vous, et vous m’avez dit: Non, mais un roi régnera sur nous, — et l’Éternel, votre Dieu, était votre roi. 13 Et maintenant, voici le roi que vous avez choisi, que vous avez demandé; et voici, l’Éternel a mis un roi sur vous. 14 Si vous craignez l’Éternel et que vous le serviez, et que vous écoutiez sa voix, et que vous ne soyez pas rebelles au commandement* de l’Éternel, alors vous, et le roi qui règne sur vous, vous irez après l’Éternel, votre Dieu. 15 Mais si vous n’écoutez pas la voix de l’Éternel, et si vous vous rebellez contre le commandement* de l’Éternel, alors la main de l’Éternel sera contre vous comme contre vos pères. 16 Aussi, tenez-vous là maintenant, et voyez cette grande chose que l’Éternel va opérer devant vos yeux. 17 N’est-ce pas aujourd’hui la moisson des froments? Je crierai à l’Éternel, et il enverra des tonnerres et de la pluie; et vous saurez et vous verrez que le mal que vous avez fait est grand aux yeux de l’Éternel, d’avoir demandé un roi pour vous.
18
Et Samuel cria à l’Éternel, et l’Éternel envoya des tonnerres et de la pluie, ce jour-là; et tout le peuple craignit beaucoup l’Éternel et Samuel. 19 Et tout le peuple dit à Samuel: Prie l’Éternel, ton Dieu, pour tes serviteurs, afin que nous ne mourions point; car, à tous nos péchés, nous avons ajouté ce mal d’avoir demandé un roi pour nous. 20 Et Samuel dit au peuple: Ne craignez pas. Vous avez fait tout ce mal, seulement ne vous détournez pas de* l’Éternel, et servez l’Éternel de tout votre cœur; 21 et ne vous détournez point, car [ce serait vous en aller] après des choses de néant, qui ne profitent pas et ne délivrent pas, car ce sont des choses de néant. 22 Car l’Éternel, à cause de son grand nom, n’abandonnera point son peuple, parce que l’Éternel s’est plu à faire de vous son peuple. 23 Quant à moi aussi, loin de moi que je pèche contre l’Éternel, que je cesse de prier pour vous; mais je vous enseignerai le bon et le droit chemin. 24 Seulement, craignez l’Éternel, et servez-le en vérité, de tout votre cœur; car voyez quelles grandes choses il a faites pour vous. 25 Mais si vous vous adonnez au mal, vous périrez, vous et votre roi.
/ v. 3: ailleurs: rachat, rançon. / v. 11: quelques-uns pensent qu’on devrait lire: Barak. — v. 14, 15: litt.: la bouche. / v. 20: litt.: d’après.

 

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Deuxième partie : 
Chapitres 8 à 15 : Samuel et Saül

Chapitre 12 : le dernier discours de Samuel à Israël

 
Nous comprenons qu’après le renouvellement de la royauté (ch. 11, 14), la carrière de Samuel comme juge doit prendre fin. C’est le sujet de ce chapitre 12. Ce chapitre est pour ainsi dire le testament de toute l’activité déployée par lui comme conducteur d’Israël. Samuel n’avait pas été double dans ses voies en écoutant le peuple. Il avait suivi l’ordre de Dieu. C’est pourquoi au v. 13 c’est: l’Eternel a mis un roi sur vous. Relevons une fois encore le désintéressement d’un homme qui est en communion avec Dieu en rapport avec le fait qu’il a oublié les torts et l’injustice du peuple et des anciens à son égard. Il remet ses fils à leur vraie place (v. 2) après avoir voulu les établir, à tort, juges. Samuel a bien compris la discipline. Ses fils étaient de faux juges, tandis que lui, le vrai juge, avait marché non pas avec, mais devant le peuple. Maintenant c’est le roi qui marche devant eux.

A propos du v. 6, remarquons que dans l’Eglise il n’y a pas d’établissement officiel. Mais les dons nécessaires restent malgré la ruine ainsi qu’une autorité morale reposant sur la sainteté pratique de celui qui l’exerce.

Versets 6, 7 et suivants : le dernier des juges va donner son appréciation sur la conduite du peuple et sur les voies de l’Eternel envers lui. En cela remarquons l’importance de l’autorité nécessaire à avoir vis-à-vis du peuple. Il faut une marche irréprochable. C’est le cas de Samuel (cf v. 3-5). Il faut l’autorité conférée et l’autorité morale pour atteindre la conscience du peuple. Ici il est évident que l’autorité morale est beaucoup plus importante que l’autorité officielle. Le discours de Samuel (v. 6 à 17) remonte à la délivrance d’Egypte. Le but de Dieu était d’introduire ce peuple en Canaan. Puis ils ont oublié Dieu et, sous l’oppression de l’ennemi, ils ont crié à Dieu. C’était la période des juges. A un moment donné, ils ont voulu un roi (v. 12). Ici nous voyons pourquoi ils voulaient un roi. Ce n’était pas pour les motifs du ch. 8, 5. Là les motifs étaient peut-être colorés aux yeux de l’homme, mais pas à ceux de Dieu et de son prophète. Le v. 12 indique que, au fond, Israël avait tout simplement peur de Nakhash avec un absolu manque de foi et de confiance en Dieu. L’Eternel était leur roi mais ils aimaient mieux les secours d’un roi selon les nations et la sécurité dont il pouvait les couvrir plutôt que les ailes de l’Eternel. Malgré tout, Dieu condescend à leur demande et l’histoire de leur responsabilité continue sous un autre régime (v. 13). L’histoire démontrera l’état du peuple sous ce nouveau régime. Pour le moment il s’agit de les convaincre que le mal était grand (v. 17). Le signe en est donné par ces manifestations météorologiques hors saison. En même temps, Samuel intercède pour ce peuple. Cet homme de prières ne se ralentit pas dans ses supplications et la conscience du peuple est à nouveau atteinte (v. 19). Cette conscience a déjà été atteinte de nombreuses fois, comme au ch. 7 avec ce beau mouvement de Mitspa… mais pour combien de temps! Toutefois, même s’il y a un travail de conscience, le mal est fait et il subsiste (v. 20). L’intercession de l’homme de Dieu est leur seule ressource. Et le v. 23 dénote une fois encore encore la persévérance de cet homme de prière.

Mais, au milieu de la ruine, il peut y avoir des témoins fidèles (cf v. 21, 22, 24). Ces témoins ont pour but d’honorer Dieu et de le servir. Leur voie est réellement lumière au milieu des ténèbres. De telles âmes trouveront en outre trois ressources immuables, quels que soient les temps. Ces trois ressources sont les trois piliers de la vie chrétienne. Ce sont 1) la grâce de Dieu (v. 22). 2) l’intercession de Christ, dont Samuel en est un pâle type (v. 23) et 3) La parole (v. 23). Puis au v. 24 n’oublions pas que la connaissance de son grand salut est le vrai moyen de le craindre comme il veut être craint et de le servir comme il veut être servi. Au v. 25 ajoutons le fait que notre responsabilité n’est nullement affaiblie, quelque soit la grâce de Dieu.

En terminant, relevons quelques traits de ce que nous avons vus dans Samuel au cours de ces derniers chapitres: en résumé, Israël infidèle ne se soutient plus dans ses relations avec Dieu sous la sacrificature. L’arche est prise, le sacrificateur meurt et I-Cabod est écrit sur l’état du peuple. Dieu suscite un prophète qui devient le moyen des communications entre lui et le peuple. Mais le peuple, menacé par les Amalékites, demande enfin un roi. Dieu le lui accorde en lui témoignant son déplaisir, puisque lui était son roi. L’esprit de prophétie continue cependant toujours d’être le canal des communications divines pour le peuple.

Chapitre 13

 
*
  1
Saül était âgé de … ans lorsqu’il devint roi; et il régna deux ans sur Israël. 2 — Et Saül se choisit d’Israël trois mille hommes: il y en avait deux mille avec Saül, à Micmash et sur la montagne de Béthel, et mille étaient avec Jonathan à Guibha de Benjamin. Et il renvoya le reste du peuple, chacun à sa tente. 3 Et Jonathan frappa le poste des Philistins qui était à Guéba, et les Philistins l’apprirent; et Saül sonna de la trompette par tout le pays, disant: Que les Hébreux l’entendent! 4 Et tout Israël ouït dire: Saül a frappé le poste des Philistins, et aussi Israël est détesté par les Philistins. Et le peuple se rassembla auprès de Saül à Guilgal. 5 Et les Philistins s’assemblèrent pour faire la guerre à Israël: trente mille chars, et six mille cavaliers, et un peuple nombreux comme le sable qui est sur le bord de la mer; et ils montèrent et campèrent à Micmash, à l’orient de Beth-Aven.
6
Et les hommes d’Israël se virent dans la détresse, car le peuple était serré de près; et le peuple se cacha dans les cavernes, et dans les broussailles, et dans les rochers, et dans les lieux forts, et dans les fosses. 7 Et les Hébreux passèrent le Jourdain [pour aller] au pays de Gad et de Galaad. Et Saül était encore à Guilgal, et tout le peuple le suivait en tremblant.
8
Et [Saül] attendit sept jours, jusqu’au temps assigné par Samuel. Et Samuel ne venait point à Guilgal, et le peuple se dispersait d’auprès de [Saül]. 9 Et Saül dit: Amenez-moi l’holocauste et les sacrifices de prospérités. Et il offrit l’holocauste. 10 Et comme il achevait d’offrir l’holocauste, voici que Samuel vint; et Saül sortit à sa rencontre pour le saluer. 11 Et Samuel dit: Qu’as-tu fait? Et Saül dit: Parce que je voyais que le peuple se dispersait d’auprès de moi, et que tu ne venais pas au jour assigné, et que les Philistins étaient assemblés à Micmash,
12
j’ai dit: Maintenant les Philistins descendront contre moi à Guilgal, et je n’ai pas supplié l’Éternel. Et je me suis fait violence et j’ai offert l’holocauste. 13 Et Samuel dit à Saül: Tu as agi follement, tu n’as pas gardé le commandement de l’Éternel, ton Dieu, qu’il t’avait ordonné; car maintenant l’Éternel aurait établi pour toujours ton règne sur Israël; 14 et maintenant ton règne ne subsistera pas: l’Éternel s’est cherché un homme selon son cœur, et l’Éternel l’a établi* prince sur son peuple, car tu n’as pas gardé ce que l’Éternel t’avait commandé.
15
Et Samuel se leva et monta de Guilgal à Guibha de Benjamin. Et Saül dénombra le peuple qui se trouvait avec lui, environ six cents hommes. 16 Et Saül et Jonathan, son fils, et le peuple qui se trouvait avec eux, demeuraient à Guéba de Benjamin, et les Philistins campaient à Micmash. 17 Et les ravageurs sortirent du camp des Philistins en trois corps: un corps prit le chemin d’Ophra, vers le pays de Shual, 18 et un corps prit le chemin de Beth-Horon, et un corps prit le chemin de la frontière qui regarde la vallée de Tseboïm, vers le désert.
19
Et il ne se trouvait pas de forgeron dans tout le pays d’Israël; car les Philistins avaient dit: Que les Hébreux ne puissent faire ni épée ni lance. 20 Et tout Israël descendait vers les Philistins pour aiguiser chacun son soc, et sa houe, et sa hache, et sa faucille, 21 lorsque le tranchant des faucilles et des houes et des tridents et des haches était émoussé, et pour redresser un aiguillon. 22 Et il arriva que, le jour du combat, il ne se trouva ni épée ni lance dans la main de tout le peuple qui était avec Saül et avec Jonathan; il ne s’en trouvait que chez Saül et chez Jonathan, son fils. 23 Et le poste des Philistins sortit pour [occuper] le passage de Micmash.
-         
v. 14: litt.: commandé.

 Commentaires

Deuxième partie : 
Chapitres 8 à 15 : Samuel et Saül

Chapitre 13 : la première faute de Saül (la famille et la faiblesse de la chair)

Après le sujet du ch. 12, où Samuel mettait fin à son ministère de juge, un nouveau sujet se présente avec Saül qui occupe la scène. Notons que Saül n’est pas opposé à l’œuvre de Dieu mais il essaye de l’accomplir d’une manière charnelle. La chair est introduite dans une position de témoignage. Ce n’est pas selon Dieu et cela rend Saül très coupable. La chrétienté fait la même chose d’où l’importance de tels chapitres.
Début du ch.
 : au v. 3, Jonathan remporte une victoire. Nous aurons l’occasion de revenir dans un autre chapitre sur cet homme de foi. Tourjours est-il qu’ici Saül s’attribue la victoire et ne comprend pas la relation du peuple avec l’Eternel. Il appelle ce peuple comme les nations l’appellent: les Hébreux. Aujourd’hui est-ce que les chrétiens comprennent mieux la relation de l’Eglise avec Dieu? Il en est ainsi de la chair. Elle ne comprend pas les rapports d’intimité établis par l’Esprit entre l’Epoux et l’Epouse. Donc selon v. 4, Saül s’attribue cette victoire. Dans les réveils, il en est souvent ainsi. Les hommes sympathisent à la cause chrétienne en vue de leur propre avantage, comme à la Réformation. Saül rassemble le peuple autour de lui.

Versets 5 et suivants : les Philistins sont là et les Hébreux réalisent bien  vite que la chair n’offre aucune sécurité. Ils ont peur, ils se cachent, etc. En cela ces hommes oublient la seule chose importante. C’est que leur cause n’est pas entre les mains de Saül. Quant à Saül, il suit la recommandation de Samuel (cf ch. 10, 8). Il est encore à Guilgal et le peuple suit en tremblant. Là, après avoir imité la foi en patientant sept jours, Saül ne tient plus, et fait, v. 8, ce qui est réservé de faire au prophète. La patience de la chair cesse au moment de devenir la foi. Alors le peuple se disperse, ce peuple qui suivait en tremblant. La patience de Saül s’arrête. Il n’a pas la foi. Alors, v. 9 et 10, sa faute accomplie, Samuel vint. Le secours de Dieu arrive au moment où la chair vient de céder elle-même. Notons encore que Saül ne méprise pas l’Eternel mais Samuel. Il va même au-devant de lui, v. 10. Saül est un homme dans la chair; il est responsable. Samuel lui pose cette question, v.11: «Qu’as-tu fait?». Ce mot (v. 11) dénote que la chair a une excuse, même pieuse, à la désobéissance, accentuée au v. 12: «Je n’ai pas supplié l’Eternel». Au v. 13, il ressort que la sagesse, les raisonnements, les conseils, les décisions de l’homme sont folies pour Dieu. «Tu as agi follement». Saül ne réalise pas le caractère de la foi. Le premier et seul caractère de la foi, c’est l’obéissance. Sans elle la foi n’existe pas. La foi est liée à la dépendance. Ainsi au v. 14, Dieu répond au sacrifice de Saül en le rejetant comme roi. La chair prouve son incapacité et Dieu agit en grâce en promettant ce roi selon son cœur. Guilgal, par Saül, est devenu le lieu où la chair s’affirme.

Fin du ch. : Samuel (v. 15) va où la foi se maintient encore en Israël, à Guibha de Benjamin, dans la personne de Jonathan. Là il y a la foi. Quant à Saül, les v. 15 et suivants indiquent qu’il n’a pas compris la leçon. Le peuple dépend du monde pour fourbir leurs armes. Si nous dépendons du monde pour fourbir nos armes, nous serons sans ressources pour le combattre. Notre arme c’est la Parole. Ne donnons pas au monde le droit de nous enseigner la Parole, car il ne nous laissera de cette Parole que ce qui ne peut nous nuire.

Chapitre 14

*  1 Et il arriva qu’un jour Jonathan, fils de Saül, dit au jeune homme qui portait ses armes: Viens, et passons jusqu’au poste des Philistins qui est là, de l’autre côté; mais il n’en avertit pas son père. 2 Et Saül se tenait à l’extrémité de Guibha, sous un grenadier qui était à Migron; et le peuple qui était avec lui était d’environ six cents hommes. 3 Et Akhija, fils d’Akhitub, frère d’I-Cabod, fils de Phinées, fils d’Éli, sacrificateur de l’Éternel à Silo, portait l’éphod. Et le peuple ne savait pas que Jonathan s’en fût allé.
4
Et entre les passages par lesquels Jonathan cherchait à passer vers le poste des Philistins, il y avait une dent de rocher d’un côté, et une dent de rocher de l’autre côté: et le nom de l’une était Botsets, et le nom de l’autre Séné; 5 l’une des dents se dressait à pic du côté du nord, vis-à-vis de Micmash, et l’autre, du côté du midi, vis-à-vis de Guéba. 6 Et Jonathan dit au jeune homme qui portait ses armes: Viens, et passons jusqu’au poste de ces incirconcis; peut-être que l’Éternel opérera pour nous, car rien n’empêche l’Éternel de sauver, avec beaucoup ou avec peu [de gens]. 7 Et celui qui portait ses armes lui dit: Fais tout ce qui est dans ton cœur; va où tu voudras*, voici, je suis avec toi selon ton cœur. 8 Et Jonathan dit: Voici, nous allons passer vers ces hommes et nous nous montrerons à eux. 9 S’ils nous disent ainsi: Tenez-vous là jusqu’à ce que nous vous joignions, alors nous nous tiendrons à notre place, et nous ne monterons pas vers eux; 10 et s’ils disent ainsi: Montez vers nous, alors nous monterons, car l’Éternel les aura livrés en notre main; et ce sera pour nous le signe.
11
Et ils se montrèrent les deux au poste des Philistins; et les Philistins dirent: Voici les Hébreux qui sortent des trous où ils se sont cachés. 12 Et les hommes du poste répondirent à Jonathan et à celui qui portait ses armes, et dirent: Montez vers nous, et nous vous ferons savoir quelque chose. Et Jonathan dit à celui qui portait ses armes: Monte après moi, car l’Éternel les a livrés en la main d’Israël. 13 Et Jonathan monta avec ses mains et ses pieds, et celui qui portait ses armes après lui. Et ils tombèrent devant Jonathan, et celui qui portait ses armes les tuait après lui. 14 Et ce premier coup que frappèrent Jonathan et celui qui portait ses armes, mit [par terre]* une vingtaine d’hommes, sur la moitié environ du sillon d’un arpent de terre. 15 Et l’épouvante* fut dans le camp, dans la campagne et parmi tout le peuple; le poste et les ravageurs, eux aussi, furent saisis d’épouvante*; et le pays trembla, et ce fut une frayeur de Dieu.
16
Et les sentinelles de Saül, qui étaient à Guibha de Benjamin, regardèrent, et voici, la multitude s’écoulait, et s’en allait, et ils s’entre-tuaient*. 17 Et Saül dit au peuple qui était avec lui: Faites donc l’appel, et voyez qui s’en est allé d’avec nous. Et ils firent l’appel; et voici, Jonathan n’y était pas, ni celui qui portait ses armes. 18 Et Saül dit à Akhija: Fais approcher l’arche* de Dieu (car l’arche de Dieu était en ce jour-là avec les fils d’Israël). 19 Et il arriva que, pendant que Saül parlait au sacrificateur, le tumulte qui était dans le camp des Philistins allait toujours croissant; et Saül dit au sacrificateur: Retire ta main.
20
Et Saül et tout le peuple qui était avec lui furent assemblée à grands cris, et vinrent à la bataille; et voici, l’épée de chacun était contre l’autre: ce fut une confusion terrible. 21 Et il y avait, comme auparavant, des Hébreux parmi les Philistins*, lesquels étaient montés avec eux dans le camp, [de tout] alentour, et eux aussi [se tournèrent] pour être avec Israël qui était avec Saül et Jonathan. 22 Et tous les hommes d’Israël qui s’étaient cachés dans la montagne d’Éphraïm, entendirent que les Philistins fuyaient, et ils s’attachèrent, eux aussi, à leur poursuite dans la bataille.
23
Et l’Éternel sauva Israël ce jour-là. Et la bataille s’étendit au delà de Beth-Aven. 24 Et les hommes d’Israël furent accablés ce jour-là. Or Saül avait adjuré le peuple, disant: Maudit soit l’homme qui mangera du pain, jusqu’au soir, et [jusqu’à ce] que je me sois vengé de mes ennemis; et, entre tout le peuple, nul ne goûta de pain. 25 Et tout le [peuple du] pays vint dans une forêt; et il y avait du miel sur le dessus des champs. 26 Et le peuple entra dans la forêt; et voici du miel qui coulait; mais nul ne porta sa main à sa bouche, car le peuple avait peur du serment. 27 Et Jonathan n’avait pas entendu, lorsque son père avait fait jurer le peuple, et il étendit le bout du bâton qu’il avait à la main et le trempa dans un rayon de miel et ramena sa main à sa bouche, et ses yeux furent éclaircis. 28 Et quelqu’un du peuple répondit et dit: Ton père a fait expressément jurer le peuple, en disant: Maudit soit l’homme qui mangera du pain aujourd’hui! et le peuple était fatigué. 29 Et Jonathan dit: Mon père a troublé le pays. Voyez donc comme mes yeux ont été éclaircis parce que j’ai goûté un peu de ce miel! 30 Qu’eût-ce été, si le peuple avait aujourd’hui mangé du butin de ses ennemis qu’il a trouvé? maintenant la défaite des Philistins n’aurait-elle pas été plus grande? 31 Et ils frappèrent ce jour-là les Philistins, depuis Micmash jusqu’à Ajalon; et le peuple fut très-fatigué. 32 Et le peuple se jeta sur le butin, et ils prirent du menu et du gros bétail, et des veaux, et ils les égorgèrent sur le sol; et le peuple les mangeait avec le sang. 33 Et on le rapporta à Saül, en disant: Voici, le peuple pèche contre l’Éternel en mangeant avec le sang. Et il dit: Vous avez agi infidèlement. Roulez à présent vers moi une grande pierre. 34 Et Saül dit: Dispersez-vous parmi le peuple, et dites-leur: Amenez-moi chacun son bœuf et chacun son mouton*, et égorgez-les ici et mangez; et ne péchez pas contre l’Éternel en mangeant avec le sang. Et cette nuit-là, tout le peuple amena chacun son bœuf à la main, et ils les égorgèrent là.
35
Et Saül bâtit un autel à l’Éternel; ce fut le premier autel qu’il bâtit à l’Éternel. 36 Et Saül dit: Descendons de nuit après les Philistins, et pillons-les jusqu’à la lumière du matin, et n’en laissons pas un homme de reste. Et ils dirent: Fais tout ce qui est bon à tes yeux. Et le sacrificateur dit: Approchons-nous ici de Dieu. 37 Et Saül interrogea Dieu: Descendrai-je après les Philistins? Les livreras-tu en la main d’Israël? Et il ne lui répondit pas ce jour-là. 38 Et Saül dit: Approchez ici, vous tous les principaux* du peuple, et sachez et voyez comment ce péché est arrivé aujourd’hui; 39 car l’Éternel qui a sauvé Israël est vivant, que si c’était par Jonathan, mon fils, il mourra certainement! Et personne de tout le peuple ne lui répondit. 40 Et il dit à tout Israël: Vous, soyez d’un côté, et moi et Jonathan, mon fils, nous serons de l’autre côté. Et le peuple dit à Saül: Fais ce qui est bon à tes yeux. 41 Et Saül dit à l’Éternel, le Dieu d’Israël: Donne [un sort*] parfait. Et Jonathan et Saül furent pris, et le peuple échappa. 42 Et Saül dit: Jetez le sort entre moi et Jonathan, mon fils. Et Jonathan fut pris. 43 Et Saül dit à Jonathan: Déclare-moi ce que tu as fait. Et Jonathan le lui déclara, et dit: Je n’ai fait que goûter un peu de miel avec le bout du bâton que j’avais à la main, [et] voici, je meurs! 44 Et Saül dit: Que Dieu [me] fasse ainsi, et ainsi y ajoute, si tu ne meurs certainement, Jonathan! 45 Et le peuple dit à Saül: Jonathan, qui a opéré cette grande délivrance en Israël, mourra-t-il? Qu’ainsi n’advienne! L’Éternel est vivant, s’il tombe à terre un des cheveux de sa tête! car il a opéré avec Dieu aujourd’hui. Et le peuple délivra Jonathan, et il ne mourut pas. 46 Et Saül remonta de la poursuite des Philistins, et les Philistins s’en allèrent en leur lieu.
47
Et Saül prit la royauté sur Israël, et il fit la guerre tout à l’entour contre tous ses ennemis: contre Moab, et contre les fils d’Ammon, et contre Édom, et contre les rois de Tsoba, et contre les Philistins; et partout où il se tournait, il les châtiait. 48 Et il forma une armée* et frappa Amalek, et délivra Israël de la main de ceux qui le pillaient.
49
Et les fils de Saül étaient Jonathan, et Jishvi, et Malki-Shua; et les noms de ses deux filles: le nom de l’aînée était Mérab, et le nom de la plus jeune, Mical. 50 Et le nom de la femme de Saül était Akhinoam, fille d’Akhimaats; et le nom du chef de son armée était Abner*, fils de Ner, oncle de Saül. 51 Et Kis, père de Saül, et Ner, père d’Abner, étaient fils d’Abiel.
52
Et la guerre fut forte contre les Philistins durant tous les jours de Saül; et quand Saül voyait quelque homme fort et quelque homme vaillant, il le prenait auprès de lui.
7: litt.: tourne-toi. / v. 14: litt.: fut de. / v. 15: litt.: tremblement. / v. 16: ou: se dispersaient. / v. 18: quelques-uns lisent: l’éphod. / v. 21: ou: qui appartenaient (comme esclaves) aux Philistins. / v. 34: ou aussi: chèvre; ainsi 15:3. / v. 38: comme Juges 20:2. / v. 41: ou: [un témoignage]. / v. 48: ou: déploya [sa] puissance. / v. 50: hébreu: ici: Abiner.

Commentaires

Deuxième partie : 
Chapitres 8 à 15 : Samuel et Saül

Chapitre 14 : la victoire de Jonathan et nouvelle faute de Saül

Ce chapitre est absolument en contraste avec le précédent. Il y avait Saül avec la folie et la faiblesse de la chair. Ici c’est Jonathan caractérisé par la sagesse et la puissance de la foi. Jonathan, selon ch. 13, 3, avait commencé sa carrière par une victoire. Cette victoire avait été profitable à Saül qui se l’était attribuée. Jonathan ne compte pas sur l’appui du monde. Il ne s’attend pas au secours du monde parce qu’il ne dit rien à son père(v. 1). Il se sépare, par son action individuelle, du monde politique et religieux. Religieux parce que, v. 3, le sacrificateur était avec Saül. Mais Jonathan, par la foi, a le secret de Dieu que n’ont ni Saül, ni le sacrificateur, ni le peuple. Jonathan réalise la pensée de l’Eternel. Bien qu’étant séparé, il pense au peuple, non pas aux Hébreux, mais à Israël (v. 12). Quel contraste avec son père Saül, selon ch. 13, 13: « Et Samuel dit à Saül : Tu as agi follement, tu n’as pas gardé le commandement de l’Eternel, ton Dieu, qu’il t’avait ordonné; car maintenant l’Eternel aurait établi pour toujours ton règne sur Israël». Quant à Jonathan, il fait des progrès. Dans ce chapitre, sa confiance est en Dieu seul. Et s’il y a une grande foi, le secret de la force est dans la séparation individuelle.

Versets 4 à 10 : aucun obstacle pour la foi. Ces rochers de Botsets et de Séné ne sont rien. Rien n’empêche l’Eternel de sauver avec peu ou beaucoup de gens. Jonathan  s’attend au Seigneur et sait que, sur le chemin de la foi, on peut être appelé à nous porter en avant ou à nous tenir tranquille. Jonathan combat sans les armes humaines. Ce qu’il a, au v. 13, pour monter devant les Philistins, ce sont ses mains et ses pieds. Et il remporte ainsi la victoire de Dieu. Quel contraste avec Saül! En apparence, rien ne lui manquait. En réalité, tout lui manquait. Saül avait la sacrificature mais elle était jugée. Lui-même était rejeté comme roi, selon ch. 13, 14. Quant à la force de son armée, elle s’éclipsait à l’approche des Philistins, selon ch. 13, 8. Jonathan a conscience que son peuple mérite le jugement et il peut dire: «Peut-être que l’Eternel opérera pour nous», mais ensuite il ajoute: «Rien n’empêche l’Eternel de sauver» (v. 6). En regard de ce jugement qu’il connaît, Jonathan connaît aussi la puissance et la bonté de Dieu. Mais n’oublions pas le compagnon de Jonathan. Sa foi se joint à celle du chef dont il connaît l’affection pour l’Eternel et pour son peuple. Ce compagnon connaît Jonathan et il ne fait aucun raisonnement. Ainsi les paroles du v. 7 sont belles et Jonathan, dans sa foi, n’use pas de dissimulation. Il ne craint pas de se montrer, de mettre au jour ses desseins. Les Philistins, eux, ne sont pas aveugles.

Versets 11 et suivants : le v. 11 démontre encore le caractère de ces deux hommes de foi. Quant à nous chrétiens, ne sommes-nous pas aussi, pour le monde, un sujet de mépris et de moquerie? Dans le v. 12, Jonathan, dans sa pensée, est le représentant du vrai Israël. Ces versets mettent en relief la victoire de la foi, victoire remportée apparemment sur une vingtaine d’hommes mais en réalité sur tout le peuple des Philistins. C’est Dieu qui produit ces résultats qui dépassent l’attente de toutes les pensées de l’homme. Ce phénomène est extraordinaire.

Et Saül, dans les v. 16 à 19 pense consulter l’Eternel, mais il y renonce devant le tumulte qui grandit. Pauvre Saül! Saül qui s’impatientait quand il aurait du attendre le prophète (ch. 13, 9) et maintenant, quand la victoire est à la porte, il juge inutile de consulter l’Eternel. Malgré toutes les apparences il n’y a aucune étincelle de foi chez Saül. La victoire de Jonathan rassemble les transfuges d’Israël (v. 21), et les sépare du monde. Les timides sont aussi encouragés (v. 22). Quant au roi, il établit l’ordonnance charnelle qui prive le peuple de Dieu d’une bonne part de sa force. Les ordonnances établies par le monde affaiblissent ceux qui s’y soumettent.

Au v. 24 : «Et les hommes d’Israël furent accablés ce jour-là. Or Saül avait adjuré le peuple, disant: Maudit soit l’homme qui mangera du pain, jusqu’au soir, et jusqu’à ce que je me sois vengé de mes ennemis; et, entre tout le peuple, nul ne goûta de pain». Il a y dans ce verset le terme maudit. C’est la loi, c’est la chair de l’homme. Quel contraste avec Jonathan qui ne voit dans la victoire que le salut de l’Eternel pour son peuple! Répétons que ce chapitre démontre que la foi de Jonathan produit une grande délivrance en Israël (v. 45) tandis que le résultat de l’ordonnance de Saül est que le peuple fut accablé et très fatigué (v. 24, 28, 31). Cette ordonnance charnelle porte de néfastes conséquences. Le jeûne et la fatigue, imposés au peuple, l’amène à transgresser les principes de la Parole de Dieu (v. 32). Et Saül ne peut pas remédier au mal qu’il a provoqué, malgré ce qu’il peut déclarer dans les v. 33 et 34: «Et on le rapporta à Saül, en disant: Voici, le peuple pèche contre l’Eternel en mangeant avec le sang. Et il dit: Vous avez agi infidèlement. Roulez à présent vers moi une grande pierre. Et Saül dit: Dispersez-vous parmi le peuple, et dites-leur: Amenez-moi chacun son bœuf et chacun son mouton, et égorgez-les ici et mangez; et ne péchez pas contre l’Eternel en mangeant avec le sang. Et cette nuit-là, tout le peuple amena chacun son bœuf à la main, et ils les égorgèrent là».

Et c’est là, où le Seigneur a été déshonoré que Saül bâtit son premier autel à l’Eternel (v. 35).

A ce moment-là, Jonathan n’a pas encore entendu le serment de Saül.  La foi est étrangère aux ordonnances charnelles. Jonathan continue son œuvre dans la liberté de l’Esprit, il boit du torrent par le chemin (Ps. 110) et reçoit le secours préparé de Dieu pour la fatigue. Il réalise aussi le trouble amené par son père. Ainsi l’intervention de la chair n’est qu’un trouble et une entrave à la victoire. Saül a ce désir de détruire entièrement, alors que la sacrificature avait précédemment retiré sa main (v. 19). Ici le sacrificateur a toutefois le courage de dire: «Approchons-nous ici de Dieu» (v. 36). Alors Saül interroge l’Eternel qui ne lui répond pas. Saül demande alors un sort parfait (v. 41). Saül reçoit une réponse qui condamne son action. Oui Dieu permet que tout, dans cette aventure, porte des conséquences extrêmes et que tout aboutit à l’humiliation de Saül. Saül voit dans ce sort la condamnation de Jonathan. C’est ainsi que la chair interprète la Parole de Dieu. Mais l’Eternel garde son serviteur. Mais le roi selon la chair est jugé. Jonathan est délivré, lui qui avait opéré avec Dieu. Malgré tout cela Dieu agit, sans se lasser, par le moyen de Saül, selon la promesse du ch. 9, 16: «Demain, à cette heure, je t’enverrai un homme du pays de Benjamin, et tu l’oindras pour être prince sur mon peuple Israël; et il sauvera mon peuple de la main des Philistins; car j’ai regardé mon peuple, car son cri est parvenu jusqu’à moi». Patience de Dieu car, pourtant, Saül continue à compter sur la chair. Nous le voyons spécialement dans le dernier verset: «Quand Saül voyait quelque homme fort et quelque homme vaillant, il le prenait auprès de lui» (v. 52).

En conclusion tout ce chapitre nous a enseigné que la chair et la foi, loin de se prêter mutuellement aide et secours, ne peuvent qu’entrer en conflit et en opposition l’une avec l’autre.

Encore quelques traits au sujet de la foi qui caractérise Jonathan :i 

·        
elle agit sans prendre le conseil des hommes charnels, dans les v. 1 à 3, 
·        
elle cherche l’occasion de servir le peuple de Dieu au v. 4, 
·        
elle montre l’humilité au v. 6, 
·        
elle trouve un écho dans le cœur du jeune homme, v. 7, 
·        
elle se montre en public, v. 8 
·        
elle ne retourne jamais en arrière, v. 9 et 10 
·        
elle s’associe toujours avec le peuple tout entier, v. 13

Dans son entreprise, Jonathan entreprend une chose impossible selon l’homme. Aussi sa foi ne prend-elle pas conseil de l’homme. C’est avec Dieu qu’elle a affaire. Et dans tous ces chapitres, Jug. 2, 21 à 23 se réalise, à savoir qu’Israël n’a pas exterminé les peuples. L’Eternel les laisse subsister pour éprouver son peuple.

Quant à Saül, il fut roi selon le cœur d’Israël. David le sera selon la grâce.  

Chapitre 15

 
*
  1
Et Samuel dit à Saül: L’Éternel m’a envoyé pour t’oindre comme roi sur son peuple, sur Israël; et maintenant, écoute la voix des paroles de l’Éternel. 2 Ainsi dit l’Éternel des armées: J’ai considéré ce qu’Amalek a fait à Israël, comment il se plaça contre lui sur le chemin quand il montait d’Égypte.3 Va maintenant, et frappe Amalek, et vous détruirez entièrement tout ce qui est à lui, et tu ne l’épargneras pas, mais tu feras mourir les hommes et les femmes, les enfants et ceux qui tètent, les bœufs et les moutons, les chameaux et les ânes. 4 Et Saül convoqua le peuple et le dénombra à Telaïm, deux cent mille hommes de pied et dix mille hommes de Juda. 5 Et Saül vint jusqu’à la ville d’Amalek, et il plaça une embuscade dans la vallée. 6 Et Saül dit aux Kéniens: Allez, retirez-vous, descendez du milieu des Amalékites, de peur que je ne te détruise avec eux; car toi, tu usas de bonté envers tous les fils d’Israël lorsqu’ils montèrent d’Égypte. Et le Kénien se retira du milieu d’Amalek. 7 Et Saül frappa Amalek depuis Havila en allant vers Shur, qui est en face de l’Égypte. 8 Et il prit vivant Agag, roi d’Amalek, et détruisit entièrement tout le peuple par le tranchant de l’épée. 9 Et Saül et le peuple épargnèrent Agag, et le meilleur du menu et du gros bétail, et les bêtes de la seconde portée, et les agneaux*, et tout ce qui était bon, et ils ne voulurent pas les détruire entièrement; mais tout ce qui était misérable et chétif, cela ils le détruisirent entièrement.
10
Et la parole de l’Éternel vint à Samuel, disant: 11 Je me repens d’avoir établi Saül pour roi; car il s’est détourné de* moi et n’a point exécuté mes paroles. Et Samuel fut fort attristé, et il cria à l’Éternel toute la nuit. 12 Et Samuel se leva de bonne heure pour aller le matin à la rencontre de Saül. Et on rapporta à Samuel, disant: Saül est allé à Carmel*; et voici, il s’est érigé un trophée, et il s’est tourné ailleurs, et a passé plus loin, et est descendu à Guilgal. 13 Et Samuel vint vers Saül, et Saül lui dit: Béni sois-tu de l’Éternel! j’ai exécuté la parole de l’Éternel. 14 Et Samuel dit: Quel est donc ce bêlement de brebis à mes oreilles, et ce beuglement de bœufs que j’entends? 15 Et Saül dit: Ils les ont amenés des Amalékites, car le peuple a épargné le meilleur du menu et du gros bétail, pour sacrifier à l’Éternel, ton Dieu; et le reste, nous l’avons détruit entièrement. 16 Et Samuel dit à Saül: Arrête, et je te déclarerai ce que l’Éternel m’a dit cette nuit. Et il lui dit: Parle.
17
Et Samuel dit: N’est-ce pas, quand tu étais petit à tes propres yeux, tu es devenu chef des tribus d’Israël, et l’Éternel t’a oint pour roi sur Israël? 18 Et l’Éternel t’avait envoyé par un chemin, et t’avait dit: Va et détruis entièrement ces pécheurs, les Amalékites, et fais-leur la guerre jusqu’à ce qu’ils soient consumés. 19 Et pourquoi n’as-tu pas écouté la voix de l’Éternel, et t’es-tu jeté sur le butin, et as-tu fait ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel? 20 Et Saül dit à Samuel: J’ai écouté la voix de l’Éternel, et je suis allé par le chemin par lequel l’Éternel m’a envoyé; et j’ai amené Agag, roi d’Amalek, et j’ai entièrement détruit Amalek. 21 Et le peuple a pris, dans le butin, du menu et du gros bétail, comme prémices de ce qui était voué à l’exécration, pour sacrifier à l’Éternel, ton Dieu, à Guilgal. 22 Et Samuel dit: L’Éternel prend-il plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à ce qu’on écoute la voix de l’Éternel? Voici, écouter* est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers; 23 car la rébellion est comme le péché de divination, et l’obstination comme une idolâtrie et des théraphim. Parce que tu as rejeté la parole de l’Éternel, il t’a aussi rejeté comme roi.
24
Et Saül dit à Samuel: J’ai péché, car j’ai transgressé le commandement* de l’Éternel et tes paroles, car j’ai craint le peuple et j’ai écouté leur voix. 25 Et maintenant, pardonne, je te prie, mon péché, et retourne-t’en avec moi, et je me prosternerai devant l’Éternel. 26 Et Samuel dit à Saül: Je ne retournerai point avec toi; car tu as rejeté la parole de l’Éternel, et l’Éternel t’a rejeté pour que tu ne sois plus roi sur Israël. 27 Et Samuel se tourna pour s’en aller, et [Saül] saisit le pan de sa robe, qui se déchira. 28 Et Samuel lui dit: L’Éternel a déchiré aujourd’hui la royauté d’Israël de dessus toi, et l’a donnée à ton prochain, qui est meilleur que toi. 29 Et aussi, la sûre Confiance d’Israël ne ment point et ne se repent point; car il n’est pas un homme pour se repentir. 30 Et [Saül] dit: J’ai péché; honore-moi maintenant, je te prie, en la présence des anciens de mon peuple et en la présence d’Israël, et retourne-t’en avec moi, et je me prosternerai devant l’Éternel, ton Dieu. 31 Et Samuel retourna après Saül, et Saül se prosterna devant l’Éternel.
32
Et Samuel dit: Amenez-moi Agag, roi d’Amalek. Et Agag vint à lui gaiement; et Agag disait: Certainement l’amertume de la mort est passée. 33 Et Samuel dit: Comme ton épée a privé d’enfants les femmes, de même, entre les femmes, ta mère sera privée* d’enfants. Et Samuel mit Agag en pièces devant l’Éternel, à Guilgal. 34 Et Samuel s’en alla à Rama; et Saül monta à sa maison, à Guibha de Saül. 35 Et Samuel ne vit plus Saül jusqu’au jour de sa mort, car Samuel menait deuil sur Saül, parce que l’Éternel s’était repenti d’avoir établi Saül roi sur Israël.

v. 9: ici: agneaux nourris au pâturage, agneaux gras. / v. 11: litt.: d’après. / v. 12: Carmel, en Juda (Josué 15:55). / v. 22: ou: obéir. / v. 24: litt.: la bouche. / v. 33: proprement: plus privée.

 

Commentaires

Deuxième partie : 
Chapitres 8 à 15 : Samuel et Saül

Chapitre 15 : désobéissance et rejet de Saül

 Le tableau succinct du règne de Saül se termine avec le dernier verset du ch. 14. Le chapitre 15 est donné comme un récit à part en relation avec l’importance de son contenu. La raison du rejet définitif de Saül en fait partie. Ce rejet nécessite l’introduction de David, roi selon le cœur de Dieu. Saül, roi selon la chair, a été mis à l’épreuve de plusieurs manières dès le ch. 9. Nous en avons vu les résultats charnels.

Dans le chapitre quinze, il y a une dernière épreuve: celle d’Amalek. Que fera la chair dans ce conflit avec Amalek, cette chair qui prétend agir pour Dieu? Pour Amalek, Deut. 25, 17-19 rapporte ce qu’il était lors de la sortie d’Egypte. L’heure d’Amalek est maintenant là car Dieu avait pourvu, malgré toutes les fautes de Saül, à ce qu’Israël jouisse d’un repos tout à l’entoure. Toujours en rapport avec Amalek, l’Eternel avait juré qu’il y aurait guerre de générations en générations (Ex. 17, 16). Ainsi quiconque avait à cœur la gloire de Dieu et de son peuple, devait, le moment venu, détruire entièrement Amalek qui s’était mis en embuscade sur le chemin lorsqu’Israël montait d’Egypte (v. 2 et 3). La fin d’Amalek devait être la destruction (Nom. 24, 20). Dieu peut se servir d’Amalek comme d’une verge. Mais Amalek n’en restait pas moins l’adversaire par excellence, type de Satan, qui, dès le début du désert, cherche à s’opposer au peuple de Dieu. Ce combat correspond au combat du chrétien selon Eph. 6, la lutte.
Ici Saül n’exécute pas jusqu’au bout l’ordre de l’Eternel et pourtant il y a de belles apparences au début, lorsque les Kéniens sont séparés (v. 6). Mais la chair ne va pas jusqu’au bout, elle ne le peut pas. Quand il le faudrait, elle n’y va pas. Quand il ne le faudrait pas, elle y va. Pour l’Eternel, ne pas exécuter entièrement son ordre, ce n’est pas l’exécuter du tout, d’où cette déclaration «je me repens d’avoir établi Saül pour roi» (v. 11).

Versets 11 et suivants : … chagrin profond pour Samuel qui sait que Saül est rejeté et qui intercède pour lui toute la nuit. Quel homme de prière! Nous l’avions déjà remarqué, lui qui prie pour les désobéissants, pour les méchants et pour chacun. Il mène deuil, il prie, mais il obéit. Quel contraste avec Saül dont la chair est encore mise en évidence dans cette victoire sur Amalek: il s’était érigé un trophée. Saül prompt à se vanter, v. 13: «J’ai exécuté la parole de l’Eternel». Il s’excusera au v. 20. Et au v. 24 il s’accusera avec la même promptitude. Nous y voyons son caractère, mais, v. 14, Dieu ne se  paie pas de paroles, et Samuel pose une question. Il entend un beuglement de bœufs et le bêlement de brebis. La parole de l’Eternel n’a donc pas été exécutée et Saül cherche à mettre la faute sur le peuple, v. 15, alors que Saül et le peuple ont agi d’entente, v. 9. Saül:, il se vante; il accuse ses complices; il colore sa désobéissance du nom de l’Eternel. Quel aveuglement! Samuel va l’en convaincre tout en rappelant ce que Saül était à ses propres yeux au début (v. 17 et 18). Dans les v. 20 et 21, Saül répond encore à sa manière. Le sacrifice est pour lui plus que l’obéissance, mais l’Eternel, v. 22 et 23, ne prend pas plaisir à de tels sacrifices. Le sacrifice sans obéissance ne vaut pas mieux que de se prosterner devant les idoles. Le premier attribut de la foi c’est l’obéissance. Pour Saül, la sentence de sa désobéissance est prononcée au v. 23. C’est la confirmation de son rejet car, au ch. 13, 14, il avait déjà été averti que son règne ne subsisterait pas. L’estocade finale se trouve ainsi au v. 12.

Versets 24 et suivants : Saül reçoit la sentence. Il confesse son péché, mais sans humiliation, sans contrition, tout en espérant pouvoir en éviter les conséquences. Saül a toujours quelques excuses mais il est prompt à confesser le mal qu’il niait peu avant. Il lui manque un exercice de conscience. Saül préfère alléguer sa faute devant le peuple, plutôt que de prendre entièrement le péché sur lui-même. Mais il est trop tard. Il ne sera pas restauré. La sentence est définitive car Dieu est la sûre confiance d’Israël. Dans les v. 29 et 30, on voit que Saül, jusqu’au bout, a sa propre réputation en vue. Ce n’est pas le chemin. Certes, Samuel l’honore, mais l’abandonne ensuite. En l’honorant, Samuel montre que nous devons reconnaître le pourvoir établi de Dieu sur la terre. Même si Saül se prosterne devant l’Eternel (v. 31), c’est sans profit. La sentence de Dieu contre Amalek est désormais confiée aux mains de Samuel (v. 32 et 33).

Puis Samuel se rend à Rama, dans la maison de son père, maison où il pleurera et où il mènera deuil, tandis que Saül se rend dans sa maison. Il y a séparation complète entre lui et le prophète.

 

Chapitre 16

*  1 Et l’Éternel dit à Samuel: Jusques à quand mèneras-tu deuil sur Saül, vu que moi je l’ai rejeté pour qu’il ne soit pas roi sur Israël? Remplis ta corne d’huile, et va: je t’enverrai vers Isaï, le Bethléhémite; car j’ai vu parmi ses fils un roi pour moi. 2 Et Samuel dit: Comment irai-je? Dès que Saül l’entendra, il me tuera. Et l’Éternel dit: Tu prendras avec toi une génisse*, et tu diras: Je suis venu pour sacrifier à l’Éternel. 3 Et tu appelleras Isaï au sacrifice, et moi je te ferai savoir ce que tu auras à faire, et tu oindras pour moi celui que je te dirai.
4
Et Samuel fit ce que l’Éternel avait dit, et vint à Bethléhem; et les anciens de la ville allèrent tremblants à sa rencontre, et dirent: Ta venue est-elle la paix? 5 Et il dit: La paix. Je suis venu pour sacrifier à l’Éternel; sanctifiez-vous, et venez avec moi au sacrifice. Et il sanctifia Isaï et ses fils, et les appela au sacrifice. 6 Et il arriva que, comme ils entraient, il vit Éliab, et il dit: Certainement l’oint de l’Éternel est devant lui. 7 Et l’Éternel dit à Samuel: Ne regarde pas son apparence, ni la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté; car [l’Éternel ne regarde] pas ce à quoi l’homme regarde, car l’homme regarde à l’apparence extérieure, et l’Éternel regarde au cœur. 8 Et Isaï appela Abinadab et le fit passer devant Samuel. Et il dit: L’Éternel n’a pas non plus choisi celui-ci. 9 Et Isaï fit passer Shamma. Et il dit: L’Éternel n’a pas non plus choisi celui-ci. 10 Et Isaï fit passer ses sept fils devant Samuel. Et Samuel dit à Isaï: L’Éternel n’a pas choisi ceux-ci.
11
Et Samuel dit à Isaï: Sont-ce là tous les jeunes gens? Et il dit: Il reste encore le plus jeune, et voici, il paît le menu bétail. Et Samuel dit à Isaï: Envoie, et fais-le amener; car nous ne nous placerons point autour [de la table], jusqu’à ce qu’il soit venu ici. 12 Et il envoya et le fit venir. Or il avait le teint rosé, avec de beaux yeux, et était beau de visage. Et l’Éternel dit: Lève-toi, oins-le; car c’est celui-là. 13 Et Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. Et l’Esprit de l’Éternel saisit David*, depuis ce jour-là et dans la suite. Et Samuel se leva et s’en alla à Rama.
14
Et l’Esprit de l’Éternel se retira d’avec Saül, et un mauvais esprit [envoyé] par l’Éternel le troublait. 15 Et les serviteurs de Saül lui dirent: Tu vois qu’un* mauvais esprit [envoyé] de Dieu te trouble. 16 Que notre seigneur veuille parler: tes serviteurs sont devant toi, ils chercheront un homme qui sache jouer de la harpe; et il arrivera que, quand le mauvais esprit [envoyé] de Dieu sera sur toi, il jouera de sa main et tu t’en trouveras bien. 17 Et Saül dit à ses serviteurs: Je vous prie, trouvez-moi un homme qui sache bien jouer, et amenez-le-moi. 18 Et l’un des jeunes hommes répondit et dit: Voici, j’ai vu un fils d’Isaï, le Bethléhémite, qui sait jouer, un homme fort et vaillant, et un homme de guerre, et qui a l’intelligence des choses*, et un bel homme, et l’Éternel est avec lui. 19 Et Saül envoya des messagers à Isaï, et dit: Envoie-moi David ton fils, qui est avec le menu bétail. 20 Et Isaï prit un âne chargé de pain, et une outre de vin, et un chevreau, et les envoya à Saül par la main de David, son fils. 21 Et David vint vers Saül, et il se tint devant lui; et [Saül] l’aima beaucoup, et il fut son porteur d’armes. 22 Et Saül envoya vers Isaï, disant: Que David, je te prie, se tienne devant moi; car il a trouvé grâce à mes yeux. 23 Et il arrivait que, quand l’esprit [envoyé] de Dieu était sur Saül, David prenait la harpe et en jouait de sa main; et Saül était soulagé et se trouvait bien, et le mauvais esprit se retirait de dessus lui.
v. 2: litt.: une génisse du gros bétail. / v. 13: bien-aimé. / v. 15: litt.: Voici, je te prie, un.  / v. 18: ou: parlant avec intelligence.

 Commentaires

Troisième partie : 
Chapitres 16 à 31 : Saül et David

Chapitre 16 : David est oint comme roi

 Depuis ce chapitre et jusqu’à la fin du premier livre de Samuel, nous avons David ou le roi selon la grâce qui entre en scène. C’est donc bien ici que commence l’histoire du vrai roi selon Dieu. Ce chapitre donne une idée générale de la position de David avant de s’asseoir sur le trône. Il y a en outre d’importants détails quant au caractère du prophète Samuel. Malgré toutes ses qualités, il n’est pas meilleur qu’un autre lorsque ses pensées humaines sont là…. à tel point que Dieu doit le reprendre, au v. 1, parce qu’il continuait de mener deuil sur Saül, le roi rejeté. Au v. 2 il craint une colère de Saül, alors que Dieu lui avait commandé d’aller oindre un fils d’Isaï. Tout cela nous rappelle un peu l’attitude de Moïse à ses débuts. Lorsqu’Isaï fait défiler ses fils, Samuel regarde à l’apparence de l’homme et Dieu est obligé de le reprendre à nouveau, v. 6 et 7. Samuel juge ici comme un homme. Son jugement s’arrête aux mêmes qualités extérieures que Saül. Dieu, avec une grâce touchante, condescend à reprendre son serviteur sous tous ces points. Après cela, Samuel sait ce que l’Eternel attend de lui et la foi finit par triompher, selon v. 7 à 13. En communion avec Dieu, Samuel se montre désormais fidèle. Il rassure les anciens de Bethléhem qui viennent à sa rencontre.

Puis David entre en scène. Son caractère, dès le début, est remarquable. David était oublié de son père et méprisé de ses frères (ch. 17, 28), inconnu de Saül (ch. 17, 55), Saül qui devait pourtant le connaître du fait qu’il ont été en rapport selon v. 18 et 21. Ce qui précède est ainsi en rapport avec le caractère de David dans ses relations. Quant à son apparence extérieure, le v. 12 évoque son teint rosé, ses beaux yeux, sa beauté de visage. Dans ce monde, il y a des hommes beaux, Saül, Eliab. Mais il est un autre genre de beauté qui peut s’allier chez les hommes de foi, celle d’une âme pure ou d’une foi simple. Moïse, Joseph, Daniel, David sont de ceux-là. Et que penser de Christ selon le Ps. 45, 2: «Tu es plus beau que les fils des hommes». Pour David, son caractère de bien-aimé fait nécessairement de lui l’homme souffrant, l’homme affligé ici-bas, vrai type du Sauveur. Au v. 18, David a aussi la beauté de la force. Christ, par exemple, calmant la tempête, est aussi cet homme fort pour les siens. David est aussi un homme de guerre. Que d’analogies dans ce verset entre David et Christ … encore l’intelligence des choses. Et l’Eternel était avec David et combien aussi avec Christ.

Versets 19 et suivants : David entre dans les demeures du roi par la providence divine, mais pas pour régner. Avant cela, sa foi sera mise à l’épreuve et nous verrons de quelle manière elle le sera dans d’autres chapitres. Il souffrira beaucoup. Ces longues années manifesteront aux yeux du peuple toutes les qualités de la grâce qui constitue, selon Dieu, les droits de David au trône d’Israël et à la gloire. 

Dès que David est appelé, l’état moral de Saül change complètement. Jusqu’ici l’Eternel était avec le roi selon la chair et cela explique ses succès. Maintenant l’Esprit de l’Eternel quitte Saül et saisit David. Saül reçoit un mauvais esprit, c’est un jugement et en même temps, Dieu montre que seul son esprit est capable de conjurer et de chasser le mauvais esprit lorsque David joue de la harpe.  

Chapitre 17

*  1 Et les Philistins rassemblèrent leurs armées* pour faire la guerre, et ils s’assemblèrent à Soco, qui appartient à Juda, et campèrent entre Soco et Azéka, à Éphès-Dammim. 2 Et Saül et les hommes d’Israël se rassemblèrent, et campèrent dans la vallée d’Éla*, et se rangèrent en bataille contre les Philistins. 3 Et les Philistins se tenaient sur* la montagne, d’un côté, et Israël se tenait sur* la montagne, de l’autre côté, et le ravin était entre eux. **
4
Et il sortit du camp des Philistins un champion [de l’armée]; son nom était Goliath, il était de Gath; sa hauteur était de six coudées et un empan. 5 Et il avait un casque d’airain sur sa tête, et était revêtu d’une cotte de mailles à écailles; et le poids de la cotte de mailles était de cinq mille sicles d’airain; 6 et il avait des jambières d’airain aux jambes*, et un javelot d’airain entre ses épaules; 7 et le bois de sa lance était comme l’ensouple des tisserands, et le fer de sa lance pesait six cents sicles de fer; et celui qui portait son bouclier marchait devant lui. 8 Et il se tenait là et criait aux troupes rangées d’Israël, et leur disait: Pourquoi sortez-vous pour vous ranger en bataille? Ne suis-je pas le Philistin, et vous, des serviteurs de Saül? Choisissez-vous un homme, et qu’il descende contre moi. 9 S’il est capable de combattre avec moi et qu’il me tue, nous serons vos serviteurs; et si moi j’ai l’avantage sur lui et que je le tue, c’est vous qui serez nos serviteurs et qui nous servirez. 10 Et le Philistin dit: Moi, j’ai outragé aujourd’hui les troupes rangées d’Israël! Donnez-moi un homme, et nous combattrons ensemble. 11 Et Saül et tout Israël entendirent ces paroles, du Philistin, et ils furent effrayés et eurent une grande peur.
12
Et David était fils de cet homme éphratien de Bethléhem de Juda, dont le nom était Isaï; et il avait huit fils; et cet homme, aux jours de Saül, était vieux, avancé en âge parmi les hommes. 13 Et les trois fils aînés d’Isaï étaient partis, ils avaient suivi Saül à la guerre. Et les noms de ses trois fils qui étaient partis pour la guerre, étaient: Éliab, le premier-né, et Abinadab, le* second, et Shamma, le troisième. 14 Et David était le plus jeune; et les trois aînés avaient suivi Saül. 15 Et David allait et revenait d’auprès de Saül pour paître le menu bétail de son père à Bethléhem.
16
Et le Philistin s’approchait le matin et le soir, et il se présenta pendant quarante jours.
17
Et Isaï dit à David, son fils: Prends, je te prie, pour tes frères, cet épha de froment rôti et ces dix pains, et porte-les vite au camp vers tes frères. 18 Et ces dix fromages de lait, tu les porteras au chef du millier; et tu t’informeras touchant le bien-être de tes frères, et tu prendras d’eux un gage.
19
Or Saül, et eux, et tous les hommes d’Israël, étaient dans la vallée d’Éla, faisant la guerre contre les Philistins.
20
Et David se leva de bonne heure le matin et laissa le menu bétail à un gardien, et prit sa charge et s’en alla, comme Isaï le lui avait commandé; et il vint à l’enceinte formée par les chars. Or l’armée sortait pour se ranger en bataille, et on poussait le cri de guerre; 21 et Israël et les Philistins se rangèrent en bataille, ligne contre ligne. 22 Et David laissa aux mains de celui qui gardait le bagage les objets qu’il portait, et courut vers la ligne de bataille; et il vint et interrogea ses frères touchant leur bien-être. 23 Et comme il parlait avec eux, voici le champion, nommé Goliath, le Philistin de Gath, qui s’avançait hors des rangs des Philistins, et il proféra les mêmes paroles; et David l’entendit. 24 Et tous les hommes d’Israël, voyant l’homme, s’enfuirent de devant lui et eurent très-peur. 25 Et les hommes d’Israël dirent: Avez-vous vu cet homme-là qui monte? car c’est pour outrager Israël qu’il est monté. Et il arrivera que l’homme qui le frappera, le roi l’enrichira de grandes richesses, et il lui donnera sa fille, et affranchira la maison de son père en Israël. 26 Et David parla aux hommes qui se tenaient là avec lui, disant: Que sera-t-il fait à l’homme qui aura frappé ce Philistin-là, et qui aura ôté l’opprobre de dessus Israël? Car qui est ce Philistin, cet incirconcis, pour outrager les troupes rangées du Dieu vivant? 27 Et le peuple lui parla selon cette parole, et dit: C’est ainsi qu’on fera à l’homme qui l’aura frappé. 28 Et Éliab son frère aîné, entendit pendant qu’il parlait à ces hommes; et la colère d’Éliab s’embrasa contre David, et il [lui] dit: Pourquoi donc es-tu descendu? et à qui as-tu laissé ce peu de brebis dans le désert? Je connais, moi, ton orgueil et la méchanceté de ton cœur; car c’est pour voir la bataille que tu es descendu. 29 Et David dit: Qu’ai-je fait maintenant? N’y a-t-il pas de quoi? 30 Et il se détourna d’auprès de lui vers un autre, et dit les mêmes paroles; et le peuple lui répondit comme la première fois.
31
Et les paroles que David avait dites furent entendues, et on les rapporta en la présence de Saül; et il le fit venir. 32 Et David dit à Saül: Que le cœur ne défaille à personne à cause de lui! Ton serviteur ira et combattra avec ce Philistin. 33 Et Saül dit à David: Tu n’es pas capable d’aller contre ce Philistin pour combattre avec lui; car tu es un jeune homme, et lui, il est homme de guerre dès sa jeunesse. 34 Et David dit à Saül: Ton serviteur paissait le menu bétail de son père, et un lion vint, et un ours: et il enleva un mouton du troupeau. 35 Et je sortis après lui et le frappai, et je délivrai [le mouton] de sa gueule; et il se leva contre moi, et je le saisis par sa barbe, et le frappai, et le tuai. 36 Ton serviteur a frappé et le lion et l’ours; et ce Philistin, cet incirconcis, sera comme l’un d’eux, car il a outragé les troupes rangées du Dieu vivant. 37 Et David dit: L’Éternel qui m’a délivré de la patte du lion et de la patte de l’ours, lui me délivrera de la main de ce Philistin. Et Saül dit à David: Va, et que l’Éternel soit avec toi.
38
Et Saül revêtit David de ses vêtements, et lui mit un casque d’airain sur la tête, et le revêtit d’une cotte de mailles. 39 Et David ceignit son épée par-dessus ses vêtements, et voulut marcher, car il ne l’avait pas essayé. Et David dit à Saül. Je ne puis marcher avec ces choses, car je ne l’ai [jamais] essayé. Et David les ôta de dessus lui; 40 et il prit son bâton en sa main, et se choisit du torrent cinq pierres lisses, et les mit dans le sac de berger qu’il avait, dans la poche; et il avait sa fronde à la main. Et il s’approcha du Philistin.
41
Et le Philistin s’avança, allant et s’approchant de David, et, devant lui, l’homme qui portait son bouclier. 42 Et le Philistin regarda et vit David, et le méprisa; car c’était un jeune homme au teint rosé, et beau de visage. 43 Et le Philistin dit à David: Suis-je un chien, moi, que tu viennes à moi avec des bâtons? Et le Philistin maudit David par ses dieux. 44 Et le Philistin dit à David: Viens vers moi, et je donnerai ta chair aux oiseaux des cieux et aux bêtes des champs. 45 Et David dit au Philistin: Toi, tu viens à moi avec une épée, et avec une lance, et avec un javelot; et moi, je viens à toi au nom de l’Éternel des armées, du Dieu des troupes rangées d’Israël, que tu as outragé. 46 En ce jour, l’Éternel te livrera en ma main; et je te frapperai, et j’ôterai ta tête de dessus toi, et je donnerai en ce jour les cadavres du camp des philistins aux oiseaux des cieux et aux animaux de la terre; et toute la terre saura qu’il y a un Dieu pour Israël: 47 et toute cette congrégation saura que ce n’est ni par l’épée, ni par la lance, que l’Éternel sauve; car la bataille est à l’Éternel, et il vous livrera entre nos mains.
48
Et il arriva que, comme le Philistin se levait et s’avançait, et s’approchait à la rencontre de David, David se hâta et courut vers la ligne de bataille, à la rencontre du Philistin. 49 Et David mit sa main à son sac, et y prit une pierre, et la lança avec sa fronde; et il frappa le Philistin au front, et la pierre s’enfonça dans son front; et il tomba sur sa face contre terre. 50 Et David, avec une fronde et une pierre, fut plus fort que le Philistin, et frappa le Philistin et le tua; et David n’avait pas d’épée en sa main. 51 Et David courut, et se tint sur le Philistin, et prit son épée, et la tira de son fourreau, et le tua, et lui coupa la tête. Et les Philistins, voyant que leur homme fort était mort, s’enfuirent. 52 Et les hommes d’Israël et de Juda se levèrent et poussèrent des cris, et poursuivirent les Philistins jusqu’à l’entrée du* ravin et jusqu’aux portes d’Ékron; et les Philistins tombèrent tués, sur le chemin de Shaaraïm, et jusqu’à Gath, et jusqu’à Ékron. 53 Et les fils d’Israël s’en revinrent de la poursuite des Philistins et pillèrent leur camp. 54 Et David prit la tête du Philistin et l’apporta à Jérusalem; et ses armes, il les mit dans sa tente.
55
Et quand Saül avait vu David sortant à la rencontre du Philistin, il avait dit à Abner, chef de l’armée: Abner, de qui ce jeune homme est-il fils? Et Abner avait dit: Ton âme est vivante, ô roi! je n’en sais rien. 56 Et le roi dit: Enquiers-toi de qui ce jeune homme est fils. 57 Et comme David revenait d’avoir frappé le Philistin, Abner le prit et l’amena devant Saül, ayant la tête du Philistin à la main. 58 Et Saül lui dit: Jeune homme, de qui es-tu fils? Et David dit: Je suis fils de ton serviteur Isaï, le Bethléhémite.

 v. 1: ou: camps.  / v. 2: ou: du térébinthe.  / v. 3*: plutôt: vers.  / v. 3**: date: A.C. 1065, environ. / v. 6: litt.: pieds.  / v. 13: litt.: son.  / v. 52: litt.: jusqu’à ce que tu viennes au.

 

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Troisième partie :  
Chapitres 16 à 31 : Saül et David

Chapitre 17 : victoire de David sur Goliath

D’abord quelques brèves notes prises en mai 2009 sur les chapitres 16 et 17
En Saül et David nous avons aussi l’histoire, en type, du premier et du second Adam. Dans la Parole David est mentionné avant Saül, soit à la fin du livre de Ruth, car David est le roi selon le cœur de Dieu, de ses conseils. Saül avait montré ce qu’est l’homme selon la chair. Au ch. 16, 1 la «corne d’huile» représente la puissance de l’Esprit de Dieu. David signifie bien-aimé. En Jean 11, 39 il y a quatre jours soit quatre mille ans après l’homme …. le roi selon le cœur de Dieu est venu, au moment voulu, lorsque l’homme est dans une extrémité. En 1 Chron. 29, 23, il est question du trône de l’Eternel. David y était assis tout comme Salomon (cf Luc 1, 32). Au v. 2, cette génisse préfigure l’œuvre de Christ comme sacrifice de prospérité. Au v. 4, la paix évoque bien des pensées: Matt. 11, 28; Eph. 6, 15; Jean 14, 27. Soyons formés par l’évangile de paix. Remarquons l’importance de ces sacrifices dans ces premiers versets. Rappelons-nous aussi que l’Ecriture relate les manquements des fils de Samuel. L’Ecriture relève aussi de belles qualités de Saül mais ce qui compte c’est le cœur (v. 7). Cf Act. 13, 21,22,23; Gen. 49, 10; Ps. 89, 1-4,19,23. Le cœur, c’est le siège des affections mais aussi celui de la volonté. Il faut rechercher la volonté de Dieu dans nos décisions, etc. David avait aussi de beaux yeux. Le regard manifeste ce qu’il y a dans le cœur, dans l’être intérieur. Il en est de même avec le visage (v. 12 à cf avec Act. 7, 20). Il faut la beauté morale et pas une beauté contrefaite comme celle d’Absalom. Au Ps. 45, 2 et en Es. 53, 2, deux choses sont relevées quant à la beauté morale puis physique du Seigneur. Pour le cœur, voir aussi Prov. 3, 1,3,5. David est (v. 12) le huitième fils de David. C’est un chiffre symbolique. Type de Jésus, fils éternel. Tout le futur est en Lui (cf Jean 1, 33). Verset 13: cf Ps. 45, 7; Héb. 3,14; Gal. 5, 25; Ez. 34, 23-24.
Au ch 17, 1: les ennemis prennent l’initiative de la guerre. Derrière eux, il y a le diable typifié en Goliath. Les Philistins représentent le monde et cela plutôt dans son aspect religieux, professant, au milieu de nous. Versets 26 et 36: on ne voit pas si quelqu’un est circoncis. L’extérieur de l’ennemi est visible mais des choses invisibles ne se voient pas en lui. Extérieurement nous ne pouvons pas combattre l’ennemi et intérieurement nous n’avons rien de commun avec lui. Dès que l’ennemi voit du bien en Israël, ou aujourd’hui dans l’Assemblée, l’ennemi se présente. Il est caractérisé par le chiffre «six» qui est le nombre de l’orgueil humain représenté en Goliath. Au Ps. 69, 7-9, en rapport avec les v. 10, 23, l’outrage est mis en évidence. V. 16: il y a ces quarante jours qui représentent le temps d’une vie avec ses épreuves envoyées par Satan. Dans ces épreuves, David a eu affaire au lion, à l’ours, le lion qui déchire, l’ours qui étouffe. Nous sommes ainsi les proies du monde qui cherche à nous affaiblir par de telles armes.  On peut ainsi être étouffé même par des choses dites légitimes comme, par exemple, le travail. V. 17, 18, etc: bel enseignement avec Isaï qui discerne qu’il doit envoyé David au lieu des trois autres qui restent. David est choisi pour s’informer du bien-être de ses frères. Nous connaissons la suite … enseignement à plusieurs facettes telle que l’obéissance d’un fils à son père, etc. V. 20: … de bonne heure (cf Marc 1, 35). V. 40: cinq est le chiffre de la responsabilité de l’homme, de sa faiblesse. Voir aussi Eph. 6, 11 et suivants. Dans ces chapitres 16 et 17, David a environ 23 ans. Quel bel exemple nous avons en lui. Le Seigneur a vaincu le monde (cf Jean 16, 33 avec le v. 57). Les armes que Dieu nous donne nous sépare entièrement du monde quant à nos relations et à notre combat. Au v. 50, il y a des armes pour le combat rapproché et pour le combat à distance. Toutes ces armes se trouvent dans la Parole (cf Deut. 17, 18). Luc 21, 14-15 présente ainsi une arme pour le chrétien en face de l’ennemi et ce passage est bien à propos en rapport avec David en présence de Goliath (v. 44-45). Dans le mot artifices d’Eph. 6, il y a aussi artificiel.

Autres notes
Dans le chapitre seize, nous avons vu le tableau général du caractère de David dans sa position comme oint de l’Eternel et de ses rapports avec Saül. Le chapitre dix-sept reprend le tableau de son histoire à un autre point de vue. Cela explique la répétition en apparence superflue des v. 12 et 13 en rapport avec sa famille.

Ce chapitre ne présente plus le caractère de David. Nous y avons sa carrière et son activité depuis le début usqu’à son résultat final et définitif dans sa victoire sur Goliath. En type, l’histoire de Christ vainqueur de Satan est résumée dans cette période de l’activité de David. Dans le passé les Philistins avaient déjà été vaincus maintes fois, mais pas Goliath. Goliath qui s’avance, qui se moque d’Israël, et qui ne sait pas qu’en réalité c’est l’Eternel qu’il outrage. C’est avec lui qu’il aura à compter et c’est ce qui va le perdre (v. 10).  

Isaï envoie son fils David. C’est l’envoyé du père (v. 17). Son service commence par ses frères. Cela ressemble à l’histoire de Joseph. Dans un cas comme dans l’autre, le but de Dieu est une délivrance qui s’étend bien au-delà de ce cercle restreint. David avait déjà exercé un ministère secret lorsqu’il gardait ses brebis dans le désert. Il avait même frappé le lion et l’ours. C’est un type de Christ qui liait l’homme fort. Ainsi, avant de rencontrer Goliath, David avait opéré la délivrance des brebis de son père lorsque le lion et l’ours, représentant l’ennemi, cherchaient à les ravir. Dans sa vie, Christ a aussi gardé ses brebis et aucune n’ont été perdue. Et il y avait bien plus, car il fallait anéantir la puissance de l’ennemi lui-même. Tout montre en David un beau type de Christ. C’est un vrai serviteur. Il se lève de bonne heure au v. 20. Il prend sa charge, il accomplit la volonté de son père. Déjà oint, il est pour ce service l’homme de l’Esprit, tout en gardant son caractère d’humilité auprès des parcs de brebis.

Le voilà qui arrive aux champs de guerre (v. 28). Comment est-il reçu? Il est taxé d’orgueil et de méchanceté, alors qu’il était plein de confiance et de foi en Dieu. Voilà ce qui est réservé à celui qui suit le simple sentier de la foi. Nos proches ne comprennent pas nos mobiles, tout comme ce fut le cas de Jésus envers les siens. Verset 29: qu’avait donc fait David pour que l’outrage tomba sur lui? Au v. 26 David avait posé la question pour savoir ce qui sera fait comme honneur à celui qui frapperait le Philistin et enlèverait l’opprobre de dessus d’Israël. Mais ce n’est pas à cause de l’honneur et des récompenses que David combattra, mais bien pour Dieu, pour Israël. C’est pour faire connaître l’Eternel à toute la terre et à toute la congrégation comment s’opère le salut de Dieu (v. 46-47). En tout cela David recevra beaucoup, mais ces récompenses seront plus le résultat que le but de son œuvre.

Alors, v. 36, David annonce à Saül l’acte qu’il va accomplir. Dans ces versets, le roi songe à des moyens humains, offre à David des armes, etc, mais David ne veut pas d’autres armes de combat que celles du berger avec les quelles il protège ou ramène ses brebis. Pour nous la Parole est cette arme. Elle renverse Satan. On se rend compte que le travail de l’homme n’a aucune part dans un combat pareil. Alors David se présente devant Goliath (v. 40-41), David, cet homme fort et vaillant, ch. 16, 18, quoique n’ayant pas l’apparence d’un guerrier. Les traits de David, sa foi en l’Eternel sont méprisables aux yeux de Goliath (v. 42). Mais ici David est comme Christ qui veut glorifier Dieu que Satan avait déshonoré. Alors leur force consistait à combattre pour son nom (v. 45). Aucun doute pour David. Souvent nous manquons de confiance comme Jonathan au ch. 14, 6 qui disait: «Peut-être». Mais ici David a une foi absolue, ayant le secret de l’Eternel. David est ici le vrai type de Christ. Il représente Dieu devant l’ennemi. Et c’est par la mort que Christ a vaincu celui qui avait le pouvoir de la mort.

Au v. 54 le vainqueur s’en retourne emportant les trophées de sa victoire comme Christ est entré dans sa demeure emmenant la captivité captive. Puis la défaite de Goliath c’est celle des Philistins. Ainsi le monde est un ennemi vaincu devant lequel nous avons lieu d’être encouragés bien que les angoisses et les tribulations soient notre part ici-bas.

Dans la fin du chapitre Saül ne se rappelle même plus de David (v. 55). Cela rappelle l’ignorance des Juifs en Jean 7, au sujet de l’origine de Christ et de l’endroit d’où il venait.  Ainsi Saül ne connaît pas ce Sauveur. Il se présente portant en ses mains le gage assuré de la victoire.  

Chapitre 18

 1 Et il arriva, comme il achevait de parler à Saül, que l’âme de Jonathan se lia à l’âme de David; et Jonathan l’aima comme son âme. 2 Et Saül le prit ce jour-là, et ne lui permit pas de retourner à la maison de son père. 3 Et Jonathan fit alliance avec David, parce qu’il l’aimait comme son âme. 4 Et Jonathan se dépouilla de la robe qui était sur lui, et la donna à David, ainsi que ses vêtements, jusqu’à son épée, et à son arc, et à sa ceinture. 5 Et David allait* partout où Saül l’envoyait, [et] il prospérait; et Saül l’établit sur les hommes de guerre, et il était agréable aux yeux de tout le peuple, et même aux yeux des serviteurs de Saül.
6
Et il arriva que, comme ils revenaient, lors du retour de David après qu’il eut frappé le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël à la rencontre du roi Saül, avec joie, en chantant et en dansant, avec des tambourins et des triangles. 7 Et les femmes qui jouaient s’entre-répondaient et disaient: Saül a frappé ses mille, et David ses dix mille. 8 Et Saül fut très-irrité, et cette parole fut mauvaise à ses yeux, et il dit: On en a donné à David dix mille, et à moi, on m’a donné les mille: il n’y a plus pour lui que la royauté. 9 Et depuis ce jour-là et dans la suite, Saül eut l’œil sur David.
10
Et il arriva, dès le lendemain, qu’un mauvais esprit [envoyé] de Dieu saisit Saül; et il prophétisa dans l’intérieur de la maison, et David jouait* comme les autres jours, et il y avait une lance dans la main de Saül. 11 Et Saül jeta la lance, et dit: Je frapperai David et la paroi*. Et David se détourna de devant lui par deux fois.
12
Et Saül eut peur de David; car l’Éternel était avec lui, et il s’était retiré de Saül. 13 Et Saül l’éloigna de lui, et l’établit chef de millier; et [David] sortait et entrait devant le peuple. 14 Et David était sage* dans toutes ses voies; et** l’Éternel était avec lui. 15 Et Saül vit qu’il était très-sage, et il le craignit. 16 Et tout Israël et Juda aimaient David, car il sortait et entrait devant eux. 17 Et Saül dit à David: Voici ma fille aînée, Mérab; je te la donnerai pour femme; seulement, sois-moi un homme vaillant, et combats les combats de l’Éternel. Or Saül disait: Que ma main ne soit pas sur lui, mais que la main des Philistins soit sur lui. 18 Et David dit à Saül: Qui suis-je, et quelle est ma vie, quelle est en Israël la famille de mon père, pour que je sois gendre du roi? 19 Et il arriva qu’au moment où l’on devait donner Mérab, fille de Saül, à David, elle fut donnée pour femme à Adriel, le Meholathite.
20
Et Mical, fille de Saül, aima David; et on le rapporta à Saül, et la chose fut bonne* à ses yeux. 21 Et Saül dit: Je la lui donnerai, et elle lui sera en piège, et la main des Philistins sera sur lui. Et Saül dit à David: Par l’une ou l’autre*, tu seras aujourd’hui mon gendre. 22 Et Saül commanda à ses serviteurs: Parlez secrètement à David, en disant: Voici, le roi prend plaisir en toi, et tous ses serviteurs t’aiment; maintenant donc sois gendre du roi. 23 Et les serviteurs de Saül dirent ces paroles aux oreilles de David. Et David dit: Est-ce peu de chose à vos yeux que de devenir gendre du roi? et moi, je suis un homme pauvre et peu considérable. 24 Et les serviteurs de Saül lui rapportèrent cela, disant: David a parlé de cette manière. 25 Et Saül dit: Vous direz ainsi à David: Le roi ne désire point de dot, mais cent prépuces de Philistins, pour que le roi soit vengé de ses ennemis. Et Saül pensait faire tomber David par la main des Philistins. 26 Et ses serviteurs rapportèrent ces paroles à David, et la chose fut bonne* aux yeux de David de devenir gendre du roi. Et les jours n’étaient pas accomplis, 27 que David se leva, et s’en alla, lui et ses hommes, et frappa deux cents hommes des Philistins; et David apporta leurs prépuces, et on en livra au roi le nombre complet, pour qu’il fût gendre du roi. Et Saül lui donna Mical, sa fille, pour femme.
28
Et Saül vit et connut que l’Éternel était avec David; et Mical, fille de Saül, l’aimait. 29 Et Saül eut encore plus peur de David, et Saül fut ennemi de David tous ses jours. 30 Or les chefs des Philistins entrèrent en campagne*; et chaque fois qu’ils entraient en campagne, David prospérait plus que tous les serviteurs de Saül; et son nom fut en grande estime.

v. 5: ailleurs: entrait en campagne; litt.: sortait. / v. 10: litt.: jouait de sa main. / v. 11: c. à d.: Je le clouerai avec ma lance à la paroi. / v. 14*: ailleurs aussi: prospérait. / v. 14**: ou: car. / v. 20, 26: ici, litt.: droite. / v. 21: ou: pour la seconde fois. / v. 30: litt.: sortirent, ici, et ailleurs.

 

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Troisième partie : 
Chapitres 16 à 31 : Saül et David

Chapitre 18 : la jalousie de Saül à l’égard de David

Au début du chapitre, une troisième période de l’histoire de Jonathan commence. Au chapitre treize il remportait une victoire et au quatorzième une grande délivrance fut opérée par son énergie.

Ici Jonathan entre en relations personnelles avec David qui venait de vaincre Goliath. Il est donc celui qui, en type, a connu un Christ ayant vaincu Satan par la mort et cependant rejeté du monde. Les chrétiens d’aujourd’hui ont cette même connaissance de Christ. Sur le plan d’Israël, peuple terrestre de Dieu, Jonathan est un type du résidu fidèle auquel le Seigneur se fera connaître avant de prendre le royaume. Ici, il y a un lien très fort entre Jonathan et David. Ce lien ne s’arrête pas à l’extérieur mais à l’intérieur puisqu’il l’aima comme son âme (v. 1). Jonathan, qui offre à David ce qu’il portait (v. 4), reconnaît que toute force appartient au fils d’Isaï. David n’était rien. Jonathan lui donne tout et l’aime comme son âme. Et cet amour dans les entrailles est réciproque. Nous le voyons en 2 Sam. 1, 26. Ainsi donc Jonathan est attiré par le caractère aimant, mais tout puissant de David, l’oint de l’Eternel. Quant à Saül il se permet d’avoir des droits sur David et ne lui permet pas de retourner à la maison de son père (v. 2). 
Jonathan, qui a l’intelligence de la foi, fait alliance avec David (v. 3). La foi est à la base de l’amour de Jonathan et il le montre en saluant David comme le vrai roi.
Au sujet de ces v. 1 à 4,  c’est beau: c’est un tableau de l’amour qui se dépouille lui-même pour revêtir son objet. Mais pour nous chrétiens, il y a une réprimande. Combien nous sommes enclins à nous occuper plus de la rédemption que du Rédempteur, du salut plus que du Sauveur. Sans doute devons-nous nous réjouir de notre salut mais devons-nous nous contenter que de cela?

La suite du chapitre, v. 5 et suivants, nous présente les progrès de David et de Saül, progrès de l’un en bien, de l’autre en mal. Saül est amorcé par Satan dans cette gradation du mal. Satan a semé l’ivraie dans le cœur de Saül. Ensuite, cette ivraie croît d’elle-même et finit par envahir tout l’être. Ainsi, v. 8, Saül n’est pas encore irrité contre David, mais contre l’opinion des hommes au sujet de David. Puis cette irritation ira très vite plus loin. Saül a donc l’œil sur David (v. 9). Puis le lendemain (v. 10 et 11) le fond de son cœur se montre. Le mauvais esprit le saisit. Au v. 12 Saül a peur de David et l’éloigne de lui, car il ne peut supporter sa présence. Au v. 13, il l’établit pourtant chef de milliers et cela lui donne (à Saül) un honneur apparent. D’une certaine manière Saül éloigne David. Il n’a plus dans sa présence ce modèle d’humilité et de grâce. Saül se prive volontairement de la seule personne qui puisse le soulager. Ce roi n’est pas seulement meurtrier dans son cœur mais aussi dans les faits (cf v. 11) en cherchant, d’une manière insidieuse, à se débarrasser de l’objet de sa haine. Au v. 17, il promet sa fille Mérab à David, cela n’est qu’apparence. Mérab sera finalement la femme d’Adriel (v. 19).
Dans les v. 17 à 19, Saül lui dit de combattre les combats de l’Eternel. C’est du respect extérieur mais au-dedans de lui bouillonne la haine pour qu’il soit pris et mis à mort par les Philistins.

Sur ces faits, Mical, seconde fille de Saül, qui aime David, lui est donnée. En la lui donnant, Saül pense tendre un piège à son futur gendre. Dans sa pensée, cette union est un nouveau moyen de perdre David (v. 21 et 22). En tout cela David reste sage, humble, et cela augmente l’orgueil et la haine de Saül, en type de l’homme qui ne pourra jamais comprendre l’amour et l’humilité de Christ.

Alors, v. 23 à 27, il y a cette victoire remportée par David qui peut accepter Mical pour femme en raison de l’échange qui était demandé. En même temps, les ruses de Saül sont définitivement déjouées. Le résultat fut pour Saül que sa peur grandit et que sa haine devient une inimitié constante (v. 29).

Quant à David
Dans ces circonstances, ses progrès sont en toutes choses et dans toutes les directions. Les v. 5 et 12 à 16 démontrent des qualités qui rendent nécessairement David estimable. Le peuple, généralement, aime David pour ses délivrances. Saül aussi (ch. 16, 21), aimait beaucoup David à cause du soulagement. Mical aime David selon la nature mais cela ne l’empêchera pas de le mépriser par la suite (2 Sam. 6, 16). Seul Jonathan l’aime du seul vrai, du seul bon et durable amour. Il l’aime comme son âme. David prospérait donc plus que tous les serviteurs de Saül et son nom fut en grande estime (v. 30). Belle image du Seigneur au début de sa carrière !      

Chapitre 19

1 Et Saül parla à Jonathan, son fils, et à tous ses serviteurs, de faire mourir David (Or Jonathan, fils de Saül, était très-affectionné à David), 2 et Jonathan en informa David, disant: Saül, mon père, cherche à te faire mourir; et maintenant, je te prie, sois sur tes gardes, au matin, et demeure dans quelque lieu secret, et cache-toi. 3 Et moi, je sortirai, et je me tiendrai à côté de mon père, dans la campagne où tu seras; et je parlerai de toi à mon père, et je verrai ce qu’il en est, et te le ferai savoir. 4 Et Jonathan parla en bien de David à Saül, son père, et lui dit: Que le roi ne pèche point contre son serviteur, contre David, car il n’a point péché contre toi; et même ce qu’il a fait est très-avantageux pour toi. 5 Car il a mis sa vie en sa main, et a frappé le Philistin, et l’Éternel a opéré une grande délivrance pour tout Israël; tu l’as vu et tu t’en es réjoui; pourquoi donc pécherais-tu contre le sang innocent, en faisant mourir David sans cause? 6 Et Saül écouta la voix de Jonathan, et Saül jura: L’Éternel est vivant, si on le fait mourir!
7
Et Jonathan appela David, et Jonathan lui rapporta toutes ces choses. Et Jonathan amena David à Saül, et il fut devant lui comme auparavant.
8
Et il y eut de nouveau la guerre; et David entra en campagne et combattit contre les Philistins et les frappa d’un grand coup et ils s’enfuirent devant lui. 9 Et le mauvais esprit [envoyé] de l’Éternel vint sur Saül: et il était assis dans sa maison, sa lance à la main, et David jouait* [de la harpe]. 10 Et Saül chercha à frapper de sa lance David et la paroi*; et il se détourna de devant Saül, qui, de sa lance, frappa la paroi. Et David s’enfuit, et échappa cette nuit-là. 11 Et Saül envoya des messagers à la maison de David, pour le surveiller et le faire mourir au matin. Et Mical, sa femme, en informa David, disant: Si tu ne sauves pas ta vie cette nuit, demain tu seras mis à mort. 12 Et Mical fit descendre David par la fenêtre; et il s’en alla et s’enfuit, et échappa. 13 Et Mical prit le théraphim et le mit dans le lit, et mit à son chevet un tissu de poils de chèvre, et le couvrit d’un tapis. 14 Et Saül envoya des messagers pour prendre David, et elle dit: Il est malade. 15 Et Saül envoya les messagers pour voir David, disant: Apportez-le-moi dans le lit, pour le mettre à mort. 16 Et les messagers vinrent, et voici, le théraphim était sur le lit, et un tissu de poils de chèvre à son chevet. 17 Et Saül dit à Mical: Pourquoi m’as-tu ainsi trompé et as-tu laissé aller mon ennemi, de sorte qu’il s’est échappé? Et Mical dit à Saül: Il m’a dit: Laisse-moi aller, pourquoi te tuerais-je? 18 Et David s’enfuit, et il échappa; et il vint vers Samuel à Rama, et lui rapporta tout ce que Saül lui avait fait. Et ils s’en allèrent, lui et Samuel, et ils habitèrent à Naïoth.
19
Et on le rapporta à Saül, disant: Voici, David est à Naïoth, en Rama. 20 Et Saül envoya des messagers pour prendre David; et ils virent une assemblée de prophètes qui prophétisaient, et Samuel se tenait là, les présidant. Et l’Esprit de Dieu vint sur les messagers de Saül, et eux aussi ils prophétisèrent. 21 Et on le rapporta à Saül, et il envoya d’autres messagers; et eux aussi ils prophétisèrent. Et Saül envoya encore des messagers, pour la troisième fois, et eux aussi ils prophétisèrent. 22 Et il alla, lui aussi, à Rama, et vint jusqu’au grand puits qui est à Sécu; et il s’informa, disant: Où sont Samuel et David? Et on lui dit: Voici, ils sont à Naïoth, en Rama. 23 Et il se rendit là, à Naïoth, en Rama. Et l’Esprit de Dieu vint sur lui aussi, et, continuant son chemin, il prophétisa, jusqu’à ce qu’il fut venu à Naïoth, en Rama. 24 Et lui aussi, il se dépouilla de ses vêtements, et prophétisa, lui aussi, devant Samuel, et tomba nu par terre, tout ce jour-là et toute la nuit. C’est pourquoi on dit: Saül aussi est-il parmi les prophètes?
— v. 9: litt.: jouait de sa main. — v. 10: voir note à 18:11.

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Troisième partie : 
Chapitres 16 à 31 : Saül et David

Chapitre 19 : Saül cherche à tuer David

Au chapitre précédent, Saül avait usé de voies détournées pour se débarrasser de David. Dans ce chapitre,  il ourdit une véritable conspiration contre lui.

Alors, dans les premiers versets, Jonathan prend cause pour David. Il lui raconte que Saül a décidé de le faire mourir et ce qu’il va plaider sa cause. Ainsi, v. 6, Saül jure que David sera épargné. Par Jonathan, la grâce a ainsi été demandée au cœur de l’homme naturel, au cœur de Saül. Dieu permet que le mal subisse un arrêt de développement momentané. Mais ce n’est point la conversion. Saül change de pensées mais il ne se repent pas et malgré sa résolution, Saül prouve sa conduite et montre qu’il est un esclave de Satan. Quant à David, il ne change pas. Il est devant Saül comme auparavant (v. 7). La grâce qui a conduit David jusqu’ici, reste empreinte sur lui et sur sa conduite.

Dans les v. 8 et suivants, un nouveau triomphe de David réveille le mauvais esprit qui s’est emparé de Saül. David a remporté une victoire sur les Philistins gouvernés, en figure, par Satan. L’hostilité de ce dernier se réveille. N’en est-il pas de même pour nous. Satan ne se met-il pas sur notre voie dès que nous remportons des victoires? Pour David, arrive le moment où la seule solution est de fuir, d’échapper du filet de l’oiseleur. La mort de David est décrétée irrévocablement (v. 11). Mical, qui aime David d’une affection naturelle, lui vient en aide à sa manière. Dieu se sert ici des sentiments humains qui la faisaient agir.  D’après les v. 11 à 17 nous apprenons qu’il y avait un théraphim dans la maison de David. David supportait la présence de ce théraphim, qui n’est pas proprement une idole. C’est toutefois un genre de demi-dieu qui a pour demeure la maison et qui peut être consulté à l’occasion. De telles superstitions conduisent vite aux vraies idoles. Jacob l’avait compris en Gen. 31, 32. Bannissons de nos maisons toutes ces occasions de chute. Bien sûr, ici, ce théraphim avait été emporté par Mical, qui était ainsi en piège à David. Mical, au v. 17, évite la colère de son père en se donnant l’impression d’être une ennemie de David. Ce n’est de loin pas la franchise de Jonathan.

Alors au v. 18 David fait la seule chose qui lui reste à faire. Il s’enfuit chez Samuel et il lui dit tout. Samuel devient le compagnon de David. Voici pour ce dernier le résultat de l’épreuve.

Tout ceci nous amène à penser aux psaumes qui font état des afflictions de David. Ces psaumes décrivent les circonstances morales qu’Israël traversera aux derniers jours.        Qui pouvait mieux que David retracer les circonstances du résidu d’Israël aux derniers jours? David est l’organe principal pour exprimer prophétiquement les sentiments du résidu et ceux de Christ. David, comme déjà vu dans les chapitres précédents, est un type éloquent du Messie. Comme lui, il a passé à travers toutes les phases de rejet, d’humiliation, de persécution. Ainsi donc les psaumes sont en tout premier lieu sortis des expériences personnelles de David. On y trouve une expression fidèle de l’état de son cœur dans l’épreuve et des résultats produits par la discipline de Dieu à son égard, ainsi que les ressources qui furent sa part quand la tribulation s’abattait sur lui. C’est à ce point de vue que nous considérerons les psaumes en rapport avec l’étude de ces chapitres sur David.

Ainsi le récit de ce chapitre 19 a sa contrepartie au Ps. 59. Le cœur de David s’adressait alors en supplication à l’Eternel, attendant de lui la délivrance. C’était parce qu’il appartenait à l’Eternel qu’on cherchait sa vie. Dans de tels moments, comme l’évoque ce psaume, David est tout occupé du Seigneur, de ses desseins, de ses délivrances. Il était sûr de la délivrance, car dès le matin il célébrerait avec joie la bonté de Dieu (Ps. 59, 16).

Alors dans les v. 19 à 24, bien que l’effort de Saül contre David échoue, il le fait pourtant poursuivre par ses messagers sous l’égide même de Samuel. Mais les instruments de l’ennemi subissent l’influence de l’esprit de Dieu, sérieux avertissement qui ne les convertisse ni ne les sauve, de même que Saül comme ce fut le cas la première fois. Dieu parle ainsi par la bouche d’un Saül qui, à d’autres moments est le porte-voix de Satan. Il peut aussi le faire par la bouche d’un Balaam ou d’un Caïphe. Cela prouve que Dieu se sert de tous les hommes, comme d’instruments si cela lui convient.  Mais il faut distinguer entre l’action vivifiante du Saint Esprit et ses diverses opérations en puissance.  

Chapitre 20

1 Et David s’enfuit de Naïoth, en Rama, et vint, et dit devant Jonathan: Qu’ai-je fait? Quelle est mon iniquité, et quel est mon péché devant ton père, qu’il cherche ma vie? 2 Et [Jonathan] lui dit: Qu’ainsi n’advienne! tu ne mourras point. Voici, mon père ne fait aucune chose, ni grande, ni petite, qu’il ne me la découvre; et pourquoi mon père me cacherait-il cette chose-là? Il n’en est rien. 3 Et David jura encore et dit: Ton père sait très-bien que j’ai trouvé grâce à tes yeux, et il aura dit: Que Jonathan ne sache point cela, de peur qu’il n’en soit attristé. Mais l’Éternel est vivant, et ton âme est vivante, qu’il n’y a qu’un pas entre moi et la mort! 4 Et Jonathan dit à David: Ce que ton âme dit, je le ferai pour toi. 5 Et David dit à Jonathan: Voici, c’est demain la nouvelle lune, et je devrai m’asseoir auprès du roi pour manger; laisse-moi donc aller, et je me cacherai dans les champs jusqu’au troisième soir. 6 Si ton père s’aperçoit de mon absence, tu diras: David m’a demandé instamment de courir à Bethléhem, sa ville, car il y a là un sacrifice annuel pour toute la famille. 7 S’il dit ainsi: C’est bon! il y a paix pour ton serviteur. Mais s’il se met dans une grande colère, sache que le mal est décidé de sa part. 8 Use donc de bonté envers ton serviteur, car tu as fait entrer ton serviteur dans une alliance de l’Éternel avec toi; et s’il y a de l’iniquité en moi, fais-moi mourir toi-même; et pourquoi me mènerais-tu vers ton père? 9 Et Jonathan dit: Loin de toi [une telle pensée]; car si je savais certainement que mon père fût décidé à faire venir le mal sur toi, ne t’en informerais-je pas? 10 Et David dit à Jonathan: Qui m’en informera? Et si ton père te fait une réponse dure…? 11 Et Jonathan dit à David: Viens, et sortons aux champs. Et ils sortirent les deux aux champs.
12
Et Jonathan dit à David: Éternel, Dieu d’Israël! quand j’aurai sondé mon père demain à cette heure, ou après-demain, s’il y a quelque chose de bon pour David, et qu’alors je n’envoie pas vers toi et ne te le découvre pas, 13 que l’Éternel fasse ainsi à Jonathan, et ainsi y ajoute! S’il semble bon à mon père de te faire du mal, je te le ferai savoir, et je te laisserai aller, et tu t’en iras en paix. Et que l’Éternel soit avec toi, comme il a été avec mon père. 14 Et n’est-ce pas? si je suis encore vivant, — n’est-ce pas, tu useras envers moi de la bonté de l’Éternel, et je ne mourrai point; 15 et tu ne retireras point ta bonté de ma maison, à jamais, non pas même lorsque l’Éternel retranchera chacun des ennemis de David de dessus la face de la terre? 16 Et Jonathan fit alliance avec la maison de David: Que l’Éternel le redemande de la main des ennemis de David! 17 Et Jonathan fit encore jurer David par l’amour qu’il lui portait; car il l’aimait comme il aimait son âme.
18
Et Jonathan lui dit: C’est demain la nouvelle lune, et on s’apercevra que tu manques, car ton siège sera vide. 19 Et le troisième jour*, tu descendras en hâte, et tu viendras au lieu où tu t’étais caché le jour de l’affaire, et tu demeureras près de la pierre d’Ézel. 20 Et moi, je tirerai trois flèches du côté de cette pierre*, comme si je tirais vers un but: 21 et voici, j’enverrai le jeune garçon [en disant]: Va, trouve les flèches. Si je dis expressément au jeune garçon: Voici, les flèches sont en deçà de toi, prends-les; alors viens, car il y a paix pour toi, et il n’y a rien, l’Éternel est vivant! 22 Et si je dis ainsi au jeune homme: Voici, les flèches sont au delà de toi; va, car l’Éternel te renvoie. 23 Et quant à la parole que nous avons dite, moi et toi, voici, l’Éternel est entre moi et toi, à toujours.
24
Et David se cacha dans les champs; et c’était la nouvelle lune, et le roi s’assit au repas pour manger. 25 Et le roi s’assit sur son siège comme les autres fois, sur le siège contre la paroi; et Jonathan se leva, et Abner s’assit à côté de Saül, et la place de David était vide. 26 Et Saül ne dit rien ce jour-là, car il disait: Il lui est arrivé quelque chose; il n’est pas pur, certainement il n’est pas pur. 27 Et le lendemain de la nouvelle lune, le second jour, comme la place de David était vide, Saül dit à Jonathan, son fils: Pourquoi le fils d’Isaï n’est-il venu au repas ni hier ni aujourd’hui? 28 Et Jonathan répondit à Saül: David m’a instamment demandé [d’aller] jusqu’à Bethléhem; 29 et il m’a dit: Laisse-moi aller, je te prie, car nous avons un sacrifice de famille dans la ville, et mon frère même m’a commandé [de m’y trouver]; et maintenant, je te prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, je me sauverai, et je verrai mes frères. C’est pourquoi il n’est pas venu à la table du roi. 30 Et la colère de Saül s’embrasa contre Jonathan, et il lui dit: Fils de la [femme] perverse et rebelle, ne sais-je pas que tu as choisi le fils d’Isaï à ta honte et à la honte de la nudité de ta mère? 31 Car tous les jours que le fils d’Isaï sera vivant sur la terre, tu ne seras pas établi, ni toi ni ton règne; et maintenant, envoie, et amène-le-moi; car il mourra certainement*. 32 Et Jonathan répondit à Saül, son père, et lui dit: Pourquoi serait-il mis à mort? Qu’a-t-il fait? 33 Et Saül jeta sa lance contre lui pour le frapper. Et Jonathan connut que c’était chose décidée de la part de son père, de faire mourir David. 34 Et Jonathan se leva de table dans une ardente colère, et ne mangea pas le pain le second jour de la nouvelle lune; car il était affligé à cause de David, parce que son père l’avait outragé.
35
Et il arriva, le matin, que Jonathan sortit aux champs, au lieu* convenu avec David, et un petit garçon avec lui. 36 Et il dit à son garçon: Cours, trouve, je te prie, les flèches que je tire. Le garçon courut, et [Jonathan] tira la flèche au delà de lui. 37 Et le garçon vint au lieu où était la flèche que Jonathan avait tirée, et Jonathan cria après le garçon, et dit: La flèche n’est-elle pas au delà de toi? 38 Et Jonathan criait après le garçon: Vite! hâte-toi, ne t’arrête pas! Et le garçon de Jonathan ramassa les flèches et revint auprès de son maître. 39 Or le garçon ne savait rien, Jonathan et David seuls savaient l’affaire. 40 Et Jonathan donna ses armes au garçon qu’il avait, et lui dit: Va, porte-les à la ville. 41 [Et] le garçon s’en alla; et David se leva du côté du midi, et tomba, sa face contre terre, et se prosterna par trois fois; et ils se baisèrent l’un l’autre et pleurèrent l’un avec l’autre, jusqu’à ce que les pleurs de David devinrent excessifs. 42 Et Jonathan dit à David: Va en paix, selon que nous avons juré, nous deux, au nom de l’Éternel, disant: L’Éternel sera entre moi et toi, et entre ma semence et ta semence, à toujours! 43 Et [David] se leva et s’en alla; et Jonathan entra dans la ville.
v. 19: litt.: Et tu laisseras trois [jours]. / v. 20: litt.: à son côté. / v. 31: litt.: il est un fils de la mort. / v. 35: ou: au temps.

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Troisième partie : 
Chapitres 16 à 31 : Saül et David

Chapitre 20 : David fuit devant Saül

Au v. 1 David peut dire : Qu’ai-je fait ? En Gen. 4, 10, à propos de Caïn, on peut faire un rapprochement avec cette question qui lui est posée «Qu’as-tu fait?»

D’un côté le juste (David) est persécuté sans cause. Il peut dire: Qu’ai-je fait? Mais David ne pourra pas toujours parler ainsi. Il a aussi eu ses manquements. Par exemple: avec Absalom, avec Bath-Shéba, ou encore lorsqu’il a dénombré le peuple. Il ne pourra plus dire le «Qu’ai-je fait?» de l’innocence! Il y a une grande marge avec le parfait modèle qui pouvait dire: je fais toujours les choses de celui qui m’a envoyé … lui qui n’a rien fait qui ne se dut faire.

Quant à David, dans au v. 32, il reçoit aussi ce témoignage public devant Saül par la bouche de Jonathan: «Qu’a-t-il fait?». Beau témoignage rendu à David de la part de Jonathan. Pour produire ce fruit de la justice envers David, comme pour nous-mêmes, la discipline est nécessaire. Quant au Seigneur Jésus, toutes ses afflictions étaient le fruit et le témoignage de sa grâce envers nous et faisait ressortir la perfection absolue qui était en lui, soit dans sa vie, soit dans sa mort. Pour nous il nous faut la discipline dosée par le Père. Dans la carrière de David, même ici où il est dans un état remarquable, il y a des choses à relever, par exemple ce qu’il dit au v 6, au sujet de Bethléhem. Est-ce juste? Non. C’est un manque de vérité certes compréhensible, mais condamnable. La vérité en David était au-dessous de la grâce. Par contre Jésus avait tout en parfaite harmonie: la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ.

Au début de ce chapitre 20, David réalise très bien qu’il n’y a qu’un pas entre lui et la mort. Il sait aussi que son unique ressource est en Dieu. Quant à Jonathan, v. 2, il croit pouvoir aider encore son ami. Il a encore quelque confiance en son père. Puis il souhaite que l’Eternel soit avec David comme il a été avec Saül (v. 13). Il en ressort que Jonathan n’atteint pas un niveau élevé d’intelligence spirituelle ni d’appréciation du cœur humain. Il en est toujours ainsi pour le croyant lorsque, par des liens quelconques, il est associé au monde. Jonathan n’a pas compris que Dieu a rejeté Saül, même si d’autre part, il met toute sa confiance en David. Jonathan est même assuré de la bienveillance future de David ainsi que de sa puissance, selon v. 15. Il proclame que la royauté appartient à son ami. Il est ainsi beau de voir ici Jonathan s’oublier lui-même et se recommander à David. Et nous aussi, n’avons-nous pas trouvé dans un Christ rejeté, notre protecteur, notre refuge, notre espérance?

En cette absence d’égoïsme en face de celui qui allait hériter de tous les droits que la naissance semblait conférer au fils de Saül, ce dernier, Jonathan présente encore un beau trait: il aimait David comme son âme. Jonathan avait tout reconnu pour David, tandis que Saül se proposait de tout donner à Jonathan. Nous le voyons dans le v. 31: pour Saül Jonathan était plus que toutes les gloires de David et pour Saül c’était une honte d’être avec le vrai roi. Devant de telles paroles, Jonathan est blessé, et il se met en colère au v. 34 car il aime David qui est déshonoré et maudit par Saül. Jonathan aime David avec la même ardeur du début. Alors Jonathan vient au secours de David. C’est la fin du chapitre.

C’est au v. 41 que se trouve une dernière entrevue entre David et Jonathan, entrevue des plus touchantes. Ce caractère aimable et sympathique de Jonathan nous attache. Cependant une seule chose lui manque. Il n’a pas assez de foi pour suivre un roi rejeté. Pour la foi, les difficultés ne doivent pas compter. Jonathan aurait dû partager les afflictions de David autrement que par le cœur, et parce qu’il ne le fit pas, il dut partager plus tard la défaite et la ruine de son père.

De ce chapitre, David est maintenant chassé de la présence de Saül et devient vagabond sur la terre. Jonathan ne suit donc pas David et il tombe avec Saül. Quel que soit le jugement que nous portons sur cette page de l’histoire de Jonathan, comme type, on voit que tout ce qui est lié à lui dans ce système charnel, extérieurement rattaché au nom du peuple et aux intérêts de Dieu, tombe pour ce qui concerne ce monde avec ce système qui périt tout entier.  


Chapitre 21

*  1 Et David vint à Nob, auprès d’Akhimélec, le sacrificateur; et Akhimélec trembla en rencontrant David, et lui dit: Pourquoi es-tu seul et n’y a-t-il personne avec toi? 2 Et David dit à Akhimélec, le sacrificateur: Le roi m’a commandé quelque chose, et m’a dit: Que personne ne sache rien de l’affaire pour laquelle je t’envoie, ni de ce que je t’ai commandé. Et j’ai indiqué à mes jeunes hommes un certain lieu. 3 Et maintenant, qu’as-tu sous la main? Donne-moi dans la main cinq pains, ou ce qui se trouvera. 4 Et le sacrificateur répondit à David, et dit: Je n’ai point sous la main de pain commun, il n’y a que du pain sacré; si seulement les jeunes hommes se sont gardés des femmes! 5 Et David répondit au sacrificateur, et lui dit: Oui, nous avons été privés des femmes depuis deux ou trois jours que je suis sorti, et les vases de mes jeunes hommes sont saints; et le [pain] est en quelque sorte commun, vu qu’on en consacre [de nouveau] dans les vases aujourd’hui. 6 Et le sacrificateur lui donna du [pain] sacré*, car il n’y avait point là d’autre pain que le pain de proposition qui avait été ôté de devant l’Éternel pour remettre du pain chaud le jour où on levait l’autre.
7
Et il y avait là un homme d’entre les serviteurs de Saül, retenu ce jour-là devant l’Éternel, et son nom était Doëg, l’Édomite, il était le chef* des bergers de Saül. 8 Et David dit à Akhimélec: N’as-tu pas ici sous la main une lance ou une épée? car je n’ai pris dans ma main ni mon épée ni mes armes, parce que l’affaire du roi était pressante. 9 Et le sacrificateur dit: L’épée de Goliath, le Philistin, que tu as frappé dans la vallée d’Éla, la voilà, enveloppée dans un manteau derrière l’éphod: si tu veux la prendre, prends-la; car il n’y en a point d’autre ici que celle-là. Et David dit: Il n’y en a point de pareille; donne-la-moi. 10 Et David se leva et s’enfuit ce jour-là de devant Saül, et vint vers Akish, roi de Gath.
11
Et les serviteurs d’Akish lui dirent: N’est-ce pas là David, le roi du pays? N’est-ce pas au sujet de celui-ci qu’on s’entre-répondait dans les danses, en disant: Saül a frappé ses mille, et David ses dix mille? 12 Et David prit à cœur ces paroles, et il eut très-peur d’Akish, roi de Gath. 13 Et il se contrefit devant eux, et fit l’insensé entre leurs mains; il marquait les battants de la porte, et laissait couler sa salive sur sa barbe. 14 Et Akish dit à ses serviteurs: Voici, vous voyez que cet homme est fou. Pourquoi me l’avez-vous amené? 15 Manqué-je de fous, moi, que vous m’ayez amené celui-ci pour faire le fou devant moi? Celui-ci entrerait-il dans ma maison?

v. 6: ou: saint. / v. 7: ou: principal; litt.: fort.

 

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Chapitres 16 à 31 : Saül et David

Chapitre 21 : fuite de David chez le sacrificateru à Nob, puis à Gath

Tout comme au ch. 20 (voir commentaire du v. 6), David se montre quelque peu inférieur à son caractère. Il ment tout d’abord à Akhimélec puis il use d’une ruse auprès d’Akish. Pourtant à Nob, dans les v. 1 à 6, il nous offre l’un des traits les plus importants du Messie rejeté. Et cet incident est noté en Matt. 12, 3; en Marc 2, 25;  en Luc 6, 3. Ces passages étant en rapport avec les pains de proposition.

Dans Matt. 11, 28-30, le Seigneur avait d’abord proclamé que le vrai repos était en lui,  et au ch. 12, il laisse ses disciples libres d’accomplir un acte permis par la loi, selon Deut. 23, 25: «Si tu entres dans les blés de ton prochain, tu pourras arracher des épis avec ta main; mais tu ne lèveras pas la faucille sur les blés de ton prochain».

Mais aux yeux des Pharisiens, cet acte violait et profanait le sabbat. Pour David, il en était de même, car c’était un jour de sabbat, à Nob, un jour où l’on changeait les pains. Ce jour-là David s’est présenté devant le sacrificateur. Le Seigneur et David agissaient de la même manière. David, comme le Seigneur, avait été rejeté par ce peuple que le système légal, ordonné de Dieu, n’avait pas amené à reconnaître son Messie. Le sabbat, ce signe de l’alliance entre Dieu et son peuple, était donc violé par le fait que le peuple rejetait son Dieu. Il n’y avait plus de repos sous l’ancien système légal et le Père était obligé de travailler de nouveau et le fils aussi. Le sabbat de l’homme avait pris fin. Et le rejet de Dieu, dans la personne de son fils, avait pour conséquence, l’abandon du système légal des Juifs et du droit du fils de l’homme d’user du sabbat comme il l’entendait et l’introduction d’un nouveau système dans lequel Jésus, associé avec lui ses disciples et ses compagnons. Ainsi avec le sabbat, et quant aux pains, en effet, en présence du rejet de son roi, quelle valeur pouvait avoir aux yeux de Dieu les pains de propositions qui présentaient à Dieu le vrai Israël en Christ. Aussi ces pains devaient-ils être remplacés devant Dieu par des pains nouveaux, un nouvel Israël fondé en Christ. David pouvait donc considérer ce pain comme profane. Et la grâce souveraine s’élève au-dessus des ordonnances légales.

Puis, dans les v. 7 et suivants, David demande une arme. C’est l’arme de Goliath qu’il reçoit. C’est l’instrument de la victoire de David qui était gardé derrière l’éphod, dans une place d’honneur sous les yeux de Dieu. Le témoin de la victoire de Christ, la mort, par laquelle il a vaincu le prince de la mort, a été porté comme mémorial dans le lieu très saint où Jésus est entré avec son propre sang. Alors David peut dire qu’il n’y a pas d’arme pareille (v. 9). David est ici un type de Christ. Mais il est souvent aussi, à la même occasion, un type des croyants. Comme David nous partons sans armes contre l’ennem. Mais une seule nous suffit: la mort de Christ, notre mort avec lui. Nous la trouvons dans le sanctuaire, il n’y en a pas de pareille et Satan n’y peut rien.

Ainsi donc, armé de cette manière (v. 10 à 15), David se rend chez Akish, roi de Gath. Il est saisi de frayeur en se présentant à lui. Là, il est conduit par sa nature et non pas par l’Eternel puisque la Philistie ne devait pas être un refuge pour David. Il pense de cette manière échapper à Saül. Il change un ennemi contre un autre. Il ne trouve que le mépris. Il est pourtant réconfortant de considérer dans les deux Psaumes qui se rapportent à ce moment de son histoire, les expériences que David a faites et dont le récit historique ne nous parle pas. Il s’agit des Ps. 56 et 34. Dans ces Psaumes, David apprend une grande leçon; c’est qu’au jour où il craindra … il se confiera en Dieu. Ainsi, l’épreuve, la discipline, assurent la marche de David et il désire ne plus broncher. Dans le Ps. 34,  ayant aussi trait à cette occasion, puisque c’est lorsque David dissimula sa raison devant Abimélec; Gen. 20, 2 nous apprend qu’Abimélec est le titre du roi des Philistins. Ce psaume célèbre les tendres soins de l’Eternel envers le croyant dans l’épreuve. David, en cherchant du secours auprès d’Akish, n’avait tenu dans sa main qu’un roseau brisé, et pourtant il peut dire au Ps. 34, 4: «J’ai cherché l’Eternel; et il m’a répondu, et m’a délivré de toutes mes frayeurs». David a appris la leçon que  Dieu lui enseignait par la discipline. Aussi cette expérience lui permet d’encourager les autres, selon ce même psaume (34, 8). Toujours dans ce psaume, David a encore appris par expérience que ni la ruse ni le mensonge peuvent procurer du bien. L’expérience de David à la cour d’Akish avait été humiliante et il en a eu le cœur brisé, l’esprit abattu. Il a appris à se connaître et à connaître l’Eternel d’une manière plus intime. C’est ainsi que l’âme de cet homme de Dieu s’exprime dans ces cantiques prophétiques, elle exprime l’expérience faite pour elle-même à travers les afflictions et la discipline qui lui étaient nécessaire.

Chapitre 22

* 1 Et David partit de là, et se sauva dans la caverne d’Adullam; et ses frères et toute la maison de son père l’apprirent et descendirent là vers lui. 2 Et tout homme qui était dans la détresse, et tout homme qui était dans les dettes, et tout homme qui avait de l’amertume dans l’âme, s’assembla vers lui, et il fut leur chef; et il y eut avec lui environ quatre cents hommes. 3 Et David s’en alla de là à Mitspé de Moab, et il dit au roi de Moab: Je te prie, que mon père et ma mère se retirent* chez vous jusqu’à ce que je sache ce que Dieu fera de moi. 4 Et il les amena devant le roi de Moab, et ils demeurèrent avec lui tous les jours que David fut dans le lieu fort*.
5
Et Gad, le prophète, dit à David: Ne demeure pas dans ce lieu fort; va, et entre dans le pays de Juda. Et David s’en alla et entra dans la forêt de Héreth. 6 Et Saül entendit que David et les hommes qui étaient avec lui s’étaient montrés. Et Saül était assis à Guibha sous un tamarisc*, sur la hauteur, sa lance à la main, et tous ses serviteurs se tenaient auprès de lui. 7 Et Saül dit à ses serviteurs qui se tenaient auprès de lui: Écoutez, Benjaminites: Le fils d’Isaï vous donnera-t-il, à vous tous aussi, des champs et des vignes? Vous établira-t-il tous chefs de milliers et chefs de centaines, 8 que vous ayez tous conspiré contre moi, et que personne ne m’avertisse quand mon fils fait alliance avec le fils d’Isaï, et que personne d’entre vous ne soit peiné pour moi et ne m’avertisse que mon fils a soulevé contre moi mon serviteur pour me dresser des embûches, comme [il le fait] aujourd’hui? 9 Et Doëg, l’Édomite, qui était établi sur les serviteurs de Saül, répondit et dit: J’ai vu le fils d’Isaï venir à Nob vers Akhimélec, fils d’Akhitub; 10 et il a interrogé l’Éternel pour lui, et il lui a donné des provisions, et il lui a donné l’épée de Goliath, le Philistin.
11
Et le roi envoya appeler Akhimélec, le sacrificateur, fils d’Akhitub, et toute la maison de son père, les sacrificateurs qui étaient à Nob; et ils vinrent tous vers le roi. 12 Et Saül dit: Écoute, je te prie, fils d’Akhitub. Et il dit: Me voici, mon seigneur. 13 Et Saül lui dit: Pourquoi avez-vous conspiré contre moi, toi et le fils d’Isaï, que tu lui aies donné du pain et une épée, et que tu aies interrogé Dieu pour lui, afin qu’il s’élevât contre moi pour me dresser des embûches, comme [il le fait] aujourd’hui? 14 Et Akhimélec répondit au roi, et dit: Et qui, parmi tous tes serviteurs, est comme David, fidèle, et gendre du roi, et ayant accès à tes audiences privées, et honoré dans ta maison? 15 Ai-je commencé aujourd’hui à interroger Dieu pour lui? Loin de moi! Que le roi ne mette aucune chose à la charge de son serviteur [ni de personne] de toute la maison de mon père, car de tout ceci ton serviteur ne sait aucune chose, ni petite, ni grande. 16 Et le roi [lui] dit: Certainement tu mourras Akhimélec, toi et toute la maison de ton père. 17 Et le roi dit aux coureurs qui se tenaient près de lui: Tournez-vous, et mettez à mort les sacrificateurs de l’Éternel, parce que leur main aussi est avec David, et parce qu’ils ont bien su qu’il s’enfuyait, et qu’ils ne m’en ont point averti. Et les serviteurs du roi ne voulurent pas étendre leurs mains pour se jeter sur les sacrificateurs de l’Éternel. 18 Et le roi dit à Doëg: Tourne-toi, et jette-toi sur les sacrificateurs. Et Doëg, l’Édomite, se tourna, et se jeta sur les sacrificateurs; et il mit à mort, ce jour-là, quatre-vingt-cinq hommes portant l’éphod de lin. 19 Et [Saül] frappa Nob, ville des sacrificateurs, par le tranchant de l’épée, homme et femme, enfant et celui qui tète, bœuf et âne, et mouton, par le tranchant de l’épée. 20 Et un des fils d’Akhimélec, fils d’Akhitub, dont le nom était Abiathar, se sauva, et s’enfuit après David. 21 Et Abiathar rapporta à David que Saül avait tué les sacrificateurs de l’Éternel.
22
Et David dit à Abiathar: Je le savais, ce jour-là, lorsque Doëg, l’Édomite, était là, qu’il ne manquerait pas de le rapporter à Saül; moi je suis cause [de la mort] de tous ceux de la maison de ton père. 23 Demeure avec moi, ne crains point; car celui qui cherche ma vie, cherche ta vie, et près de moi tu seras bien gardé.
v. 3 : litt.: sortent. / v. 4 : c. à d. : la caverne. / v. 6 : ou : bosquet.
 

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Troisième partie : 
Chapitres 16 à 31 : Saül et David

Chapitre 22 : David dans la caverne d’Adullam et vengeance de Saül sur les sacrificateurs

David part de Gath et s’en va dans la caverne d’Adullam (v. 1). C’est là qu’il compose le beau Psaume 142. Nous y découvrons, dans sa solitude, les sentiments dont son âme était remplie. Ce psaume mentionne aussi le chagrin de David. De son côté, Saül a l’audace de dire (v. 8) que c’était David qui dressait des embûches. David est vraiment méprisé, persécuté. Tout refuge humain lui manque. C’est pourquoi il trouve son refuge en l’Eternel (Ps. 142, 5). David, abandonné de tous, trouve un refuge en Dieu à Adullam. Ce psaume se termine par l’assurance dont son âme est remplie, à savoir que sa solitude prendra fin. Les justes l’environneront. Et en effet, David reçoit une réponse dans la caverne même d’Adullam. Il n’est plus seul, la maison de son père est là. David rejeté devient un centre d’attraction pour ses frères et tous ceux qui étaient de sa race se groupent autour de lui: ce sont les excellents de la terre. La seule ressource de ces excellents de la terre, c’est de se réfugier près de celui qui, à vue humaine, était lui-même sans ressources.

Verset 2 : d’autres personnes se joignent à David. Il s’agit de personnes endettées, dans l’amertume, etc. Leur caractère commun avec David: ils ont tout perdu. Ils sont dans des situations sans issue. Alors ceux-là trouvent auprès de David un refuge assuré. Dans la sombre caverne d’Adullam la lumière qui rayonne de David resplendit sur les quatre cents hommes qui l’entourent. Tous ces gens, hors-la-loi, entourent le trône de David. Plus tard, iles seront appelés les hommes forts de David (2 Sam. 23, 8). Mais cette caverne renfermait encore d’autres ressources: le prophète était là dans la personne de Gad (v. 5). C’est-à-dire que la révélation des pensées de Dieu est là près de David. Au ch. 23, 6, il y a aussi la sacrificature et l’éphod, autrement dit le moyen de s’approcher de Dieu, de le consulter, d’entrer en communion avec lui: voilà l’heureux privilège de ces gens sans avenir, que le monde honni et méprise, ce monde, qui n’a plus les sacrificateurs, puisque Saül, dans sa colère, par Doëg, fait mourir les sacrificateurs et cela dans cet acte meurtrier de Nob. Mais Abiathar a pu s’échapper et se rendre vers David.

Dans cette caverne, David est donc un centre de rassemblement dans l’attente d’être manifesté en gloire aux yeux de tous.

N’en est-il pas de même de l’assemblée, ces quelques-uns qui attendent d’être dans la gloire avec Christ. Mais pour la terre, ce privilège de sentir la présence de Jésus n’est pas pour tous les chrétiens, tout comme Jonathan qui ne s’était pas rendu vers David.

Dans la suite du chapitre, David est appelé à se rendre dans Juda, sur le terrain même de l’ennemi, où en apparence il n’y a rien pour le protéger. David obéit à la parole du prophète (v. 5). Si David agit contre toute prudence humaine, Dieu a des vues de grâce et de bénédictions lorsqu’il commande. Son affaire, comme celle de tout enfant de Dieu, c’est d’obéir. Alors Saül convoque Akhimélec et accuse David de conspirer contre lui et de lui dresser des embûches (voir v. 8 à 13). Akhimélec, plein de franchise, dit la vérité et cela provoque le terrible massacre des sacrificateurs, relaté dans les v. 18 et 19. Certes, Akhimélec a soin de ne pas relevé le mensonge de David, ce qui l’aurait compromis aux yeux de Saül: ce pain et l’épée. Et c’est ce même mensonge qui entraîne ensemble dans la ruine le sacrificateur et toute sa maison. David le sent bien quand il dit à Abiathar: «Je suis cause de la mort de tous ceux de la maison de ton père» (v.22). Mais là David est en même temps le type de celui qui est la sauvegarde des fidèles. «Demeure avec moi, ne crains point» (v. 23). Et c’est ici que se place le Ps. 52, quand David avait appris que Doëg, l’Edomite, avait rapporté à Saül: «J’ai vu le fils d’Isaï venir à Nob vers Akhimélec» (v. 11). Comme conséquence, David annonce-t-il un jugement sans merci sur l’Edomite dont la nation est un ennemi juré d’Israël. Mais tout cela ne détruit en rien la confiance et l’assurance de l’homme de Dieu. Les déclarations qu’il peut faire dans le Ps. 52, 8-9 sont de toute beauté: il est comme un olivier vert dans la maison de Dieu, il se confiera en Dieu, il le célébrera à jamais.

 

 

 

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