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Raccourcis sur les chapitres :
1 * 2 * 3 * 4 * 5 * 6 * 7 * 8 * 9 * 10 * 11 * 12 * 13 * 14 * 15 * 16 *
17 * 18 * 19 * 20 * 21 * 22 * 23 * 24 * 25 * 26 * 27 * 28
Introduction
Ce livre a été écrit par l'auteur inspiré qu'est Luc. Il a aussi écrit l'évangile qui porte son nom. Dans ces deux livres, Théophile, appelé très excellent Théophile dans Luc, est en vue. Ce titre de très excellent indique une position élevée. Mais lorsque l'on est converti et que l'on réalise la grandeur du Seigneur, les titres que les hommes peuvent porter dans ce monde tombent. Devant Christ, nous sommes tous égaux et une communion heureuse peut être quelles que soient les qualités des uns et des autres qu'il faut respecter. Luc est aussi un homme très instruit. Sa profession (médecin) l'atteste. Nous verrons que Luc est un compagnon apprécié de Paul.
Ce livre, écrit vraisemblablement dans les années 55 à 63, est la continuation des évangiles et présente le Christianisme naissant. Le début du chapitre premier a des similitudes marquées avec la fin des évangiles et notamment de celui de Luc. Nous y remarquons aussi un style proche et nous le comprenons vu que ces deux écrits sont du même auteur inspiré. Les chapitres 1 à 12 forment une première partie et dès le 13ème nous en avons une seconde avec notamment les voyages de l'apôtre Paul.
Quant au sujet et au but du livre
, l’auteur présente dans ce qui constitue en quelque sorte la 2ème partie d’un ouvrage et cela à un homme haut placé : un exposé sur les débuts du christianisme en plaçant devant lui la vie et la mort du Rédempteur et l’extension de la foi chrétienne. Le Saint Esprit est la personne centrale du récit. Sa présence et son activité marquent de leur caractère ce livre. Mais il y a aussi, dans ce livre, une description de bien d’autres sujets comme le service des apôtres Pierre et Paul. Le premier est un instrument important que nous voyons dans les 12 premiers chapitres alors que Paul remplit une fonction similaire dès le chapitre 13. Le centre géographique de la première partie est Jérusalem ; Antioche en est celui de la seconde. Quant à Luc, il ne se nomme pas personnellement. Mais le " nous ", en maints endroits, indique qu’il était avec Paul dans plusieurs voyages.Relevons enfin que les Actes forment le lien entre les évangiles et les épîtres.
Au ch. 1, 8, nous avons des paroles du Seigneur qui résument bien le sujet et le but du livre : " mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux bouts de la terre ".Chapitre 1 (l’ascension du Seigneur)
Versets 1 à 5 : les disciples et Jésus ressuscitéVerset 6 à 9 : l'ascension du Seigneur
Versets 10 à 14 : les messagers célestes
Versets 1 à 5 : les disciples et Jésus ressuscité
Nous y voyons clairement le lien étroit avec la fin des évangiles. Il y a aussi ce rappel, en peu de mots, de tout le ministère de Christ . L'accent est également mis sur le fait capital, et avec des preuves assurées, de sa résurrection. Puis de son élévation. Le terme "élevé" revient plusieurs fois dans le début de ce chapitre. Avant son élévation, Christ a vécu 40 jours avec les siens, avec un corps spirituel et tangible tout à la fois. Ce temps est une mise à l'épreuve pour les disciples puisque Jésus va les quitter mais en même temps, il y a la promesse de la venue de l'Esprit Saint dont il a été beaucoup question dans l'évangile de Jean. Et en attendant cette venue, les apôtres qu'il avait choisis sont enseignés de rester à Jérusalem. Jésus leur a aussi parlé du royaume de Dieu et il en sera encore question plus tard. Remarquons enfin les deux baptêmes mentionnés au verset 5. Le baptême chrétien (au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit) est encore un troisième baptême.
Versets 6 à 9 : l'ascension du Seigneur
Les disciples sont en liberté et en intimité parfaite avec Jésus ressuscité. Le Seigneur apparaît aux siens et non aux incrédules (cf
Matthieu 23, 39). Au v. 6, la question posée dénote que les disciples attendaient l’ordre des choses juif. La réponse du Seigneur (v. 7-8) est en deux parties. Dans la première, il ne leur dit pas que le royaume ne serait pas rétablit, mais que le moment n’est connu que de son Père. Pour la sphère d’Israël, il y a des temps et des saisons. Pas pour l’Eglise. Dans la deuxième partie, le Seigneur indique quelle est la part des disciples en attendant le royaume. Cette part est d’être des témoins et c’est le Saint Esprit qui va les rendre capables d’accomplir leur service. Ils auront ainsi à leur disposition la même puissance que le Seigneur a eue pour accomplir son service ici-bas. (cf ch. 10, 38 avec Jean 14, 12). Au v. 9 : nous y avons le fait étrange et merveilleux de l’ascension. Jésus reviendra. Ce moment, nous l’attendons encore (2002). Il faut être prêts. C’est terrible pour ceux qui ne le sont pas ! Remarquons (v,2,9,11), que le Seigneur est élevé. Enoch et Elie furent enlevés. En étant élevé, Jésus entre de plein droit dans la demeure de Jéhovah dont la nuée en est le signe. Lorsque la nuée remplit le tabernacle puis le temple, personne ne pût entrer (cf Ex.40, 34-35 et 1 Rois 8, 11-12). Remarquons que nous trouvons aussi la nuée en Luc 9, 34 en relation avec la montagne de la transfiguration.Jésus va se séparer des disciples mais il ne se sépare pas d’eux sans leur rappeler les promesses de la descente du Saint Esprit et de son prochain retour. Parmi diverses manifestations, rappelons encore le baptême du Saint Esprit dans 1 Corinthiens 12 qui est la source de l’union des enfants de Dieu.
Versets 10 à 14 : les messagers célestes
Quelle surprise pour les disciples ! … eux qui espéraient que Jésus allait rétablir le royaume pour Israël. Pourtant Jésus remonte au ciel. Les disciples devaient apprendre, et nous avec eux, que le rejet du roi diffère l’établissement du royaume annoncé par les prophètes. Dieu, dans sa bonté, leur envoie deux anges pour les rassurer en leur disant que Jésus reviendrait de la même manière qu’ils l’avaient vu monter au ciel. Alors, v. 12, les disciples s’en retournent à Jérusalem. Pour eux, tout n’est pas perdu ; ils sont même dans une grande joie (cf
Luc 24, 52) puisque Jésus reviendra. Cette venue annoncée par les anges n’est pas celle que nous attendons. L’espérance de l’Eglise est différente. Ici, les anges mentionnent l’apparition de Christ pour Israël comme en Zacharie 14, 4 : Et ses pieds se tiendront, en ce jour-là, sur la montagne des Oliviers, qui est en face de Jérusalem, vers l’orient ; et la montagne des Oliviers se fendra par le milieu, vers le levant, et vers l’occident, — une fort grande vallée, et la moitié de la montagne se retirera vers le nord, et la moitié vers le midi.Puis, dans les
v. 13 et 14, nous avons une réunion de prières dans "la chambre haute". Mentionnée quelques fois dans l’Ecriture, cette chambre représente un lieu retiré, en dehors du monde et de son agitation, un lieu dégagé de toute l’influence du monde. Là, on peut prier. Aujourd’hui aussi, l’on peut rechercher la présence du Seigneur dans un lieu qui correspond à la chambre haute. Cette chambre, mentionnée aussi dans les ch. 9, 37 et 20, 8 était bâtie sur les toits plats, en Orient. La prière, c’est la ressource des disciples. Le Seigneur pouvait les exhorter à prier (cf Jean 14, 13-14; 15, 7,16; 16, 23,26-27). La prière est importante. Les femmes aussi s’unissent de cœur aux disciples dans la prière. Il y a cette précision de la mère de Jésus qui prie. C’est la dernière fois que nous trouvons la mère de Jésus dans l’Ecriture. C’est un non sens de prier la vierge. Parmi les disciples, le nom de Jacques : Après que Jésus fut élevé de la terre, quelques disciples se retrouvent dans la chambre haute pour la prière. Il y a des hommes et des femmes, chacun à la place assignée par la Parole. Des noms sont nommés dont celui de Jacques. S’agit-il du fils de Zébédée ou d’un autre Jacques ? Probablement le fils de Zébédée et Jacques, fils d’Alphée est aussi là. Aujourd’hui, nous avons besoin de réunions de prières mais nous n’attendons plus le Saint Esprit comme c’était le cas puisque le Saint Esprit est venu.Entre l’ascension du Seigneur et la descente du Saint Esprit, des jours s’écoulent. Et nous avons Pierre qui se lève au milieu des disciples réunis. Ils sont environ 120. Pierre démontre ce qui est arrivé à Judas par l’accomplissement des Ecritures comme l’Esprit Saint l’avait annoncé par la bouche de David. Il rappelle différentes choses en rapport avec l’argent rapporté par Judas aux chefs des Juifs. Il cite le passage du
Psaume 69, 25 relatif à ce champ du sang. Il cite aussi le Psaume 109, 8 pour indiquer que Judas doit être remplacé. Ainsi, c’est avec l’autorité de l’Ecriture que Pierre se prononce selon les versets 21 et 22. Dans cette fin de paragraphe, nous voyons à nouveau l’importance de la résurrection dans le témoignage que les apôtres avaient à rendre au Seigneur. Remarquons aussi, dans ce discours de Pierre, que c’est la Parole écrite qui dirige les croyants. Demandons toujours au Seigneur qu’il nous ouvre l’intelligence pour comprendre les Ecritures (cf Luc 24, 45). Les Ecritures sont donc suffisantes pour montrer que Judas doit être remplacé. Aujourd’hui, les Ecritures sont complètes et contiennent tout ce qui est nécessaire pour guider tout croyant dans sa marche et pour l’instruire à tous égards. Tout ce qui n’est pas fondé sur les Ecritures et qui vient de soi-même est sujet à révision. Il faut regarder au Seigneur. C’est ce qui se fait dans les versets 24 et 25. On regarde au Seigneur pour choisir un remplaçant à Judas. Dès le début, il est ainsi démontré que les apôtres font usage de la prière et de la Parole. Aujourd’hui aussi, en faisant usage de ces ressources, les chrétiens seront gardés. Au v. 26, le sort tombe sur Matthias qui était mentionné en deuxième lieu. Peut-être que les disciples auraient choisis celui qui était mentionné en premier, c’est-à-dire Joseph. De nos jours, il n’est plus besoin d’utiliser le sort. Il s’agissait d’une coutume juive. Maintenant, la Parole est complète et le Saint Esprit dirige le croyant avec intelligence afin qu’il tienne compte des Ecritures et qu’il fasse usage de la prière.Quant à Joseph et Matthias, ils faisaient partie de ceux qui avaient eu le privilège d’accompagner Jésus pendant son ministère ici-bas. Peut-être faisaient-ils partie des 70 de
Luc 10, 1. En Actes 13, 2, l’Esprit est là et l’on ne jette plus le sort. La promesse du Saint Esprit de la part du Père est donc autre chose que celle de la restauration du royaume d’Israël par la puissance de Jéhovah, le Dieu de jugement.
Chapitre 2 (la venue du Saint Esprit, annonce de l’évangile, heureux débuts de l’Eglise ou Assemblée)
Versets 1 à 4 : La venue du Saint Esprit
Versets 5 à 13 : premiers effets du don des langues
Versets 14 à 36 : discours de Pierre
Versets 37 à 41 : résultats du discours de Pierre
Versets 42 à 47 : heureux débuts de l’Eglise
Versets 1 à 4 : La venue du Saint Esprit
Ce chapitre nous présente le fruit de l’ascension du Seigneur Jésus par l’envoi du Saint Esprit promis. En
Luc 24, 49, c’est le Seigneur lui-même qui " envoie " la promesse du Père. Pour cela, il fallait que l’œuvre de la Rédemption soit achevée et que Christ soit élevé dans la gloire. C’est alors que Dieu envoie et scelle de son Esprit les rachetés du Seigneur constitués de ceux qui avaient cru. Le Saint Esprit agit d’abord pour attirer les âmes au Seigneur et les convertir. Puis il scelle ceux qui ont cru et habite en eux (cf Eph. 1, 1-15). Ainsi donc Dieu met son sceau sur ceux qui ont cru. Et cet Esprit de la promesse n’est pas venu sur les apôtres seulement le jour de la Pentecôte mais aussi sur les Ephésiens (cf. Eph. 1, 13). Pour ceux qui croient aujourd’hui et qui sont convertis, c’est la même chose : Dieu met son sceau et il y a des conséquences. En 1 Cor. 3, 16, le Saint Esprit est envisagé comme faisant partie de mon corps, son temple. Et les enfants de Dieu, ensemble, sont une habitation de Dieu par l’Esprit (cf Eph. 2, 22). Et en Rom. 8, 15-16, c’est par le Saint Esprit que l’amour de Dieu est versé dans nos cœurs et nous fait connaître cet amour. Le Saint Esprit dirige nos pensées et nos affections vers Jésus dans le ciel. C’est aussi l’Esprit de vérité qui nous conduit dans la vérité (cf Jean 16, 13). Au milieu de l’agitation de ce monde, nous avons un guide en la Parole de Dieu et le Saint Esprit, l’Esprit de vérité pour nous la faire comprendre et nous conduire dans toute la vérité. Ainsi donc, nous avons le Saint Esprit habitant en nous, puis l’Esprit d’adoption qui nous place dans cette position d’enfants vis-à-vis de notre Père, puis le Consolateur qui prend les chose de Christ pour nous les annoncer. Et nous avons encore le fait que le Saint Esprit nous unit à Christ dans le ciel. Et il y a entre ce précieux Sauveur et nous les chrétiens une union intime : c’est 1 Cor. 6, 17, à savoir celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit avec lui. Il y a donc cette union individuelle du croyant avec Christ. Et ce qui est merveilleux, c’est que les croyants ensemble forment par l’Esprit le corps de Christ (cf. Eph. 4, 4 et 1 Cor. 12, 13,20,27). Ainsi, la promesse a été accomplie ; le Saint Esprit a été envoyé pour habiter en nous et nous n’avons plus à le demander. Mais veillons à ce que le Saint Esprit ne soit pas attristé par notre conduite (cf Eph. 4, 30).La Pentecôte : c’est en cette journée qu’a lieu Actes 2. En rapport avec l’Ancien Testament, rappelons que l’année juive commence par la Pâque qui a eu son accomplissement à la croix. Ensuite, il y a la fête des premiers fruits ou prémices qui typifie la résurrection de Christ. Cinquante jours après cette fête, il y la fête des semaines appelée ici la Pentecôte. Dans l’enseignement de ces types nous avons la mort du Seigneur, sa résurrection, et la descente du saint Esprit pour former l’Eglise. Ce sont des faits importants et fondamentaux de la période chrétienne. A ce sujet, on peut recommander l’étude du chapitre 23 du Lévitique.
Le don du Saint Esprit ne descend pas sous la forme d’une colombe comme ce fut le cas avec Jésus. Ce qui descend là, c’est la puissance de Dieu en témoignage, la Parole semblable au feu consumant qui juge ce qu’il y a devant lui. Le feu symbolise et rend témoignage à la sainteté de Dieu. La Parole de Dieu est aussi comparée à un feu qui brûle tout ce qui est devant lui (cf
Jér. 23, 29). Ce point met en évidence la sanctification pratique du croyant. Mais la puissance du Saint Esprit est tout de même en grâce. Son action sortait des limites étroites des ordonnances juives pour annoncer les merveilles de Dieu à toutes les nations et langues sous le soleil. L’Esprit est comme un souffle impétueux du ciel qui se manifeste aux disciples et qui vient se placer sur eux sous la forme de langues de feu, chacune divisée en plusieurs. Cette merveille attire la foule et la réalité de cette opération divine est constatée par le fait que des personnes natives de beaucoup de pays entendent, chacune dans la langue du pays d’où elle était sortie pour venir à Jérusalem, … entendent ces pauvres Galiléens leur annoncer les œuvres merveilleuses de Dieu.La descente du Saint Esprit est donc un fait capital. Il vient doter les disciples de la puissance nécessaire pour accomplir la mission que le Seigneur leur a confiée. Et il y a aussi toutes les autres vertus dont il a été, et dont il sera encore question.
L’Esprit venant en langues de feu, c’est bien cette œuvre du Saint Esprit au milieu d’un monde opposé qui jugerait tout ce qui n’est pas selon Dieu.
Versets 5 à 13 : premiers effets du don des langues
En rendant capables les siens de s’exprimer dans des langues qu’ils ne connaissaient pas, Dieu use d’une grande grâce lorsque nous pensons à la malédiction de Babel (cf
Genèse 11, 1-9). Pourtant, il y a des moqueurs. Ce sont les incrédules qui se moquent et spécialement les Juifs.Les disciples parlent des langues étrangères et sont compris par ceux qui les écoutent. Il y a donc la preuve éclatante que Dieu est connu non seulement comme le Dieu des Juifs, mais comme le Dieu sauveur, pour tous les hommes (cf
1 Tim. 2, 4). C’est un changement difficile à accepter par les Juifs mais le Seigneur veut les aider à comprendre que la justice de Dieu est manifestée envers tous. Elle est sur tous ceux qui reçoivent Christ. Rappelons encore que, selon Deut. 16, 16, il y avait beaucoup de personnes qui se rassemblaient à Jérusalem, aussi bien des Juifs que des non-Juifs mais prosélytes. Et ces hommes entendent parler des choses merveilleuses de la part de ces Galiléens. Aujourd’hui encore, Dieu permet que des centaines de millions de textes bibliques soient traduits et diffusés dans le monde entier. C’est le remède de Dieu en grâce qui remonte jusqu’à la malédiction de Babel.L’attention de ces hommes est donc attirée par le fait qu’ils entendent ces choses dans leurs propres langues. C’est le Seigneur qui répond à leurs questions et cela par la bouche de Pierre dans la langue courante des Juifs à ce moment-là, c’est-à-dire l’araméen. Nous y avons la première réunion d’évangélisation : un homme du peuple, sans instruction (cf ch. 4, 13) mais plein du Saint Esprit. Trois mille personnes sont sauvées ce jour-là par le filet de l’évangile.
Versets 14 à 36 : discours de Pierre
Dans ce discours, l’apôtre invoque trois grands faits relatifs au Seigneur ; savoir : qu’il était un homme approuvé de Dieu (cf
Es. 35, 4-6) ; puis deuxièmement qu’il a été livré par le conseil défini de la pré connaissance de Dieu (cf Matt. 1, 21) ; et enfin, troisièmement que les hommes sont coupables de l’avoir cloué à une croix (cf Matt. 27, 25; Jean 19,19 ). Pierre cite aussi le Psaume 16, 8-11 qui exprime la confiance du Seigneur, homme ici-bas, en face de la mort. L’apôtre se sert des textes familiers aux Juifs pour leur prouver que Jésus Christ était bien celui dont David avait parlé dans les Psaumes. C’est bien ce fils promis selon 1 Chr. 17, 11-14. Mais le rejet de Christ n’annule pas les promesses faites à son sujet car ce roi n’était pas seulement fils de David mais aussi fils de Dieu. Et il devait ressusciter. David en parle aussi dans le Psaume 16 déjà cité et dont nous avons l’explication dans les v. 29-31 en ajoutant, v. 32, " Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ".Pierre, dans la langue de ses compatriotes, déclare selon leur propre prophétie le vrai caractère de ce qui est arrivé. Ainsi, à partir du
v. 22, Pierre en s'adressant selon ce titre de peuple choisi par Dieu, leur montre que la nation d'Israël est coupable d'un crime épouvantable : ils ont crucifié le Messie, leur Sauveur. Il présente alors Jésus dans sa vie, sa mort, sa résurrection (cf Ps. 132, 11), son exaltation à la droite de Dieu, et enfin, le don du Saint Esprit. Dans ce discours, Pierre se fonde sur la résurrection de Jésus, prédite par le prophète roi, et sur son exaltation à la droite de Dieu. Pierre témoigne. Le caractère de ce témoignage est essentiellement basé sur le fait que Celui qui avait été méprisé, rejeté, a été fait dans le ciel Seigneur et Christ. Pierre commence par ce Jésus, connu des Juifs, sur la terre. Puis il établi la vérité de sa résurrection et de son exaltation à la position de Seigneur : Dieu l’a fait tel. Pierre, dans le caractère de son ministère dans les Actes, ne mentionne pas que Jésus a été fait Fils de Dieu. C’est Paul qui le proclamera dès sa conversion. Pierre constate le résultat en puissance en ce moment-là. Il ne parle pas du royaume non plus. Mais il rappelle que le Saint Esprit était promis pour les derniers jours et il fait allusion au terrible jour de jugement qui devait venir et qui devait être précédé par des signes et des prodiges effrayants. En effet, le v. 36 montre la terrible démonstration de la gravité de la culpabilité du peuple. Et dans cette fin de paragraphe (v. 33++), Pierre ne reprend pas le sujet de l'accomplissement de la promesse du royaume, dont le Père garde l'époque par devers lui (cf ch. 1, 7), mais il met le fait du don du Saint Esprit en rapport avec la responsabilité d'Israël. Dieu agissait encore en grâce envers ce peuple, en lui annonçant un Christ glorifié et en lui donnant les preuves de sa gloire par l'envoi du Saint Esprit. Tout ce que nous avons ici correspond à Luc 24, 47 à 49. L'envoi du Saint Esprit correspond à Jean 15, 26-27.Versets 37 à 41 : résultats du discours de Pierre
Ce sont de remarquables résultats. Nous y apprenons que lorsque la conscience est réveillée au sujet de la culpabilité, la première chose à faire est de se repentir. La repentance n'est pas seulement le regret d'avoir mal fait mais aussi un retour sur soi et sur sa manière d'agir. Quelqu'un qui se repent, qui reconnaît être un misérable, peut alors recevoir l'évangile et savoir que le sang de Jésus Christ lave de tout péché. Et il faut aussi passer par le baptême en reconnaissant dans la mort de Christ le seul moyen d'obtenir la rémission des péchés puisque le baptême est une figure de cette mort. Ces Juifs entrent donc dans le nouvel état de choses, cet état chrétien qui remplace Israël comme témoignage de Dieu sur la terre.
Le témoignage était adressé aux Juifs mais il ne se borne pas à eux. Ce témoignage, constitué de ceux qui reçoivent Christ, Juifs et non Juifs, appelle à la séparation d'avec un monde qui se hâte vers le jugement. Il faut se sauver de cette génération perverse. Cette séparation se fonde sur une œuvre réelle et morale : "Repentez-vous, … (
v. 38). La promesse de recevoir le Saint Esprit est individuelle et appartient aussi à ceux qui sont loin du peuple juif car elle s'accomplit en rapport avec la foi en Christ. Elle s'étend ainsi et sous ce rapport à tous ceux qui, par grâce, entrent dans la nouvelle maison, à tous ceux que le Seigneur, le Dieu d'Israël, appelle. Les Gentils participent à la bénédiction. Cette bénédiction est très visible à la fin du chapitre.Verset 41
: 3000 âmes sont ajoutées. Quel merveilleux résultat suite à cette première prédication de l'évangile.Reprenons quelques jalons de cette prédication :
Remarquons que le discours de Paul, aux athéniens en Actes 17, a bien des similitudes. Bel enseignement pour les croyants qui évangélisent aujourd'hui : la Parole de Dieu, qui présente Christ, peut seule toucher le cœur et la conscience des hommes. Dans le discours de Pierre, l'effet de la Parole ne produit pas tout de suite la joie. Nous y voyons le travail nécessaire du Saint Esprit (v. 37+). Il y a tristesse, repentance, reconnaître que l'on méritait la mort et abandonner l'ancienne manière de vivre. Cela explique la mention du baptême au v. 38. Le pardon des péchés et le don du Saint Esprit accompagnent la repentance envers Dieu et la foi en Jésus et cela pour quiconque croit.
Versets 42 à 47 : heureux débuts de l’Eglise
Ce chapitre 2 s’achève par un magnifique tableau de l’assemblée à ses débuts avec ces réunions d’édification, de culte et de prière. Mais rappelons-nous que la vie de l’assemblée n’est pas limitée à cela ; au
v. 46, elle a son prolongement dans les maisons de ceux qui la composent.Ces croyants du début avaient un sentiment très puissant de la présence de Dieu. Des prodiges et des miracles s'opéraient par les mains des apôtres et cela était nécessaire pour l'établissement du christianisme. Les croyants étaient unis par les liens les plus étroits. Ils ne parlaient pas de leurs droits individuels mais partageaient tout. Ils allaient chaque jour là où les Israélites accomplissaient des services religieux, c'est-à-dire dans le temple, et ils avaient leur propre service à part, entre eux.
Ils attiraient sur eux la faveur du peuple. L'Assemblée était formée et le Seigneur y ajoutait des âmes. Il y ajoutait aussi le résidu d'Israël que Dieu voulait garder des jugements qui devaient fondre sur un peuple coupable du rejet du Fils de Dieu. Oui, un nouvel ordre de choses, caractérisé par la présence du Saint Esprit avait commencé . C'était l'Assemblée.Les croyants ne sont donc pas seuls. Le Seigneur les sauve et les rassemble (cf
Ps. 106, 47 et 107, 2-3). Et dans ce chemin, il faut persévérer. Il y a des ressources pour cela. Premièrement, l'enseignement est à la base de tout. Il y a eu l'enseignement oral par l'Esprit Saint puis l'enseignement écrit par inspiration. Deuxièmement : précieuse ressource que celle de la communion. En persévérant dans la doctrine, le croyant a une même part avec les apôtres et tous les autres croyants. Il y a donc jouissance de la communion avec le Père et le Fils et la communion les uns avec les autres en découle. Les v. 44-46 montrent quelques effets pratiques. Troisièmement il y a l'amour pour le Seigneur avec ce désir de se souvenir de sa mort. La fraction du pain est l'expression qui désigne la Cène du Seigneur. Quatrièmement : c'est la dépendance exprimée par la prière. L'exhortation à persévérer dans la prière est d'importance. Ce fut aussi la première ressource qui occupait les disciples au ch. 1, 14. Ces quatre ressources ont marqué l'Eglise à ses débuts et elles sont toujours à disposition des croyants. Ce qui vient de Dieu demeure. Les versets qui suivent et terminent le chapitre sont une belle démonstration des effets de la puissance du Saint Esprit agissant dans les croyants du début. Aujourd'hui (2002), les temps ont changé mais ne devons-nous pas laisser nos vies pour les frères (cf 1 Jean 3, 16) et être exercé à tant de services que la Parole nous enseigne. Pour cela, il faut la crainte de Dieu (v. 43) qui s'accorde parfaitement avec la joie du v. 46. (cf Apoc. 3, 7-16). Cette fin de chapitre présentent également le côté transitoire de cette période avec le temple qui toutefois ne convenait pas pour le souvenir de la mort du Seigneur rejeté par le peuple et ses chefs religieux. L'épître aux Hébreux est là, également, pour expliquer que ce côté transitoire ne dure pas et les croyants juifs, qui adhèrent à l'Eglise, sont amenés à se séparer entièrement du système lévitique.
Chapitre 3 (guérison d'un infirme, témoignage de Pierre au peuple, Pierre appelle le peuple à la repentance)
Les deux faits essentiels considérés dans les chapitres précédents sont d'une part le Seigneur ressuscité, élevé au ciel et qui va revenir pour établir son royaume. Et d'autre part le Seigneur qui donne le Saint Esprit, envoie ses témoins, sauve et rassemble. Au ch. 3, nous verrons la patience de Dieu envers Israël, ce peuple coupable. Le retour du Christ sera aussi présenté aux Juifs avec une bénédiction en vue en cas de repentance.
Avec ce chapitre, nous verrons que la puissance du Saint Esprit ne se manifeste pas seulement dans les paroles des apôtres mais aussi dans leurs œuvres. Ce ch est remarquable dans les voies de Dieu. Pierre y proclame l'évangile et précise les voies de Dieu envers Israël, ayant l'accomplissement des prophéties en vue et non point les conseils de Dieu. Pour le peuple terrestre de Dieu, leur maison restera déserte, jusqu'à ce qu'il soit dit "Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur" (
Matt. 23, 39). Dans le discours du ch 2, Pierre parlait du don du Saint Esprit et commençait par l'ordre nouveau des voies de Dieu. Et dans le discours du ch 3, Pierre parle du retour de Christ en vue d'accomplir ce qu'avaient dit les prophètes en rapport avec le royaume.La présence du Saint Esprit caractérise le temps entre la première et la seconde venue de Jésus. C'est le temps actuel (2002)
. Ce Consolateur nous révèle un Christ glorifié dans le ciel. Que l'objet de nos cœurs soit aussi l'objet d'une foi vivante pour nous unir à Lui.Versets 1 à 11 : guérison d'un infirme
V. 1 : la 9ème heure correspond à 15h de l'Europe centrale. Les disciples Juifs reconnaissent encore le temple comme la maison de Dieu, une maison de prières (cf Luc 19, 46), et cela jusqu'à ce qu'ils eussent compris toute la vérité concernant l'Eglise dont nous avons vu la formation au chapitre précédent. Les disciples devront plus tard quitter Jérusalem et le temple, selon l'enseignement du Seigneur, et cela avant leur destruction par les Romains. Alors, en entrant dans le temple, les disciples sont en confrontation avec cet infirme : "un homme qui était boiteux dès le ventre de sa mère". Cet homme a maintenant plus de 40 ans (cf ch. 4, 22). Une période complète d'épreuve est donc passée. Il n'y a aucun espoir de guérison. Puis c'est le miracle (v. 4 - 8). Cette guérison rendait un témoignage public à la valeur et à la puissance du nom de Jésus et cela devant ceux qui l'avaient méprisé. Nous voyons que les apôtres sont le canal pour accomplir les mêmes miracles que le Seigneur faisait alors qu'il était ici-bas comme le Messie promis. Maintenant, il est Seigneur et Christ (cf ch. 2, 36). Et avec la guérison de cet infirme, nous voyons se produire les mêmes effets que ceux d'une conversion. L'homme, dans son état naturel, ressemble à cet infirme. C'est aussi une figure d'Israël : le temple, les cérémonies religieuses, sont impuissantes pour le sortir de sa misère. C'est aussi un symbole de toute la création souffrante (voir Rom. 8, 22). Mais par la puissance du nom de Jésus, il peut marcher d'une manière qui glorifie Dieu et avoir le cœur rempli de reconnaissance, de louanges et d'adoration. Pierre n'a donc ni argent ni or pour aider cet homme mais il a beaucoup plus que cela : le nom de Jésus. L'accent est mis sur le nom de Jésus. Nous le verrons encore dans ce chapitre et dans le suivant. C'est le nom du Christ ressuscité, Celui devant lequel tout genou se ploiera (Phil. 2, 9-10). N'oublions pas que Dieu nous a délivré de notre triste état pour marcher d'une manière digne de lui. Cette guérison est aussi une image de ce qui aura lieu lorsque le royaume terrestre sera là. Il n'y aura aucun infirme pendant le règne millénaire, ce "siècle à venir". Ce miracle du siècle à venir est aussi une preuve que Jésus le Nazaréen, celui qu'ils ont crucifié, est véritablement leur Messie qui est vivant. C'est ce que Pierre leur explique peu après dans son discours (cf. Es. 35, 3-6; 1 Cor. 1, 22; Héb. 6, 6). Mais malgré ce puissant témoignage et les résultats de celui-ci (v.9-11), les hommes du peuple sont loin de se repentir. Ils persévèrent dans leur refus de croire en Jésus et de le recevoir. Nous verrons déjà cela dans ce 3ème ch. Pourtant, en accourant vers Pierre et Jean, l'Esprit les rassemble pour voir les effets de l'évangile et entendre un message. Comme Pierre, soyons vigilants et ayons le courage de témoigner par nos paroles à ce monde dans lequel nous sommes et qui a besoin, pour les guérir de leur misère, non pas d'argent, mais de la puissance du nom de Jésus.
Versets 11 à 16 : témoignage de Pierre au peuple : la gloire du Christ ressuscité
Le miracle de la guérison du boiteux a attiré la foule. Pierre en profite pour annoncer l'évangile. Pierre, plutôt que de s'attribuer (et / ou à Jean) un mérite quelconque, à l'image du monde, attribue à Dieu ce qui lui revient. Il sait qu'il n'est qu'un simple instrument de la puissance du Seigneur. Un tel instrument n'a de valeur que s'il se laisse manier par "son employeur". Alors, dans les
v. 13 -15, Pierre rappelle que le Dieu de leurs pères avait fait des promesses et qu'il avait envoyé Jésus pour les accomplir. Et même s'ils ont rejeté Jésus et l'ont mis à mort, tout n'est pas perdu car Dieu accomplirait ce qu'il avait promis au moyen de son fils sur qui reposaient toutes ses pensées. C'est pourquoi Dieu l'a ressuscité et l'a glorifié. Ses ennemis seront le marchepied de ses pieds (Ps. 110.1). La puissance de Jésus sera manifestée. Cependant et pour un temps, l'incrédulité des Juifs les empêche de jouir des bénédictions qui leur sont destinées. Et pour le monde entier, tous ceux qui aujourd'hui refusent l'évangile de la grâce repoussent des bénédictions présentes et éternelles. Pour les Juifs et dans ces versets, Pierre place devant eux quatre grand chefs d'accusation qui font ressortir leur terrible culpabilité en rapport avec le rejet de Jésus : 1) Ils l'ont livré. 2) Ils l'ont renié devant Ponce Pilate alors que celui-ci voulait le relâcher. 3) Ils ont préféré un meurtrier. 4) Ils l'ont mis à mort.Au
v. 13 : Pilate ne trouvait aucun crime en Jésus -> cf Jean 18, 38; 19, 4 et 6.Au
v. 16 : le "nom" est l'expression de la personne.Versets 17 à 26 : Pierre appelle le peuple à la repentance. Un appel de grâce
Ce que Pierre présente dans la suite de son discours a une importance capitale puisque la bénédiction ou la ruine du peuple dépend de l'accueil qui en sera fait. Le peuple a choisi la ruine. Pourtant, Dieu voulait user de grâce en réponse à la prière de Jésus qui avait intercédé sur la croix en disant "Père, pardonne-leur" (cf
Luc 23, 34). Ici et par la bouche de Pierre, Dieu leur offre encore de se repentir afin que le Seigneur revienne du ciel et leur apporte les bénédictions dont ils s'étaient privés en le mettant à mort (selon v. 17 et 18). Dieu admet cette ignorance du peuple tant que le témoignage n'est pas rejeté, le témoignage que le Saint Esprit rendait par les apôtres à Christ glorifié et cela en réponse à l'intercession du Seigneur sur la croix. Donc, pendant que Dieu considère le peuple comme ayant agit par ignorance, Il annonce par Pierre les possibilités de bénédictions selon versets 19 à 21. Cet aspect d'ignorance fait penser aux villes de refuge selon Deut. 19, 1-10. La grâce est ouverte. Le message de Pierre contenu dans ces versets ressemble à celui de Jérémie. Et à l'époque de Jérémie comme à celle de Pierre, certainement que Dieu aurait détourné le jugement prononcé s'il y avait eu obéissance du peuple. Au chapitre 2, Pierre invitait les croyants à se séparer du monde. En même temps, selon ce ch. 3, il propose la repentance aux Juifs, comme nation, en leur disant que Jésus reviendrait du ciel s'ils se repentaient. Et bien le retour de Jésus, pour descendre du ciel en faveur du peuple et établir le royaume, dépendait de la repentance des Juifs. Oui, si les Juifs s'étaient repentis et convertis, s'ils avaient changé de pensées à l'égard du Seigneur, en reconnaissant l'affreuse faute commise en le mettant à mort, leur péché aurait été effacé. Le Seigneur serait redescendu du ciel pour établir son règne appelé "les temps de rafraîchissement". Ce moment était donc décisif pour le peuple qui refuse cependant la dernière offre de la patiente grâce de Dieu. Ils n'écoutent ni les prophètes (voir en particulier Es. 42, 49, 50, 52, 53), ni Pierre.Dans les
versets 22 et suivants : Pierre cite encore Moïse (cf Deut. 18, 15-19), Moïse le plus vénéré des prophètes. Mais le peuple ne comprend pas. Il est aveuglé par l'esprit d'incrédulité. Ces prophètes (v. 25 - 26) s'adressent à ce peuple. C'est tellement clair et tout, dans ce discours, est propre à toucher le cœur du peuple et à ouvrir ses yeux. Ajoutons que si ce peuple avait été délivré du joug des Romains, sans qu'il soit question de leurs péchés, Jésus aurait été reçu. Mais un tel règne n'aurait pas été caractérisé par la justice qui est incompatible avec les péchés. Les droits d'un Dieu saint n'auraient pas été reconnus et Dieu ne peut pas se départir, pour être agréable aux hommes, de ce qui convient à sa nature. Dans de telles circonstances, le Messie ne pouvait pas établir le règne de la justice. Cette justice, selon le Psaume 101, 8, aurait fait périr tous les pécheurs. Autrement dit, le peuple ne veut pas d'un Dieu juste et saint. Il en est de même aujourd'hui pour tous ceux qui, dans ce monde, refusent l'évangile de la grâce. De terribles jugements seront la conséquence du péché. Précisons ici que le jugement est toujours le travail inhabituel de Dieu (Es. 28, 21). Pourtant, les promesses seront accomplies et ces jugements prépareront quelques-uns, parmi les hommes et parmi ce peuple, à former un résidu qui goûtera les bénédictions du règne millénaire.Relevons encore que ce chapitre 3 forme une sorte de parenthèse dans le récit de l'établissement de l'Eglise en ce que Pierre ne prescrit pas aux Juifs de se repentir et d'être baptisés pour recevoir le Saint Esprit et faire partie de l'Eglise. Il leur parle pour que ces temps de rafraîchissement viennent; autrement dit, pour que le règne de la paix et de la justice vienne sur la terre. Le refus de cet appel sera consommé par le meurtre d'Etienne au ch. 7. Dieu a aussi choisi le moment de leur plus forte haine contre lui pour accomplir ce que tous les prophètes avaient annoncé, à savoir que le Messie devait souffrir (
Ps. 22; Es. 53; Dan. 9, 26, etc).Dès lors , l'évangile fut annoncé à tous : aux Juifs, puis aux Grecs, c'est-à-dire au monde entier.
Remarquons aussi que Satan a des instruments Sadducéens rangés contre la doctrine de la résurrection comme il avait eu des Pharisiens qui étaient des instruments contre un Christ vivant.
Il y a donc une opposition systématique de Satan contre la vérité.Chapitre 4 (intervention des chefs religieux, comparution de Pierre et de Jean, embarras du sanhédrin, prière des disciples, effets de la Parole)
Ce chapitre nous fait assister d'une part à l'état effrayant d'Israël mais aussi au tableau merveilleux des apôtres et de tous les croyants. D'une part la haine pour le Seigneur et de l'autre la présence et la puissance de Dieu. L'Esprit habitait dans tous les vrais chrétiens mais autre chose est d'en être rempli en sorte qu'il soit la source de tout ce que l'on pense, de tout ce que l'on fait, et que tout ce que produit le cœur qui en est le vase soit le fruit de sa présence. La vie pratique et ses fruits sont les fruits de l'Esprit. Aujourd'hui, les circonstances peuvent empêcher la forme qui est celle des jours apostoliques, et pourtant l'Esprit de Dieu reste plus puissant que les circonstances.
Remarquons aussi l'importance de l'expression "le nom de Jésus" qui revient plusieurs fois dans ce chapitre : v. 7, 10, 12, 18).
Versets 1 - 4 : l'œuvre de Dieu se poursuit malgré l'intervention des chefs religieux
Les circonstances du chapitre précédent (guérison d'un infirme et discours de Pierre) ont attiré l'attention des autorités religieuses. Encore en train de discourir, Pierre est interrompu par l'arrivée des autorités religieuses.
Et pour la première fois, nous voyons ces autorités en contact avec les apôtres, donc avec la puissance de l'Esprit Saint. Ces hommes sont opposés à Dieu et deux choses les mettent en émoi : 1 le fait que les apôtres enseignent le peuple et 2 le fait qu'ils annoncent la résurrection d'entre les morts au moyen de Jésus. Les chefs religieux, c'est-à-dire le clergé d'alors, revendiquent pour eux l'enseignement. Les chefs religieux supportent difficilement que d'autres puissent enseigner le peuple. Ils sont très sensibles à tout empiétement sur ce qu'ils pensent être leur droit exclusif. Ce qui gêne le clergé, ce n'est pas tellement le miracle mais plutôt le nom de Jésus puisqu'au v. 18 on veut empêcher les apôtres de parler de ce nom. Dans ce début de chapitre, nous avons aussi les Sadducéens qui nient la résurrection (cf Matth. 22, 23). Plusieurs Sadducéens font partie des chefs religieux, selon ch. 5, 17. La résurrection de Jésus, qui manifeste sa victoire sur Satan et sur le monde, est donc contraire à leur doctrine. La résurrection est le fondement du christianisme, ce nouvel ordre de choses. Dès lors, nous comprenons l'irritation de tout ce monde religieux en entendant Pierre et Jean annoncer ces vérités en la résurrection de Jésus, et la résurrection d'entre les morts par Jésus. Alors, v. 3, on arrête les apôtres mais nul ne peut empêcher l'action de la Parole de Dieu puisque 5000 âmes sont ajoutées. La Parole a ses effets et l'on ne peut pas les circonscrire. Malgré l'opposition de Satan, il y a trois mille âmes au ch. 2, 41, puis cinq mille au v. 4. Depuis lors, un nombre incalculable d'âmes se sont ajoutées. Sachons encore que tous ceux qui entendent la Parole, ne fût-ce qu'une fois, sont responsables devant Dieu.Versets 5 -12 : comparution de Pierre et de Jean. Dernier appel aux chefs du peuple
Le
v. 15 confirme que la scène que nous allons considérer se passe devant le sanhédrin. Le sanhédrin, c'est le conseil et tribunal suprême du peuple juif, composé d'environ septante membres. Les principaux responsables de la condamnation du Seigneur sont là, ceux qui avaient consulté ensemble pour le faire mourir (cf Jean 11, 47-53), qui l'avaient condamné injustement et livré à Pilate (cf Matth. 26, 59-68), qui, enfin, avaient tenu conseil pour soudoyer les gardiens du sépulcre (cf Matth. 28, 2-15). Selon Luc 3, 2, Anne et Caïphe étaient les souverains sacrificateurs mentionnés dans les évangiles.C'est le lendemain. Les dignitaires du peuple Juif sont là, avec Anne, le souverain sacrificateur, et son gendre Caïphe qui occupait ces fonctions lors de la mort de Jésus (cf
Matth. 26, 3). Pierre et Jean comparaissent. C'est l'occasion pour Pierre d'exposer une nouvelle fois la vérité concernant Jésus et cela de manière à agir sur la conscience de tous (v. 8 - 10). Le Saint Esprit donne à Pierre une force et une assurance propres à confondre son auditoire. Les paroles de Luc 21, 12-15 se réalisent :Mais, avant toutes ces choses, ils mettront les mains sur vous, et vous persécuteront, vous livrant aux synagogues et [vous mettant] en prison ; et vous serez menés devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom. Et cela se tournera pour vous en témoignage. Mettez donc dans vos cœurs de ne pas vous préoccuper à l’avance de votre défense, car moi je vous donnerai une bouche et une sagesse, à laquelle tous vos adversaires ne pourront répondre ou résister
.D'un côté nous avons la haine des chefs et de l'autre les apôtres qui puisent leurs forces dans le nom de Jésus. Dans les
v. 11 et 12, Pierre va même plus loin en faisant ressortir la culpabilité des chefs du peuple (Ps. 118, 22). Toute la bénédiction pour Israël repose sur Jésus. Mais en méprisant cette pierre angulaire, tout s'écroule. C'est pourtant sur cette pierre que repose l'accomplissement des promesses de Dieu pour le peuple terrestre dans l'avenir (voir Es. 28, 16). Au sujet de la pierre, nous y avons une figure incontestable du Messie dans l'A.T. En Genèse 49, 22-25 : sa relation avec Israël; au Psaume 118, 22 : son rejet par les chefs du peuple; en Es. 28, 16 : son exaltation; en Dan. 2, 44-45: sa domination universelle sur la terre. Jésus est aussi la pierre de touche par excellence pour les croyants selon 1 Pi. 2, 7 et 8, Eph. 2, 20, Matth. 21, 44, etc. Et c'est bien ce nom de Jésus qui est le seul donné pour être sauvés. Pierre, dans ce verset 12, s'associe en mettant le "nous" pour faire comprendre qu'il y a encore quelque espoir pour la nation. En 1 Pierre 2, 7 et 8, le "nous" est remplacé pour le "vous". Oui, seul un résidu sera sauvé et non pas la nation qui sera brisée. En attendant que le peuple reçoive les bénédictions, c'est le temps de l'Eglise pendant lequel quiconque croit est sauvé.Versets 13 à 22 : embarras du sanhédrin. Puissance du témoignage rendu par les apôtres
Ces chefs constatent la hardiesse de Pierre et de Jean. Cette hardiesse, c'est la puissance de leurs paroles sous l'action de l'Esprit Saint. Les chefs en constatent les faits sans en savoir la cause. Si Pierre et Jean avaient été des hommes instruits, on aurait attribué cela à leur érudition. Cependant, ils n'avaient pas l'instruction des rabbins; ils étaient illettrés (
v. 13). La même constatation fut faite en Jésus (cf Jean 7, 15 et Matth. 7, 28-29). Ainsi, la divine puissance de la Parole du Seigneur et des apôtres demeure en dehors de toute question d'instruction et de sagesse humaine. Le Saint Esprit se sert d'hommes érudits quand il en a besoin aussi bien que d'hommes simples. Mais les uns et les autres doivent être des canaux. Il faut que la Parole de Dieu soit présentée sous l'action du Saint Esprit pour opérer son œuvre chez les auditeurs. Et puis, v. 14, on reconnaît Pierre et Jean pour avoir été avec Jésus. Il y avait dans leur langage et dans leur attitude quelque chose qui rappelait le Seigneur lorsqu'il était ici-bas (cf 2 Cor. 3, 2-3). En plus, l'infirme guéri est là et fournit une preuve irréfutable de la puissance du nom de Jésus. C'est alors qu'on ordonne aux apôtres de sortir du sanhédrin (v.15). Il y a donc un témoignage irréfutable mais ce témoignage, selon versets 15 à 18, est refusé. Pourtant, les chefs des Juifs n'ont rien à opposer (v. 14), et ne peuvent nier le miracle (v. 16) et ne trouvent pas comment les punir (v. 21). Alors, les membres du sanhédrin discutent entre eux afin de prendre des mesures en vue d'annuler l'effet de la Parole et de la guérison de l'infirme. Leurs concitoyens, au ch.2, 37 disaient "Que ferons-nous, frères ?"; les chefs du peuple disent "Que ferons-nous à ces hommes?". Satan ne peut pas supporter le nom de Jésus. Et quand l'incrédule ne peut plus nier l'évidence, ni trouver quelque chose à dire contre le témoignage divin, il attaque la personne qui porte ce témoignage. Pourtant, leur conscience est touchée. Ils n'ont rien à opposer. Ces chefs sont ridicules ; ils sont coupables et ils ne se doutent pas du ridicule de leur décision (v.14 -17). Ils sont aveuglés et ils font venir Pierre et Jean pour leur enjoindre de ne plus parler au nom de Jésus (v. 18). Mais nous avons lu au ch. 1, 8 que le Seigneur disait aux disciples : "mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem". C'est l'ordre divin. Les apôtres en sont persuadés. Ils répondent qu'il vaut mieux obéir à Dieu (v. 19- 20 et cf Jér. 20, 9). Cette réponse met en relief la déchéance du système juif. Jusqu'à Christ les sacrificateurs, liens entre Dieu et le peuple, devaient être écoutés. Et ils usèrent de leur autorité sur le peuple pour que Jésus fut crucifié. Maintenant, ces "bâtisseurs" n'ont plus rien en mains de la part de Dieu. C'est pourquoi Pierre et Jean leur disent qu'il faut écouter Dieu ce qui revient à dire "nous ne vous écouterons pas car Dieu ne parle plus par votre moyen". C'était fort mais c'était vrai. Ces hommes contiennent leur colère et relâchent les apôtres … à cause du peuple (v.21 - 22). De tout temps, le clergé a prétendu bien servir Dieu mais il veut retenir pour lui la gloire qui revient à Dieu et s'il n'a pas l'approbation divine, il veut avoir au moins la faveur du peuple. Et en relâchant les apôtres, il est démontré devant tous qu'être disciple de Jésus n'est en aucune façon répréhensible. Cet épisode, en apparence fâcheux, ne fait que contribuer au renom de l'évangile, comme on le voit dans la suite de ce livre : ch. 5, 12 à 16, etc. Avec ces versets, une section qui a commencé au chapitre 3 se termine. Il s'agissait d'un témoignage rendu au peuple juif.Puis, dans les v. 23 à 31, nous avons la prière des disciples
Avec ces versets, une nouvelle section commence et se poursuivra jusqu'au chapitre
5, 16. C'est le témoignage confié à l'Assemblée. C'est le prolongement de ce que nous avons vu à la fin du chapitre 2. Le tout est caractérisé par le commun accord.Les disciples sont relâchés mais ils ont reçu des menaces. Etant relâchés, les disciples vont "vers les leurs". C'est une faveur que Dieu nous accorde aujourd'hui d'avoir "les nôtres". Avec eux, nous sommes en dehors du monde et de ce qui le caractérise. Les croyants marchent ensemble pour se fortifier, s'encourager, etc. Ensemble, ils peuvent faire monter vers Dieu : prières, soucis, inquiétudes, mais aussi louanges. Dans notre portion (
v.23 - 24), les croyants, ayant entendu le récit de Pierre et de Jean, font monter une prière en reconnaissant d'abord la souveraineté de Dieu et réalisent qu'ils peuvent se confier en lui. La prière est une ressource permanente : cf ch. 1, 14; 6, 4; 12, 5; 13, 3; 14, 23. Et dans les v. 25 et 26, le Psaume 2, 1-2 est cité. L'accomplissement littéral de ce Psaume sera réalisé quand les nations se rassembleront autour de Jérusalem et que le Seigneur viendra pour établir son règne. Lors de sa première venue, ces mêmes paroles du Psaume ont eu un accomplissement partiel lorsque Jésus fut mis à mort. C'est à ce propos que les v. 27 et 28 sont cités. Au v. 27, nous avons aussi bien le monde païen que le monde religieux. Ce sont deux mondes aussi mêlés aujourd'hui qu'autrefois. Et bien, quand Jésus viendra établir son royaume, Il anéantira les nations mais il n'a pas agit de la sorte envers ses bourreaux qui le crucifièrent, comme nous l'avons déjà vu (cf ch. 3, 17). Maintenant, nous sommes dans la position que réalisent les disciples selon v. 29 et 30, à savoir être remplis de hardiesse et d'amour pour que plusieurs puissent accepter Jésus. Et s'il est vrai que nos difficultés sont une occasion pour faire intervenir Jésus, dans le sentiment de notre faiblesse, et bien en Lui nous pouvons avoir pleine confiance en sa force et en son amour. Verset 31 : comme ils faisaient leur supplication, voilà les disciples remplis du Saint Esprit pour annoncer la Parole de Dieu avec hardiesse : quand nos prières ont pour but la gloire de Dieu, nous avons l'assurance de l'exaucement. Dans le cas présent, Dieu répond tout de suite. Il leur donne aussi une preuve visible que sa puissance serait avec eux pour accomplir leurs désirs. La hardiesse est un mot caractéristique du chapitre : v. 13, 29 , 31.Versets 32 - 37 : l'amour vécu dans la famille de Dieu. Les effets de la Parole
En
Jean 17, 21 : afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi ; afin qu'eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que toi tu m'as envoyé. Nous y avons une belle illustration de ce que les chrétiens réalisent dans la portion qui nous occupe. Ces croyants possèdent tous la même vie divine. Ils sont un cœur et une âme et cette vie manifeste chez tous les mêmes effets. Il en résulte ce que l'on peut appeler "l'unité de communion". Le Saint Esprit agit ainsi non seulement en ceux qui prêchent la Parole mais aussi chez ceux qui l'ont reçue par la foi. A ce moment, le Saint Esprit n'était attristé en rien et manifestait les caractères de cette vie dans leur pureté. Un cœur et une âme caractérisait cette foule qui avait cru. Près de 2000 ans après, la manifestation de la vie de Christ n'a plus lieu dans la même mesure mais la vie est la même; si elle est libre de se manifester, on peut retrouver ces caractères en laissant le Saint Esprit agir. Et le Saint Esprit n'étant pas attristé produira dans le cœur cette unité de pensées et de sentiments. Cette communion de pensées n'est pas le communisme qui dit "ce qui est à toi est à moi" mais l'amour qui dit "ce qui est à moi est à toi". Au v. 33, le sujet de la résurrection revient et c'est sur cette vérité que nous avons la base de toute la prédication de l'évangile et de tout le christianisme. Il importe aujourd'hui encore d'insister sur cette vérité (cf 1 Cor. 15, 17). Oui, il faut la foi en un Christ mort et ressuscité pour être sauvés. Et les v. 34 et 35, sont une répétition des v. 44 à 46 du ch. 2: tous ceux qui possédaient des biens les vendaient.Ces croyants réalisent dans une grande mesure qu'ils sont du ciel et que là sont leurs vrais biens. Parmi eux nous avons au
v. 36 ce cypriote nommé Joseph que les apôtres appellent Barnabas. Lui aussi avait remis le produit de la vente d'une terre. L'Esprit de Dieu nomme ce disciple car il sera un instrument béni dans l'œuvre où il agira selon la signification de son nom, c'est-à-dire : fils de consolation. Au ch. 14, 14 il est même nommé "apôtre". Pour nous, si nous ne sommes pas appelés à vendre nos biens, puissions-nous en être de bons administrateurs en réalisant que ces biens sont ceux du Seigneur et non pas les nôtres. En 1 Tim. 6, 17-19 : "Ordonne à ceux qui sont riches dans le présent siècle, qu’ils ne soient pas hautains et qu’ils ne mettent pas leur confiance dans l’incertitude des richesses, mais dans le Dieu qui nous donne toutes choses richement pour en jouir ; qu’ils fassent du bien ; qu’ils soient riches en bonnes œuvres ; qu’ils soient prompts à donner, libéraux, s’amassant comme trésor un bon fondement pour l’avenir, afin qu’ils saisissent ce qui est vraiment la vie". Ainsi, sans prétendre revenir à toute la puissance de cet heureux commencement, nous pouvons aujourd'hui souhaiter en réaliser l'esprit. La mise de côté de notre égoïsme naturel est le fruit du dévouement pour nos frères. Pour cela, il faut réaliser l'enseignement de la Parole et au centre de ce tableau de la vie d'assemblée, il y a la résurrection de Jésus. Les apôtres en rendent témoignage avec une grande puissance, cela au v. 33.Chapitre 5 (Ananias et Sapphira: puissance miraculeuse des apôtres; délivrance miraculeuse des apôtres; un sage conseil)
Jusqu'ici, ch. 2 à 4, nous avons vu l'Eglise ou Assemblée, qui est l'habitation de Dieu, dans son développement et toute sa fraîcheur. L'Esprit Saint, qui demeure dans l'Assemblée, agissait librement et tout venait de lui, qu'il s'agisse des fruits pour les saints ou pour l'évangile qui est simultanément annoncé. Il y avait pureté. Mais ce que Dieu confie à l'homme se ternit, se gâte et se dénature en raison de l'activité du cœur naturel. Dieu avait déjà, au commencement de l'histoire, créé Adam parfait, innocent, mais responsable. Il devait obéir su un point. Il tomba. Après le déluge, Dieu confia le gouvernement à Noé qui se déshonora. Même déchéance, avec Héli, en 1 Samuel 2, en rapport avec la sacrificature. Que dire de la royauté de Saül et de toute la famille de David ! Et bien avec l'Eglise, même où Dieu agit tout autrement envers les hommes en raison de l'œuvre de la croix, il y a faillite. Pourtant, les chrétiens doivent se tenir pour morts au péché afin de manifester la vie de Christ. Mais l'état de ruines de l'Eglise, après quelque 20 siècles d'existence montre ce qu'il en est : à peine un faible résidu emporte-t-il quelque caractère dont le Seigneur seul peut apprécier la réalité.
Il faut aussi relever l'activité de Satan. Nous l'avons vu chercher à s'opposer au témoignage au ch. 4. Et dans le ch. 5, nous le verrons à l'œuvre pour corrompre l'œuvre de Dieu par le dedans. Les deux "
Mais" qui commencent ces chapitres annoncent l'œuvre de l'ennemi. Un nouveau sujet est donc présenté au début du ch. 5. Nous voyons que la chair, la source du péché (cf Rom. 7, 18), se trouve encore dans ceux qui composent l'Assemblée. Le péché est donc là, dans la vie des croyants, mais Dieu ne supporte pas le mal là où Il habite. La présence de Dieu est une réalité sérieuse et la puissance de l'Esprit de Dieu dans l'Eglise reste un rempart contre le mal. Dans ces ch. 4 et 5 et en fin de compte, l'œuvre de l'ennemi sert les intérêts du Seigneur : les adversaires extérieurs sont impuissants et les tentatives de l'intérieur sont démasquées. Tout a pour résultat la bénédiction de l'Assemblée et de la progression de l'évangile.Versets 1 - 11 : un grave mensonge puis le péché mis en évidence et le résultat
Ainsi, avec Ananias et Sapphira, nous avons le début du mal.
Ce couple ne veut pas rester en arrière et désire aussi vendre quelque chose pour le Seigneur. Cependant, le sacrifice qu'ils font dépasse leur état spirituel. Leur cœur n'était pas prêt à imiter les bonnes actions d'autrui. En dépassant sa mesure, on tombe. Héb. 4, 13 confirme aussi que Dieu voit tout. Dans le cas précis d'Ananias et Sapphira, la présence manifeste du Saint Esprit, déployant une si grande puissance au milieu des disciples, établissait la gravité de leur mensonge. L'amour de l'argent n'avait pas été jugé dans ces cœurs. Ce couple décida froidement de mentir à l'Esprit Saint ce qui est mentir à Dieu. Tout péché est un acte très grave puisqu'il offense Dieu. Ne justifions pas nos fautes. Jugeons toute mauvaise pensée dès qu'elle apparaît. Dans le cas contraire, nous serions vite habitués avec de mauvaises pensées et perdrions la conscience de la gravité du mal (cf Jacq. 1, 15). Dans les v. 3 et suivants, ce que Pierre dit à Ananias montre que la Parole de Dieu dirige la vie divine chez le croyant. Ce n'est pas une loi imposée. Personne n'avait dit à ce couple de vendre leurs biens, ni aux autres croyants. Chez Ananias et sa femme, leur motif n'était pas pur et leur acte ne pouvait être bon. Nous voyons aussi, dans ces récits, que si Dieu manifeste sa grâce et son amour en sauvant des pécheurs tels que nous, il reste le Dieu juste et saint qui a les yeux trop purs pour voir le mal. Pour Israël comme pour l'Assemblée, la sainteté est nécessaire : cf. Ps. 93, 4; Ex. 29, 43-46; 1 Cor. 3, 16-17, etc). Dans ce temps-là, où la présence de Dieu par l'Esprit Saint était si manifeste, un tel péché ne pouvait recevoir le pardon sans le gouvernement de Dieu. Ainsi, la maint de Dieu frappe Ananias, puis Sapphira, dès qu'elle a confirmé de sa bouche leur mensonge commun. Dès lors, une grande crainte s'empare de ceux qui entendent ces choses, selon v. 5 et 6. Servons notre Dieu avec révérence et crainte. La présence de Dieu est une chose sérieuse.Puis avec Sapphira (
v.7 à 10), nous apprenons que le péché, dans ce couple, avait deux caractères, à savoir : mentir à l'Esprit Saint et tenter ce dernier pour voir s'il ignorerait leur acte. Ces deux caractères sont liés. Pour nous, ne tentons pas Dieu pour voir s'il est fidèle dans ce qu'Il dit. On doit croire Dieu sans preuve. Et ce qui nous est dit dans le Psaume 91, 11-12, au sujet des tentations du Seigneur, est éloquent : il faut obéir à Dieu pour être gardés. Si nous désobéissons, Dieu nous ramènera dans le chemin de l'obéissance en nous disciplinant en relation avec notre propre volonté à moins que le péché commis soit, comme Ananias et Sapphira, un péché à la mort (cf 1 Jean 5, 16-17). Un tel péché peut être accompli par un croyant et porter un caractère si grave qu'il doit mourir sous le gouvernement de Dieu. Ananias et Sapphira en sont le premier exemple dans l'Eglise. Il s'agit de la mort du corps, comme discipline, et non du salut de l'âme. Et au v. 11, l'Esprit agit non seulement pour former l'Assemblée, mais aussi pour la purifier du mal qui pouvait s'y introduire. Les Psaumes et surtout les Proverbes montrent tout ce qui se rattache à la crainte de l'Eternel, surtout en fait de bénédictions. Craindre Dieu, ce n'est pas avoir peur de lui. C'est craindre de lui déplaire en lui désobéissant. Elle n'est ni légale, ni peureuse. Elle est liée à la conscience de la présence du Seigneur et de ses droits. Elle découle du sentiment de l'amour de notre Père céleste. Elle s'accorde parfaitement avec la liberté chrétienne. Et le cas d'Ananias et Sapphira démontre que la présence de Dieu est une chose sérieuse et réelle. Devant ce premier exemple, prenons garde. Si nous ne nous tenons pas pour morts au péché, Satan peut se servir de tout croyant pour corrompre ce que le Seigneur a établi. Veillons à ce que l'ennemi ne puisse pas se servir de nous pour semer la discorde entre nos frères et sœurs en Christ ou pour introduire le mal dans l'assemblée.Dans ce récit, Pierre ne sait rien de l'entente secrète entre Ananias et Sapphira. Dans le
Ps. 25, 14 : "le secret de l'Eternel est pour ceux qui le craignent". Pierre a ce don de discerner (1 Cor. 12, 10) qui lui permet de découvrir la situation. Pierre l'expose paisiblement , sans être irrité , sans manifester un désir quelconque de dominer.Versets 12 - 16 : l'évangile progresse et les apôtres opèrent des miracles
La Parole que les apôtres prêchent est confirmée par des signes de puissance. C'est pour cela qu'il y avait des miracles. Les miracles prédisposent les cœurs à recevoir l'évangile mais la Parole seule opérait en eux. Les impressions les plus fortes ne servent à rien si la Parole de Dieu n'exerce pas la conscience. Dans les
v. 12 à 14, il y a la puissance du Saint Esprit qui faisait éprouver la présence de Dieu au milieu d'eux. Ces versets, depuis la fin du v. 12, sont entre parenthèse et cette parenthèse se lie au paragraphe précédent pour montrer comment le Seigneur fait tourner les chutes des croyants, finalement, à sa gloire pour la progression de l'évangile. V. 13 : Ceux qui n'étaient que spectateurs d'une telle scène sont tenus à l'écart. Il s'agit d'incrédules qui redoutent la présence du Dieu saint. Quant aux croyants (v. 14), qui forment une classe à part, ils sont nombreux. Ils se joignent non pas aux apôtres mais au Seigneur. Le Seigneur ajoute à l'assemblée (cf ch. 2, 47). Et ici, comme au ch. 11, 23-24, les croyants se tournent vers le Seigneur. Il est le centre d'attrait. L'Assemblée ou Eglise est un ensemble saint, distinct du monde qui ne connaît pas Dieu. Le mot même qui est employé pour la désigner signifie "appelé hors de" (en grec "écclèsia" qui a donné le mot "Eglise" - cf aussi ch. 15, 14). Tout en étant "à part", ces croyants ne se cachent pas. Nous les voyons, à la fin du v. 12, au portique de Salomon (cf Jean 10, 23). Ainsi, l'assemblée apparaît publiquement comme ne faisant qu'un avec ceux qui annoncent l'évangile, et cela pour le bien des auditeurs auxquels Dieu veut encore faire proclamer la bonne nouvelle du salut par Jésus Christ. Le peuple magnifie (ou loue hautement) ces chrétiens mais, pour être sauvé, il ne suffit pas d'admirer les croyants. Il faut croire et se convertir. Et le v. 14 montre que des croyants (ceux qui précisément croient) sont ajoutés non seulement à l'assemblée (ch. 2, 47) mais au Seigneur. Séparés du mal, bien unis, consacrés au Seigneur, les croyants rendent ici un témoignage remarquable.Encore à propos des miracles, selon
v. 12, 15 et 16 : les hommes, attirés par ces prodiges, ces guérisons, sont à l'écoute de la Parole. Ainsi, ils ne craignent pas de s'approcher malgré le début du chapitre où la puissance de Dieu en sainteté et en jugement sur le péché a été manifestée. La Parole de Dieu est accréditée par de tels miracles lorsque cela est nécessaire. Cette puissance miraculeuse de Dieu est principalement canalisée par les apôtres mais pas uniquement. Voir : 2 Cor. 12, 12; Marc 16, 20 et Jean 14, 12; Actes 6, 8 et 8, 6 et 7. La Parole est maintenant complète. Elle authentifie désormais le message de l'évangéliste (3 Jean 12) de sorte que la prétention de disposer de la puissance miraculeuse de Dieu n'offre aucune garantie (cf Matt. 7, 22-23). En effet, Satan cherche à imiter les miracles. Mais quelle différence avec ceux opérés par le Seigneur Jésus ou les siens. Et le plus grand des miracles, n'est-il pas la transformation d'un pécheur perdu en un croyant sauvé par la foi au Seigneur Jésus ?Avec ces versets, le sujet du témoignage confié à l'Assemblée prend fin. A partir du v. 17 et jusqu'à la fin du ch. 5, nous avons le sujet des témoins qui sont persécutés mais vainqueurs. En cela, nous verrons la manière souveraine d'agir du Seigneur : il dirige les circonstances et les pensées des hommes. Il opère ce qu'il lui plaît et se sert des intentions comme des décisions des hommes même opposés à lui. C'est la providence divine et elle est nettement en activité dans cette fin de chapitre.
Versets 17 - 32 : délivrance miraculeuse des apôtres
A nouveau, l'opposition des chefs du peuple et leur jalousie sont là. Les apôtres sont mis en prison. Mais le Seigneur est là et ils sont délivrés miraculeusement par le moyen d'un ange (v. 2 - cf Ps. 103, 20). Malgré les menaces du ch. 4, 21, l'évangile continue d'être prêché. Les villes entourant Jérusalem sont touchées. Mais l'ennemi ne supporte pas cela et on retrouve les sadducéens tout aussi opposés que les pharisiens à la vérité. Peu leur importe si des malades sont guéris et que la bonne nouvelle est annoncée. On ne veut pas entendre parler de Jésus ressuscité. Alors, à défaut de pouvoir leur fermer la bouche, on les fait jeter en prison. Toutefois, la puissance divine opère. Elle a opéré en discipline à l'égard d'Ananias et de Sapphira. Elle opère par les miracles des apôtres. Et ici, elle intervient pour protéger ses serviteurs. Un ange est envoyé. Cet ange les délivre et les encourage à continuer la prédication de "paroles de vie". Ces paroles ne sont-elles pas celles de Jésus qui s'identifie à ses disciples persécutés. Quant à l'activité actuelle des anges, elle est toujours là en faveur des croyants (cf. Héb. 1, 14). Devant un tel tableau, il semble que les chefs auraient dû avoir les yeux ouverts pour comprendre qu'il est inutile pour eux de lutter avec Dieu. Mais ils sont aveuglés par Satan et ils sont engagés toujours plus loin dans leur vaine résistance à Jésus qui a remporté la victoire à la croix.
Versets 21 à 25
: la nuit étant passée, on cherche les apôtres et on ne les trouve pas dans la prison mais on les trouvera dans le temple. Par cela, le Seigneur veut montrer aux chefs des Juifs qu'il est du côté des apôtres. Un témoignage éclatant est rendu à Christ ressuscité. Quelle confusion pour les rationalistes sadducéens et de tous ceux qui l'ont crucifié !Ainsi, ce fameux matin, il y a d'une part le groupe des apôtres qui annoncent l'évangile au temple. D'autre part, les chefs convoquent le sanhédrin et les anciens. Les huissiers constatent que tout est en ordre à la prison mais les apôtres n'y sont pas. De plus, ils apprennent qu'ils enseignent au temple ! Quelle foi chez ces apôtres qui obéissent et qui laissent à Dieu le soin de s'occuper des conséquences : quel exemple pour nous.
Ces chefs du peuple Juif, plutôt que de s'interroger devant Dieu, eux qui connaissent l'Ancien Testament, restent perplexes et leur conscience n'est pas troublée. C'est l'incrédulité orgueilleuse qui ne veut pas se soumettre. Les apôtres sont à nouveau arrêtés pour comparaître devant le sanhédrin.
Versets 26 à 32
: pour les chefs du peuple, il n'y a point de crainte de Dieu (cf Rom. 3, 18). Soulignons, v. 26, la violence avec laquelle agissent les chefs. Ils voudraient bien se débarrasser des apôtres, comme ils l'ont fait de Jésus mais ils craignent le peuple. Quant aux apôtres, ils ont le Seigneur devant les yeux et sont affranchis de la crainte des hommes. Et les apôtres sont vis-à-vis d'eux, devant le sanhédrin où ils sont accusés (v. 28) a) de ne pas avoir observé l'interdiction d'enseigner au nom de Jésus et b) de rendre responsable le sanhédrin de la mort de Jésus. Ces accusations sont sans fondement; il suffit de lire le ch. 4, 19-20 et Matt. 27, 25 où le peuple avait dit "Que son sang soit sur nous et sur nos enfants". De telles accusations ne font que renforcer la puissance de l'évangile et la culpabilité des Juifs. Pour les apôtres, ils proclament à nouveau qu'il faut obéir à Dieu (v. 29 à cf avec ch. 4, 19-20). Aujourd'hui comme alors, le chrétien doit être soumis à tout ordre humain (cf 1 Pi. 2, 13). Mais s'il y a opposition entre la Parole de dieu et les ordres des autorités, il faut obéir à Dieu tout en acceptant la souffrance. Il ne faut pas résister à l'autorité. N'utilisons pas cependant légèrement de tels versets pour éviter de se soumettre à une autorité établie par Dieu. Rappelons encore ici que ces hommes du sanhédrin usent d'une autorité qu'ils ne possèdent pas. Les apôtres, dans les v. 30 à 32 rendent un témoignage clair et puissant de la grâce de Dieu envers son peuple. Nous avons l'accomplissement de ce que le Seigneur dit en Jean 15, 26-27, savoir ce témoignage de l'Esprit et des disciples pour Jésus. Ici, la résurrection glorieuse du Seigneur Jésus ainsi que le pardon des péchés par son nom sont mis en évidence. Ce pardon est encore offert aux membres du sanhédrin. Quel beau tableau : ces versets présentent tout à la fois un appel à la conscience suivi d'un appel au cœur ! : un sage conseil. Il est donné par Gamaliel qui semble avoir été touché par la situation des apôtres qu'il fait sortir. Puis il tient un discours devant le sanhédrin (v. 35 à 37). En Act. 22, 3, il est précisé qu'un autre apôtre, alors Saul de Tarse avait été instruit aux pieds de Gamaliel. Ici et selon v. 40, on se range à son conseil et les apôtres sont délivrés non sans leur enjoindre de ne pas parler au nom de Jésus. Chez Gamaliel, il y a donc cette crainte de l'Eternel qui est le commencement de la sagesse (Ps. 111, 10). Mais toujours est-il que leur désir de ne pas faire la guerre à Dieu est peu profond car les apôtres sont battus et il y a cette défense de parler au nom de Jésus. D'autre part, en citant les v. 36 et 37, Gamaliel a tendance à comparer Jésus aux deux rebelles et c'est une triste attitude. Il use aussi d'ingrédients humains, avec habileté et neutralité. Tout cela éteint les pensées meurtrières des membres du sanhédrin (v. 33) mais quelle culpabilité chez ces chefs et quelle protection de Dieu sur les siens. Les hommes ont essayé de supprimer les chrétiens, de faire disparaître les Saintes Ecritures mais en vain cet cela depuis la Pentecôte. Au ch. 7, 54, nous retrouverons l'expression du v. 33 "frémir de rage".Quoiqu'il en soit, le Seigneur est au-dessus de tout et dispose de tout. Après s'être servi d'un ange pour délivrer les apôtres, il a utilisé un membre influent du sanhédrin pour les protéger. Le Seigneur est vraiment celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté et celui qui incline le cœur des rois à tout ce qui lui plaît (cf. Eph. 1, 11 et Prov. 21, 1).
V. 40 : les apôtres sont battus et cela sans motif valable (cf Deut. 25, 1-3). Non seulement les apôtres ne sont pas "simplement" relâchés, suite au conseil de Gamaliel, mais les membres du sanhédrin, qui n'osent pas le frapper en public (v. 26), le font en secret et en plus ils renouvellent l'interdiction de parler au nom de Jésus. Cette haine les conduira, dans leur guerre à Dieu, à lapider Etienne au ch. 7.Versets 41 - 42
: les apôtres, eux, se réjouirent d'avoir été estimés dignes de souffrir pour le nom. Souffrir pour son nom est un honneur et sujet de joie (cf Luc 21, 12-13) et cela aussi dans nos pays occidentaux où nous ne connaissons pas de persécutions ouvertes mais les moqueries, par exemple, sont bien ressenties par les fidèles. Les apôtres sont donc les disciples d'un Christ victorieux, quoique rejeté. La puissance de l'Esprit Saint les soutient et les affranchit de la crainte des hommes. Il en sera toujours ainsi pour ceux qui marchent dans le chemin de la simple obéissance au Seigneur. Ils poursuivent avec zèle et hardiesse l'annonce de l'évangile (v. 42). Aujourd'hui, le monde est plus indifférent qu'alors mais son attitude reste la même à l'égard du Seigneur. Le monde d'aujourd'hui, indifférent, n'aime pas Jésus. Mais le diable se sert de cette indifférence qui laisse chacun libre de penser ce qu'il veut à l'égard des choses de Dieu. L'ennemi essaye aujourd'hui, dans le monde occidental, à attirer les pensées des chrétiens dans le courant du monde tandis que la persécution les en repoussait. Ayons cette énergie spirituelle pour repousser la mondanité. Ne craignons pas un sourire moqueur si nous confessons le Seigneur (cf. Matt. 10, 32-33). Ayons foi en la puissance de Dieu que nous avons pu voir dans ce chapitre d'une manière providentielle par l'intermédiaire des anges ou par les actions des hommes même opposés à Dieu.Chapitre 6 (La puissance du Saint Esprit dans l'assemblée)
Dans la structure de ce livre, nous voyons un beau témoignage des croyants devant le monde. Ce témoignage est aussi la conséquence de la persécution de ce monde. La grâce divine fait de cette persécution une bénédiction pour l'Assemblée. N'avons-nous pas de cela dans les chapitres 4, 5 et nous l'aurons à nouveau dans les chapitres 7 et 8 avec le martyre d'Etienne. Le chapitre 9, avec la conversion de Saul, couronnera cet ensemble. Le persécuteur des chrétiens est devenu un puissant évangéliste et le grand apôtre des nations. Dans l'Eglise naissante, il y a des attaques de l'extérieur mais aussi des dangers qui viennent de l'intérieur. Nous l'avons vu avec Ananias et Sapphira. Et maintenant, au chapitre 6, l'adversaire essaye de troubler par quelque chose d'anodin en apparence : un murmure. Mais tout est important pour le Seigneur et rien ne doit être négligé. Ananias et Sapphira constituait un cas isolé. Ici, toute l'assemblée est concernée. Dans les deux cas, les choses matérielles sont en cause. Au chapitre 5, il s'agissait de donner et ici la difficulté consiste à recevoir. Mais la puissance divine est là et les apôtres auront la sagesse nécessaire pour résoudre cette nouvelle difficulté.
Versets 1 à 7 : murmure des Hellénistes
Au début de ce chapitre, nous reconnaissons nos cœurs, à savoir que le cœur naturel se montre par l'égoïsme et le mécontentement en présence de l'activité de l'amour. Un murmure, c'est une réclamation que l'on ose pas formuler à haute voix. Satan le sait et cherche à dresser les croyants les uns contre les autres en exploitant la moindre différence entre eux; ici : il y a deux groupes sociaux distincts. Les premiers sont les Hébreux et les autres les Hellénistes avec chacun leurs caractères. Il y a mécontentement dans la distribution des biens, peut-être avec raison, mais des murmures naissent dans le cœur. Le contentement des croyants, même avec des différences de condition sociale, est un témoignage devant le monde (cf 1 Tim 6, 6). Pourtant, nous avons vu ces premiers chrétiens mettre leurs biens en commun et distribuer à chacun selon les besoins. Mais la vieille nature que le croyant a toujours en lui ne peut pas changer. Et si la vie divine n'est pas active en lui, et bien la vieille nature réapparaît en lui dans toute sa laideur. Nous avons déjà vu l'amour de l'argent chez Ananias et Sapphira. Dans le cas des Hellénistes, le mal est moins grave mais très répréhensible. Il y a un murmure qui s'est produit et qui n'aurait jamais dû se produire. Il y a une certaine jalousie même s'il est possible que des Hébreux aient été plus larges avec leurs veuves qu'avec celles des Hellénistes. Mais s'il y avait quelques plaintes à formuler, il aurait fallu les formuler aux apôtres afin que ces difficultés soient réglées avec sagesse. Ce qui fut fait par la suite.
V. 2 et 3: les apôtres agissent tout de suite. Il faut agir selon l'Esprit. Il ne faut pas que des problèmes subsistent dans l'assemblée. Les apôtres n'agissent pas seuls pour régler ce problème. L'assemblée entière participe à cet exercice. C'est l'ensemble des croyants qui choisissent sept hommes qualifiés pour ce service. Par cet incident, le Seigneur décharges aussi les apôtres d'un travail absorbant. V. 4 : les apôtres peuvent donc se consacrer mieux dans le service qui leur est confié et nous les voyons mettre la prière avant la prédication. La prière est nécessaire pour que le ministère de la Parole ne soit pas exercé par la volonté et les ressources des hommes. La foi des saints pourra ainsi se reposer sur la puissance de dieu et non sur la sagesse des hommes (cf 1 Cor. 2, 3-5). Quand il s'agit de la bénédiction de l'âme par Dieu, la Parole vient en premier (cf Nomb. 7, 89). Par ce récit, apprenons aussi à nous attendre au Seigneur et soyons reconnaissants de ce que nous avons (cf Héb. 13, 5). Ayons ce contentement de l'Esprit pour éviter tant de maux. Les Hellénistes étaient des Juifs qui avaient longtemps séjourné hors de leur pays. Ils parlaient le grec. Il pouvait également se trouver parmi eux des Grecs qui avaient embrassé le judaïsme. Et parmi les sept qui avaient été choisis pour faire les distributions (servir aux tables), il y a là, au v. 5, Nicolas, qui est un Helléniste. D'après les noms donnés, il semble même que tous le soient. Dans tout cela, retirons la leçon que les chrétiens ne devraient pas montrer de jalousie nationale car notre patrie est céleste (cf Col. 3, 2 et 11). Ainsi donc, dans notre passage, le mal est conjuré par la sagesse des apôtres et leur esprit de grâce. Les apôtres qui reçoivent les biens délèguent ce travail pour que leur temps puisse être utilisé au service de la Parole et de la prière; ce sont les deux grands moyens par lesquels le troupeau du Seigneur peut être édifié et s'accroître. Quant au choix, les Hellénistes sont pleinement satisfaits. Par cela, un témoignage est également rendu au désintéressement de la partie juive des disciples. Nous y avons l'amour qui ne cherche pas son propre intérêt. Puis les apôtres, acceptant ce choix, prient et imposent les mains. Nous y voyons là leur approbation et leur identification avec ces hommes. Nous découvrons aussi l'importance que mettent les apôtres à ce service puisqu'il faut des hommes qui aient un bon témoignage et qui sont pleins de l'Esprit Saint pour agir dans la pensée de Dieu. Oui, même avec les biens matériels, tout doit être accompli fidèlement, avec grâce et justice (cf 1 Cor. 4, 2). Tout ce que le chrétien doit faire, et spécialement quant à l'Assemblée, doit être fait sous le contrôle du Seigneur qui nous communique sa pensée dans la Parole. Au v. 5, Etienne fait partie de ces serviteurs tout en ayant aussi un autre service supérieur. Et nous verrons aussi Philippe prêcher dans une ville de Samarie. Oui, quand un chrétien s'acquitte fidèlement d'une tâche simple, et bien le Seigneur lui confie plus et il acquiert un bon degré (cf 1 Tim. 3, 13 et Luc 8, 18). Ces v. 5 et 6 donnent occasion de relever qu'il y a, dans l'assemblée, des dons et des charges. Pour les charges, comme celle de "servir aux tables", l'assemblée peut approuver des frères pour accomplir une tache (cf 2 Cor. 8, 18-21). Pour les dons de grâce, c'est le Seigneur qui choisit et envoie ceux qu'il veut pour enseigner et édifier l'Eglise. Autrefois, les apôtres avaient aussi la capacité de choisir des surveillants ou des anciens. Aujourd'hui, même si ce choix ne peut être officiellement exercé, faute d'apôtres, la fonction d'ancien demeure (cf 1 Tim. 3, 1-7).V. 7
: nous voyons les effets de l'évangile, de la Parole, et cette expression "obéir à la foi". La foi, c'est aussi l'ensemble des vérités chrétiennes auxquelles des sacrificateurs adhèrent. Les sacrificateurs qui deviennent croyants étaient donc nombreux mais, quoique pas tous en charge, ils gardent leur titre, d'où leur grand nombre. Quant à la Parole, elle est identifiée ici aux fruits qu'elle produit. Elle n'est pas la parole des hommes mais la celle de Dieu. Nous sommes émerveillés devant les effets de cette Parole puisque le nombre des croyants est multiplié. Avec ce grand nombre de conversions, il faudra encore bien des enseignements et l'épître aux Hébreux (ch. 13, 13, etc) montrera en de nombreux passages ce qu'il faut embrasser, avec le christianisme, et abandonner, avec le légalisme. Ainsi, ceux qui obéissent à la foi, parmi les Juifs dont ces sacrificateurs, il y aura encore lieu de croître dans la garce. Ainsi en est-il aussi pour chacun d'entre les véritables chrétiens d'un point de vue ou d'un autre.Avec Etienne, un fait important est mis en évidence. En effet, le saint Esprit pousse d'autres croyants que les apôtres pour rendre témoignage. A Jérusalem, là où se trouvaient les apôtres, le Saint Esprit, qui distribue ses dons à qui il veut, se sert d'Etienne. D'autres, comme Philippe, faisant aussi partie initialement des sept (v. 5), évangélisent en dehors de Jérusalem. Ces différents serviteurs sont bien caractérisés par le passage d'Héb. 2, 3-4 :
"comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut, qui, ayant commencé par être annoncé par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu, Dieu rendant témoignage avec eux par des signes et des prodiges, et par divers miracles et distributions de l’Esprit Saint, selon sa propre volonté ?"V. 8
: Etienne ressemble, dans une grande mesure, à son divin maître. Il lui fut aussi donner de lui ressembler jusqu'à la mort. Oui, Etienne a été introduit dans le service comme serviteur puis le Saint Esprit le suscite pour déclarer au peuple son état. Sur ces faits, il y a des Juifs étrangers qui commencent à disputer avec lui. Mais peut-être que ces Juifs, venus de différentes contrées, puisque Cyrène est par exemple du nord de l'Afrique alors qu'Alexandrie est d'Asie mineure, et bien l'on s'en prend à Etienne car il est vraisemblablement d'origine étrangère. A propos de cette opposition, le v. 10 démontre la sagesse qui était chez Etienne et confirme les paroles de l'évangile (cf Luc 21, 14-15 : "Mettez donc dans vos cœurs de ne pas vous préoccuper à l’avance de votre défense, car moi je vous donnerai une bouche et une sagesse, à laquelle tous vos adversaires ne pourront répondre ou résister".Ce nom "Etienne" signifierait "couronne". Mais ces hommes sont confondus devant la sagesse et l'érudition d'Etienne. En effet, comment s'opposer à l'action de l'Esprit de Dieu ? (cf Luc 21, 15). Alors,
v. 11, on suscite de faux témoins. Et ces faux témoins rapportent ce que disent les v. 13 à 15. De faux témoins, selon Deut. 19, 15, ou plutôt des témoins, doivent être là pour que des accusations soient admises par le tribunal religieux selon la loi. Et dans cette fausse accusation des v. 13 à 15, on réalise que ces hommes ont probablement interprété à leur façon des vérités non reçues. Ces hommes interprètent les enseignements du christianisme comme un changement du système légal enseigné par Moïse. La grâce remplaçait la loi. Mais Moïse ne se mettait nullement en contradiction avec le Christ qui était prêché au peuple. (cf Jean 5, 46-47). Et Etienne citera aussi, au ch. 7, 37, un passage dans lequel Moïse parle du Seigneur. Quant à Etienne, il est si près du Seigneur, et tellement au-dessus de ses accusateurs, que son visage reflète un caractère céleste à la vue de tous (v. 15 - cf Ex. 34, 29-35). Cela peut aussi être la part de tout croyant selon 2 Cor. 3, 18). Alors, le chapitre 7 nous fera lire le discours qu'il prononce devant le sanhédrin et dans lequel il démontre aux Juifs que le rejet de Christ ne fera que couronner leur opposition à Dieu tout au long de leur histoire. Puis ce sera la lapidation pour faire taire la voix de Dieu. Chez Etienne, remarquons encore que l'Esprit brille sous trois caractères : un Esprit de puissance, d'amour et de conseil (cf v. 8 et 10 avec 2 Tim. 1, 7). La force du Saint Esprit pousse donc des hommes comme Etienne et Philippe à se consacrer à Christ et à avoir de l'amour pour les âmes. Cela est encore pour nous, croyants du 21ème siècle. C'est le principe de la libre action du Saint Esprit. Il faut par conséquent dépendre de Dieu et non pas des hommes.Avec la fin de ce chapitre 6, remarquons encore que les apôtres, dans leur œuvre, mettent la prière avant la prédication. C'est qu'il y a des exercices secrets et cela produit la prière. Ce chapitre 6 nous a montré la plénitude de l'Esprit qui caractérise Etienne. Des témoignages lui sont rendus quant à sa vie (v. 3), son activité (v. 8), ses paroles de sagesse (v. 10), son apparence (v. 15). Ce tableau sera encore couronné par son amour (ch. 7, 60).
Chapitre 7 (discours d'Etienne)
Versets 1 à 19 : de l'appel d'Abraham à Moïse
Versets 20 à 53 : de Moïse à Christ
Versets 54 à 60 : mort d'Etienne
Etienne, pour autant que nous le sachions, n'avait pas connu Jésus pendant sa vie ici-bas. Le fond de son discours, c'est le rejet de Christ, comme le furent Moïse et Joseph. Ce discours contient encore les deux autres éléments que sont le rejet du témoignage du Saint Esprit par les prophètes qui avaient parlé de Christ et puis celui de l'adoration des faux dieux depuis l'époque même de leur sortie d'Egypte. Etienne est lapidé et avec ce fait, le témoignage rendu à Jésus en rapport avec le Messie prend définitivement fin. Il s'agit maintenant d'un témoignage rendu à Jésus envisagé comme fils de l'homme dans la gloire. De même, le Judaïsme n'est plus reconnu. Il est remplacé par le ciel et par l'Eglise en tant qu'elle est fidèle, suit son Maître dans le ciel, en Esprit, en attendant son retour. Dans ce chapitre, nous avons l'exemple d'un homme plein de l'Esprit et des adversaires qui résistent à cet Esprit … et Etienne qui regarde vers le ciel et voit Jésus qui est une pierre de touche pour notre état d'âme. Il voit cette gloire sans en parler. Il voit l'homme dans la personne du Fils de Dieu, à la droite de Dieu. Jésus est assis maintenant sur le trône du Père et pas sur le sien propre. Cela réveille la haine et la fureur des Juifs. Ils crient au blasphème et lapident le témoin de Dieu et de la gloire de Jésus. A la fin du chapitre précédent, Etienne a été accusé d'avoir parlé contre Moïse et contre Dieu puis contre le temple et contre la loi. Etienne répond en détails dans ce chapitre 7 dans l'ordre qui convient: d'abord Dieu (v.1 à 16), puis Moïse et la loi (v. 17 à 43), et enfin le temple (v. 44 à 50). Entrons mainte