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Actuellement : chapitres 1 à 7 (autres suivent petit à petit)  

EVANGILE SELON JEAN

Si vous ne possédez pas l’évangile selon Jean, quatrième livre du Nouveau Testament, vous pouvez vous le procurer dans plusieurs sites Internet. Tharsei recommande la version française Darby, aussi fidèle que possible au texte original, au lien suivant: http://www.bibliquest.org/

Des termes difficiles peuvent être trouvés dans le menu "dictionnaire" de:  http://www.tharsei.org/

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Ces notes relèvent surtout les points principaux de cet évangile tout en ne négligeant pas certains détails. Elle sont tirées de différents ouvrages de premier ordre que l'on peut trouver en consultant le menu  "Autres sites". Ces notes font parfois référence à des versets de la Bible; par exemple: 2 Tim. 3, 1. La clé de quelques abréviations, dont les livres de la Bible, se trouve dans le menu "dictionnaire" déjà cité de http://www.tharsei.org/

 

INTRODUCTION

Dans cet évangile il y a sept fois l’amour du Père pour le Fils, une fois celui du Fils pour le Père. Il manifeste l’amour par l’obéissance. L’obéissance est la preuve de l’amour. C’est l’évangile où, à sept reprises, nous avons Jésus «sachant», ou encore «il faut», ou encore «je suis», ou encore «des miracles».  C’est l’évangile de l’éternité de Jésus qui est distinct de Dieu. C’est un évangile qui n’est pas synoptique, c’est-à-dire qu’il y a moins d’analogies avec les autres évangiles. Par contraste, les trois autres évangiles sont dits «synoptiques» en raison de leurs analogies.

Quelques grandes lignes de l’évangile selon Jean :

      ·         Le chapitre 1 en est la préface. Christ est présenté dans toutes ses gloires. 
·        
Le chapitre 2 présente les bénédictions qui auront lieu sous le règne de mille ans. 
·        
Au chapitre 3 : il y a le grand commencement du sujet de la vie compris dans les ch. 1 à 7
·        
Les chapitres 8 à 12 nous donnent le grand sujet de la lumière. 
·        
Les chapitres 13 à 17 présentent Jésus avec ses disciples puis avec sonPère
·        
Aux chapitres 18 et 19 :  le chemin de la croix. 
·        
Au chapitre 20 :  la résurrection ; la première réunion d’assemblée.
·        
Le chapitre 21 : épilogue. Le Seigneur apparaît aux disciples sur le rivage.

Cet évangile présente aussi un rapprochement remarquable avec le tabernacle. Il y a d’abord le lieu très saint, d’où Dieu vient, en Christ vers le pécheur. Dès le ch. 2 nous reconnaissons le parvis profané par un trafic honteux. Jusqu’au ch. 12 il y a le parvis. Le Seigneur est en figure dans ce lieu où chacun peut pénétrer et rencontrer le Sauveur sur la base du sacrifice. Il est là, dans le parvis, à la disposition de tous, comme au ch. 7, 37. A partir du ch. 13, n’avons-nous pas la cuve d’airain qui introduit la nouvelle section des ch. 13 à 16 où nous voyons Christ prendre les siens avec Lui dans le sanctuaire où ils jouiront de sa communion. Ce sont les ch. 14 à 16. Ces chapitres présentent le lieu saint, à l’écart de tout étranger, pour faire à ses disciples ses plus intimes communications.

Dans ces chapitres, il y a la table, le chandelier, qui est notre consolateur, l’autel de l’encens, autrement dit répandre devant Dieu le parfum de Jésus. Ce sont les objets du lieu saint. Il y a ce qui rappelle le Saint Esprit, la Parole et la prière. D’autre part, le chandelier, la table et l’autel d’or dirigent nos pensées sur le Saint Esprit, sur le Fils et sur le Père.

Au ch. 16, 16, il y a comme un laps de temps pour nous amener dans le lieu très saint où seul le souverain sacrificateur pouvait pénétrer une fois l’an. Cela correspond au ch. 17. Notre grand souverain sacrificateur y pénètre seul, pour le compte des siens: «ceux que tu m’as donnés». Un lieu de rencontre entre Dieu et l’homme, c’est ce que nous pourrions donner comme titre tant au Tabernacle qu’à l’évangile de Jean.

Dans cet évangile, il n’y a pas la naissance de Christ dans ce monde envisagée comme fils de David. Sa généalogie n’est pas retracée pour faire ressortir son titre de Fils de l’homme. Il n’est pas question non plus du prophète qui accompli, par son témoignage, le service de son Père ici-bas. Par contre, nous y avons son existence avant le commencement de tout ce qui en a un. En un mot c’est la gloire de la personne de Jésus le Fils de Dieu, au-dessus de toute économie, une gloire développée de bien des manières en grâce, mais qui est toujours elle-même.

L’évangile du disciple bien-aimé fait connaître ce que le Seigneur est en nous, révélant en même temps que nous avons part à toutes les bénédictions qui découlent de ce qu’Il est, quand il est manifesté de manière à les communiquer. C’est l’évangile de la divinité de Christ ; les paroles de l’évangile de Jean défendent la divinité et la personnalité du Fils de Dieu et cela quelles que soient les attaques des hommes par leurs raisonnements et leurs pensées. Jean ne montre pas l’homme dans le ciel, mais Dieu dans l’homme sur la terre, ce qui est divin ici-bas.

Dans l’ensemble de cet évangile, Israël est considéré comme rejeté. La haute critique s’est aussi attaqué à cet évangile; en effet, le Jésus historique est contredit. On persuade qu’il faut lire les évangiles d’une façon mythique, que les évangélistes ont écrit uniquement leur propre impression après la mort de Jésus, etc. On a tout découpé, tout superposé, tout voulu détruire, mais le roc est là et la foi aussi.

Oter le péché et baptiser du Saint Esprit va de pair pour le croyant. Ainsi en est-il de l’Eglise. Négliger l’une ou l’autre de ces parties affaiblit le tout. Quant au sujet de la lumière, c’est bien différent dans le monde physique. La nuit disparaît devant la lumière. On peut être comme Jean, une lumière. Mais Christ est la lumière.

Cet évangile présente aussi toutes les formes des relations du Fils avec les hommes et tous les moyens par lesquels il établit ses relations, par exemple, la mort. Cet évangile est très méthodique et contient beaucoup plus de théologie que d’histoire. Dès le début, l’év. de Jean a un caractère spécial, en dehors des dispensations. Dieu y est manifesté, manifesté au ch. 1, 1-2, qui présente l’existence absolue, éternelle, et distincte de la personne du Fils.

Chapitre 1
1
Au commencement était la Parole*; et la Parole était auprès de Dieu; et la Parole était Dieu. 2 Elle* était au commencement auprès de Dieu. 3 Toutes choses furent faites par elle, et sans elle pas une seule chose ne fut faite de ce qui a été fait. 4 En elle était [la] vie, et la vie était la lumière des hommes*. 5 Et la lumière luit dans les ténèbres; et les ténèbres ne l’ont pas comprise.
6
Il y eut un homme envoyé de Dieu; son nom était Jean. 7 Celui-ci vint pour [rendre] témoignage, pour rendre témoignage de* la lumière, afin que tous crussent par lui. 8 Lui n’était pas la lumière, mais pour rendre témoignage de* la lumière: 9 la vraie lumière était celle, qui, venant dans le monde, éclaire* tout homme. 10 Il* était dans le monde, et le monde fut fait par lui; et le monde ne l’a pas connu. 11 Il vint chez soi*; et les siens ne l’ont pas reçu. 12 Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être* enfants de Dieu, [savoir] à ceux qui croient en son nom; 13 lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.
14
Et la Parole devint chair, et habita* au milieu de nous (et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père) pleine** de grâce et de vérité; 15 — Jean rend témoignage de lui, et a crié, disant: C’était celui-ci duquel je disais: Celui qui vient après moi prend place avant moi; car il était avant moi; 16 — car, de sa plénitude, nous tous nous avons reçu, et grâce sur grâce. 17 Car la loi a été donnée par Moïse; la grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ. 18 Personne ne vit jamais Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître.
19
Et c’est ici le témoignage de Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu? 20 Et il confessa, et ne nia pas, et confessa: Moi, je ne suis pas le Christ. 21 Et ils lui demandèrent: Quoi donc? Es-tu Élie? Et il dit: Je ne le suis pas. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non. 22 Ils lui dirent donc: Qui es-tu, afin que nous donnions réponse à ceux qui nous ont envoyés? Que dis-tu de toi-même? 23 Il dit: Moi, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Faites droit le chemin du *Seigneur, comme dit Ésaïe le prophète [Ésaïe 40:3]. 24 Et ils avaient été envoyés d’entre les pharisiens. 25 Et ils l’interrogèrent et lui dirent: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le prophète? 26 Jean leur répondit, disant: Moi, je baptise d’eau; [mais] au milieu de vous il y en a un que vous ne connaissez pas, 27 celui qui vient après moi, duquel moi je ne suis pas digne de délier la courroie de la sandale. 28 Ces choses arrivèrent à Béthanie*, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.
29
Le lendemain, il voit Jésus venant à lui, et il dit: Voilà l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde! 30 C’est de celui-ci que moi, je disais: Après moi vient un homme qui prend place avant moi, car il était avant moi. 31 Et pour moi, je ne le connaissais pas; mais afin qu’il fût manifesté à Israël, à cause de cela, je suis venu baptiser d’eau.
32
Et Jean rendit témoignage, disant: J’ai vu l’Esprit descendant du ciel comme une colombe, et il demeura sur lui. 33 Et pour moi, je ne le connaissais pas; mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là me dit: Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre, et demeurer sur lui, c’est celui-là qui baptise de* l’Esprit Saint. 34 Et moi, j’ai vu et j’ai rendu témoignage que celui-ci est le Fils de Dieu.
35
Le lendemain encore, Jean se tint là, et deux de ses disciples; 36 et regardant Jésus qui marchait, il dit: Voilà l’agneau de Dieu! 37 Et les deux disciples l’entendirent parler, et ils suivirent Jésus. 38 Et Jésus se retournant, et voyant qu’ils le suivaient, leur dit: 39 Que cherchez-vous? Et ils lui dirent: Rabbi (ce qui, interprété, signifie maître*), où demeures-tu? 40 Il leur dit: Venez et voyez. Ils allèrent donc, et virent où il demeurait; et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là: c’était environ la dixième heure*. 41 André, le frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient ouï parler [de lui] à Jean, et qui l’avaient suivi. 42 Celui-ci trouve d’abord son propre frère Simon, et lui dit: Nous avons trouvé le Messie (ce qui, interprété, est Christ*). 43 Et il le mena à Jésus. Jésus, l’ayant regardé, dit: Tu es Simon, le fils de Jonas; tu seras appelé Céphas (qui est interprété Pierre*).
44
Le lendemain, il voulut s’en aller en Galilée. Et Jésus trouve Philippe, et lui dit: Suis-moi.
45
Or Philippe était de Bethsaïda, de la ville d’André et de Pierre. 46 Philippe trouve Nathanaël et lui dit: Nous avons trouvé celui duquel Moïse a écrit dans la loi et duquel les prophètes ont écrit, Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth. 47 Et Nathanaël lui dit: Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth? Philippe lui dit: Viens et vois. 48 Jésus vit Nathanaël venir vers lui, et il dit de lui: Voici un vrai* Israélite, en qui il n’y a pas de fraude.
49
Nathanaël lui dit: D’où me connais-tu? Jésus répondit et lui dit: Avant que Philippe t’eût appelé, quand tu étais sous le figuier, je te voyais. 50 Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu; tu es le roi d’Israël. 51 Jésus répondit et lui dit: Parce que je t’ai dit que je te voyais sous le figuier, tu crois? tu verras de plus grandes choses que celles-ci. 52 Et il lui dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l’homme.

 v. 1 : ou : le Verbe (mot masculin dans l’original).  /  v. 2 : ou : Il (le Verbe).  /  v. 4 ou aussi : la lumière des hommes était la vie. /  v. 7, 8 : ou : touchant.  /  v. 9 : ou : est lumière à.  /  v. 10 : c. à d. la Parole [le Verbe] qui était lumière.  /  v. 11 : au milieu de son peuple.  /  v. 12 : être, devenir, c. à d. prendre cette place. /  v. 14* : proprement : dressa tabernacle.  /  v. 14** : pleine se rapporte à la Parole. /  v. 28 : non pas le village proche de Jérusalem (11:1 ; 12:1,…), mais une localité sur la rive gauche du Jourdain, appelée aussi Béthabara. /  v. 33 : litt.: dans./  v. 39 : ici, et ailleurs souvent : celui qui enseigne.  /  v. 40 : c. à d. vers la fin de la journée (divisée en douze heures).  /  v. 42 : ou : Oint ; voir Psaume 2:2, 6 ; Matthieu 1:16.  /  v. 43 ou : pierre. /  v. 48 : litt.: vraiment.

 

Commentaires

Chapitre 1 : la personne et l’œuvre de Christ. Jean le baptiseur ; les premiers disciples de Jésus

Versets 01 à 14            La Parole faite chair; vie et lumière
Versets 15 à 31            Témoignage de Jean-Baptiste
Versets 32 à 52            Les premiers disciples

Dans Jean

 Voir Matthieu

Voir Marc

Voir Luc

v. 19 à 28  / an 27

 Ch. 03 v. 01 à 12

 Ch. 01 v. 01 à 08

 Ch. 03 v. 01 à 18

v. 29 à 34  / an 27

 Ch. 03 v. 13 à 17

 Ch. 01 v. 09 à 11

 Ch. 03 v. 21 à 23a

 
Ce chapitre 1 commence par la nature divine de Jésus. Dès ce chapitre, les Juifs sont traités comme réprouvés et tous les élus sont reconnus. L’œuvre de Jésus se trouve dans ce chapitre. Il mettra le monde en ordre. La réalisation en sera dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre. Jésus baptise du Saint Esprit. Notre notre relation avec Dieu nous est ainsi connue et l’amour du Père nous fait pénétrer dans les choses célestes.  La fin du chapitre nous présente un autre point en Nathanaël, le résidu pieux reconnaît en Jésus l’objet de la promesse juive développée au Ps. 2. La réponse du Seigneur ouvre la voie à une espérance plus étendue selon le Ps. 8 où il est comme Fils de l’homme établi de Dieu sur les œuvres de ses mains. Ce fait laisse une empreinte tout le long de cet évangile.

Après ce résumé quelques sujets de ce chapitre :

Jésus qui était: l’original détermine que, quelque loin que notre esprit aille au-delà de tout ce qui a commencé, il est. Voilà l’idée que nous pouvons nous faire si l’on peut dire, historiquement, de l’existence de Dieu. Quant à la Parole ou verbe, une existence personnelle lui est attribuée. Et c’est là que, pour que l’on ne croie pas que Jésus était quelque chose en Dieu, l’Esprit précise: Il (note « d ») était Dieu.

Ainsi :
1.   
Il est Dieu dans son existence éternelle
2.   
Dans sa nature, divin 
3.   
Dans sa personne, distinct

Versets 01 à 14            La Parole faite chair; vie et lumière
Dans les v. 1-3: la Parole dans sa nature d’une manière abstraite. Dans les v. 4-5: la manifestation de la lumière divine parmi les hommes avec la conséquence de cette manifestation, c’est-à-dire la vie. 
Dans les v. 10-13, comment Jésus a-t-il a été reçu là où il s’est présenté ainsi. La partie générale qui se rapporte à sa nature, se termine ici. Quant à l’état abstrait, il se termine au v. 5. Puis le sujet de la lumière sert d’introduction à l’évangile. Ce chapitre, avec les chapitres 2 et 3 sont préliminaires. Le chapitre 1 est toutefois à part. Il nous présente la personne et l’œuvre de Christ. 
Au v. 5, le monde n’a pas reconnu son créateur qui est pourtant le Fils de Dieu;.         au v. 12, la Parole, le Fils de Dieu, l’Agneau de Dieu, celui qui baptise du Saint Esprit, selon Ps. 2, le Fils de Dieu, roi d’Israël, selon Ps. 8 le Fils de l’homme que les anges servent. En un mot, il est Dieu, la vie, la lumière. 

Quant aux temps
, cet évangile commence avant la Genèse qui nous donne l’histoire du monde dans le temps, et Jean, l’histoire de la Parole qui existait dans l’éternité. «Avant que le monde fût». Cette parole qui était, et qui est, n’a donc pas commencé à exister.
Au v. 3, il y a des choses qui ont un commencement. C’est de Lui qu’elles tirent leur origine. Cela ressort clairement, absolument. L’acte de créer caractérise la Parole, mais il y a autre chose. Il y a ce qui est en Lui. La création a été faite par Lui, mais n’existe pas en Lui. En Lui, c’est la vie (v.4). Cette vie est entièrement identifiée avec la lumière des hommes. Il y a donc un témoignage dans la nature divine, un rapport immédiat avec les hommes. Au v. 5 cette lumière brillait dans ce qui était dans sa nature. La Parole révèle la vérité de la part de Dieu et dénonce toute erreur de l’esprit humain. L’esprit humain fait partie ici des ténèbres. L’erreur est révélée par le fait que la vie était la lumière. Ce sujet est contenu dans les v. 8++
Dès le v. 6 nous avons celui qui introduit Jésus, c’est-à-dire Jean et son service. V.7: il est important de remarquer comment l’esprit passe de la nature divine et éternelle de la Parole, existant avant toutes choses, d’avec la manifestation de la Parole faite chair dans ce monde, dans la personne de Jésus. Jusqu’à la fin du v. 13, nous trouvons d’une manière abstraite ce que Christ était en Lui-même, de toute éternité, et aussi que l’homme était ténèbres. 
A partir du v. 14, pour ainsi dire, nous repartons à zéro avec Jésus présent sur la terre, avec ce que la Parole devint et non pas ce qu’elle était. Oui la Parole devint chair. Elle a été faite chair et a demeuré parmi nous dans la plénitude de la grâce et de la vérité. Il y a la parfaite expression de Dieu adaptée à tout ce qui se trouve dans l’homme. C’est plus que la lumière qui dévoile toute chose,  c’est l’expression de ce que Dieu est. Mais l’état de l’homme était tel qu’il a fallu la mort du Seigneur pour que nous puissions avoir part à la bénédiction.

 «Rendre témoignage» revient tout le long de ce chapitre. Et en fait il y a ce témoignage de Jean à Jésus:

      ·         v. 7    -  dans la révélation abstraite de la nature de la Parole 
·        
v. 15  -  ce témoignage à l’égard de la manifestation en chair 
·        
v. 19  -   à la gloire de sa personne
·        
v. 29  -   à son œuvre et à ce qui suit cette œuvre
·        
v. 36  -   au temps d’alors comme venant dans le résidu

Il y a également une grande vérité en deux parties en rapport avec la Parole qui était avec Dieu et qui est Dieu et qui a été faite chair (première partie), et puis celui qui a été vu sur la terre avait la gloire d’un fils unique de la part du Père (deuxième partie). De cela découle deux conséquences:

1.   
la grâce et la vérité – elles ne sont pas déclarées mais venues par Jésus Christ. La présence de Christ dévoile tout.
2.   
Le Fils unique révèle Dieu et le révèle comme connu de Lui-même. C’est lié à la révélation de la grâce.

Mais il y a, dans les v. 14++ encore bien des instructions.

Versets 15 à 31            Témoignage de Jean-Baptiste  
En Jésus nous avons reçu grâce sur grâce. La grâce donne et se donne. C’est différent de la vérité qui luit, cette vérité qui met chaque chose à sa place moralement et dans sa nature. En comparant les v. 14 et 18 il ressort que le titre du Fils unique de la part du Père est:


-         
le caractère de sa gloire ici-bas
-         
ce qu’il était, ce qu’il a été, ce qu’il est toujours

Il était avant Jean tout en venant après lui. Il a apporté dans ce monde et dans sa personne ce qui est d’une nature et d’un caractère entièrement différents que la loi donnée par Moïse. Voilà donc le Seigneur manifesté sur la terre, suivent ses rapports avec les hommes, les positions qu’il a prises, les caractères qu’il revêt parmi les hommes, alors les desseins de Dieu et le témoignage de la Parole.
Remarquons encore qu’au v. 16 il ne dit pas vérité sur vérité, parce que l’on apprend la vérité que partiellement. Quant au sens du v. 17 c’est que la grâce et la vérité vinrent par Lui, car elles sont une seule choses, ce qui est différent d’une même chose. On ne peut pas connaître Dieu en dehors de Jésus car autrement tous les hommes seraient immédiatement condamnés. 
Dans les v. 19 à 28, il y a une sorte d’introduction, où, à la demande des sacrificateurs et des lévites, Jean rend compte de lui-même et par cette occasion parle de la différence entre lui et le Seigneur qui est premièrement en vue. Jean, c’est la voie dont Esaïe a parlé. L’Eternel venait. C’est de Lui dont Jean parle. 
Dans les v. 29 à 34 il y a le témoignage direct de Jean, c’est quand il voit Jésus venir à lui. Jean le désigne, non comme le Messie, mais dans toute l’étendue de son œuvre. C’est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché, c’est-à-dire qu’il restaure non pas tous les méchants mais les bases des relations du monde avec Dieu. Dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, il ne sera plus question des péchés. L’œuvre de Christ sera la base de ces relations futures. L’Agneau immolé est l’Eternel lui-même. Jean n’a pas connu l’Agneau personnellement, mais  il est l’unique but de cette mission. Mais ce n’est pas tout. 
Dans les v. 19-34, ôter le péché, baptiser du Saint Esprit, voilà les deux parties de l’œuvre de Christ. Christ n’a pas été baptisé du Saint Esprit mais il l’a reçu en vertu de sa personne et pour nous, c’est en vertu de son œuvre.

Versets 32 à 52          Les premiers disciples
Au v. 32, la Parole s’était faite homme. Comme homme il a reçu la plénitude de l’Esprit qui est descendu sur Lui et y est demeuré. L’homme scellé de la part du Père doit lui-même baptiser de l’Esprit Saint (v. 33). Par la descente de l’Esprit, Jean rend témoignage à un autre caractère: celui du Fils de Dieu, v. 34. Il existe comme homme mais il est Fils de Dieu.
Dès le v. 35 arrive ce que l’on pourrait appeler l’exercice et l’effet direct du ministère du baptiseur dans ce temps là. Mais c’est toujours de l’Agneau qu’il parle, car l’œuvre de cet agneau est l’objet des desseins du propos arrêté de Dieu. L’accomplissement de cela fait l’objet de cet évangile. Ensuite, l’effet du témoignage de Jean, c’est de suivre Jésus à sa demeure (v. 37-40). 
Jean attache le résidu à Jésus, centre de rassemblement, mais ces deux disciples ne vont pas plus loin que de reconnaître Jésus comme Messie. C’est un fait intéressant. En recevant Jésus, on reçoit tout ce qu’il est bien qu’à l’abord, on ne voit en Lui, que ce qui est point le moins élevé de sa gloire (v. 42). Mais Jésus, Lui, connaît à fond (v. 43). Il peut alors annoncer le caractère de Simon aussitôt qu’il arrive auprès de Lui; il lui donne alors son propre nom; c’est un acte d’autorité qui désigne Jésus comme Chef et centre de tout le système. 
Dans les v. 38-44 Christ est un centre de rassemblement. Toutefois, le repos n’est pas atteint. Il faut le suivre. Christ trace un chemin bien défini à travers le monde où le repos n’est pas car le péché s’y trouve. C’est différent d’Eden et du ciel. 

Dans les v. 44++, il y a le témoignage immédiat de Christ lui-même et des siens. En Nathanaël, qui rejette de prime à bord Jésus, le type du résidu des derniers jours est démontré. Dans les v. 29-34, avant le temps du résidu, il y avait le témoignage de l’évangile de la grâce. Nathanaël, lui, refuse et repousse d’abord le méprisé du peuple et, sous le figuier, figure d’Israël ne portant aucun fruit sous l’ancienne alliance, Nathanaël devient la figure du résidu vu et connu du Seigneur en rapport avec Israël. 
Alors au v. 50 Jésus est reconnut comme Fils de Dieu et Roi d’Israël. C’est la foi formelle du résidu d’Israël épargné aux derniers jours, selon Ps. 2. Puis au v. 52, ceux qui recevront ainsi Jésus verront encore des choses plus grandes. Les anges de Dieu lui-même seront au service du Fils de l’homme. Celui qui est reconnu par le résidu comme Fils de Dieu se déclare lui-même Fils de l’homme, en humiliation et en vérité, mais aussi objet du service des anges de Dieu. «Voilà l’Agneau de Dieu»: quel effet! plus que l’exposé doctrinal! Au v. 49, le figuier est donc toujours la figure d’Israël maudit plus tard.

Au v. 35, il y a un premier jour, qui est le lendemain du v. 29, ce premier jour c’est le témoignage de Jean Baptiste. Et le deuxième jour, au v. 44, c’est le témoignage de Jésus dans le résidu, jusqu’à la fin.
Et enfin un troisième jour au ch. 2, qui est le millénium.

Répétons que ce ch. 1 nous présente tous les noms qui nous disent ce que Christ est dans sa propre personne. Nous n’y avons pas les noms de relations.

Chapitre 2
1
Et le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée, et la mère de Jésus était là.
2
Et Jésus fut aussi convié à la noce, ainsi que ses disciples. 3 Et le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit: Ils n’ont pas de vin. 4 Jésus lui dit: Qu’y a-t-il entre moi et toi, femme? Mon heure n’est pas encore venue. 5 Sa mère dit aux serviteurs: Faites tout ce qu’il vous dira. 6 Or il y avait là six vaisseaux de pierre, pour tenir de l’eau, placés là selon [l’usage de] la purification des Juifs, pouvant recevoir chacun deux ou trois mesures*. 7 Jésus leur dit: Emplissez d’eau les vaisseaux. Et ils les emplirent jusqu’au haut. 8 Et il leur dit: Puisez maintenant, et portez-en au maître d’hôtel. Et ils lui en portèrent. 9 Mais lorsque le maître d’hôtel eut goûté l’eau qui était devenue du vin, et qu’il ne savait point d’où celui-ci venait* (mais les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient), le maître d’hôtel appelle l’époux, et lui dit: 10 Tout homme sert le bon vin le premier, et puis le moindre, après qu’on a bien bu; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. 11 Jésus fit ce commencement de [ses] miracles* à Cana de Galilée, et il manifesta sa gloire; et ses disciples crurent en lui.
12
Après cela, il descendit à Capernaüm, lui et sa mère et ses frères et ses disciples; et ils y demeurèrent peu de jours.
13
Et la Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. 14 Et il trouva dans le temple* les vendeurs de bœufs et de brebis et de colombes, et les changeurs qui y étaient assis. 15 Et ayant fait un fouet de cordes, il les chassa tous hors du temple, et les brebis et les bœufs; et il répandit la monnaie des changeurs et renversa les tables. 16 Et il dit à ceux qui vendaient les colombes: Ôtez ces choses d’ici; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. 17 [Et] ses disciples se souvinrent qu’il est écrit: «Le zèle de ta maison me dévore» [Psaume 69:9]. 18 Les Juifs donc répondirent et lui dirent: Quel miracle nous montres-tu, que tu fasses ces choses? 19 Jésus répondit et leur dit: Détruisez ce temple*, et en trois jours je le relèverai. 20 Les Juifs donc dirent: On a été quarante-six ans à bâtir ce temple, et toi, tu le relèveras en trois jours! 21 Mais lui parlait du temple de son corps. 22 Lors donc qu’il fut ressuscité d’entre les morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela; et ils crurent à l’écriture, et à la parole que Jésus avait dite.
23
Et comme il était à Jérusalem, à la Pâque, pendant la fête, plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait. 24 Mais Jésus lui-même ne se fiait pas à eux, parce qu’il connaissait tous [les hommes], 25 et qu’il n’avait pas besoin que quelqu’un rendît témoignage au sujet de l’homme; car lui-même connaissait ce qui était dans l’homme.

 v. 6 : soit : chacun une centaine de litres environ. /  v. 9 : litt.: est. /  v. 11 : litt.: signes (ainsi, dans tout l’évangile de Jean). / v. 14 : l’enceinte extérieure, le parvis ; voir note Matthieu 4:5. /  v. 19 : la maison même (ici, et versets 20, 21 : = l’habitation même de Dieu) ; voir la note, Matthieu 23:16

 Commentaires

Chapitre 2 : la noce de Cana de Galilée ; Jésus à Jérusalem

Versets 01 à 11            La noce à Cana de Galilée
Versets 12 à 13            De Capernaüm à Jérusalem
Versets 14 à 17            Purification du temple
Versets 18 à 25            Contestation des Juifs et appréciation du Seigneur

Dans Jean

Les récits de ce chapitre sont propres à l’év selon Jean

v. 01 à 11  / an 27

Premier miracle : l’eau changée en vin

v. 12          / an 27

Christ se rend à Capernaüm

v. 13 à 25  / avril 27

Première Pâque. Les vendeurs chassés du temple

Au chapitre premier, deux témoignages rendus à Christ dans ce monde ont été évoqués. Celui de Jean le baptiseur et celui de Jésus prenant place en Galilée avec le résidu. Ces deux témoignages ont pour objet de rassembler les âmes autour d’un centre qui est Christ lui-même. Ce sont les deux jours des voies de Dieu envers Israël ici-bas. Jésus accepte d’être le centre autour duquel les âmes doivent être assemblées. Ce principe est de toute importance, c’est une place divine que Lui seul peut occuper. Le monde est ruiné, sans Dieu, et un nouveau rassemblement du monde devait se grouper autour de Christ.

Au chapitre 2 il y a un troisième jour.  Il est là, à l’occasion de ce mariage, au cours duquel il y a un premier miracle. C’est ce vin de la joie de ces noces. Puis Jésus purifie le temple en exécutant le jugement sur tous ceux qui le profanent. Ce sont les deux choses qui caractérisent la position millénaire du Seigneur. Ces faits sont historiques mais ont une portée plus grande que la simple histoire. Au v. 1 pourquoi est-il précisé: le troisième jour … le troisième jour après quoi? … évidemment après les deux premiers jours, c’est-à-dire après les témoignages de Jean et de Jésus. Au troisièrme jour, la bénédiction et le jugement s’accomplissent. En Galilée, où le résidu avait pris place, il y a de la bénédiction. C’est ce lieu béni dont fait part Esaïe au chapitre neuvième. Quant à Jérusalem, dans cette phase historique, c’est le lieu du jugement.

Dans les v. 3 et 4, il y a ce fait entre la mère de Jésus et Jésus. En vertu de l’expression de sa relation naturelle avec Israël, Jésus traite sa mère de manière différente; c’est une femme. La mère de Jésus, c’était Israël; cela en envisageant le sauveur comme né sous la loi. Jésus se distance donc de sa mère pour accomplir la bénédiction. Pour ce moment historique, cette bénédiction n’était que pour le résidu en Galilée mais quand il reviendra ce sera pour Israël la vraie bénédiction, la joie à la fin. Jésus demeure encore avec sa mère mais, quant à son œuvre, c’est-à-dire son miracle, il ne la reconnaît pas.

Ce chapitre ne présente pas les noces de l’Agneau mais les noces du roi. Au Psaume 45, qui présente également le jugement, relevons cette bénédiction: 
(Psaumes 45:10-11) «Écoute, fille! et vois, et incline ton oreille; et oublie ton peuple et la maison de ton père; Et le roi désirera ta beauté, car il est ton seigneur: adore-le.»

Au v. 4: l’heure venue. Dans l’évangile de Jean ces mots expriment toujours la mort de Jésus. Le changement d’eau en vin manifeste la gloire du Seigneur dans le premier miracle qu’il fit. Ce sont les v. 6 à 11.  Dès le premier jour de l’œuvre de Jésus nous voyons non seulement des âmes attirées vers Lui, mais encore d’autres appelées à le suivre. Remarquons que dans ce souper tout se passe en dehors de la salle du festin et rien ne nous est dit des époux. Ce que nous savons d’eux, c’est qu’ils avaient eu l’heureuse idée d’inviter Jésus et ses disciples. Nous ne goûtons les joies spirituelles que dans la mesure où nous pratiquons d’abord le jugement de nous-mêmes, type de l’eau de la purification changée en vin. Le bon vin à la fin c’est l’image de notre avenir glorieux en contraste avec l’homme qui jouit de la vie alors qu’il possède toutes ses facultés mais qui n’a rien en réserve pour l’avenir. Ainsi dans les v. 6 à 9 Jésus change l’eau de la purification en vin de joie. Il fallait avant tout la purification pour qu’il puisse être avec Dieu et quand le Seigneur est là, tout est changé en joie, le bon vin gardé jusque là.

Versets 13 à 25. Pour purifier le temple, le Seigneur se présente comme Fils de Dieu. La preuve qu’il donne de la gloire de sa personne et de ses droits divins c’est sa résurrection. Remarquons que Dieu était en Jésus et non pas dans le temple. D’une part le temple était vide et d’autre part le corps de Jésus était maintenant le vrai temple. Dans cette partie de l’évangile, la révélation terrestre de Christ est terminée. Cette révélation va jusqu’à sa mort. Ce chapitre deux nous présente le millénium. Le chapitre trois va nous occuper de l’œuvre accomplie en nous et pour nous.

Au v. 23, il est manifeste que les miracles opérés par Jésus ont pour effet de convaincre beaucoup de gens au niveau de leur intelligence naturelle. Une vérité se dévoile. C’est que l’homme, dans son état naturel est réellement incapable de recevoir les choses de Dieu. En effet, bien que l’homme puisse être convaincu, ni sa volonté, ni sa nature n’était pour autant changée. Quand l’épreuve serait là, alors l’homme se montrerait tel qu’il est, un ennemi de Dieu. La vie et la mort de Jésus en ont été la démonstration. Ce v. 23, avec les deux suivants, introduisent une chose nouvelle. C’est que l’histoire du Seigneur, qui va jusqu’au millénium, fait place à l’homme qui croit, mais qui croit comment? Le ch. 3 va montrer ce que veut dire vraiment: croire. Croire n’est pas seulement une question de sincérité, d’éducation ou d’intelligence, comme le suggère la fin du ch. 2. Ce qu’il faut, c’est la vie nouvelle qui est au dehors de l’homme, et cette vie n’est qu’en Christ. Il est la vie éternelle, le sacrifice pour le péché. En Eden, l’homme tombe seul sous le rapport de la responsabilité et fut déchu de la vie. Christ fait face au manquement de l’homme sous le rapport de la responsabilité et donne la vie.

Dans cet évangile, tout est en rapport avec la gloire de la personne divine du Seigneur. C’est Lui qui relèvera le temple. Son corps, que les juifs croiront avoir détruit, ressuscitera le troisième jour. Dans les autres évangiles, la purification du temple a lieu après l’entrée triomphale du Seigneur à Jérusalem.

Mais dans l’évangile de Jean, dans les deux premiers chapitres, nous avons un tableau synoptique de ce que le Seigneur accomplit sur la terre depuis son introduction par Jean le Baptiseur jusqu’à l’établissement de son règne. C’est pourquoi ce tableau se termine tout naturellement par la purification du temple qui aura lieu au commencement du règne. Et au v. 23 il y a profession de croire. Mais il y a «croire et croire». On croit à cause des miracles, mais il n’y a pas action sur la conscience. La suite de cet évangile démontrera vraiment ce que signifire CROIRE. A cet égard, le chapitre troisième est de toute importance.

Chapitre 3
1
Mais il y avait un homme d’entre les pharisiens, dont le nom était Nicodème, qui était un chef des Juifs. 2 Celui-ci vint à lui de nuit, et lui dit: Rabbi, nous savons que tu es un docteur* venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que toi tu fais, si Dieu n’est avec lui. 3 Jésus répondit et lui dit: En vérité, en vérité, je te dis: Si quelqu’un n’est né de nouveau*, il ne peut voir le royaume de Dieu. 4 Nicodème lui dit: Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître? 5 Jésus répondit: En vérité, en vérité, je te dis: Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. 6 Ce qui est né de la chair est chair; et ce qui est né de l’Esprit est esprit. 7 Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit: Il vous faut être nés de nouveau. 8 Le vent* souffle où il veut, et tu en entends le son; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va: il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit. 9 Nicodème répondit et lui dit: Comment ces choses peuvent-elles se faire? 10 Jésus répondit et lui dit: Tu es le docteur* d’Israël, et tu ne connais pas ces choses? 11 En vérité, en vérité, je te dis: Nous disons ce que nous connaissons, et nous rendons témoignage de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. 12 Si je vous ai parlé des choses terrestres, et que vous ne croyiez pas, comment croirez-vous, si je vous parle des choses célestes? 13 Et personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le fils de l’homme qui est dans le ciel. 14 Et comme Moïse éleva le serpent* dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé, 15 afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. 16 Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. 17 Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin qu’il jugeât le monde, mais afin que le monde fût sauvé par lui. 18 Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. 19 Or c’est ici le jugement, que la lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises; 20 car quiconque fait des choses mauvaises hait la lumière, et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient reprises; 21 mais celui qui pratique la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, qu’elles sont faites en Dieu.
22
Après ces choses, Jésus vint dans le pays de Judée, et ses disciples [avec lui]; et il séjourna là avec eux, et baptisait. 23 Et Jean aussi baptisait en Énon, près de Salim, parce qu’il y avait là beaucoup d’eau; et on venait, et on était baptisé. 24 Car Jean n’avait pas encore été jeté en prison. 25 Il y eut donc une discussion entre quelques-uns des disciples de Jean et un Juif, touchant la purification. 26 Et ils vinrent à Jean, et lui dirent: Rabbi, celui qui était avec toi au delà du Jourdain, à qui tu as toi-même rendu témoignage, voilà, il baptise, et tous viennent à lui. 27 Jean répondit et dit: Un homme ne peut rien recevoir, à moins qu’il ne lui soit donné du ciel. 28 Vous-mêmes, vous me rendez témoignage que j’ai dit: Ce n’est pas moi qui suis le Christ, mais je suis envoyé devant lui. 29 Celui qui a l’épouse est l’époux; mais l’ami de l’époux, qui assiste et l’entend, est tout réjoui* à cause de la voix de l’époux; cette joie donc, qui est la mienne, est accomplie. 30 Il faut que lui croisse, et que moi je diminue. 31 Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous*. Celui qui est de** la terre est de la terre, et parle [comme étant] de la terre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous*; 32 [et] de ce qu’il a vu et entendu, de cela il rend témoignage; et personne ne reçoit son témoignage. 33 Celui qui a reçu son témoignage, a scellé* que Dieu est vrai; 34 car celui que Dieu a envoyé parle les paroles de Dieu, car Dieu ne donne pas l’Esprit par mesure. 35 Le Père aime le Fils, et a mis* toutes choses entre ses mains. 36 Qui croit au Fils a la vie éternelle; mais qui désobéit* au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.

 v. 2, 10 : ailleurs : maître (maître qui enseigne). / v. 3 : non seulement de nouveau, mais entièrement à nouveau, comme d’une nouvelle source et origine de vie ; comparer Luc 1:3 : «depuis le commencement». / v. 8 : le même mot est aussi traduit par Esprit dans les versets 5 à 8. / v. 14 : voir Nombres 21:6-9. / v. 29 : litt.: se réjouit avec joie. / v. 31* : ou : de tout. / v. 31** : de (dans tout le verset) avec le sens de ayant par nature son origine ici-bas. / v. 33 : reconnaît par sa certitude personnelle./ v. 35 : litt.: donné. / v. 36 : ou : ne croit pas.

 

Commentaires

Chapitre 3 : Nicodème; Jean le baptiseur

Versets 01 à 13            La nouvelle naissance
Versets 14 à 16            La vie éternelle
Versets 17 à 21            La conséquence de l’incrédulité
Versets 22 à 36            L’ami de l’époux

Autres
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v. 14: cf Nom. 21, 8-9; v. 36: Hab. 2, 4 
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Le récit de ce chapitre ne se trouve qu’en Jean. Nous sommes en l’an 27. L’entretien de Jésus avec Nicodème a lieu à Jérusalem. Au v. 22 Jésus prêche en Judée et c’est aussi en Judée qu’il y a ce nouveau témoignage de Jean-Baptiste à l’égard de Jésus.

 

En grandes lignes, ce chapitre comprend les grands principes qui forment la base de nos relations avec Dieu: une nouvelle naissance et la croix. La croix juge Israël comme nation malgré le fait qu’elle sera rétablie. D’autre part, pour ce qui est nécessaire aux hommes, les choses célestes sont introduites car l’histoire du Messie est terminée. En effet, le fils de l’homme crucifié, et le fils de l’homme donné en amour, met fin à son histoire comme Messie vivant des Juifs. Il s’agit désormais du fils de l’homme crucifié. La venue du Seigneur sort pour ainsi dire du domaine de la promesse pour devenir l’épreuve de l’homme par la manifestation de Dieu comme lumière. Ensuite, nous voyons que son témoignage consiste à parler de la part de Dieu. Comme Fils, il était aimé du Père qui avait mis toutes choses entre ses mains. Une fois entrés dans cette sphère plus vaste, nous trouvons un point de contact entre l’homme et Dieu, c’est de croire au Fils. Ici le juif et le gentil ne sont rien. Celui qui croit à la vie éternelle et celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.

Tout l’évangile de Jean est basé sur ce principe. Dès le premier chapitre les Juifs sont un peuple rejeté et tout nous est donné en résurrection. C’est la conséquence de la mort du Seigneur. L’espérance messianique des Juifs est mise de côté et toutes les bénédictions sont données en résurrection.

Versets 01 à 13            La nouvelle naissance
La fin du ch. 2 mentionne que plusieurs crurent en son nom, contemplant les miracles qu’il faisait. C’est une conviction oiseuse. Mais un homme veut aller au-delà. C’est Nicodème. Sa conscience est atteinte. Le témoignage de Jésus avait produit des besoins dans son cœur. Nicodème ne connaît pas encore la grâce mais il y a un changement total en lui. Il ne connaît rien de la vérité, mais il a vu qu’elle est en Jésus. Il a instinctivement la conscience que le monde lui sera opposé et il vient de nuit. Le cœur craint le monde aussitôt qu’il a affaire à Dieu, car le monde lui est opposé puisque l’amitié du monde est inimitié contre Dieu. Nicodème avait été convaincu comme les autres par les miracles de Jésus, mais c’est le besoin qui fait la différence entre lui et les autres. Alors Jésus, au v. 3, lui révèle quelque chose de nouveau car l’homme a besoin d’être renouvelé dans la source de sa nature. Ce renouvellement est nécessaire afin de pouvoir considérer le royaume manifesté en Jésus ici-bas. Et pour voir le royaume, il faut être né de nouveau. Deux choses sont nécessaires: l’eau et l’esprit. Le Seigneur l’explique au v. 5. L’action de la Parole de Dieu purifie en pratique. C’est cette eau qui purifie par la Parole de Dieu et c’est ce que signifie: être né d’eau. C’est la mort de la chair. La vraie eau est sortie de Christ alors mort (Jean 19, 34). Il y a alors la communication d’une vie nouvelle: ce qui est né de l’Esprit est esprit. Non pas est l’esprit ce qui serait une incarnation de l’Esprit de Dieu. Mais cette nouvelle vie est esprit. Elle partage la nature de celui qui en est l’origine. Et cela n’est pas seulement pour les Juifs mais pour tous les hommes (v. 8).

 Nicodème venait avec des idées juives qui supposaient que les Juifs étaient des enfants du royaume. C’est alors que le Seigneur lui présente les deux grands principes de l’introduction de l’homme dans le royaume de Dieu, c’est-à-dire la nouvelle naissance et la croix. Né de l’esprit est la communication d’une nature toute nouvelle qui vient de Dieu. La puissance de l’Esprit accompagne la Parole de Dieu et un double effet est produit. D’une part il y a la nouvelle vie et de l’autre cette vie modifie tout l’être moral de l’homme; c’est ce changement de nature nécessaire pour entrer dans le royaume.

 Dans ce chapitre, deux choses ressortent également. D’abord le royaume avec ce qu’il faut pour y entrer et avec ce qui est nécessaire pour en jouir avec Dieu, ce qui convient au caractère moral de ce royaume. En deuxième lieu, il y a le ciel, c’est-à-dire la vie éternelle avec ce qui est essentiel à nos relations les plus réelles et immédiates avec Dieu, à savoir la possession de la vie éternelle devant Lui, en contraste avec la pensée de périr. Ici ce n’est pas le royaume, c’est la vie éternelle.

 Au début du chapitre, nous n’avons pas des choses célestes ni la vie éternelle, et dans la suite du chapitre nous n’avons pas le royaume. Ce royaume qui, répétons-le, n’était pas en gloire mais fondé et reçu dans la personne du roi.

 Pour comprendre les choses célestes, il faut comprendre les choses terrestres. C’est ce que le Seigneur suggère au v. 12. Le Seigneur, qui est venu du ciel, peut seul parler de ces choses célestes. Il parle ainsi de ce qu’il connaît et rend témoignage de ce qu’il a vu, non pas comme le Messie, ce qui se rapporte à la terre, mais comme Fils de l’homme qui, quant à sa nature divine, était dans le ciel au v. 13. Ces versets 12 et 13 montrent à nouveau que Christ est Dieu et homme tout à la fois. Il était réellement et vraiment homme devant Dieu. Mais ici nous apprenons une autre vérité à savoir que le Fils de l’homme devait entrer dans le ciel comme homme, être le chef de toutes choses, lui qui est héritier comme Fils de Dieu (Héb. 1), comme Créateur (Col. 1), mais aussi comme homme et Fils de l’homme selon les conseils de Dieu, Ps. 8 cité en Eph. 1, 1 Cor. 15, Héb. 2. Le Fils de l’homme entre au ciel pour être chef de tout, selon 1 Pi. 3, 22 et Jean 16, 15. Mais pour les cohéritiers, nous comprenons qu’il faut la rédemption pour entrer là-haut. Il faut racheter ces hommes et les purifier selon la gloire de Dieu. Ici il s’agit de l’œuvre en faveur des hommes et les souffrances de Christ ne sont pas introduites. Mais dans tous les évangiles nous trouvons le Messie, faisant place au Fils de l’homme qui passe par la mort pour entrer dans sa nouvelle et universelle position de gloire.

Versets 14 à 16            La vie éternelle
Dans cette section, l’élévation du Fils de l’homme sur la croix correspond, quant à nos besoins, à la révélation des choses célestes que le Fils a apportées ici-bas, en ce qu’il se trouve dans le ciel. Le «il faut» des v. 14 et 15 revêt l’idée de juge qui se rattache à la culpabilité. Il s’agit d’être devant Dieu pleinement révélé.
Quant à l’homme, v. 18 à 20, il ne veut Dieu à aucun prix. Mais le péché de l’homme n’a pas anéanti la grâce de Dieu. Comme Fils de l’homme Christ a pris en main la cause de l’homme et il devait en subir les conséquences, comme en Héb. 2, 10. Pour que nous ayons part aux choses célestes, il fallait que le Fils de l’homme soit élevé. Le Fils de l’homme est donc celui qui, comme, homme, doit, selon les conseils de Dieu, être Chef de toutes choses, dans les cieux et sur la terre. Ce Fils de l’homme a été élevé devant Dieu pour être fait péché. Il ne s’agissait plus de juif ni de promesses, mais de satisfaire Dieu dans cette position où il a porté non pas seulement la peine de la mort, mais la malédiction et l’abandon de Dieu. En prenant cette place d’être élevé, le Fils de l’homme était libre puisqu’il a dit : Voici je viens. Et l’effet des souffrances et de l’œuvre du Sauveur, c’est d’être avec Christ, comme Christ dans la gloire pour tous ceux qui croient, v. 15 et 16.
Au v. 16, en donnant son Fils unique, donc le Fils de Dieu qui par conséquent est devenu Fils de l’homme, Dieu a aimé le monde et nous le connaissons comme Père à la suite de cette grâce. Fils de Dieu, Fils de l’homme, Jésus fait face à la nécessité de l’homme et révèle ce que Dieu est.

Versets 17 à 21          La conséquence de l’incrédulité
Il y a, dans ces versets, les conséquences de l’œuvre de Christ. Celui qui croit n’est pas jugé. Toute la question de la responsabilité, ainsi que de la gloire de Dieu bafouée, quant au croyant est résolue et réglée. Au ch. 1 la présentation du Fils de l’homme, de la Parole de Dieu faite chair, avait déjà mis l’homme à l’épreuve. La question de son état était clair: l’homme a préféré les ténèbres à la lumière. Mais Dieu est là, dans la personne de son Fils unique, la pleine lumière (v. 18 à 20). Ici bas, l’homme, par la conscience, reconnaît la lumière : Mais il la rejette par volonté. C’est ce qui fait la base du jugement présent. La conscience ne supporte pas la lumière divine. Mais si la conscience reconnaît la lumière, c’est aussi ce qui fait la base du jugement présent et final avec Christ où il est présenté.

Versets 22 à 36          L’ami de l’époux
La fin du chapitre, dans les v. 22 et suivants constate la position relative de Jean le Baptiseur et de Jésus Christ. La mission propre de Jean était terrestre en rapport avec le Messie et Israël. Jean est le plus grand des prophètes par le fait qu’il était le plus rapproché de Christ, mais il était en deçà de la manifestation de ce qui est céleste et c’est pourquoi même le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que Jean. Le voile est déchiré. On jouit déjà de la présence de Dieu. En rapport avec les v. 11 à 21 remarquons encore que tout ce que Dieu est dans sa nature a été manifesté en Christ en contraste avec l’homme. Et à la lecture des v. 20 et 21 veillons pour demeurer sous l’effet de la lumière, puisque l’homme préfère les ténèbres pour pouvoir rester dans le péché.

Revenons aux v. 22 à 36. Il y a l’ami de l’époux. Jusqu’ici, nous sommes encore dans l’introduction de cet évangile en ce que le ministère du Seigneur n’a pas encore commencé. Jean n’est pas encore en prison (v. 24). Ce n’est qu’après cet événement que le Seigneur a commencé son témoignage public. Le témoignage de Jean à l’égard de Jésus comprend deux choses: 1) la suprématie du Seigneur et 2) son témoignage.
Au v. 29, les expressions d’époux et d’épouse ont un sens très général car ce qui domine ici est le nouveau terrain d’une nouvelle nature: la croix et le monde. Puis l’amour de Dieu envers le monde. Ce chapitre nous parle de l’amour de Dieu pour le monde mais aussi de l’amour du Père pour le Fils. La joie de Jean Baptiste était d’avoir vu l’époux, et cela en qualité d’ami. 
Dans les v. 31 et 32 le contraste entre Jésus et Jean est très marqué. Jean fait ressortir vraiment ce contraste devant ses disciples, cela plus qu’au premier chapitre où il disait qu’il n’était qu’une voie. C’est ainsi qu’au verset 29 Jean dit aussi que Jésus était l’époux et lui l’ami de l’époux. Tout esprit de rivalité est inexistant. La voie atteint Jean, l’apogée du domaine que n’avait été celui d’aucun prophète. En Matt. 11, 11 il nous est dit que Jean est le plus grand des prophètes. Maintenant le ministère prophétique se termine et celui de Jésus peut commercer. C’est pourquoi, v. 31, il faut que Jésus croisse et que Jean diminue
Dans les v. 33 et 34 Jésus est vraiment l’expression de Dieu lui-même. Il n’y a plus d’intermédiaire et Jésus avait reçu le Saint Esprit dans toute sa plénitude et non par mesure. Ainsi Jean en rend un témoignage éclatant à la gloire de Jésus. Jésus occupe désormais toute la place.

 A la fin du chapitre (v. 35 et 36), il y a le fait que toutes choses sont remises entre les mains du Fils par le Père. Le Père aime le Fils. Ceci est plutôt une révélation nouvelle.  Ainsi le conseil de Dieu en mettant toutes choses entre les mains de Christ qui était lui-même la vie éternelle descendue du ciel. Et le v. 36 présente la vie éternelle de la part de Dieu en contraste avec la colère qui est le sort de l’homme incroyant. Ces v. 35 et 36 semblent être le témoignage de Jean l’évangéliste à moins que Jean Baptiste ait vu si loin en prophétie. Ces versets sont donc vraisemblablement des paroles de Jean l’évangéliste et non de Jean Baptiste. Au v. 36 – désobéir ou ne pas croire, comme en Act. 5, 32, 2 Thes. 1, 8, 1 Pi. 4, 17. Le grand sujet de cet évangile c’est la révélation du Père et la vie éternelle. Jean l’introduit par ces deux derniers versets comme il le conclut au ch. 20, 31. Ces deux versets sortent aussi du cadre du service de Jean Baptiste et l’évangéliste commence son témoignage là où finit celui de Jean Baptiste.

Dans l’évangile de Jean, l’emploi de Dieu est en rapport avec la nature et l’action de Dieu, alors que le mot Père est en rapport avec la grâce qui opère dans le christianisme et par Christ en nous. Ce chapitre donne les bases mais ne développe pas les résultats. Remarquons que dans Jean, tout est individuel. Il n’y est jamais question de l’Eglise.    

Chapitre 4
1
Quand donc le Seigneur connut que les pharisiens avaient entendu dire: Jésus fait et baptise plus de disciples que Jean 2 (toutefois Jésus lui-même ne baptisait pas, mais ses disciples), 3 il quitta la Judée, et s’en alla encore en Galilée. 4 Et il fallait qu’il traversât la Samarie. 5 Il vient donc à une ville de la Samarie, nommée Sichar, près de la terre que Jacob donna à Joseph son fils. 6 Et il y avait là une fontaine de Jacob. Jésus donc, étant lassé du chemin, se tenait là assis sur la fontaine; c’était environ la sixième heure. 7 Une femme de la Samarie vient pour puiser de l’eau. 8 Jésus lui dit: Donne-moi à boire (car ses disciples s’en étaient allés à la ville pour acheter des vivres). 9 La femme samaritaine lui dit donc: Comment toi qui es Juif, me demandes-tu à boire à moi qui suis une femme samaritaine? (Car les Juifs n’ont point de relations avec les Samaritains). 10 Jésus répondit et lui dit: Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de l’eau vive. 11 La femme lui dit: Seigneur*, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond; d’où as-tu donc cette eau vive? 12 Es-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné le puits; et lui-même en a bu, et ses fils, et son bétail? 13 Jésus répondit et lui dit: Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif; 14 mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais; mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle. 15 La femme lui dit: Seigneur*, donne-moi cette eau, afin que je n’aie pas soif et que je ne vienne pas ici pour puiser. 16 Jésus lui dit: Va, appelle ton mari, et viens ici. 17 La femme répondit et dit: Je n’ai pas de mari. Jésus lui dit: Tu as bien dit: Je n’ai pas de mari; 18 car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari; en cela tu as dit vrai. 19 La femme lui dit: Seigneur*, je vois que tu es un prophète. 20 Nos pères ont adoré sur cette montagne-ci, et vous, vous dites qu’à Jérusalem est le lieu où il faut adorer. 21 Jésus lui dit: Femme, crois-moi: l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. 22 Vous, vous adorez, vous ne savez quoi*; nous, nous savons ce que nous adorons**; 23 car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. 24 Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. 25 La femme lui dit: Je sais que le Messie qui est appelé le Christ, vient; quand celui-là sera venu, il nous fera connaître toutes choses. 26 Jésus lui dit: Je le suis, moi qui te parle. 27 Et là-dessus ses disciples vinrent; et ils s’étonnaient de ce qu’il parlait avec une femme; toutefois nul ne dit: Que lui demandes-tu? ou, de quoi* parles-tu avec elle?
28
La femme donc laissa sa cruche et s’en alla à la ville, et dit aux hommes: 29 Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait; celui-ci n’est-il point le Christ? 30 Ils sortirent de la ville, et ils venaient vers lui. 31 Mais pendant ce temps, les disciples le priaient, disant: Rabbi, mange. 32 Mais il leur dit: Moi, j’ai de la viande* à manger que vous, vous ne connaissez pas. 33 Les disciples donc dirent entre eux: Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger? 34 Jésus leur dit: Ma viande* est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. 35 Ne dites-vous pas, vous: Il y a encore quatre mois, et la moisson vient? Voici, je vous dis: Levez vos yeux et regardez les campagnes; car elles sont déjà blanches pour la moisson. 36 Celui qui moissonne reçoit un salaire et assemble du fruit en vie éternelle; afin que, et celui qui sème et celui qui moissonne, se réjouissent ensemble. 37 Car en ceci est [vérifiée] la vraie parole*: L’un sème, et un autre moissonne. 38 Moi, je vous ai envoyés moissonner ce à quoi vous n’avez pas travaillé; d’autres ont travaillé, et vous, vous êtes entrés dans leur travail.
39
Or plusieurs des Samaritains de cette ville-là crurent en lui, à cause de la parole de la femme qui avait rendu témoignage: Il m’a dit tout ce que j’ai fait. 40 Quand donc les Samaritains furent venus vers lui, ils le priaient de demeurer avec eux; et il demeura là deux jours. 41 Et beaucoup plus de gens crurent à cause de sa parole; 42 et ils disaient à la femme: Ce n’est plus à cause de ton dire que nous croyons; car nous-mêmes nous [l’]avons entendu, et nous connaissons que celui-ci est véritablement le Sauveur du monde.
43
Or, après les deux jours, il partit de là, et s’en alla en Galilée; 44 car Jésus lui-même rendait témoignage qu’un prophète n’est pas honoré dans son propre pays. 45 Quand donc il fut venu en Galilée, les Galiléens le reçurent, ayant vu toutes les choses qu’il avait faites à Jérusalem pendant la fête; car eux aussi allaient* à la fête.
46
Il vint donc encore à Cana de Galilée, où il avait, de l’eau, fait du vin. Et il y avait à Capernaüm un seigneur de la cour, duquel le fils était malade; 47 celui-ci, ayant ouï dire que Jésus était venu de la Judée en Galilée, s’en alla vers lui, et le pria de descendre et de guérir son fils; car il allait mourir. 48 Jésus donc lui dit: Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez point. 49 Le seigneur de la cour lui dit: Seigneur, descends avant que mon enfant meure. 50 Jésus lui dit: Va, ton fils vit. Et l’homme crut la parole que Jésus lui avait dite, et s’en alla. 51 Et, déjà comme il descendait, ses esclaves vinrent au-devant de lui, et lui rapportèrent que son fils vivait. 52 Alors il s’enquit d’eux à quelle heure il s’était trouvé mieux; et ils lui dirent: Hier, à la septième heure, la fièvre l’a quitté. 53 Le père donc connut que c’était à cette heure-là à laquelle Jésus lui avait dit: Ton fils vit. Et il crut, lui et toute sa maison. 54 Jésus fit encore ce second miracle, quand il fut venu de Judée en Galilée.

 

Commentaires

Chapitre 4 : la Samaritaine ;  le fils du seigneur de la cour

Versets 01 à 09            Sur le chemin de Samarie
Versets 10 à 18           Une fontaine d’eau vive en Sichem,
, ou Sichar, sur le territoire
                                   
    d’Ephraïm, près du    mont Garizim

Versets 19 à 30            Le lieu où il faut adorer
Versets 31 à 38            La moisson
Versets 39 à 42            Les Samaritains
Versets 43 à 45            Les Galiléens
Versets 46 à 54            La guérison du fils du seigneur de la cour  

Dans Jean

Autre (ces récits ne se trouvent que dans l’évangile de Jean)

v. 01 à 03

An 27. Voyage de Jésus de Judée en Galilée

v. 04 à 42

An 27. Près de Sychar. Entretien avec une Samaritaine

v. 43 à 54

An 27 ou 28. Cana : guérison du fils d’un officier du roi

 

Dans ce chapitre nous trouvons le rejet du Messie en Judée, introduisant un nouveau sujet: le culte rendu à Dieu en esprit et en vérité. Jérusalem et Samarie ne comptent plus. Le Père, dans sa grâce, cherche des adorateurs. Ici, il cherche une âme étrangère aux promesses par sa position et déchue quant à ses voies. Désormais, tout dépendait d’un Dieu qui donne gratuitement. Il donne la vie éternelle, la puissance de l’esprit en Christ, une vie qui jaillissait dans son plein développement dans les lieux célestes.

Versets 01 à 09            Sur le chemin de Samarie
Dans les v. 1 à 3, Jésus est chassé en quelque sorte en raison de la jalousie des Juifs. Il commence ainsi son ministère en dehors d’eux. Jésus va en Galilée et son chemin le fait passé par la Samarie. Là vivait une race mixte d’étrangers et d’israélites. Cette race avait abandonné l’idolâtrie, suivait la loi de Moïse, se réclamait du nom de Jacob, mais elle avait établi un culte à Garizim. C’est là, v. 4 à 7, que Jésus s’assit sur le bord d’un puits. La grâce déborde les limites étroites du judaïsme. Au v. 2, Jésus ne baptise pas car il connaît le but de sa venue. Il ne peut, par le baptême, lier les âmes à un Christ vivant. Mais les disciples avaient des raisons de le faire et font acte de foi en baptisant et liant les âmes à Jésus, le vrai Messie. Jésus, Lui, est repoussé par les Juifs. Il y a ainsi en Samarie le triste témoignage de l’état d’Israël. En effet, les gens de Samarie représentent ce mélange et ne savent pas ce qu’ils adorent (v.22).

Dans cette scène, Jésus est donc fatigué. Il a soif, il est dépendant comme un homme. Il s’assit sur le bord du puits et c’est là que le juge des vivants et des morts rencontre une pauvre pécheresse. C’est là que commence cette scène bien connue. Là le cœur du rejeté s’ouvre pour laisser déborder cette plénitude de grâce qui trouve occasion de s’exercer au milieu des nécessités et non de la justice des hommes. Cette grâce, c’est le don de Dieu (v. 10) et le fruit de la mission céleste, là où il est reçu, c’est cette eau vive qui jaillit en vie éternelle. Il se révèle Lui-même comme cette fontaine jaillissant en vie éternelle. Ce n’est pas le rocher frappé comme pour Israël dans le désert. Jésus expose cette grâce que les Juifs ne veulent pas. Il présente le vrai soulagement de l’amour par cette grâce et arrose la misère, et cette misère est le moyen de manifester ce que Dieu est en grâce.

Versets 10 à 18            Une fontaine d’eau vive en Sichem, , ou Sichar, sur le territoire
                                   
    d’Ephraïm, près du    mont Garizim

Chez cette femme, il y a des besoins. Cela même au milieu de l’incrédulité dominante. Si d’une part Jésus était rejeté par les Juifs, début du chapitre, le fleuve de la grâce trouvait son cours ailleurs, là où des cœurs étaient préparés à le saluer avec joie et action de grâce, car Il répondait à leur misère et à leur besoin. Ce fleuve ne peut pas couler au milieu des propres justes que sont les Juifs. Et ainsi la vie de cette femme samaritaine était misérable, mais au moins elle en avait honte. Elle était isolée par sa position, elle était oubliée par la foule dans le train de la vie sociale. Pensons à la douleur intérieure d’un cœur isolé. Et voilà Christ est là et son isolement cesse. Jésus était plus isolé qu’elle, quoique pour une autre cause. Voilà la direction merveilleuse de Dieu qui l’a fait rencontrer le Seigneur : Quelle grâce et quelle rencontre que cet abaissement de Dieu qui est là de manière à dépendre de cette femme pour avoir de quoi se désaltérer. Cette femme avait une nature ardente. Elle avait cherché le bonheur, mais elle n’avait rien trouvé que de la misère. Elle vivait dans le péché et était fatiguée de la vie. Elle était au plus bas de la misère. Dans cette misère l’ardeur de cette femme ne s’est pas refreinée puisque sa volonté engagée dans le mal se nourrit de convoitises et s’use sans fruit. Dans son âme il y a des besoins puisqu’elle pensait à Jérusalem, à Garizim. Elle attendait un Messie qui lui dirait tout, mais tout cela ne change pas sa vie, sa vie est affreuse. Et quand le Seigneur dirige les pensées de cette femme à s’occuper des choses célestes, elle ne comprend rien. Les v. 12 et suivants indiquent le moyen de dire quelque chose de cette femme chez qui une certaine foi aux paroles de Jésus est perceptible. Le péché avait isolé cette femme. C’était la sixième heure, ou midi, selon notre manière de compter. En Matt. 4, 12 Jésus commence aussi son ministère en Galilée mais il ne s’occupe que des Juifs. Ici il s’adresse à chacun d’autant plus qu’il était déjà considéré comme rejeté par son peuple.
Dans les v. 15 et 16, la femme voit la différence entre l’eau du puits, image des choses du monde dont on a toujours soif et l’eau de Jésus qui est si différente. Et Jésus va tout faire pour qu’elle puisse recevoir cette eau.

Versets 19 à 30            Le lieu où il faut adorer
Dans cet entretien avec le Seigneur, nous voyons aussi ce lieu où il faut adorer. Cette femme ne comprend pas grand chose et ne voit guère au-delà de la peine journalière, symbolisée par sa cruche, mais elle voit en Jésus un plus grand que Jacob. Dieu travaille ainsi en grâce dans cette pauvre femme qui est incapable de comprendre les choses spirituelles même exprimées de la manière la plus simple. Cette femme est un peu l’image de l’homme qui s’occupe de ses propres circonstances et qui est ainsi limité en pratique par les traditions qui ont formé sa vie du côté religieux. Il y a dès lors toujours un vide que rien ne peut remplir. Que faire? Comment agir? La réponse se trouve dans la seconde partie de ce merveilleux enseignement lorsque le Seigneur s’en prend à la conscience. Un seul mot adressé par Jésus sonde son cœur et elle se trouve devant quelqu’un qui lui dit tout ce qu’elle a fait. Sa conscience est réveillée par la Parole et se trouve en présence de Dieu. Toute sa vie est devant elle. Elle est sondée par ce prophète (v. 19). L’intelligence des choses célestes découle de la conscience. L’âme et Dieu se trouvent pour ainsi dire ensemble.  Cette femme a tout à apprendre, mais elle est en présence de celui qui enseigne. C’est un grand pas, un grand changement, une position nouvelle, une âme qui va plus loin que sa cruche et qui se trouve avec le juge des vivants et des morts, avec Dieu lui-même. Elle est là et elle se sent avec Lui et Lui ne la méprise pas. Elle a entendu parler de vie et du don de Dieu. Il faut qu’elle demande pour recevoir. Elle n’était pas condamnée, elle qui n’avait rien compris, mais elle était en présence de cette grâce qui s’abaisse jusqu’à elle pour lui demander de l’eau. La grâce qui connaissait son péché et ne se rebutait pas. Cette grâce est au-dessus des prétentions des Juifs à l’égard d’une Samaritaine. Cette grâce ne cache pas le péché mais fait sentir que Dieu le connaît. Dieu connaît le péché mais ne terrifie plus le cœur de cette pécheresse. Dieu n’est pas là en jugement, c’est une merveilleuse rencontre d’une âme avec Dieu, comme la grâce de Dieu opère avec Christ. La Parole a atteint la conscience de la femme, cette femme peut se confier en Lui et Dieu peut agir puisque la grâce inspire la confiance et ramène l’âme à Dieu dans la paix.

Ainsi elle commence par des questions dont son cœur était plein et le Seigneur peut exposer pleinement les voies de Dieu en grâce. Le Seigneur répond; il dit que le salut vient des Juifs, car la vérité était avec eux et non avec les Samaritains. Mais tout cela devait être mis de côté puisque Dieu cherche des adorateurs (v. 24) qui répondent à la nature de Dieu, à la grâce qui les avait cherchés. Dans ce passage, comme dans cet évangile, le mot «Dieu» est employé en rapport avec la responsabilité ou avec la bonté vis-à-vis du monde, tandis que le mot «Père» et «Fils» sont employés quand la grâce agit.

Dans les v. 25 et 26, l’œuvre est faite: le Seigneur est reçu. Une Samaritaine pécheresse reçoit le Messie d’Israël. Puis, dès le v. 28, l’effet moral produit sur la femme est remarquable. Elle oublie sa cruche, sa fatigue, ses circonstances, elle est remplie de Christ, elle va en parler. La pensée de Jésus lui montre l’amertume du péché. Elle ne cherche plus à cacher son péché car il y en en elle le sentiment de la bonté du Seigneur envers la fraude du cœur. En un mot le cœur de la femme est rempli de Christ. Elle-même, comme beaucoup d’autres, croit en Jésus: «Car il m’a dit tout ce que j’ai fait». La Parole apporte une conviction. Si la misère avait isolé cette femme, la grâce avait isolé le Seigneur. Dans cette scène, c’est la seule place où nous voyons le Seigneur s’appeler «le Christ». Nous avons aussi ici le Dieu qui donne, et non pas le Dieu qui demande.

Dans l’évangile de Jean, c’est Jésus qui fait, l’homme en est incapable. Quand on trouve Christ, tout est tiré au clair. Il y a pleine réponse à tous les besoins de l’âme, tout est trouvé, et c’est ce que réalise cette pauvre femme. Remarquons que les Samaritains appellent Jésus le Sauveur. Ils savaient que leur Garizim n’était rien. Aucun juif n’eut dit: le Sauveur du monde.

Puis Jésus reprend le chemin de la Galilée, puisque son pays avait rejeté le prophète et perdu son Sauveur. Ce récit relève également l’éloignement moral de la Judée en introduisant la sphère de la grâce souveraine et présentant les principes de la vie éternelle et le culte à rendre au Père. L’adoration est donc le premier enseignement du Seigneur à cette pauvre Samaritaine.

Versets 31 à 38            La moisson
Les disciples étaient encore loin de penser de cette grâce de Dieu manifestée en chair et sont ainsi étonnés que leur maître parle avec une femme. Jésus leur explique que l’œuvre de cette grâce est sa viande (v. 34). En parfaite humilité, il trouve sa vie et son aliment à accomplir la volonté de son Dieu et à achever son œuvre. Si les Juifs rejetaient le Seigneur, les champs sont blancs pour la moisson, et la grâce cherche ses fruits pour le grenier éternel.  Dans cette œuvre, nous voyons aussi que les disciples n’ont pas été seuls à semer. En effet, les prophètes ont aussi semé et la preuve en est la connaissance de cette femme qui est aussi prête à recevoir le Messie. La grâce coulant dans la personne de Christ est ainsi présentée ici. Il y a rupture avec les limites étroites du judaïsme. Dans ce passage le Seigneur veut aussi faire comprendre à ses disciples en quoi consiste le travail que lui procura une nourriture pareille et il aimerait les associer. C’est ce qui nous est dit au v. 35. Le temps que Jésus passait ici marque le terme de l’économie de la loi durant laquelle les prophètes avaient annoncé la venue du Christ pour apporter la bénédiction à son peuple, ce peuple qui n’a obtenu aucune bénédiction sur le pied de la loi. Les prophéties qui ont porté du fruit, puisque beaucoup attendent le Messie et cela au milieu de l’incrédulité des Juifs orgueilleux. Il y a même cette attente chez la Samaritaine et ses concitoyens. Cette attente du Christ, résultat des semailles des prophètes, puisque les campagnes étaient blanches pour la moisson. Quant aux disciples ils servent de moissonneurs et assemblent du fruit en vie éternelle. Semeurs et moissonneurs se réjouissent ensemble puisqu’ils ont travaillé en vue du même résultat. Le principe de ces versets est le même lorsqu’il s’agit d’une conversion. On a l’habitude de dire que tel a été converti au moyen d’une telle personne, ou en lisant un passage de la Bible ou en lisant un traité, cette personne a moissonné où d’autres ont semé souvent pendant longtemps. Car le travail de Dieu dans une âme ne s’opère généralement pas en un jour, et il faut souvent plusieurs ouvriers et de longs appels par des moyens différents. Mais la conversion ayant eu lieu, celui qui moissonne et ceux qui ont semé se réjouissent ensemble des résultats de leur coopération.

Versets 39 à 42            Les Samaritains
Ces versets démontrent que le vrai ministère conduit à Jésus. Les croyants vont à Lui pour être nourri de sa personne, et les incrédules pour recevoir le salut. Au v. 23, Jésus avait dit: Le salut vient des Juifs, et c’est ce Sauveur qui est trouvé ici. Le salut est pour le monde entier mais la foi pour obtenir le salut est individuelle.

Versets 43 à 45            Les Galiléens
Au v. 43, Jésus s’en va en Galilée, puisque la Judée ne le recevait pas. Ainsi il rend lui-même témoignage qu’un prophète n’est pas honoré dans son propre pays. Les Galiléens le reçoivent et maintenant, v. 45 à 54, il fait un autre genre de miracle. En Galilée il donne la vie en attendant la bénédiction de la fin. Revenons dans les v. 43 à 45 où Jésus a conscience qu’il ne sera pas honoré comme à Sichar et où il témoigne qu’un prophète n’est pas honoré dans son propre pays. Ce qui honore le Seigneur, c’est de croire, c’est d’obéir. Ici les Galiléens reçoivent le Seigneur Jésus à cause de ce qu’Il a fait, tandis que les Samaritains le recevaient à cause de sa Parole. Les miracles ne sauvent pas, autrement Dieu en ferait encore beaucoup aujourd’hui. Les miracles ne sont plus nécessaires aujourd’hui car le christianisme est établi. Ceux qui désirent des miracles se détournent de la Parole. Mais comme nous le voyons dans les v. 46 et suivants, les miracles fortifiaient la foi, alors que la Parole la produit. Ces miracles sont instructifs et ce second miracle, v. 54, montre que cet enfant représente le peuple qui va mourir mais la vie est donnée là où il y a de la foi.

Versets 46 à 54            La guérison du fils du seigneur de la cour
Ainsi dans les v. 46 et suivants, il y a ce sujet de la maladie du fils du seigneur de la cour. En cela nous avons le développement des grands éléments de la révélation de Dieu dans la personne du Fils, premièrement en guérissant ce qui restait en Israël, mais prêt à périr. Dans ce passage le principe de la foi est bien là. Cette foi qui reçoit la parole de Christ ainsi que celui qui est la vie et qui la porte. Mais la foi de ce père est comme celle de Marthe, de Marie et des Juifs. Il croyait que Jésus pouvait guérir et pas davantage. Il prie le Seigneur de descendre avant que son fils meure. Jésus veut qu’on croie sur parole et non en voyant des signes seulement. Mais il a compassion du pauvre père tout en faisant dépendre de la foi sa parole : Ton fils vit. Et le père croit et s’en va. La puissance de la mort avait été arrêtée par la puissance de la vie venue d’en haut.

Chapitre 5
1 Après ces choses, il y avait une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. 2 Or il y a à Jérusalem, près de la porte des brebis*, un réservoir d’eau, appelé en hébreu Béthesda, ayant cinq portiques, 3 dans lesquels étaient couchés une multitude d’infirmes, d’aveugles, de boiteux et de gens qui avaient les membres secs, [attendant le mouvement de l’eau. 4 Car à de certaines saisons un ange descendait dans le réservoir et agitait l’eau; le premier donc qui entrait après que l’eau avait été agitée, était guéri, de quelque maladie qu’il fût pris]. 5 Or il y avait là un homme infirme depuis trente-huit ans. 6 Jésus, le voyant couché là, et sachant qu’il était dans cet état déjà depuis longtemps, lui dit: Veux-tu être guéri? 7 Le malade lui répondit: Seigneur*, je n’ai personne qui, lorsque l’eau a été agitée, me jette dans le réservoir; et, pendant que moi je viens, un autre descend avant moi. 8 Jésus lui dit: Lève-toi, prends ton petit lit, et marche. 9 Et aussitôt l’homme fut guéri, et il prit son petit lit, et marcha. Or c’était sabbat ce jour-là. 10 Les Juifs donc dirent à celui qui avait été guéri: C’est [un jour de] sabbat; il ne t’est pas permis de prendre ton petit lit. 11 Il leur répondit: Celui qui m’a guéri, celui-là m’a dit: Prends ton petit lit, et marche. 12 Ils lui demandèrent donc: Qui est l’homme qui t’a dit: Prends ton petit lit, et marche? 13 Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c’était; car Jésus s’était retiré de là, une foule se trouvant dans ce lieu. 14 Après ces choses, Jésus le trouva dans le temple, et lui dit: Voici, tu es guéri; ne pèche plus, de peur que pis ne t’arrive. 15 L’homme s’en alla et annonça aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. 16 Et à cause de cela les Juifs persécutaient Jésus [et cherchaient à le faire mourir], parce qu’il avait fait ces choses en un jour de sabbat. 17 Mais Jésus leur répondit: Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille. 18 À cause de cela donc les Juifs cherchaient d’autant plus à le faire mourir, parce que non seulement il violait* le sabbat, mais aussi parce qu’il disait que Dieu était son propre Père, se faisant égal à Dieu. 19 Jésus donc répondit et leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Le Fils ne peut rien faire de lui-même, à moins qu’il ne voie faire une chose au Père, car quelque chose que celui-ci fasse, cela, le Fils aussi de même le fait. 20 Car le Père aime le Fils, et lui montre toutes les choses qu’il fait lui-même, et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’admiration. 21 Car comme le Père réveille* les morts et les vivifie, de même aussi le Fils vivifie ceux qu’il veut; 22 car aussi le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils; 23 afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père qui l’a envoyé. 24 En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement; mais il est passé de la mort à la vie. 25 En vérité, en vérité, je vous dis que l’heure vient, et elle est maintenant, que les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. 26 Car comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils aussi d’avoir la vie en lui-même; 27 et il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu’il est fils de l’homme. 28 Ne vous étonnez pas de cela; car l’heure vient en laquelle tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix; 29 et ils sortiront, ceux qui auront pratiqué le bien, en résurrection de vie; et ceux qui auront fait le mal, en résurrection de jugement. 30 Je ne puis rien faire, moi, de moi-même; je juge selon ce que j’entends, et mon jugement est juste; car je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. 31 Si moi je rends témoignage de moi-même, mon témoignage n’est pas vrai. 32 C’est un autre qui rend témoignage de moi; et je sais que le témoignage qu’il rend de moi est vrai. 33 Vous, vous avez envoyé auprès de Jean, et il a rendu témoignage à la vérité; 34 mais moi, je ne reçois pas témoignage de l’homme, mais je dis ces choses afin que vous, vous soyez sauvés. 35 Celui-là était la lampe ardente et brillante; et vous, vous avez voulu vous réjouir pour un temps à sa lumière; 36 mais moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les œuvres que le Père m’a données pour les accomplir, ces œuvres mêmes que je fais rendent témoignage de moi, que le Père m’a envoyé. 37 Et le Père qui m’a envoyé, lui, a rendu témoignage de moi. Jamais vous n’avez entendu sa voix, ni vu sa figure*; 38 et vous n’avez pas sa parole demeurant en vous; car celui-là que lui a envoyé, vous, vous ne le croyez pas. 39 Sondez* les écritures, car vous, vous estimez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui rendent témoignage de moi: 40 — et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie. 41 Je ne reçois pas de gloire des hommes; 42 mais je vous connais, [et je sais] que vous n’avez pas l’amour de Dieu en vous. 43 Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, celui-là vous le recevrez. 44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez de la gloire l’un de l’autre et qui ne cherchez pas la gloire qui [vient] de Dieu seul*? 45 Ne pensez pas que moi, je vous accuserai devant le Père; il y en a un qui vous accuse, Moïse en qui vous espérez. 46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi; car lui a écrit de moi. 47 Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles?

— v. 2 : comparer Néhémie 3:1, 32 ; 12:39. — v. 7 : plutôt : Monsieur. — v. 18 : ou : anéantissait. — v. 21 : ailleurs : ressuscite. — v. 37 : ou : son aspect. — v. 39 : ou : Vous sondez ; ce n’est pas un commandement, en tout cas, mais un appel. — v. 44 : ou : du seul Dieu.

 

Commentaires

Chapitre 5 : en avril de l’an 28. La deuxième Pâque; Guérison d’un infirme à la piscine de Béthesda, controverse avec les Juifs. A Jérusalem. Ces récits se trouvent uniquement dans l’évangile de Jean

Versets 01 à 09            Au réservoir de Béthesda
Versets 10 à 16            A propos des Juifs et du sabbat
Versets 17 à 24            Le travail du Père et du Fils
Versets 25 à 27            L’heure actuelle
Versets 28 et 29         L’heure qui vient
Versets 30 à 40          Un quadruple témoignage rendu à Jésus
Versets 41 à 43             Les conséquences qui découlent du rejet de Jésus
Verset   44                     Ce qui empêche de croire       
Versets 45 à 47             La Parole écrite

Dans Jean

Passages que l’on peut consulter, entre d’autres, à propos :

v. 17 à 31

Jésus déclare son égalité avec le Père. Cf : Marc 2, 28; Jean 10, 30-38; Col. 2, 9; Act. 17, 31; 2 Cor. 5, 10; Apoc. 20, 4-6

v. 31 à 47

Témoignages confirmant celui de Jésus. Cf Jean 1, 19-34; Luc 7, 21-23; Matt. 3, 16-17; Act. 3, 22-24

Ce chapitre démontre le Père vivifie; le Fils vivifie aussi. Comme Fils de l’homme, Jésus juge, seul, avec une autorité divine. Ce chapitre, comme les ch. 6 et 7 commencent par : Après ces choses.  

Versets 01 à 09            Au réservoir de Béthesda
Il s’y trouvent d’importants révélations de la part de Dieu enseignées par le Seigneur. Ces vérités, toujours présentées en contraste avec la loi, et l’état de l’homme sous la loi, font le sujet spécial des ch. 4 à 10. Il s’agit de vérités fondamentales du christianisme révélées par ordre dans cet évangile: le Sauveur, le Fils de Dieu, le Fils de l’homme, le Pain du ciel, etc.
Au v. 1, il n’est pas indiqué de quelle fête il s’agit (probablement la Pâque). A propos des infirmes des v. 2 et 3, il est bon de se rappeler que chacune des infirmités que le Seigneur guérissait représente un côté de l’homme en chute. Béthesda signifie: maison de miséricorde et se trouve près de la porte des brebis à Jérusalem. Le tableau que nous avons sous les yeux est une image de l’ancienne alliance en ce sens que pour vivre il faut accomplir cette loi. Personne n’en est capable ... tout comme ces infirmes sont incapables, par eux-mêmes, d’être guéris. Seul Jésus peut guérir. Seul Jésus peut sauver. Ici, Jésus répond à ce paralytique qui a un réel désir et un besoin. Ces deux conditions sont nécessaires pour être sauvés. Elles se discernent par la réponse de ce malheureux: je n’ai personne, ce qui dénote bien le désir d’être sauvé et d’avoir besoin de quelqu’un pour cela. L’état de cet homme, conséquence du péché, dénote ainsi l’incapacité totale de bénéficier des moyens de la loi: sa maladie et la loi l’empêchent d’en profiter. 
Au v. 4 il y a toutefois «quelques restes des bénédictions de Dieu» qui se trouvent encore parmi les Juifs. Ce sont les anges qui sont des ministres de l’économie judaïque et qui travaillaient encore au bien du peuple. Mais pour en profiter, il fallait de la force. Et ce que la loi ne pouvait pas faire, faible à cause de la chair, Dieu l’a fait par Jésus. Dans les v. 8 et 9, un seul mot de Christ accomplit tout. La force se communique, l’homme se lève et s’en va avec son lit. L’homme n’a pas la force exigée par la loi, Christ apporte cette force. L’homme en profite. Le réservoir de Béthesda supposait la puissance dans l’homme et l’acte de Jésus l’employait en grâce en faveur d’un malheureux peuple de l’Eternel.

Versets 10 à 16            A propos des Juifs et du sabbat
Selon le v. 10, le miracle de la guérison du paralytique a eu lieu en un  jour de sabbat. Le sabbat est une circonstance importante qui tient une place principale dans cette scène. Le sabbat est un signe du repos mais il a été démontré que le sabbat  ne donnait pas de repos à l’homme, ce vrai repos de Dieu. Pour cela, il fallait la puissance d’une vie nouvelle et la grâce pour que l’homme soit en relation avec Dieu. La guérison du pauvre malade était une œuvre de cette grâce et de cette puissance. Au v. 14, on voit que le Seigneur, par ses paroles, indique que l’Eternel agissait en grâce et en bénédiction au milieu de ce peuple. Il agissait aussi en rapport avec le gouvernement divin au milieu d’Israël. Toujours dans ce v.14: rappelons que les Juifs étaient sous le gouvernement direct de Dieu. Comme tels, ils portaient, en châtiment, les peines de leurs péchés. Jésus laisse l’homme sous ce gouvernement car cette guérison ne comporte pas de pardon éternel des péchés. Nous pouvons toutefois penser qu’il a obtenu, plus tard, la vie éternelle, après avoir fait la connaissance de Jésus d’une manière si merveilleuse. 
Au v. 15 les hommes, les Juifs, apprennent que Jésus était celui qui avait guéri l’infirme. Des voies s’élèvent sous prétexte de violation du sabbat. Ces Juifs orgueilleux comprenaient bien que si l’on mettait de côté le sabbat, ainsi que tout le système judaïque, ce système auquel ils appartenaient et tenaient tant, seraient aussi, eux, mis de côté. C’était leur condamnation et c’est pourquoi ils tenaient si fort au sabbat et aux ordonnances légales qui leur donnaient de l’importance. Ainsi, durs de cœurs, ils préfèrent l’observation du sabbat à la guérison d’un homme.

En rapport avec le sabbat, seul Jésus peut donner le vrai repos.

Versets 17 à 24            Le travail du Père et du Fils
Au v. 17 Dieu se révèle comme Père en son Fils. Précieuse déclaration: Dieu est amour. L’homme travaille en vain et pour le jugement. Dieu travaille pour le sortir de son état de péché. Dieu veut rendre l’homme heureux et le travail que fait le Fils en communion avec son Père ne lui permettait pas de rester inactif en un jour de sabbat. Dans cette scène de péché et de souffrance, on ne peut pas jouir du repos, pour cela il faut d’autre temps, selon Héb. 4, 9  et Soph. 3, 17. 
Au v. 18 il résulte que la déclaration de Jésus, au lieu de toucher les Juifs, ne fait qu’augmenter leur haine. C’est l’occasion pour Jésus de leur exposer toute la vérité quant à son union avec son Père et au travail qu’ils accomplissent. Le Père et le Fils, quoique distincts, n’étaient pas deux personnes indépendantes (v.19). Les œuvres du Fils, de même que ses paroles, sont celles du Père. Cela aggrave la culpabilité des Juifs qui ne recevaient pas Jésus. De très nombreux passages présentent cette vérité d’action du Père et du Fils: voir le v. 36, ainsi que ch. 8, 26 à 29; 14, 10, etc. Puis Jésus continue par le v. 20. Si Jésus vient de guérir l’infirme de Béthesda, le Père veut qu’il fasse encore beaucoup d’autres choses. Il faut une œuvre plus grande pour délivrer l’homme perdu, l’homme sous la loi. Il faut la résurrection de Lazare, car, v. 21 à 23:
«Car comme le Père réveille les morts et les vivifie, de même aussi le Fils vivifie ceux qu’il veut; car aussi le Père ne juge personne, mais il a donné tout le jugement au Fils; afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père qui l’a envoyé». Les Juifs savaient qu’il y aurait une résurrection au dernier jour. Ils savaient aussi qu’il y aurait un jugement. Ils doivent apprendre que ce jugement aurait lieu par le Fils qu’ils méprisent. Les Juifs prétendent honorer Dieu en rejetant le Fils qu’ils méprisent, ce Fils qui était un avec le Père. On veut bien de Dieu, ch. 9, 24, mais pas du Fils. En fait, on méprise l’un et l’autre. Déjà en Es. 29, 13 Dieu n’était honoré que des lèvres. On peut honorer le Fils dès maintenant, v. 24. Pour ceux qui refusent, il faudra l’honorer plus tard selon Phil. 2, 10-11, au jour du jugement. Dans ce v. 24, remarquons la portée de croire. C’est croire Dieu avec tout ce qu’Il est, tout ce qu’Il dit: ce n’est pas croire en Dieu, car tous les Juifs croyaient en Dieu, sans croire Dieu. En croyant, trois conséquences: 1) la vie éternelle. 2) pas de jugement. 3) on passe de la mort à la vie.  

A propos du sabbat, ni Dieu, Fils et Père, ne pouvaient trouver leur sabbat car le sabbat de Dieu est un sabbat d’amour et de sainteté. Jésus fait donc voir qu’il n’y a pas de repos dans l’état actuel de sa nation, mais il y a plus: la grâce et l’amour de Dieu en activité. Le Dieu d’amour ne peut se reposer dans la misère et le Dieu de sainteté ne peut se reposer dans le péché. Notre chapitre parle de deux choses par lesquelles la gloire du Fils est mise en évidence, à savoir: 1) il vivifie (v. 21) et 2) il juge (v. 22). Le Père ne juge personne mais il a donné tout jugement au Fils, au Fils de l’homme qui a été humilié et injurié ici-bas. «Père» est un mot de grâce et de relation. «Fils de l’homme» est un nom d’autorité conférée.

Dans tous ces passages répétons que Jésus ne peut rien faire comme personne indépendante du Père. Ce serait renié ce lien entre Lui et le Père. Si une autre personne eût revendiqué ce lien, il y aurait eu blasphème (v. 18). Les Juifs profèrent ces injures à l’égard de Jésus car ils ne croient pas qu’il est le Fils même.

Versets 25 à 27            L’heure actuelle
Si l’on se réfère au v. 24, avec cette troisième chose obtenue par la foi (passer de la mort à la vie), le v. 25 enseigne que ce changement a lieu maintenant. Le temps de sa grâce commençait alors que Jésus était ici-bas et se continue jusqu’à son retour. Maintenant on passe de la vie à la mort par l’œuvre du Fils qui a la vie en Lui-même: «Comme le Père» (v. 26). Toute personne mise en contact avec la Parole de Dieu peut être sauvée, car la Parole du Fils de Dieu peut être entendue par les morts et les vivifiés. De là l’importance de prêcher la Parole, mais ceux qui ne veulent pas croire seront jugés. Le Fils a cette autorité (v. 27). L’heure du v. 25 dure depuis environ deux mille ans.

Versets 28 et 29         L’heure qui vient
Après l’heure actuelle de la grâce, c’est l’heure qui vient, c’est celle de la résurrection de tous ceux qui sont dans les sépulcres. Dans ces versets il n’est pas dit que ceux qui sont ressuscités «vivront», mais «sortiront». Si nous avions que ce passage sur le sujet de la résurrection, on pourrait croire, comme beaucoup, que tous ressuscitent au même moment, et qu’un triage se ferait comme en Matt. 25, 31-46 lorsque le Seigneur vient pour régner. Non, il y a entre la résurrection pour la vie et celle pour la mort une période d’au moins mille ans. Celle pour les justes vient en premier. C’est pourquoi il est dit «d’entre les morts». Dans notre passage, c’est nouveau et cela même pour les disciples qui croyaient à une résurrection générale au dernier jour. Des passages comme Apoc. 20, 6; 1 Cor. 15, 54; Ps. 101, 8  sont précieux.

 Versets 30 à 40          Un quadruple témoignage rendu à Jésus
Dans ces versets Jésus continue d’affirmer que son ministère découle du Père dont il fait toute la volonté. En rejetant Jésus, on rejette le Père et l’on demeure sous les conséquences du péché. 
Les v. 30-31 soulignent la dépendance du Seigneur, l’homme parfait. Cela est présentée d’une manière touchante. C’est Héb. 10, 7
«alors j'ai dit: Voici, je viens, - il est écrit de moi dans le rouleau du livre - pour faire, ô Dieu, ta volonté». Il revêt la position de l’homme parfait et révèle Dieu comme le Père. En présence de la volonté arrêtée des Juifs de ne pas le reconnaître comme Fils de Dieu, il ne veut pas rendre témoignage de Lui-même, mais évoque quatre témoignages rendus de Lui: 1) Le témoignage de Jean Baptiste, v. 32-35. Jésus ne rechercher pas de témoignage pour Lui-même, mais pour sauver les hommes au v. 34. Au v. 35, Jésus rend aussi témoignage à Jean. Pour profiter du ministère de Jean il fallait recevoir Jésus non seulement comme Messie, mais aussi comme Fils de Dieu. 2) Les œuvres que Jésus faisait (v. 36). Seul Jésus pouvait accomplir ces œuvres. 3) Celui du Père Lui-même (v. 37) et les Juifs ne veulent pas croire au Père non plus (v. 38). Les Juifs demeurent donc en dehors des effets de la venue de Jésus en grâce. 4) Les Ecritures selon v. 39 et 40. Et le grand sujet de la Parole, c’est le Fils de Dieu. Avoir recours à la Parole et rejeter Christ comme Fils de Dieu c’est vain.

Il faut retenir la grande vérité que le salut a son accomplissement dans la venue du Seigneur dans ce monde. Pour avoir une vraie intelligence de la Parole, il faut reconnaître Christ qui est le grand sujet de la Parole. La Parole conduit à Christ le Sauveur. Il est Sauveur, parce qu’Il est Fils de Dieu. Il faut aller à Jésus pour avoir la vie. Car Dieu ne s’adapte pas à l’orgueil de l’homme et n’arrange pas la vérité pour nourrir cet orgueil. En résumé, le Fils de Dieu donne la vie, et exécute le jugement. L’homme est sans excuses.

La première partie de ce chapitre a montré la grâce qui donne la vie. Depuis le v. 30 nous avons l’autre côté de la vérité, savoir la responsabilité de l’homme à l’égard de la vie. Le caractère essentiel du papisme est la guerre contre les Ecritures qui sont notre seule sauvegarde dans nos voies.

Versets 41 à 43          Les conséquences qui découlent du rejet de Jésus
Malgré tout ce que nous avons vu, les Juifs ne veulent pas Jésus. Comme jugement, Jésus leur annonce qu’un autre viendra en son propre nom et qu’il sera reçu: c’est l’Antichrist qui répondra pleinement aux pensées des Juifs apostats, satisfaisant le besoin de leurs cœurs naturels remplis de ténèbres et d’erreurs. Il fera des miracles par la puissance de Satan, alors que ceux que Jésus faisait au nom de son Père étaient attribués aux démons. Pour ceux qui refusent de recevoir Jésus il y a ce jugement terrible d’être enlacé par cette énergie d’erreur de croire au mensonge.

Verset   44                     Ce qui empêche de croire
Au v. 44, nous avons ce qui empêche de croire. Ce qui empêche de croire, c’est la recherche de la gloire ou de l’approbation d’autrui. On ne croit pas Dieu, car en le faisant, on attire sur soit la désapprobation des hommes. La conversion n’est pas le moyen de se faire bien voir dans ce monde. Ainsi il faut recevoir la gloire qui vient de Dieu seul, son approbation, et l’on reçoit ainsi avec bonheur ces paroles, v. 41 et 1 Cor. 10, 31.

Versets 45 à 47            La Parole écrite
Les Juifs se vantaient de Moïse, mais, leur dit Jésus, au jour du jugement, c’est Moïse qui les accusera. Au v. 47 Jésus ne s’étonne pas de l’incrédulité des Juifs à son égard bien qu’ils ne croient pas à la Parole écrite et inspirée de Dieu. Il y a la Parole écrite, et en contraste, les paroles verbales. Ces dernières, même de la part du Seigneur, ne sont pas toutes conservées par écrit dans le Livre. Seules celles qui servent à la révélation des pensées de Dieu, pour tous les temps, nous sont rapportées.   

Chapitre 6  
1
Après ces choses Jésus s’en alla de l’autre côté de la mer de Galilée, [qui est la mer] de Tibérias. 2 Et une grande foule le suivit, parce qu’ils voyaient les miracles qu’il faisait sur ceux qui étaient malades. 3 Et Jésus monta sur la montagne, et s’assit là avec ses disciples.
4
Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche. 5 Jésus donc, ayant levé les yeux, et voyant qu’une grande foule venait à lui, dit à Philippe: D’où achèterons-nous des pains, afin que ceux-ci mangent? 6 Mais il disait cela pour l’éprouver, car lui savait ce qu’il allait faire.
7
Philippe lui répondit: Pour deux cents deniers* de pain ne leur suffirait pas, pour que chacun en reçût quelque peu. 8 L’un de ses disciples, André, le frère de Simon Pierre, lui dit:
9
Il y a ici un petit garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons; mais qu’est-ce que cela pour tant de monde? 10 Et Jésus dit: Faites asseoir les gens (or il y avait beaucoup d’herbe en ce lieu-là). Les hommes donc s’assirent, au nombre d’environ cinq mille. 11 Et Jésus prit les pains; et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis; de même aussi des poissons, autant qu’ils en voulaient. 12 Et après qu’ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: Amassez les morceaux qui sont de reste, afin que rien ne soit perdu. 13 Ils les amassèrent donc et remplirent douze paniers des morceaux qui étaient de reste des cinq pains d’orge, lorsqu’ils eurent mangé. 14 Les hommes donc, ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: Celui-ci est véritablement le prophète qui vient dans le monde. 15 Jésus donc, sachant qu’ils allaient venir et l’enlever afin de le faire roi, se retira encore sur la montagne, lui tout seul
16
Et quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer. 17 Et étant montés sur une nacelle, ils allèrent de l’autre côté de la mer, à Capernaüm. Et il faisait déjà nuit, et Jésus n’était pas venu à eux. 18 Et la mer s’élevait par un grand vent qui soufflait. 19 Ayant donc ramé environ vingt-cinq ou trente stades, ils voient Jésus marchant sur la mer et s’approchant de la nacelle; et ils furent saisis de peur. 20 Mais il leur dit: C’est moi, n’ayez point de peur. 21 Ils étaient donc tout disposés à le recevoir dans la nacelle; et aussitôt la nacelle prit terre au lieu où ils allaient.
22
Le lendemain, la foule qui était de l’autre côté de la mer, voyant qu’il n’y avait point là d’autre petite nacelle que celle-là sur laquelle ses disciples étaient montés, et que Jésus n’était pas entré avec ses disciples dans la nacelle, mais que ses disciples s’en étaient allés seuls 23 (mais d’autres petites nacelles étaient venues de Tibérias, près du lieu où ils avaient mangé le pain, après que le Seigneur eut rendu grâces); 24 — lors donc que la foule vit que Jésus n’était point là, ni ses disciples, ils montèrent eux-mêmes sur les nacelles, et vinrent à Capernaüm, cherchant Jésus. 25 Et l’ayant trouvé de l’autre côté de la mer, ils lui dirent: Rabbi, quand es-tu venu ici? 26 Jésus leur répondit et dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. 27 Travaillez, non point pour la viande* qui périt, mais pour la viande* qui demeure jusque dans la vie éternelle, laquelle le fils de l’homme vous donnera; car c’est lui que le Père, Dieu, a scellé**. 28 Ils lui dirent donc: Que ferons-nous pour faire* les œuvres de Dieu? 29 Jésus répondit et leur dit: C’est ici l’œuvre de Dieu, que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. 30 Ils lui dirent donc: Quel miracle fais-tu donc, toi, afin que nous le voyions, et que nous te croyions? Quelle œuvre fais-tu? 31 Nos pères ont mangé la manne au désert, ainsi qu’il est écrit: «Il leur a donné à manger du pain venant du ciel» [Psaume 78:24]. 32 Jésus donc leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Moïse ne vous a pas donné le pain qui vient du ciel, mais mon Père vous donne le véritable pain qui vient du ciel. 33 Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde. 34 Ils lui dirent donc: Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. 35 Et Jésus leur dit: Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. 36 Mais je vous ai dit qu’aussi vous m’avez vu, et vous ne croyez pas. 37 Tout ce que* le Père me donne viendra à moi; et je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi; 38 car je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. 39 Or c’est ici la volonté de celui qui m’a envoyé: que je ne perde rien de tout ce qu’il* m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. 40 Car c’est ici la volonté de mon Père: que quiconque discerne* le Fils et croit en lui, ait la vie éternelle; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 41 Les Juifs donc murmuraient contre lui, parce qu’il avait dit: Moi, je suis le pain descendu du ciel; 42 et ils disaient: N’est-ce pas ici Jésus, le fils de Joseph, duquel nous connaissons le père et la mère? Comment donc celui-ci dit-il: Je suis descendu du ciel? 43 Jésus donc répondit et leur dit: Ne murmurez pas entre vous. 44 Nul ne peut venir à moi, à moins que le Père qui m’a envoyé ne le tire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 45 Il est écrit dans les prophètes: «Et ils seront tous enseignés de Dieu» [Ésaïe 54:13]. Quiconque a entendu le Père* et a appris [de lui], vient à moi. 46 Non pas que quelqu’un ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu*; celui-là a vu le Père. 47 En vérité, en vérité, je vous dis: Celui qui croit [en moi], a la vie éternelle. 48 Moi, je suis le pain de vie. 49 Vos pères ont mangé la manne au désert, et sont morts; 50 c’est ici le pain qui descend du ciel, afin que quelqu’un en mange et ne meure pas. 51 Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel: si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; or le pain aussi que moi je donnerai, c’est ma chair, laquelle moi je donnerai pour la vie du monde. 52 Les Juifs disputaient donc entre eux, disant: Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger? 53 Jésus donc leur dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Si vous ne mangez la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. 54 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 55 Car ma chair est en vérité un* aliment, et mon sang est en vérité un* breuvage. 56 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui. 57 Comme le Père [qui est] vivant m’a envoyé, et que moi, je vis à cause* du Père, de même celui qui me mangera, celui-là aussi vivra à cause* de moi. 58 C’est ici le pain qui est descendu du ciel, non pas comme les pères mangèrent et moururent*: celui qui mangera ce pain vivra éternellement. 59 Il dit ces choses dans la synagogue, enseignant à Capernaüm.
60
Plusieurs donc de ses disciples, l’ayant entendu, dirent: Cette parole est dure; qui peut l’ouïr? 61 Et Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient là-dessus, leur dit: Ceci vous scandalise-t-il? 62 Si donc vous voyez le fils de l’homme monter où il était auparavant…? 63 C’est l’Esprit qui vivifie; la chair ne profite de rien: les paroles que moi je vous ai dites sont esprit et sont vie; 64 mais il y en a quelques-uns d’entre vous qui ne croient pas; car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. 65 Et il dit: C’est pour cela que je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, à moins qu’il ne lui soit donné du Père. 66 Dès lors plusieurs de ses disciples se retirèrent; et ils ne marchaient plus avec lui. 67 Jésus donc dit aux douze: Et vous, voulez-vous aussi vous en aller? 68 Simon Pierre lui répondit: Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle; 69 et nous, nous croyons et nous savons que toi, tu es le Saint de Dieu. 70 Jésus leur répondit: N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les douze, et l’un d’entre vous est un diable? 71 Or il parlait de Judas Iscariote, [fils] de Simon; car c’était lui qui allait le livrer, lui qui était l’un des douze.

 

 

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Chapitre 6 : les cinq mille et la multiplication des pains; le pain de vie

Versets 01 à 15            La multiplication des pains
Versets 16 à 21            Les disciples dans l’orage
Versets 22 à 31            Comment faire l’œuvre de Dieu
Versets 32 à 47            Le pain de Dieu
Versets 48 à 59            La vie est dans la mort de Christ
Versets 60 à 71            Ceux qui se retirent de Jésus

Dans Jean

 Voir Matthieu

Voir Marc

Voir Luc

v. 01 à 15 (an 28 ou 29)

 Ch. 14 v. 13 à 21

 Ch. 06 v. 30 à 44

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v. 16 à 21 (an 28 ou 29 )

 Ch. 14 v. 22 à 33

 Ch. 06 v. 45 à 56

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Dans son ensemble, ce chapitre présente Jésus, comme le fils de l’homme, humilié, devenu notre nourriture duquel nous vivons spirituellement et dans lequel nous demeurons. Il est considéré dans son incarnation et dans sa mort. Il est fait allusion à son ascension, au fait qu’Il remonte où Il était auparavant, mais à quatre reprises la bénédiction est présentée comme étant en résurrection et au dernier jour.

Dans ces chapitres, le Seigneur est présenté avec la vérité qui le révèle. Cela est en contraste avec le judaïsme qu’Il quitte et met de côté.

Au ch. 5, nous avons vu l’impuissance de la loi et de ses ordonnances. Au ch. 6, nous y avons les bénédictions promises aux Juifs sur la terre de la part de l’Eternel, selon Ps. 132, 15, qui sont mises de côté. Jésus a une nouvelle position en rapport avec le nouveau caractère que prend sa doctrine étant donné son rejet. Il y a donc contraste avec le caractère de prophète et de roi mis en évidence par le Messie sur la terre dans ses relations avec les Juifs.

Versets 01 à 15            La multiplication des pains
Dans ce chapitre, Jésus vivifie qui Il veut, ensemble avec le Père, puis juge comme Fils de l’homme (cf ch. 5, 27). C’est Christ agissant dans sa puissance divine. Puis il est la nourriture de son peuple comme Fils de l’homme descendu du ciel et mourant. C’est Jésus dans l’histoire de sa personne, ce qu’Il est, ce qu’Il est devenu. Dans son ensemble, la portée de ce chapitre embrasse tout, depuis sa descente du ciel jusqu’à qu’Il y rentre. De sorte qu’en descendant et en remontant, il remplit toutes choses et cet enseignement s’appuie spécialement sur l’incarnation et la mort du Seigneur.

Jésus pourvoit au besoin du peuple selon la bénédiction promise au Ps. 132 et que l’Eternel lui-même devait accomplir. Là-dessus le peuple reconnaît Jésus comme le prophète et veut faire de lui, par la force, son roi. Mais Il refuse cette offre; Il ne pouvait prendre cette position de cette manière charnelle. Jésus veut recevoir la royauté de Dieu.

De fait, dans ces premiers versets, Jésus se manifeste comme Jéhova au milieu d’Israël, comme celui dont il est dit qu’il rassasierait de pain les pauvres. Puis il est sur la montagne comme sacrificateur alors que les disciples luttent contre les flots et la mer. Et tout rendre dans l’ordre quand Il revient.

A propos du v. 4, l’Esprit de Dieu intercale la mention de cette fête de la Pâque et la raison en est que le Seigneur parle de sa mort d’une manière mystérieuse dans les v. 51 à 57. Jésus, malgré le rejet des Juifs, accomplit les Ecritures en guérissant, selon Ex. 15, 26, en rassasiant, selon Ps. 132, 15. Jésus, c’est l’Eternel de l’Ancien Testament. Ce v. 4, avec la Pâque qui est proche, donne le ton à tout le discours.

Dans la multiplication des pains, les disciples considèrent les ressources que l’homme peut calculer et, devant tant de disparité, l’homme est impuissant. Mais le Ps. 132 nous dit que Jésus nourrirait les pauvres et il accomplit ce miracle. Ceci cadre pour ainsi dire toute l’histoire du Seigneur, histoire dans laquelle il remplace les bénédictions messianiques par des bénédictions spirituelles et célestes qui doivent être consommées dans la résurrection sur laquelle il insiste quatre fois dans ce chapitre.

Dans ce récit des pains, les disciples n’ont pas compris, jusqu’ici, que Jésus est venu dans ce monde à cause de l’incapacité de l’homme et de l’insuffisance de ses ressources. Le récit de l’infirme de Béthesda nous a déjà présenté cela. Dans Jean, Jésus distribue, car il opère Lui-même, divinement, alors qu’ailleurs, ce sont les disciples, à cause de la responsabilité.

Comme enseignement général  de ces v. 1 à 15, souvenons-nous que si nous sommes dans l’abondance,  il faut que rien ne soit perdu, et si nous avons peu de ressources, il faut utiliser ce peu de ressources et le Seigneur répondra à la foi.

Jésus les quitte et s’en va sur la montagne, Lui tout seul. Il prend, en figure, la position comme sacrificateur en haut. Jésus est en haut, il est seul.

Versets 16 à 21            Les disciples dans l’orage
Au v. 16: Et quand le soir fut venu: c’est symboliquement le soir du jour où Jésus était sur la terre. Il laisse le monde dans la nuit morale, puisque les hommes avaient préféré les ténèbres à la lumière. 
Les disciples qui traversent la mer sont envisagés sous le caractère de résidu juif. Cela sert de cadre dans l’histoire de Christ, reconnu prophète, mais refusant la royauté, pour exercer la sacrificature en haut, pendant que les siens traversent avec peine les flots d’un monde agité. Puis quand Jésus les rejoint, ils abordent au lieu où ils allaient. Les difficultés sont terminées et leur but est atteint. Les disciples y représentent entièrement le résidu juif. Ces versets présentent ainsi un tableau frappant du résidu faisant son chemin sur la terre pendant l’absence de Christ. Chaque souhait se trouve satisfait immédiatement: bénédiction entière puis le repos lorsque Jésus les rejoint.
L’application directe de ces faits est pour le résidu mais quant à nous-mêmes, nous sommes, quant à notre marche sur la terre, la continuation de ce résidu, tristes errants. Nous sommes dans l’orage ici-bas. Dans la suite, ce pain de vie est proprement pour nous, le monde est en question et non Israël,  et cela avec les saints qui ont leur caractère céleste.

Versets 22 à 31            Comment faire l’œuvre de Dieu
Ces versets présentent ce qu’il en est pour la foi et cela en attendant que Christ soit Roi ici-bas. Ainsi en rapport avec cette nourriture qui dure pour la vie éternelle, nourriture que le fils de l’homme avait donnée, et bien c’est sous ce caractère de fils de l’homme que Jésus se présente ici. En d’autres endroits il se présente sous le caractère de fils de Dieu (ch. 5, 18, etc). C’est dans ce caractère de Fils de l’homme que le Père a scellé Jésus et que le Saint Esprit était descendu sur Lui. Et si le peuple cherche, la vraie œuvre que Dieu reconnaît, c’est de croire en Celui qui l’a envoyé (v. 28 et 29) d’où cette nourriture. La foule demande un signe tel que celui de la manne, dans les v. 30 et suivants. Jésus est Lui-même le vrai signe, et Il est la preuve irrécusable de la bonté de Dieu à laquelle la manne avait rendu un témoignage passager. Jésus est la vraie manne. Ici Jésus n’est pas le Fils de Dieu qui donne, mais qui est placé devant notre foi, Il est celui qu’on mange, dont on se nourrit, et en qui on trouve la vie. Et Il est celui de qui on vit de sorte qu’on a jamais faim. Si le ch. 5 nous a montré Jésus comme Fils de Dieu qui vivifie, le ch. 6 nous le présente comme le Fils de l’homme qui est donné pour la vie. Dans ce chapitre, nous y avons deux aspects qui sont comme les deux degrés de l’humiliation de Jésus, à savoir: ce pain qui descend du ciel, puis sa chair et son sang (v. 53), donc la nourriture des siens durant son absence.

Le v. 31 introduit directement la doctrine du chapitre, à savoir que Christ était le pain. Il est Lui le signe de l’intervention de Dieu  en grâce dans sa personne comme Fils de l’homme descendu ici-bas sur la terre, et non pas comme prophète, ou Messie ou Roi.

Dans ces v. 22 à 31 les Juifs ne se souciaient guère que Jésus était l’envoyé de Dieu. Les miracles l’attestaient mais ils ne voient en cela qu’une opportunité pour satisfaire à leur besoin naturel. Et les hommes n’ont point changé depuis lors. S’ils pouvaient obtenir de Dieu cette satisfaction, ils seraient contents de lui. Mais par contre ils ne veulent pas d’un Sauveur. Ils travaillent pour le présent sans se soucier de leur avenir éternel. Mais s’ils ne s’en soucient pas, Dieu, dans sa grâce, s’en est occupé. Il a envoyé son Fils dans le monde pour leur donner la vie éternelle. Il offre l’aliment qui demeure jusque dans la vie éternelle, et cet aliment, c’est Lui-même, Dieu qui est devenu homme. Dans la réponse de Jésus, selon v. 28 et 29, il y a le résumé de toute la différence qui existe entre la loi et la grâce. Sous la loi, il faut faire, et sous la grâce, il faut croire. Mais croire en Jésus déplait à l’homme naturel, cela l’humilie, le met de côté, et lui fait ressentir son impuissance, sa nullité, son incapacité à faire les œuvres de Dieu. Aussi dans les v. 30 et 31, ceux qui entourent Jésus cherchent un prétexte pour ne pas croire.

Au début du chapitre, on cherchait Jésus à cause de ses miracles. Cependant, dès qu’on leur parle de Lui pour avoir la vie,  ces manifestations (miracles) de puissance ne leur disent plus rien. Ils raisonnent. Les Juifs ne veulent vraiment pas venir. En rappelant que Moïse avait donné la manne à leurs pères, ils considèrent Jésus au-dessous de Moïse. Mais le Seigneur en profite pour établir toute la vérité, de ce qu’Il est comme pain de vie, et par conséquent, sa supériorité.

Versets 32 à 47            Le pain de Dieu
Au v. 32, ce terme: Mon Père. C’est son Père qui donne ce pain, ce pain du ciel. C’est toujours de Lui qu’il s’agit lors de la grâce active, lui le vrai pain, donc celui qui descend du ciel,  et qui donne la vie au monde. Ceci sort complètement du judaïsme. C’est le Père et le Fils de l’homme, celui qui descend du ciel et que Dieu donne pour la vie au monde. Ce n’est pas Jéhova qui accomplit les promesses faites à Israël, par la venue du Fils de David. Jésus dit à cette foule qu’Il est le pain de vie. Il donne même le plein développement de la doctrine. Jésus est donc ce pain dont on peut toujours se nourrir et qui rassasie pour toujours. Au v. 36, Jean rappelle comment l’état d’Israël est envisagé dans ce livre, à savoir que Jésus n’est pas cru. S’agissant du peuple et de leur responsabilité, tout est perdu. Le pain a été présenté mais on ne veut pas aller à Lui. Mais le Père a des conseils de grâce et tous ne périront pas. En effet «celui qui croit en moi, n’aura jamais soif»; le Père a ses conseils de grâce. Il ne les laissera pas tous périr (v. 37). La grâce souveraine est clairement enseignée dans cet évangile. Jésus ne mettra pas dehors celui qui vient à Lui, Lui qui a fait la volonté de Dieu (v. 38). Cette volonté, dans les versets suivants, nous est présentée sous un double aspect, et d’une manière assez frappante. Le salut est donc assuré par la volonté du Père, dont rien ne peut empêcher l’accomplissement. Mais c’est dans un autre monde que la bénédiction aura lieu. Il ne s’agit plus ici d’Israël et du Messie, mais de la résurrection au dernier jour. Ce terme, à la fin du v. 39,  se retrouve quatre fois dans cette portion de chapitre, pour désigner le dernier jour de la dispensation légale dans lequel le Messie devait venir et viendra. Les dispensations s’étaient trouvées interrompues par le rejet du Messie, selon la prophétie de Daniel. 

Un deuxième trait de cette volonté est donc au v. 40 à savoir: que quiconque discerne le Fils et croit en lui, a la vie éternelle. Le Fils s’est présenté à tous pour qu’ils croient en Lui  et quiconque croit a la vie éternelle. Ici encore il ne s’agit pas du Messie, des promesses, mais de discerner le Fils et de croire en Lui. Nous avons eu les conseils du Père qui sont infaillibles (v. 39), et, au v. 40 la présentation du Fils de Dieu comme objet de la foi. Si l’on discernait le Fils et qu’on croyait en Lui, à travers l’humiliation du Seigneur, alors on aurait la vie éternelle. Il y a donc d’une part les conseils du Père et de ses actes, ainsi que ceux de Jésus en ressuscitant quiconque croit en Lui. Le Père les donne et Jésus les ressuscite. Aucun d’eux n’est perdu. Puis il y a la présentation du Fils en rapport avec la responsabilité de l’homme. Si un homme croit, il aurait la vie éternelle et ressusciterait. Il s’agit donc dans les v. 39 et 40 de deux faces juxtaposées dans lesquelles de grandes vérités sont présentées.

Au v. 41, les Juifs murmurent. On ne veut pas de Jésus. Pour eux, Jésus n’est que le fils de Joseph, mais Jésus insiste encore que nul ne peut venir à Lui à moins que le Père ne le tire. Jésus insiste sur la nécessité de la grâce pour pouvoir venir. Il montre que l’affection de la chair est inimitié contre Dieu. Sur ce plan là, personne ne comprend, personne ne recherche Dieu, de sorte qu’il faut la puissance de la grâce pour disposer le cœur à recevoir Christ. La grâce efficace dans le cœur ouvre les yeux et fait passer des ténèbres à la lumière. Une telle âme sera ressuscitée au dernier jour. C’est la révélation de Jésus à l’âme par la grâce du Père. L’âme voit le Fils, elle reçoit la vie éternelle, ne sera jamais perdue, et ressuscitera au dernier jour, une âme enseignée de Dieu à reconnaître le Fils et le Fils lui a parlée et elle vient à Christ et est sauvée. Ainsi celui qui croit en Christ a la vie éternelle (v. 47). Quelle précieuse et solennelle assurance!

Ce dernier jour, c’est le dernier jour du siècle, de la loi où il se trouvait. Mais Jésus ne couronnait pas l’économie légale car il devait en introduire une autre et la résurrection avec elle. Le siècle de la loi s’est dans un sens terminé à la croix et le siècle du Messie n’est pas encore arrivé. L’Eglise est entre deux, elle n’appartient à aucun siècle.

Versets 48 à 59            La vie est dans la mort de Christ
Verset 52 
: la réaction des Juifs fait penser à celle qui eût lieu lorsque la manne fut donnée avec la question qu’est-ce que c’est? Il y a de l’incrédulité et de la dispute au sujet de l’étrange nourriture dont Jésus parle à propos de sa chair et son sang. Il s’agit autrement dit de sa mort. Car le sang séparé du corps c’est la mort. Un Christ vivant ne suffit pas à faire vivre notre âme. Il faut nous approprier sa mort, c’est-à-dire en figure manger sa chair et boire son sang, pour avoir la vie éternelle. Puis il nous faut chaque jour nous identifier avec Lui dans sa mort. Nous sommes morts avec Lui quant au monde et au péché. Dans ces versets, Jésus répète qu’Il est le pain vivant descendu du ciel, cela en s’adressant aux Juifs. En s’adressant à la foule, il était là comme venu en chair, selon v. 22 à 35.
Celui qui mange du pain de vie ne meurt pas, selon v. 50-51. Toutefois Jésus fait comprendre que, pour cela, il faut s’approprier sa mort. Jésus ne dit pas: Maintenant celui qui me mange, mais «celui qui mange sa chair et qui boit son sang», c’est-à-dire qu’il faut entrer pleinement, par la pensée, dans la réalité de sa mort. Jésus parle de recevoir un Messie non pas vivant, mais mort pour l’homme, mort devant Dieu. Il faut reconnaître la mort de Jésus, la réaliser, s’en nourrir, prendre notre place devant Dieu même si Christ n’était pas encore mort en disant ces paroles. Dans ce passage, le mot «manger» dans les v. 51 et 53, est un aoriste (passé indéterminé), tandis que dans les v. 54, 56 et 57, «manger» est au présent, autrement dit une action présente continue. Ainsi dans ce passage, le pain devient sa chair, c’est-à-dire sa mort. Christ était fait chair mais il était là pour mourir. Voilà la nourriture des siens ballottés sur la mer, tandis que Lui, après avoir refusé la royauté, prend la position de sacrificateur en haut. En pratique, on ne peut manger le pain, c’est-à-dire se nourrir de Christ qu’après avoir mangé sa chair et bu son sang, c’est-à-dire après qu’on ait connu Christ mort, et l’identification de sa mort et de sa résurrection. Ainsi le croyant a maintenant les deux choses:

·         Il a mangé la chair et bu le sang quand il a cru
·         Ayant cru, il se nourrit de Lui tous les jours.

Dans ce passage, il n’est pas question de la cène. S’il était question de la cène, tous ceux qui la prendraient, vivraient éternellement. La thèse générale du ch. 6 est qu’on se nourrit de Christ, Fils de Dieu fait homme. Et il faut arriver à reconnaître la mort de Christ pour pouvoir vivre de Lui, parce qu’on a pas la vie en soi-même. Dans 1 Jean 5, 6-12, nous voyons aussi que la vie n’est pas dans le premier Adam. C’est là que l’apôtre cite les trois témoins:

·         L’eau
·         Le sang
·         L’Esprit

L’eau et le sang viennent de Christ mort. Et l’Esprit a été donné quand Christ est monté en haut. La mort de Jésus, c’est la fin de l’homme chassé du paradis, et sa résurrection est le commencement nouveau de l’état de l’homme selon les conseils de Dieu.

Dans ce chapitre, il y a plusieurs discours. Ainsi au v. 59: ces choses sont dites dans la synagogue, à Capernaüm. Auparavant, le discours se rapportait au moment où les foules rejoignirent le Seigneur après qu’Il eut traversé la mer.

Au v. 52 la question soulevée montre que les disciples pensaient à la chair même du Seigneur, tout comme au v. 60. En effet, et comme expliqué, c’est pour avoir la vie éternelle. Le Seigneur est venu pour que quiconque croit en Lui ait la vie éternelle. Mais celui qui croit en Lui a la vie éternelle.

Versets 60 à 71          Ceux qui se retirent de Jésus
Dans ces versets il y a qui se retirent de Jésus. Au v. 60, cette parole trouvée dure est une allusion au fait de manger sa chair et de boire le sang du Fils de l’homme. L’on veut bien vouloir d’un Christ qui enseigne, qui nourrit les foules, qui fait des miracles, un homme modèle. Mais lorsque l’enseignement montre que la vie de l’homme aboutit à la mort, en sorte que Jésus doit aller à la croix pour mourir à sa place, c’est une parole dure. C’est dur d’accepter que l’homme orgueilleux n’est bon que pour la mort. Ainsi l’homme méprise la grâce. Ainsi, dans la foule de ceux qui avaient suivi Jésus, il y en a qui se retirent de Lui (v. 66). L’homme veut bien choisir pour un moment Christ comme maître, mais il ne veut rien de Lui comme Sauveur. Les disciples murmurent aussi de ces paroles (v. 62). Jésus était descendu du ciel selon v. 33, 42 et 50. Il parle ensuite de sa mort, et maintenant il leur dit, dans ce v. 62, qu’Il va remonter où il était auparavant. Rejeté, il ne pouvait pas établir son règne. Or après sa mort, il n’avait plus rien à faire dans ce monde et c’est pourquoi il allait retourner au ciel.

Les v. 63 et 64 nous apprennent que les choses expliquées ne devaient pas être prises dans un sens matériel. Les paroles de Dieu sont esprit et sont vie, et ne peuvent se comprendre que par la vie. Mais pour cela, il faut croire.

Quant aux douze, selon v. 67 à 69, ils n’allaient pas se retirer. A ce sujet, le propos de Pierre est éloquent. Les disciples qui se retiraient n’étaient pas des douze. Pierre répond au nom des douze pour assurer que tous partagent sa foi en Jésus. Les disciples se rendent compte qu’ils avaient besoin de la vie éternelle et ne pouvaient la trouver qu’en Lui. La foi leur donnait cette certitude que Jésus était le Saint de Dieu. Mais Jésus qui répond à Pierre, lui dit que l’un d’entre eux allait Le livrer, selon v. 70-71. Pierre ne savait pas que c’était Judas, car Jésus seul le savait (v. 64).

En fait, Jésus qui est descendu du ciel, qui est mis à mort, qui est remonté où Il était auparavant, est la doctrine de ce chapitre. Descendu, mis à mort, il est la nourriture de la foi pendant son absence en haut, car c’est de sa mort qu’on se nourrit pour demeurer spirituellement en Lui et pour qu’Il demeure Lui en nous.

Chapitre 7  
1 Et après ces choses, Jésus se tenait en Galilée, car il ne voulait pas se tenir en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. 2 Or la fête des Juifs, celle des tabernacles, était proche. 3 Ses frères lui dirent donc 
: Pars d’ici et va en Judée, afin que tes disciples aussi voient les œuvres que tu fais ; 4 car nul ne fait quelque chose en secret et ne cherche à être lui-même publiquement connu ; si tu fais ces choses, montre-toi au monde toi-même. 5 Car ses frères ne croyaient pas en lui non plus. 6 Jésus donc leur dit : Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt. 7 Le monde ne peut pas vous haïr ; mais il me hait, parce que moi je rends témoignage de lui, que ses œuvres sont mauvaises. 8 Vous, montez à cette fête ; moi, je ne monte pas à cette fête, car mon temps n’est pas encore accompli. 9 Leur ayant dit ces choses, il demeura en Galilée.
10 Mais lorsque ses frères furent montés, alors lui aussi monta à la fête, non pas publiquement, mais comme en secret. 11 Les Juifs donc le cherchaient à la fête et disaient 
: Où est cet [homme] ? 12 Et il y avait une grande rumeur à son sujet parmi les foules. Les uns disaient : Il est homme de bien. D’autres disaient : Non, mais il séduit la foule. 13 Toutefois personne ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs.
14 Mais, comme on était déjà au milieu de la fête, Jésus monta au temple, et il enseignait. 15 Les Juifs donc s’étonnaient, disant 
: Comment celui-ci connaît-il les lettres, vu qu’il ne [les] a point apprises ? 16 Jésus donc leur répondit et dit : Ma doctrine n’est pas mienne, mais de celui qui m’a envoyé. 17 Si quelqu’un veut faire sa volonté*, il connaîtra de la doctrine si elle est de Dieu, ou si moi je parle de par moi-même. 18 Celui qui parle de par lui-même cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui. 19 Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi ? Et nul d’entre vous n’observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? 20 La foule répondit et dit : Tu as un démon ; qui cherche à te faire mourir ? 21 Jésus répondit et leur dit : J’ai fait une* œuvre, et vous vous étonnez tous. 22 C’est pourquoi Moïse* vous a donné la circoncision (non qu’elle soit de Moïse, mais elle est des pères), et vous circoncisez un homme en un jour de sabbat. 23 Si un homme reçoit la circoncision en un jour de sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, êtes-vous irrités contre moi de ce que j’ai guéri un homme tout entier en un jour de sabbat ? 24 Ne jugez pas sur l’apparence, mais portez un jugement juste. 25 Quelques-uns donc de ceux de Jérusalem disaient : N’est-ce pas celui qu’ils cherchent à faire mourir ? 26 Et voici, il parle librement, et ils ne lui disent rien : les chefs auraient-ils vraiment reconnu que celui-ci est le Christ ? 27 Mais nous connaissons celui-ci, [et nous savons] d’où il est ; mais lorsque le Christ viendra, personne ne sait d’où il est. 28 Jésus donc criait dans le temple, enseignant et disant : Et vous me connaissez, et vous savez d’où je suis : et je ne suis pas venu de par moi-même, mais celui qui m’a envoyé est véritable, et vous ne le connaissez pas. 29 Moi, je le connais, car je viens de lui*, et c’est lui qui m’a envoyé. 30 Ils cherchaient donc à le prendre ; et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue. 31 Et plusieurs d’entre la foule crurent en lui, et disaient : Le Christ, quand il sera venu, fera-t-il plus de miracles que celui-ci n’en a fait ? 32 Les pharisiens entendirent la foule murmurant ces choses de lui ; et les pharisiens et les principaux sacrificateurs envoyèrent des huissiers pour le prendre. 33 Jésus donc dit : Je suis encore pour un peu de temps avec vous, et je m’en vais à celui qui m’a envoyé. 34 Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas ; et là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir. 35 Les Juifs donc dirent entre eux : Où celui-ci va-t-il aller que nous ne le trouverons pas ? Va-t-il aller à la dispersion* [au milieu] des Grecs, et enseigner les Grecs ? 36 Quelle est cette parole qu’il a dite : Vous me chercherez, et vous ne me trouverez pas ; et là où moi je serai, vous, vous ne pouvez venir ?
37 Et en la dernière journée, la grande journée de la fête, Jésus se tint là et cria, disant 
: Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. 38 Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’écriture*, des fleuves d’eau vive couleront de son ventre**. 39 (Or il disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié). 40 Des gens de la foule donc, ayant entendu cette parole, disaient : Celui-ci est véritablement le prophète. 41 D’autres disaient : Celui-ci est le Christ. D’autres disaient : Le Christ vient-il donc de Galilée ? 42 L’écriture n’a-t-elle pas dit que le Christ vient de la semence de David et de la bourgade de Bethléhem*, où était David ? 43 Il y eut donc de la division dans la foule à cause de lui. 44 Et quelques-uns d’entre eux voulaient le prendre ; mais personne ne mit les mains sur lui. 45 Les huissiers donc s’en vinrent vers les principaux sacrificateurs et les pharisiens ; et ceux-ci leur dirent : Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? 46 Les huissiers répondirent : Jamais homme ne parla comme cet homme. 47 Les pharisiens donc leur répondirent : Et vous aussi, êtes-vous séduits ? 48 Aucun d’entre les chefs ou d’entre les pharisiens, a-t-il cru en lui ? 49 Mais cette foule qui ne connaît pas la loi est maudite. 50 Nicodème, qui était l’un d’entre eux, leur dit : 51 Notre loi juge-t-elle l’homme avant de l’avoir entendu et d’avoir connu ce qu’il fait ? 52 Ils répondirent et lui dirent : Et toi, es-tu aussi de Galilée ? Enquiers-toi, et vois qu’un prophète n’est pas suscité de Galilée*.
53 Et chacun s’en alla dans sa maison.

v. 17 : c. à d. la volonté de celui qui m’a envoyé (verset 16). / v. 21 : une, une seule. / v 22 : ou : et vous vous étonnez tous à cause de cela. Moïse vous a. / v. 29 : litt. : je suis de par lui. / v. 35 : la dispersion : les Juifs dispersés parmi les nations, hors de la Palestine (voir 1 Pierre 1 :1). / v. 38* : comparer Ésaïe 58 :11. / v. 38** : c. à d. du plus profond de son être. / v. 42 : voir Michée 5 :2. / v. 52 : ou : qu’aucun prophète ne s’est levé de Galilée.

 

Commentaires

Chapitre 7 : Jésus à la fête des tabernacles

Versets 01 à 36          Jésus monte en secret et enseigne à Jérusalem
·        
La fête est proche (v. 1 et 2)
·        
L’incrédulité des frères de Jésus (v. 3 à 9)
·        
Jésus monte en secret à Jérusalem (v.10 à 13)
·        
Origine de la doctrine de Jésus (v. 14 à 18)
·        
La loi même justifie les œuvres de Jésus (v. 19 à 24)
·        
D’où vient le Christ (v. 25 à 29)
·        
Nul ne peut prendre Jésus avant son heure (v. 30 à 32)
·        
Jésus annonce son retour vers le Père (v. 33 à 36)

Versets 37 à 53          La dernière et grande journée de la fête
·        
Appel à celui qui a soif (v. 37 à 39)
·        
Discussion sur l’identité de Christ (v. 40 à 43)
·        
Retour à vide des huissiers (v. 44 à 49)
·        
Intervention de Nicodème (v. 50 à 53)

Dans Jean

Ces récits se trouvent uniquement dans l’évangile de Jean

v. 01

En Décapole. An 29.

v. 02 à 52

A Jérusalem en octobre de l’an 29

v. 53 à 8, 11

A Jérusalem, en octobre 29. La femme adultère

Voir aussi, pour le v. 7 Lév. 12, 3; v. 8 cf Es. 55, 1; 58, 11: 44, 3; Zach. 13, 1; 14, 8;  v. 42 cf Ps. 89, 4; 132, 11; Michée 5, 2

Ce chapitre introduit le millénium, préfiguré par la fête des tabernacles, fête du repos d’Israël dans son pays et de la manifestation de Christ au monde, fête qui ne pouvait pas avoir lieu alors. En raison du rejet du Messie, il n’y a pas encore place pour la vraie réalisation de cette fête. En attendant, v. 37 à 39, la gloire céleste de Christ est introduite et par suite le don du Saint Esprit envoyé pour révéler du ciel la gloire du Seigneur.

Les chapitres 5 et 6 en grandes lignes : la doctrine de la personne de Christ présenté comme Fils de Dieu (au ch. 5) qui vivifie, et comme Fils de l’homme (au ch. 6) qui est descendu du ciel, mort pour les hommes et devenu objet pour la foi. Au chapitre 4 Jésus avait quitté la Judée pour se rendre en Galilée. C’est là qu’Il se tenait et se présentait au peuple. Il ne voulait plus marcher en Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. L’occasion de cette haine spéciale, était qu’Il avait guéri le paralytique un jour de sabbat et qu’Il se présentait comme Fils de Dieu, se faisant égal à Dieu. Le premier de ces actes mettait de côté le système juif et le second introduisait un système tout nouveau. Seul un résidu s’attache à Jésus. Ce résidu a une foi vraie quoique ignorante.

Au chapitre septième, il y a le refus du Seigneur de se présenter au monde. Il y a aussi l’incrédulité de ses frères et la déclaration que le temps n’était pas venu pour Lui de célébrer la fête des tabernacles. La fête des tabernacles était l’une des trois grandes fêtes où il fallait se rendre à Jérusalem. Cette fête se célébrait après la moisson et après la vendange qui sont deux évènements figurant le jugement, avec ce jugement qui sépare les bons et les mauvais de la terre, et la vendange qui contient l’extension de la vengeance sur les ennemis. L’accomplissement de cette fête aura lieu quand Israël ne sera plus dispersé et jouira des promesses de Dieu, selon Es. 63.

Ce temps n’était pas arrivé quand Christ était sur la terre. Pour cela, Christ doit être manifesté en gloire. Jésus était dans ce pain descendu du ciel, Il allait donner son esprit aux croyants, selon v. 37 à 39. Mais le temps de se montrer au monde n’était pas là (v. 7 à 9). En attendant, il allait donner son esprit jusqu’à ce qu’Il vienne. Voilà le contenu du chapitre. La fête des tabernacles étant de huit jours, elle dépasse ce qui est complet et fait allusion aux choses éternelles célestes.

En Deut. 16, 13-15 il est dit : “Tu ne seras que joyeux”. 

Les fêtes préfigurent ce que Dieu accomplit pour amener son peuple à la bénédiction finale, avec à la base la Pâque et à la fin les tabernacles. En Luc 2, 42, on voit qu’on pouvait se rendre à cette fête depuis l’âge de douze ans.

Quant à Jésus, au lieu de se réjouir de cette fête, on voit qu’on cherche à le faire mourir, et même ses frères dans la chair ne croient pas en Lui. Ses frères voulaient que Jésus produise des miracles en public, pour satisfaire l’orgueil des Juifs au lieu de les juger. Ils auraient voulu le voir approuvé du monde, acclamé comme roi, afin de recevoir eux aussi de l’honneur plutôt que l’oppression qui atteignait les frères d’un homme méprisé. Plus tard, ils crurent en Lui selon Act. 1, 14 ; 1 Cor. 9, 5 ; Gal. 1, 19. Jésus ne peut pas se réjouir contrairement au monde qui se réjouit à tout propos, selon v. 6 à 8. Jésus se rend néanmoins à cette fête en secret et sa présence préoccupe chacun et met les consciences mal à l’aise (v. 10 à 13). La foule est favorable (v. 47 à 49). Mais Jésus est d’autant plus haï, à tel point qu’on n’ose pas parler ouvertement de Lui à cause de la crainte et de l’opprobre. N’en est-il pas de même aujourd’hui, au milieu d’un peuple qui porte le nom de chrétien?

Versets 14 à 36 : Jésus à la fête :
on est d’abord étonné (v. 15) de ce que Jésus, homme illettré au point de vue des rabbins, pouvait enseigner comme Il le faisait. Sa doctrine était du Père et non pas humaine. Le moyen de (se) faire comprendre était et est un état d’âme qui répond à une mission. D’autre part, pour ceux qui désirent de faire la volonté du Père (cf ch. 6, 40), il faut reconnaître la Parole qui venait de Lui (v. 14 à 17). Jésus est donc là. Que voit-on: de la confusion … aussi bien chez les Juifs que dans les masses. Ces Juifs qui n’ont aucun scrupule pour circoncire et pour violer le sabbat en travaillant. Mais la puissance divine qui guérit par une parole n’a pas d’influence sur eux si ce n’est le désir de mettre à mort celui qui avait donné cette preuve de la bonté et de la puissance de Dieu dont les droits étaient au-dessus du sabbat même (v. 23, etc). Quelle confusion … aussi chez ceux qui venaient de loin et qui se moquaient même à la pensée qu’on voulait tuer Jésus (v. 20). Toutefois ceux de Jérusalem n’étaient pas ignorants. Ils s’étonnaient même de ce que Jésus parlait en toute liberté et se demandaient si les chefs avaient changé d’idée à son égard en le reconnaissant comme le Christ (cf v. 25 et 26). De plus, on voulait capturer Jésus, mais Jean rapporte qu’on ne mit jamais la main sur Lui parce que son heure n’était pas venue. Les voies de Dieu sont sûres (v. 30). Au v. 31, plusieurs croient en Lui. Sur ce fait, en entendant le peuple murmurer ces choses de Lui, les pharisiens envoient des huissiers pour le prendre. Ceux-ci trouvent Jésus qui enseigne les foules. Et à nouveau il ressort cette incertitude: pour les uns il est un prophète et pour d’autres pour le Christ, etc. Son heure n’était pas encore venue. Son heure, remarquons-le, c’est l’heure où Il se donne lui-même sur la croix pour nos fautes.

En revenant à la position du Seigneur, Jésus montre qu’il était déjà séparé de ce peuple, puisqu’Il ne voulait pas aller à la fête, mais il continuait à les enseigner en grâce. L’enseignement du Sauveur montre sa position et cela avant qu’Il parle de la promesse du Saint Esprit et après la discussion qui eut lieu au sujet du désir de le tuer, lorsqu’ils firent remarquer qu’on ne savait pas d’où venait le Christ. Jésus déclare formellement qu’ils savaient d’où Il venait mais qu’ils ne connaissaient pas le Père qui l’avait envoyé (v. 28). Terrible accusation! Autant les chefs que la foule (v. 25 à 27) semblent avoir la conviction qu’ils savaient d’où Il venait. La vérité de ce témoignage se montre dans les paroles de Nicodème (v. 51). On sait que les miracles qui ont déjà eu lieu ne sont pas le fait de la puissance humaine. Le caractère des miracles de Jésus, et la puissance qui s’y manifestait, confirment que Jésus venait du Père. Mais les chefs ne veulent pas faire la volonté du Père. En plus, ils cherchent à aveugler les autres. Le peuple était ignorant et dans la confusion malgré quelques convictions passagères. Les chefs, eux, résistaient avec une conviction intelligente que celui qui venait de Dieu était là mais ils étaient décidés à ne pas le recevoir. Le Seigneur affirmera tout cela au ch. 15, 22-24. Jésus n’a donc plus de place au milieu d’eux comme Messie. Il prend de ce fait une autre place plus importante et excellente: celle d’homme à la droite de Dieu. Mais au travers de tout cela, Jésus parle et quelques-uns écoutent sa voix. On croit en Lui (v. 31). C’est l’occasion pour les pharisiens d’envoyer des huissiers pour le prendre. Jésus a une réponse très touchante: «Je suis encore pour un peu de temps avec vous, et je m’en vais à celui qui m’a envoyé» (v. 33). On ne le trouvera plus (v. 34). La première venue du Messie prend fin. Le Fils, comme homme, ira s’asseoir à la droite du Père. Là, les chefs ne pourront chercheront mais ne trouveront point. Voilà où en sont les choses à l’égard des Juifs et à l’égard de Jésus.

Ces chapitres 5, 6 et 7 s’occupent de ce que Jésus est en grâce pour les hommes, tout en annonçant les droits qu’Il a de juger. Dans ces chapitres, nous retrouvons les v. 14 à 34 du ch. 1. C’est Christ qui est la Parole, qui est la vie, et qui est la lumière des hommes. Le chapitre 7 contient les opinions u monde sur Lui. Tous sont embarrassés à son sujet. Les pensées se croisent et tourbillonnent autour de Lui et la foule dit: Qui est-ce qui cherche à le faire mourir? (v. 26), tandis que les Juifs savent bien qu’on veut le tuer (v. 25). Le moyen le plus simple de discerner la doctrine de Dieu est de faire Sa volonté. Dieu répondra alors à ce désir en communiquant la Parole qui éclairera et dirigera dans ce but. Si au contraire, nous suivons notre propre volonté, nous ne comprendrons pas la Parole de Dieu qui s’oppose toujours à la volonté de l’homme. Quelle responsabilité pour ce peuple d’avoir devant eux le Fils de Dieu, le Sauveur, et ne rien vouloir de Lui, responsabilité qui incombe à tous ceux qui lisent les récits de la vie du Seigneur et ne le reçoivent pas pour leur Sauveur. Au v. 31, quelques-uns croient mais leur témoignage trahit une foi peu profonde, mais qui contraste cependant avec les pensées de la masse incrédule.

Dans les v. 37 à 53 nous avons la dernière journée de la fête:
Si le ch. 6 nous faisait penser à Ex. 16, en rapport avec le pain, le ch. 7 nous fait penser à Ex. 17 en rapport avec l’eau de la vie, qui jaillit en abondance. Dans cette grande journée de la fête, il est donc question du huitième jour. La fête des tabernacles avait un jour de plus que les deux autres grandes fêtes, un huitième jour, qui était le grand jour de la fête. Ce jour commençait avec une nouvelle semaine. Avec ce jour, on passe au-delà de ce qui est complet ici-bas. Ce jour correspond à la nouvelle semaine de Dieu, c’est-à-dire à ce qui est céleste et éternel, comme la résurrection de Jésus était le premier jour de la semaine. Les deux autres grandes fêtes s’arrêtaient au septième jour qui est le sabbat et qui représente ce qui est complet pour la terre. En Jean 7, le Seigneur donne à ce huitième jour sa vraie signification. Il ne s’agissait plus de sa présence comme Messie, mais de celui qui devait être le représentant d’un Sauveur glorifié, rejeté dans son humiliation. Ainsi le Seigneur qui ne pouvait pas être glorifié ici-bas, donne à ceux qui croiraient en Lui les arrhes de la gloire céleste et par ce moyen une joie actuelle qui débordait en bénédiction comme témoignage du salut et de la gloire. C’est ainsi que le Seigneur fait cet appel «Quiconque a soif». Puis dans ces v. 37 à 39, Il parle de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. Voilà la grande doctrine de ce chapitre, à savoir

le Saint Esprit ici-bas dans les croyants à la suite de la glorification de Jésus,  homme, au lieu d’un Messie terrestre, selon les promesses de Dieu. Rejeté comme Messie, il prend sa place comme homme selon les conseils éternels de Dieu dans la gloire céleste, à la droite de Dieu. Et après avoir établi la gloire de Dieu sur la croix, et pris cette place dans la gloire, Il envoie le Saint Esprit, témoin de la gloire dans laquelle il était entré et de la rédemption accomplie. Posséder l’Esprit, c’est la position chrétienne, non pas de nouveaux désirs seulement, mais la pleine réponse de la grâce à ces désirs, dans la révélation de Christ glorifié. Toujours en rapport avec l’Esprit, il est bon d’attirer l’attention sur les trois opérations de l’Esprit de Dieu:
Au ch. 3 nous sommes nés de l’Esprit
Au ch. 4 c’est une source qui jaillit en vie éternelle
Au ch. 7 c’est le nouvel homme qui entre dans la jouissance des choses qu’on ne voit pas, des choses célestes et éternelles.

Les paroles de Jésus sont donc bien ces eaux qui désaltèrent, ces eaux qui rafraîchissent les âmes altérées,  ainsi que ces affections célestes qui rencontrent les âmes. Le peuple avait bien compris cela et peut s’écrier: Celui-là est véritablement le prophète (v. 40). Puis il y a une discussion: Est- ce que le Christ peut venir de Galilée? Le raisonnement de l’Esprit humain suscite des difficultés et ferme d’autres cœurs à la puissance de la Parole dans sa bouche. Le peuple est divisé et les huissiers s’en retournent sous l’impression des paroles de Jésus, pour jeter la même confusion dans l’esprit de ceux qui prétendent diriger Israël, mais qui étaient les plus aveugles de tous. Nicodème, faisant contraste en disant une pensée juste est attaqué. Les théologiens du sanhédrin montrent leur mépris envers ceux qui, selon les prophètes, était la sphère que la lumière de Dieu envoyait en Israël, les pauvres du troupeau. Ils affirment qu’aucun prophète n’avait été suscité en Galilée (v. 41-42, 52). Le fait était faux et de plus, qu’avaient-ils fait des prophètes, de quelque pays ou régions qu’ils fussent … où était la ville qui avait tué les prophètes et qui se préparait à tuer celui duquel tous les prophètes avaient parlé. Devant tout cela, il y a dispersion. L’heure de Jésus n’est pas encore là.

Versets 38-39: ces eaux qui coulent du ventre ne sont-elles pas un aliment savouré par le cœur. Cet aliment développe les affections spirituelles. La jouissance qui en résulte produit le désir de communiquer à d’autres la véritable intelligence spirituelle qui vient toujours du cœur et ayant en vue le Seigneur. L’opération de l’Esprit procure cela (v. 39), cet Esprit qui allait venir à la suite de la glorification de Christ. Dans ce paragraphe il y a aussi les huissiers qui peuvent dire, au v. 46: «Jamais homme ne parla comme cet homme». La fin du chapitre donne un tableau du cœur de l’homme en présence de la vérité. D’une part il y a un parti pris de la part des chefs religieux. De l’autre, il y a confusion et incertitude dans l’esprit des masses qui chancellent entre les préjugés et la puissance de la Parole de Dieu. La foi n’est ni chez les uns ni chez les autres.

Versets v. 47-49: l’attitude des pharisiens et leur réponse caractérisent l’esprit du clergé dans tous les temps, qui se placent entre Dieu et les hommes. Au sujet du v. 49 quant à Nicodème, qui était venu de nuit, il n’avait pas eu le courage de se montrer au jour et de porter l’opprobre de Christ. Probablement qu’il affligeait son âme comme Lot. Mais on sera heureux de le retrouver à la mort de Jésus, ne craignant pas de se promener pour Lui en l’honorant avec Joseph d’Arimathée d’une sépulture digne de Lui. Lorsqu’on ne se sépare pas, on a peu d’utilité. Il faut vraiment être séparé comme le dit 2 Tim. 2, 21 ; 1 Cor. 15, 33. Alors ne restons pas comme Nicodème, à ce moment-là, dans le conseil des méchants (cf Ps. 1, 1)

Verset 52: pourtant Jos. 19, 13 montre que Gath-Hépher était une ville de Galilée. Et le prophète Jonas venait de cette ville selon 2 Rois 14, 25.

 

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