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Pour l'instant, seuls les 56 premiers chapitres sont disponibles. 

Caractères d'Esaïe et sa place comparativement aux autres prophètes

Introduction

Nature de la prophétie

Objet de la prophétie

Occasion de la prophétie

Sphère de la prophétie

Langage de la prophétie

Prophéties de l’AT à NT

Résultat général de la p.

Autres comm + conclusion

Accès direct aux chapitres d’Ésaïe. Le texte biblique est parfois précédé, au début des chapitres, par un encadré qui facilite la compréhension du livre en le subdivisant :
01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66

Accès aux commentaires des chapitres : 
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Caractères d'Esaïe et sa place comparativement aux autres prophètes
Esaïe se distingue des autres prophètes par le sublime de ses conceptions, l'élévation de ses sentiments, la magnificence de son style, et il s'en distingue aussi par l'ampleur et la variété des sujets. Esaïe réunit donc beaucoup de choses. Il y a aussi trois caractères réunis en lui: 1) la plus profonde émotion poétique associée au sentiment le plus pur. 2) il y a ensuite l'activité pratique la plus infatigable avec les résultats les plus heureux. 3) et enfin la facilité, la beauté d'expression de la pensée qui a la prérogative du vrai poète. Et bien cette triple combinaison est réalisée chez Esaïe comme elle ne l'est chez aucun autre prophète. Le ME 1918, p. 129 à 134, est remarquable à ce sujet.

Remarquons que Osée, Amos, Michée, traitent de diverses manières les mêmes sujets qu'Esaïe. En effet, ils étaient plus ou moins contemporains. Abdias, Jonas et Nahum, rendent témoignage au jugement du monde sous une forme ou sous une autre. Joël et Habakuk limitent leur témoignage aux derniers jours. Sophonie, qui prédit le jugement de Jérusalem, coupable des nations, proclame leur bénédiction lorsque Dieu convertira et rétablira le résidu de Juda, et prendra son plaisir en lui. Quant aux trois prophètes de retour de la captivité, Aggée, Zacharie et Malachie, ils ne parlent que des Juifs comme appartenant prophétiquement à Dieu. Malachie signale l'apostasie et la corruption des Juifs rentrés dans leur pays mais distingue un résidu pieux.

Introduction
Esaïe est donc à la tête des prophètes écrivains. Ils étaient pour le peuple d’Israël ce que les évangélistes sont maintenant pour le monde. Leur ministère exigeait un changement ou une conversion. Ils appelaient à la repentance. Ces prophètes étaient distingués par des traits caractéristiques et celui qui était le plus important était que l’Esprit parlait par eux.

Esaïe a parlé lorsque l’Eternel reconnaissait encore son peuple. Son long ministère a lieu entre les années 760 et 700 avant J.-C., soit une période d’environ soixante années. Pendant ce ministère, Dieu met fin au royaume d’Israël alors que Juda subsistera encore pendant plus d’un siècle. Esaïe est le plus ample des prophètes puisque tous les grands sujets de la prophétie s’y trouvent. Il y a les jugements sur Israël et sur les nations (qui sont des verges de Dieu). Ces nations sont d’orgueilleux oppresseurs d’Israël mais que Dieu utilise pour châtier ce peuple rebelle. Esaïe présentera aussi le résidu d’Israël selon l’élection de la grâce (Rom. 11, 5 et 9, 29). Il y a aussi la rédemption, les délivrances, le Messie, le règne millénaire fruit de la grâce et du salut.

Le livre d’Esaïe est formé de deux parties: les chapitres 1 à 35 puis 40 à 66. Les chapitres 36 à 39 sont ce que l’on appelle un intermède historique.

Dans les chapitres 1 à 35, il y a la prophétie appliquée à Israël aux derniers jours. Il y a aussi une prophétie pour les nations qui entrent en contact avec lui. Israël n’est pas encore Lo-Ammi et l’Assyrien est en vue. Cette première partie nous conduit à la bénédiction millénaire sous le règne du Messie.

La seconde partie des chapitres 40 à 66 nous entretient du Messie: sa venue, son sacrifice, son règne. L’Eternel entre en discussion avec son peuple au sujet de leurs péchés, c’est-à-dire de l’idolâtrie, puis du rejet du Messie auquel Dieu donnera gloire et puissance. Alors, par le Messie, le peuple sera restauré et aura part à la gloire.

Enfin, l’intermède des chapitres 36 à 39, connu pour les événements arrivés aux jours du prophète, contient en quelque sorte le canevas d’une prophétie future en rapport avec l’attaque de l’Assyrien. C’est un sujet capital de la prophétie d’Israël, un point culminant du tumulte des rois de la terre contre l’Eternel et son Oint. L’Assyrien occupe Israël alors qu’il n’est pas encore Lo-Ammi tandis que Babylone et les bêtes (monarchies successives représentées par des bêtes, notamment dans Daniel) occupent Israël dont Dieu a dit "plus mon peuple" (Lo-Ammi).

Dans ce prophète, comme dans la prophétie en général, des figures sont employées. Parfois, elles sont entremêlées avec des expressions littérales, de sorte qu’il n’y a pas de règles exactes pour distinguer ce qui est figuré d’avec ce qui est littéral. Il faut donc le secours du Saint Esprit et l’intelligence spirituelle pour comprendre le vrai sens des passages. Il peut aussi y avoir des miracles mais Esaïe ne mentionne que celui en rapport avec l’histoire d’Ezéchias. Ce miracle a eu lieu afin que le peuple de Juda soit réveillé. Juda était sur le même pied qu’Israël apostat. Dans ce sens, un nouvel objet de foi peut exiger des miracles. A l’inverse, ce qui est fondé sur la Parole, reconnue, n’a pas besoin d’être accepté comme un nouvel objet de foi et par conséquent il n’y a pas besoin de miracles pour établir son autorité. Et cela est indépendant de l’accroissement de lumière ou des appels produits par le ministère d’un prophète. Il fallait donc un miracle pour réveiller le peuple et il eût lieu dans l’intermède des ch. 36 à 39. Mais ce n’était qu’un sursis.

Les trois tableaux qui se retrouvent sans cesse dans Esaïe sont 1) la ruine morale quasi constante d’Israël. Puis 2) l’annonce des jugements de Dieu sur son peuple. Ces jugements sont nécessaires afin que ce peuple soit purifié puis restauré. Enfin 3) l’annonce de cette restauration finale, Israël devenant le centre de cette période bénie d’une durée de mille ans. Ruines, jugements, bénédictions: c’est le cadre initial de la prophétie. Rappelons que tous les événements prédits dans Esaïe sont encadrés dans la préface des quatre premiers chapitres. Si le chapitre 1 présente l’exposé le plus général et le plus complet de la prophétie, les chapitres 2, 3 et 4 nous offrent surtout le tableau du jugement suivi de celui de la restauration (le jour du Seigneur). Cela en deux esquisses différentes, inverses, comme nous le verrons. Mais partout l’Esprit montre la corruption d’Israël qui amène les jugements et Dieu qui plaide pour restaurer et bénir. Remarquons que la restauration d’Israël est une œuvre extérieure puisque le méchant sera consumé du milieu de lui selon ch. 1, 28. Mais ce sera aussi une œuvre intérieure où il y aura de la repentance, selon v. 29. Au chapitre premier, le jugement prend une place centrale tout comme la justice divine au chapitre deux, de même que l’amour divin, objet des chapitres trois et quatre.

Nature de la prophétie
La parole prophétique, c’est la communication de la part de Dieu de choses à venir et cette Parole, selon Pierre, est une lampe. Elle met donc au jour le mal de l’homme et ce mal sera jugé. Ensuite un royaume sera établi. Ainsi la prophétie constitue la garantie de la foi lors de la transgression d’Adam. Dès lors, toute l’espérance de l’homme se porta sur la semence de la femme dont le talon meurtri devait briser la tête du serpent. Dieu donne ainsi à entendre qu’il y aurait dans l’avenir un Libérateur qui allait souffrir profondément lui-même mais écraser l’ennemi qui avait si tôt et si complètement écrasé l’homme. Mais cet homme, semence de la femme, devait être infiniment supérieur à l’homme, non seulement pour résister au serpent ancien, mais pour détruire sa puissance sans retour. Dans la Bible, les mots prophète et prophétie sont employés lorsqu’il y a communication de la pensée de Dieu: que ce soit en Gen. 20, 7, au Ps. 105, 15, en Jean 4, 19, ou en 1 Cor. 14, 24-25. Mais le sens strict est en rapport avec la révélation de l’avenir.

 

Objet de la prophétie
La Parole elle-même nous présente l'objet de la prophétie. Cela enlève toute équivoque. Le passage du 2 Pi. 1, 19-21 est remarquable:

Et nous avons la parole prophétique [rendue] plus ferme, (à laquelle vous faites bien d'être attentifs, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur), jusqu'à ce que [le] jour ait commencé à luire et que [l']étoile du matin se soit levée dans vos cœurs, sachant ceci premièrement, qu'aucune prophétie de l'écriture ne s'interprète elle-même.  Car [la] prophétie n'est jamais venue par la volonté de l'homme, mais de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l'Esprit Saint. 

La parole prophétique fut ainsi confirmée par la vision sur la sainte montagne où le roi apparut transfiguré et où les saints de l'ancien testament étaient représentés par des témoins choisis du sein d'Israël dans leur corps naturel. La voix du Père se fit entendre du milieu de la gloire magnifique en proclamant tout le bon plaisir qu'il avait trouvé en son Fils, centre de la cène tout entière. Chaque prophétie fait partie d'un grand tout et Christ, le roi, en est le centre. Tout dirige nos regards vers lui. Christ, vu dans ses gloires diverses (cf Es. 11, 10; Dan. 7, 14, Zach. 4, 14, etc), est la clé de tout. Cela ressort aussi spécialement dans les épîtres aux Ephésiens et aux Colossiens. L'omission de ce fait, à savoir de connaître ce que Dieu a révélé, affaiblit les pères de l'Eglise, les Grecs, les Orientaux, les Coptes, les Abyssins, les Romains, les Anglicans, les Réformés, les Luthériens, les Moraves, etc. Ce qui rend toutes choses claires dans l'Ecriture, et assigne à chacun sa vraie place, que ce soit Israël ou les Gentils, c'est la relation spéciale avec Christ. Quant à l'Eglise, étant un mystère caché dès les siècles, elle n'est pas l'objet des prophètes. L'Eglise peut être considérée comme liée avec Christ et éclipsée en Lui (cf Es. 50, 8-9 avec Rom. 8, 33-34).

Occasion de la prophétie
L’occasion ou la raison morale de la prophétie réside en ce que l’homme s’est détourné de Dieu et Dieu envoie sa parole qui convainc de péché et qui promet son intervention en puissance pour délivrer ceux qui croient par le jugement de leurs adversaires qui sont aussi ceux de Dieu. Nous voyons déjà cela dès la chute de l’homme, en Eden. Mais remarquons que l’état d’innocence, avant la chute, ou celui de fidélité après elle, ne donne lieu à aucune prophétie mais la prophétie met à nu le mal chez la créature et présente la ressource assurée en Dieu qui introduira non seulement le jugement du mal mais une espérance meilleure, le premier Adam étant remplacé par le second. Et celui qui annonce le bien, c’est Christ qui est le vrai sujet de toute prophétie annonçant le bien. Christ est l’objet, le garant, non seulement de toutes les prophéties présentées à la foi, mais aussi de l’exécution de sa colère et de ses menaces. Il est Fils de Dieu pour ce qui concerne la vie éternelle en faveur de ceux qui croient. Il est en même temps fils de l’homme, exécuteur du jugement, sur ceux qui ne croient pas. Quant à Esaïe, l’occasion de la prophétie n’est autre que la ruine d’Israël. Cette ruine occupe une place importante dans les premiers chapitres. Deux côtés du jugement sont présentés, comme souvent, à savoir le jugement final et la miséricorde pour le résidu repentant.


Sphère de la prophétie

La prophétie s’occupe de la terre et par conséquent d’Israël et des nations. L’on peut toutefois y voir apparaître les principes qui s’appliquent parfaitement aux chrétiens, à l’évangile, et à l’Eglise. Mais il est cependant évident que l’Eglise et le christianisme, comme tels, sont en dehors des limites de la prophétie. Les choses présentées par la prophétie diffère totalement de celles propres à l’Eglise. Par exemple, l’espérance de l’Eglise est indépendante de tout événement sur la terre (cf Jean 14, 1-2).
La sphère de la prophétie, c’est aussi la terre et quelle réjouissance lorsque nous lisons Esaïe 11, 9. Mais si la terre sera pleine de la connaissance de l’Eternel, l’Eternel la jugera aussi, selon 11, 4, cela pour préparer la bénédiction ici-bas. Ce passage est rattaché à la manifestation de Jésus en 2 Thess. 1, 8. Nom. 14, 21 est aussi similaire. Oui, la terre sera remplie de la gloire de l’Eternel et Hab. 2, 12-14 est encore plus explicite. Ce qui inaugurera la délivrance, la bénédiction et la gloire de la terre, ce ne sera pas l’évangile de la bouche de l’homme, mais le jugement de la main de l’Eternel.

Langage de la prophétie
Il y a différentes façons de s’exprimer. Et le langage prophétique n’est pas aussi obscur qu’il n’y paraît. Il est, en grande partie, figuré. Cette façon de s’exprimer est courante, notamment en histoire. Lorsque le langage est littéral, ou mystique, ou encore allégorique, ou en paraboles (ou son abrégé: le proverbe), il y a une variété remarquable dans ce langage afin de pouvoir collecter la vérité. Mais il ne faut pas confondre cette variété avec le langage figuré. Il y a aussi le langage symbolique qui est cependant exceptionnel. Ce langage semble être restreint à la prophétie pendant les temps des Gentils comme dans le prophète Daniel. Quant au sujet de la prophétie, il n’est pas idéal mais réel. Le sujet peut être un fait ou un lieu, un individu ou un peuple, un temps ou un état de choses. Ce qui est communiqué est une réalité et non une figure. L’Apocalypse utilise aussi beaucoup les symboles. Dans ce langage, il faut être simple et réel car il est absurde d’enseigner qu’Israël veut dire l’Eglise ou que Jérusalem signifie la nouvelle Jérusalem. Le grand sujet de la prophétie c’est Christ et bien des incrédules ont trouvé le Sauveur en raison de l’exactitude des prophéties déjà réalisées.

Prophéties de l'Ancien Testament citées dans le Nouveau
La Parole est claire. Citons simplement :
Matt. 1, 23 qui cite Es. 7, 14 en rapport avec la naissance du Messie. Et quant au lieu où le Messie devait naître, les principaux sacrificateurs et les scribes eux-mêmes pouvaient répondre sans hésitation pour le désigner. Ce lieu qui est Bethléhem selon Mich. 5, 2 et Matt. 2, 4-6.

On peut lire la Parole à la lettre
.

Résultat général :
En somme, on peut dire que le Nouveau Testament fournit la preuve ample et claire que les prophéties de l’Ancien Testament ont été accomplies d’une manière d’autant plus frappante qu’elles sont choisies dans chacune de ses trois parties soit la loi, les Psaumes et les prophètes. Le centre commun, c’est Christ. Comme résultat général, la prophétie a en vue Israël et non l’Eglise. Appliquer littéralement des passages de la prophétie à l’Eglise revient à tordre en plusieurs points les Ecritures. Les grandes églises de la chrétienté, mais aussi de petites, ont ainsi tordu bien des choses parce que se trompant à la base. Il y a ainsi beaucoup d’absurdités qui ont cours depuis plusieurs siècles et qui seront là jusqu’à la fin de l’histoire de l’Eglise sur la terre. Mais cette confusion, ces absurdités, disparaissent lorsque les saints prennent la Parole telle qu’elle a été dictée par l’Esprit Saint.

Chapitre 1 - Texte biblique

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Les chapitres 1 à 4
Ils forment l’introduction du livre avec la bénédiction à la fin. La bénédiction des Juifs précède celle des Gentils

Chapitre 1 v. 1-31
L’Eternel parle à son peuple

1 La vision d’Ésaïe, fils d’Amots, qu’il a vue touchant Juda et Jérusalem, aux jours d’Ozias, de Jotham, d’Achaz, et d’Ézéchias, rois de Juda. *
2 Écoutez, cieux, et prête l’oreille, terre ! car l’Éternel a parlé : J’ai nourri et élevé des fils, et ils se sont rebellés contre moi.3 Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître ; Israël ne connaît pas, mon peuple n’a point d’intelligence. 4 Ha* ! nation pécheresse, peuple chargé d’iniquité, race** de gens qui font le mal, fils qui se corrompent ! Ils ont abandonné l’Éternel, ils ont méprisé le Saint d’Israël ; ils se sont retirés en arrière. 5 Pourquoi seriez-vous encore frappés ? vous ajouterez des révoltes ! Toute la tête est malade et tout le cœur défaut. 6 Depuis la plante du pied jusqu’à la tête, il n’y a rien en lui qui soit sain : [tout est] blessure, et meurtrissure, et plaies vives ; elles n’ont pas été pansées, ni bandées, ni adoucies avec l’huile. 7 Votre pays est dévasté, vos villes sont brûlées par le feu ; votre terre, des étrangers la dévorent devant vos yeux, et elle est dévastée, comme ruinée par des étrangers. 8 Et la fille de Sion est laissée comme une hutte dans une vigne, comme une cabane dans un champ de concombres, comme une ville assiégée. 9 Si l’Éternel des armées ne nous eût laissé un bien petit résidu, nous aurions été comme Sodome, nous ressemblerions à Gomorrhe.
10 Écoutez la parole de l’Éternel, chefs de Sodome ; prêtez l’oreille à la loi de notre Dieu, peuple de Gomorrhe. 11 À quoi me sert la multitude de vos sacrifices ? dit l’Éternel. Je suis rassasié d’holocaustes de béliers, et de la graisse de bêtes grasses ; et je ne prends pas plaisir au sang des taureaux, et des agneaux, et des boucs. 12 Quand vous venez pour paraître devant ma face, qui a demandé cela de vos mains, que vous fouliez mes parvis ? 13 Ne continuez pas d’apporter de vaines offrandes : l’encens m’est une abomination, — la nouvelle lune et le sabbat, la convocation des assemblées ; je ne puis supporter l’iniquité et la fête solennelle. 14 Vos nouvelles lunes et vos assemblées, mon âme les hait ; elles me sont à charge, je suis las de les supporter. 15 Et quand vous étendrez vos mains, je cacherai de vous mes yeux ; quand même vous multiplierez la prière, je n’écouterai pas. Vos mains sont pleines de sang. 16 Lavez-vous, purifiez-vous ; ôtez de devant mes yeux le mal de vos actions ; cessez de mal faire, 17 apprenez à bien faire ; recherchez le juste jugement, rendez heureux* l’opprimé ; faites droit à l’orphelin, plaidez la cause de la veuve.
18 Venez, et plaidons ensemble, dit l’Éternel : Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme l’écarlate, ils seront comme la laine. 19 Si vous êtes de bonne volonté et que vous écoutiez, vous mangerez des biens* du pays ; 20 mais si vous refusez, et que vous soyez rebelles, vous serez consumés par l’épée ; car la bouche de l’Éternel a parlé.
21 Comment la ville fidèle est-elle devenue une prostituée ? Elle était pleine de droiture ; la justice habitait en elle, et maintenant, des meurtriers ! 22 Ton argent est devenu des scories, ton vin est mêlé avec de l’eau ; 23 tes princes sont rebelles et compagnons de voleurs ; chacun aime les présents et court après les récompenses ; ils ne font pas droit à l’orphelin, et la cause de la veuve n’a pas accès auprès d’eux.
24 C’est pourquoi le Seigneur, l’Éternel des armées, le Puissant d’Israël, dit* : Ha ! je me satisferai en mes adversaires, et je me vengerai de mes ennemis ; 25 et je tournerai ma main sur toi, et je te purifierai de tes scories comme avec de la potasse*, et j’ôterai tout ton étain** ; 26 et je rétablirai tes juges comme au commencement, et tes conseillers comme dans les premiers temps. Après cela, tu seras appelée ville de justice, cité fidèle. 27 Sion sera rachetée par le jugement, et les siens qui reviennent, par la justice ; 28 mais la ruine des transgresseurs et des pécheurs arrivera en une fois, et ceux qui abandonnent l’Éternel seront consumés. 29 Car ils auront honte des térébinthes auxquels vous avez pris plaisir, et vous rougirez des jardins que vous aurez choisis ; 30 car vous serez comme un térébinthe dont la feuille se flétrit, et comme un jardin qui n’a pas d’eau. 31 Et le fort sera de l’étoupe, et son œuvre une étincelle, et tous deux brûleront ensemble, et il n’y a personne qui éteigne.

v. 1 : date : A.C. 760-700, environ.
v. 4* : ailleurs aussi : hélas, malheur ! — v. 4** : litt.: semence.

v. 17 : ou : dirigez, conduisez.
v. 19 : litt.: du bon.
v. 24 : dire, dans le sens de la diction oraculaire, ici et ailleurs souvent dans les Prophètes. — v. 25* : ou : purifierai parfaitement de tes scories. — v. 25** : ou : plomb ; ce qui est mêlé dans le minerai avec l’argent.

Commentaires
Esaïe est le premier des livres prophétiques. Nous abordons donc la prophétie qui est une partie importante de la Bible. Toute prophétie suppose la ruine de l’état de choses dans lequel la prophétie est présentée. Un prophète est le porte-parole de l’Eternel auprès de son peuple afin de le reprendre, l’avertir, le ramener, le consoler.
Du chapitre premier jusqu’au douzième, il y a l’histoire prophétique d’Israël. La place prépondérante est donnée à l’attaque finale par l’Assyrien, terme des jugements rendus nécessaires par le péché du peuple mais qui montre en même temps la formation d’un résidu, sa délivrance par le Messie promis et l’introduction du règne de ce Messie. Et les quatre premiers chapitres servent de préface à tout le livre. Nous y avons le péché d’Israël, son jugement annoncé, son relèvement et sa gloire sous Christ, le Germe de l’Eternel, au ch. 4, 2. Israël a oublié l’Eternel et de là le jugement. Mais l’Eternel garde un résidu, noyau du peuple de Dieu sous le sceptre du Messie. La grâce triomphe. Quant à la bénédiction, elle est proposée s’il y a repentance. Mais elle est introduite par le jugement parce que la repentance n’a pas eu lieu.
Au début de ce livre et comme entrée en matière, la première mission d’Esaïe est celle d’un médecin chargé de donner son avis sur un malade dont l’état est désespéré. Lediagnostic est terrible: ce sont les versets 5 et 8.

Au v. 1, nous apprenons que la prophétie d’Esaïe est prononcée sous quatre rois dont trois ont fait ce qui est droit aux yeux de l’Eternel et un autre pas. Ce premier chapitre décrit l’état de Juda. Ce chapitre, comme tout ce livre, ne s’adresse pas aux rois mais au peuple.
Versets 2 à 9
: le prophète proclame l’amour de Dieu pour son peuple et prend à témoin les cieux et la terre. La réponse à cet amour fut la rébellion contre leurs pères et leurs bienfaiteurs (v. 2). Cependant, ils sont encore le peuple de Dieu (v. 3). Le lien n’est pas encore rompu et cela donne un caractère particulier à cette grande prophétie. Les caractères de ce peuple infidèle ressortes des versets 3 à 5. Il y a l’ignorance de leur rébellion avec l’Eternel, la corruption. Il y a l’abandon de l’Eternel. Il y a la révolte. Le verset 6 résume cet état déplorable: un mal moral complet. Il n’y a que pourriture. Par conséquent, le pays est dévasté.
Au
v. 9, seul un petit résidu reste encore. Voilà à quoi se réduit le témoignage que Dieu avait laissé à son peuple.
La description donnée dans ces versets semble coller au règne d’Ezéchias.
Et dans les
v. 10 à 17, il y avait bien les formes religieuses mais sans vie ni sainteté. L’Eternel hait ces choses car le cœur du peuple est loin de lui. La loi leur demande d’apprendre à bien faire et de marcher dans l’amour du prochain, selon les versets 10, 16 et 17. Le v. 14 démontre que les choses que Dieu a établies sont celles qu’il hait parce que la conscience du peuple n’est pas en accord avec lui. Israël est appelé à se laver. Comme il ne le peut pas, l’Eternel le purifiera par le jugement. Dans les v. 18 à 20, Dieu attend que son peuple plaide contre lui-même. Alors, Dieu prendra sa cause en mains et le lavera de toute iniquité. Mais c’est une chose terrible quand Dieu plaide contre les coupables (cf ch. 3, 13). En attendant, la loi leur offre l’alternative d’écouter ou de refuser celui qui leur parle. Les v. 21 à 23 considèrent Jérusalem qui s’est corrompue comme une prostituée et si cet état est pour le peuple, Achaz est également en cause. Ils font à l’égard de la veuve et de l’orphelin le contraire de ce que commande la loi. Dans les v. 24 à 31, Jérusalem aussi ne sera rachetée que par le jugement.

Ainsi, dans ce pemier chapitre, il y a une promesse de délivrance, les rebelles et les pécheurs seront froissés tous ensemble mais il y aura un résidu.

*

Chapitre 2

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Les chapitres 1 à 4
Ils forment l’introduction du livre avec la bénédiction à la fin. La bénédiction des Juifs précède celle des Gentils

Chapitre 2 v. 1-22
La parole touchant Juda et Jérusalem

v. 4 : cf Apoc. 11, 15

   

1 La parole qu’Ésaïe, fils d’Amots, vit, touchant Juda et Jérusalem.
2 Et il arrivera, à la fin des jours, que la montagne de la maison de l’Éternel sera établie sur le sommet des montagnes, et sera élevée au-dessus des collines ; et toutes les nations y afflueront ; 3 et beaucoup de peuples iront, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Éternel, à la maison du Dieu de Jacob, et il nous instruira de ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers. Car de Sion sortira la loi, et de Jérusalem, la parole de l’Éternel. 4 Et il jugera au milieu des nations, et prononcera le droit à beaucoup de peuples ; et de leurs épées ils forgeront des socs, et de leurs lances, des serpes : une nation ne lèvera pas l’épée contre une [autre] nation, et on n’apprendra plus la guerre. 5 Venez, maison de Jacob, et marchons dans la lumière de l’Éternel !
6 Car tu as abandonné ton peuple, la maison de Jacob, parce qu’ils sont remplis de ce qui vient de l’orient, et sont des pronostiqueurs, comme les Philistins, et s’allient avec les enfants des étrangers. 7 Et leur pays est rempli d’argent et d’or, et il n’y a pas de fin à leurs trésors ; et leur pays est rempli de chevaux, et il n’y a pas de fin à leurs chars ; 8 et leur pays est rempli d’idoles : ils se prosternent devant l’ouvrage de leurs mains, devant ce que leurs doigts ont fait. 9 Et l’homme du peuple se courbera, et le grand sera abaissé : et ne leur pardonne pas !
10 Entre dans le rocher, et cache-toi dans la poussière, de devant la terreur de l’Éternel et de devant la magnificence de sa majesté. 11 Les yeux hautains de l’homme seront abaissés, et la hauteur des hommes sera humiliée, et l’Éternel seul sera haut élevé en ce jour-là.
12 Car il y a un jour de l’Éternel des armées contre tout ce qui s’exalte et s’élève, et contre tout ce qui est haut, et ils seront abaissés ; 13 et contre tous les cèdres du Liban, hauts et élevés, et contre tous les chênes de Basan ; 14 et contre toutes les hautes montagnes, et contre toutes les collines élevées ; 15 et contre toute haute tour, et contre toute muraille forte ; 16 et contre tous les navires de Tarsis, et contre tous les objets d’art agréables : 17 et la hauteur de l’homme sera humiliée, et l’élévation des hommes sera abaissée, et l’Éternel seul sera haut élevé en ce jour-là ; 18 et les idoles disparaîtront entièrement. 19 Et on entrera dans les cavernes des rochers, et dans les trous de la terre* de devant la terreur de l’Éternel, et de devant la magnificence de sa majesté, quand il se lèvera pour frapper d’épouvante la terre. 20 En ce jour-là, l’homme jettera ses idoles d’argent et ses idoles d’or, qu’il s’était faites pour se prosterner [devant elles], aux rats et aux chauves-souris, 21 pour entrer dans les fentes des rochers et dans les creux des escarpements, de devant la terreur de l’Éternel et de devant la magnificence de sa majesté, quand il se lèvera pour frapper d’épouvante la terre.
22 Finissez-en avec l’homme, dont le souffle est dans ses narines, car quel cas doit-on faire de lui ?

— v. 19 : litt.: de la poussière.

Commentaires

La fin du ch. 1 nous a occupé du jugement. Au début du ch. 2,
v. 1-5, il y a une merveilleuse description de la Jérusalem millénaire et de la paix universelle. Nous y avons donc le peuple futur restauré qui est le centre de la bénédiction pour les nations. Ce chapitre présente plus précisément comment Dieu va établir la bénédiction. D'emblée, nous sommes amenés à l'aboutissement de la prophétie: la terre est bénie, c'est le millémium. Les v. 1 à 5 en donnent un tableau. Ce tableau est repris dans Michée ch. 4. Ce n'est pas une répétition mais une chose importante que Dieu met dans la bouche de deux prophètes. C'est une chose arrêtée (cf Gen. 41, 32). Nous avons donc, dans le début de ce ch. 2, la pensée finale de l'Eternel, le but en vue, la bénédiction future. Et c'est pour réaliser ce dessein qu'il agit. Au v. 5, il y a un appel au résidu du ch. 1, 9 auquel appartient cette bénédiction. Remarquons que le fait que la loi sort de Sion (v. 3b) est la parole de l'Eternel, et qu'il y a ce jugement au milieu des nations, que ce n'est pas là, la conversion du monde et l'établissement du royaume par l'évangile. Cela n'aura jamais lieu. Mais c'est le jugement de Dieu qui accomplira cette œuvre et qui permettra la gloire future de Jérusalem devenue un centre de bénédiction pour les nations. Cela fait ressortir la différence entre le message prophétique de l'ancien testament et l'évangile dans le nouveau testament. A la fin du v. 4 : on apprendra plus la guerre.
Mais l'état de ce peuple, au temps de la prophétie, est décrit dès le v. 6. Ce verset et les deux suivants décrivent leur abandon de l'Eternel qui doit, lui aussi, abandonner son peuple et le juger pour le purifier. C'est nécessaire. Le jugement est ainsi mentionné à partir du v. 9. Les
v. 6-11 démontrent que l'Eternel seul sera haut élevé quand, au dernier jour, l'orgueil du peuple sera abaissé, ce peuple qui a abandonné l'Eternel à cause de son luxe, de son idolâtrie, de son orgueil. Ce peuple s'était aussi allié avec les nations en vue de sa prospérité matérielle. Le tout aboutissant à l'idolâtrie. Le jugement atteindra Israël puis toute la terre, tout l'orgueil (v. 1, 11). L'homme doit être brisé.
Et dans les
v. 12-21, si Dieu juge son peuple, ne jugera-t-il pas le monde idolâtre? Et bien quand il apparaîtra, l'Eternel jugera non seulement l'orgueil de son peuple ainsi que son idolâtrie (v. 6-11), mais tout l'orgueil de l'homme et des nations idolâtres, quelles qu'elles soient, d'où la répétition de la phrase des versets 11 et 17 l'Eternel seul sera haut élevé en ce jour-là. Ainsi, en dépit de leur ruine et de leur misère aveuglante, Jérusalem et Juda étaient enflées d'orgueil et de prétentions. Alors, ces v. 12 à 21 mentionnent ce jour dans lequel Dieu fera publiquement savoir ce qu'il pense de la gloire et du génie humain, y compris de ces objets d'art agréables (v. 16). Alors, la hauteur des hommes sera humiliée et l'Eternel sera haut élevé.
Verset 22
: il y a la sentence finale à finissez-en avec l'homme. Ce verset va donc encore plus loin que ce qui précède. C'est la conclusion des deux premiers chapitres et même de l'ensemble de l'ancien testament. C'est la sentence de Dieu sur la race humaine. Et ce qui mettra un point final à cette expérience de l'homme, c'est la croix. Ce livre d'Esaïe commence comme l'épître aux Romains dont les trois premiers chapitres présentent la culpabilité de l'homme. Et le salut de l'Eternel (c'est la signification du nom d'Esaïe) pourra dès lors être révélé plus loin dans la personne de Christ, le Sauveur (ch. 40 et suivants).

En résumé, dans ce ch. 2, Dieu exaltera la maison de Jacob et de Jérusalem, centre de la bénédiction future. Mais, en comparant Jérusalem avec ce qu'elle était et ce qu'elle sera, cette promesse ne peut s'accomplir qu'avec un jugement préalable. Et si le jugement de Dieu commence par son peuple, c'est la preuve qu'il s'exécutera sur les nations. Rien ne subsistera de ce qui passera par ces jugements terribles. C'est le jugement de Dieu nécessaire pour l'établissement de la bénédiction finale d'Israël et de toute la terre. C'est un jugement d'amour.

Les chapitres 2, 3 et 4 contiennent le grand sujet du jour du Seigneur. Deux développements sont présentés dans ces chapitres. L'un dans le ch. 2 et l'autre dans les ch. 3 et 4. Ces développements portent sur les mêmes circonstances, sur les mêmes périodes, mais dans un ordre inverse car il y a une intention différente. Le premier développement débute par le tableau de la bénédiction millénaire, avec le jugement à la fin, alors que le second s'ouvre en reprenant l'exposé du jugement de Jérusalem et de Juda pour se fermer sur la bénédiction. Nous y avons donc d'abord le jour du Seigneur considéré d'abord au point de vue de l'amour de Dieu puis de celui de la justice de Dieu.

Ce que nous possédons maintenant, en esprit et en principe, nous l'aurons en perfection dans le ciel. Le jour de Seigneur est également compris dans Esaïe. C'est un jour de jugement puis de gouvernement qui comprend aussi le temps de la fin et le royaume comme le jour naturel écarte d'abord les ténèbres du monde puis règne sur la création pour le temps qui lui est départi. Dans toute la période prophétique, remarquons qu'Esaïe rattache le temps de la fin avec son temps contemporain. La période de l'Eglise est omise. Le récit semble cependant ininterrompu et tout cela est magnifiquement logique au sens moral.

 

Chapitre 3

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Les chapitres 1 à 4
Ils forment l’introduction du livre avec la bénédiction à la fin. La bénédiction des Juifs précède celle des Gentils

Chapitre 3 v. 1-26 jusqu'à 4 v. 1
Les jugements sur Juda et Jérusalem

v. 3: cf Deut. 18, 10

v. 9: Gal. 6, 7; Job 4, 8

 

1 Car voici, le Seigneur, l’Éternel des armées, ôte de Jérusalem et de Juda le soutien et l’appui, tout soutien de pain et tout soutien d’eau, 2 l’homme fort et l’homme de guerre, le juge et le prophète, le devin et l’ancien, 3 le chef de cinquantaine, et l’homme considéré, et le conseiller, et l’habile ouvrier, et celui qui s’entend aux enchantements. 4 Et je leur donnerai des jeunes gens pour être leurs princes, et de petits enfants domineront sur eux; 5 et le peuple sera opprimé, l’homme par l’homme, et chacun par son voisin ; le jeune garçon usera d’insolence contre le vieillard, et l’homme de néant contre l’homme honorable. 6 Alors, si un homme saisit son frère, dans la maison de son père, [disant]: Tu as un manteau, tu seras notre chef, et cette ruine sera sous ta main, 7 il jurera* en ce jour-là, disant: Je ne puis être un médecin**, et dans ma maison il n’y a pas de pain et il n’y a pas de manteau ; vous ne me ferez pas chef du peuple. 8 Car Jérusalem bronche, et Juda tombe; parce que leur langue et leurs actions sont contre l’Éternel, pour braver les yeux de sa gloire. 9 L’aspect de leur visage témoigne contre eux, et ils annoncent leur péché comme Sodome ; ils ne le cachent pas. Malheur à leur âme ! car ils ont fait venir le mal sur eux-mêmes.
10 Dites au juste que le bien [lui arrivera], car ils mangeront le fruit de leurs actions. 11 Malheur au méchant ! [il lui arrivera] du mal, car l’œuvre de ses mains lui sera rendue. 12 Quant à mon peuple, des enfants l’oppriment, et des femmes le gouvernent. Mon peuple ! eux qui te conduisent te fourvoient, et détruisent* le chemin de tes sentiers.
13 L’Éternel se tient là pour plaider, et il est debout pour juger les peuples. 14 L’Éternel entrera en jugement avec les anciens de son peuple et avec ses princes, [disant]: Et vous, vous avez brouté la vigne ; la dépouille du pauvre est dans vos maisons. 15 Qu’avez-vous à faire de fouler mon peuple, et de broyer la face des pauvres ? dit le Seigneur, l’Éternel des armées.
16 Et l’Éternel dit : Parce que les filles de Sion sont hautaines, et qu’elles marchent le cou tendu et les regards pleins de convoitise, et qu’elles marchent allant à petits pas, faisant résonner leurs pieds, 17 le Seigneur rendra chauve le sommet de la tête des filles de Sion, et l’Éternel exposera leur nudité. 18 En ce jour-là, le Seigneur ôtera l’ornement des anneaux de pieds, et les petits soleils, et les petites lunes; 19 les pendeloques de perles, et les bracelets, et les voiles; 20 les diadèmes, et les chaînettes des pieds, et les ceintures, et les boîtes de senteur, et les amulettes; 21 les bagues, et les anneaux de nez; 22 les vêtements de fête, et les tuniques, et les manteaux, et les bourses; 23 et les miroirs*, et les chemises, et les turbans, et les voiles de gaze. 24 Et il arrivera qu’au lieu de parfum il y aura pourriture; et au lieu de ceinture, une corde ; et au lieu de cheveux artistement tressés, une tête chauve ; et au lieu d’une robe d’apparat, un sarrau de toile à sac ; flétrissure, au lieu de beauté. — 25 Tes hommes tomberont par l’épée, et tes hommes forts, dans la guerre. 26 Et ses portes se lamenteront et mèneront deuil ; et, désolée*, elle s’assiéra sur la terre.

— v. 7* : litt.: lèvera [la main] ; selon d’autres : lèvera [sa voix]. — v. 7** : litt.: celui qui bande.
— v. 12 : détruire, litt.: engloutir, ici, et 19:3.
—v. 23 : ou : vêtements transparents. — v. 26 : litt.: vidée.


Commentaires

Le jugement commence par la partie la plus responsable. Ici, Israël, Juda, et ce jusqu'au ch. 12. Les ch. 13 à 27 seront en relation avec le jugement des nations. Pour la chrétienté, le jugement commencera par la profession. Deux passages entre autres:

"tribulation et angoisse sur toute âme d'homme qui fait le mal, et du Juif premièrement, et du Grec;" (Romains 2:9)

"Car le temps [est venu] de commencer le jugement par la maison de Dieu ; mais s'il commence premièrement par nous, quelle sera la fin de ceux qui n'obéissent pas à l'évangile de Dieu?" (1 Pierre 4:17)

Les chapitres 2 à 4 indiquent que le royaume, sous la figure d'une montagne, pressenti au commencement, est présenté avec quelques-unes de ses gloires à la fin. Mais la corruption et le jugement sont les grands sujets de cette division qui commence et se termine par la gloire. Il est question, un moment, du résidu (ch. 3, 10). Quant à l'orgueil qui précède généralement la destruction, dans les voies de Dieu, il en est question dans les v. 1 à 9. Le jugement de Dieu est appelé dans l'Ecriture "le jour du Seigneur". On peut titrer les chapitres 2 à 4 du jour du Seigneur.

Dans le chapitre d'Esaïe qui nous occupe il y a un signe fâcheux, parmi d'autres. C'est le désordre social, c'est-à-dire le renversement de l'ordre établi. Il n'y a plus de discipline, tout est contesté (v. 5, etc). Les valeurs morales et les contraintes sont mises de côté. Aussi, il n'est pas étonnant de trouver, dans ce ch. 3, un détail des jugements annoncés au ch. 2. Le royaume de Juda, ses hommes, ses princes, sont en vue. Au v. 10, il est question du juste. Les justes sont peu nombreux au milieu de la masse du peuple mais c'est à eux qu'arrivera le bien. Le ch. 3, avec le ch. 4 v.1, donne en détails la description des jugements qui tomberont sur Juda et sur Jérusalem. Avant tout, dans les v. 1 à 9, on voit que le soutien et l'appui feront défaut. Il y aura une disette de tout ce qui soutient extérieurement la vie et il y aura une défaillance complète de tout appui moral. Ni force matérielle, ni sagesse, ni secours spirituel. Ceux qui domineront ne seront pas en âge de conduire et seront pleins d'amertume envers ceux que leur âge qualifierait comme conseillers.
Mais dans les
v. 10 à 12, au milieu de cette masse, la distinction est faite entre le juste et le méchant. Les liens de l'Eternel avec son peuple ne sont pas encore entièrement rompus. L'Eternel le reconnaît et avertit ce peuple.
Ainsi, dans les
v. 13 à 15, les princes conducteurs seront jugés. Et dans les v. 16 à 24, les femmes qui gouvernent (voir v. 12) auront un sort commun avec les filles de Sion. Leur futilité, leur amour de la parure et du luxe de leurs vêtements feront place à l'abjection, à la flétrissure et au deuil. Ces versets, spécialement les 18 à 22 apprennent ou rappellent aux jeunes filles que les raffinements de la mode ne datent pas de notre époque. Ce qui est exprimé au v. 16 démontre le ridicule d'être préoccupé de sa propre personne. Tous ces accessoires de toilette sont taxés, de la part de Dieu, … de la saleté des filles de Sion (ch. 4, 4). Ce qui plaît à Dieu, c'est la parure morale à lire 1 Tim. 2, 9-10 et 1 Pi. 3, 2-6, sans perdre de vue que notre tenue de le laisse pas indifférent.
Dans les
v. 25 et 26 c'est la fin des hommes forts. Sion, représenté par les femmes, sera dans le deuil et la désolation. Et au ch. 4 v. 1, l'abjection des femmes est telle qu'elles sont prêtes à payer n'importe quel prix pour que soit ôté leur opprobre. Cela qu'elles soient non mariées ou stériles.

Chapitre 4

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Les chapitres 1 à 4
Ils forment l’introduction du livre avec la bénédiction à la fin. La bénédiction des Juifs précède celle des Gentils

Chapitre 4 dès v. 2
Le Germe et la bénédiction finale

v. 2: cf Jér. 23, 5; Zach. 3, 8; 6, 12-13;

v. 6: Marc 13, 19-20

1 Et sept femmes saisiront un seul homme en ce jour-là, disant: Nous mangerons notre propre pain, et nous nous vêtirons de nos propres vêtements, seulement que nous soyons appelées de ton nom; ôte notre opprobre.
2 En ce jour-là, il y aura un germe de l’Éternel pour splendeur et pour gloire, et le fruit de la terre, pour magnificence et pour ornement, pour les réchappés d’Israël; 3 et le résidu en Sion, et le reste dans Jérusalem, sera appelé saint : quiconque sera écrit parmi les vivants dans Jérusalem, 4 quand le Seigneur aura nettoyé la saleté des filles de Sion, et aura lavé le sang de Jérusalem du milieu d’elle, par l’esprit de jugement et par l’esprit de consomption. 5 Et l’Éternel créera sur chaque demeure de la montagne de Sion, et sur ses assemblées, une nuée et une fumée, de jour ; et la splendeur d’une flamme de feu, la nuit ; car sur toute la gloire il y aura une couverture. 6 Et il y aura un tabernacle pour ombrage, de jour, contre la chaleur, et pour abri et pour refuge contre l’orage et contre la pluie.

Commentaires
La fin du ch. 3, et le début du 4ème, présentent un tableau de Sion avec une situation sans issue. Même les femmes seront d’une déconcertante hardiesse. Bref, tout sera troublé et il y aura un terrible jugement. Situation sans issue …. Mais non: le Germe de l’Eternel est là. Dieu intervient en grâce. Nous avons déjà vu un résidu, au ch. 1,9 et maintenant un Rédempteur est annoncé. C’est le Germe de l’Eternel, Christ, la semence de bénédiction qui est introduite avec éclat. Et bien tous ceux qui n’auront pas été détruits par l’Eternel composera ce résidu du
v. 3. Ce sont les vivants du v. 4. Pour eux, s’ouvre un temps de gloire et de beauté, de sainteté et de magnificence. La nuée sera là pour sauver et la bénédiction sera encore plus grande car ces manifestations de la gloire seront sur chaque demeure (v. 5).
Le
v. 6 dépeint la protection active de la part de Dieu. Ceux qui resteront après la purification seront saints et la gloire de Dieu sera manifestée dans la cité qu’il a choisie pour y mettre son nom.
Le grand fait du ch. 4 est donc que le Germe de l’Eternel paraît dans la personne de Christ. Il met tout en ordre et introduit la bénédiction finale. Ainsi donc, dans cette préface, tout aboutit à Christ. Jusqu’ici, nous ne pouvions voir Christ que comme "L’Eternel juge". Maintenant, il apparaît comme homme, comme fruit de la terre, non en faveur de l’ensemble du peuple mais en faveur du résidu dont il a été question au ch. 1, 9. Chaque demeure en Sion sera alors comme un petit tabernacle. Il y aura la protection de l’Eternel, cette couverture du
v. 5. Et si les conséquences du mal ne seront pas encore ôtées, v. 6, on sera néanmoins à l’abri là où Dieu habite. Voilà l’effet de l’habitation du Messie avec son peuple.
Définition de Germe: c’est Christ révélé comme homme, fruit de la terre, ayant la vie en lui-même.

* Chapitre 5

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Chapitres 5 et 6
Le chapitre 5 est un discours prophétique qui compare l’état de la vigne avec ce que Dieu avait fait au commencement.
Le chapitre 6 la compare avec la gloire de Christ et c’est ainsi que Dieu juge son peuple.
Le prophète est établi dans sa charge.

Chapitre 5 : la vigne
v. 1 - 7: le cantique du bien-aimé
v. 8 - 30 : les six "malheurs"

v. 1-7 : cf Deut. 11, 11-12 et Matt. 21, 33-41

1 Je chanterai à mon bien-aimé un cantique de mon bien-aimé, sur sa vigne: Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau fertile*. 2 Et il la fossoya et en ôta les pierres, et la planta de ceps exquis; et il bâtit une tour au milieu d’elle, et y tailla aussi un pressoir; et il s’attendait à ce qu’elle produirait de bons raisins, et elle produisit des raisins sauvages. 3 — Et maintenant, habitants de Jérusalem et hommes de Juda, jugez, je vous prie, entre moi et ma vigne. 4 Qu’y avait-il encore à faire pour ma vigne, que je n’aie pas fait pour elle ? Pourquoi, quand j’espérais qu’elle produirait de bons raisins, a-t-elle produit des raisins sauvages? 5 Et maintenant je vous apprendrai ce que je ferai à ma vigne: j’ôterai sa haie, et elle sera broutée; j’abattrai sa clôture, et elle sera foulée aux pieds; 6 et je la réduirai en désert; elle ne sera pas taillée, et elle ne sera pas sarclée, et les ronces et les épines monteront; et je commanderai aux nuées qu’elles ne laissent pas tomber de pluie sur elle. 7 Car la vigne de l’Éternel des armées est la maison d’Israël, et les hommes de Juda sont la plante de ses délices. Et il s’attendait au juste jugement, et voici l’effusion de sang, — à la justice, et voici un cri !
— v. 1 : litt.: sur une corne du fils de l’huile.

8 Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, qui joignent* champ à champ, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place et que vous habitiez seuls au milieu du pays. 9 À mes oreilles, l’Éternel des armées [a dit]: Si beaucoup de maisons ne sont désolées, [si] de grandes et belles [maisons ne sont] vides d’habitants! 10 Car dix arpents* de vigne ne produiront qu’un bath, et un khomer de semence produira un épha**.
— v. 8 : litt.: rapprochent. — v. 10* : ce qu’une paire de bœufs pouvait labourer en une journée. — v. 10** : dix éphas font un khomer.

11 Malheur à ceux qui, se levant de bonne heure, courent après la boisson, [et] qui, s’attardant jusqu’à la brune, sont enflammés par le vin. 12 Et la harpe et le luth, le tambourin et la flûte, et le vin, [abondent dans] leurs festins; et ils ne regardent pas l’œuvre de l’Éternel, et ils ne voient pas l’opération de ses mains. 13 C’est pourquoi mon peuple est allé en captivité, parce qu’il n’a pas de connaissance; et ses grands meurent de faim, et sa multitude est asséchée de soif. 14 C’est pourquoi le shéol élargit son désir et ouvre sa bouche sans mesure; et la magnificence de Jérusalem* y descendra, et sa multitude, et son tumulte, et sa joie**; 15 et l’homme du peuple se courbera, et le grand sera abaissé ; et les yeux des hautains seront abaissés; 16 et l’Éternel des armées sera élevé en jugement, et le *Dieu* saint sera sanctifié en justice. 17 Et les agneaux paîtront comme dans leur pâturage, et les étrangers dévoreront les lieux désolés des [hommes] gras.
— v. 14* : litt.: sa magnificence. — v. 14** : litt.: ce qui, en elle, s’égaie. — v. 16 : hébreu : El, — voir la note à Genèse 14:18.

18 Malheur à ceux qui tirent l’iniquité avec des cordes de vanité, et le péché comme avec des cordes de chariot, qui disent: 19 Qu’il se hâte, qu’il accélère son œuvre, afin que nous la voyions; et que le conseil du Saint d’Israël s’approche, et vienne, et que nous le connaissions.
20 Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, qui mettent les ténèbres pour la lumière, et la lumière pour les ténèbres, qui mettent l’amer pour le doux, et le doux pour l’amer. 21 Malheur à ceux qui sont sages à leurs propres yeux, et intelligents à leur propre estime! 22 Malheur à ceux qui sont forts pour boire du vin, et hommes vaillants pour mêler les boissons fortes; 23 qui justifient le méchant pour un présent, et qui ôtent aux justes leur justice! 24 C’est pourquoi, comme une langue de feu dévore le chaume, et comme l’herbe sèche s’affaisse dans la flamme, leur racine sera comme la pourriture, et leur fleur montera comme la poussière; car ils ont méprisé la loi de l’Éternel des armées, et ont rejeté avec dédain la parole du Saint d’Israël. 25 C’est pourquoi la colère de l’Éternel s’est embrasée contre son peuple ; et il a étendu sa main sur lui, et l’a frappé ; et les montagnes ont été ébranlées ; et leurs cadavres sont devenus comme des ordures au milieu des rues. Pour tout cela, sa colère ne s’est pas détournée, et sa main est encore étendue.
26 Et il élèvera un étendard devant les nations lointaines: et il en sifflera une des bouts de la terre ; et voici, elle viendra, rapide [et] légère. 27 En elle, nul qui soit las ou qui bronche; nul ne sommeille, nul ne dort; nul n’a la ceinture de ses reins déliée, ou la courroie de sa chaussure arrachée. 28 Ses flèches sont aiguës, et tous ses arcs tendus; les sabots de ses chevaux sont comme le caillou, et ses roues comme le tourbillon. 29 Son rugissement est comme celui d’une lionne; elle rugit comme les jeunes lions; elle gronde, et saisit la proie et l’emporte, et il n’y a personne qui délivre; 30 et elle mugira sur elle, en ce jour-là, comme mugit la mer ; et on regardera sur la terre, et voici les ténèbres [et] la détresse : la lumière est obscurcie dans son ciel*.
— v. 30 : son ciel, c. à d. celui du pays ; d’autres : par ses nuées.

Commentaires
Après la préface des quatre premiers chapitres et un aperçu de l’ensemble des sujets de ce prophète, les chapitres 5 et 6 nous font entrer dans le vif du sujet. Ces deux chapitres décrivent l’iniquité de l’ensemble du peuple comme vigne de l’Eternel ainsi que les jugements qui fondront sur lui. La vigne sera dévastée mais un petit résidu, dont Esaïe est le type, sera sauvé moyennant la repentence et le jugement de soi. Ce chapitre 5 se découpe ainsi:

v. 1 à 7
: l’Eternel juge sa vigne, c’est-à-dire Israël. Il la juge d’après le fruit qu’elle devait rapporter. A noter que ces versets contiennent, dans ce contexte, un cantique du bien-aimé. C’est le cantique du bien-aimé sur sa vigne. Et après tant de soins, six malheurs sont prononcés contre les différents caractères de l’iniquité.
V. 8 à 10
: Premier malheur. Il est en rapport avec la convoitise et l’ardeur à acquérir et tout garder pour soi. Ce malheur est la diminution de la population et la disette.
V. 11 à 17
: deuxième malheur à sur l’ivresse et les plaisirs du monde. Ce malheur consiste en la captivité, la famine et la soif. Enfin le sépulcre est le juste jugement.
V. 18 et 19
: troisième malheur à sur ceux qui font le mal sciemment, au mépris de Dieu dans son jugement.
V. 20
: quatrième malheur à il tombe sur ceux qui confondent le mal et le bien, la lumière et les ténèbres, la douceur et l’amertume.
V. 21
: cinquième malheur à il tombe sur ceux qui ont une haute opinion d’eux-mêmes et de leur intelligence.
V. 22 et 23
: sixième malheur à il tombe sur ceux qui emploient leur énergie pour s’enivrer des choses du monde, qui se font les défenseurs du mal qui leur profite, et qui noircissent ceux qui font le bien.
Au
v. 24 : la colère de l’Eternel s’est embrasée contre eux et le jugement de Dieu les consumera ainsi que toute leur gloire.

Les malheurs des v. 18 à 23, soit du troisième au sixième, sont relatifs à la colère de Dieu avec ce feu consumant qui tombe sur ces hommes et sur toute leur gloire, selon v. 24 et 25. La main de Dieu est étendue en colère (v. 9,12 ,7,21). Et cette colère, dans les v. 26 à 30, a lieu par l’invasion de l’Assyrien qui est la verge de la colère divine (cf ch. 10, 5).

Cette vigne du ch. 5 fait penser à celle de Luc 20, 9-16. Mais ces versets nous font aussi toucher du doigt notre propre ingratitude. Pour porter du fruit, il faut rester attaché au cep. C’est le sujet du ch. 15 de l’évangile de Jean. Si tel n’est pas le cas, il y a des séries de malheurs. Esaïe 5, 8 commence ainsi cette série de malheurs qui montrent les tristes conséquences du refus d’obéir à Dieu tant pour Israël que pour l’homme en général. Eh bien le mot de Dieu vis-à-vis de tant de choses, de convoitises, de pensées, qu’elles soient distinguées ou vulgaires, c’est malheur, malheur, malheur. Il y a dans ce ch. 5 une progression dans les jugements. Cette progression est interrompue après le premier exposé général. Au chapitre 6, le prophète verra cette gloire mais une gloire dont le premier effet est judiciaire et opérant de manière à aveugler et à condamner le peuple. Le jugement du ch. 5, selon v. 24, était en relation avec la transgression de la loi et avec le mépris de la Parole du Saint d’Israël. Dans les chapitres 5 et 6, le jugement est donc vu sous deux rapports: d’abord sous le rapport du gouvernement de Dieu. C’est le ch. 5. Puis sous celui de la gloire de la présence de l’Eternel selon ses conseils de grâce que le peuple était incapable de supporter. Mais, selon le propos arrêté de Dieu, un résidu est en vue. C’est le ch. 6. Dans le chapitre 5, avec le premier rapport ou caractère en vue, il n’y a pas de résidu. C’est le jugement public et complet de la nation. Tout dépendait de la responsabilité du peuple. C’est pourquoi le figuier est maudit et ne portera jamais du fruit. Mais au ch. 6, Dieu agit à l’intérieur, dans ses propres relations avec le peuple et il y a un résidu. Le rétablissement est également assuré car les dons et l’appel de Dieu sont sans repentir.

* Chapitre 6

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Chapitres 5 et 6
Le chapitre 5 est un discours prophétique qui compare l’état de la vigne avec ce que Dieu avait fait au commencement.
Le chapitre 6 la compare avec la gloire de Christ et c’est ainsi que Dieu juge son peuple.
Le prophète est établi dans sa charge. Nous y avons la vision d’Esaïe

v. 1: cf 2 Chr. 26 ; v. 5: Matt. 15, 18-20 et 1 Pi. 3, 18; v. 8: Ps. 40, 7; v. 9-10: Jean 12, 37-41

1 L’année de la mort du roi Ozias,* je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. 2 Des séraphins se tenaient au-dessus de lui; ils avaient chacun six ailes: de deux ils se couvraient la face, et de deux ils se couvraient les pieds, et de deux ils volaient. 3 Et l’un criait à l’autre, et disait: Saint, saint, saint, est l’Éternel des armées; toute la terre est pleine de sa gloire! 4 Et les fondements des seuils étaient ébranlés à la voix de celui qui criait, et la maison était remplie de fumée. 5 Et je dis: Malheur à moi! car je suis perdu; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées. 6 Et l’un des séraphins vola vers moi; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes; 7 et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché.
— v. 1 : date : A.C. 758.

8 Et j’entendis la voix du Seigneur qui disait: Qui enverrai-je, et qui ira pour nous? Et je dis: Me voici, envoie-moi. 9 — Et il dit: Va, et dis à ce peuple: En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez pas, et en voyant vous verrez* et vous ne connaîtrez pas. 10 Engraisse le cœur de ce peuple, et rends ses oreilles pesantes, et bouche ses yeux, de peur qu’il ne voie des yeux, et n’entende de ses oreilles, et ne comprenne de son cœur, et ne se convertisse, et qu’il ne soit guéri. 11 — Et je dis: Jusques à quand, Seigneur? Et il dit: Jusqu’à ce que les villes soient dévastées, de sorte qu’il n’y ait pas d’habitants, et les maisons, de sorte qu’il n’y ait pas d’hommes, et que le sol soit réduit en entière désolation, 12 et que l’Éternel en ait éloigné les hommes, et que la solitude soit grande au milieu du pays. 13 Mais il y aura encore là un dixième; et il reviendra et il sera brouté*, comme le térébinthe et le chêne, dont le tronc [reste] quand ils sont abattus: la semence sainte en sera le tronc.
— v. 9 : ou : Entendant, entendez…, et voyant, voyez. — v. 13 : ou : … dixième ; et il sera de nouveau brouté.

Commentaires
Ce chapitre se relie au précédent par la mention d'un septième malheur. Mais il s'agit d'un autre principe de jugement. Les malheurs du cinquième chapitre étaient en rapport avec ce qu'Israël avait fait. Et ici le dernier malheur est prononcé sur ce que l'homme est devant le Dieu saint. C'est donc un malheur sur le moi. Relevons que dans les chapitres 28 à 33 il y a six autres malheurs, précédé par un septième qui se trouve au chapitre 24, 16 puisqu’il est écrit "Malheur à moi". C’est donc un malheur au moi. En Matthieu 23 il y a aussi sept malheurs qui remplacent les neuf (3 fois 3) bénédictions de Matthieu 5. Pour revenir à Esaïe, si le chapitre 5 mentionnait des malheurs en raison de la rébellion, qu’allait devenir l’homme, même le meilleur parmi eux? Oui, malheur à moi car je suis un homme perdu. L’homme est absolument condamné. Même le résidu, dont Esaïe est un représentant, ne mérite pas autre chose que la condamnation. Ce chapitre donne une date, selon v. 1: A.C. 758. Il y a aussi des dates, dans ce livre, au ch. 7, 8; 14, 28; 20, 1; 36, 1. Ce chapitre commence aussi par
une parenthèse qui se fermera au ch. 9, 7. Et au ch. 9, 12, le prophète reprendra la parole du ch. 5, 25. Cette parole: "Pour tout cela, sa colère ne s’est pas détournée, et sa main est encore étendue" est encore mentionnée au ch. 9, 17 et 21 et au ch. 10, 4. Quant à cette parenthèse, elle nous présente le Messie, sa réjection par les Juifs, et la bénédiction sous son règne futur.

Quant à notre chapitre 6, il y a une vision dans les v. 1 à 7. C’est une vision en rapport avec la gloire du royaume de Christ sur la terre. Le trône est au-dessus de la terre et non dans le ciel. La manifestation de cette gloire est dans le temple, dans le lieu saint et non pas dans le lieu très saint. Et le Seigneur assis sur ce trône, c’est Christ. Il est exalté comme roi, comme chef de l’armée des cieux. Il est exalté par les séraphins. Oui, les créatures les plus élevées proclament la sainteté de Christ roi, du Dieu d’éternité, du Créateur. "Séraphins" veut dire "les brûlants qui volent". Ils se couvrent la face. Puis un homme serait appelé à voir sa gloire mais avant le "malheur à moi! car je suis perdu". Alors, toute impureté disparaît par le jugement dont le feu a consumé l’holocauste et ne peut plus avoir qu’à consumer toute iniquité chez le croyant. Il fallait qu’il eût conscience du feu du jugement sans en être atteint car tout ce qu’il était avait déjà été consumé dans la victime qui était sur l’autel.

A noter que si Ozias fut un bon roi, sa fin fut malheureuse puisqu’il s’éleva contre l’Eternel et mourut lépreux. C’est une figure de l’état moral du peuple d’Israël (voir 2 Chron. 26).
Au v. 5, il y a confession et il est donné à Esaïe de voir l’autel et d’y trouver la réponse à sa détresse. Car l’autel où brûlent les charbons ardents qui ont consumé le sacrifice, est un type de la croix où Christ a souffert une fois pour les péchés, le juste pour les injustes, afin qu’il nous amenât à Dieu (1 Pi. 3, 18). Esaïe est donc un homme purifié et il peut servir Dieu. A la question du Seigneur "qui enverrai-je, et qui ira pour nous?", il peut répondre "Me voici". Quant au Seigneur lui-même et dans les conseils éternels du Dieu saint, cette question n’a pas été posée. Son Fils unique, le Seigneur Jésus, a dit "Je viens, il est écrit de moi … (Ps. 40, 7)".
En rapport avec le
v. 8, souvenons-nous qu’il faut venir à la croix comme des pécheurs pour trouver la paix. Nous en repartons comme saints pour le servir. Quand notre conscience est parfaitement prête pour la gloire, nos cœurs sont alors vraiment prêts pour le servir. Et dans ces v. 8 à 13, le prophète est capable de dire, comme son maître, "Me voici, envoie-moi". Et au v. 11, il y a le cri de la foi, le "jusques à quand", sachant que le Seigneur ne peut rester sur ce jugement que le peuple mérite. L’endurcissement du peuple est un jugement de Dieu (cf Jean 12, 37-41). Alors, trois choses sont révélées au prophète, à savoir: la désolation et la solitude actuelles comme jugement de Dieu. Puis: un dixième rentrant après la captivité mais pour être brouté denouveau. Enfin: un tronc qui reste, une semence sainte. C’est le résidu croyant, formant le noyau d’un peuple nouveau. Ainsi la foi compte sur la fidélité de Dieu et Dieu répond, il y aura un résidu.

Autres notes
Le mot "séraphin" est dans Nombres 21 où il est appliqué aux serpents dans le désert. Cette prophétie est donnée l’année où mourut Ozias. C’était un bon roi. L’iniquité du peuple devint plus grande sous son successeur Jotham. // Le trône est ici un trône de jugement ou de gloire judiciaire. Cela ressort du chapitre et des citations qui en sont faites dans le NT comme en Matthieu 13, Jean 12, Actes 28. Dans un sens, le prophète représente le résidu. Il traverse les mêmes expériences que l’apôtre Jean en Apocalypse 1. // Ici, comme dans le ch. 3, l’orgueil précède l’écrasement et nous y trouvons aussi le trône de gloire. // Ici, Esaïe est jeune, Ainsi, l’année de la mort du roi Ozias est décisive pour ce jeune homme. Esaïe se reconnaît pécheur et a recours à la grâce de Dieu. Il réalise cette purification qui s’accomplit par ce qui parle du sacrifice de Christ, l’autel étant à côté du trône. Et Esaïe est empressé à répondre à l’appel en déclarant "me voici". Même pour cette étrange mission qu’il reçoit, à savoir annoncer ce message incompréhensible d’endurcissement qui est rappelé, par exemple, en Matt. 13, 14: "Et par eux s'accomplit la prophétie d'Ésaïe qui dit : "En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez point, et en voyant vous verrez et vous n'apercevrez point". // L’esprit de foi est préoccupé de la gloire de Dieu. Il ne cache pas le péché car la gloire de Dieu le manifeste mais il compte sur la grâce malgré le péché.

 

Chapitre 7

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Chapitres 7 à 9 v. 7
Ils contiennent la prophétie d’Emmanuel, avec la terre d’Emmanuel, et du Résidu. Il y a aussi la prophétie de l’Assyrien quand Emmanuel est là..
Chapitre 7 : message d'Esaïe à Achaz et, avec ch. 8.1-17 l'histoire prophétique d'Israël

1* Et il arriva, dans les jours d’Achaz, fils de Jotham, fils d’Ozias, roi de Juda, que Retsin, roi de Syrie*, et Pékakh, fils de Remalia, roi d’Israël, montèrent à Jérusalem pour lui faire la guerre; ** mais ils ne purent pas l’assiéger. 2 Et on rapporta à la maison de David, disant: La Syrie est venue prêter appui à* Éphraïm. Et son cœur fut agité, et le cœur de son peuple, comme les arbres de la forêt sont agités devant le vent. 3 Et l’Éternel dit à Ésaïe: Sors à la rencontre d’Achaz, toi et Shear-Jashub*, ton fils, au bout de l’aqueduc de l’étang supérieur, sur la route du champ du foulon; 4 et tu lui diras: Prends garde et sois tranquille; ne crains point, et que ton cœur ne défaille pas devant ces deux bouts* de tisons fumants, devant l’ardeur de la colère de Retsin et de la Syrie, et du fils de Remalia. 5 Parce que la Syrie a formé contre toi de mauvais desseins, Éphraïm [aussi] et le fils de Remalia, disant: 6 Montons contre Juda, et jetons-y l’alarme, et faisons-y pour nous une brèche, et établissons pour roi au milieu d’elle le fils de Tabeël; 7 ainsi dit le Seigneur, l’Éternel: Il ne s’accomplira pas et n’aura pas lieu; 8 car le chef de la Syrie, c’est Damas, et le chef de Damas, c’est Retsin. Et encore soixante-cinq ans, et Éphraïm cessera* d’être un peuple; 9 et le chef d’Éphraïm, c’est la Samarie, et le chef de la Samarie, c’est le fils de Remalia. Si vous ne croyez pas, vous ne subsisterez pas.
— v. 1* : hébreu : Aram ; comme 9:12. — v. 1** : date : A.C. 741, environ. — v. 2 : litt.: s’est posée sur. — v. 3 : un résidu reviendra. — v. 4 : hébreu : queues. — v. 8 : litt.: sera brisé.

10 Et l’Éternel parla encore à Achaz, disant: 11 Demande pour toi un signe de la part de l’Éternel, ton Dieu; demande-le dans les lieux bas ou dans les hauteurs d’en haut. 12 Et Achaz dit: Je ne [le] demanderai pas, et je ne tenterai pas l’Éternel. 13 Et il dit: Écoutez donc, maison de David: Est-ce peu de chose pour vous de lasser [la patience] des hommes, que vous lassiez aussi [la patience de] mon Dieu? 14 C’est pourquoi le Seigneur, lui, vous donnera un signe: Voici, la vierge concevra et elle enfantera un fils, et appellera son nom Emmanuel*. 15 Il mangera du caillé* et du miel, pour savoir rejeter le mal et choisir le bien. 16 Car avant que l’enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, le pays des deux rois duquel tu as peur* sera abandonné. 17 L’Éternel fera venir sur toi, et sur ton peuple et sur la maison de ton père, des jours qui ne sont pas venus depuis le jour qu’Éphraïm s’est retiré de Juda, — [savoir] le roi d’Assyrie.
— v. 14 : *Dieu avec nous. — v. 15 : ou : de la crème. — v. 16: avec l’idée d’aversion.

18 Et il arrivera, en ce jour-là, que l’Éternel sifflera la mouche qui est au bout des fleuves* d’Égypte, et l’abeille qui est dans le pays d’Assyrie; 19 et elles viendront et se poseront toutes dans les vallées désertes et dans les fentes des rochers, et sur toutes les broussailles, et sur tous les pâturages. 20 En ce jour-là, le Seigneur rasera avec un rasoir pris à louage au delà du fleuve, avec le roi d’Assyrie, la tête et les poils des pieds, et il* enlèvera aussi la barbe. 21 Et il arrivera, en ce jour-là, qu’un homme nourrira une jeune vache et deux brebis; 22 et il arrivera que, de l’abondance du lait qu’elles donneront, il mangera du caillé; car tous ceux qui seront de reste au milieu du pays mangeront du caillé* et du miel. 23 Et il arrivera, en ce jour-là, que tout lieu où il y avait mille ceps de mille [pièces] d’argent, sera [abandonné] aux ronces et aux épines; 24 on y viendra avec des flèches et avec l’arc, car tout le pays sera ronces et épines. 25 Et toutes les montagnes qu’on cultivait avec la bêche, — on n’y viendra pas, par crainte des ronces et des épines; et elles seront un lieu pour y envoyer le bœuf, et pour que les brebis le foulent.
v. 18 : voir la note à Exode 7:19. — v. 20 : c. à d. le rasoir. — v. 22 : ou : de la crème.

Commentaires
Depuis le ch. 7 et jusqu'au ch. 9, 7, il y a une nouvelle section ou série (troisième). Le chapitre six venait à point pour compléter le cinquième. Le chapitre six introduit en quelque sorte cette nouvelle série. La date n'est plus la mort d'Ozias mais bien les jours du méchant Achaz. Le règne de Jotham, entre Ozias et Achaz, n'entre pas en ligne de compte ici. Esaïe a donc connu une école de patience. Nous sommes en effet après le règne de Jotham, c'est-à-dire qu'après avoir répondu à l'appel de Dieu, environ 16 ans se sont écoulés avant qu'il commence son service public. Pour nous, il s'agit d'être disponible et obéissant (Matt. 8, 9), même s'il faut attendre. Esaïe, lui, est envoyé vers le méchant Achaz. L'heure est grave pour Juda qui est menacé par Retsin et par Pékakh, roi d'Israël. C'est Satan qui cherche à renverser le trône de David, mais Esaïe est chargé d'une bonne nouvelle puisque les deux agresseurs ne pourront accomplir leurs mauvais desseins. A propos de l'alliance de ces deux agresseurs, voir Ps. 89, 19-37. Au v. 4, par ces mots "deux bouts de tison fumants", il est évident que la fin de Retsin et d'Ephraïm est proche. Et Achaz, dans un même temps, entend cette révélation glorieuse: la naissance d'Emmanuel. Pourtant Achaz est indigne (cf v. 13 avec 2 Rois 16, 7). Ce chapitre comprend ainsi l'introduction d'un personnage: Emmanuel. Nous y avons aussi les grands principes du gouvernement de Dieu. Et Christ est l'accomplissement de la promesse de Dieu vis-à-vis de son peuple, ce peuple qui avait failli sous toutes les économies précédentes et qui avait attiré sur lui le gouvernement de Dieu. Et bien tout s'accomplit en Jésus. La famille de David a manqué et c'est en Christ seul que les Juifs trouvent la bénédiction qui s'attache à elle. Oui, c'est en la personne d'Achaz que la famille de David abandonne complètement la fidélité. Achaz imite l'autel qu'il a vu à Damas et le place dans le temple même de Dieu. Et bien, lorsque tout vient ainsi à manquer, la prophétie introduit la promesse de Christ afin d'être l'appui des fidèles. Et ce signe devait être dans la famille de David. C'est de toute importance. Oui, le Messie devait se montrer en Israël et Israël se montrer infidèle malgré la présence du Messie. Ce qui est en cène ici, c'est la maison de David et non Israël seul. Dans ce chapitre, remarquons que ce qui manque moralement au chrétien, c'est la conscience de sa relation avec Dieu, tout comme Israël avait abandonné Dieu pour se mettre avec Retsin. Quant au peuple de Dieu, ce n'est pas la force de l'ennemi qui est redoutable mais c'est son iniquité qui l'affaiblit. Oui, si nous cherchons un appui quelconque dans ce monde, Dieu nous abandonne, nous laissant subir les conséquences de notre choix. D'un côté, Pékakh et Retsin n'avaient aucune force contre Juda car Dieu ne voulait pas livrer Jérusalem à ces deux rois mais Achaz, craintif et incrédule, s'appuie sur l'Assyrien et c'est à lui qu'Israël doit être livré. En attendant, le vrai libérateur, le véritable appui, savoir Emmanuel, est présenté aux fidèles. Ainsi donc Achaz ne s'appuie pas sur Dieu. Et le roi d'Assyrie, sur lequel il s'appuie, devient pour lui un châtiment. Voilà ce qu'il faut craindre, c'est que Dieu prenne la verge. Il fait venir les ennemis, les mouches, l'ennemi qui pique puis le rasoir d'Assyrie qui rase tout, selon
v. 17 à 20. Dieu veut être notre force mais le cœur de l'homme ne le veut pas.

Ainsi, le ch. 7 donne en Achaz un exemple de l'endurcissement qui sera celui du peuple et du jugement qui l'atteindra (cf ch. 6, 9-10). Dans les v. 1 à 9, il y a un événement qui est prêt à se produire. C'est ce résidu qui revient de Shear-Jashub. Ce grand fait est comme enfanté par le prophète et l'accompagne partout. Il est à la base de tout ce qui va arriver. Remarquons que la prophétie précédente se terminait sur la promesse d'une semence sainte (ch. 6, 13).

L'Assyrie et Israël veulent détruire la semence de David. Achaz ne médite que cela mais Dieu a en vue Emmanuel et il annonce la destruction de ces deux ennemis de Juda. Puis au bout de soixante-cinq ans (v. 8), Ephraïm cessera d'être un peuple (2 Rois ch. 17, 6+). Dans les v. 10 à 17, Dieu veut en donner la confirmation à Achaz par un signe. Mais Achaz qui a mis sa confiance en l'Assyrie refuse sous prétexte de ne pas tenter l'Eternel, comme si l'Eternel, quand il fait une promesse, pour en revenir ou l'avoir annulée. C'est de l'incrédulité. Cela lasse la patience de Dieu mais ne l'empêche pas de donner un signe quant à la personne d'Emmanuel, le fils de la vierge, qui est donné comme un petit enfant dont Dieu suit la croissance parmi les autres, nourri comme eux, jusqu'à l'âge de savoir rejeter le mal et choisir le bien. A lui se rattache le retour du Résidu (Shear-Jashub) dans un temps futur. Et dans ce temps futur, le résidu ne sera pas délivré de Samarie mais de l'Assyrien des derniers jours (voir ME 1891 p. 69-70). A noter que l'enfant du v. 14 (Emmanuel) n'est pas le même que celui du v. 16 (qui se réfère plutôt à Shear-Jashub). Pour l'un il y a le terme de fils et pour l'autre d'enfant. Distinction. Si l'on compare encore les v. 13-14 avec les v. 16-17, on constate que l'enfant du prophète, Shear-Jashub, a le caractère d'un signe (cf ch. 8, 18), cependant un signe distinct de celui du grand signe de la vierge. Esaïe aura aussi un nouveau fils (ch 8, 1) dont son nom signifie "hâte du butin" et "promptitude du pillage". En ce temps là et avant qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien, Israël, la Syrie, la Samarie, Damas, seront détruits. Mais l'Assyrien auprès duquel Achaz avait cherché du secours sera contre Juda. L'Assyrien sera la verge de la colère de Dieu. Ainsi nous avons jusqu'ici l'assurance prophétique d'un retour du résidu, la promesse de la venue du Messie, Dieu avec nous, mais une tribulation sans précédent tombant sur Juda. Et cette tribulation trouve son expression dans l'Assyrien de la fin.

Alors, dans les v. 18 à 25, il y a la présentation du temps de la désolation amené par le conflit entre l'Egypte et l'Assyrie, le roi du midi et le roi du nord. Toutes choses servent l'Eternel pour l'accomplissement de ses desseins. A son appel (il sifflera), la mouche et l'abeille accourront. La mouche symbolise ici l'Egypte et rappelle à Israël que l'incrédulité du Pharaon avait attiré cette plaie désastreuse sur son pays (Ex. 8, 20-24). La désobéissance d'Israël le mettait à la merci des plaies de l'Egypte Ex. 15, 26), ainsi que de sa puissance (2 Rois 23, 31 à 35). Les abeilles, en grand nombre, poursuivent et environnent ceux qu'elles attaquent (Deut. 1, 44 et Ps. 118, 12). L'abeille représente ici l'Assyrie qui s'acharnera sur Israël. L'image du rasoir de louage pris au delà du fleuve, exprime à la fois l'étendue des ravages annoncés et la honte du peuple, car "il enlèvera aussi la barbe", causant deuil et humiliation pour Israël (2 Sam. 10, 4-5; Es. 15, 2; Jér. 41, 5). La fin du chapitre décrit la désolation du pays après le passage de l'Assyrien. La réponse de l'Eternel à l'incrédulité d'Achaz rappelle sa réponse à l'égard d'Adam: à trois reprises, en effet, Esaïe annonce que les ronces et les épines, fruits d'un sol placé sous la malédiction (Gen. 3, 18), vont remplacer les vignes et les cultures, illustrant l'avertissement toujours actuel: celui qui sème pour la chair, moissonnera, de la chair, la corruption (Gal. 6, 8).

Ainsi, ce conflit ne laissera rien subsister de Juda: tout le pays ne sera que ronces et épines; par l'Assyrien, Juda sera réduit à l'état du petit enfant qui vient de naître (v. 22). Mais c'est dans cette condition qu'il pourra rencontrer Emmanuel.

Chapitre 8

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Chapitres 7 à 9 v. 7
Ils contiennent la prophétie d’Emmanuel, avec la terre d’Emmanuel, et du Résidu. Il y a aussi la prophétie de l’Assyrien quand Emmanuel est là..
Ch. 8.1-17 l'histoire prophétique d'Israël / les dévastations de l'Assyrien

1 Et l’Éternel me dit: Prends-toi une grande plaque, et écris dessus avec un style d’homme: Maher-Shalal-Hash-Baz*. 2 Et je me pris de fidèles témoins pour témoigner, Urie, le sacrificateur, et Zacharie, fils de Jebérékia. 3 Et je m’approchai de la prophétesse, et elle conçut, et enfanta un fils; et l’Éternel me dit: Appelle son nom: Maher-Shalal-Hash-Baz; 4 car avant que l’enfant sache crier: Mon père, et, Ma mère, on emportera la puissance* de Damas et le butin de Samarie devant le roi d’Assyrie.
5 Et l’Éternel me parla encore, disant: 6 Parce que ce peuple rejette les eaux de Siloé qui vont doucement, et qu’il trouve son plaisir en Retsin et dans le fils de Remalia; 7 à cause de cela, voici, le Seigneur fait monter sur eux les eaux du fleuve, fortes et grosses, le roi d’Assyrie et toute sa gloire; et il montera sur tout son lit, et s’en ira par-dessus tous ses bords; 8 et il traversera Juda, il débordera et passera outre, il atteindra jusqu’au cou; et le déploiement de ses ailes remplira la largeur de ton pays, ô Emmanuel.
9 Associez-vous*, peuples, et vous serez brisés; et prêtez l’oreille, vous tous qui habitez au loin sur la terre! Ceignez-vous, et vous serez brisés! Ceignez-vous, et vous serez brisés! 10 Prenez un conseil, et il n’aboutira à rien; dites la parole*, et elle n’aura pas d’effet: car *Dieu est avec nous**. 11 Car ainsi m’a dit l’Éternel avec main forte, et il m’a averti de ne pas marcher dans le chemin de ce peuple, disant: 12 Ne dites pas conjuration, de tout ce dont ce peuple dira conjuration, et ne craignez pas leur crainte, et ne soyez pas effrayés; 13 l’Éternel des armées, lui, sanctifiez-le, et que lui soit votre crainte, et lui, votre frayeur; 14 et il sera pour sanctuaire, et pour pierre d’achoppement et rocher de trébuchement aux deux maisons d’Israël, pour piège et pour lacet aux habitants de Jérusalem. 15 Et beaucoup d’entre eux trébucheront, et tomberont, et seront brisés, et enlacés, et pris. 16 Lie le témoignage, scelle la loi parmi mes disciples. 17 Et je m’attendrai à l’Éternel qui cache sa face de la maison de Jacob, et je l’attendrai.
18 Voici, moi et les enfants que l’Éternel m’a donnés, nous sommes pour signes et pour prodiges en Israël de la part de l’Éternel des armées qui demeure en la montagne de Sion. 19 Et s’ils vous disent: Enquérez-vous des évocateurs d’esprits et des diseurs de bonne aventure, qui murmurent et qui chuchotent, … un peuple ne s’enquiert-il pas de son Dieu? [ira-t-il] aux morts pour les vivants? 20 À la loi et au témoignage! S’ils ne parlent pas selon cette parole, il n’y a pas d’aurore pour lui*.
21 Et il passera là, affligé et ayant faim; et il arrivera que, lorsqu’il aura faim, il se dépitera, et maudira son roi et son Dieu; 22 et il regardera en haut, et il fixera son regard sur la terre, et voici la détresse et les ténèbres, l’obscurité de l’angoisse! et il est repoussé dans d’épaisses ténèbres.

v. 1 : Qu’on se dépêche de butiner, on hâte le pillage. — v. 4 : ou : les richesses.
v. 9 : ou : Poussez des cris de guerre ; quelques-uns : Soyez méchants. — v. 10* : litt.: dites parole. — v. 10** : hébreu : Emmanuel.
v. 20 : c. à d. pour le peuple.

Commentaires
Ce chapitre met en scène, dans les v. 1 à 20, l'enfant prophétique annoncé au ch. 7, 16. Son nom, Maher-Shalal-Hash-Baz signifie "qu'on se dépêche de butiner, on hâte le pillage". Cela signifie aussi la dévastation des deux ennemis de Juda, c'est-à-dire Israël et la Syrie, par l'Egypte. Cette mise en cène de l'enfant se trouve dans les
v. 1 à 4. Et dans les v. 5 à 8, nous apprenons que c'est l'Eternel, et même Achaz, qui suscite l'Assyrien contre les dix tribus jointes à la Syrie. Mais l'Assyrien sera aussi la verge de l'Eternel contre Juda quoique, pour l'instant, il passera outre. Mais il remplira plus tard le pays d'Emmanuel, selon v. 14. Ceci reporte la prophétie au temps de la fin.

Dans les v. 9 à 17 Emmanuel est annoncé. Il devient la confiance du résidu. Oui, toutes les associations des peuples et de l'Israël incrédule se terminent par le brisement des nations (v. 9), puis par celui des maisons d'Israël et de Juda (au v.14). Quant à Emmanuel, il mettra fin à tous ces conseils d'hommes, selon v. 10. Et le résidu, au v. 11, est préservé par la présence d'Emmanuel de marcher dans le chemin d'Achaz, de craindre les conjurations de Samarie et de Damas, au v. 12. Quant à l'Eternel, lui seul doit être la crainte d'Israël et le salut du résidu, mais Emmanuel sera pour sanctuaire au Résidu et pour piège et lacet aux habitants de Jérusalem qui n'ont pas confiance en l'Eternel (au v. 14). C'est ce qui est arrivé à la première venue de Christ en ce que beaucoup ont été enlacé. Mais les disciples, tout comme le résidu de Juda, sont préservés et seront sauvés (cf Rom. 9, 33 qui est une citation du v.14). Au v. 14, nous avons ce signe qui est refusé par Achaz, à savoir le don d'Emmanuel. C'est le signe de la vraie délivrance, mais en même temps est annoncé le jugement que Juda attire sur lui par son iniquité. Ce jugement aura lieu par le moyen du roi d'Assyrie qui réduira le pays en désolation. Cela donne lieu, dans ce ch. 8, à la prophétie qui prédit le jugement des derniers jours.

Dans les v. 18 à 20, nous y avons Esaïe, type de Christ, qui parle. Il y a la présentation d'un résidu à Juda et le jugement de la masse du peuple. Tout ce qui est annoncé aura lieu. Mais en même temps le prophète touche aux événements d'alors. Quant à Israël, il sera un prodige devant Dieu pendant ce temps de rejet puisque, comme Saül, il s'adonnera aux évocateurs d'esprits et ira aux morts pour les vivants. Quant au Résidu, il s'enquerra du Messie et tiendra ferme. Oui, ils retourneront à la loi et au témoignage. C'est le canal pour l'aurore milléniale. Ainsi donc les deux enfants prophétiques sont d'un côté le témoignage du jugement et de l'autre, de la restauration.

Les deux derniers versets de ce chapitre 8 (v. 21 et 22), font partie de la prochaine section qui va jusqu'au ch. 9, 7. Dans cela, nous avons comme un appendice à la troisième série qui nous montre, dans ces v. 21 et 22, l'état de ceux qui ne font pas partie du résidu croyant de la fin, c'est-à-dire que nous y avons l'affliction, la tribulation, les malédictions, qui sont la part de l'incrédulité contre Christ (ch. 5, 30). Ainsi, sur la terre, il n'y a que des détresses, des ténèbres et des angoisses. Même le roi sera maudit, ce roi qui est sans doute l'Antichrist.

Juste un mot sur les v. 1 à 7 du ch. 9. Le prophète y prend comme point de départ le temps où le Christ sera présent dans le pays pour arriver au temps de son retour. Il introduit la délivrance des derniers jours et encourage le résidu. Ce dernier avait le Christ (v. 1 et 2) mais il l'aura à la fin, rétablissant le peuple dans la jouissance de toutes les promesses.

Dans ce chapitre, l'imminence du jugement de Samarie et de Damas est confirmée par deux avertissements: une grande plaque sur laquelle est écrit "Maher-Shalal-Hash-Baz", et la naissance d'un fils du prophète qui porte le même nom signifiant "Qu'on se dépêche de butiner". Mais Juda doit prendre garde. Il rejette les eaux paisibles de Siloé qui veut dire "envoyé". L'interprétation est donnée en Jean 9, 7.Là, l'aveugle-né s'y rend sur l'ordre de Jésus et revient voyant. La puissance de l'Esprit et de la Parole, faisant connaître Christ comme l'envoyé du Père, lui donne la vue. Achaz et Juda rejettent l'Envoyé, Emmanuel: il ne reste pour eux que le jugement. Dès lors, le temps est proche où le déploiement des ailes du roi d'Assyrie remplira la largeur du pays d'Emmanuel (v. 8).

Les deux grands principes qui dominent toute la prophétie d'Esaïe sont
: le Messie lui-même et d'autre part l'Assyrien. Le peuple a refusé le premier. Il aura à faire au second. Dans Esaïe et dans le chapitre 8, pour garder le fil conducteur dans les paroles prophétiques, n'oublions pas que le peuple rebelle et apostat est tantôt en vue dans son ensemble, comme dans les
versets 11, 14, 15, 19 … ainsi que le résidu fidèle auquel l'esprit s'adresse également ici. La citation du v. 18 dans Héb. 2, 13 nous permet de voir, dans le prophète et ses fils (ch. 7, 3 et 8 v. 1): Christ se présentant devant Dieu avec ses disciples, selon v. 16. Il les appelle "ses frères" selon Jean 20, 17. Quant à l'Assyrien, il est comparé à un fleuve dont les eaux montent, débordent, et atteignent jusqu'au cou. Mais arrivé là, Dieu revendique contre lui les droits de Christ. Dans l'ordre des passages, la prophétie commence au ch. 7 et se termine au ch. 9, 7. Et il y a une liaison selon ch. 5, 26 et ch. 9, 8, en relation avec l'histoire générale d'Israël. Les chapitres 6, 7, 8 et 9 v. 6-7 sont une parenthèse pour introduire le Messie. Ayons soin de ne pas craindre la proximité de Dieu.

Ce ch. 8, mis en rapport avec Jérémie ch. 15, fournit une instruction très précieuse quant à l'attitude des fidèles au sujet des difficultés lors d'alliances, humiliation en commun et rassemblement. Ces difficultés ne sont pas seulement aux jours d'autrefois mais de tous les temps.

 

Chapitre 9

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Chapitres 7 à 9 v. 7
Ils contiennent la prophétie d’Emmanuel, avec la terre d’Emmanuel, et du Résidu. Il y a aussi la prophétie de l’Assyrien quand Emmanuel est là..
Ch. 9.1-7: la venue de Christ annoncée. Ch. 9.8-21 (+10. 1-4): la colère de Dieu contre son peuple
Ch. 9. 8-12: l'orgueil de Jacob
Ch. 9. 13-17: l'esprit de rébellion
Ch. 9. 18-21: la méchanceté du peuple

1 Toutefois l’obscurité ne sera pas selon que la détresse fut sur la terre*, quand au commencement il pesa légèrement sur le pays de Zabulon et le pays de Nephthali, et plus tard s’appesantît [sur elle] **,… chemin de*** la mer, au delà du Jourdain, Galilée des nations: 2 le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière; ceux qui habitaient dans le pays de l’ombre de la mort,… la lumière a resplendi sur eux! 3 Tu as multiplié la nation, tu lui as accru la joie; ils se réjouissent devant toi, comme la joie à la moisson, comme on est transporté de joie quand on partage le butin. 4 Car tu as cassé le joug qui pesait sur elle, et la verge de son épaule, le bâton de son oppresseur, comme au jour de Madian. 5 Car toute chaussure de guerre qu’on chausse pour le tumulte, et le manteau roulé dans le sang, seront un embrasement, la pâture du feu. 6 Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule; et on appellera son nom: Merveilleux, Conseiller, *Dieu* fort, Père du siècle**, Prince de paix. 7 À l’accroissement de [son] empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le* soutenir en jugement** et en justice, dès maintenant et à toujours. La jalousie de l’Éternel des armées fera cela.
* 8 Le Seigneur a envoyé une parole à Jacob, et elle tombe sur Israël; 9 et le peuple tout entier le saura, Éphraïm et celui qui habite la Samarie, qui disent avec orgueil et avec hauteur de cœur: 10 Les briques sont tombées, nous bâtirons en pierres de taille; les sycomores ont été coupés, nous les remplacerons par des cèdres. 11 Mais l’Éternel suscitera les adversaires de Retsin contre lui, 12 et armera* ses ennemis, les Syriens, à l’est**, et les Philistins, à l’ouest**; et ils dévoreront Israël à gueule ouverte. Pour tout cela, sa colère ne s’est pas détournée, et sa main est encore étendue.
13 Mais le peuple ne retourne pas à celui qui le frappe, et ne recherche pas l’Éternel des armées. 14 Et l’Éternel retranchera d’Israël la tête et la queue, la branche de palmier et le jonc, en un seul jour: 15 l’ancien et l’homme considéré, lui, est la tête; et le prophète qui enseigne le mensonge, lui, est la queue. 16 Car les conducteurs de ce peuple le fourvoient, et ceux qui sont conduits par eux périssent*. 17 C’est pourquoi le Seigneur ne se réjouira pas en leurs jeunes gens, et n’aura pas compassion de leurs orphelins et de leurs veuves; car tous ensemble, ce sont des profanes et des gens qui font le mal, et toute bouche profère l’impiété. Pour tout cela, sa colère ne s’est pas détournée, et sa main est encore étendue.
18 Car la méchanceté brûle comme un feu, elle dévore les ronces et les épines, et embrase les épaisseurs de la forêt, et roule et s’élève en colonne de fumée. 19 Par la fureur de l’Éternel des armées le pays est consumé, et le peuple est comme ce qui alimente le feu: l’un n’épargne pas l’autre. 20 Et on arrache à droite, et on a faim; et on dévore à gauche, et on n’est pas rassasié. Ils mangent chacun la chair de son bras: 21 Manassé, Éphraïm, et Éphraïm, Manassé; [et] ceux-ci ensemble sont contre Juda. Pour tout cela, sa colère ne s’est pas détournée, et sa main est encore étendue.

— v. 1* : litt.: sur elle.— v. 1** : c. à d. sur la terre (ou : le pays). — v. 1*** : comme ailleurs, dans le sens de : du côté de, vers. — v. 6* : El. — v. 6** : ou : d’éternité. — v. 7* : c. à d. le royaume. — v. 7** : juste jugement.
— v. 12* : ou : excitera. — v. 12** : litt.: par devant… par derrière.
— v. 16 : litt.: sont engloutis.

Commentaires
Le début de ce chapitre se rattache à la fin du précédent. Ce début de chapitre décrit un autre état. Il y est question d'une obscurité qui n'est pas l'équivalent de la détresse future sur la terre. Le
v. 1er mentionne Zabulon et Nephtali (qui constituent sensiblement la Galilée). Ces deux tribus ont été légèrement frappées, sans doute par les Syriens (1 Rois 15, 20). Plus tard, tout le pays sera concerné. Mais vers la mer, en delà du Jourdain vers la Galilée, il y a un chemin avec une grande lumière qui resplendit. Cela fait contraste avec l'obscurité décrite. Le discours prophétique s'est interrompu devant cette grande lumière. Ainsi, la Galilée des nations a été le théâtre sur lequel se déployait cette grande lumière lors de la première venue de Christ. Maintenant Emmanuel a paru. Cette lumière est venue. C'est la joie de la moisson, la victoire sur l'ennemi et le jugement des nations qui asservissaient Israël. La victoire est remportée ou plutôt elle le sera puisqu'un enfant nous est né: le fils est donné à ce résidu puisque la nation n'en a pas voulu. L'accroissement de son royaume sera sans fin. Ce sera le règne de justice, le triomphe de l'Eternel. Donnons ici un résumé de la troisième série: le jugement de l'Assyrien était annoncé et cela lorsque Juda aura cru trouver en lui une aide contre l'alliance d'Israël (Ephraïm) avec la Syrie. Mais l'Assyrien lui-même sera détruit et l'apparition d'Emmanuel en est le gage certain. C'est lui qui délivrera le résidu, qui le présentera devant Dieu comme les enfants que Dieu lui a donnés. Toutes les confédérations humaines et des nations seront brisées par lui. L'ombre de la mort dans laquelle se trouve le peuple a été dissipée par sa venue mais la pleine délivrance du peuple ne sera opérée que lorsqu'il aura acquis tous ces titres et institué un royaume de justice et de paix. Le prophète annonce que l'Assyrien viendra et détruira Israël puis aussi Juda. Mais le prophète annonce aussi et surtout la présence de Christ: Emmanuel. C'est une preuve positive que le peuple sera restauré lorsque l'Assyrien futur envahira le pays.

La première venue de Christ est donc mentionnée au ch. 8, 11-17 et 9, 1-2. Le NT en fait écho dans Matt. 4, 13-16; Marc 1, 14 et Luc 4, 14. Le petit noyau de croyants d'alors devint le commencement de l'Eglise, sujet que ne touche pas Esaïe, mais pleinement révélé par l'apôtre Paul après que le Seigneur Jésus mort et ressuscité se soit assis à la droite de Dieu dans le ciel. Et à la fin, le résidu verra Christ dans sa gloire, rétablissant le peuple dans toute la jouissance des promesses. Mais avant cela, que de chemin à parcourir car l'Eternel cache sa face pour un temps à la maison de Jacob. Quant au v. 6, il vaut la peine de considérer les différents noms en relation avec Christ. Merveilleux: il l'est dans l'insondable mystère de sa personne car personne ne connaît le Fils si ce n'est le Père (Matt. 11, 27). Ce nom n'avait pu être révélé à Manoah (Juges 13, 18), ni non plus à Esaïe, car ce n'est qu'à l'annonce de sa venue comme Sauveur qu'il fut annoncé à Marie: tu appelleras son nom Jésus (Luc 1, 31), ce nom au-dessus de tout nom (Phil. 2, 9). Il est aussi Conseiller. Christ est seul digne de porter ce nom, lui, la puissance et la sagesse de Dieu (cf Rom. 9, 5; 1 Cor. 1, 24; Ps. 104, 24). Dieu fort: le conseil et la puissance sont liés. C'est pourquoi Christ est aussi le Dieu fort. Il est celui qui soutient toutes choses par la parole de sa puissance et a fait par lui-même la purification des péchés (Héb. 1, 3). Quant à son titre de Père du siècle, il lui revient de plein droit car toutes choses ont été créées par lui et pour lui (cf Col. 1, 17 et Apoc. 21, 5). Il est enfin Prince de paix. Lui seul peut revendiquer ce titre. Il est notre paix. Il a fait la paix par le sang de sa croix (cf Eph. 2, 14; Mich. 5, 5; Col. 1, 20). Ces différents titres nous font saisir quelque chose de la gloire de sa personne, de son règne et du bonheur parfait de la création sous sa domination.

Puis, à partir du v. 8 de ce ch. 9 et jusqu'au ch. 12, nous avons la quatrième série, cela après la parenthèse qui allait du ch. 6 au ch. 9, 7. Le prophète reprend le cours des évènements avec ces jugements successifs et la colère de l'Eternel qui n'est pas encore détournée. Sa main est encore étendue. Elle l'était au ch. 5, 25 et il y a une liaison avec le ch. 9, 12,17,21 et le ch. 10, 4. Il y a un aboutissement par un jugement final nécessaire pour que le règne puisse être introduit. Alors, depuis ce ch. 9, 8 et jusqu'au ch. 10, 4, Israël est châtié. Et d'abord, dans les v. 8 à 12, les dix tribus représentées par Ephraïm ou Samarie sont jugées par l'Assyrien, après l'avoir été par la Syrie et les Philistins. Et dans les v. 13 à 17, cela ne suffit pas. Il y aura un jugement de leurs conducteurs, de leurs princes, de leurs faux prophètes, ceux sous lesquels on s'abrite et ceux sur lesquels on s'appuie. Le même jugement sera prononcé au ch. 19, 15 (cf Apoc. 9, 19) sur l'Egypte. Puis, dans les v. 18 à 21, cela ne suffit toujours pas car Ephraïm et les tribus au-delà du Jourdain entrent en conflit avec Juda. Il y a donc des dissensions intestines, on se consume l'un l'autre, on se mange chacun son bras. Cela ne fait-il pas penser à l'avertissement donné aux frères, selon Gal. 5, 13-15. Voir aussi Gen. 41, 51-52. Puis, dans les v. 1 à 4 du ch. 10, cela ne suffit toujours pas: les juges ont opprimé les pauvres. Il n'y a aucun recours pour ces oppresseurs coupables, .. au jour de la visitation, et cependant la colère et les jugements de l'Eternel ne sont pas encore arrêtés.

La main étendue fait pour ainsi dire suite aux malheurs du chapitre cinquième.

Autres remarques au sujet des v. 1 à 3 + 6: c'est donc dans cette Galilée méprisée que Jésus a accompli la plus grande partie de son ministère. Mais les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière (cf Matt. 4, 15-16; Jean 1, 9-10 et 3, 19). En Es. 9, 3, nous avons d'emblée la joie d'Israël car il faut se rappeler que nos versets passent par-dessus le temps du rejet du Seigneur et par-dessus le temps de l'Eglise dont il n'est jamais question dans les prophètes. Quant au v. 6, les noms qui sont donnés sont autant de sujets bénis de méditations pour nos âmes.

Chapitre 10

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Ch. 9.8-21 (+10. 1-4): la colère de Dieu contre son peuple
Ch. 10.5-34
: l'Assyrien

1 Malheur à ceux qui rendent des décrets d’iniquité, et à ceux qui écrivent des arrêts d’oppression*, 2 pour empêcher que justice ne soit faite aux pauvres, et pour ravir leur* droit aux affligés de mon peuple; pour faire des veuves leur proie et piller les orphelins. 3 Et que ferez-vous au jour de la visitation et de la destruction qui vient de loin? Vers qui vous enfuirez-vous pour avoir du secours, et où laisserez-vous votre gloire? 4 [Il ne reste] qu’à se courber* sous les prisonniers; et ils tomberont sous ceux qui sont massacrés. Pour tout cela, sa colère ne s’est pas détournée, et sa main est encore étendue.
5 Ha! l’Assyrie, verge de ma colère! Et le bâton qui est dans leur main, c’est mon indignation! 6 Je l’enverrai contre une nation profane; et je lui donnerai un mandat contre le peuple de ma fureur, pour [le] butiner et [le] piller*, et pour le fouler aux pieds comme la boue des rues. 7 Mais lui n’en juge pas ainsi, et son cœur ne pense pas ainsi; car il a au cœur de dévaster et de retrancher des nations, pas en petit nombre. 8 Car il a dit: Mes princes ne sont-ils pas tous des rois? 9 Calno* n’est-elle pas comme Carkemish? Hamath n’est-elle pas comme Arpad? Samarie n’est-elle pas comme Damas? 10 Comme ma main a trouvé les royaumes des idoles (et leurs images étaient plus que celles de Jérusalem et de Samarie), 11 ne ferai-je pas à Jérusalem et à ses images ainsi que j’ai fait à Samarie et à ses idoles?
12 Et il arrivera que, quand le Seigneur aura achevé toute son œuvre contre la montagne de Sion et contre Jérusalem, je visiterai le fruit de l’arrogance du cœur du roi d’Assyrie et la gloire de la fierté de ses yeux. 13 Car il a dit: Par la force de ma main je l’ai fait, et par ma sagesse, car je suis intelligent; et j’ai ôté les bornes des peuples, et j’ai pillé leurs trésors, et comme un [homme] puissant j’ai fait descendre ceux qui étaient assis [sur des trônes]. 14 Et ma main a trouvé comme un nid les richesses des peuples; et, comme on ramasse des œufs délaissés, moi, j’ai ramassé toute la terre, et il n’y en a pas eu un qui ait remué l’aile, ni ouvert le bec, ni crié. 15 — La cognée se glorifiera-t-elle contre celui qui s’en sert*? La scie s’élèvera-t-elle contre celui qui la manie? Comme si la verge faisait mouvoir ceux qui la lèvent, comme si le bâton levait celui qui n’est pas du bois**! 16 C’est pourquoi le Seigneur, l’Éternel* des armées, enverra la maigreur parmi ses [hommes] gras, et, sous sa gloire, allumera un incendie comme un incendie de feu. 17 Et la lumière d’Israël sera un feu, et son Saint, une flamme; et il brûlera et dévorera ses* épines et ses ronces, en un seul jour; 18 et il consumera la gloire de sa forêt et de son champ fertile*, depuis l’âme jusqu’à la chair; et il en sera comme d’un malade qui va dépérissant. 19 Et le reste des arbres de sa forêt sera un petit nombre, et un enfant les inscrirait. 20 Et il arrivera, en ce jour-là, que le résidu d’Israël et les réchappés de la maison de Jacob ne s’appuieront plus sur celui qui les a frappés; mais ils s’appuieront sur l’Éternel, le Saint d’Israël, en vérité. 21 Le résidu reviendra*, le résidu de Jacob, au *Dieu fort; 22 car ton peuple Israël fût-il comme le sable de la mer, un résidu [seulement] reviendra*; la consomption décrétée débordera en justice. 23 Car le Seigneur, l’Éternel des armées, accomplit au milieu de toute la terre* une consomption, et une [consomption] décrétée**.
24 C’est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l’Éternel des armées: Mon peuple, qui habites en Sion, ne crains pas l’Assyrien! Il te frappera avec une verge et lèvera son bâton sur toi à la manière de l’Égypte; 25 car encore très peu de temps, et l’indignation sera accomplie, et ma colère, dans leur destruction. 26 Et l’Éternel des armées suscitera contre lui un fouet, comme Madian a été frappé au rocher d’Oreb; et son bâton [sera] sur la mer, et il le lèvera à la manière de l’Égypte. 27 Et il arrivera en ce jour-là, que son fardeau sera ôté de dessus ton épaule, et son joug de dessus ton cou; et le joug sera détruit à cause de l’onction*…. 28 Il est arrivé à Aïath, il a traversé Migron, il a déposé ses bagages à Micmash. 29 Ils ont passé le défilé; ils ont dressé leur camp à Guéba. Rama* tremble, Guibha de Saül a pris la fuite. 30 Pousse des cris, fille de Gallim! Fais attention, Laïs! — Pauvre Anathoth! 31 Madména est en fuite, les habitants de Guébim se sauvent. 32 Encore un jour d’arrêt à Nob; il menace de sa main la montagne de la fille de Sion, la colline de Jérusalem… 33 Voici, le Seigneur, l’Éternel des armées, abat les hautes branches avec violence, et ceux qui sont grands de stature seront coupés, et ceux qui sont élevés seront abaissés; 34 et il éclaircira avec le fer les épais taillis de la forêt, et le Liban tombera par un puissant.

v. 1 : litt.: [aux] écrivants [qui] écrivent l’oppression. — v. 2 : litt.: le. — v. 4 : ou : Sans moi, ils se courberont.
v. 6 : litt.: butiner un butin et piller un pillage. — v. 9 : Calné, Genèse 10:10.
v. 15* : litt.: qui en coupe. — v. 15** : ou : se levait [comme s’il n’était] pas du bois. — v. 16 : quelques-uns : le Seigneur. — v. 17 : c. à d. d’Assur. — v. 18 : ou : son Carmel. — v. 21, 22 : "Un résidu reviendra" (Shear-Jashub) est le nom du premier fils prophétique. — v. 23* : ou : tout le pays. — v. 23** : ces paroles sont une expression technique qui sert à désigner les derniers jugements qui précèdent le règne du Messie.
v. 27 : litt.: huile ; quelques-uns, continuant la métaphore, traduisent : la graisse, la prospérité. — v. 29 : voir Juges 19:13.

Commentaires
Nous avions vu que les
v. 1 à 4 se rattachent au ch. 9 où Israël était châtié. C'est le mépris des pauvres, des veuves et des orphelins. Leurs droits les plus élémentaires sont bafoués. Et pourtant, une injustice incomparablement plus grande sera commise lorsque Jésus, le saint et le juste, reconnu innocent par ses juges, sera condamné à être crucifié. Quel secours pourrait-il y avoir pour ceux qui agissent ainsi? Les plus élevés seront donc les plus abaissés et le sort de ceux qui auront fait tort aux opprimés sera d'autant plus misérable qu'ils auront abusé de leur pouvoir. Ainsi, la colère divine est encore là et sa main est encore étendue.

Les v. 5 à 34 mentionnent qu'il arrivera pourtant un moment où le Seigneur aura achevé son œuvre contre la montagne de Sion et contre Jérusalem (v. 12) et où il incitera l'instrument même de ce jugement. Et dans les v. 5 à 11, en effet, à son retour, l'Assyrien, verge de la colère de l'Eternel contre son peuple éprouvera cette colère. Son orgueil hautain en est la cause. Il assimile les idoles des nations avec celles de Samarie et de Jérusalem, comme si ce n'était pas précisément à cause de leurs idoles que l'une et l'autre se trouvent sous la main de l'Eternel étendue en jugement. Les v. 7 et 8 montres l'élévation de l'Assyrien. Il pense avoir prouvé sa supériorité sur les idoles de Calno et de Carkémish et croit maintenant qu'il est supérieur à Dieu lui-même. C'est l'esprit de l'homme de péché (cf 2 Thes. 2, 4). Dans les v. 12 à 23, cette œuvre envers Israël étant achevée, l'Eternel remet en mémoire l'orgueil de l'Assyrien qui se vante de sa puissance et de sa sagesse et de son intelligence parce qu'il a subjugué les autres peuples. C'est pourquoi l'Assyrien sera consumé par l'Eternel quand la lumière d'Israël paraîtra. En ce jour-là, le résidu d'Israël et les réchappés de Juda ne s'appuieront plus, comme l'a fait la masse infidèle, sur celui qui les a frappés (l'Assyrien). Mais ils s'appuieront sur l'Eternel, le Saint d'Israël, en vérité. Le résidu reviendra (allusion à Shear-Jashub) lors de la consomption décrétée, c'est-à-dire lors des derniers jugements funestes au peuple apostat, jugements qui précèdent le règne du Messie. L'Assyrien sera, selon v. 17, consumé quand la lumière d'Israël, Christ, sera là. Dans les v. 26 à 34, c'est à ce résidu en Sion que l'Eternel s'adresse pour le rassurer. L'indignation et la colère vont enfin être accomplies dans le jugement de l'Assyrien. Il est écrit ici tel qu'il a eu lieu sous Sankhérib, alors qu'il paraissait triompher, mais c'est en même temps l'image anticipée du jugement futur de l'Assyrien, à la fin des temps. Ainsi donc, ce ch. 10 va jusqu'au jugement du dernier jour. Il commence par un appel à l'Assyrien qui se vante de tout ce qu'il a fait mais le Seigneur dit "encore très peu de temps" (v. 25). Ce sera la fin de l'Assyrien et la délivrance du résidu (v. 27). La destruction de Sankhérib, tout comme celle des Egyptiens, au début de l'histoire du peuple, ont quelque analogie. Quant à la consomption (ch. 28, 22), c'est une expression remarquable qui se trouve aussi en Dan. 9, 27 et en Soph. 1, 18. Ce mot signifie: le dernier jugement de Dieu pour introduire le règne de Christ, le temps où la justice régnera. Alors, dans les derniers versets, tout est consommé: l'Assyrien; littéralement, Sankhérib est détruit (selon v. 28 à 32). Mais avant cela, remarquons combien sa progression était rapide et terrifiante.

Autres notes: l'Assyrien historique (ch 36, 1) n'est qu'une pâle figure du terrible Assyrien prophétique qui envahira Israël peu avant le règne de Christ. Dans son indignation, Dieu ordonnera cette attaque contre son peuple mais l'agresseur en profitera pour s'attribuer ces succès et même s'élever contre Dieu (ch 36, 13 et 15). Mais en 2 Rois 19, 23, nous avons: "Par tes messagers tu as outragé le Seigneur, et tu as dit: Avec la multitude de mes chars j'ai gravi le haut des montagnes, les parties reculées du Liban, et je couperai ses hauts cèdres, l'élite de ses cyprès, et je parviendrai jusqu'à son dernier gîte, à la forêt de son Carmel." Ainsi donc, folie de la part de l'homme car l'outil n'est rien sans la main qui le manie. Lorsque Dieu aura fini de se servir de cette verge, il y mettra le feu comme l'on brûle un simple bâton: 10 v. 16 à cf avec ch. 30, 31-33. Quant à nous, souvenons-nous que nous ne sommes que de simples instruments que le Seigneur peut mettre de côté ou remplacer comme il lui plaît. La pensée finale de Dieu n'est pas le jugement mais la grâce: un résidu reviendra (v. 21-22 cités en Rom. 9, 27-28).

En Mich. 5, 1-7, lorsque l'Assyrien entre dans la terre d'Israël, Christ s'y trouvera aussi. Historiquement, cela n'est pas arrivé. Il cherchera à faire une alliance de paix. Et le type très remarquable de l'attaque finale de l'Assyrien se trouve dans l'histoire de Sankhérib contre Ezéchias. Ce sont les ch. 36 à 39. Oui, selon le ch. 10, 16, quand l'Assyrien aura tout accompli, ce sera la fin de la colère contre Israël. Puis c'est la destruction de l'Assyrien et non celle de l'Antichrist qui aura déjà été détruit, qui signifie la fin de la colère.

Chapitre 11

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Bénédiction qui découle de l'exécution du jugement. C'est le bonheur d'Israël sous le règne de Christ.

Voir à propos du v. 1: Jér. 23, 5-6 / v. 1-9:Mich. 5, 2; Es. 7, 14; 9, 6-7; Dan. 9, 24-26 /
v. 10: Rom. 15, 12 / v. 12: Dan. 11, 44

1 Et il sortira un rejeton du tronc d’Isaï, et une branche de ses racines fructifiera; 2 et l’Esprit de l’Éternel reposera sur lui, l’esprit de sagesse et d’intelligence, l’esprit de conseil et de force, l’esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel. 3 Et son plaisir sera la crainte de l’Éternel; et il ne jugera pas d’après la vue de ses yeux, et ne reprendra* pas selon l’ouïe de ses oreilles; 4 mais il jugera avec justice les misérables, et reprendra avec droiture les débonnaires de la terre; et il frappera la terre avec la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. 5 Et la justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité, la ceinture de ses flancs. 6 Et le loup habitera avec l’agneau, et le léopard couchera avec le chevreau; et le veau et le jeune lion, et la bête grasse, seront ensemble, et un petit enfant les conduira. 7 La vache paîtra avec l’ourse, leurs petits coucheront l’un près de l’autre, et le lion mangera de la paille comme le bœuf. 8 Le nourrisson s’ébattra sur le trou de l’aspic, et l’enfant sevré étendra sa main sur l’antre de la vipère. 9 On ne fera pas de tort, et on ne détruira pas, dans toute ma sainte montagne ; car la terre* sera pleine de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux couvrent [le fond de] la mer. 10 Et, en ce jour-là, il y aura une racine d’Isaï, se tenant là comme une bannière* des peuples : les nations la rechercheront, et son repos sera gloire.
11 Et il arrivera, en ce jour-là, que le Seigneur mettra sa main encore une seconde fois pour acquérir le résidu de son peuple, qui sera demeuré de reste, de l’Assyrie, et de l’Égypte, et de Pathros*, et de Cush**, et d’Élam***, et de Shinhar, et de Hamath, et des îles de la mer. 12 Et il élèvera un étendard devant les nations, et rassemblera les exilés d’Israël, et réunira les dispersés de Juda des quatre bouts de la terre. 13 Et la jalousie d’Éphraïm s’en ira, et les adversaires de Juda seront retranchés; Éphraïm ne sera pas rempli d’envie contre Juda, et Juda ne sera pas l’adversaire d’Éphraïm; 14 mais ils voleront sur l’épaule des Philistins vers l’ouest, ils pilleront ensemble les fils de l’orient: Édom et Moab seront la proie de leurs mains, et les fils d’Ammon leur obéiront. 15 Et l’Éternel desséchera la langue de la mer d’Égypte; et il secouera sa main sur le fleuve dans l’impétuosité de son vent, et le frappera pour [qu’il devienne] sept ruisseaux, et [y] fera marcher avec des souliers. 16 Et il y aura un chemin battu pour le résidu de son peuple, qui sera demeuré de reste, de l’Assyrie, selon ce qui est arrivé à Israël au jour qu’il est monté du pays d’Égypte.

v. 3 : d’autres : prononcera le droit. — v. 9 : ou : le pays. — v. 10 : hébreu : pour bannière.
v. 11* : la haute Égypte. — v. 11** : ou : l’Éthiopie. — v. 11*** : la Perse.

Commentaires
Les chapitres 11 et 12 forment une dernière subdivision de l'histoire prophétique d'Israël. Elle nous présente le bonheur d'Israël sous le règne de Christ, après l'exécution de tous les jugements prédits au chapitre 10, dont les versets 18, 19, 33, 34, comparaient Israël à une orgueilleuse forêt dans laquelle la hache et la scie, c'est-à-dire l'Assyrie dans la main de l'Eternel (10, 15), tailleront de larges éclaircies et l'arbre royal de Juda va. lui aussi, être abattu puisqu'il n'y a bientôt plus de descendants de David sur le trône. Mais il arrive, dans la nature, que de jeunes rejetons pleins de sève repoussent sur une souche fraîchement coupée. Et sur le tronc d'Isaï, mort en apparence, un rejeton tout nouveau est apparu. Il est monté devant Dieu et a porté le fuit de l'Esprit en abondance (11,
2). Le rejeton, la racine et la postérité de David (v. 1-2; cf Apoc. 22, 16), ce sont les noms que le Seigneur porte en rapport avec la bénédiction d'Israël et du monde. Alors la justice et la paix régneront sur la terre, même parmi les animaux. Quel contraste entre ce tableau du règne de mille ans (millénium) et l'état actuel de la création qui soupire (Rom. 8, 19-22). Et tous les exilé d'Israël auront part à ce règne. Ils reviendront comme, autrefois, le peuple de sa captivité en Egypte. C'était la première fois. Ce sera la seconde fois (cf v. 12). Alors, au ch. 12, ce sera, dans leur bouche, la louange finale qui rappelle le premier cantique chanté par Israël, selon Exode 15, 2).

Dans le chapitre 11, il y a d'abord les caractères de ce règne et ensuite ses effets.

Et au ch. 11 v. 1 à 10, l'apparition de Christ, rejeton du tronc d'Isaï pour Israël, branches de ses racines pour les nations, est annoncée. C'est le nouveau Salomon en sagesse et en intelligence. Il ne faiblira pas comme le premier. L'Esprit, dans sa plénitude, reposera sur lui. Il gouvernera son peuple en justice et en droiture et ne laissera pas subsister le méchant sous son règne. Ce sera le règne de la justice et de la paix universelle pendant le millénium. Il en sera ainsi non seulement pour Israël mais aussi pour les nations sur lesquelles la domination de ce règne s'étendra. Il les rassemblera et ils le rechercheront (v. 10 (cf Rom. 15, 12 )). Ce sera le repos de la gloire alors que Soph. 3, 17 présente le repos de l'amour.

Dans les v. 11 à 16, c'est "en ce jour là" et en vue de lui-même que le Seigneur rassemblera Juda et les dix tribus d'entre toutes les nations. Il mettra encore sa main une seconde fois pour acquérir le résidu de son peuple. Les deux maisons seront réconciliées et s'uniront pour dominer sur ceux qui les avaient asservies. Les v. 15 et 16 présentent les circonstances extérieures du retour des dix tribus. C'est ainsi qu'il sera mis fin au joug de l'Assyrien.

Chapitre 12

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 1 à 12 : L’histoire prophétique d’Israël

Israël chante la délivrance. Louanges // cf Exode 15, 2

1 Et tu diras en ce jour-là: Je te célébrerai, Éternel, car tu étais en colère contre moi, [et] ta colère s’est détournée, et tu m’as consolé. 2 Voici, *Dieu est mon salut; j’aurai confiance, et je ne craindrai pas; car Jah*, Jéhovah**, est ma force et mon cantique, et il a été mon salut***. 3 Et vous puiserez de l’eau avec joie aux fontaines du salut. 4 Et vous direz en ce jour-là: Célébrez l’Éternel, invoquez son nom; faites connaître parmi les peuples ses actes, rappelez que son nom est haut élevé. 5 Chantez l’Éternel, car il a fait des choses magnifiques. Cela est connu dans* toute la terre. 6 Pousse des cris de joie et exulte, habitante de Sion, car grand, au milieu de toi, est le Saint d’Israël.

v. 2* : voir les notes à Exode 15:2 ; Psaume 68:4. — v. 2** : ailleurs : l’Éternel. — v. 2*** : ou : ma délivrance. — v. 5 : ou : Que cela soit connu dans.

Commentaires

Tous les exilé d'Israël auront part au règne décrit dans ces chapitres 11 et 12. Ils reviendront comme, autrefois, le peuple de sa captivité en Egypte. C'était la première fois. Ce sera la seconde fois (cf 11,
12). Alors nous avons, au ch. 12, dans leur bouche, la louange finale qui rappelle le premier cantique chanté par Israël, selon Exode 15, 2).
Nous avons dans ce chapitre le cantique de la dernière journée des tabernacles préfiguré en Jean 7, 37. Nous y retrouvons également les accents du cantique décrit en Apoc. 15, 3-4. Il ne s’agit pas seulement du cantique de Sion mais de toute la terre. Ce chapitre clôt une section ou série, la quatrième (ch. 9, 8 à ch. 12); en voici le résumé:
La colère continue sur Israël. L’instrument de cette colère est l’Assyrien mais l’Assyrien lui-même sera jugé en raison de son orgueil. Quant à la destruction future de l’Assyrien, elle est préfigurée lors de la défaite de Sankhérib. Cette défaite entraîne la libération du peuple. Puis un résidu reviendra selon le nom d’un enfant prophétique.
Christ, issu du tronc d’Isaï, est aussi annoncé. C’est lui qui exécutera le jugement. Ce jugement est nécessaire afin que la bénédiction millénaire puisse avoir lieu, cela après le retour des dix tribus. L’alléluia est enfin entonné. C’est sur cette louange que se termine la première division du livre d’Esaïe.

Au v. 1, le tu désigne Israël. Et au v. 5, l’effet de cette délivrance est que la gloire de l’Eternel est connue dans toute la terre. Mais si c’est pour toute la terre, il faut aussi saisir le fait que le méchant doit périr pour que ces choses trouvent leur accomplissement. Il y a eu une période de souffrances qui a précédé la gloire. Quant à la période actuelle, celle de l’Eglise, c’est une période de souffrances dans le sens que l’on est à la suite d’un Christ rejeté mais demain nous règnerons avec lui.

 

Chapitre 13

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Première série : ch.13 à 14, 27 : L’oracle touchant Babylone 
Deuxième série: ch.14, 28 à 17 : Il s’agit des nations immédiatement voisines d’Israël.

Chapitres 13 et 14 :
Qu’est Babylone ? ch. 13, 1 à 8
L’oracle sur Babylone ch. 13, 1 à 22 et 14, 1 à 23
L’Assyrien brisé ch. 14, 24 à 27
L’oracle sur la Philistie ch. 14, 28 à 32

1 * L’oracle touchant Babylone, qu’a vu Ésaïe, fils d’Amots.
2 Élevez un étendard sur une montagne nue*, élevez la voix vers eux, secouez la main, et qu’ils entrent dans les portes des nobles. 3 J’ai donné commandement à mes saints, j’ai appelé aussi pour ma colère mes hommes forts, ceux qui se réjouissent en ma grandeur. 4 La voix d’une multitude sur les montagnes, semblable à un grand peuple, la voix d’un tumulte des royaumes des nations rassemblées…: l’Éternel des armées fait la revue de la milice de guerre. 5 Ils viennent d’un pays lointain, du bout des cieux, l’Éternel et les instruments de son indignation, pour détruire tout le pays. 6 Hurlez, car le jour de l’Éternel est proche ! Il viendra comme une destruction du Tout-puissant. 7 C’est pourquoi toutes les mains deviendront lâches, et tout cœur d’homme se fondra, 8 et ils seront terrifiés; les détresses et les douleurs s’empareront d’eux; ils se tordront comme celle qui enfante; ils se regarderont stupéfaits; leurs visages seront de flamme.
9 Voici, le jour de l’Éternel vient, cruel, avec fureur et ardeur de colère, pour réduire la terre en désolation; et il en exterminera les pécheurs. 10 Car les étoiles des cieux et leurs constellations ne feront pas briller leur lumière; le soleil sera obscur à son lever, et la lune ne fera pas luire sa clarté; 11 et je punirai le monde pour sa malice*, et les méchants pour leur iniquité; et je ferai cesser l’orgueil des arrogants et j’abattrai la hauteur des hommes fiers. 12 Je ferai qu’un mortel sera plus précieux que l’or fin, et un homme, plus que l’or d’Ophir. 13 C’est pourquoi je ferai trembler les cieux, et la terre sera ébranlée de sa place, par la fureur de l’Éternel des armées et au jour de l’ardeur de sa colère. 14 Et il en sera comme d’une gazelle chassée et d’un troupeau que personne ne rassemble: chacun se tournera vers son peuple, et chacun fuira vers son pays; 15 tous ceux qui seront trouvés seront transpercés, et quiconque se joindra [à eux] * tombera par l’épée; 16 et leurs petits enfants seront écrasés devant leurs yeux, leurs maisons seront pillées, et leurs femmes seront violées.
17 Voici, je réveille contre eux les Mèdes, qui n’estiment pas l’argent, et, quant à l’or, n’y prennent pas de plaisir. 18 Et leurs arcs abattront les jeunes gens, et ils n’auront pas compassion du fruit du ventre; leur œil n’épargnera pas les fils. 19 Et Babylone, l’ornement des royaumes, la gloire de l’orgueil des Chaldéens, sera comme quand Dieu renversa Sodome et Gomorrhe. 20 Elle ne sera jamais habitée, et on n’y demeurera pas, de génération en génération, et l’Arabe n’y dressera pas sa tente, et les bergers n’y feront pas reposer [leurs troupeaux]; 21 mais les bêtes du désert y auront leur gîte, et les hiboux rempliront ses maisons, et les autruches y feront leur demeure, et les boucs sauvages y sauteront; 22 et les chacals s’entre-répondront dans ses palais, et les chiens sauvages, dans les maisons luxueuses. Et son temps est près d’arriver; et ses jours ne seront pas prolongés.

— v. 2 : ou : haute.
— v. 11 : litt.: le mal. — v. 15 : ou : quiconque sera saisi.

Chapitre 14

1 Car l’Éternel aura compassion de Jacob et choisira encore Israël, et les établira en repos sur leur terre; et l’étranger se joindra à eux, et sera ajouté à la maison de Jacob. 2 Et les peuples les prendront et les feront venir en leur lieu, et la maison d’Israël les possédera, sur la terre de l’Éternel, pour serviteurs et pour servantes: et ils mèneront captifs ceux qui les tenaient captifs, et ils domineront sur leurs oppresseurs.
3 Et il arrivera, au jour où l’Éternel te donnera du repos de ton labeur et de ton trouble et du dur service auquel on t’a asservi, 4 que tu prononceras ce cantique sentencieux sur le roi de Babylone, et tu diras: Comment l’oppresseur a-t-il cessé? comment l’exactrice a-t-elle cessé? 5 L’Éternel a brisé le bâton des méchants, le sceptre des dominateurs. 6 Celui qui, dans sa fureur, frappait de coups les peuples, sans relâche, dominant les nations dans sa colère, est poursuivi sans trêve. 7 Toute la terre est en repos [et] tranquille; elle éclate en chants de triomphe. 8 Les cyprès aussi se réjouissent de toi, les cèdres du Liban: Depuis que tu es tombé, l’abatteur n’est plus monté contre nous! 9— Le shéol d’en bas s’émeut pour toi, te rencontrant à ta venue, réveillant pour toi les trépassés, tous les boucs de la terre, faisant lever de leurs trônes tous les rois des nations. 10 Tous, ils prendront la parole et te diront: Toi aussi, tu as été rendu faible, comme nous; tu es devenu semblable à nous. 11 — Ton orgueil est descendu dans le shéol, le son de tes luths. Les vers sont étendus sous toi, et les larves sont ta couverture.
12 Comment es-tu tombé des cieux, astre brillant*, fils de l’aurore? Tu es abattu jusqu’à terre, toi qui subjuguais les nations! 13 Et toi, tu as dit dans ton cœur: Je monterai aux cieux, j’élèverai mon trône au-dessus des étoiles de *Dieu, et je m’assiérai sur la montagne de l’assignation*, au fond du nord. 14 Je monterai sur les hauteurs des nues, je serai semblable au Très haut*. 15 Toutefois, on t’a fait descendre dans le shéol, au fond de la fosse. 16 Ceux qui te voient fixent leurs regards sur toi, ils te considèrent, [disant]: Est-ce ici l’homme qui a fait trembler la terre, qui ébranlait les royaumes, 17 qui a fait du monde un désert, et qui ruinait ses villes? Ses prisonniers, il ne les renvoyait pas chez eux*. 18 — Tous les rois des nations, eux tous, reposent dans leur gloire, chacun dans sa maison; 19 mais toi, tu as été jeté hors de ton sépulcre comme une branche qui fait horreur, recouvert de tués, percés par l’épée, descendus jusqu’aux pierres d’une fosse,… comme un cadavre foulé aux pieds. 20 Tu ne seras pas réuni avec eux dans le sépulcre; car tu as ruiné ton pays, tu as tué ton peuple. De la race* des méchants il ne sera jamais fait mention.
21 Préparez la tuerie pour ses fils, à cause de l’iniquité de leurs pères; qu’ils ne se lèvent pas, ni ne possèdent la terre, ni ne remplissent de villes la face du monde! 22 Je me lèverai contre eux, dit l’Éternel des armées, et je retrancherai de Babylone le nom et le reste, enfants et postérité, dit l’Éternel; 23 et j’en ferai une possession du butor, et des mares d’eau; et je la balayerai avec le balai de la destruction, dit l’Éternel des armées.
24 L’Éternel des armées a juré, disant: Pour certain, comme j’ai pensé, ainsi il arrivera, et, comme j’ai pris conseil, la chose s’accomplira, 25 de briser l’Assyrien dans mon pays; et je le foulerai aux pieds sur mes montagnes; et son joug sera ôté de dessus eux, et son fardeau sera ôté de dessus leurs* épaules. 26 C’est là le conseil qui est arrêté contre toute la terre, et c’est là la main qui est étendue sur toutes les nations. 27 Car l’Éternel des armées a pris [ce] conseil, et qui l’annulera? Et sa main est étendue, et qui la [lui] fera retirer?
28 * L’année de la mort du roi Achaz, * fut [prononcé] cet oracle:
29 Ne te réjouis pas, Philistie tout entière, de ce que la verge qui t’a frappée est brisée; car de la racine du serpent sortira une vipère, et son fruit sera un serpent brûlant qui vole; 30 et les premiers-nés des misérables paîtront, et les pauvres se coucheront en assurance; mais je ferai mourir de faim ta racine, et tes restes, on les tuera. 31 Hurle, porte! Ville, pousse des cris! Sois dissoute, Philistie tout entière! car une fumée vient du nord, et nul ne reste à l’écart* dans ses rassemblements de troupes. 32 Et que répondra-t-on aux messagers des nations? Que l’Éternel a fondé Sion, et que les pauvres* de son peuple y trouvent un refuge.

— v. 12 : ou : Lucifer. — v. 13 : ou : rassemblement. — v. 14 : hébreu : Élion. — v. 17 : ou : Il ne relâchait pas ses prisonniers. — v. 20 : litt.: semence.
— v. 25 : litt.: ses.

— v. 28 : date : A.C. 727.

— v. 31 : ou : ne manque. — v. 32 : ailleurs : affligés.

Commentaires des chapitres 13 et 14
En relation avec les douze premiers chapitres qui se rapportent à Israël, on peut penser à 1 Pi. 4, 17 où il est dit que le jugement commence par la maison de Dieu. Cela est vrai aussi bien pour Israël que pour l’Eglise. Puis suit le jugement des nations qui ont eu affaire avec Israël. C’est ce qu’Esaïe développera dans les chapitres 13 à 27. Il y a d’abord Babylone dont l’importance réside davantage dans ce qu’elle symbolise dans la parole de Dieu. Babylone est la forme hellénisée du nom sémitique Babel (cf Gen. 10, 8-10). Babylone était la tête d’or de la statue de Daniel 2. Elle est caractérisée par l’orgueil et l’idolâtrie, la curauté et la violence, et son élévation contre le Seigneur des cieux. Cf resp: Jér. 50, 31-38; Hab. 1, 6-9; Dan. 5, 23. Mais les empires représentés dans la statue de Daniel 2, quels que soient leurs traits respectifs, présentent des caractères semblables, car la statue est une.

Relevons ici que JND, en page 30 (bien-entendu cela dépend de l’édition) de sa méditation sur Esaïe, relève que la moitié de la 70ème semaine de Daniel a été en réalité accomplie lors du ministère de Christ. C’est pourquoi, dans Daniel 7 et dans l’Apocalypse, il n’y a que la moitié d’une semaine. Il s’agit là d’un thème très difficile et la plupart des commentateurs s’accordent pour situer l’entier de la 70ème semaine de Daniel après l’enlèvement de l’Eglise et juste avant l’établissement du règne millénaire. Ces jugements sur les nations sont appelés ORACLES ce qui veut dire, littéralement, FARDEAUX. Relevons l’annonce de la destruction de tout le système de ce monde doit être un levier, pour tout authentique chrétien, d’être moralement séparé de ce monde. N’attachons pas nos cœurs aux choses d’ici-bas, de ce monde qui n’a pas voulu de Jésus Christ. La simplicité chrétienne s’attache au royaume qui ne peut être ébranlé mais qui ébranlera tous les autres. Oui, que nos cœurs soient séparés de tout ce qui va être détruit.

Avec le chapitre 13, commence donc une deuxième division qui va jusqu’au chapitre 27. Nous y avons le jugement des nations qui ont asservi Israël. La première série est constituée par le chapitre treize en entier et le quatorzième jusqu’à son verset 27. C’est l’oracle touchant Babylone.

Ch 13, 1: le sujet est Babylone et la prophétie qui s’y rattache va très loin. Dans les v. 2 à 8, nous y avons la confusion des peuples qui sont là pour détruire Israël. Mais d’autre part il y a aussi les saints et les hommes forts de l’Eternel pour assister au jour de sa colère. Si nous comprenons bien, ce que semble appuyer les v. 7 et 8, le peuple apostat est livré à la terreur devant ces nations qui viennent pour détruire le pays. Ces versets ont eu un accomplissement partiel lorsque les Chaldéens ont envahi la Judée alors qu’Esaïe ne prophétisait plus. Esaïe annonçait un évènement prochain qui lui-même préfigurait un événement futur, bien autrement étendu. Dans le conflit de la fin, ce ne sera pas la Babylone historique qui sera sur la scène mais la première Bête de l’Apocalypse, c’est-à-dire l’Empire romain. Cet empire sera lui-même monté, pour un temps, par la chrétienté apostate, c’est-à-dire la Babylone prophétique. Quant au résidu, représenté par les saints et les hommes forts, il se réjouira dans la grandeur de l’Eternel.

Puis les v. 9 à 16 donnent un tableau qui décrit le jour de l’Eternel qui vient. La colère de l’Eternel aura pour conséquence un carnage universel. Le peuple apostat assistera même à l’écrasement de ces petits enfants. Et la foi du Résidu assiste à l’écrasement de ceux de Babylone.

Puis, dans les v. 17 à 22, la vision prophétique revient au jugement. C’est le jugement de Babylone par les Mèdes qui est passé pour nous mais qui était futur pour Esaïe. Et tout cela nous enseigne sur le jugement de la fin qui aura pour théâtre la terre d’Israël.

Ch. 14
: dans ce chapitre, le roi de Babylone représente donc la première Bête de la fin. Après Babylone (ch. 13), il est ainsi question, au ch. 14, de son roi. Par la pensée, Esaïe nous transporte dans le séjour des morts et imaginons-nous l’émoi causé par l’arrivée de ce grand personnage dans ce séjour. Et dans ce roi de Babylone, nous reconnaissons le chef du quatrième empire, l’empire romain. Ce chef est appelé la Bête. A partir du v. 12, la pensée de l’Esprit dépasse cet agent de Satan pour évoquer celui-ci même. C’est cet ange de lumière (2 Cor. 11, 14) qui fait trembler la terre par le pouvoir des ténèbres et qui ne relâche pas ses prisonniers (v. 17). Mais le début de ce chapitre est remarquable. En effet, les v. 1 et 2 révèlent la plénitude des délivrances et des bénédictions du peuple de Dieu. Ces versets présentent le retour de Juda de la captivité de Babylone. Pour Esaïe, c’était prophétique. Maintenant, c’est historique. Puis, dans les v. 3 à 11, Israël prononce un cantique sentencieux sur la chute du roi de Babylone, suite à la victoire de Christ sur toute la terre, cette terre qui sera délivrée, en repos et tranquille. Dans les v. 12 à 20, nous y trouvons une confusion qui est intentionnelle et qui continue. Nous y voyons que toutes les puissances de la fin et qui entrent en conflit avec le Messie, le vrai roi, sont ici mêlées et confondues sous le titre de L’ORACLE TOUCHANT BABYLONE (cf ch. 13, 1). Ce temps futur est considéré de loin et les détails qui le différencie sont vus come "ensemble". Un des éléments de cet ensemble est L’ANTICHRIST. Il fait partie de cette scène. Par les v. 16, 17, 13 et 14, il ressort que l’Antichrist a les caractères et les prorogatives de Christ: il s’agit donc bien du faux Messie.

Puis les v. 21 à 23 reviennent à la Babylone historique et à sa destruction finale et définitive tandis que les v. 24 à 27 sont un nouvel exemple de la confusion voulue telle qu’elle se trouve dans ces deux chapitres treize et quatorze. Dans ce dernier exemple, nous y avons l’Assyrien, le grand ennemi d’Israël dans le prophète Esaïe. En effet, le tableau de la confusion de la fin ne serait pas complet sans lui. Nous y avons la destruction de l’Assyrien prophétique et non pas celui de l’Assyrie du temps d’Ezéchias. Quant à la main de l’Eternel, elle n’est plus étendue contre Israël (comme au ch. 10, 4, etc) mais contre toutes les nations (v. 26 et 27). Et cela nous aide à comprendre que dans ce tableau toutes les puissances sont réunies sous un même nom, le nom de Babylone. Elles sont aussi confondues dans une subversion commune.

A partir du v. 28, nous y avons une deuxième série de cette division des ch. 13 à 27, série qui va jusqu’au ch. 17. Il s’agit des nations immédiatement voisines d’Israël.

V. 28 à 32 : ces versets annoncent le jugement sur la Philistie. Ce jugement était proche et la Parole en relève l’histoire et la cause dans 2 Rois 18, 18 et en 2 Chr. 28, 18-20. Le jugement est sévère proportionnellement à l’acharnement contre Israël. C’est pourquoi, au v. 29, la racine de la Philistie mourra de faim et ses restes seront tués.
Mais c’est aussi une prophétie future qui sera accomplie quand l’Eternel aura fondé Sion et que les pauvres de son peuple y trouveront refuge.
A propos de ces versets
, il faut se souvenir que les Philistins étaient le reste des Cananéens. Ezéchias travailla encore à les soumettre. Jésus y mettra fin par une destruction plus terrible quand il établira son trône en Sion lorsque Babylone, l’Assyrien et les Philistins auront été détruits. Les affligés, le petit résidu, trouveront refuge en Sion. Dans la Parole, Sion ne signifie autre chose que Sion et n’a aucun rapport avec l’Eglise.

Le jour de l’Eternel
: c’est le jour du jugement et de la vengeance. Il est appelé jour du Seigneur dans le NT. Le jour de Christ n’a pas la même signification: c’est un jour que les chrétiens peuvent aimer, celui de son apparition (cf 2 Tim. 4, 8).

 

Chapitre 15

 

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Première série : ch.13 à 14, 27 : L’oracle touchant Babylone
Deuxième série: ch.14, 28 à 17 : Il s’agit des nations immédiatement voisines d’Israël.

Chapitres 15 et 16 :
L’oracle touchant Moab

* 1 L’oracle touchant Moab. Car, dans la nuit où elle est dévastée, Ar de Moab est détruite, car, dans la nuit où elle est dévastée, Kir de Moab est détruite:… 2 Il est monté à Baïth* et à Dibon, aux hauts lieux, pour pleurer; Moab hurle sur Nébo et sur Medeba; toutes les têtes sont chauves, toute barbe est coupée. 3 Dans ses rues, ils ont ceint le sac; sur ses toits et dans ses places tout gémit, se fondant en pleurs; 4 et Hesbon pousse des cris, et Elhalé: leur voix est entendue jusqu’à Jahats. C’est pourquoi les gens armés de Moab crient, son âme tremble en lui. 5 Mon cœur pousse des cris au sujet de Moab; ses fugitifs [vont] jusqu’à Tsoar, [jusqu’à] Églath-Shelishija*; car ils montent la montée de Lukhith en pleurant, et sur le chemin de Horonaïm ils élèvent un cri de ruine. 6 Car les eaux de Nimrim seront des désolations; car l’herbage est desséché, l’herbe verte a péri, la verdure n’est plus. 7 C’est pourquoi, les biens qu’ils ont acquis, et leur réserve, ils les portent au ruisseau des saules. 8 Car un cri environne la frontière de Moab: son hurlement [se fait entendre] jusqu’à Églaïm, et le hurlement jusqu’à Beër-Élim. 9 Car les eaux de Dimon sont pleines de sang; car je ferai venir encore davantage sur Dimon: le lion sur les réchappés de Moab et sur ce qui reste du pays.
— v. 2: quelques-uns prennent Baïth comme appellatif: maison, savoir, maison [de son dieu]. — v. 5: ou: une génisse de trois ans.

 

Chapitre 16

1 Envoyez l’agneau [du] dominateur du pays, — du rocher* vers le désert — à la montagne de la fille de Sion. 2 Et comme un oiseau fugitif, une nichée chassée, ainsi seront les filles de Moab, aux gués de l’Arnon. 3 Donne conseil, fais ce qui est juste*; rends ton ombre comme la nuit, en plein midi: cache les exilés, ne découvre pas le fugitif. 4 Que mes exilés séjournent avec toi, Moab! Sois-leur une retraite de devant le destructeur. Car l’oppresseur ne sera plus, la dévastation finira; celui qui foule disparaîtra du pays. 5 Et un trône sera établi par la bonté; et il y en aura un qui y siégera dans la vérité, dans la tente de David, jugeant, et recherchant la droiture, et hâtant la justice.
6 Nous avons entendu l’orgueil de Moab, le très hautain, sa fierté, et son orgueil, et sa rage; ses vanteries ne sont que vanité. 7 C’est pourquoi Moab hurlera sur Moab; tout entier il hurlera! Vous gémirez sur les fondations* de Kir-Haréseth, tout affligés. 8 Car les campagnes de Hesbon languiront, — la vigne de Sibma. Les maîtres des nations ont abîmé ses ceps exquis: ils s’étendaient jusqu’à Jahzer, ils erraient dans le désert; ses provins s’étendaient et dépassaient la mer. 9 C’est pourquoi je pleurerai des pleurs de Jahzer la vigne de Sibma; je vous arroserai de mes larmes, Hesbon et Elhalé, car un cri est tombé sur votre récolte et sur votre moisson. 10 Et la joie et l’allégresse ont disparu des champs fertiles*, et dans les vignes on ne chante pas, on ne pousse pas des cris de joie; celui qui foulait ne foule plus le vin dans les pressoirs: j’ai fait cesser le cri [du pressoir]. 11 C’est pourquoi mes entrailles mènent un bruit sourd au sujet de Moab, comme une harpe, et mon cœur*, au sujet de Kir-Hérès. 12 Et il arrivera que, quand Moab se présentera, se fatiguera sur le haut lieu, et entrera dans son sanctuaire pour prier, il ne prévaudra pas.
13 Telle est la parole que l’Éternel a prononcée jadis sur Moab. 14 Et maintenant l’Éternel a parlé, disant: Dans trois ans, comme les années d’un mercenaire, la gloire de Moab sera réduite à rien avec toute sa grande multitude; et le reste sera petit, amoindri, peu de chose.

— v. 1 : ou : de Séla. — v. 3 : ou : prends [la] décision.
— v. 7 : ou : les gâteaux de raisins. — v. 10 : hébreu : du Carmel. — v. 11 : litt.: mon intérieur.


Commentaires des chapitres 15 et 16

Au ch. 15 le jugement sur Moab est annoncé. Selon Dan. 11, 41 les nations de Moab, de même qu’Edom et en partie d’Ammon, échappent au roi du nord. Moab, on peut le penser avec raison, tombera entre les mains d’Israël victorieux, sous le Messie. Le chapitre 48 de Jérémie s’étend sur les châtiments de Moab, de même qu’Amos 2, 1-3; Soph. 2, 8-9; Es. 25, 10-12. Et selon les Ps. 60, 8 et 108, 9, il ressort effectivement que Moab est anéanti par le Messie. Mais Jér. 48, 47 nous apprend que les captifs de Moab seront rétablis à la fin des jours. C’est un sujet du ch. 16.
Oui, ce
ch. 16, dans les v. 1 à 5, nous apprend que Moab, après avoir été atteint par un jugement terrible, sera dans un temps futur le refuge de Juda lors de sa fuite sous l’Antichrist. Moab cache les exilés et ne découvre pas le fugitif. Aussi aura-t-il part aux bénédictions du trône de David (Jér. 48, 47). Ce refuge accordé au résidu de Juda a eu lieu historiquement sous Nébucadnetsar (Jér. 40, 11-12). Un refuge aura donc lieu dans le futur, lors de la grande tribulation. Dans les v. 6 à 12, la désolation actuelle est le résultat de l’inexcusable orgueil de Moab. Mais, en raison de ce qui est rappelé dans les cinq premiers versets, il y a dans le cœur du prophète une pitié profonde à son sujet. C’est pourquoi, selon v. 13 et 14, il y a eu, sous Ezéchias, et à la suite de la prise de Samarie au bout de trois ans par l’Assyrien, un accomplissement de la prophétie d’Esaïe contre Moab. Moab fut dévastée sans que l’on voit par qui mais il lui est resté un petit résidu prophétique selon la fin du v. 14 et le passage de Jér. 48, 47 déjà cité.
Dans ces chapitres 15 et 16, Moab est jugé. Il est averti que le trône de David sera rétabli et que l’oppresseur sera consumé de dessus la terre d’Israël. Au ch. 16,
6, Moab est appelé le très-hautain. L’orgueil caractérisait ce peuple. L’Eternel haïssait cet orgueil aussi bien que la hauteur. Prov. 8, 13 et 16, 18 sont bien à propos:
"La crainte de l'Éternel, c'est de haïr le mal. Je hais l'orgueil et la hauteur, et la voie d'iniquité, et la bouche perverse."
"L'orgueil va devant la ruine, et l'esprit hautain devant la chute."

Nous assistons à cette ruine de Moab. La désolation est indescriptible. Ces hurlements d’épouvante et de désespoir remplissent ces deux chapitres.
Les v. 3 et 4 du ch. 16 nous apprennent que les fidèles de Juda, fuyant la persécution de l’Antichrist, trouveront refuge sur le territoire de Moab. Enfin, après l’exécution des jugements, il y en aura un qui régnera en bonté et en vérité, en droiture et en justice (v. 5). Au Ps. 72, 1-4, il y a l’annonce de ces temps heureux où Christ, vrai Salomon, jugera le peuple avec justice et en droiture.
Au sujet de Salomon
.
Ô Dieu! donne tes jugements au roi, et ta justice au fils du roi.
Il jugera ton peuple en justice, et tes affligés avec droiture.
Les montagnes porteront la paix au peuple, et les coteaux, - par la justice.
Il fera justice aux affligés du peuple, il sauvera les fils du pauvre, et il brisera l’oppresseur.

 

Chapitre 17

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Deuxième série: ch.14, 28 à 17 : Il s’agit des nations immédiatement voisines d’Israël.
Troisième série: ch.18 : chapitre remarquable à mettre à part.

Chapitre 17 : L’oracle touchant Damas (la Syrie)
Chapitre 18
: Retour d’Israël

* 1 L’oracle touchant Damas.
Voici, Damas va cesser d’être une ville, et elle sera un monceau de ruines.
2 Les villes d’Aroër sont abandonnées, elles seront pour les troupeaux; ils y coucheront, et il n’y aura personne qui les effraye. 3 Et la forteresse a cessé en Éphraïm, et le royaume à Damas; et ce qui reste de la Syrie sera comme la gloire des fils d’Israël, dit l’Éternel des armées.
4 Et il arrivera, en ce jour-là, que la gloire de Jacob sera affaiblie, et que la graisse de sa chair sera amaigrie. 5 Et il en sera comme quand le moissonneur récolte les blés*, et que son bras moissonne les épis; il en sera comme quand on ramasse des épis dans la vallée de Rephaïm. 6 Mais il y restera un grappillage, comme quand on secoue l’olivier: deux, trois baies au plus haut sommet, quatre, cinq dans ses branches fruitières, dit l’Éternel, le Dieu d’Israël.
7 En ce jour-là, l’homme regardera vers celui qui l’a fait, et ses yeux verront le Saint d’Israël; 8 et il ne regardera pas aux autels, œuvre de ses mains, et il ne tournera pas son regard vers ce que ses doigts ont fait, ni vers les ashères*, ni vers les colonnes consacrées au soleil. 9 En ce jour-là ses villes fortifiées seront comme les lieux délaissés d’un bois épais et d’un sommet, qui ont été délaissés devant les fils d’Israël; et ce sera une désolation. 10 Car tu as oublié le Dieu de ton salut, et tu ne t’es pas souvenue du rocher de ton lieu fort; c’est pourquoi tu planteras des plantations agréables, et tu les sèmeras de ceps étrangers; 11 le jour même où tu planteras, tu feras croître*, et le matin tu feras pousser ta semence; [mais] au jour de l’entrée en possession, la moisson sera un monceau, et la douleur, incurable**.
12 Malheur à la multitude de peuples nombreux! — ils bruient comme le bruit des mers, — et au tumulte des peuplades! ils s’émeuvent en tumulte comme le tumulte de grosses eaux. 13 Les peuplades s’émeuvent en tumulte comme les grandes eaux s’émeuvent en tumulte; mais [Dieu] les reprendra, et elles fuiront au loin, et elles seront chassées comme la balle des montagnes devant le vent, et comme le chaume devant le tourbillon: 14 au temps du soir, voici l’épouvante; avant le matin, elles ne sont plus. Tel est le partage de ceux qui nous dépouillent, et le sort de ceux qui nous pillent.

— v. 5 : ou : le blé sur pied.
— v. 8 : ou : Astarté ; ou : images en son honneur. — v. 11* : d’autres : tu entoureras d’une haie. — v. 11** : ou : [mais] la moisson sera un monceau (ou : aura fui), au jour de la [blessure] profonde et de la douleur incurable.

Chapitre 18

* 1 Ha! pays qui fais ombre avec tes* ailes, [toi] qui es au delà des fleuves de Cush, 2 qui envoies des ambassadeurs sur la mer et dans des vaisseaux de papyrus, sur la face des eaux, [disant]: Allez, messagers rapides, vers une nation répandue loin et ravagée*, vers un peuple merveilleux dès ce temps et au delà, vers une nation qui attend, attend, et qui est foulée aux pieds, de laquelle les rivières ont ravagé le pays. 3 Vous tous, habitants du monde, et vous qui demeurez sur la terre, quand l’étendard sera élevé sur les montagnes, voyez; et quand la trompette sonnera, écoutez! 4 Car ainsi m’a dit l’Éternel: Je resterai tranquille, et je regarderai de ma demeure, comme une chaleur sereine sur la verdure*, comme une nuée de rosée dans la chaleur de la moisson. 5 Car avant la moisson, lorsque la floraison est finie et que la fleur devient un raisin vert qui mûrit, il coupera les pousses avec des serpes, et il ôtera, [et] retranchera les sarments. 6 Ils seront abandonnés ensemble aux oiseaux de proie des montagnes et aux bêtes de la terre; et les oiseaux de proie passeront l’été sur eux, et toutes les bêtes de la terre passeront l’hiver sur eux. 7 En ce temps-là, un présent sera apporté à l’Éternel des armées, [le présent] d’un peuple répandu loin et ravagé, — et de la part d’un peuple merveilleux dès ce temps et au delà, de la part d’une nation qui attend, attend, et qui est foulée aux pieds, de laquelle les rivières ont ravagé le pays,… au lieu où est le nom de l’Éternel des armées, à la montagne de Sion.

v. 1 : d’autres : qui fais retentir le cliquetis de [tes]. — v. 2 : ou : élancée et épilée. — v. 4 : d’autres : par la lumière.

Commentaires des chapitres 17 et 18

Au chapitre 17 :
Dans les
v. 1 à 3, nous sommes reportés à la sentence du chapitre septième contre l’Assyrie et Ephraïm sous Achaz. Là, nous avions Retsin, roi de Syrie, qui attaquait Juda avec la complicité de Pékakh, fils de Remalia, roi d’Israël. L’exécution se trouve en 2 Rois 16, 9 et en 2 Rois 17, 5-9. Ce dénouement consiste en la prise de Damas par Tiglath-Piléser, roi d’Assyrie, et la mort de Retsin, roi de Syrie. Cependant, l’oracle touchant Damas se rapporte à l’avenir. Ce sont ces jugements historiques qui ont un prolongement dans le futur. Mais il y aura un résidu, insignifiant, aussi bien du côté de la Syrie que ce celui d’Ephraïm (v. 4 à 6). Quant au résidu d’Israël, selon v. 7 à 11, le prophète en relate la conversion. Cela eut lieu en partie sous Josias puis sous Ezéchias selon 2 Chr. 24, 5 et 30, 11. Mais ici, la chose va beaucoup plus loin puisqu’Israël rentrera dans sa terre et en prendra possession. Mais, du fait qu’il y aura des ceps étrangers sur place, il y aura un jugement et c’est ce qui donne lieu, dans les v. 12 à 14, au rassemblement des multitudes des peuples. Ces peuples, déjà avertis et jugés partiellement, connaîtront alors leur anéantissement final. La Syrie moderne fera apparemment partie de ces peuples (cf v. 12 avec Apoc. 17, 15). Cette multitude de peuples, comme une mer tumultueuse, tentera de submerger Israël mais avant le matin, elle ne sera plus (cf Ps. 37, 36). C’est l’épouvante du soir selon Zach. 14, 7. Mais pour Israël, c’est l’espoir d’une renaissance. Avant le matin, ces nations ne seront plus car ce matin-là, le soleil de justice se lève avec la santé dans ses ailes. Ce chapitre 17 montre ainsi le jugement de Damas mais aussi, dans les v. 12 à 14, le jugement de l’assemblée de toutes les nations qui, à la fin, accompagne celui de Damas et aussi d’Edom.

Au chapitre 18
 :
Ce chapitre constitue à lui seul une troisième série et il est à mettre à part. Il donne une vue d’ensemble des rapports du peuple Juif avec toutes les nations que nous avons vues rassemblées autour de lui pour le jugement aux derniers jours, selon la fin du ch. 17. La nation sera d’abord ramenée dans son pays par une puissance maritime qui n’a rien à voir avec l’Egypte et l’Assyrie. Cette nation (ou puissance) mentionnée au
v. 1 était inconnue du temps historique d’Israël mais elle sera en rapport avec Israël dans les derniers temps. Les conseils de l’Eternel s’accomplissent envers la nation juive qui reste dans l’incrédulité. Par conséquent, l’Eternel n’intervient pas. Il regarde de sa demeure comme un spectateur. Mais il n’est pas indifférent du fait qu’il y a un résidu. En raison de cela, le retour de la nation attire une faveur. Il y a bien une nuée de rosée dans la chaleur de la moisson, comme une chaleur sereine sur la verdure, mais il n’y a aucune action de l’Eternel envers son peuple (cf aussi ch. 42, 14; 57, 11; Ez. 16, 42; Zach. 9, 8). C’est le v. 4. Ce verset si situe donc au moment où les nations, suivant leur politique, rétablissent les Juifs dans leur terre (=1948 !)*. Et Dieu, à ce moment-là, se tient donc tranquille. Le peuple apostat recevra un jugement selon v. 5 et 6. Mais le résidu sera recueilli dans les greniers de l’Eternel. Et ce résidu règnera ensuite sur la montagne de Sion (cf Apoc. 19, 17-18 et Es. 66, 20). Dans ce ch. 18, il y a donc une nation qui ramènera le peuple juif dans sa terre, une nation qui se trouve au-delà de l’Euphrate et du Nil. Ce peuple rentre en possession de la Palestine mais tout à coup le jugement tombe sur lui et ces Juifs, revenus chez eux, sont tous ensemble abandonnés aux Gentils qui viennent les butiner. Après l’exécution de ce jugement, Israël devient le peuple de l’Eternel.

Le v. 7 est remarquable. Au ch. 9, 6, nous avions vu le Merveilleux et ici, c’est Israël qui est merveilleux. C’est ce résidu, cette nation qui attend, attend. Ce verset clôt le chapitre avec la mention de la montagne de Sion. Sion est le lieu que Dieu a choisi et il est en contraste avec Sinaï (voir Héb. 12).

Ce chapitre 18 s’intègre donc dans les chapitres 13 à 27 qui mentionnent le jugement de toutes les nations qui ont eu affaire avec le peuple de Dieu. Cet acte prépare la délivrance d’Israël et l’établissement du royaume. Rappelons-nous aussi que les conquêtes de Nébucadnetsar symbolisent les jugements des derniers jours qui prépareront le royaume. Souvenons-nous en lorsque nous faisons la lecture de tels récits.

* A ce propos, " Au delà des fleuves de Cush ". Cush signifie noir. L’Ethiopie est généralement identifiée avec ce nom comme au Ps. 68, 11; Jér. 46,9; Ez. 30, 15, etc., dans notre Bible. Mais Cush était le père de Nimrod, qui fonda Babel, selon Genèse 10. Les fleuves de Cush désignent donc d’une manière poétique la Mésopotamie et, au sens large, les nations qui entourent la terre d’Israël. Le pays qui fait de l’ombre avec ses ailes est donc situé bien au-delà des contrées du Moyen-Orient, de l’Egypte et de l’Ethiopie. Cette nation amie, puissance maritime et aérienne, a un rôle intéressant envers Israël. Dans l’histoire récente, le nouvel état d’Israël est un fait historique sans que nous puissions pour autant considérer que cette partie de la prophétie est accomplie. Mais, en étudiant Esaïe, nous avons remarqué plus d’une fois que de nombreuses prophéties reçoivent un accomplissemetn partiel, gage de leur plein accomplissement futur.

 

Chapitre 19

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Quatrième série: ch.19 à 23 : extension des jugements

Chapitre 19 et 20 : Jugement sur l’Egypte

Ch. 19, 20: cf Matt. 2, 3; Jean 20, 19-20 / v. 24: Matt. 21, 38 // ch. 20: cf Ps. 60, 11; Héb. 2, 3

 

* 1 L’oracle touchant l’Égypte. Voici, l’Éternel, porté sur une nuée rapide, vient en Égypte, et les idoles de l’Égypte sont agitées à cause de sa présence, et le cœur de l’Égypte se fond au dedans d’elle. 2 Et j’exciterai l’Égyptien contre l’Égyptien: et ils feront la guerre chacun contre son frère et chacun contre son compagnon, ville contre ville, royaume contre royaume. 3 Et l’esprit de l’Égypte s’en ira, au milieu d’elle, et je détruirai son conseil: et ils s’enquerront auprès des idoles, et auprès des nécromanciens et des évocateurs d’esprits et des diseurs de bonne aventure. 4 Et je livrerai l’Égypte en la main d’un seigneur dur, et un roi cruel dominera sur eux, dit le Seigneur, l’Éternel des armées. 5 Et les eaux manqueront à la mer*, et la rivière tarira et se desséchera, 6 et les rivières deviendront puantes: les fleuves* de l’Égypte** seront diminués et tariront, les roseaux et les joncs se flétriront. 7 Les prairies sur le Nil, sur le bord du Nil, et tout ce qui est ensemencé le long du Nil, [tout] se desséchera, se réduira en poussière et ne sera plus. 8 Et les pêcheurs gémiront: et tous ceux qui jettent un hameçon dans le Nil mèneront deuil, et ceux qui étendent un filet sur la face des eaux languiront. 9 Et ceux qui travaillent le lin peigné seront honteux, et ceux qui tissent le coton*.
10 Et les colonnes [du pays] sont brisées: tous ceux qui gagnent un salaire ont l’âme attristée.
11 Ils ne sont que des fous, les princes de Tsoan, les sages conseillers du Pharaon: [leur] conseil est devenu stupide. Comment dites-vous au Pharaon: Je suis un fils des sages, le fils d’anciens rois? 12 Où sont-ils donc, tes sages? Qu’ils te déclarent, je te prie, et te fassent savoir ce que l’Éternel des armées a résolu contre l’Égypte. 13 Les princes de Tsoan* sont devenus fous, les princes de Noph** sont trompés, et les chefs*** de ses tribus ont fait errer l’Égypte: 14 l’Éternel a versé au milieu d’elle un esprit de perversité: et ils ont fait errer l’Égypte dans tout ce qu’elle fait, comme chancelle dans son vomissement celui qui est ivre: 15 et il n’y aura pas pour l’Égypte une œuvre que puisse faire tête ou queue, branche de palmier ou jonc.
16 En ce jour-là, l’Égypte sera comme des femmes: et elle tremblera et aura peur devant le secouement de la main de l’Éternel des armées, qu’il secoue contre elle. 17 Et la terre de Juda sera pour l’Égypte une terreur: quiconque se la rappellera aura peur, à cause du conseil de l’Éternel des armées, que, lui, il a pris contre elle. 18 En ce jour-là, il y aura cinq villes dans le pays d’Égypte qui parleront la langue de Canaan et jureront par l’Éternel des armées: l’une sera appelée Ir-ha-Hérès*. 19 En ce jour-là, il y aura un autel [élevé] à l’Éternel au milieu du pays d’Égypte, et, à la frontière même, une colonne [dédiée] à l’Éternel: 20 et ce sera un signe et un témoignage à l’Éternel des armées dans le pays d’Égypte. Car ils crieront à l’Éternel à cause des oppresseurs, et il leur enverra un sauveur et un défenseur, et il les délivrera. 21 Et l’Éternel se fera connaître des Égyptiens, et les Égyptiens connaîtront l’Éternel, en ce jour-là: et ils serviront avec un sacrifice et une offrande, et ils voueront un vœu à l’Éternel et l’accompliront. 22 Et l’Éternel frappera l’Égypte: il frappera, et il guérira: et ils se tourneront vers l’Éternel, et il leur sera propice et les guérira. 23 En ce jour-là, il y aura un chemin battu de l’Égypte à l’Assyrie: et l’Assyrie viendra en Égypte, et l’Égypte en Assyrie: et l’Égypte servira avec l’Assyrie. 24 En ce jour-là, Israël sera le troisième, avec l’Égypte et avec l’Assyrie, une bénédiction au milieu de la terre: 25 car l’Éternel des armées le bénira, disant: Béni soit l’Égypte, mon peuple, et l’Assyrie, l’ouvrage de mes mains, et Israël, mon héritage.

— v. 5 : mot désignant quelquefois un grand fleuve, ici le Nil. — v. 6* : ou : canaux. — v. 6** : hébreu : Matsor, — originairement, la partie très fortifiée, nord-est, du pays. — v. 9 : ou : des étoffes blanches.
— v. 13* : Tanis. — v. 13** : Memphis. — v. 13*** : litt.: la pierre de coin.
— v. 18 : ville de destruction ; ou, selon d’autres : ville du soleil, peut-être Héliopolis.

Chapitre 20

* 1 L’année que le Tharthan* vint à Asdod, quand Sargon, roi d’Assyrie, l’envoya (et il fit la guerre contre Asdod et la prit): 2 en ce temps-là, l’Éternel parla par Ésaïe, fils d’Amots, disant: Va, ôte le sac de dessus tes reins, et détache ta sandale de ton pied. Et il fit ainsi, marchant nu et nu-pieds. 3 Et l’Éternel dit: Comme mon serviteur Ésaïe a marché nu et nu-pieds trois années, [pour être] un signe et un symbole* à l’égard de l’Égypte et de l’Éthiopie**, 4 ainsi le roi d’Assyrie mènera les captifs de l’Égypte et les transportés de l’Éthiopie, jeunes et vieux, nus et nu-pieds et leurs hanches découvertes, à la honte de l’Égypte. 5 — Et ils seront terrifiés, et auront honte de l’Éthiopie, leur confiance, et de l’Égypte, leur orgueil. 6 Et l’habitant de cette côte* dira en ce jour-là: Voilà notre confiance, ceux vers qui nous avons couru pour avoir du secours, pour être délivrés de devant le roi d’Assyrie ! et nous, comment échapperons-nous ?

Commentaires des chapitres 19 et 20

Au chapitre 19 :
Dans les
v. 1 à 10, les jugements annoncés sont premièrement la guerre civile (v. 2). Deuxièmement la venue d’un roi dur et cruel (v. 4). Puis en troisième lieu la famine par suite du dessèchement du Nil (appelé ici la mer à cause de l’abondance habituelle de ses eaux) (v. 3 à 5) et enfin la ruine des artisans et des commerçants dans les v. 8 à 12 puis encore la famine. Dans les v. 11 à 15, la sagesse manque vraiment chez les conseillers du Pharaon, cette sagesse si renommée de l’Egypte (cf v. 15 et ch. 9, 14). Dans les v. 16 à 25, nous retrouvons en ce jour-là et cela nous reporte aux jours de la fin et cette expression désigne la période précédent le règne de Christ. Six évènements sont décrits en ce jour-là. Ainsi l’Egypte tremblera devant le jugement de Dieu. La terre de Juda sera une terreur pour l’Egypte (v. 17). Et ces évènements accompagnent la restauration de Juda. Cinq villes reconnaîtront le Dieu d’Israël (v. 18). Et ce jour-là, le culte de l’Eternel sera établi au milieu de l’Egypte et à la frontière même, quelque chose de semblable à l’autel de Hed (cf Josué ch. 22), en témoignage à l’Eternel. Oui, sous le joug de l’oppresseur, ils crieront à l’Eternel qui leur enverra un Sauveur et un défenseur. Ils seront délivrés puis ils le serviront. Ensuite l’Eternel frappera l’Egypte selon v. 22, pour l’aguerrir. Oui l’Egypte, sous l’effet d’épreuves accumulées se tournera, semble-t-il, vers l’Eternel. Les v. 22 à 25 montrent l’Egypte délivrée, ainsi que l’Assyrie (délivrée de son maître l’Assyrien), et Israël délivré du sien (l’Antichrist): tous reconnaîtront la seigneurie de Christ et formeront une triade de nations bénies comme le peuple, l’ouvrage et l’héritage de l’Eternel. Ainsi, dans ce ch. 19, bien que nous pouvons faire un rapprochement avec un jugement historique, comme nous le verrons au ch. 20, nous voyons cependant que l’histoire de l’Egypte se termine par la bénédiction de l’Egypte milléniale.

Dans ce chapitre, au v. 11, les hommes refusent d’écouter Dieu. Ce sont des fous. Mais s’ils refusent d’écouter Dieu, ils ajoutent foi à toutes les formes possibles de superstition (v. 3). Relevons à ce propos que, paradoxalement, les pires incrédules sont souvent les plus crédules. Ce sont des jouets de Satan (cf v. 4 avec 2 Tim. 3, 13).

Au chapitre 20
 
Ce chapitre présente des faits qui étaient prophétiques du temps d’Esaïe mais qui sont maintenant accomplis. Il illustre le chapitre précédent quant aux rapports entre l’Assyrie, l’Egypte, et Israël. Dans les v. 1 à 4 il y a une attaque contre Asdod, probablement Asdod de Philistie, en vue, peut-on penser, d’une attaque contre l’Egypte. Esaïe annonce que trois ans après cette attaque le roi d’Assyrie emmènera captifs les prisonniers d’Egypte, d’Ethiopie, à la honte de l’Egypte. On peut se demander si les v. 1 à 15 du chapitre 19 ne font pas mention de la même invasion. Alors, dans les v. 5 et 6, c’est Israël qui est terrifié d’avoir mis sa confiance dans l’Egypte et l’Ethiopie. Ce ch. 20 est donc de la prophétie qui est accomplie et qui sert à illustrer ce qui précédait. Il complète l’oracle touchant l’Egypte. En marchant nu et nu-pieds, le prophète annonce le lugubre passage des captifs égyptiens et éthiopiens, déportés par le roi d’Assyrie qui était spécialiste de ces transferts de populations. Alors Israël (l'habitant de cette côte) verra avec effroi et consternation qu’il était vain de se confier dans le peuple du pharaon pour être délivré du redoutable Assyrien (cf Ps. 60, 11).

 

Chapitre 21

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Quatrième série: ch.19 à 23 : extension des jugements

Chapitre 21 : Oracle touchant Babylone appelée "de désert de la mer" + Duma + l’Arabie

Ch. 21, 4: cf Dan. 5, 28-31 / v. 10: 1 Cor. 10, 13; Jér. 48, 11-12; Osée 7, 8; Jean 15, 1-2 /
v. 11: 2 Pi. 3, 3-4; Rom. 13, 12

* 1 L’oracle touchant le désert de la mer.
Comme des tourbillons dans le midi quand ils passent, il vient du désert, du pays terrible. 2 Une cruelle vision m’est révélée: Le perfide agit perfidement, et le destructeur détruit. Monte, Élam! assiège, Médie! J’ai fait cesser tout son gémissement*. 3 C’est pourquoi mes reins sont remplis de douleur; des angoisses m’ont saisi comme les angoisses de celle qui enfante; je suis courbé, à ne pas entendre*; je suis terrifié à n’y pas voir**; 4 mon cœur bat*; le tremblement s’est emparé de moi; la nuit de mon plaisir, il me l’a changée en effroi.
5 Dresse la table; fais le guet; mange, bois… Princes, levez-vous, oignez le bouclier! 6 Car ainsi m’a dit le Seigneur: Va, place une sentinelle; qu’elle déclare ce qu’elle voit. 7 Et elle vit un char*, une couple de cavaliers**, un char [attelé] d’ânes, un char [attelé] de chameaux. Et elle écouta diligemment, avec grande attention; 8 et elle cria [comme] un lion: Seigneur, je me tiens dans la vedette constamment, de jour, et je suis là faisant ma garde toutes les nuits… 9 Et voici, il vient un char* d’hommes, une couple de cavaliers! Et il répondit, et dit: Babylone est tombée, elle est tombée, et toutes les images de ses dieux sont brisées par terre.
10 Ô vous, mon blé battu*, et le fruit** de mon aire! ce que j’ai ouï de l’Éternel des armées, le Dieu d’Israël, je vous l’ai rapporté.
*
11 L’oracle touchant Duma. Il me crie de Séhir: Sentinelle, à quoi en est la nuit ? Sentinelle, à quoi en est la nuit ? 12 La sentinelle dit: Le matin vient, et aussi la nuit. Si vous voulez vous enquérir, enquérez-vous; revenez, venez.
*
13 L’oracle contre l’Arabie.
Vous logerez dans la forêt* de l’Arabie, caravanes des Dedanites. À la rencontre de celui qui a soif apportez de l’eau! 14 Les habitants du pays de Théma viennent avec leur pain au-devant de celui qui fuit; 15 car ils s’enfuient devant les épées, devant l’épée dégainée, et devant l’arc tendu, et devant le poids de la guerre. 16 Car ainsi m’a dit le Seigneur: Encore une année comme les années d’un mercenaire, et toute la gloire de Kédar aura pris fin, 17 et le reste du nombre des archers des hommes forts des fils de Kédar sera amoindri; car l’Éternel, le Dieu d’Israël, a parlé.

v. 2 : celui de Babel ; selon d’autres : celui que Babel a causé. — v. 3* : ou : à force d’avoir entendu. — v. 3** : ou : à force d’avoir vu. — v. 4 : ou : est inquiet, litt.: erre.
v. 7*, 9 : ou : de la cavalerie. — v. 7** : ou : des cavaliers, deux à deux.
v. 10* : c. à d. Israël ; d’autres l’appliquent à Babylone. — v. 10** : litt.: fils.
v. 13 : ou : les lieux incultes.

Commentaires
Ce chapitre commence par l’oracle touchant Babylone (v. 1 à 10). Babylone était un pays qui aboutissait à la mer, vers le golf persique, où il y a un climat très sec. Seuls les fleuves apportent la vie dans ce désert. Babylone est ainsi appelée le désert de la mer. Voir ch. 19, 5 et Jér. 51, 43. Ce nom symbolique donné à Babylone, de désert de la mer, présente une double figure du monde en ce que, sans Dieu, le monde n’est qu’un désert; et il est en même temps agité comme les vagues de la mer. Et bien l’événement prophétique qui était prochain, à savoir la chute de Babylone, est annoncée en rapport avec la délivrance d’Israël, et c’est important. Le prophète établi une sentinelle qui surveille les événements. Au v. 5, nous y reconnaissons le festin de Belshatsar. La sentinelle a une vue restreinte mais ce qui se passe sous ses yeux est interminable. Oui, de jour, de nuit, sans cesse un char d’hommes, un couple de cavaliers, … cela suffit. Babylone tombe sans combat. Les Mèdes, impitoyables (cf ch. 13, 17-19) sont devant les yeux du prophète. Le
v. 10 indique que ces événements sont en rapport avec Israël. Tous ces versets célèbrent la chute historique, mais alors encore future, de Babylone.

Puis, dans les v. 11 et 12, il y a l’oracle touchant Duma. Ce nom s’applique à un peuple nomade, voisin immédiat de l’Idumée. Peut-être même que le prophète identifie Duma à l’Idumée bien que Duma, dans l’Ecriture, est un descendant d’Ismaël et non d’Esaü (Gen. 25, 14). Et de Séhir (ou Dedan), on se moque de la sentinelle: à quoi en est la nuit? Et la sentinelle répond, pour la foi, que le matin vient. Mais pour l’incrédule, c’est la nuit. Ces choses sont certaines. Aussi, il faut revenir pendant que la porte est ouverte.

Deux devoirs incombent à la sentinelle: veiller et avertir. Voir Ez. 3, 17-18 et en contraste Es. 56, 10). Quant à l’Eglise dans son ensemble, elle est devenue infidèle et a perdu la manifestation de la faveur de Dieu. C’est un sujet d’humiliation. Mais si le monde est insolent à son égard, elle peut lui répondre: le matin vient, .. et aussi la nuit.

Puis enfin, dans les v. 13 à 17, il y a l’oracle contre l’Arabie. Ce terme ne désigne pas toute la péninsule mais quelques tribus dans le nord de celle-ci, comme Kedar et Dedan, ainsi que Théman (cf Es. 60, 7; Jér. 49, 20; Ez. 27, 20; Es. 42, 11). Ce sont tous des Ismaélites (Gen. 25, 3,13,15). Au chapitre 20, le jugement de la Philistie était annoncé dans un temps rapproché et celui prononcé sur l’Arabie est encore plus court d’une année. Dans tous ces chapitres, remarquons que c’est surtout le jugement prochain qui domine et non les événements de la fin. Il y a cependant quelque chose d’avant-coureur.

Les derniers mots de ce chapitre sont remarquables. On pourrait se demander pourquoi ces choses arrivent et doivent arriver. Et bien le dernier verset donne à notre foi, et à celle du résidu futur, la réponse à cette question: "car l’Eternel, le Dieu d’Israël, a parlé".

Chapitre 22

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Quatrième série: ch.19 à 23 : extension des jugements

Chapitre 22 : Oracle touchant la vallée de vision

Ch. 22, 1-4: cf 2 Rois 25, 1-7 / v. 5-11: 2 Chr. 32, 1-8; 2 Rois 20, 20; Es. 36 et 37 / v.8-11: 1 Cor. 15, 32; Luc 17, 27 / v. 22: Esdras 9, 8; Zach. 10, 4; Apoc. 3, 7.

* 1 L’oracle touchant la vallée de vision.
Qu’as-tu donc que tu sois tout entière montée sur les toits, 2 toi qui étais pleine de mouvement, ville bruyante, cité joyeuse? Tes tués ne sont pas tués par l’épée et ne sont pas morts à la guerre; 3 tous tes chefs se sont enfuis ensemble: ils sont faits prisonniers sans l’arc*; tous les tiens qui sont trouvés sont faits prisonniers ensemble; ils fuyaient au loin. 4 C’est pourquoi j’ai dit: Détournez-vous de moi, que je pleure amèrement! Ne vous pressez pas de me consoler au sujet de la ruine de la fille de mon peuple.
5 Car [c’est] un jour de trouble et d’écrasement et de consternation [de la part] du Seigneur, l’Éternel des armées, dans la vallée de vision; on renverse la muraille, et des cris [retentissent] vers la montagne. 6 Élam porte le carquois, avec des chars d’hommes [et] des cavaliers; et Kir découvre le bouclier. 7 Et il arrivera que les meilleures* de tes vallées seront remplies de chars, et la cavalerie s’établira à la porte. 8 Et il ôte la couverture de Juda. Et tu as regardé en ce jour-là vers l’arsenal de la maison de la forêt; 9 et vous avez vu les brèches de la ville de David, qu’elles sont nombreuses; et vous avez rassemblé les eaux de l’étang inférieur; 10 et vous avez compté les maisons de Jérusalem; et vous avez démoli les maisons pour fortifier la muraille; 11 et vous avez fait un réservoir entre les murs, pour les eaux du vieil étang; mais vous n’avez pas regardé vers celui qui a fait [cela], ni tourné vos regards vers celui qui l’a formé* dès longtemps.
12 Et le Seigneur, l’Éternel des armées, appela en ce jour-là à pleurer et à se lamenter, et à se raser les cheveux, et à ceindre le sac: 13 et voici, l’allégresse et la joie! On tue des bœufs et on égorge des moutons, on mange de la chair et on boit du vin: Mangeons et buvons, car demain nous mourrons! 14 Et il a été révélé dans mes oreilles de par l’Éternel des armées: Si [jamais] cette iniquité vous est pardonnée*, jusqu’à ce que vous mouriez, dit le Seigneur, l’Éternel des armées!
15 Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel des armées: Va, entre auprès de cet intendant, auprès de Shebna, qui est [établi] sur la maison: 16 Qu’as-tu ici, et qui as-tu ici, que tu te creuses un sépulcre ici, [comme] qui creuse son sépulcre sur la hauteur, et se taille dans le rocher une habitation? 17 Voici, l’Éternel te jettera loin avec force*, et te couvrira entièrement. 18 T’enroulant en pelote, il te roulera comme une boule dans un pays spacieux. Là tu mourras, et là seront les chars de ta gloire, ô opprobre* de la maison de ton Seigneur! 19 Et je te chasserai de ta place, et te renverserai* de ta position. 20 Et il arrivera, en ce jour-là, que j’appellerai mon serviteur Éliakim, fils de Hilkija; 21 et je le revêtirai de ta tunique, et je le fortifierai avec ta ceinture*, et je mettrai ton intendance en sa main; et il sera pour père aux habitants de Jérusalem et à la maison de Juda. 22 Et je mettrai la clef de la maison de David sur son épaule; et il ouvrira, et personne ne fermera; et il fermera, et personne n’ouvrira. 23 Et je le fixerai comme un clou dans un lieu sûr, et il sera un trône de gloire pour la maison de son père; 24 et on suspendra sur lui toute la gloire de la maison de son père: les descendants et les rejetons, tous les petits vases, tant les coupes que toutes les amphores.
25 — En ce jour-là, dit l’Éternel des armées, le clou fixé en un lieu sûr sera ôté, et sera brisé et tombera; et le fardeau qui y est [suspendu] sera coupé*, car l’Éternel a parlé.

— v. 3 : quelques-uns : faits prisonniers par les archers.
— v. 7 : litt.: le choix. — v. 11 : ou : l’avait résolu.
— v. 14 : ailleurs aussi : expiée.
— v. 17 : litt.: avec le jet d’un homme fort.
— v. 18 : ou : ils seront l’opprobre.
— v. 19 : hébreu : il (Dieu) te renversera
.— v. 21 : ou : je lui attacherai fortement.
— v. 25 : ou : abattu, détruit.

Commentaires
Ce chapitre commente la charge de Jérusalem, non pas du peuple juif, quand l’antichrist en aura pris possession. Mais nous y avons aussi les sièges historiques de Jérusalem. Dans l’un Jérusalem fut prise et dans l’autre délivrée. Et il y aura dans l’avenir deux événements analogues. Dans l’un la ville sera prise (Zach. 14, 2). Dans l’autre elle sera épargnée par l’apparition de l’Eternel pour son peuple et le jugement des nations qui entourent et assiègent Jérusalem. Ainsi cet oracle touchant la vallée de vision ………
oui cette vallée de vision c’est Jérusalem comme étant l’objet des prophéties. Et elle est assimilée aux Gentils sur lesquels tombent ces jugements dans tous ces chapitres. Les v. 1 à 4 donnent une analogie avec la prise de Jérusalem par Babylone sous Sédécias (2 Rois 25, 1-7). Dans les v. 5 à 11, il y a une analogie avec le siège de Jérusalem par l’Assyrien Sankhérib sous Ezéchias (cf 2 Chr. 32, 1-8; 2 Rois 20, 20; Es. 36 et 37). Dans les v. 12 à 14, et au lieu de la délivrance de jadis, l’iniquité du peuple ne lui sera pas pardonnée. Et dans les v. 15 à 25, nous avons la liaison entre les événements passés et futurs. Là, nous sommes dans la prophétie de la fin. Des éléments montrent comment la prophétie relie des événements futurs aux événements passés. Shebna, l’intendant infidèle, sera précipité de son élévation et condamné à mort. C’est la destruction de l’antichrist. Et à sa place il y aura Eliakim qui est un type de Christ, celui qui a la clé de la maison de David, qui devient le clou fixé en un lieu sûr (cf Esd. 9, 8 et Zach. 10, 4).

Oui, ce chapitre 22 nous présente Jérusalem dans on incrédulité et la description y est tragique, saisissante. La ville est en effervescence, massée sur les terrasses des toits pour assister à son désastre. Des précautions ont pourtant été prises (v. 8 à 11) mais pas la seule nécessaire qui est de regarder vers Dieu. Ainsi dans ces versets et à l’approche d’une calamité menaçante, les hommes s’entourent de précautions. Mais il y a encore une attitude qui est pire, c’est le laisser aller. Et c’est bien ce que le peuple fait: il s’abandonne à l’allégresse et à la joie. C’est une philosophie matérialiste qui a beaucoup d’adeptes aujourd’hui (cf 1 Cor. 15, 32 et Luc 17, 27). Les v. 15 à 25 mettent de côté l’intendant infidèle, image de l’antichrist, pour introduire le fils de David, Eliakim. C’est celui que Dieu établit et qui est une belle figure de Jésus (v. 22-24 à cf avec Apoc. 3, 7).

Au v. 24, les petits et les grands sont représentés par ces petits vases et ces amphores. Le tiret qui sépare le v. 25 du paragraphe précédent, annonce un changement du sujet de la prophétie. Au v. 23, le clou fixé par l’Eternel dans un lieu sûr (le lieu saint) est par conséquent une figure de Christ. Mais le clou du v. 25, bien que fixé aussi dans un lieu sûr (le lieu saint) est une figure de l’usurpateur, l’Antichrist.

La conclusion de cet oracle est le retranchement final, la destruction de l’Antichirst (v. 25). En ce jour-là, la puissance de mensonge de l’usurpateur sera brisée et il tombera, entraînant avec lui ceux qu’il aura séduits.

Chapitre 23

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Quatrième série: ch.19 à 23 : extension des jugements

Chapitre 23 : Oracle sur Tyr

Ch. 23 : cf Ezé. 26 (surtout v. 7-14) à 28; Ezé. 29, 17-21; Apoc.18

* 1 L’oracle sur Tyr.
Hurlez, navires de Tarsis, car elle est dévastée, de sorte qu’il n’y a pas de maisons, personne qui entre. Du pays de Kittim* cela leur est révélé. 2 Tenez-vous en silence, habitants de l’île*! Les marchands de Sidon qui passent par la mer t’ont remplie! 3 Et sur de grandes eaux la semence du Shikhor, la moisson du Nil, était son revenu; et elle était le marché des nations. 4 Aie honte, Sidon, car la mer a parlé, la force de la mer, disant Je n’ai pas été en travail d’enfant, je n’ai pas enfanté, et je n’ai pas nourri de jeunes hommes, ni élevé de vierges. — 5 Quand la rumeur est arrivée en Égypte, ils ont été dans l’angoisse à [l’ouïe des] nouvelles de Tyr*.
6 Traversez vers Tarsis, hurlez, vous, les habitants de l’île*! 7 Est-ce là votre [ville] joyeuse, qui avait son origine dès les jours d’autrefois? Ses pieds la porteront pour demeurer au loin en étrangère. 8 Qui a pris ce conseil à l’égard de Tyr, distributrice de couronnes, dont les négociants étaient des princes, dont les marchands étaient les nobles* de la terre? 9 L’Éternel des armées a pris ce conseil, pour profaner l’orgueil de toute gloire, pour réduire à néant tous les nobles* de la terre.
10 Répands-toi sur ton pays comme le Nil, fille de Tarsis; il n’y a plus rien qui retienne! 11 Il a étendu sa main sur la mer; il a fait trembler les royaumes. L’Éternel a commandé contre Canaan, d’en détruire les forteresses, 12 et il a dit Tu ne t’égayeras plus, vierge opprimée*, fille de Sidon! Lève-toi, passe à Kittim; là encore il n’y aura pas de repos pour toi. 13 Vois le pays des Chaldéens ce peuple n’existait pas; Assur l’a fondé pour les habitants des déserts ils ont élevé leurs tours, ils ont renversé ses palais; il en a fait des ruines. 14 Hurlez, navires de Tarsis, car votre forteresse est détruite.
15 Et il arrivera, en ce jour-là, que Tyr sera oubliée soixante-dix ans, selon les jours d’un roi. Au bout de soixante-dix ans, ce sera pour Tyr comme la chanson d’une prostituée. 16 Prends la harpe, fais le tour de la ville, prostituée oubliée! Touche habilement les cordes, multiplie tes chansons, afin qu’on se souvienne de toi. 17 Et il arrivera qu’au bout de soixante-dix ans, l’Éternel visitera Tyr; et elle reviendra à ses présents et se prostituera avec tous les royaumes de la terre, sur la face du sol. 18 Et ses marchandises et les présents qu’on lui fera* seront saints, [consacrés] à l’Éternel; ils ne seront pas accumulés et ils ne seront pas amassés; car sa marchandise sera pour ceux qui demeurent devant l’Éternel, afin qu’ils mangent et soient rassasiés, et afin qu’ils aient des vêtements magnifiques**.

Commentaires
Dans cet oracle sur Tyr il est question, au début du chapitre, de la flotte de Tarsis, c’est-à-dire la Méditerranée et probablement l’Espagne. Cette flotte est dans la douleur du désespoir en raison de la destruction qui a atteint Tyr et Sidon qui la fournissait. Tyr était le centre du commerce. Ce que nous avons sous les yeux fait allusion à la destruction de Tyr sous Nébucadnetsar selon Ezéchiel 26 à 28. Cet oracle est historiquement accompli contre Tyr mais il le sera pleinement dans la Babylone apocalyptique (Apoc. 18), quand tous les marchands et pilotes se lamenteront. N’oublions pas que la Babylone apocalyptique a ses caractères religieux d’une part et, de l’autre, ceux de sa prospérité mondaine et commerciale. Le roi de Tyr devient, lui, la personnification de Satan et de l’Antichrist pour le temps de la fin. La Tyr historique, détruite par la Babylone historique, devient un type de la Babylone apocalyptique. C’est la chrétienté apostate commerçante (Apoc. 18). En Ezéchiel 28, le roi de Tyr est le type de l’Antichrist dans sa puissance commerciale. Il est le successeur direct de Satan. Et comme tel, il s’est emparé d’Adam et l’a précipité dans le même jugement que lui. Quant au roi de Babylone, et aussi de l’Assyrie (ch. 14), ils sont de nouveau le type de l’Antichrist dans sa puissance morale (Lucifer). En fait, tous ces caractères se rapportent au caractère initial de Satan.

Dans les v. 6 à 9, nous avons l’abaissement et la destruction de Tyr qui se répète historiquement dans la destruction successive des puissances commerçantes. Venise, Amsterdam, Londres, etc, jusqu’à la destruction finale de la Babylone commerçante.

Dans les v. 10 à 14, Nébucadnetsar est suscité contre Tyr. Mais aussi contre Canaan, contre la puissance commerciale et contre la puissance spirituelle. C’est ce qui aura lieu à la fin.

Dans les v. 15 à 17, au bout de septante ans, Tyr est restaurée comme Juda. Mais tous deux dans une position d’incrédulité et de prostitution. Les motifs sont les mêmes que précédemment mais, v. 18, un temps de restauration arrivera. Alors, sous Christ, tout son commerce profitera aux saints et à leur gloire.

Tyr était réputée comme ancienne et fameuse, et très fortifiée. La destruction de ces forteresses, par Nébucadnetsar, perturba fortement les relations commerciales en Méditerranée. Le siège dura plus de dix ans (Ezé. 29, 19-21). La cité voisine de Sidon, ainsi que les marchands, sont angoissé à l’ouïe des nouvelles concernant Tyr (v. 5). Dans les v. 8-9, nous apprenons que Dieu a la haute main sur l’histoire des nations et qu’il les emploie à son gré pour accomplir ses desseins et établir bientôt le règne de Christ.

De nos jours, Tyr est ruinée et inhabitée. Les deux derniers versets de l’oracle montrent bien qu’ils s’appliquent à une cité à venir. Entre les deux versets, il y a un contraste remarquable. Il y a d’une part la corruption et de l’autre la sainteté. L’explication en a déjà été donnée plus haut. Ainsi, on peut rapprocher le v. 18 de divers passages comme celui du Ps. 45, 12. La fille de Tyr est sans doute une image de la prospérité des nations qui apporteront leurs richesses à Jérusalem, pour le service du peuple de Dieu.

Le chapitre 24 commencera une nouvelle section. Du chapitre 13 au chapitre 23, dix oracles nous ont déjà occupé. Nous y avons vu le jugement de Dieu sous toutes les formes de mal, chez les nations et aussi à Jérusalem. L’épreuve de l’homme est ainsi complète, comme l’exprime le nombre de ces oracles. Dix est employé en rapport avec la responsabilité de l’homme : comme les dix plaies d’Egypte, les dix commandements de la loi. Nous pourrions maintenant conclure en témoignant avec l’Ecriture qu’il n’y a pas de juste (Rom. 3, 10). Pourtant, au milieu de ces tristes scènes, le but final de Dieu est la bénédiction de la terre entière sous le règne de son Oint qui est son fils bien-aimé, le Seigneur Jésus.

 

Chapitre 24

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Cinquième série: ch. 24 à 27 : vers l’aurore

Chapitre 24 : Le premier "ce jour-là". Les jugements.

Ch. 24, 13: cf Cant. 2, 12; v. 21: Apoc. 12, 8; 20, 1-3; Es. 14, 4

* 1 Voici, l’Éternel rend le pays* vide et le dévaste; et il bouleverse sa face, et il disperse ses habitants. 2 Et il en sera, comme du peuple, ainsi du sacrificateur; comme du serviteur, ainsi de son maître; comme de la servante, ainsi de sa maîtresse; comme de l’acheteur, ainsi du vendeur; comme du prêteur, ainsi de l’emprunteur; de celui qui prête à usure, comme de celui à qui est fait un prêt à usure. 3 Le pays sera entièrement vidé et entièrement pillé; car l’Éternel a dit cette parole. 4 Le pays* mène deuil et se fane, le monde languit et se fane; ils languissent, — le peuple haut élevé du pays. 5 Et le pays est souillé sous ceux qui l’habitent; car ils ont transgressé les lois, changé le statut, violé l’alliance éternelle. 6 C’est pourquoi la malédiction a dévoré le pays, et ceux qui l’habitent subissent la peine de leur culpabilité*; c’est pourquoi les habitants du pays sont consumés et il ne reste que peu d’hommes. 7 Le moût mène deuil, la vigne languit; tous ceux qui étaient joyeux de cœur soupirent; 8 la joie des tambourins a cessé, le bruit tumultueux de ceux qui se réjouissent a pris fin, la joie de la harpe a cessé; 9 ils ne boivent pas le vin en chantant, les boissons fortes sont amères pour ceux qui les boivent. 10 La cité de désolation est ruinée; toute maison est fermée, de sorte que personne n’y entre. 11 Il y a un cri dans les rues au sujet du vin. Toute joie est assombrie, l’allégresse est bannie du pays; 12 la désolation reste dans la ville, et la porte est brisée, — une ruine.
13 Car il en sera ainsi au milieu du pays, parmi les peuples, — comme quand on secoue l’olivier, comme le grappillage quand la vendange est achevée. 14 Ceux-ci* élèveront leur voix, ils exulteront, ils pousseront des cris de joie depuis la mer, à cause de la majesté de l’Éternel. 15 C’est pourquoi glorifiez l’Éternel dans les pays de l’aurore*, — le nom de l’Éternel, le Dieu d’Israël, dans les îles de l’occident**. 16 Du bout du pays* nous avons entendu des chants: Gloire au juste!
Et j’ai dit: Ma maigreur*, ma maigreur*, malheur à moi! Les perfides ont agi perfidement, les perfides ont agi avec une insigne perfidie. 17 La frayeur, et la fosse, et le piège, sont sur toi, habitant du pays. 18 Et il arrivera que celui qui s’enfuit de devant le cri de la frayeur tombera dans la fosse, et celui qui monte du milieu de la fosse sera pris dans le piège; car les fenêtres d’en haut sont ouvertes, et les fondements de la terre sont ébranlés. 19 La terre est entièrement brisée, la terre se dissout, la terre est violemment remuée; 20 la terre chancelle, elle chancelle comme un homme ivre; elle est ébranlée deçà et delà comme une cabane pour la nuit; sa transgression pèse sur elle: elle tombera et ne se relèvera pas.
21 Et il arrivera, en ce jour-là, que l’Éternel visitera* l’armée d’en haut, en haut, et les rois de la terre, sur la terre. 22 Et ils seront assemblés dans la fosse, comme on assemble des prisonniers, et ils seront renfermés dans la prison; et après beaucoup de jours ils seront visités. 23 Et la lune rougira, et le soleil aura honte; car l’Éternel des armées régnera en la montagne de Sion et à Jérusalem, et devant ses anciens, en gloire*.

— v. 1, 4 : ou : la terre. — v. 6 : ou : sont dévastés.
— v. 14 : les épargnés de la dispersion d’Israël. — v. 15* : mot très différemment interprété. — v. 15** : ou : de la mer. — v. 16 : ou : de la terre.
— v. 16 : ou : Maigreur à moi ; selon quelques-uns : mon secret.
— v. 21 : ailleurs aussi : punira. — v. 23 : ou : et il y aura gloire devant ses anciens.

 

Commentaires
Ce chapitre reprend le sujet du chapitre 22 (l’oracle touchant la vallée de vision) ou plutôt le continue sous un autre aspect; il est placé ici parce qu’Israël est délivré par le jugement des nations. La terre d’Israël est complètement bouleversée. Toutes les nations s’assemblent contre Jérusalem, et Dieu les juge là, mais alors la bénédiction est introduite. Il visite (v. 21) l’armée des démons, en haut, les rois, sur la terre, et (v. 23) nous présente la conséquence de ce jugement.

Les v. 1 à 12 donnent le tableau d’une dévastation complète du pays ainsi que de la ville. C’est la ruine. Aux v. 4+, il est important qu’un témoignage soit rendu non seulement contre le monde mais aussi contre les chrétiens mondains, de manière nette et positive. A l’incrédule, on peut parler de la grâce et l’on peut avertir le chrétien mondain. Et si un chrétien mondain est caractérisé par ces choses (cf 1 Cor. 5), il ne faut même pas manger avec lui. En cela est l’amour.

Le peuple apostat du ch. 22 a tout transgressé (v. 5). Jérusalem (v. 10) est déserte. Tout cela a lieu par le rassemblement des nations au dernier jour. Puis les v. 13 et 14 indiquent qu’il restera au milieu de ce pays, de cette débâcle, un tout petit résidu. C’est le sujet capital d’Esaïe. Ce résidu sera sauvé (cf v. 13 avec ch 17, 6). Nous y avons le résidu dans sa condition finale. Alors, depuis l’orient jusqu’à l’occident, on dit Gloire au juste (cf ch. 46, 13). Nous avons clairement le fait que les épargnés de la dispersion d’Israël se joindront au résidu de Juda pour glorifier Christ. Le pays voit enfin un retour véritable et non plus de l’incrédulité. Dans les v. 16 à 20, le prophète peut dire "malheur à moi". Pourtant, le jugement tombe sur les perfides, sur le peuple de l’antichrist. Il sait que ce jugement est certain mais il sait aussi à qui recourir quand les fondements de la terre sont ébranlés (Ps. 11, 3). Mais les affections du prophète sont touchées en pensant au malheur qui arrivera sur les apostats. Le Seigneur pleurait aussi sur Jérusalem en pensant au mal qui devait l’atteindre (cf Luc 19, 41-44). Puis, dans les v. 21 à 23, l’Eternel répond en annonçant que son jugement s’étendra plus loin, jusqu’à la destruction de Satan et de ses armées chassées du ciel, à la destruction des rois de la terre. C’est le jugement définitif des puissances du mal pour pouvoir inaugurer les règne merveilleux de Christ. Ici, nous avons le jugement des vivants qui précède le règne de Christ. Nous savons que toutes ces puissances terrestres seront jugées plus tard une seconde fois.

Ainsi, ce chapitre contient le jugement du peuple, le résidu formé, le prophète prononçant le malheur sur lui-même et la réponse de l’Eternel en destruction à toute la puissance satanique pour inaugurer le règne glorieux de Christ. A partir du v. 21, il est question de ce qui arrivera en ce jour-là. Nous retrouverons cette expression au ch. 25, 8; 26, 1; 27, 1,2,12,13. Dans ce même v. 21, l’armée d’en haut est cette puissance spirituelle de méchanceté.

Chapitre 25

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Cinquième série: ch. 24 à 27 : vers l’aurore

Chapitre 25 : Le deuxième "ce jour-là". Temps de joie.

Ch. 25, 8: cf 1 Cor. 15, 54; v. 6: Ps. 2, 6; v. 8: 1 Thess. 4, 16-17

1 Éternel, tu es mon Dieu; je t’exalterai, je célébrerai ton nom, car tu as accompli des choses merveilleuses, des conseils [qui datent] de loin, qui sont fidélité [et] vérité. 2 Car tu as fait d’une ville un monceau de pierres; d’une cité fortifiée, des ruines; d’un palais d’étrangers, qu’il ne soit plus une ville: il ne sera jamais rebâti. 3 C’est pourquoi le peuple fort te glorifiera; la cité des nations terribles te craindra. 4 Car tu as été au misérable un lieu fort, un lieu fort au pauvre dans sa détresse, un abri contre l’orage, une ombre contre la chaleur; car la tempête* des terribles [a été] comme une pluie d’orage [contre] un mur. 5 Tu as rabaissé le bruit tumultueux des étrangers, comme la chaleur en un lieu aride; [et] comme la chaleur par l’ombre d’un nuage, le chant des terribles a été apaisé. 6 Et l’Éternel des armées fera, en cette montagne, à tous les peuples un festin de choses grasses, un festin de vins vieux*, de choses grasses moelleuses, de vins vieux bien épurés. 7 Et il détruira* en cette montagne la face du voile qui couvre tous les peuples, et la couverture qui est étendue sur toutes les nations. 8 Il engloutira la mort en victoire; et le Seigneur, l’Éternel, essuiera les larmes de dessus tout visage, et il ôtera l’opprobre de son peuple de dessus toute la terre; car l’Éternel a parlé.
9 Et il sera dit en ce jour-là: Voici, c’est ici notre Dieu; nous l’avons attendu, et il nous sauvera; c’est ici l’Éternel, nous l’avons attendu. Égayons-nous et réjouissons-nous dans sa délivrance; 10 car la main de l’Éternel reposera en cette montagne, et Moab sera foulé aux pieds sous lui comme la paille est foulée au fumier; 11 et il étendra ses mains au milieu de Moab* comme celui qui nage les étend pour nager, et il abaissera son orgueil ainsi que** les artifices de ses mains. 12 Et la forteresse des hautes défenses de tes murs, il l’abattra, il l’abaissera, il la mettra par terre* jusque dans la poussière.

— v. 4 : litt.: vent. — v. 6 : vins qui ont reposé sur la lie. — v. 7 : litt.: engloutira.
— v. 11* : litt.: de lui. — v. 11** : selon d’autres : malgré. — v. 12 : litt.: fera toucher la terre.

Commentaires
Un cantique commence à s’élever dans le pays de Juda. Dans les
v. 1 à 8, il y a un chant de louanges du résidu au sortir de la grande tribulation. Jérusalem va devenir un centre de bénédiction et il célèbre l’accomplissement des conseils de Dieu. Oui ce résidu qui a été merveilleusement mis à l’abri et qui a trouvé dans l’Eternel un refuge, un abri, une protection (cf v. 4 et 5 … dans lesquels le résidu s’appelle le misérable, le pauvre). Même les nations sont bénies dans la bénédiction d’Israël (v. 6). Alors elles verront (v. 7) et la mort sera engloutie en victoire (v. 8). En effet, les hommes ne mourront plus pendant le règne millénaire, mis à part le méchant. Et selon 1 Cor. 15, 54, il y a la contrepartie pour les saints célestes. Alors, comme pour le ciel (cf Apoc. 21, 4), les douleurs et les afflictions auront passé pour le temps de la terre (v. 8). Et enfin l’opprobre de Dieu sera enlevé de dessus toute la terre. Dans tout ce chapitre, remarquons qu’il n’est question que de cantiques avec une prolongation jusqu’au chapitre 26.

Puis, dans les v. 9 à 12, il y a la joie de la délivrance chez ceux qui se sont attendus à l’Eternel. L’attente du résidu est exaucée. La montagne de Sion est établie comme centre de la puissance de Dieu. Comme au v. 6, elle l’est comme centre de la bénédiction des nations. Et devant cette puissance Moab, type de l’orgueil sans frein de l’homme pécheur, est abaissé dans la poussière. Au v. 9, en ce jour-là, c’est un temps de joie pour ceux qui se sont attendus à leur Dieu. Et cette même expression, en ce jour-là, au chapitre précédent, renseignait sur les jugements de l’Eternel. Dans ces v. 9 à 12, c’est donc le résidu qui célèbre sa délivrance et qui s’attend Dieu. Tout est prêt pour le règne de Christ.

Les chapitres 25 et 26 prennent la forme d’un cantique qui célèbre l’effet de l’intervention de Dieu. Les principaux points sont que Dieu est fidèle, qu’il accomplit ses conseils, et qu’il a réduit à néant l’orgueil humain, que toute la forte organisation de l’homme a été détruite et que l’Eternel a été la force des pauvres de son peuple au jour de la détresse. Il est celui qui fera justice en Sion pour tous les peuples et qui ôtera le voile qui est sur leur cœur. La résurrection des fidèles aura lieu parce que la mort a été engloutie en victoire. L’opprobre qui se rattache à Israël sera entièrement ôtée.

Chapitre 26

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Cinquième série: ch. 24 à 27 : vers l’aurore

Chapitre 26 : Chant de délivrance

Ch. 26, 2: Jean 14, 2; v. 3: cf Es. 30, 15; 1 Pi. 5, 7; v. 4: Deut. 32, 4; 1 Sam. 2, 10; v. 7: Prov. 2, 6-9;
v. 11: Ex. 15, 2-3; v. 12: Rom. 8, 33; Osée 2, 16-17; v. 19: Ezé. 37, 3-14; Mal. 4, 2; Ps. 110, 3;
v. 20: Matt. 6, 6; 2 Rois 4, 4-5; Prov. 28, 12; Act. 17, 31.

1 En ce jour-là sera chanté ce cantique dans le pays de Juda:
Nous avons une ville forte: il a mis le salut pour murailles et pour remparts. 2 Ouvrez les portes, et qu’elle entre, la nation juste qui garde la fidélité! 3 Tu garderas dans une paix parfaite* l’esprit qui s’appuie [sur toi], car il se confie en toi. 4 Confiez-vous en l’Éternel, à tout jamais; car en Jah, Jéhovah*, est le rocher des siècles: 5 Car il abat ceux qui habitent en haut; il abaisse la ville haut élevé, il l’abaisse jusqu’en terre, il la fait descendre* jusque dans la poussière: 6 le pied la foulera, les pieds des affligés, les pas des misérables.
7 Le chemin du juste est la droiture. Toi qui es droit, tu aplanis* le sentier du juste. 8 Oui, dans le chemin de tes jugements, ô Éternel, nous t’avons attendu; le désir de notre âme est après ton nom et après ton souvenir*. 9 Mon âme te désire de nuit; oui, mon esprit, au dedans de moi, te cherche diligemment; car, lorsque tes jugements sont sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice. 10 Si l’on use de grâce envers le méchant, il n’apprend pas la justice; dans le pays de la droiture il fait le mal, et il ne voit pas la majesté de l’Éternel. 11 Ô Éternel, ta main est élevée, mais ils ne voient point; [mais] ils verront [ta] jalousie pour le peuple* et seront honteux. Oui, le feu [qui attend] tes adversaires les dévorera.
12 Éternel, tu établiras la paix pour nous; car aussi toutes nos œuvres, tu les as opérées pour nous. 13 Éternel, notre Dieu, d’autres seigneurs que toi ont dominé sur nous: par toi seul nous ferons mention de ton nom. 14 Les morts ne vivront pas, les trépassés ne se relèveront pas; car tu les as visités, et tu les as exterminés, et tu as détruit toute mémoire d’eux. 15 Tu as augmenté la nation, ô Éternel; tu as augmenté la nation; tu as été glorifié: tu l’avais éloignée jusqu’à tous les bouts de la terre*. 16 Éternel, dans la détresse ils t’ont cherché; ils ont épanché [leur] prière à voix basse, lorsque tu les as châtiés. 17 Comme une femme enceinte, près d’enfanter, est dans les douleurs [et] crie dans ses peines, ainsi nous avons été devant toi, ô Éternel: 18 nous avons conçu, nous avons été dans les douleurs, nous avons comme enfanté du vent; nous n’avons pas opéré le salut du pays, et les habitants du monde ne sont pas tombés…
19 Tes morts vivront, mes corps morts* se relèveront. Réveillez-vous et exultez avec chant de triomphe, vous qui habitez dans la poussière; car ta rosée est la rosée de l’aurore**, et la terre jettera dehors les trépassés. 20 Viens, mon peuple, entre dans tes chambres et ferme tes portes sur toi; cache-toi pour un petit moment, jusqu’à ce que l’indignation soit passée. 21 Car voici, l’Éternel sort de son lieu pour visiter l’iniquité des habitants de la terre sur eux, et la terre révélera son sang, et ne cachera plus ses tués.

— v. 3 : litt.: en paix, paix. — v. 4 : voir 12:2. — v. 6 : litt.: fait toucher.
— v. 7 : ou : pèses. — v. 8 : ou : mémorial.
— v. 11 : ou : ils verront, et ils auront honte de [leur] jalousie du peuple.
— v. 15 : ou : tu as reculé tous les bouts (ou : frontières) du pays.
— v. 19* : selon quelques-uns : [avec] mon corps mort, ils. — v. 19** : litt.: des lumières.

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Ce cantique de délivrance se trouve surtout dans les six premiers versets. En résumé et dans ce chapitre, que l’on peut aussi intituler l’oracle sur les nations, il y a les leçons de l’Eternel dans les v. 7 à 11, la confiance du résidu dans les v. 12 à18 puis la réponse de l’Eternel dans les v. 19 à 21.

Ce cantique, chanté dans le pays de Juda, correspond à ceux d’Apocalypse 5 et 14. Ces chapitres offrent un parallèle constant entre les bénédictions terrestres du résidu et les bénédictions célestes de l’Eglise. Dans les v. 1 à 6, c’est en ce jour-là que ce cantique de délivrance est chanté. Et si tout est en ruines, quant au monde, et bien le résidu a sa ville forte. Ce résidu est caractérisé par la justice, la paix, la fidélité, la confiance, tout en étant fondé sur le Rocher des siècles (cf 1 Cor. 10, 4).

Dans les v. 7 à 11, on peut remarquer que ce cantique n’est pas encore l’expression de la pleine jouissance de la délivrance mais l’inauguration de ce qu’elle va être. Ainsi, le résidu ne foule pas encore la cité des nations (v. 6). Et c’est encore la nuit (v. 9). Les jugements de Dieu sont encore sur la terre mais le résidu a espéré en l’Eternel. Son désir est après son nom et après son mémorial. Le feu n’a pas encore dévoré les adversaires. Les habitants du monde vont apprendre la justice par les jugements. Ils n’ont tenu compte de rien. Ils seront dévorés comme un feu consumant. Ainsi, ceux qui ne veulent pas apprendre les avertissements et les leçons vont au-devant d’un feu consumant. La grâce n’est plus pour eux.

Puis, dans les v. 12 à 18, il y a l’aube de la bénédiction. Cette bénédiction est certaine car "tu établiras la paix pour nous". Mais s’il y a paix pour le résidu les morts, eux, ne vivraient pas. Il s’agit de la nation incrédule. Et si ces morts ne vivront pas (v. 14), il est dit plus loin, dans les v. 19 à 21, les morts vivront. Il s’agit de la résurrection nationale du peuple qui est aussi mentionnée dans les prophètes Ezéchiel, ch. 37, et Daniel, ch. 12, 2. Sa rosée est la rosée de l’aurore (v. 19 et Ps. 110, 3). Ces versets sont la réponse au cantique de Juda en même temps qu’ils donnent la date du chant de ce cantique. Oui ce résidu a la certitude que la résurrection est proche et que le royaume va s’établir. Il va cependant se cacher encore un petit moment jusqu’à ce que l’indignation soit passée (v. 20). Ainsi tout ce chapitre, comme le suivant, a trait à ce qui se passera en ce jour-là. Ce jour est une courte période qui précède immédiatement l’établissement du règne. La fin des jugements est là et le premier printemps de la grâce va apparaître.

Rappelons ici que les chapitres 1 à 12 avaient pour sujet le jugement d’Israël et se terminaient avec une splendide vision du règne de mille ans. Puis les chapitres 13 à 27 traitent le sujet du châtiment sur les nations et s’achèvent de la même manière avec ce cantique qui est chanté. Les strophes de ce cantique, selon v. 3 et 4 de ce ch. 26, ont été en bénédiction à de nombreuses générations d’enfants de Dieu (cf Ps. 16, 1). Les v. 8 et 9 expriment les soupirs fervents du fidèle et le v. 13 rappelle les liens d’esclavage du passé. Et nous aussi, dans le passé, Satan nous dominait mais puissions-nous connaître l’affranchissement par le Seigneur (cf 2 Chr. 12, 8).

Les chapitres 25 à 27 font état de certaines expériences du résidu appropriées à des temps futurs en relation avec le châtiment des nations d’une part et sa bénédiction de l’autre. Ce châtiment s’exercera aussi sur la chrétienté professante, c’est-à-dire cette chrétienté qui n’a pas la vie représentée par tous ceux qui, appelés maintes fois et baptisés, n’ont pas reçu Jésus Christ comme Sauveur personnel. Eux, comme les nations qui, autrefois, avaient eu affaire avec Israël, auront part à ces jugements. Le titre châtiment des nations est donc naturel ici.


Chapitre 27

Chapitres 1 à 39 : Israël, les nations, l’Assyrien
Chapitres 13 à 27 : Ces chapitres annoncent le jugement des nations ou gentils.

Cinquième série: ch. 24 à 27 : vers l’aurore

Chapitre 27 : Intervention finale de l’Eternel en jugement et pour son peuple

Ch. 27, 1: cf Apoc. 20, 2-3; 7-10; v. 2-5: Matt. 21, 33; Gen. 3, 18; Jér. 29, 11; 2 Rois 17, 36;
v. 6-13: Jér. 31, 18; Ps. 118, 18; Osée 14, 8; Matt. 24, 31


1 En ce jour-là, l’Éternel visitera de son épée, dure et grande et forte, le léviathan, serpent fuyard*, et le léviathan, serpent tortueux; et il tuera le monstre qui est dans la mer**.
2 En ce jour-là, [il y aura] une vigne de vin pur*; chantez à son sujet: 3 Moi, l’Éternel, j’en prends soin; à tout moment je l’arroserai; de peur qu’on ne la visite, j’en prendrai soin nuit et jour. 4 Il n’y a pas en moi de fureur. Oh! si j’avais les ronces et les épines en bataille contre moi, je marcherais contre elles; je les brûlerais ensemble. 5 Ou bien, qu’il saisisse ma force, qu’il fasse la paix avec moi, qu’il fasse la paix avec moi!
6 Dorénavant Jacob prendra* racine, Israël fleurira et poussera, et remplira de fruits la face du monde. 7 L’a-t-il* frappé selon le coup de ceux qui l’ont frappé? A-t-il été tué selon la tuerie de ceux qu’il* a tués? 8 C’est avec mesure que tu as contesté avec elle*, lorsque tu l’as renvoyée. Il l’ôta par son vent fort, au jour de [son] vent d’orient. 9 C’est pourquoi par cela est expiée l’iniquité de Jacob. Et ceci est tout le fruit de ce que son péché est ôté: quand il rendra toutes les pierres de l’autel comme des pierres calcaires désagrégées, les ashères et les colonnes consacrées au soleil ne se relèveront pas. 10 Car la ville forte est solitaire, une demeure abandonnée et délaissée comme le désert; le veau y paîtra et y couchera, et en broutera les rameaux. 11 Quand ses branches seront séchées, elles seront cassées; les femmes viendront et y mettront le feu. Car ce n’est pas un peuple qui ait de l’intelligence; c’est pourquoi celui qui l’a fait n’en aura pas compassion, et celui qui l’a formé n’usera pas de grâce envers lui.
12 Et il arrivera en ce jour-là que l’Éternel battra au fléau depuis le courant du fleuve jusqu’au torrent d’Égypte, et vous serez rassemblés* un à un, fils d’Israël! 13 Et il arrivera en ce jour-là qu’on sonnera de la grande trompette; et ceux qui périssaient dans le pays d’Assyrie, et les exilés du pays d’Égypte, viendront et se prosterneront devant l’Éternel, en la montagne sainte, à Jérusalem.

— v. 1* : ou : droit. — v. 1** : comparer la note à 19:5.
— v. 2 : d’autres lisent : une vigne excellente.
— v. 6 : d’autres : Ceux qui viennent de Jacob prendront. — v. 7 : il, c. à d. l’Éternel.
— v. 8 : Israël, envisagé comme femme.
v. 12 : ou : glanés

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En ce jour-là … revient pour la quatrième fois depuis le ch. 24, 21.

Au v. 1, il y a le jugement de Satan. Dans les v. 2 à 6, l’Eternel défendra sa vigne contre tous les ennemis. Et dans les v. 6 à 11 c’est la prospérité d’Israël. L’Eternel l’a châtié avec mesure et son iniquité est ôtée par le jugement. Toute son idolâtrie est abolie. Mais le jugement sur le peuple apostat est sans miséricorde. Il n’y aura pas de grâce envers ce peuple (v. 11). Dans les v. 12 et 13 enfin, nous avons la conclusion de tout ce qui est mentionné de cette cinquième série remarquable (ch. 24 à 27). C’est le rassemblement de vrai peuple, du nouvel Israël, hors de l’Egypte et de l’Assyrie. Il viendra se prosterner en la montagne de l’Eternel, devant la montagne sainte à Jérusalem.

Dans ce chapitre, le Léviathan (v. 1) est ce serpent ancien. C’est une figure du diable. Il est mis hors d’état de nuire (cf Ps. 74, 14 et Apoc. 20, 1-3). C’est alors qu’Israël est comparé à une vigne nouvelle. En contraste: voir Es. 5. Il n’y a plus de raisins sauvages qui sont produits mais le vin pur d’une joie sans mélange qui remplit la face du monde pour la gloire de Dieu. Ce ne sont plus les méchants cultivateurs qui en ont la charge mais c’est l’Eternel lui-même qui en prend soin nuit et jour.

Ainsi, les ch. 13 à 27 ont déployés les jugements tombant sur les Gentils, en rapport avec les Juifs qui s’y trouvent aussi quoique les Juifs sont en première ligne dans les douze premiers chapitres.

Dans les chapitres 28 à 35, nous aurons les détails de ce qui doit arriver aux Juifs dans les derniers temps. Chaque révélation se termine par un témoignage rendu à la gloire de Dieu en Israël.

 

Chapitre 28

 

Chapitres 1 à 39 :          Israël, les nations, l’Assyrien (aussi spécialement dans les ch. 28 à 35)
Chapitres 28 à 35 :        Troisième division
à Ils donnent des détails touchant Israël. Chaque                                     prophétie se termine par une bénédiction.

Chapitres 28 à 33 :        Annonce de malheurs. Il y en a six. Ils font suite au «Malheur à moi» du                                     chapitre 24, verset 16. Comme cela a été déjà noté, c’est le pendant du                                     chapitre 5, où six «Malheurs» sont suivis du «Malheur à moi» du chapitre 6.

Chapitre 28 :                 Premier malheur. L’Assyrien traverse Ephraïm, le pays des dix tribus.

Ch. 28, 1: cf Prov. 23, 32; v. 7 et 14: Prov. 20, 1; v. 15: Ps. 141;
v. 27: Prov. 20, 26;  v. 29: Prov. 30, 19

 

* 1 Malheur à la couronne d’orgueil des ivrognes d’Éphraïm, et à la fleur flétrie de son bel ornement, qui est sur le sommet de la riche vallée de ceux qui sont vaincus par le vin! 2 Voici, le Seigneur a un [instrument] fort et puissant, comme un orage de grêle, un tourbillon de destruction: comme un orage de puissantes eaux qui débordent, il renversera par terre avec force*. 3 La couronne d’orgueil des ivrognes d’Éphraïm sera foulée aux pieds, 4 et la fleur flétrie de son bel ornement qui est sur le sommet de la riche vallée sera comme un fruit précoce avant l’été: dès que celui qui l’aperçoit l’a vu, à peine il est dans sa main, il l’avale.
5 En ce jour-là l’Éternel des armées sera pour couronne de beauté et pour diadème d’ornement au résidu de son peuple, 6 et pour esprit de jugement à celui qui est assis pour juger, et pour force à ceux qui refoulent la guerre jusqu’à la porte.
7 Mais ceux-ci aussi ont erré par le vin et se sont égarés par la boisson forte. Le sacrificateur et le prophète ont erré par la boisson forte, ils sont dévorés par le vin, ils se sont égarés par la boisson forte ; ils ont erré dans [leur] vision, ils ont bronché dans le jugement. 8 Car toutes les tables sont pleines de sales vomissements, de sorte qu’il n’y a plus de place. 9 À qui enseignera-t-il la connaissance ? et à qui fera-t-il comprendre ce qui est annoncé ? À ceux qui sont sevrés du lait, arrachés aux mamelles. 10 Car commandement sur commandement, commandement sur commandement ; ligne sur ligne, ligne sur ligne ; ici un peu, là un peu… 11 Car par des lèvres bégayantes et par une langue étrangère il parlera à ce peuple, 12 auquel il avait dit: C’est ici le repos, faites reposer celui qui est las ; et c’est ici ce qui rafraîchit. Mais ils n’ont pas voulu entendre. 13 Et la parole de l’Éternel leur a été commandement sur commandement, commandement sur commandement ; ligne sur ligne, ligne sur ligne ; ici un peu, là un peu ; afin qu’ils marchent, et qu’ils tombent en arrière, et qu’ils soient brisés, et enlacés, et pris.
14 C’est pourquoi, écoutez la parole de l’Éternel, hommes moqueurs, qui gouvernez ce peuple qui est à Jérusalem. 15 Car vous avez dit: Nous avons fait une alliance avec la mort, et nous avons fait un pacte avec le shéol: si le fléau qui inonde* passe, il n’arrivera pas jusqu’à nous; car nous avons fait du mensonge notre abri, et nous nous sommes cachés sous la fausseté. 16 C’est pourquoi ainsi dit le Seigneur, l’Éternel: Voici, je pose comme fondement, en Sion, une pierre, une pierre éprouvée, une précieuse [pierre] de coin, un sûr fondement*: celui qui se fie [à elle] ne se hâtera pas**. 17 Et j’ai mis le jugement pour cordeau, et la justice pour plomb, et la grêle balayera l’abri de mensonge, et les eaux inonderont la retraite cachée; 18 et votre alliance avec la mort sera abolie, et votre pacte avec le shéol ne subsistera pas. Lorsque le fléau qui inonde* passera, vous serez foulés par lui; dès qu’il passera, il vous prendra; 19 car matin après matin il passera, de jour et de nuit, et ce ne sera qu’effroi d’en entendre* la rumeur; 20 car le lit est trop court pour qu’on s’y allonge, et la couverture trop étroite quand on s’en enveloppe. 21 Car l’Éternel se lèvera comme en la montagne de Peratsim, il sera ému de colère comme dans la vallée de Gabaon, pour faire son œuvre, son œuvre étrange, et pour accomplir son travail, son travail inaccoutumé. 22 Et maintenant ne soyez pas des moqueurs, de peur que vos liens ne soient renforcés; car j’ai entendu du Seigneur, l’Éternel des armées, [qu’il y a] une consomption, et une [consomption] décrétée, sur toute la terre*.
23 Prêtez l’oreille, et écoutez ma voix; soyez attentifs, et écoutez ma parole. 24 Le laboureur laboure-t-il tout le jour pour semer? ouvre-t-il et herse-t-il [tout le jour] son terrain? 25 N’est-ce pas que, lorsqu’il en a aplani la surface, il répand l’aneth, et sème le cumin, et met le froment par rangées*, et l’orge au lieu désigné, et l’épeautre dans ses limites? 26 Son Dieu le dirige dans [son] jugement; il l’instruit. 27 Car il ne foule pas l’aneth avec un traîneau à tranchants et ne fait pas tourner la roue du chariot sur le cumin; car on bat l’aneth avec un bâton et le cumin avec une verge: 28 il broie le blé pour le pain, parce qu’il ne veut pas le battre toujours; il ne le broie pas en chassant par-dessus la roue de son chariot et ses chevaux. 29 Cela aussi vient de l’Éternel des armées: il se montre merveilleux en conseil et grand en sagesse.
v. 2: litt.: main.
v. 15, 18: ailleurs: déborde. — v. 16*: litt.: un fondement bien fondé. — v. 16**: c. à d. ne se hâtera pas avec frayeur. — v. 19: ou: comprendre. — v. 22: ou: tout le pays.
v. 25: ou: l’excellent froment.

 

Commentaires

V. 01 à 06 : prophétie sur Ephraïm. Le premier malheur.

V. 07 à 22 : prophétie sur Juda.

V. 23 à 29 : le but du jugement. 

 

Cette division des chapitres 28 à 35 pourrait donc s’intituler l’Assyrien ou encore la consommation des voies de Dieu en salut en faveur de son peuple terrestre. Ce salut glorieux et définitif est opéré par la destruction du terrible ennemi mais après que le jugement nécessité par l’état de Juda et d’Ephraïm (les dix tribus) aura été complètement exécuté. Aussi avons-nous, du chapitre 28 au chapitre 33 six malheurs annoncés. Ils font suite au malheur à moi du chapitre 24, 16. C’est aussi la contrepartie des six malheurs du chapitre 5 suivi de celui du chapitre 6.

Ch. 28, 1-6: nous y avons le premier malheur. Il annonce que l’orgueilleuse Ephraïm sera envahie par l’Assyrien. Et il y aura la prise de Samarie par Shalmanéser en 721 avant J.-C en la sixième année d’Ezéchias (cf 2 Rois 18). Mais le regard du prophète va plus loin. La première chose jugée est ainsi cette couronne de fierté, cette insouciance, ce luxe, tout ce qui aveugle les hommes. Puis, dans les v. 5 et 6,il y a les bénédictions qui suivent et pour ainsi dire le correctif du jugement. Ces bénédictions sont pour le résidu qui est ici en Juda. Et bien en ce jour-là, ce jour de la suppression d’Ephraïm, le témoignage se réfugie. Le jugement est confié à Juda, le législateur (cf Gen. 49, 10). Puis, dans les v. 7 à 13, Juda a malheureusement suivi Ephraïm. En refusant la Parole, ils se sont rejetés sur les ordonnances qui les condamnent et qu’ils ne comprennent pas. Alors les v. 14 à 22 passent de l’endurcissement de Juda lors de la venue de Christ au jugement prophétique du dernier jour et fait un tableau de l’invasion de Juda par l’Assyrien en ce jour-là, ce jour futur où des moqueurs gouverneront le peuple à Jérusalem. Les Juifs se croiront en sécurité vis-à-vis de l’Assyrien prophétique car ils auront fait une alliance avec la mort et un pacte avec le shéol qui représentent probablement la bête romaine et l’Antichrist. Cette alliance est contre l’Assyrien, ce fléau qui inonde (Hab. 2, 5). Le fait de se mettre d’accord avec la mort et la puissance des ténèbres est le défi le plus audacieux à l’encontre de Dieu et de ses jugements.

Au v. 16, une seule ressource. C’est Christ, cette pierre de coin (cf Rom. 9, 33; 10, 11; 1 Pi. 2, 6; Ps. 118, 22; Es. 8, 14). Les v. 17 et 18 présentent ce fléau qui inonde et qui atteint Jérusalem. C’est la consomption décrétée (cf ch. 10, 23). Cette consomption décrétée ou arrêtée, cette expression est aussi employée ailleurs comme en Daniel. Il s’agit d’une formule technique indiquant la manière dont le Seigneur agit aux derniers jours. Il consomme et abrège l’affaire en justice. Il juge complètement. Il consomme l’affaire mais il l’abrège pour que le résidu soit épargné. C’est le dernier jugement de Dieu avant l’introduction du règne de justice de Christ. Et enfin, dans les v. 23 à 29, nous avons les voies de Dieu en jugement, quelles que diverses qu’elles soient et qui aboutissent à l’accomplissement de ses conseils de grâce. Il ne veut pas toujours battre le blé comme il le broie pour le pain.

 

Autres commentaires :

Remarquons que cette troisième division, de la première partie d’Esaïe, qui commence avec le chapitre 28, revient en arrière pour détailler l’envahissement des dix tribus, c’est-à-dire d’Ephraïm, puis de Juda, par le redoutable Assyrien prophétique. Au v. 21, il est question de ce travail inaccoutumé, c’est-à-dire le jugement. La consomption décrétée, c’est le jugement qui consume le mal. Et pour l’accomplir, l’Eternel se servira de ce fléau qui inonde. C’est l’Assyrien qui, tel un cyclone, ravagera Israël. Le travail accoutumé du Seigneur, c’est de sauver et de bénir (cf Jean 3, 16-17). Mais dans Esaïe 28, lorsque tout manque et que tout s’effondre, Dieu révèle un sûr fondement qui est cette pierre posée en Sion, cette pierre qui est éprouvée, qui est précieuse. C’est bien une figure de Christ, rejeté des hommes, mais pierre précieuse aux yeux de Dieu (cf 1 Pi. 2, 4, 6-7).

 

 

 

Chapitre 29

Chapitres 1 à 39 :          Israël, les nations, l’Assyrien (aussi spécialement dans les ch. 28 à 35)
Chapitres 28 à 35 :        Troisième division
à Ils donnent des détails touchant Israël. Chaque                                     prophétie se termine par une bénédiction.

Chapitres 28 à 33 :        Annonce de malheurs. Il y en a six. Ils font suite au «Malheur à moi» du                                     chapitre 24, verset 16. Comme cela a été déjà noté, c’est le pendant du                                     chapitre 5, où six «Malheurs» sont suivis du «Malheur à moi» du chapitre 6.

Chapitre 29 ,1 à 14 : deuxième malheur. Il s’adresse à Ariel. C’est Jérusalem où David demeura
                                 
Cf Amos 5, 21-23; Ps. 51, 17; Zach. 14, 3-5
                 
15 à 24 : troisième malheur. A ceux qui sont éloignés de Dieu

Ch. 29, 5: cf Ps. 63, 1 et 143, 7; v. 12: Rom. 11, 8; v. 13: Matt. 15, 7-8; v. 14: 1 Cor. 1, 18-24

 
*
1 Malheur à Ariel*, à Ariel, la cité où David demeura**! Ajoutez année à année, que les fêtes se succèdent; 2 mais j’enserrerai Ariel; et il y aura soupir et gémissement; et elle me sera comme un Ariel. 3 Et je camperai comme un cercle contre toi, et je t’assiégerai au moyen de postes [armés] *, et j’élèverai contre toi des forts; 4 et, humiliée, tu parleras depuis la terre, et ta parole sortira sourdement de la poussière, et ta voix, sortant de la terre, sera comme celle d’un évocateur d’esprits; et ta parole s’élèvera de la poussière comme un murmure. 5 Et la multitude de tes ennemis sera comme une fine poussière, et la multitude des hommes terribles comme la balle menue qui passe; et [cela] arrivera en un moment subitement. 6 Tu seras visitée de par l’Éternel des armées avec tonnerre et tremblement de terre et une grande voix, avec tourbillon et tempête, et une flamme de feu dévorant. 7 Et la multitude de toutes les nations qui font la guerre à Ariel, et tous ceux qui combattent contre elle et contre ses remparts, et qui l’enserrent, seront comme un songe d’une vision de nuit. 8 Et ce sera comme celui qui rêve ayant faim, et voici, il mange, et il se réveille, et son âme est vide, — et comme celui qui rêve ayant soif, et voici, il boit, et il se réveille, et voici, il est las et son âme est altérée: ainsi il arrivera à la multitude de toutes les nations qui font la guerre contre la montagne de Sion.
9 Soyez étonnés et soyez stupéfaits! aveuglez-vous et soyez aveugles! Ils sont enivrés, mais non de vin; ils chancellent, mais non par la boisson forte. 10 Car l’Éternel a répandu sur vous un esprit de profond sommeil; il a bandé vos yeux; les prophètes et vos chefs, les voyants, il les a couverts. 11 Et la vision de tout* vous sera comme les paroles d’un livre scellé qu’on donne à quelqu’un qui sait lire, en disant: Lis ceci, je te prie; et il dit: Je ne puis, car il est scellé; 12 et on donne le livre à celui qui ne sait pas lire, en disant: Lis ceci, je te prie; et il dit: Je ne sais pas lire. 13 Et le Seigneur dit: Parce que ce peuple s’approche de moi de sa bouche, et qu’ils m’honorent de leurs lèvres, et que leur cœur est éloigné de moi, et que leur crainte de moi est un commandement d’hommes enseigné*, 14 c’est pourquoi, voici, j’agirai encore merveilleusement, et je ferai une œuvre merveilleuse envers ce peuple: la sagesse de ses sages périra, et l’intelligence de ses intelligents se cachera.
15 Malheur à ceux qui cachent profond, loin de l’Éternel, [leur] conseil, et dont les actions sont dans les ténèbres, et qui disent: Qui nous voit, et qui nous connaît? Vos perversités!… 16 Le potier sera-t-il estimé comme l’argile, pour que la chose faite dise de celui qui l’a faite: Il ne m’a pas faite? et que ce qui est formé dise de celui qui l’a formé: Il n’a pas d’intelligence? 17 N’y a-t-il pas encore très peu de temps, et le Liban sera converti en un champ fertile*, et le champ fertile sera réputé une forêt?
18 Et en ce jour-là les sourds entendront les paroles du livre, et les yeux des aveugles, [délivrés] de l’obscurité et des ténèbres, verront; 19 et les débonnaires augmenteront leur joie en l’Éternel, et les pauvres d’entre les hommes s’égayeront dans le Saint d’Israël. 20 Car l’homme violent ne sera plus, et le moqueur aura pris fin; et tous ceux qui veillent pour l’iniquité seront retranchés, 21 [ceux] qui tiennent un homme coupable pour un mot, qui tendent des pièges à ceux qui reprennent à la porte, et qui font fléchir [le droit] du juste par des choses futiles. 22 C’est pourquoi, ainsi dit à la maison de Jacob l’Éternel qui racheta Abraham: Maintenant Jacob ne sera plus honteux, et maintenant sa face ne sera plus pâle; 23 car quand il verra ses enfants, l’œuvre* de mes mains au milieu de lui, ils sanctifieront mon nom, et ils sanctifieront le Saint de Jacob, et ils craindront** le Dieu d’Israël; 24 et ceux qui errent en esprit auront de l’intelligence, et les désobéissants apprendront la bonne doctrine.

— v. 1*: lion de *Dieu. — v. 1**: litt.: dressa son camp. — v. 3: ou: machines de guerre.

— v. 11: ou: toute vision. — v. 13: ou: appris.

— v. 17: ou: Carmel, ici, et ailleurs.

      v. 23*: selon quelques-uns: quand ses enfants verront l’œuvre. — v. 23**: craindre, avec l’idée de frémir.

 

Commentaires  
Dans ce chapitre,
v. 1 à 8, il y a le deuxième malheur. Il est prononcé contre Jérusalem ou Ariel, c'est-à-dire contre le lion de Dieu. Ariel est impuissant. Il sera assiégé par l'Assyrien de la fin puisque l'Assyrien historique n'éleva pas des terrasses contre Jérusalem (cf v. 3 avec ch. 37, 33). Mais quoi qu'il en soit, Dieu prendra soin de Jérusalem. Au moment où tout semble perdu (v. 8), les ennemis sont anéantis. Cela nous reporte au deuxième siège de Jérusalem par l'Assyrien (cf Zach. 14, 3 à 5). Au chapitre précédent, 28 v. 14 à 22, il s'agissait du premier siège.

Les v. 9 à 14 reviennent à l'état d'Israël qui a nécessité tous ces jugements. Ils ont rejeté le Messie. La Parole leur est ainsi comme un livre scellé et un voile est tombé sur leurs cœurs endurcis (Rom. 11, 8). C'est le jugement de Dieu sur eux. Mais cette colère de Dieu contre eux devient un moyen de salut (cf 1 Cor. 1, 18 à 22).

Dans les v. 15 à 17, il y a le troisième malheur. Il est défini en peu de mots par le peuple à la suite du rejet de leur Messie. C'est l'oubli de Dieu et l'incrédulité complète. En ce moment là, tout ce que l'homme a espéré sera anéanti et ce qu'il a méprisé sera stable cf ch. 32, 15). L'orgueil de l'homme est comparé aux cèdres du Liban.

Puis les v. 18 à 24 mentionnent ce jour futur où le peuple aura des oreilles pour entendre les paroles du livre et des yeux pour voir. L'intelligence et la soumission domineront chez les hommes. C'est ce que réalisent aujourd'hui tous ceux qui croient. Au v. 22, l'Eternel se présente à la maison de Jacob comme celui qui racheta Abraham. Sans doute avons-nous là un rappel de la bénédiction qu'Israël (Jacob) prononça sur les fils de Joseph: mettant en avant la marche d'Abraham et d'Isaac plutôt que sa propre conduite, il rappelait par là les dons de grâce et l'appel de Dieu qui sont sans repentir. Ainsi, ses promesses s'accompliront. Israël sera restauré et apprendra la bonne doctrine.

Donc, du v. 9 au v. 24, nous avons le résultat moral selon que l'on accepte ou rejette l'œuvre de Christ.

§  Si le chapitre 28 a souligné l'esprit moqueur et l'incrédulité, le 29ème souligne l'esprit d'aveuglement.

§  Ariel est donc le lion de Dieu, la cité du vrai David. Les ennemis qui forment une coalition pour faire l'assaut de Jérusalem seront détruits. Parallèlement à cette délivrance, Dieu va accomplir une autre œuvre digne de lui: un travail dans la conscience de ce peuple (v. 18 à 24 à cf avec ch. 6, 10). En rapport avec le v. 11, souvenons-nous que la Bible est un livre fermé à l'intelligence naturelle. Il faut le Saint Esprit pour pouvoir la comprendre. Le v. 13 est une forme d'hypocrisie. Ne passons pas pour plus pieux que nous ne le sommes. Sentons-nous sous le regard de Dieu Ezé. 33, 31-32).

§  Ne pas comprendre la Bible, c'est éviter le témoignage qui sauve des conséquences du jugement. Ce témoignage, au v.18, est reçu. Et pour recevoir ce témoignage, ne faut-il pas avoir ce caractère de petits enfants.

Chapitre 30

Chapitres 1 à 39 :          Israël, les nations, l’Assyrien (aussi spécialement dans les ch. 28 à 35)
Chapitres 28 à 35 :        Troisième division
à Ils donnent des détails touchant Israël. Chaque                                     prophétie se termine par une bénédiction.

Chapitres 28 à 33 :        Annonce de malheurs. Il y en a six. Ils font suite au «Malheur à moi» du                                     chapitre 24, verset 16. Comme cela a été déjà noté, c’est le pendant du                                     chapitre 5, où six «Malheurs» sont suivis du «Malheur à moi» du chapitre 6.

Chapitre 30 ,1 à 33 :      quatrième malheur.  

Ch. 30, 16: cf Ps. 108, 5-6; v. 19: Joël 2, 12-14; v. 21: Ps. 32, 8; v. 26: Gen. 49, 25; v. 27: Deut. 9, 3; v.29-30: 1 Sam. 10, 5; v. 33: Prov. 19, 29; Es. 57, 9; Dan. 11, 36: Apoc. 19, 20 

 * 1 Malheur aux fils qui se rebellent, dit l’Éternel, pour former des desseins, mais non de par moi, et pour établir des alliances*, mais non [par] mon Esprit, afin d’ajouter péché sur péché; 2 qui s’en vont pour descendre en Égypte, et ils n’ont pas interrogé ma bouche, — afin de se réfugier sous la protection du Pharaon et de se confier en l’ombre de l’Égypte. 3 Et la protection du Pharaon vous sera une honte, et votre confiance en l’ombre de l’Égypte, une ignominie.
4 Car ses* princes ont été à Tsoan, et ses messagers sont arrivés à Hanès**; 5 ils ont tous été honteux d’un peuple qui ne leur était d’aucun profit, ni à aide, ni à utilité, mais à honte et aussi à opprobre. 6 — L’oracle* touchant les bêtes du midi: Par un pays de détresse et d’angoisse, d’où [sortent] la lionne et le lion, la vipère et le serpent brûlant qui vole, ils portent sur le dos des ânes leurs richesses, et sur la bosse des chameaux leurs trésors, à un peuple qui ne leur sera d’aucun profit. 7 Car l’Égypte aidera en vain et inutilement; c’est pourquoi je l’ai nommée: Arrogance* qui ne fait rien.
8 Maintenant viens, écris-le sur une table devant eux, et inscris-le dans un livre (et ce sera pour le jour à venir, en témoignage* à toujours), 9 que c’est ici un peuple rebelle, — des fils menteurs, des fils qui ne veulent pas entendre la loi de l’Éternel; 10 qui disent aux voyants: Ne voyez pas, et à ceux qui ont des visions: N’ayez pas pour nous des visions de droiture; dites-nous des choses douces, voyez des tromperies; 11 déviez du chemin, détournez-vous du sentier; ôtez* de devant nous le Saint d’Israël. 12 C’est pourquoi, ainsi dit le Saint d’Israël: Parce que vous rejetez cette parole, et que vous vous confiez dans l’oppression et dans la perversité, et que vous vous appuyez dessus, 13 à cause de cela cette iniquité vous sera comme une brèche qui s’écroule, un renflement dans un mur élevé, dont la rupture arrive subitement, tout à coup. 14 Et il le brisera comme on brise un vase de potier, qu’on casse sans ménagement: et, dans ses fragments, il ne se trouvera pas un tesson pour prendre du feu au foyer ou pour puiser de l’eau à la citerne.
15 Car ainsi dit le Seigneur, l’Éternel, le Saint d’Israël: C’est en revenant et en vous tenant en repos que vous serez sauvés; dans la tranquillité et dans la confiance sera votre force. Mais vous ne le voulez pas. 16 Et vous avez dit: Non, car nous nous enfuirons sur des chevaux; c’est pourquoi vous vous enfuirez; et: Nous monterons sur des [chevaux] rapides; c’est pourquoi ceux qui vous poursuivent seront rapides. 17 Un millier [fuira] à la menace d’un seul; à la menace de cinq, vous fuirez, jusqu’à ce que vous restiez comme une perche au sommet d’une montagne et comme un étendard sur une colline.
18 Et c’est pourquoi l’Éternel attendra pour user de grâce envers vous, et c’est pourquoi il s’élèvera haut pour avoir* compassion de vous; car l’Éternel est un Dieu de jugement: bienheureux tous ceux qui s’attendent à lui! 19 Car le peuple habitera en Sion, dans Jérusalem. Tu ne pleureras plus; à la voix de ton cri, il usera richement de grâce envers toi; aussitôt qu’il l’entendra, il te répondra. 20 Et le Seigneur vous donnera le pain de la détresse et l’eau de l’oppression; mais ceux qui t’enseignent ne seront plus cachés, mais tes yeux verront ceux qui t’enseignent; 21 et, que vous alliez à droite ou que vous alliez à gauche, tes oreilles entendront une parole derrière toi, disant: C’est ici le chemin, marchez-y. 22 Et vous souillerez le plaqué d’argent de tes images taillées et le revêtement* d’or de tes images de fonte; tu les jetteras loin comme un linge impur: Dehors! lui diras-tu.
23 Et il donnera la pluie à* ta semence dont tu ensemenceras le sol, et le pain, produit du sol; et il sera riche et nourrissant**. Ton bétail paîtra en ce jour-là dans de vastes pâturages, 24 et les bœufs et les ânes qui labourent le sol mangeront du fourrage salé qu’on a vanné avec la pelle et avec le van. 25 Et, sur toute haute montagne et sur toute colline élevée, il y aura des ruisseaux, des courants d’eau, au jour du grand carnage, quand les tours s’écrouleront. 26 Et la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil sera septuple, comme la lumière de sept jours, au jour que l’Éternel bandera la brisure de son peuple et guérira la blessure de ses plaies.
27 Voici, le nom de l’Éternel vient de loin, brûlant de sa colère, un incendie véhément; ses lèvres sont pleines d’indignation, et sa langue est comme un feu qui dévore, 28 et son haleine comme un torrent qui déborde, qui atteint jusqu’au cou, pour cribler les nations au crible de la vanité et [pour mettre] aux mâchoires des peuples un frein qui fait errer. 29 Il y aura pour vous un chant comme dans la nuit où l’on sanctifie une fête, et une joie de cœur comme a celui qui va avec une flûte pour se rendre à la montagne de l’Éternel, vers le rocher d’Israël. 30 Et l’Éternel fera entendre la majesté de sa voix, et montrera le poids* de son bras, avec indignation de colère et flamme de feu dévorant, trombe d’eau, et tempête, et pierres de grêle. 31 Car, par la voix de l’Éternel, Assur sera renversé; il le frappera de sa verge*; 32 et partout où passera le bâton ordonné que l’Éternel appesantira sur lui, ce sera avec des tambourins et des harpes; et par des batailles tumultueuses il lui fera la guerre. 33 Car Topheth* est préparé depuis longtemps: pour le roi aussi il est préparé. Il l’a fait profond et large; son bûcher est du feu et beaucoup de bois: le souffle de l’Éternel, comme un torrent de soufre, l’allume.
- v. 1: ou: couvrir d’une couverture. / v. 4*: c. à d. ceux d’Israël. v. 4**: ville de l’Égypte centrale.
- v. 6: ou: charge, fardeau / v. 7: hébreu: Rahab. / v. 8: comparer Deut. 31:26; d’autres lisent: à perpétuité.
- v. 11: litt.: faites cesser. / v. 18: ou: se retirera loin jusqu’à ce qu’il ait / v. 22: ou: l’éphod
- v. 23*: litt.: de. / v. 23**: litt.: gras./ v. 30: litt.: la descente. / v. 31: ou: lui qui frappe de [sa] verge.
- v. 33: voir 2 Rois 23:10.

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Le quatrième malheur annoncé dans ce chapitre a été accompli partiellement lors du siège de Jérusalem par Sankhérib (selon ch. 36). Puis, cent dix ans après, elle a été accomplie complètement lors de la prise de Jérusalem par Babylone et le meurtre de Guedalia. Le reste du peuple de Juda s'était enfui en Egypte (Jér. 42 et 44, 26-30). Ceci pour les v. 1 à 17. Comme le ch. 31, ce ch. 30 appelle un malheur parce que le peuple rebelle a cherché du secours auprès de l'Egypte. Et bien mettre sa confiance dans les hommes est une folie. Et le chemin de la délivrance est tracé par le v. 15: revenir au Seigneur et se tenir en repos, au lieu de s'agiter puis entendre alors la voix familière du v. 21 c'est ici le chemin, marchez-y.

Cependant l'Eternel est plein de compassion et il use de grâce à la fin. En effet, dès que la voix du cri est là (v. 19) il répond aussitôt. Cette compassion est évidente dans les v. 18 à 22. Ainsi, pendant ce temps d'épreuves, de tribulation, il sera donné à son peuple, à ceux qui s'attendent à lui (v. 18), des yeux pour voir et des oreilles pour entendre la voix qui lui indique le chemin à suivre. Le v. 18 est un témoignage merveilleux des voies de l'Eternel qui attend que le châtiment soit pleinement accompli pour pouvoir faire grâce. Oui la verge du ch. 10, c'est-à-dire l'Assyrien, est détruite. Toutes les idoles seront alors rejetées avec dégoût.

Puis, dans les v. 23 à 26, c'est ce jour-là, c'est-à-dire ce jour du grand carnage. C'est aussi là que s'ouvrira pour le peuple l'ère de la bénédiction millénaire.

Et dans les v. 27 à 33, le grand carnage des nations prend fin. Mais pour les saints, il y aura un chant comme dans la nuit, c'est-à-dire avant l'établissement de la pleine délivrance car la destruction de l'Assyrien et de toutes les nations campées contre Jérusalem constituera la joie du résidu (v. 29-30. Voir 1 Sam. 10, 5). C'est une scène de jugement où Topheth représente le lieu du jugement par le feu de géhenne (v. 33) et préparé par Assur (l'Assyrien) mais aussi pour l'Antichrist nommé au v. 33 et aussi au ch. 57, 9 et en Dan. 11, 36.

Chapitre 31

Chapitres 1 à 39 :          Israël, les nations, l’Assyrien (aussi spécialement dans les ch. 28 à 35)
Chapitres 28 à 35 :        Troisième division
à Ils donnent des détails touchant Israël. Chaque                                     prophétie se termine par une bénédiction.

Chapitres 28 à 33 :        Annonce de malheurs. Il y en a six. Ils font suite au «Malheur à moi» du                                     chapitre 24, verset 16. Comme cela a été déjà noté, c’est le pendant du                                     chapitre 5, où six «Malheurs» sont suivis du «Malheur à moi» du chapitre 6.

Chapitre 31 ,1 à 9 :        cinquième malheur.

Ch. 31, 1: cf 1 Cor. 1, 25; v, 6: Matt. 23, 37  v. 4-9: 2 Rois 19, 36 

1 Malheur à ceux qui descendent en Égypte pour [avoir] du secours, [et] qui s’appuient sur des chevaux et se fient à des chars, parce qu’ils sont nombreux, et à des cavaliers, parce qu’ils sont très forts, et qui ne regardent pas au Saint d’Israël et ne recherchent pas l’Éternel! 2 Cependant lui aussi est sage, et il fait venir le malheur, et ne retire pas ses paroles; et il se lève contre la maison de ceux qui font le mal et contre le secours de ceux qui pratiquent l’iniquité*. 3 Et les Égyptiens sont des hommes et non pas *Dieu, et leurs chevaux sont chair et non pas esprit; et l’Éternel étendra sa main, et celui qui aide trébuchera, et celui qui est aidé tombera, et tous ensemble ils périssent.
4 Car ainsi m’a dit l’Éternel: Comme le lion, le jeune lion, contre lequel une troupe de bergers est convoquée, rugit sur sa proie, ne s’effraie pas à leur voix, et ne cède pas devant leur multitude, ainsi l’Éternel des armées descendra pour combattre sur la montagne de Sion et sur sa colline. 5 Comme des oiseaux qui déploient leurs ailes, ainsi l’Éternel des armées couvrira Jérusalem: la protégeant, il la délivrera, et l’épargnant, il la sauvera. 6 Fils d’Israël, revenez à celui de qui vous vous êtes si profondément détournés! 7 Car en ce jour-là ils rejetteront chacun ses idoles d’argent et ses idoles d’or, que vos mains iniques ont faites pour vous-mêmes*. 8 Et Assur tombera par l’épée, non d’un homme d’importance; et l’épée, non d’un homme du commun, le dévorera: et il fuira devant l’épée, et ses jeunes hommes seront soumis au tribut*; 9 et, de frayeur, il passera vers son rocher*, et ses princes seront terrifiés à cause de l’étendard, dit l’Éternel qui a son feu** dans Sion et son four dans Jérusalem.

      v. 2: ailleurs: ouvriers d’iniquité. v. 7: ou: vos mains ont faites pour [ainsi] pécher.
     
v. 8: ou: perdront tout courage. v. 9*: ou: dépassera son rocher; ou: son rocher s’en ira. v. 9**: litt.: lumière.

 

Commentaires  
Le cinquième malheur est mentionné dans les
v. 1 à 3. Une fois encore, il est prononcé sur ceux qui descendent en Egypte. Au ch. 30, 1-2, ils descendaient pour obtenir des alliances. Ici, c’est pour obtenir du secours. Ils cherchent donc de l’aide du côté des hommes. C’est une folie. L’Egypte sera anéantie avec tous ceux qui se confient en elle. C’est l’accomplissement final de Jérémie ch. 42. Toutefois, à la fin, l’Egypte ne sera pas frappée par Babylone mais bien par le roi du nord (Dan. 11, 14).

Dans les v. 4 à 9, un appel est adressé aux fils d’Israël afin qu’ils abandonnent leurs idoles et qu’ils reviennent à l’Eternel (cf ch. 30, 22). La promesse est faite de la victoire sur l’Assyrien; l’Eternel seul sera l’instrument de sa chute. L’accomplissement prochain de cette prophétie d’Esaïe se trouve en 2 Rois 19, 36. Nous y avons là l’image de son accomplissement final au dernier jour. Le v. 8 montre bien que l’Assyrien est le dernier ennemi du peuple.

 

Ainsi, Esaïe signale la folie à se confier dans le bras de la chair. Il recommande surtout le vrai moyen d’être délivrés. Ce vrai moyen, c’est la puissance de l’Eternel qui se déploie à Jérusalem. L’Eternel sera au milieu des nations comme un lion au milieu des bergers et garantira sa ville, planant au-dessus d’elle comme des oiseaux qui voleraient. Sa présence renversera et mettra en fuite l’Assyrien car son feu sera en Sion et sa fournaise en Jérusalem.

 

Ce chapitre est comme un résumé du précédent. Les promesses de délivrance et de bénédiction y sont renouvelées, l’annonce du jugement d’Assur est répété. Cette répétition montre que la chose est arrêtée de la part de Dieu (Gen. 41, 32).

Chapitre 32

Chapitres 1 à 39 :          Israël, les nations, l’Assyrien (aussi spécialement dans les ch. 28 à 35)
Chapitres 28 à 35 :        Troisième division
à Ils donnent des détails touchant Israël. Chaque                                     prophétie se termine par une bénédiction.

Chapitres 28 à 33 :        Annonce de malheurs. Il y en a six. Ils font suite au «Malheur à moi» du                                     chapitre 24, verset 16. Comme cela a été déjà noté, c’est le pendant du                                     chapitre 5, où six «Malheurs» sont suivis du «Malheur à moi» du chapitre 6.

Chapitre 32 ,1 à 8 :        le roi de justice.
Chapitre 32 ,9 à 19 :      appel à l’humiliation
Chapitre 32 ,20 :           bénédiction milléniale

Ch. 32, 1: cf 2 Sam. 23, 3-4; Act. 3, 14; Matt. 19, 28 ; v. 2: Ps. 89, 19; Deut. 32, 4; Ps. 121, 5;
Ps. 45, 1; v. 8: Prov. 16, 13; Act. 17, 11  

1 Voici, un roi régnera en justice, et des princes domineront avec droiture; 2 et il y aura un homme [qui sera] comme une protection contre le vent et un abri contre l’orage, comme des ruisseaux d’eau dans un lieu sec, comme l’ombre d’un grand rocher dans un pays aride. 3 Et les yeux de ceux qui voient ne seront pas aveuglés, et les oreilles de ceux qui entendent écouteront, 4 et le cœur de ceux qui vont étourdiment sera intelligent dans la connaissance, et la langue de ceux qui bégaient parlera promptement et clairement*. 5 L’homme vil ne sera plus appelé noble, et on ne dira pas l’avare généreux. 6 Car l’homme vil dira des choses viles, et son cœur commettra l’iniquité pour pratiquer l’impiété* et pour dire l’erreur contre l’Éternel, pour rendre vide l’âme qui a faim et ôter la boisson à celui qui a soif. 7 Les armes de l’avare sont mauvaises; il trame des artifices pour détruire les débonnaires par des dires mensongers, même quand le pauvre parle droitement. 8 Mais l’homme noble se propose des choses nobles, et il se maintiendra par* des choses nobles.
9 Levez-vous, femmes qui êtes à votre aise, écoutez ma voix; vous filles qui vivez en sécurité, prêtez l’oreille à ce que je dis: 10 Dans un an et des jours vous serez agitées, vous qui êtes en sécurité; car c’en est fait de la vendange, la récolte ne viendra pas. 11 Tremblez, vous femmes qui êtes à votre aise; soyez agitées, vous qui vivez en sécurité. Dépouillez-vous, et mettez-vous nues, et ceignez [le sac] sur vos reins. 12 On se frappe la poitrine* à cause des champs agréables, à cause des vignes fertiles. 13 Sur la terre de mon peuple croissent des épines et des ronces, même sur toutes les maisons de délices de la cité joyeuse. 14 Car le palais est délaissé, le tumulte de la ville est abandonné. Ophel* et la tour de la sentinelle seront des cavernes pour toujours, les délices des ânes sauvages, un pâturage des troupeaux, 15 jusqu’à ce que l’Esprit soit répandu d’en haut sur nous, et que le désert devienne un champ fertile*, et que le champ fertile soit réputé une forêt. 16 Et la droiture demeurera dans le désert, et la justice habitera le champ fertile; 17 et l’œuvre de la justice sera la paix, et le travail de la justice, repos et sécurité à toujours. 18 Et mon peuple habitera une demeure de paix et des habitations sûres, et des lieux de repos tranquilles. 19 Et la grêle tombera sur la forêt, et la ville sera abaissée dans un lieu bas*.
20 Bienheureux, vous qui semez près de toutes les eaux, envoyant [partout] le pied du bœuf et de l’âne!
— v. 4: litt.: se hâtera de parler clairement. — v. 6: ou: l’hypocrisie. — v. 8: ou: persistera dans.
— v. 12: ou: On se lamente à cause des mamelles. — v. 14: la colline (ou: tour) fortifiée. — v. 15: ou: Carmel. — v. 19: ou: en un bas état.

Commentaires
Dans ces chapitres, nous avons remarqué que la bénédiction suit les jugements. Et si le chapitre 31 nous montrait le lion de Juda en rapport avec le jugement, et bien le 32ème, dans les v. 1 à 8, présente le roi qui régnera en justice. C’est l’homme Christ Jésus. Sous son règne, l’homme vil sera reconnu comme tel. L’homme noble seul pourra se maintenir. L’homme noble ne cherche pas ses propres intérêts mais bien ceux de Jésus Christ. Dans ces premiers versets, il y a ce roi qui règne en justice et ces princes qui dominent avec droiture. On peut penser que ces prince du v. 1 sont les disciples du Seigneur, assis sur douze trônes et jugeant les douze tribus d’Israël, selon Matt. 19, 28. Et bien si nous souffrons avec lui, nous partagerons sa gloire. C’est très encourageant. Attention: s’il y a souffrances, il y a des difficultés et un caractère qui se raidit contre les difficultés pour leur résister n’est pas un caractère brisé. Il faut apprendre la patience dans la souffrance et elle ne peut être trouvée que dans l’oubli de soi-même.

Dans les v. 9 à 19, les filles de Jérusalem sont appelées à s’humilier et à mener deuil. Le jugement allait venir. Le palais allait être délaissé. La fertilité ferait place à la stérilité et au désert. Puis il y aurait un changement de dispensation. L’Esprit serait répandu d’en-haut, le désert deviendrait un champ fertile et le champ fertile serait réputé une forêt. La droiture et la justice régneraient. La paix serait l’œuvre de la justice; son travail, le repos et la sécurité (v. 16 à 18). A l’inverse, tout ce qui offre maintenant un abri et une sécurité parmi les hommes aura été anéanti avant ce moment (v. 19). Ainsi, ce chapitre nous fait assister à la bénédiction millénaire répandue d’en-haut sur la terre avec transformation de la nature et changement dans le cœur et les relations des hommes entre eux.

Le bienheureux du v. 20 se relie au v. 18: partout où se trouveront les conditions de croissance auront lieu les semailles et le labeur. Ce bienheureux est à sa place, après la dernière désolation de Jérusalem au v. 19. Ainsi, à cette ultime désolation de Jérusalem répond la scène de bonheur des v. 16 à 18. Ce v. 20 présente un contraste merveilleux entre les MALHEURS que nous venons de voir et le BIENHEUREUX qui s’adresse au peuple de Dieu restauré. Quoi qu’il advienne de ses ennemis, le peuple de Dieu sera abrité et prospérera en paix, goûtant les bénédictions spirituelles aussi bien que matérielles.

Nous avons dans ces chapitres, pour la troisième fois, l’aube radieuse du règne millénaire. Ainsi, après l’effrayante destruction de l’Assyrien, et celle du faux roi, au ch. 30, 31-33, la place est faite au vrai roi, à Christ. Dès lors, l’accent est mis sur la justice: ch. 32, 16-17 et 33, 5-15. Ainsi, si cette aube apparaît pour la troisième fois, c’est toujours sous des perspectives différentes. Et ces promesses faites à Israël sont douces pour nous car nous vivons dans le même monde injuste et nous attendons le même Seigneur.

Chapitre 33

Chapitres 1 à 39 :          Israël, les nations, l’Assyrien (aussi spécialement dans les ch. 28 à 35)
Chapitres 28 à 35 :        Troisième division
à Ils donnent des détails touchant Israël. Chaque                                     prophétie se termine par une bénédiction.

Chapitres 28 à 33 :        Annonce de malheurs. Il y en a six. Ils font suite au «Malheur à moi» du                                     chapitre 24, verset 16. Comme cela a été déjà noté, c’est le pendant du                                     chapitre 5, où six «Malheurs» sont suivis du «Malheur à moi» du chapitre 6.

Chapitre 33, 1 à 13 :      le sixième malheur
Chapitre 33, 14 à 24 :    deuxième siège de Jérusalem; délivrance et pardon

Ch. 33, 14: cf Ps. 53, 5; v. 8: Dan. 11, 37; v. 17: Ps. 45, 2; 1 Cor. 13, 12; 1 Jean 3, 2; Apoc. 22, 3-4;v. 24: Luc 5, 20-26

* 1 Malheur à toi* qui détruis, et tu n’as pas été détruit, et à toi qui agis perfidement, et on n’a pas agi perfidement envers toi! Quand tu auras fini de détruire, tu seras détruit; quand tu auras complété la perfidie, on agira perfidement envers toi.
2 Éternel, use de grâce envers nous: nous nous sommes attendus à toi. Sois leur bras tous les matins, et notre salut au temps de la détresse!
3 À la voix du tumulte, les peuples s’enfuirent: quand tu t’es élevé, les nations ont été dispersées. 4 Et votre butin sera moissonné, comme moissonnent les locustes; comme se précipitent les sauterelles, on se précipitera sur lui.
5 L’Éternel est exalté; car il demeure en haut, il a rempli Sion de droiture et de justice; 6 et il* sera la sûreté de tes temps, le trésor du salut, sagesse et connaissance**. La crainte de l’Éternel sera votre*** trésor.
7 Voici, leurs vaillants hommes crient au dehors, les messagers de la paix pleurent amèrement. 8 Les routes sont désertes; le passant sur le chemin a cessé. Il a rompu l’alliance, il a méprisé les villes, il n’a égard à personne. 9 Le pays mène deuil, il languit; le Liban est honteux, il s’est fané; le Saron est devenu comme un désert, et Basan et le Carmel se dépouillent. 10 Maintenant, dit l’Éternel, je me lèverai; maintenant je serai exalté; maintenant je m’élèverai. 11 Vous concevrez l’herbe sèche, vous enfanterez le chaume: votre colère* est un feu qui vous consumera. 12 Et les peuples seront comme la pierre à chaux dans l’ardeur de la fournaise; comme des épines coupées, ils seront consumés dans le feu. 13 Entendez, vous qui êtes loin, ce que j’ai fait; et connaissez ma puissance, vous qui êtes près!
14 Les pécheurs ont peur dans Sion; le tremblement a saisi les impies*: Qui de nous séjournera dans le feu consumant? Qui de nous séjournera dans les flammes éternelles? 15 — Celui qui marche dans la justice, et celui qui parle avec droiture, celui qui rejette le gain [acquis] par extorsion, qui secoue ses mains pour ne pas prendre de présent, qui bouche ses oreilles pour ne pas entendre parler de sang et qui ferme ses yeux pour ne pas voir le mal, 16 — celui-là demeurera en haut: les forteresses des rochers seront sa haute retraite; son pain lui sera donné, ses eaux seront assurées. 17 Tes yeux verront le roi dans sa beauté; ils contempleront le pays lointain. 18 Ton cœur méditera la crainte: Où est l’enregistreur*? où est le peseur? où est celui qui compte les tours? 19 Tu ne verras plus le peuple audacieux*, un peuple au langage trop obscur pour l’entendre, à la langue bégayante qu’on ne comprend pas.
20 Regarde Sion, la cité de nos assemblées solennelles! Tes yeux verront Jérusalem, une demeure tranquille, une tente qui ne sera pas transportée: ses pieux ne seront jamais arrachés, et aucune de ses cordes ne sera rompue; 21 mais là l’Éternel est pour nous magnifique, — un lieu de fleuves, de larges rivières: il n’y viendra aucun vaisseau* à rames, aucun noble navire n’y passera. 22 Car l’Éternel est notre juge, l’Éternel est notre législateur, l’Éternel est notre roi; lui, nous sauvera. 23 Tes cordages sont relâchés: ils n’affermissent pas le pied de leur mât, ils ne déploient pas la voile. On partage alors la proie d’un grand butin, les boiteux pillent les dépouilles; 24 et l’habitant ne dira pas: Je suis malade; l’iniquité du peuple qui demeure là sera pardonnée.
— v. 1* : Assur, sans doute. — v. 6* : ou : ce. — v. 6** : ou : la sagesse et la connaissance seront la sûreté de tes temps, un trésor de salut. — v. 6*** : litt.: son. — v. 11 : litt.: souffle. — v. 14 : ou : hypocrites. — v. 18 : ailleurs : scribe. — v. 19 : ou : dur. — v. 21 : ailleurs : flotte.

Commentaires  
Ce chapitre commence par le 6ème malheur. Ce malheur atteint, selon v. 1, l’Assyrien. Selon quelques-uns, cet ennemi est Gog (Ezé. 39). Autrement dit probablement une nation située au-delà des nations du Nord, peut-être au Sud de l’ancienne U.R.S.S. qui agira par l’intermédiaire des pays situés au Nord du Moyen-Orient, et plus particulièrement de l’Assyrie. L’Assyrien, détruisait sans avoir jamais été détruit. Mais quand les voies de Dieu envers Israël auront été accomplies par son moyen, alors lui-même sera détruit. Au v. 2, nous avons la supplication du résidu en vue de l’attaque d’Assur. Cela avant que le jugement ne soit exécuté. Il prie pour les chefs de Juda et demande aussi son propre salut. Zach. 12, 6-9 confirme cela ainsi que la suite de notre chapitre. En effet, la réponse ne tarde pas. Elle se trouve dans les v. 3 et 4 qui montrent la défaite de toutes les nations rassemblées autour de Jérusalem. La défaite de l’Assyrien est particulièrement sayante. Puis les v. 5 et 6 décrivent ce qu’il en est à la suite de ce jugement. L’Eternel est tout pour les siens. La crainte de l’Eternel constitue leur trésor.

Dans les v. 7 à 13, la Bête romaine est là. Elle rompt l’alliance (cf Dan. 9, 27). Cette Bête était probablement associée à l’Antichrist qui n’a égard à personne (comparer v. 8 avec Dan. 11, 37). Les v. 7 et 8 montrent les résultats de la rupture de l’alliance pour le pays d’Israël. Puis, à trois reprises, au moment même où tout semblait perdu, le MAINTENANT divin est prononcé (v. 10). Dieu a attendu. Mais il fait connaître sa puissance dans le jugement de ses ennemis (v. 10 à 13).

Dans les v. 14 à 19, nous trouvons Jérusalem au temps de second siège (cf Zach. 14, 1-5). Les impies et les justes sont là. Les uns sont consumés et le résidu serait épargné et demeurerait en haut (Ps. 48, 2). Il se confie en l’Eternel (cf Ps. 62, 1,2,6). De plus, il verra le roi dans sa beauté (Ps. 45, 2). L’adversaire aura disparu mais Christ restera. Ce sera l’inauguration de son règne (ch. 10, 24 à 28). Enfin, dans les v. 20 à 24, le résidu fait appel à Dieu afin qu’il regarde Sion qui est la cité des assemblées solennelles. Les yeux du résidu verront la paix de Jérusalem et son établissement certain comme tabernacle de Dieu car Christ, Juge (Ps. 50, 6), Législateur (Ps.147, 19) et Roi (Ps. 89, 18), sauvera son peuple. L’ennemi est vaincu et l’iniquité du peuple qui demeure à Jérusalem est pardonnée.

Ce chapitre a donc mentionné le jugement qui tombe sur l’Assyrien qui est le dernier ennemi des Israélites. Le prochain chapitre montrera le jugement sur toutes les nations.

 Chapitre 34

Chapitres 1 à 39 :          Israël, les nations, l’Assyrien (aussi spécialement dans les ch. 28 à 35)
Chapitres 28 à 35 :        Troisième division
à Ils donnent des détails touchant Israël. Chaque                                     prophétie se termine par une bénédiction.

Chapitre 34  :                dernier avertissement aux nations. Destruction d’Edom

Ch. 34 : cf Mal. 1, 3; Héb. 11, 21; Gen. 32, 28; Gen. 25, 29-34; Rom. 2, 4
Rom. 1, 18-23; Abd. 10, 14,18; Gen. 3, 17-18; Jean 3, 16; Rom. 6, 23

 * 1 Approchez, nations, pour entendre; et vous, peuples*, soyez attentifs! Que la terre écoute et tout ce qu’elle contient**, le monde et tout ce qu’il produit! 2 Car la colère de l’Éternel est sur toutes les nations, et sa fureur sur toutes leurs armées. Il les a vouées à la destruction; il les a livrées au carnage; 3 et leurs tués seront jetés loin, et la puanteur de leurs cadavres s’élèvera; et les montagnes seront dissoutes par leur sang. 4 Et toute l’armée des cieux s’est fondue, et les cieux sont enroulés comme un livre, et toute leur armée est tombée comme une feuille tombe de la vigne, et comme ce qui tombe du figuier. 5 Car mon épée sera enivrée dans les cieux: voici, elle descendra sur Édom et sur le peuple que j’ai voué à la destruction, pour le jugement. 6 L’épée de l’Éternel est pleine de sang; elle est engraissée de graisse, du sang des agneaux et des boucs, de la graisse des rognons des béliers; car l’Éternel a un sacrifice à Botsra, et une grande tuerie dans le pays d’Édom. 7 Et les buffles descendront avec eux, et les jeunes bœufs avec les taureaux; et leur pays sera trempé de sang, et leur poussière sera engraissée de graisse. 8 Car c’est le jour de la vengeance de l’Éternel, l’année des récompenses pour la cause de Sion.
9 Et les rivières d’Édom* seront changées en poix, et sa poussière en soufre, et son pays deviendra une poix brûlante; 10 ni jour ni nuit elle ne sera éteinte, sa fumée montera à toujours; — de génération en génération il sera désert; à tout jamais personne n’y passera; 11 le pélican et le butor l’hériteront, et le hibou et le corbeau y habiteront. Et il étendra sur lui le cordeau de la désolation et les plombs* du vide. 12 Ses nobles pour proclamer le royaume, … il n’y en a pas! Tous ses princes sont devenus néant. 13 Des épines croîtront dans ses palais, des orties et des ronces* dans ses forteresses; et il sera le repaire des chiens sauvages, le parc des autruches. 14 Les bêtes du désert s’y rencontreront avec les chacals, et le bouc sauvage y criera à son compagnon. Là aussi la lilith* se reposera et trouvera sa tranquille habitation. 15 Là le serpent-dard fera son nid, et pondra, et fera éclore et rassemblera [ses petits] sous son ombre; là aussi se rassembleront les vautours l’un avec l’autre. 16 Cherchez dans le livre de l’Éternel, et lisez. Pas un d’eux ne manquera; l’un n’aura pas à chercher l’autre; car ma bouche l’a commandé, et mon Esprit les a rassemblés, 17 Et Lui a jeté le sort pour eux, et sa main leur a partagé le [pays] au cordeau: ils le posséderont pour toujours; ils y habiteront de génération en génération.
— v. 1*: ailleurs: peuplades. — v. 1**: litt.: sa plénitude. — v. 9: litt.: ses rivières. — v. 11: litt.: pierres. — v. 13: ou: chardons. — v. 14: mot hébreu qui signifie: la nocturne.

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L’indignation de l’Eternel est sur toutes les nations (cf Ps. 83, 6-8). Des détails sont donnés en rapport avec ce jugement. Ce chapitre, avec le suivant, sont la conclusion de la troisième subdivision du livre d’Esaïe. Il y a le jugement de toutes les nations représentées moralement par Edom puis les bénédictions et la joie de la Canaan future, c’est-à-dire d’Israël.

Versets 1 à 4 : derniers avertissements aux nations rassemblées. La colère de Dieu est sur toutes les nations. Il y aura une convulsion générale avant le règne, comme en Apoc. 6, 13-14. Le carnage, selon v. 5 à 8 se fera en Edom dont le jugement ne laissera pas de résidu, à l’inverse de tant d’autres nations. Dans les v. 6 et 7, nous avons le terrible jugement des vivants dont l’idée s’est perdue dans la chrétienté. Le jugement d’Edom est total et définitif, comme en Es. 63, 1-6 et en Abdias. L’Eternel frappe Edom qui, à lui seul, représentait et conduisait l’hostilité des peuples contre Sion (v.8). Dès lors, selon les v. 9 à 16, Edom sera un désert de génération en génération. Edom, chef de file des nations vouées au jugement, est le plus acharné des ennemis. Le v. 12 fait comprendre l’étendue de la destruction d’Edom. Il y a aussi un avertissement pour chaque individu. Souvenons-nous qu’Esaü avait méprisé son droit d’ainesse.

 Ce ch. 34 présente le terrible jugement qui fond sur les autres nations dans le pays d’Edom. Il y a ceux qui ont opprimé Sion et qui ont frappé. Dieu tire vengeance des oppresseurs. L’Idumée est particulièrement atteinte mais en même temps sur son territoire, tous les ennemis d’Israël qui s’étaient coalisés avec elle. Les armées des nations qui s’étaient rassemblées contre Jérusalem périssent par le jugement de l’Eternel. Edom ou l’Idumée, c’est la même chose. L’indignation de l’Eternel contre Jérusalem se termina avec le jugement contre l’Assyrien et c’est ensuite que vient le jugement des nations en Edom.

Le ch. 23 de ce prophète, montre ce qui arrivera aux nations en ce temps-là. Jésus les jugera et les foulera dans sa colère.

Chapitre 35

Chapitres 1 à 39 :          Israël, les nations, l’Assyrien (aussi spécialement dans les ch. 28 à 35)
Chapitres 28 à 35 :        Troisième division
à Ils donnent des détails touchant Israël. Chaque                                     prophétie se termine par une bénédiction.

Chapitre 35  :                la Canaan future et bénédictions du règne de mille ans

Ch. 35 : cf Rom. 8, 21; 2 Cor. 1, 3-4; Héb. 12, 15; Gen. 47, 9; Ps. 23, 6;
Eph. 1, 3; Jean 14, 6; Jean 17, 24 

1 Le désert et la terre aride se réjouiront; le lieu stérile sera dans l’allégresse, et fleurira comme la rose*; 2 il fleurira abondamment, et il sera dans l’allégresse, oui, dans l’allégresse, et il exultera. La gloire du Liban lui sera donnée, la magnificence du Carmel et du Saron; ils verront la gloire de l’Éternel, la magnificence de notre Dieu. 3 Fortifiez les mains lassées, et affermissez les genoux qui chancellent. 4 Dites à ceux qui ont le cœur timide: Soyez forts, ne craignez pas; voici votre Dieu: la vengeance vient, la rétribution de Dieu! Lui-même viendra, et vous sauvera.
5 Alors les yeux des aveugles s’ouvriront, et les oreilles des sourds seront ouvertes. 6 Alors le boiteux sautera comme le cerf, et la langue du muet chantera de joie. Car des eaux jailliront dans le désert, et des rivières dans le lieu stérile; 7 et le mirage* deviendra un étang, et la terre aride, des sources d’eau; dans l’habitation des chacals où ils couchaient, il y aura un parc à roseaux et à joncs**. 8 Et il y aura là une grande route et un chemin, et il sera appelé le chemin de la sainteté: l’impur n’y passera pas, mais il sera pour ceux-là. Ceux qui vont [ce] chemin, même les insensés, ne s’égareront pas. 9 Il n’y aura pas là de lion, et une bête qui déchire n’y montera pas [et] n’y sera pas trouvée; mais les rachetés y marcheront. 10 Et ceux que l’Éternel a délivrés retourneront et viendront à Sion avec des chants de triomphe; et une joie éternelle sera sur leur tête; ils obtiendront l’allégresse et la joie, et le chagrin et le gémissement s’enfuiront.

— v. 1: ailleurs: narcisse. — v. 7*: phénomène qui fait paraître le désert comme couvert d’eau. — v. 7**: ailleurs aussi: papyrus. — v. 1: ailleurs: narcisse.


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Dans Es. 35, c’est la bénédiction d’Israël. Les v. 1 à 4 présentent la Canaan future. Après une longue discipline, Israël connaît une vie nouvelle où tout est joie, louange, puissance et magnificence. Israël verra la gloire de l’Eternel. En prévision de sa venue personnelle et de son salut, les croyants sont exhortés à fortifier les mains lassées et à affermir les genoux défaillants, selon Héb. 12, 12.

D’autre part, si le sort du peuple terrestre de Dieu est précédé par la venue de Christ en jugement, le nôtre l’est par sa venue en grâce.

Dans les v. 5 à 10 cette première grande partie du livre d’Esaïe se termine par une magnifique description et bénédiction spirituelles du millénium. Tout sera réel, il n’y aura plus ces apparences trompeuses du v. 7. Les rachetés seront conduits dans la joie éternelle, cela par le chemin de Christ. Cela est vrai spirituellement pour nous maintenant, mais ce le sera matériellement pour Israël.  

Chapitre 36

Chapitres 01 à 39          Israël, les nations, l’Assyrien

Chapitres 36 à 39  
C’est une parenthèse ou intermède historique. Les événements se passent aux derniers jous du prophète. Ces événenements forment un cadre de la prophétie future en rapport avec l’attaque de l’Assyrien, sujet capital de la prophétie d’Esaïe. Nous y avons ce tumulte des rois de la terre contre l’Eternel et contre son Oint. Puis il y a la délivrance du Résidu.  
Histoire d’Ezéchias aussi dans: 2 Rois ch. 18 à 20 et 2 Chroniques ch. 29 à 32

Chapitre 36  
v. 01 à 21 : menaces du Rab-Shaké  

v. 22     humiliation d’Ezéchias … de même qu’au ch. 37 v. 1 à 7

Ch. 36, 2 cf ch. 7, 3-4; 1 Pi. 1, 5-7; v, 17: Deut. 26, 5; Col. 3, 1-3

 * 1 Et il arriva, la quatorzième année du roi Ézéchias, que Sankhérib, roi d’Assyrie monta contre toutes les villes fortes de Juda et les prit. * 2 Et le roi d’Assyrie envoya le Rab-Shaké*, de Lakis à Jérusalem, vers le roi Ézéchias, avec de grandes forces; et il se tint près de l’aqueduc de l’étang supérieur, sur la route du champ du foulon.
3 Et Éliakim, fils de Hilkija, qui était [préposé] sur la maison [du roi], et Shebna, le scribe, et Joakh, fils d’Asaph, rédacteur des chroniques, sortirent vers lui. 4 Et le Rab-Shaké leur dit: Dites à Ézéchias: Ainsi dit le grand roi, le roi d’Assyrie: Quelle est cette confiance que tu as? 5 Tu dis* (ce ne sont que paroles des lèvres): Le conseil et la force [sont là] pour la guerre. Maintenant, en qui te confies-tu que tu te révoltes contre moi? 6 Voici, tu te confies en ce bâton de roseau cassé, en l’Égypte, lequel, si quelqu’un s’appuie dessus, lui entre dans la main et la perce. Tel est le Pharaon, roi d’Égypte, pour tous ceux qui se confient en lui. 7 Que si tu me dis: Nous nous confions en l’Éternel, notre Dieu… n’est-ce pas lui dont Ézéchias a ôté les hauts lieux et les autels, en disant à Juda et à Jérusalem: Vous vous prosternerez devant cet autel-ci? 8 Et maintenant, fais un accord, je te prie, avec le roi d’Assyrie, mon seigneur, et je te donnerai deux mille chevaux si tu peux donner des cavaliers pour les monter. 9 Et comment ferais-tu tourner visage à un seul capitaine* d’entre les moindres serviteurs de mon seigneur? Et tu mets ta confiance en l’Égypte, pour des chars et des cavaliers… 10 Et maintenant, suis-je monté sans l’Éternel contre ce pays pour le détruire? L’Éternel m’a dit: Monte contre ce pays, et détruis-le.
11 Et Éliakim et Shebna et Joakh dirent au Rab-Shaké: Parle, nous te prions, à tes serviteurs en syriaque*, car nous le comprenons, et ne nous parle pas en [langue] judaïque, aux oreilles du peuple qui est sur la muraille. 12 Et le Rab-Shaké dit: Est-ce vers ton seigneur et vers toi que mon seigneur m’a envoyé pour dire ces paroles? N’est-ce pas vers les hommes qui se tiennent sur la muraille, pour manger leurs excréments et pour boire leur urine avec vous?
13 Et le Rab-Shaké se tint là et cria à haute voix en [langue] judaïque, et dit: Écoutez les paroles du grand roi, le roi d’Assyrie. 14 Ainsi dit le roi: Qu’Ézéchias ne vous trompe point; car il ne pourra pas vous délivrer. 15 Et qu’Ézéchias ne vous fasse pas mettre votre confiance en l’Éternel, disant: L’Éternel nous délivrera certainement; cette ville ne sera point livrée en la main du roi d’Assyrie. 16 N’écoutez pas Ézéchias; car ainsi dit le roi d’Assyrie: Faites la paix* avec moi, et sortez vers moi; et vous mangerez chacun de sa vigne et chacun de son figuier, et vous boirez chacun des eaux de son puits, 17 jusqu’à ce que je vienne et que je vous emmène* dans un pays comme votre pays, un pays de blé et de moût, un pays de pain et de vignes. 18 Qu’Ézéchias ne vous séduise pas, disant: L’Éternel nous délivrera. Les dieux des nations ont-ils délivré chacun son pays de la main du roi d’Assyrie? 19 Où sont les dieux de Hamath et d’Arpad? Où sont les dieux de Sepharvaïm? Et ont-ils délivré Samarie de ma main? 20 Quels sont d’entre tous les dieux de ces pays ceux qui ont délivré leur pays de ma main, pour que l’Éternel délivre Jérusalem de ma main? 21 Et ils se turent, et ne lui répondirent pas un mot; car c’était là le commandement du roi, disant: Vous ne lui répondrez pas.
22 Et Éliakim, fils de Hilkija, qui était [préposé] sur la maison, et Shebna, le scribe, et Joakh, fils d’Asaph, rédacteur des chroniques, vinrent vers Ézéchias, leurs vêtements déchirés, et ils lui rapportèrent les paroles du Rab-Shaké.

v. 1: date: A.C. 714. — v. 2: titre du grand échanson. / v. 5: ou: Je dis, [dis-tu]. — v. 9: ailleurs: gouverneur.
v. 11: hébreu: araméen. / v. 16: paix, litt.: bénédiction, présent. — v. 17: litt.: prenne.

Commentaires 36 à 39
C’est l’histoire d’Ezéchias.  
Ces chapitres 36 à 39 s’intercalent entre les deux grandes divisions prophétiques du livre d’Esaïe. Cette histoire est aussi relatée en 2 Rois 18 à 20 et en 2 Chr. 29 à 32. En Esaïe, l’histoire d’Ezéchias est une vivante illustration de la confiance en l’Eternel et de ses miséricordieuses réponses. Placée en cette partie centrale du livre d’Esaïe, cette histoire est destinée à fortifier les mains lassées et à affermir les genoux qui chancellent.  
Dans ces chapitres Ezéchias est une image du résidu fidèle. Il préserve Jérusalem par sa présence et forme un rempart contre l’Assyrien et le tumulte de toutes les nations. Il est aussi le vrai roi selon le cœur de Dieu. Mais Christ est aussi représenté par Eliakim qui est préposé sur la maison du roi, qui a la clef de David, et qui ouvre une porte à son peuple, porte par laquelle le peuple peut sortir quand il ferme cette porte que nul ne peut ouvrir. Le peuple est à l’abri de toutes attaques de l’ennemi. La présente de Shebna, type de l’Antichrist, n’a aucune efficace quelconque contre le résidu de Jérusalem, quand le vrai roi, le fils de David est là au milieu d’eux.  

Au ch. 36 Ezéchias rencontre une première épreuve: les ennemis. Ils sont sur la route du champ du foulon (v. 2), endroit déjà cité au ch. 7, 3-4. Là, le père d’Ezéchias avait eu une promesse. Ezéchias peut se l’appliquer: «Prends garde et sois tranquille; ne crains point, et que ton cœur ne défaille pas».  Ce chapitre 36 illustre l’obéissance des serviteurs d’Ezéchias. Ils se taisent devant l’ennemi et rapportent ses paroles au roi, selon v. 21-22.

La vie et les temps d’Ezéchias en 2 Chr. 29 à 32, et en Es. 36 à 39  
Les commentaires de cette partie sont relatifs à un service défectueux, ou hors de saison, du fait que ce service pas le résultat direct de la communion avec Dieu. Si la vie et les temps d’Ezéchias fourniront la base de ce sujet, il y a trois rois de Juda dont le Saint Esprit a réuni les règnes dans trois des prophètes. Esaïe, Osée et Michée ont prononcé leurs oracles prophétiques aux jours de Jotham, d’Achaz et Ezéchias, rois de Juda. Il y a donc entre ces trois règnes une relation morale importante, relation qu’il faut considérer au point de vue de ce service hors de la communion avec Dieu.  
Le temple de Jérusalem était le grand centre de rassemblement de l’Israël d’autrefois. En cela les Israélites étaient attachés au mont du Temple, selon que leurs conducteurs l’étaient ou pas, ceci d’une manière générale. 

Ainsi, dans la vie de ces trois rois, Jotham était en quelque sorte entre deux. Il a fait beaucoup de choses, il avait à cœur le bien du peuple, il a même fait bâtir la porte supérieure de la maison de l’Eternel, il a réglé ses voies devant l’Eternel son Dieu, mais malgré tout cela, les hauts lieux demeuraient. Il y a pour nous une leçon salutaire, à savoir que rien ne doit se placer entre nos âmes et la personne de Christ.

Quant à Achaz, il est ouvertement contre les choses de Dieu. C’est un adversaire déclaré de Dieu et de sa vérité. Il négligea tout ce qui est du temple etc, et fit même bâtir des choses selon le modèle de l’Assyrien. Les règnes de Jotham et d’Achaz sont moralement liés l’un à l’autre. Mais en les comparant, il y a d’un côté l’apostasie déclarée d’Achaz. C’est la conséquence résultant du service défectueux de Jotham. A quoi pouvaient servir les châteaux et les tours, alors que les portes de la maison de l’Eternel sont fermées, et à quoi servaient les victoires sur les Ammonites, si les lampes de Dieu ne brillent pas dans le lieu saint. Toutes ces choses ne sont d’aucune utilité mais ne dureront pas longtemps. Et de fait, ces choses cesseront bientôt aux actes plus décidés d’un Achaz qui ne peut pas avoir une position équivoque. A la réflexion de ces deux règnes de Jotham et d’Achaz, on voit que tout a été vanité, car il manquait le principal: cette communion secrète avec Dieu. La communion doit toujours tenir une place plus élevée que le service pour Dieu, surtout lorsque celui-ci est exercé en public. Il importe avant tout d’avoir nos cœurs et nos affections gardés pour Dieu. Il faut constamment à Dieu qu’il nous garde et qu’il nous accorde plus de réalité intérieure et de puissance spirituelle. Sinon tout devient vanité.

Quant à Ezéchias, son histoire est très encourageante par rapport à celle de ses deux prédécesseurs. Ezéchias a un heureux et précieux commencement, c’est qu’il ouvre les portes de la maison de l’Eternel et les répare, comp. 2 Chr. 29, 3.  C’est un gage encourageant de ce que devait être la suite de sa carrière, et une course commencée ainsi avec Dieu dans son long parcours, sera triomphante, cela malgré les manquements, les difficultés, les tentations, les douleurs, les nuages et l’obscurité qu’il peut y avoir le long du chemin. Mais à la fin il sera rendu manifeste que celui qui a commencé sa course dans le sanctuaire la terminera dans la gloire (Ps. 92, 13). Ezéchias commence ainsi directement dans la maison de l’Eternel. Il a à cœur cette maison ; il ne pense pas à habiter une maison lambrissée. Ce beau début, avec ce premier acte, a pour conséquence qu’Ezéchias entre, pour ainsi dire, tout droit dans la partie intérieure du sanctuaire. Quel beau propos de départ. Dans la vie d’Ezéchias, ses actes de réforme sont dans un ordre divin. Il commença bien et continua de même. Et sauf en Es. 39, on peut dire qu’Ezéchias commença et finit toutes choses en Dieu. Il a même résolut de célébrer la Pâque et d’agir selon la largeur du principe de Dieu en y conviant tout Israël. Ezéchias réalise ainsi la pensée de Dieu. Il entre d’abord dans le sanctuaire  et de là il agit. A l’inverse des hommes qui veulent tout faire, qui veulent tout bâtir, avant d’entrer là où Dieu le veut.

… suite de cet article à la fin des commentaires du chapitre 37

Chapitre 37

Chapitres 01 à 39          Israël, les nations, l’Assyrien

Chapitres 36 à 39  
C’est une parenthèse ou intermède historique. Les événements se passent aux derniers jous du prophète. Ces événenements forment un cadre de la prophétie future en rapport avec l’attaque de l’Assyrien, sujet capital de la prophétie d’Esaïe. Nous y avons ce tumulte des rois de la terre contre l’Eternel et contre son Oint. Puis il y a la délivrance du Résidu.  
Histoire d’Ezéchias aussi dans: 2 Rois ch. 18 à 20 et 2 Chroniques ch. 29 à 32

Chapitre 37  
v. 01 à 07         humiliation d’Ezéchias … de même qu’au ch. 36 v. 22  
v. 08 à 20         la lettre de Sankhérib  
v. 21 à 38         la délivrance

Ch. 37, 4 cf Phil. 4, 6; v. 6: Prov. 25, 1,13; v. 16: Ps. 102, 27; v. 36: Ps. 2, 8

1 Et il arriva, quand le roi Ézéchias eut entendu [ces choses], qu’il déchira ses vêtements, et se couvrit d’un sac, et entra dans la maison de l’Éternel. 2 Et il envoya Éliakim, qui était [préposé] sur la maison, et Shebna, le scribe, et les anciens des sacrificateurs, couverts de sacs, vers Ésaïe le prophète, fils d’Amots; 3 et ils lui dirent: Ainsi dit Ézéchias: Ce jour est un jour de détresse, et de châtiment, et d’opprobre*; car les enfants sont venus jusqu’à la naissance, et il n’y a point de force pour enfanter. 4 Peut-être l’Éternel, ton Dieu, entendra-t-il les paroles du Rab-Shaké, que le roi d’Assyrie, son seigneur, a envoyé pour outrager le Dieu vivant, et punira-t-il les paroles que l’Éternel, ton Dieu, a entendues. Fais donc monter une prière pour le résidu qui se trouve [encore].
5
Et les serviteurs du roi Ézéchias vinrent vers Ésaïe. 6 Et Ésaïe leur dit: Vous direz ainsi à votre seigneur: Ainsi dit l’Éternel: Ne crains pas à cause des paroles que tu as entendues, par lesquelles les serviteurs du roi d’Assyrie m’ont blasphémé. 7 Voici, je vais mettre en lui un esprit, et il entendra une nouvelle, et retournera dans son pays; et je le ferai tomber par l’épée dans son pays.8 Et le Rab-Shaké s’en retourna, et trouva le roi d’Assyrie faisant la guerre à Libna; car il avait appris qu’il était parti de Lakis. 9 Et [le roi d’Assyrie] ouït dire touchant Tirhaka, roi d’Éthiopie: Il est sorti pour te faire la guerre. Lorsqu’il l’entendit, il envoya des messagers à Ézéchias, disant: 10 Vous parlerez ainsi à Ézéchias, roi de Juda, disant: Que ton Dieu, en qui tu te confies, ne te trompe point, disant: Jérusalem ne sera pas livrée en la main du roi d’Assyrie. 11 Voici, tu as entendu ce que les rois d’Assyrie ont fait à tous les pays, les détruisant entièrement; et toi, tu serais délivré! 12 Est-ce que les dieux des nations, que mes pères ont détruites, les ont délivrées, Gozan, et Charan, et Rétseph, et les fils d’Éden qui étaient en Thelassar? 13 Où est le roi de Hamath, et le roi d’Arpad, et le roi de la ville de Sepharvaïm, d’Héna, et d’Ivva?
14
Et Ézéchias prit la lettre* de la main des messagers, et la lut, et monta dans la maison de l’Éternel; et Ézéchias la déploya devant l’Éternel. 15 Et Ézéchias pria l’Éternel, disant: 16 Éternel des armées, Dieu d’Israël, qui es assis entre les chérubins, toi, le Même*, toi seul tu es le Dieu de tous les royaumes de la terre; toi, tu as fait les cieux et la terre. 17 Éternel! incline ton oreille et écoute. Éternel! ouvre tes yeux, et vois; et écoute toutes les paroles de Sankhérib, qui a envoyé pour outrager le Dieu vivant. 18 Il est vrai, Éternel! les rois d’Assyrie ont dévasté tous les pays et leurs terres, 19 et ont jeté au feu leurs dieux; car ce n’étaient pas des dieux, mais l’ouvrage de mains d’homme, — du bois, et de la pierre; et ils les ont détruits. 20 Et maintenant, Éternel, notre Dieu! sauve-nous de sa main, afin que tous les royaumes de la terre sachent que toi seul tu es l’Éternel.
21
Et Ésaïe, fils d’Amots, envoya vers Ézéchias, disant: Ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël: Quant à la prière que tu m’as faite au sujet de Sankhérib, roi d’Assyrie, 22 c’est ici la parole que l’Éternel a prononcée contre lui: La vierge, fille de Sion, te méprise, elle se moque de toi; la fille de Jérusalem secoue la tête après toi. 23 Qui as-tu outragé et blasphémé? Et contre qui as-tu élevé la voix? C’est contre le Saint d’Israël que tu as levé tes yeux en haut. 24 Par tes serviteurs, tu as outragé le Seigneur, et tu as dit: Avec la multitude de mes chars j’ai gravi le haut des montagnes, les parties reculées du Liban, et je couperai ses hauts cèdres, l’élite de ses cyprès, et je parviendrai jusqu’à sa dernière cime, à la forêt de son Carmel*. 25 J’ai creusé, et j’ai bu de l’eau; et j’ai desséché avec la plante de mes pieds tous les fleuves* de Matsor**
26
N’as-tu pas entendu que j’ai fait cela dès longtemps, et que je l’ai formé* dès les jours d’autrefois? Maintenant je l’ai fait arriver, pour que tu réduises en monceaux de ruines des villes fortes. 27 Et leurs habitants ont été sans force*, ils ont été terrifiés, et ont été couverts de honte; ils ont été [comme] l’herbe des champs et l’herbe verte, [comme] l’herbe des toits et la récolte flétrie avant qu’elle soit en tige. 28 Mais je sais ton habitation, et ta sortie et ton entrée, et ta rage contre moi. 29 Parce que tu es plein de rage contre moi, et que ton insolence est montée à mes oreilles, je mettrai mon anneau à ton nez et mon frein entre tes lèvres, et je te ferai retourner par le chemin par lequel tu es venu.
30
Et ceci en sera le signe pour toi: on mangera cette année ce qui lève des grains tombés, et la seconde année ce qui croît de soi-même; et la troisième année, vous sèmerez et vous moissonnerez, et vous planterez des vignes et vous en mangerez le fruit. 31 Et ce qui est réchappé et demeuré de reste de la maison de Juda, poussera encore des racines en bas et produira du fruit en haut. 32 Car de Jérusalem sortira un résidu, et de la montagne de Sion ce qui est réchappé. La jalousie de l’Éternel des armées fera cela.
33
C’est pourquoi, ainsi dit l’Éternel touchant le roi d’Assyrie: Il n’entrera pas dans cette ville, et il n’y lancera point de flèche; il ne lui présentera pas le bouclier, et il n’élèvera point de terrasse contre elle. 34 Il s’en retournera par le chemin par lequel il est venu, et il n’entrera pas dans cette ville, dit l’Éternel. 35 Et je protégerai cette ville, afin de la sauver, à cause de moi, et à cause de David, mon serviteur.
36
Et un ange de l’Éternel sortit, et frappa dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille [hommes]; et quand on se leva le matin, voici, c’étaient tous des corps morts. 37 Et Sankhérib, roi d’Assyrie, partit et s’en alla et s’en retourna, et habita à Ninive. 38 Et il arriva, comme il se prosternait dans la maison de Nisroc, son dieu, qu’Adrammélec et Sharétser, ses fils, le frappèrent avec l’épée; et ils se sauvèrent dans le pays d’Ararat; et Ésar-Haddon, son fils, régna à sa place.

— v. 3: ou: réjection. — v. 14: litt.: les lettres. — v. 16: comme Ps. 102:27: comparer 2 Sam. 7:28. — v. 24: ou: champ fertile. — v. 25*: voir la note à 7:18. — v. 25**: ou: de l’Égypte; voir 19:6. — v. 26: ou: résolu.
— v. 27: itt.: courts de main.

Commentaires 36 à 39 à suite
Chapitre 37

V. 5 à 20
: les serviteurs d’Ezéchias accomplissent auprès d’Esaïe la mission dont ils ont été chargés. Ils mettent en pratique ce proverbe qu’ils ont transcrit en Prov. 25, 1  
Ce sont ici aussi des proverbes de Salomon, que les gens d'Ézéchias, roi de Juda, ont transcrits: 
et 13. La fraîcheur de la neige au temps de la moisson, tel est le messager fidèle pour ceux qui l'envoient: il restaure l'âme de son maître.

Ces serviteurs sont conduits par Eliakim, qui est ce fidèle intendant, établi par Dieu selon Es. 22, 20. Ezéchias est ainsi rassuré par la réponse d’Esaïe mais en même temps, il reçoit une lettre chargée du roi d’Assyrie, chargée de menaces pour lui et de mépris pour l’Eternel. Ezéchias a un sentiment d’impuissance. Et aussi d’offense faite au Dieu d’Israël. Le roi pénètre dans le temple où il déploie l’arrogante missive. Cette fois-ci il ne se contente pas d’une prière d’Esaïe, comme au ch. 37, 4, mais il s’adresse lui-même à l’Eternel, et quels arguments: la gloire de l’Eternel importe. On ne doit pas le confondre avec les dieux des nations, Lui le Dieu de tous les royaumes de la terre, selon v. 12 et 16.

Ainsi donc Ezéchias remet ces outrages à Dieu. Il réalise cette confiance en Dieu, en ce Dieu qui est toujours le même, v. 16. Il y va de la gloire de Dieu et Dieu se charge lui-même de répondre à la lettre du roi d’Assyrie par l’emploi d’un seul ange qui suffit à frapper 185’000 combattants de Sankhérib, roi d’Assyrie. Ce roi retourne à Ninive plein de honte et de dépit et il tombe sous les coups de ses propres fils.  Quel contraste avec le conquérant fier et hautain trouvant sa perte dans le temple même de son idole, et l’humble roi de Juda, vêtu d’un sac, se tenant dans la maison de son Dieu pour y obtenir sa délivrance. Et la grâce de Dieu déborde au v. 30 où il promet de pourvoir à la subsistance des siens.

Suite de l’article de la fin des commentaires du ch. 36 La vie et les temps d’Ezéchias en 2 Chr. 29 à 32, et en Es. 36 à 39  
Ainsi Ezéchias peut lancer les messagers qui dénotent beaucoup de puissance morale et d’intelligence spirituelle. Ce sont des messages qui sortent du sanctuaire, des messages de quelqu’un qui est entré dans la largeur de la pensée divine. Devant ces messages sortant du sanctuaire, comme en 2 Chr. 30, 6, etc, on voit que, suite à  l’appel lancé par Ezéchias au sujet de la Pâque, certaines personnes se moquent et d’autres s’humilient. Il y a aussi des indifférents comme c’est le cas de la masse aujourd’hui, de ceux qui marquent une pénible tiédeur, et qui gardent une misérable neutralité à l’égard des choses divines tandis que les choses du monde sont saisies avec une ardeur et une pénétration qui ne démontrent que trop clairement où gisent nos affections. Et malgré toute l’idolâtrie d’Israël, Ezéchias dans cette largeur de la pensée de Dieu, cherche à rassembler Israël autour de l’autel à Jérusalem, ce centre d’unité. Il aurait été tout à fait sectaire de renfermer la fête dans les limites de Juda. Aujourd’hui encore, le vrai moyen pour délivrer les chrétiens des sectes, c’est de leur faire goûter la douceur de l’unité. Comme résultats de la célébration de la Pâque et de la fête des pains sans levain, on voit que, dans 2 Chr. 31, que dans tout Juda, Benjamin, Ephraïm et Manassé, les idoles sont détruites. Pendant ces quatorze jours de joie, les fils d’Israël ont connu une connaissance plus profonde de la laideur de l’idolâtrie et du schisme. En même temps, ils ont reçu la puissance  d’exécuter le jugement sur les idoles. Ils n’auraient jamais eu ce pouvoir à Dan. Ce n’est que lorsque nous sommes échappés d’un édifice chancelant que nous pouvons réellement apercevoir combien il est près de sa ruine finale. De même aujourd’hui, lorsque nous connaissons la douceur du culte rendu en esprit et en vérité, avec ceux qui sont réunis au nom de Jésus, nous sommes plus aptes à juger de tout ce qui s’en est écarté. Devant une telle scène de jouissance, il faut nous attendre à des réactions et des calomnies. C’est ce qui se produit par Sankhérib, roi d’Assyrie, en Es. 36 et 37 et en 2 Chr. 32, 1, etc.
 
En allant de l’avant, on rencontre la tempête, et l’on a affaire à un ennemi rusé et puissant. Mais à l’image d’Ezéchias, c’est orsque l’on a été sacrificateur au-dedans, que nous sommes préparés à réagir comme lévites, hommes de guerre, au dehors. Le moment venu, Ezéchias usa de la sagesse acquise en secret pour amener publiquement la ruine de ses ennemis.  Il y a une différence marquée entre la manière dont les actions d’Ezéchias sont rapportées dans 2 Chr. 32 et celle d’Es. 37. Dans les Chroniques il y a plutôt la narration des faits qui sont envisagés avec l’accent sur le point de vue moral. En Esaïe les destinées futures d’Israël sont en vue. Ainsi dans les Chroniques ce sont les opérations militaires d’Ezéchias qui sont mises de côté dans Esaïe. Mais avant tout c’est dans le sanctuaire, cette place de Dieu entre les chérubins, c’est là qu’Ezéchias trouve une forteresse et une source de force, inconnue à Sankhérib. Là il se revêt de l’armure d’Es. 37, 1, c’est l’armure du sanctuaire, c’est Jéhovah ou rien. Cela est bien démontré par cette lettre d’outrages qu’Ezéchias déploie devant l’Eternel: c’est Sankhérib et Jéhovah. Quant à Ezéchias, par ce sac, ’il se sent absolument impuissant et il prend cette place d’impuissance. Quant à Sankhérib, en Es. 37, 4-7, il fait de la réforme même opérée par Ezéchias, le sujet de reproches. …….  
Au v. 10 Sankhérib agit d’une manière qui doit mettre la foi d’Ezéchias à rude épreuve. Il passe par la fournaise, et devant ces paroles hautaines, Ezéchias et ses hommes observent la dignité silencieuse de la foi (selon ch. 36, 21). Mais Ezéchias n’est pas silencieux devant l’Eternel, selon v. 15 à 20. Ezéchias n’amoindrit pas la difficulté ; il admet que les rois d’Assyrie ont dévasté tous les pays et leurs terres. Mais les dieux de ces pays n’étaient pas semblables à Jéhovah,  et leurs habitants ne savaient pas ce que c’était que de remettre sa cause à Jéhovah. Quelle foi et quelle plaidoirie et quelle confiance, aussi, de la part d’Ezéchias. La réponse de l’Eternel est relatée en Es. 37, 21-23. Il ne refuse jamais d’entrer dans nos difficultés. Laissons-le agir.
Ne le privons pas de la gloire qui lui appartient. Dans cette réponse,  c’est Dieu lui-même qui, en écho à la foi et à l’effacement d’Ezéchias, donne la sentence. Or Sankhérib qui croyait avoir à faire à la chair et au sang, à l’épée et au javelot, a à faire un homme de foi pqui rie. Dieu l’entend et, au même moment, un ange de l’Eternel sort et 185’000 mille hommes, selon v.36.  
Jusqu’ici nous avons vu ce bon roi Ezéchias, comme sacrificateur dans le sanctuaire, comme lévite parmi ses frères, et comme homme de guerre contre l’ennemi de dehors. Dans toutes ces choses nous avons trouvé en lui le même caractère aimable, la même attraction morale. Il nous a fourni un exemple remarquable du bonheur d’un homme qui commence, continue et achève son œuvre avec Dieu. Devant l’ennemi, sans bruit, il est vainqueur. Quant à Sankhérib, honteux et humilié, comme une bête sauvage, car l’orgueil conduit à la ruine, il retourne dans son pays où un terrible sort lui est réservé selon v. 37 et 38. Et telle sera la fin de tous ceux qui s’élèvent contre l’Eternel et contre son peuple. Moralement parlant, Sankhérib est un type du roi volontaire qui s’élèvera au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu comme en 2 Thess. 2, et en Dan. 11, 36-45. Ezéchias, lui, représente le type du résidu selon ch. 37, 31 et 32.

… suite de cet article à la fin des commentaires du chapitre 38


Chapitre 38

Chapitres 01 à 39          Israël, les nations, l’Assyrien

Chapitres 36 à 39  
C’est une parenthèse ou intermède historique. Les événements se passent aux derniers jous du prophète. Ces événenements forment un cadre de la prophétie future en rapport avec l’attaque de l’Assyrien, sujet capital de la prophétie d’Esaïe. Nous y avons ce tumulte des rois de la terre contre l’Eternel et contre son Oint. Puis il y a la délivrance du Résidu.
Histoire d’Ezéchias aussi dans: 2 Rois ch. 18 à 20 et 2 Chroniques ch. 29 à 32

Chapitre 38                   Maladie et guérison d’Ezéchias

V. 3: cf Héb. 5, 7-8; Ps. 102, 24; v. 8: Marc 10, 27; v. 21: Marc 11, 12

* 1 En ces jours-là, * Ézéchias fut malade à la mort; et Ésaïe le prophète, fils d’Amots, vint vers lui, et lui dit: Ainsi dit l’Éternel: Donne des ordres pour ta maison, car tu vas mourir et tu ne vivra pas.
2
Et Ézéchias tourna sa face contre la muraille, et pria l’Éternel. 3 Et il dit: Hélas, Éternel! souviens-toi, je te prie, que j’ai marché devant toi en vérité et avec un cœur parfait, et que j’ai fait ce qui est bon à tes yeux. Et Ézéchias versa beaucoup de larmes.
4
Et la parole de l’Éternel vint à Ésaïe, disant: 5 Va, et dis à Ézéchias: Ainsi dit l’Éternel, Dieu de David, ton père: J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes; voici, j’ajouterai quinze années à tes jours, 6 et je te délivrerai, toi et cette ville, de la main du roi d’Assyrie, et je protégerai cette ville. 7 Et ceci en sera le signe pour toi, de par l’Éternel, car l’Éternel accomplira cette parole qu’il a prononcée: 8 Voici, je ferai retourner en arrière, de dix degrés, l’ombre des degrés qui est descendue sur le cadran d’Achaz, par le soleil.
Et le soleil retourna sur le cadran de dix degrés, dont il était descendu.

9
Écrit d’Ézéchias, roi de Juda, quand, ayant été malade, il fut rétabli de sa maladie.
10
Moi, je disais: Au méridien* de mes jours j’irai dans les portes du shéol; je suis privé** du reste de mes années. 11 Je disais: Je ne verrai pas Jah*, Jah dans la terre des vivants! Avec les habitants du lieu où tout a cessé, je ne contemplerai plus l’homme. 12 Ma durée s’en est allée, et elle est transportée loin de moi comme une tente de berger. J’ai, comme le tisserand, coupé* ma vie; … il me séparera de la penne; du jour à la nuit, tu en auras fini avec moi. 13 J’ai possédé mon âme jusqu’au matin;… comme un lion, ainsi il me brisait tous les os. Du jour à la nuit, tu en auras fini avec moi!… 14 Comme une hirondelle, comme une grue, ainsi je grommelais, je gémissais comme une colombe; mes yeux se sont consumés [en regardant] en haut. Seigneur,* je suis opprimé; garantis-moi. 15 Que dirai-je? Il m’a parlé, et lui l’a fait. J’irai doucement, toutes mes années, dans* l’amertume de mon âme. 16 Seigneur, par ces choses on vit, et en toutes ces* choses est la vie de mon esprit. Et tu m’as rendu la santé, et tu m’as fait vivre. 17 Voici, au lieu de la paix j’avais amertume sur amertume; mais toi, tu as aimé mon âme, [la retirant] de la fosse de destruction, car tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos. 18 Car ce n’est pas le shéol qui te louera, [ni] la mort qui te célébrera; ceux qui descendent dans la fosse ne s’attendent plus à ta vérité. 19 Le vivant, le vivant est celui qui te louera, comme moi aujourd’hui; le père fera connaître aux fils ta vérité. 20 L’Éternel a voulu me sauver! Et nous jouerons de mes instruments à cordes tous les jours de notre vie, dans la maison de l’Éternel.
21
Et Ésaïe avait dit: Qu’on prenne une masse de figues, et qu’on la mette comme emplâtre sur l’ulcère; et il se rétablira*. 22 Et Ézéchias avait dit: Quel est le signe que je monterai à la maison de l’Éternel?

— v. 1: date: A.C. 713. — v. 10*: litt.: repos; d’autres: Dans le retranchement. — v. 10**: litt.: visité, c. à d. puni par la privation. — v. 11: voir 12:2. — v. 12: ou: enroulé. — v. 14: quelques-uns: Éternel. — v. 15: ou: à cause de. — v. 16: ou: de toute manière en ces. — v. 21: ou: afin qu’il se rétablisse.

Commentaires 36 à 39 à suite  
Chapitre 38  

C’est une deuxième épreuve pour Ezéchias. Après les ennemis, il y a la maladie. Le désespoir éprouvé par le roi est compréhensible puisque cette maladie va le conduire à la mort. Toutefois, Ezéchias ne connaît pas la promesse faite par Dieu en Es. 25, 8: la mort engloutie en victoire. Ezéchias vit au temps des promesses pour la terre (Ps. 116, 9). Il ne voit pas au-delà d’un prolongement de ses jours…

En signe de grâce, l’ombre qui rétrograde sur le cadran solaire figure un jugement retardé. Il y a, dans ce chapitre 38, le précieux écrit d’Ezéchias qui accompagne sa guérison. Cet écrit ne se trouve pas dans 2 Rois 20 mais il se trouve dans les v. 17-22 d’Es. 38 et il s’achève par une action de grâce. Etant sauvé de la mort, il prie pour remercier celui qui l’a exaucé. Dans cet écrit, il y a l’histoire prophétique d’Israël qui revivra comme peuple de Dieu aux derniers jours, après le pardon de tous ses péchés. Enfin, dans l’histoire d’Ezéchias, il y a une troisième épreuve qui fait l’objet du  chapitre 39. C’est la subtile tentation dont le roi est l’objet de la part des ambassadeurs du roi de Babylone. Ezéchias y succombe. C’est un piège dans lequel on peut tomber facilement et cela chaque fois que nous faisons servir à notre propre gloire ce que Dieu nous a confié pour la sienne.

Au ch. 38, dans cette épreuve de la maladie, Ezéchias est un type de la résurrection d’entre les morts. C’est un Christ ressuscité qui donne au trône de David un prolongement de vie. En même temps, cette guérison est le type de la guérison nationale du peuple, tirée du sein de sa détresse, pour former sur la terre un nouveau peuple, selon Es. 38, 10-20.

Encore quelque chose à propos du v. 21: l’application d’une masse de figues sur l’ulcère du roi a un sens symbolique. L’Eternel aurait pu guérir Ezéchias par sa seule puissance. Mais la figue est un type de ce qui nourrit le fidèle. Le Seigneur Jésus souhaita en manger alors qu’il avait faim (Marc 11, 12). Ces figues broyées soulageaient et restauraient le corps épuisé du roi comme les sympathies de Christ, tenté en toutes choses comme nous à part le péché, consolent nos cœurs. Nous avons une figure de celui dont les meurtrissures nous ont guéri9s (Es. 53, 5).

Ch 36 à 39  
Suite de l’article de la fin des commentaires du ch. 37  
La vie et les temps d’Ezéchias en 2 Chr. 29 à 32, et en Es. 36 à 39

Ezéchias a donc connu toute hautaine menace du roi d’Assyrie, et maintenant en Es. 38 il sent le souffle desséchant du roi des terreurs qu’est la mort. Après avoir recherché un refuge auprès de Dieu pour son royaume, il le cherche maintenant, pour sa personne, sa maison. Après la maison de l’Eternel, sa maison est concernée selon ch. 38, 1. Ce sont des choses propres à le sonder. Au ch. 37 il était dans les bras de la victoire et du triomphe, et au ch. 38, il est aux portes du shéol. Et dans un cas comme dans l’autre, nous pouvons reconnaître l’action du même Dieu. Il y a d’abord Dieu qui agit en grâce et en miséricorde, et puis Dieu dans sa sagesse et sa fidélité. Dieu a délivré son serviteur de tous ses ennemis et le serviteur lui-même est délivré. Dans son état, Ezéchias ne peut aller à la maison de l’Eternel, mais il se tourne vers lui au v. 2. C’est sa ressource. Et l’Eternel voulait produire dans l’âme de son cher serviteur le sentiment de sa réelle condition de dépendance. Dieu veut faire connaître que, jusqu’à ce qu’Ezéchias et son royaume fussent établis dans la puissance de la résurrection, il ne pouvait y avoir, ni pour l’un ni pour l’autre, de position permanente. En Es. 38, 2, Ezéchias se place lui-même dans les mains de Jéhovah, comme il l’avait fait auparavant pour son peuple. Dans la réponse de l’Eternel à son serviteur, il lie la délivrance du royaume avec le rétablissement de la santé du roi, selon ch. 38, 4-9.

Au v. 6: «toi et cette ville», montre clairement que Juda et son roi devaient passer par la mort et la résurrection. C’est quelque chose en dehors des voies de la nature, et pour cette raison, le cours même de la nature est renversée. La délivrance de l’Assyrien était remarquable et la délivrance de la mort dont Ezéchias est l’objet, est plus remarquable encore. Magnifique exemple de foi devant lequel rien n’est trop difficile pour l’Eternel lorsqu’il déploie les divines énergies de sa grâce et de son pouvoir pour la délivrance de ceux qui s’attendent à lui pour être secouru.

Dans l’écrit d’Ezéchias selon ch. 38, 9 et suivants, il ressort que cette épreuve a porté du fruit car nul n’enseigne comme l’Eternel. Le v. 15 indique ce qu’Ezéchias a appris durant sa maladie. Il devait apprendre à marcher doucement, leçon vite oubliée, ch. 39, mais plus que cela, Ezéchias a appris quelque chose touchant Dieu, et quelque chose touchant lui-même. Cela a une valeur pour tous les temps. S’il y a quelque chose en nous de caché, de voilé, alors il faut aussi voir la grâce de Dieu qui ôte le péché comme enves Ezéchias. En apprenant à connaître Dieu et soi-même, on est réellement humilié. Il en est ainsi d’Ezéchias qui apprend à marcher doucement. Et dans les v. 16-17, combien Ezéchias a fait une précieuse découverte en Dieu. Les v. 18-20 démontrent cette position d’Ezéchias qui prend son heureuse place parmi les vivants, qui seuls peuvent louer et célébrer le nom de l’Eternel.  

Dans tout ce ch. 38, «ta maison » - « jusqu’en » - que d’instructions depuis ce: «donne des ordres pour ta maison» (v. 1) jusqu’à «tu as jeté tous mes péchés derrière ton dos». (v. 17). Et quant à sa maison, Ezéchias savait qu’elle n’était pas ainsi avec Dieu. Mais il pouvait se reposer sur l’alliance divine, à tous égards bien ordonnée et assurée: «Et nous jouerons de nos instruments à cordes tous les jours de notre vie, dans la maison de l’Eternel» (v. 20).

Jusqu’ici il a été très instructif de constater le service du temple rétabli, Juda délivré de la main de l’oppresseur et le roi de Juda retiré de la fosse de destruction. On est disposé à penser que maintenant la gloire peut se montrer. Mais hélas, il ne peut être ainsi. Ce ne sont que des ombres, si belles soit-elles, de ce qui doit encore être révélé quand le vrai roi de Juda prendra sa place sur le trône de David son père, et tiendra le sceptre d’un royaume qui ne sera jamais ébranlé. 

Chapitre 39

Chapitres 01 à 39          Israël, les nations, l’Assyrien

Chapitres 36 à 39

C’est une parenthèse ou intermède historique. Les événements se passent aux derniers jous du prophète. Ces événenements forment un cadre de la prophétie future en rapport avec l’attaque de l’Assyrien, sujet capital de la prophétie d’Esaïe. Nous y avons ce tumulte des rois de la terre contre l’Eternel et contre son Oint. Puis il y a la délivrance du Résidu.

Histoire d’Ezéchias aussi dans: 2 Rois ch. 18 à 20 et 2 Chroniques ch. 29 à 32

Chapitre 39                   l’ambassade de Bybylone

Voir aussi : 2 Chr. 32, 25; Prov. 3, 5; Rom. 12, 2; Eph. 6, 13

 * 1 En ce temps-là, Merodac-Baladan, fils de Baladan, roi de Babylone, envoya une lettre et un présent à Ézéchias; or il avait appris qu’il avait été malade, et qu’il était rétabli. 2 Et Ézéchias se réjouit [de leur venue], et leur montra la maison [où étaient renfermés] ses objets précieux, l’argent et l’or, et les aromates et l’huile fine, et tout son arsenal, et tout ce qui se trouvait dans ses trésors; il n’y eut rien qu’Ézéchias ne leur montrât dans sa maison et dans tous ses domaines.
3
Et Ésaïe le prophète vint vers le roi Ézechias, et lui dit: Qu’ont dit ces hommes, et d’où sont-ils venus vers toi? Et Ézéchias dit: Ils sont venus vers moi d’un pays éloigné, de Babylone. 4 Et [Ésaïe] dit: Qu’ont-ils vu dans ta maison? Et Ézéchias dit: Ils ont vu tout ce qui est dans ma maison; il n’y a rien dans mes trésors que je ne leur aie montré. 5 Et Ésaïe dit à Ézéchias: Écoute la parole de l’Éternel des armées: 6 Voici, des jours viennent où tout ce qui est dans ta maison, et ce que tes pères ont amassé jusqu’à ce jour, sera porté à Babylone; il n’en restera rien, dit l’Éternel. 7 Et on prendra de tes fils, qui sortiront de toi, que tu auras engendrés, et ils seront eunuques dans le palais du roi de Babylone. 8 Et Ézéchias dit à Ésaïe: La parole de l’Éternel, que tu as prononcée, est bonne. Puis il dit: Car il y aura paix et stabilité* pendant mes jours.
— v. 8: ou: vérité.

Commentaires  
Ce chapitre présente a Babylone historique. L’infidélité du roi déchaîne cette ville comme ennemi futur sur tout le peuple d’Israël. La parole prononcée contre le roi et la nation est reconnue bonne par Ezéchias ou le résidu. Ezéchias confesse sa culpabilité. Il y aura cependant stabilité aussi longtemps que dureront les jours d’Ezéchias et de son règne. A cet égard, il est nécessaire et instructif de voir la différence entre Ezéchias comme roi selon le cœur de Dieu, et Ezéchias comme personnification du résidu.

 Après avoir eu affaire au roi d’Assyrie et au roi des terreurs (la mort), Ezéchias a affaire au roi Merodac-Baladan, fils de Baladan, roi de Babylone. Ezéchias tombe devant les sourires du monde. C’est un enseignement pour le chrétien qui doit être séparé du monde. Il vaut mieux, si nous manquons de puissance spirituelle, rester autant que possible à part des gens du monde au lieu de nous mêler avec eux et de déshonorer le Seigneur. Abraham est en bel exemple. Il ne voulait rien recevoir du roi de Sodome, ni des fils de Heth. Il ne voulant pas être redevable à des incirconcis. Séparé d’eux, il pouvait leur être en témoignage vivant.

Donc, avec ce chapitre 39 qui marque la fin de l’histoire d’Ezéchias, ce dernier étale ses trésors devant le monde. Le récit démontre que Babylone allait bientôt se les approprier car toutes les choses dont son pauvre cœur s’était vanté, devant les hommes de ce monde, devaient aller à la ruine. Par contre la paix et la vérité que possédait Ezéchias ne pouvaient lui être enlevées.

Ch 36 à 39 
Suite de l’article de la fin des commentaires du ch. 38
La vie et les temps d’Ezéchias en 2 Chr. 29 à 32, et en Es. 36 à 39

Remarquons, en arrivant à ce ch. 39, combien la Parole se plait à retracer de longs chapitres au sujet de la bonne marche d’Ezéchias. Quant à ses manquements, Dieu les mentionne uniquement dans ce court chapitre. Ezéchias a porté du fruit et, tel ce sarment qui porte du fruit, il doit être nettoyé (Jean 15, 2). En effet, plus un homme est dévoué au Seigneur, plus sa marche est à un niveau élevé, et plus aussi le Seigneur veillera sur lui avec un soin jaloux, afin qu’il y ait des preuves plus grandes et plus précieuses de son dévouement mais aussi, peut-être, afin qu’un mal non jugé soit révélé. Ce dernier cas était le dessein sage et fidèle de Dieu à l’égard du roi  Ezéchias. Quelque chose de somnolent était resté au fond de son cœur. Ezéchias devra connaître tout ce qui est dans son cœur (2 Chr. 32, 31). Extérieurement, tout paraît en ordre dans le royaume de Juda et c’est un témoignage. De l’ordre a été mis dans la nation et dans la maison. Mais le ch. 39 révèle qu’il y a encore du désordre dans le cœur d’Ezéchias. Il est donc nécessaire que ce serviteur connaisse enocre une épreuve. Un Jotham, par exemple, n’a pas connu une épreuve de ce genre en raison de l’état du roi et du peuple en ce temps-là. Il y a ainsi, dans l’histoire d’Ezéchias, une triple pierre de touche. En tout cela, il n’y a que des ombres car seul Jésus a été parfait, lui qui a dit: «Je marcherai dans l’intégrité de mon cœur au milieu de ma maison» (Ps. 101, 2).

Chapitre 40

Chapitres 40 à 66
Ils montrent la restauration d’Israël. Il est témoin contre l'idolâtrie des nations mais il est rejeté parce qu’il a rejeté le Messie. A la fin, Israël se trouvera parmi les rebelles. Et quand Jésus reviendra, les fidèles d’Israël, appelés “le résidu”, seront gardés sur la terre pour la gloire de l’Eternel. Ce sera le règne de justice et de paix avec Jésus le crucifié comme roi de gloire.

Chapitres 40 à 48
Contreverse de l’Eternel avec son peuple au sujet des idoles.

Chapitre 40
v. 01 à 11 : consolation offerte au peuple
v. 12 à 17 : puissance et sagesse de l’Eternel
v. 18 à 31 : vanité de l’idolâterie

Voir aussi : 2 Chr. 36, 20; Ex. 20, 3; Deut. 27, 15;  Héb. 13, 20; 1 Thess. 1, 9

* 1 Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. 2 Parlez au cœur de Jérusalem, et criez-lui que son temps de détresse* est accompli, que son iniquité est acquittée; qu’elle a reçu de la main de l’Éternel le double pour tous ses péchés.
3
La voix de celui qui crie dans le désert: Préparez* le chemin de l’Éternel, aplanissez dans le lieu stérile une route pour notre Dieu. 4 Toute vallée sera relevée, et toute montagne et [toute] colline seront abaissées; et ce qui est tortu sera rendu droit, et les lieux raboteux deviendront une plaine unie. 5 Et la gloire de l’Éternel sera révélée, et toute chair ensemble la verra; car la bouche de l’Éternel a parlé.
6
Une voix dit: Crie. Et il dit: Que crierai-je? — Toute chair est de l’herbe, et toute sa beauté comme la fleur des champs. 7 L’herbe est desséchée, la fleur est fanée; car le souffle* de l’Éternel a soufflé dessus. Certes, le peuple est de l’herbe. 8 L’herbe est desséchée, la fleur est fanée, mais la parole de notre Dieu demeure à toujours.
9
Sion, messagère de bonnes nouvelles, monte sur une haute montagne; élève ta voix avec force, Jérusalem, messagère de bonnes nouvelles: élève-la, ne crains point; dis aux villes de Juda: Voici votre Dieu! 10 Voici, le Seigneur l’Éternel viendra avec puissance, et son bras dominera pour lui. Voici, son salaire est avec lui, et sa récompense* devant lui. 11 Comme un berger il paîtra son troupeau; par son bras il rassemblera les agneaux et les portera dans son sein; il conduira doucement celles qui allaitent.
12
Qui a mesuré les eaux dans le creux de sa main, et réglé les cieux avec l’empan, et mesuré* dans un boisseau la poussière de la terre? Qui a pesé les montagnes au crochet, ou les collines dans la balance? 13 Qui a dirigé l’Esprit de l’Éternel, et l’a instruit comme l’homme de son conseil? 14 Avec qui a-t-il tenu conseil, et [qui] lui a donné de l’intelligence, et l’a instruit dans le sentier du juste jugement, et lui a enseigné la connaissance et lui a fait connaître le chemin de l’intelligence? 15 Voici, les nations sont réputées comme une goutte d’un seau, et comme la poussière d’une balance; voici, il enlève les îles comme un atome. 16 Et le Liban ne suffit pas pour le feu, et ses bêtes ne suffisent pas pour l’holocauste. 17 Toutes les nations sont comme un rien devant lui; elles sont réputées par lui comme moins que le néant et le vide.
18
À qui donc comparerez-vous *Dieu, et à quelle ressemblance l’égalerez-vous? 19 L’ouvrier fond une image, et l’orfèvre étend l’or dessus et lui fond des chaînes d’argent. 20 Celui qui est trop pauvre pour [faire] une offrande choisit un bois qui ne pourrisse pas; il se cherche un habile ouvrier pour établir une image taillée qui ne branle pas. — 21 Ne savez-vous pas? Ne l’avez-vous pas entendu? Cela ne vous a-t-il pas été déclaré dès le commencement? N’avez-vous pas compris la fondation de la terre?… 22 Lui, qui est assis au-dessus du cercle de la terre, et ses habitants sont comme des sauterelles, — qui étend les cieux comme une toile légère, et qui les déploie comme une tente pour y habiter; 23 qui réduit ses chefs à néant, qui fait que les juges de la terre sont comme rien: 24 ils ne seront pas même plantés, ils ne seront pas même semés, leur tige ne sera même pas enracinée dans la terre, qu’il soufflera* sur eux, et ils seront desséchés, et le tourbillon les enlèvera comme du chaume. 25 À qui donc me comparerez-vous et serai-je égalé? dit le Saint.
26
Levez vos yeux en haut, et voyez! Qui a créé ces choses, faisant sortir par nombre leur armée? Il les appelle toutes par nom. Par la grandeur de son pouvoir et de sa force puissante, pas une ne manque. 27 Pourquoi dis-tu, ô Jacob, et parles-tu, ô Israël: Ma voie est cachée à l’Éternel, et ma cause* a passé inaperçue de mon Dieu? 28 Ne sais-tu pas, n’as-tu pas entendu, que le Dieu d’éternité, l’Éternel, créateur des bouts de la terre, ne se lasse pas et ne se fatigue pas? On ne sonde pas son intelligence. 29 Il donne de la force à celui qui est las, et il augmente l’énergie à celui qui n’a pas de vigueur. 30 Les jeunes gens seront las et se fatigueront, et les jeunes hommes deviendront chancelants*; 31 mais ceux qui s’attendent à l’Éternel renouvelleront leur force; ils s’élèveront avec des ailes, comme des aigles; ils courront et ne se fatigueront pas, ils marcheront et ne se lasseront pas.

 v. 2: son service pénible; voir la note à Nombres 4:3. / v. 3: ou: Une voix crie: Dans le désert préparez. / v. 7: ou: l’esprit. / v. 10: ou: œuvre. / v. 12: ou: renfermé. / v. 24: ou: à peine ils seront plantés, à peine ils…, à peine leur…, qu’il souffle. / v. 27: ailleurs: jugement, droit / v. 30: litt.: bronchant, broncheront.

 

Commentaires
Avec ce chapitre, la deuxième grande partie d’Esaïe, comprenant les chapitres 40 à 66, commence. Cette partie compte trois divisions:  ch. 40 à 48, puis 49 à 57, et 58 à 66.

Première division, ch. 40 à 48: Israël à Babylone. L’Eternel expose et justifie ses voies à l’égard de son peuple, pour ainsi dire de l’intérieur, en rapport avec un état moral qui doit être changé afin qu’il soit béni selon Dieu. On appelle cela la controverse de Dieu avec le peuple au sujet de cet état moral. Les ch. 40 à 48 renferment le thème de l’idolâtrie dont Israël s’est rendu coupable, spécialement après le jugement tombé sur les dix tribus. Cette controverse concerne ainsi Juda et Jérusalem. La source de l’idolâterie est Babylone, mère par excellence des idoles de toute la terre. Dans le ch. 40, 1-11, la consolation est annoncée. Elle est offerte au peuple. Cette consolation est donnée ici comme introduction à la seconde partie du livre d’Esaïe. Elle est future en raison du rejet de Christ. Cette introduction est admirablement précédée et mise en scène par l’intermède historique des ch. 36 à 39.

Dans les v. 3-5, nous reconnaissons la voix de Jean le Baptiseur

Dans les v. 9-11 il y a l’évangile – c’est futur pour le prophète juif. Ces bonnes nouvelles sur la venue du Seigneur portent sur trois caractères: il vient avec puissance (2 Pi. 1, 16), puis il récompense la fidélité (1 Pi. 5, 4; 2 Tim. 1, 18); et il est le grand berger des brebis (Héb. 13, 20).

V. 12-31: ils contiennent la thèse générale qui sera reprise jusqu’au ch. 48. Il est d’abord établit que le Seigneur Eternel est le Créateur souverain, selon v. 12 à 17. Devant ce souverain il n’y a pas de comparaison possible avec l’homme qui n’est comme de rien. Dès lors il y a une condamnation absolue de l’idolâtrie, selon v. 18 à 25. Et dans les v. 26 à 31, il y a la conclusion des v. 12 à 25, à savoir que la force est en lui, lui qui voit tout et qui ne se lasse jamais. Mais, v. 29, il communique la force pour s’élever, courir, et marcher et il l’augmente quand elle existe.

Dans ces ch. 40 à 48, il y a donc cette controverse de Jéhovah avec les Juifs, après l’éloignement des dix tribus, en relation avec leur idolâtrie dont Babylone est la source. Au ch. 40, le peuple est consolé et la controverse se termine au ch. 48 par ces mots: «Il n’y a pas de paix, dit l’Eternel, pour les méchants» (v. 22). Il y aura un résidu selon ch. 48, 20-21, mais s’il y a des méchants en Israël, ils seront punis, comme les autres hommes avant l’exécution du jugement sur l’idolâtrie. Le Christ est introduit à la fin du ch. 44.

Dans tous ces chapitres, il est peu parlé du Messie. C’est la grande question de l’Eternel et des idoles qui est présentée et qui se résout premièrement par les succès de Cyrus et la prise de Babylone. Remarquons que ces chapitres présentent beaucoup l’idolâtrie du peuple. Avant celat, il y a une mise au point s’impose à savoir: qui est le Dieu de la création, v. 12, 18 et 25, (cf Ps. 147, 5). Peu de paroles suffisent ensuite à démontrer la vanité des idoles du monde. Retenons dans notre cœur les v. 29-31. Quel encouragement !

Relevons encore qu’Israël dans cette division des ch. 40 à 48, est vu à Babylone et le prophète présente Dieu, le Seigneur d’Israël comme faisant trois choses. Ainsi:

      1.    Il plaide sa propre cause contre Babylone et ses idoles, les confond et les condamne.
2.   
Il plaide sa propre cause contre son peuple résidant à Babylone. Il le reprend et l’instruit.
3.   
Il plaide la cause de son peuple contre Babylone et le délivre de cette dure captivité.

Ces trois choses présentent une action parfaite. Telle fut aussi la manière de faire de l’Eternel lorsque son peuple était en Egypte, selon Ex. 1 à 15. Ce sont des exemples des voies de Dieu envers le monde  dans lequel ses élus habitent. Le titre de ces chapitres peut avoir ce titre: Israël à Babylone.

La fin du chapitre 40 contient des choses remarquables. Elles font penser à notre position céleste. La course, elle, nous fait penser à ce but à atteindre. C’est Dieu qui communique la force pour marcher d’une manière digne de lui et pour atteindre le but du voyage où tout est paix, joie, bonheur éternel.

Chapitre 41

Chapitres 40 à 66
Ils montrent la restauration d’Israël. Il est témoin contre
l'idolâtrie des nations mais il est rejeté parce qu’il a rejeté le Messie. A la fin, Israël se trouvera parmi les rebelles. Et quand Jésus reviendra, les fidèles d’Israël, appelés “le résidu”, seront gardés sur la terre pour la gloire de l’Eternel. Ce sera le règne de justice et de paix avec Jésus le crucifié comme roi de gloire.

Chapitres 40 à 48
Controverse de l’Eternel avec son peuple au sujet des idoles. L’Eternel exauce son peuple.

Chapitre 41
v. 01 à 29 : Israël, le serviteur de l’Eternel avec l’Eternel et les nations (v.1 à 7), l’Eternel et Israël (v. 8 à 20) et la vanité des idoles (v. 21 à 29).

Voir aussi :
v. 4: cf Esd. 1 à 3 ; 2 Chr. 36, 23; v. 14,16,20: Ps. 71, 22; 78, 41; 89, 18; 2 Rois 19, 22;
v. 25: Esd. 1, 1-4

1 Faites silence devant moi, îles; et que les peuples* renouvellent leur force! Qu’ils s’approchent;… alors, qu’ils parlent! Approchons ensemble en jugement! 2 Qui, du levant, réveilla [celui] dont la justice accompagne les pas? Il livra les nations devant lui, et lui soumit les rois; il les livra à son épée comme de la poussière, et à son arc comme du chaume chassé [par le vent]. 3 Il les poursuivit; il passa en sûreté par un chemin où il n’était pas allé de ses pieds. 4 Qui a opéré et fait [cela], appelant les générations dès le commencement? Moi, l’Éternel, le premier; et, avec les derniers, je suis le Même*.
5
Les îles le virent et eurent peur, les bouts de la terre tremblèrent: ils s’approchèrent et vinrent; 6 ils s’entraidèrent l’un l’autre, et [chacun] dit à son frère: Sois fort. 7 Et l’ouvrier fortifiait le fondeur; celui qui polit au marteau [fortifiait] celui qui frappe sur l’enclume, disant de la soudure: Elle est bonne;… et il l’a affermi avec des clous, afin qu’il ne branle pas.
8 Et toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, semence d’Abraham mon ami, 9 toi que j’ai pris des bouts de la terre et appelé de ses extrémités*, et à qui j’ai dit: Tu es mon serviteur, je t’ai choisi et je ne t’ai pas rejeté;… 10 ne crains point, car je suis avec toi; ne sois pas inquiet, car moi je suis ton Dieu. Je te fortifierai; oui, je t’aiderai; oui, je te soutiendrai par la droite de ma justice. 11 Voici, tous ceux qui s’irritent contre toi, seront honteux et confondus; ils seront comme un rien, et les hommes qui contestent contre toi périront. 12 Tu les chercheras, et tu ne les trouveras pas, les hommes qui ont querelle avec toi; ils seront comme un rien et comme néant, les hommes qui te font la guerre. 13 Car moi, l’Éternel, ton Dieu, je tiens ta droite, [moi] qui te dis: Ne crains point, moi je t’aiderai.

14
Ne crains point, toi Jacob, vermisseau! [et vous], hommes d’Israël! Moi je t’aiderai, dit l’Éternel, et ton rédempteur, le Saint d’Israël. 15 Voici, j’ai fait de toi un traîneau à battre, tranchant, neuf, à doubles dents: tu battras les montagnes et tu les réduiras en poussière, et tu rendras les collines comme de la balle; 16 tu les vanneras, et le vent les emportera, et le tourbillon les dispersera; et toi, tu t’égayeras en l’Éternel, tu te glorifieras dans le Saint d’Israël.
17
Les affligés et les nécessiteux chercheront de l’eau, et il n’y en a pas, leur langue est desséchée par la soif: moi, l’Éternel, je leur répondrai, [moi], le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. 18 Je ferai couler* des rivières sur les hauteurs**, et des fontaines au milieu des vallées; je changerai le désert en un étang d’eau, et la terre aride en des sources jaillissantes. 19 Je ferai croître dans le désert le cèdre, l’acacia*, et le myrte, et l’olivier**; je mettrai dans le lieu stérile le cyprès, le pin*** et le buis ensemble; 20 afin qu’ils voient, et qu’ils sachent, et qu’ils considèrent, et qu’ils comprennent tous ensemble, que la main de l’Éternel a fait cela, et que le Saint d’Israël l’a créé.
21
Produisez votre cause, dit l’Éternel; apportez ici vos arguments, dit le roi de Jacob. 22 Qu’ils les apportent, et qu’ils nous déclarent ce qui arrivera. Déclarez les premières choses*, ce qu’elles sont, afin que nous [y] fassions attention, et que nous en connaissions le résultat; ou faites-nous savoir celles qui viendront; 23 — déclarez les choses qui vont arriver dans la suite, et nous saurons que vous êtes des dieux; oui, faites du bien et faites du mal, afin que nous le considérions et le voyions ensemble. 24 Voici, vous êtes moins que rien, et votre œuvre est du néant: qui vous choisit est une abomination…. 25 Je l’ai réveillé du nord, et il vient, — du lever du soleil, celui qui invoquera mon nom. Et il marchera sur les princes comme sur de la boue, et comme le potier foule l’argile. 26 Qui l’a déclaré dès le commencement, afin que nous le sachions, et d’avance, afin que nous disions: C’est juste? Non, il n’y a personne qui le déclare; non, personne qui le fasse entendre; non, personne qui entende vos paroles. 27 Le premier, [j’ai dit] à Sion: Voici, les voici! et à Jérusalem: Je donnerai un messager de bonnes nouvelles! 28 Et j’ai regardé, et il n’y avait personne — même parmi eux — et point de conseiller, pour leur demander, et avoir d’eux une réponse. 29 Voici, tous sont la vanité, leurs œuvres sont un néant, leurs images de fonte sont le vent et le vide.
v. 1: ailleurs aussi: peuplades./ v. 4: «Je suis le Même», ou: moi, le Même, employé comme un vrai nom de Dieu. / v. 9: ou: d’entre ses principaux. / v. 18*: litt.: J’ouvrirai. /  v. 18**: hauteurs arides. / v. 19*: hébreu: sitta (au pluriel sittim). / v. 19**: litt.: arbre d’huile. / v. 19***: [?]. / v. 22: ou: les choses passées.

Commentaires
Ce chapitre 41 commence par Cyrus, le destructeur des idoles des nations, et va jusqu’à la pleine délivrance.
Ainsi les v. 1-7 offrent un contraste frappant avec le chapitre 40, 29 à 31. Les nations sont invitées à renouveler leur force pour paraître devant Dieu. Elles s’encouragent les unes les autres en s’adressant à leurs idoles (v. 5 à 7). Puis dans les v. 8-20 l’Eternel se tourne vers Israël. Ces versets font ressortir une grâce particulière quand ils sont comparés avec les premiers versets adressés aux nations. Ainsi Dieu appelle Jacob comme son serviteur et Abraham comme son ami. Eh bien si Jacob est appelé ainsi, c’est que son aide et sa force sont dans l’Eternel comme au ch. 40, 26-31. Il est dit de lui: «Ne crains point» (v. 10, 13, 14) ainsi que dans les ch. 43 et 44. C’est la réalisation de cette parole: «Consolez mon peuple» du ch. 40, v. 1. 
Dans les v. 21-29, une sommation est adressée aux faux dieux eux-mêmes. Peuvent-ils déclarer quel est l’homme qui viendra comme juge sur les nations? Et comme messager de bonnes nouvelles sur Jérusalem? Eh bien la réponse n’est pas donnée. Personne ne peut répondre, ni parmi le peuple, ni parmi les faux dieux. Mais Dieu le révèlera (ch. 44, 28 et 45, 1). Ce messager était annoncé longtemps à l’avance; mais parmi ces faux dieux il n’y a aucun conseiller et aucune réponse. Tous sont dans le néant, y compris les nations et le peuple de Dieu. Quant au titre de serviteur, donné à Jacob, il donne la clef du reste du livre. Dieu le soutiendra son peuple et ceux qui s’opposent à lui périront.

 Cyrus est donc l’instrument de l’Eternel pour faire éclater ses jugements et délivrer son peuple. La mission qui lui est confiée n’est qu’une chose passagère et partielle. Cyrus renverse l’idolâtrie. Ce qui n’est pas partiel, c’est ce serviteur de Dieu qui viendra sans prétention et humblement, qui ne se lassera pas et ne se découragera pas jusqu’à ce qu’il ait établi le jugement sur la terre et les îles des Gentils reconnaîtront sa domination, c’est le ch. 42.

 Ce témoignage était nécessaire et par la grâce et les propos arrêtés de Dieu, garantit la bénédiction d’Israël. Et c’est tout ce qui est dit du Messie dans cette partie de la prophétie. L’homme juste qui vient du néant occupe tout le ch. 41, non seulement comme le conquérant prédestiné, mais comme le vengeur appelé à invoquer le nom de l’Eternel et a exécuté le jugement sur l’idolâtrie.

 Les nations (v. 1 et 21) sont en quelque sorte appelées à la barre par l’Eternel lui-même. Son peuple entend des paroles pleines d’amour (v. 8-20). C’est une merveille de la miséricorde divine au milieu de ce réquisitoire. Relevons aussi le nom de «Saint d’Israël» qui se trouve dans les v. 14,16,20). La fin du chapitre, v. 21-29, nous présente la vanité des idoles.

 

Chapitre 42  

Chapitres 40 à 66
Ils montrent la restauration d’Israël. Il est témoin contre
l'idolâtrie des nations mais il est rejeté parce qu’il a rejeté le Messie. A la fin, Israël se trouvera parmi les rebelles. Et quand Jésus reviendra, les fidèles d’Israël, appelés “le résidu”, seront gardés sur la terre pour la gloire de l’Eternel. Ce sera le règne de justice et de paix avec Jésus le crucifié comme roi de gloire.

Chapitres 40 à 48
Controverse de l’Eternel avec son peuple au sujet des idoles. L’Eternel exauce son peuple.

Chapitre 42
Le serviteur de Dieu (v.1 à 9) cf : Matt. 11, 29 12, 18-21; Luc 1, 32; Act. 10, 38 
Le cantique nouveau (v. 10 à 18) cf : Ps. 40, 3
Israël, serviteur infidèle (v. 19 à 25) cf : Jean 9, 40; Ezé. 12, 2 

 1 Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu [en qui] mon âme trouve son plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui; il fera valoir* le jugement à l’égard des nations. 2 Il ne criera pas, et il n’élèvera pas sa voix, et il ne la fera pas entendre dans la rue. 3 Il ne brisera pas le roseau froissé, et n’éteindra pas le lin qui brûle à peine. Il fera valoir* le jugement en faveur de la vérité. 4 Il ne se lassera pas, et il ne se hâtera pas*, jusqu’à ce qu’il ait établi le juste jugement sur la terre; et les îles s’attendront à sa loi.
5
Ainsi dit *Dieu, l’Éternel, qui a créé les cieux et les a déployés, qui a étendu la terre et ses produits, qui donne la respiration au peuple [qui est] sur elle, et un esprit à ceux qui y marchent:
6
Moi, l’Éternel, je t’ai appelé en justice; et je tiendrai ta main; et je te garderai; et je te donnerai pour [être] une alliance du peuple, pour [être] une lumière des nations, 7 pour ouvrir les yeux aveugles, pour faire sortir de la prison le prisonnier, [et] du cachot ceux qui sont assis dans les ténèbres. 8 Je suis l’Éternel: c’est là mon nom; et je ne donnerai pas ma gloire à un autre, ni ma louange à des images taillées. 9 Voici, les premières choses