Ce lien = mots ou expressions se trouvant dans cet article et pouvant présenter quelques difficultés. Probabilités de trouver une explication succincte
EpÎtre aux Ephésiens
Lecture du chapitre
à commentaires
1 Paul, apôtre de
Jésus Christ par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles dans le christ Jésus,
qui sont à Éphèse: 2 Grâce et paix à vous, de la part de Dieu
notre Père et du seigneur Jésus Christ!
3 Béni soit le
Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de*
toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ; 4
selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous
fussions saints et irréprochables devant lui en amour,
5 nous ayant prédestinés
pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, 6 selon le bon plaisir
de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il nous a
rendus agréables dans* le Bien-aimé; 7
en qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon
les richesses de sa grâce: 8 laquelle il a fait abonder envers nous
en toute sagesse et intelligence,
9 nous ayant fait
connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, 10
qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude
des temps, [savoir] de réunir en un toutes choses dans le Christ*,
les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, 11
en lui, en qui nous avons aussi été faits héritiers, ayant été prédestinés
selon le propos de celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté,
12 afin que nous soyons à la louange de sa gloire, nous qui avons
espéré à l’avance dans le Christ: 13 en qui vous aussi [vous
avez espéré] *, ayant entendu la parole de la
vérité, l’évangile de votre salut; auquel aussi ayant cru, vous avez été
scellés du Saint Esprit de la promesse, 14 qui est les arrhes de
notre héritage, pour* la rédemption de la
possession acquise, à la louange de sa gloire.
15 C’est
pourquoi moi aussi, ayant ouï parler de la foi au seigneur Jésus qui est en*
vous, et de l’amour que [vous avez] pour tous les saints, 16 je ne
cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention [de vous] dans mes prières, 17
afin que le Dieu de notre seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous donne
[l’]esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, 18
les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez quelle est
l’espérance de son appel, et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage
dans les saints, 19 et quelle est l’excellente grandeur de sa
puissance envers nous qui croyons, selon l’opération*
de la puissance de sa force, 20 qu’il a opérée dans le Christ, en
le ressuscitant d’entre les morts; — (et il l’a fait asseoir à sa droite
dans les lieux célestes, 21 au-dessus de toute principauté, et
autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non
seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir; 22
et il a assujetti toutes choses sous ses pieds, et l’a donné [pour être]
chef* sur toutes choses à l’assemblée, 23
qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous;)
— v. 3: litt.: en. — v. 6: ou, selon d’autres: grâce dont il nous a gratifiés dans (nous plaçant en lui dans une position de faveur). — v. 10: c. à d. sous l’autorité de Christ. — v. 13: ou: [vous êtes]; ou bien: [vous avez été faits héritiers]. — v. 14: ou: jusqu’à; — on peut lier pour la rédemption aussi bien à arrhes qu’à scellés.
Commentaires
(introduction et chapitre premier)
Les vérités contenues dans cette épître ont une influence sur notre vie.
Elles sont malheureusement de plus en plus négligées et cela même par des chrétiens
qui les avaient connues et maintenues. En faisant ressortir les conséquences
pratiques de ces vérités, on pourra remédier à l’état de ruine dans
lequel l’assemblée se trouve. Soyons réveillés par l’étude de cette épître
aussi bien sur le plan individuel que sur ceux de famille et d'assemblée.
Quelques
mots, en inttroduction, sur la ruine et le témoignage :
Reconnaissons l’état de ruine non seulement de l’Eglise mais aussi du témoignage
suscité au 19ème siècle. Le corps de témoins dans lequel nous
nous trouvons n’est-il pas en ruines? Après s’être séparé du mal, la
ruine s’est étendue à ce corps de témoins. Mais souvenons-nous que si les
porteurs du témoignage peuvent être ruinés, le témoignage de Dieu ne l’est
pas. Ce témoignage a été laissé entre nos mains. S’il y a infidélité,
Dieu n’a pas encore ôté l’administration des vérités confiées. Paul
avait été un administrateur fidèle de ces vérités. Comme ensemble, ces vérités
sont entre des mains coupables, mais le témoignage demeure. Ainsi, comme
ensemble, nous sommes solidaires et c’est avec humiliation que nous acceptons
le jugement de Dieu sur notre infidélité.
Les conseils de Dieu ne sont pas amoindris par la ruine de l’Eglise. Et le
Seigneur s’occupe de l’assemblée. Ainsi il y a des conseils de Dieu au
niveau individuel et il y a une mesure de leur accomplissement. Le ch. 1
fait ainsi part des conseils de Dieu. D’abord
à notre position individuelle, au v. 3, puis, au
v. 4, ressort le caractère de sainteté joint à
celui d’être irréprochables.Dans les v. 5 et 6,
il y a une relation. Quant à notre position, ce qui nous en est dit au v.
4, dépend du nom de Dieu et au v. 5 de
celui du Père. Le v. 7 nous rappelle que nous
avons été pris si bas pour nous placer si haut. Ce passage montre que Dieu est
glorieux en grâce selon la gloire de sa grâce. Dans les v.
3 à 8 il y a, dans ces conseils de Dieu, une partie qui nous concerne.
Dans les v. 9 et 10, une autre partie qui se
rapporte à Christ. Dans les v. 11 et 12 une
troisième partie à relative à l’héritage. Les conseils de Dieu comportent
encore d’autres choses. Ils paraissent dans les v. 17
et 18: … l’espérance de son appel. Cette espérance est d’être
un jour avec Christ dans la gloire. Quant à l’unité du corps de Christ, elle
constitue aussi une partie de ces conseils, la quatrième dans ce point de vue;
c’est la fin du ch. 1. Corps de
Christ ici-bas, tête dans le ciel, l’homme mystique est formé, il n’est
pas à venir. L’ensemble est aussi appelé le Christ en 1
Cor. 12,
12. En Ephésiens ch. 2,
v. 13 et 19, il y a tout ce qui a été réuni par l’œuvre de la
croix, juifs et gentils, juifs et grecs, et la paix porte un double caractère,
c’est-à-dire avec les hommes et avec Dieu. Voilà les uns les autres, un accès
auprès du Père par un seul Esprit; c’est une seule famille; c’est la vérité
de l’unité de famille développée dans les écrits de Jean et qui n’est
touchée ici qu’en passant.
1. Quels sont l’appel et
l’héritage de Dieu
2. Dans la deuxième partie,
la puissance qui les met en possession de ce que cet appel de Dieu leur confère,
savoir cette même puissance qui a placé Christ à la droite de Dieu l’ayant
ressuscité d’entre les morts.
La position du croyant est céleste, parce que son
Sauveur y est. On peut comparer un chef de famille qui travaille hors de son
domicile mais qui ne songe pas à confondre celui-ci avec l’usine ou le
bureau. Etre absent de la maison, ne l’empêche aucunement d’y avoir son «chez
lui» où sont ses affections, ses intérêts, tout ce qu’il possède. Tel est
le lien pour le racheté, le ciel et tout ce qui concerne le bien-aimé,
concerne au même titre ceux qui sont rendus agréables en Lui, au v. 6.
Il y a aussi cette longue phrase des v. 3 à 14 qui ne supporte aucune coupure,
car tout se tient, tout est lié dans la pensée de Dieu. Remarquons la
similitude des v. 6 et 12, de la louange en rapport avec la grâce et la gloire.
Lecture du chapitre
à commentaires
1 —
et vous, lorsque
vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés, 2 (dans lesquels vous avez marché autrefois, selon le train de ce monde,
selon le chef de l’autorité de l’air, de l’esprit qui opère maintenant
dans les fils de la désobéissance; 3 parmi lesquels, nous aussi,
nous avons tous conversé autrefois dans les convoitises de notre chair,
accomplissant les volontés* de la chair et des
pensées; et nous étions par nature des enfants de colère, comme aussi les
autres. 4 Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son
grand amour dont il nous a aimés,) 5 alors même que nous étions
morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ (vous êtes sauvés
par [la] grâce), 6 et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait
asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le christ Jésus, 7
afin qu’il montrât dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce,
dans sa bonté envers nous dans le christ Jésus. 8 Car vous êtes
sauvés par la grâce, par la foi*, et cela ne
vient pas de vous, 9 c’est le don de Dieu; non pas sur le principe
des œuvres, afin que personne ne se glorifie; 10 car nous sommes son
ouvrage, ayant été créés dans le christ Jésus pour les bonnes œuvres que
Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles.
11 C’est
pourquoi souvenez-vous que vous, autrefois les nations dans la chair, qui étiez
appelés incirconcision par ce qui est appelé la circoncision, faite de main
dans la chair, 12 vous étiez en ce temps-là sans Christ, sans droit
de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n’ayant pas
d’espérance, et étant sans Dieu* dans le
monde. 13 Mais maintenant, dans le christ Jésus, vous qui étiez
autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ. 14
Car c’est lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un et a détruit le
mur mitoyen de clôture, 15 ayant aboli dans sa chair l’inimitié,
la loi des commandements [qui consiste] en ordonnances, afin qu’il créât les
deux en lui-même pour être un seul homme nouveau, en faisant la paix; 16
et qu’il les réconciliât tous les deux en un seul corps à Dieu par la
croix, ayant tué par elle l’inimitié. 17 Et il est venu, et a
annoncé la bonne nouvelle de la paix à vous qui étiez loin, et la [bonne
nouvelle de la] paix* à ceux qui étaient près;
18 car par lui nous avons, les uns et les autres*,
accès auprès du Père par un seul Esprit. 19 Ainsi donc vous n’êtes
plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la
maison de Dieu, 20 ayant été édifiés sur le fondement des apôtres
et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin*,
21 en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être
un temple* saint dans le Seigneur; 22
en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de
Dieu par* l’Esprit.
— v. 15: litt.: chez. — v. 19: non la chose faite, mais la force
opérante; voir 3:7.
— v. 22: tête. — v. 3 (ch. 2): les choses
voulues. — v. 8 (ch. 2): litt.: car par la grâce vous êtes sauvés par le moyen de la foi; voir
Romains 3:24.
— v. 12: ou:
athées. — v. 17: litt.: a évangélisé la paix…, et la paix. — v. 18: litt.:
tous les deux. — v. 20: ici,
comme 1 Pierre 2:6. — v. 21:
la maison même. — v. 22: ou: en.
Commentaires
Au chapitre premier, en raison de notre relation individuelle avec le Père,
Christ est premier-né entre plusieurs frères. Dans le chapitre deuxième, il
est question de notre relation comme corps de Christ en rapport avec la résurrection
du second homme. Ce chapitre deux présente aussi l’opération de la puissance
de Dieu sur la terre, pour amener des âmes à la jouissance de leurs privilèges
célestes et de former l’assemblée ici-bas. Ce sont davantage les conseils de
Dieu que le déploiement des privilèges des croyants. Et ce qui en opère
l’accomplissement, ce ne sont pas les conseils, mais c’est la grâce et la
puissance. Voilà ce qui amène les âmes au résultat que cette puissance doit
produire selon les conseils de Dieu. C’est Christ qui est d’abord vu comme
mort, c’est-à-dire là où nous étions à cause du péché, mais aussi
ressuscité. Morts avec Christ dans nos fautes et dans nos péchés, puis vivifiés
avec Lui (v. 5).
Au
v. 17, il est question de ceux qui étaient près
et de ceux qui étaient loin, cela en rapport avec les formes terrestres de la
religion dans le système qui existait sur la terre. Ainsi les formes établies
provisoirement sur la terre n’ont pas de valeur puisque tous les conseils de
Dieu sont arrêtés pour sa propre glorification. Cette religion terrestre était
pour la manifestation des voies de Dieu comme ombres des choses à venir. Pour
ce but, la grâce prend des personnes de l’une et de l’autre chose, c’est-à-dire
les juifs qui étaient près et les gentils qui étaient loin, en référence à
la religion terrestre. Et ces deux classes forment un seul corps, un homme
nouveau, une nouvelle création en Christ (v. 18).
Dans
ce chapitre, il y a les gentils dans les v. 1 et 2
et les juifs au v.
3. L’apôtre, dans ces premiers versets, parle de l’éloignement de
l’homme de Dieu et tout le monde marche dans la puissance du prince de
l’air. Toutefois les juifs n’étaient pas, comme les gentils, sous le
gouvernement des démons; mais ils étaient conduits par les mêmes convoitises
que celles par lesquelles les démons agissaient sur les pauvres païens. Quant
à la nature humaine, c’est-à-dire à la chair, ils étaient aussi des
enfants de colère. Le terme: par nature,
au v. 3, se rapporte aux actes accomplis dans le
corps. C’était la conséquence naturelle de l’état où tout homme se
trouve par la naissance. Ainsi la colère est liée à l’état naturel. Il y a
donc des choses qui vont ensemble tout comme, par exemple, le lien entre le bien
et la justice. Mais Dieu est au-dessus de tout cela; à ceux qui sont dignes de
colère, il peut est riche en miséricorde. C’est ainsi que Dieu agit, ici,
envers les objets de sa grâce, selon sa propre nature miséricordieuse. Verset
5: non seulement nous avons été vivifiés, mais vivifiés
ensemble avec Christ. Jésus est sorti de la mort d’entre les morts et
nous en sortons avec Lui. Dieu nous fait part de cette vie. La résurrection a
aussi mis fin à toutes les distinctions, puisque juifs et gentils se trouvent
ensemble dans cette mutuelle position en Christ. C’est une nouvelle condition
décrite par la position de Christ lui-même. Oui c’est bien par grâce que
nous sommes sauvés (v. 8). Nous serons
compagnons du Fils de Dieu dans la gloire et témoins de cette grâce.
Maintenant nous ne sommes pas encore dans la gloire, c’est par la foi que nous
sommes sauvés, et la foi n’est pas de l’homme. Tout est de Dieu et personne
ne peut se glorifier. Nous sommes donc l’ouvrage de Dieu. Croire est un don
de Dieu. Et au v. 10 il y a ces bonnes œuvres
qui doivent être caractérisées selon le caractère de celui qui a opéré en
nous, nous créant selon ses propres pensées. Ici ce n’est pas l’homme qui
fait des œuvres pour s’approcher de Dieu, mais c’est parce que nous sommes
proches de Dieu que nous pouvons accomplir des œuvres.
Le ch. 2
parle bien du corps au v. 7, mais l’introduction de la maison est un élément
nouveau. Individuellement le croyant est le temple de
Dieu, mais l’ensemble des chrétiens devient la maison de Dieu sur la terre.
C’est une merveilleuse et solennelle vérité, c’est un immense privilège
et une source de bénédiction, mais aussi une responsabilité. Quand on parle
du corps, nous y voyons le fruit du dessein éternel de Dieu et de sa propre opération,
mais bien que l’Esprit puisse appliquer ce nom à l’assemblée de Dieu sur
la terre comme étant composés de vrais membres de Christ, ce corps comme formé
par la puissance vivifiante de Dieu selon son dessein éternel, se compose de
personnes unies à la tête comme de vrais membres. La maison sur la terre est
le fruit d’une œuvre confiée aux hommes et non l’objet des propres
conseils de Dieu, quoique la cité de l’Apocalypse y réponde dans une
certaine mesure. Ainsi donc cette maison est composée des vrais appelés de
Dieu et c’est Dieu qui l’édifie, comme en Act.
2, 47. Mais il ne faut pas
confondre le résultat pratique de cette œuvre sous la responsabilité des
hommes. Dans cette maison il peut y avoir des pierres qui ne sont pas de vraies
pierres, mais elle reste la demeure de Dieu. Il est cependant impossible
qu’une personne qui n’est pas née de Dieu soit membre du corps de Christ.
Quant à l’unité de l’édifice, cet édifice s’accroît et c’est l’œuvre
de Dieu selon ch. 2,
21. C’est aussi l’œuvre de Christ en Matt. 16.
Nous, nous ne voyons pas que ce temple se bâtit, mais Dieu le voit. Dieu veut
cet édifice complet pour les temps éternels. A cause de notre ruine, nous ne
voyions pas l’élévation de ce temple. Mais la dernière pierre est bientôt
posée et Christ est l’angle et en plus la clef de
voûte, selon Zach. 3,
9 et 4, 7. Notre notion
de cet édifice c’est la maison où Dieu habite par son Esprit. Cet édifice
nous l’avons ruiné. Quant au grand sujet de l’unité du corps, il se trouve
dans les chapitres 3 et 4.
Il avait été touché à la fin du ch. 1.
Dans le ch. 3 nous verrons l’administration du mystère confié à Paul, c’est-à-dire du conseil de Dieu quant à l’Eglise. Il y a lieu d’insister sur ces choses que Paul présentait. Les chrétiens d’aujourd’hui en sont les dépositaires. Alors comment réalise-t-on l’unité? Ceci constitue la seconde partie de l’épître, c’est-à-dire réaliser ce qu’est l’Eglise dans la pensée de Dieu. Il faut d’abord comprendre l’unité du corps de Christ. Pour vraiment réaliser cela il faut une marche et une communion, d’où les exhortations du ch. 4 et la prière de l’apôtre du ch. 3, 14-21. Quel bel exemple que l’exemple du corps où les membres naturels s’harmonisent, s’avertissent, s’aident, se supportent, parce ce corps est un. Toutes les exhortations du ch. 4, s’appliquent au conditionnement du corps. Avec le ch. 4, 1, 1 Cor. 12 et Rom. 12 sont à considérer. Il faut réaliser l’unité du corps et non la proclamer comme vérité sans sentir la nécessité de la réaliser pratiquement. Cela se voit dans nos rapports les uns avec les autres. Avons-nous de l’humilité, de la douceur, du support. Si tel est le cas, il y a encore quelque amour en nous. Sinon nous devenons indifférents à cette vérité de l’unité du corps. Au ch. 4, 3: garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix, c’est la réalisation pratique de l’unité du corps. Ne gardons pas l’unité du corps qui existe, mais aimons de cœur tout membre du corps même si mon prochain n’a aucune idée de cette unité. Connaissant l’unité du corps, on peut réaliser, même avec le chrétien le plus ignorant, que nous appartenons tous deux à un seul corps. Avec un tel croyant, nous pouvons rechercher en quoi nous pouvons trouver un terrain commun. Nous serons gardés d’esprit sectaire. On peut réaliser, même avec ceux qui ignorent cette vérité, les rapports qui en découlent.
Lecture du chapitre
à commentaires
1 C’est pour
cela que moi, Paul, le prisonnier du christ Jésus pour vous, les nations 2
— (si du moins vous avez entendu parler de l’administration de la grâce de
Dieu qui m’a été donnée envers vous: 3 comment, par révélation,
le mystère m’a été donné à connaître (ainsi que je l’ai déjà écrit
en peu de mots; 4 d’après quoi, en le lisant, vous pouvez
comprendre quelle est mon intelligence dans le mystère du Christ), 5
lequel, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux
fils des hommes, comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et
prophètes par* l’Esprit: 6
[savoir] que les nations seraient cohéritières et d’un même corps et
coparticipantes de sa* promesse dans le christ
Jésus, par l’évangile; 7 duquel je suis devenu serviteur, selon
le don de la grâce de Dieu qui m’a été donné*
selon l’opération de sa puissance. 8 À moi, qui suis moins que le
moindre de tous les saints, cette grâce a été donnée d’annoncer*
parmi les nations les richesses insondables du Christ, 9 et de mettre
en lumière devant tous quelle est l’administration du mystère caché*
dès les siècles en Dieu qui a créé toutes choses; 10 afin que la
sagesse si diverse de Dieu soit maintenant donnée à connaître aux principautés
et aux autorités dans les lieux célestes, par l’assemblée, 11
selon le propos des siècles*, lequel il a établi
dans le christ Jésus notre Seigneur, 12 en qui nous avons hardiesse
et accès en confiance, par la foi en lui. 13 C’est pourquoi je
[vous] prie de ne pas perdre courage à cause de mes afflictions pour vous, ce
qui est votre gloire. 14 — C’est pour cela que je fléchis mes
genoux devant le Père [de notre seigneur Jésus Christ], 15 duquel
est nommée toute famille* dans les cieux et
sur la terre; 16 afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous
donne d’être fortifiés en* puissance par
son Esprit, quant à l’homme intérieur; 17 de sorte que le Christ
habite, par la foi, dans vos cœurs, 18 [et que vous soyez] enracinés
et fondés dans l’amour; afin que vous soyez capables de comprendre avec tous
les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur,
19 — et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute
connaissance; afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de
Dieu. 20 Or, à celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que
nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous, 21
à lui gloire dans l’assemblée dans le christ Jésus, pour toutes les générations
du siècle des siècles! Amen).*
— v. 5: ou: en. — v. 6: plusieurs lisent: la. — v. 7: quelques-uns lisent: grâce… qui m’a été donnée. — v. 8: évangéliser (annoncer la bonne nouvelle). — v. 9: non pas caché maintenant, mais caché dans les âges passés. — v. 11: ou: propos éternel. — v. 15: famille, dans le grec, se rattache par dérivation à Père. — v. 16: en, et par. — v. 21: tout le chapitre 3 est une parenthèse, depuis le verset 2.
Ce
chapitre traite de l’administration de ces
choses confiées à Paul. Il mentionne spécialement l’introduction des
gentils sur le même pied que les juifs. Cela constitue une nouveauté dans les
voies de Dieu.
Dans
cette épître, il y a aussi le sujet de l’évangélisation en rapport
avec l’unité du corps. En parlant de ce sujet, anticipons quelque peu sur le
chapitre quatrième. Le ch. 4, 7-15
montre qu’il y a un corps de Christ ici-bas et les dons sont le moyen de le
faire arriver à sa perfection. En cela, il y a un nouveau danger en ce sens
que, dans la chrétienté il y a l’ennemi pour détruire. Cet effort de
destruction aboutira à l’apostasie qui amènera la chrétienté qui reniera
le Père et le Fils. Quant à l’évangile, l’Esprit de Dieu opère
puissamment dans ce monde. L’action de l’évangile n’est pas spécialement
confiée à ceux qui connaissent les
vérités qui viennent d’être exposées. On va même dire que, si nous avons
été fidèles, nous en aurions été
des agents les plus actifs. Mais vu notre infidélité à l’égard de l’évangélisation,
nous en portons la conséquence et Dieu opère puissamment par toutes sortes
d’agents. Toutefois le témoignage que Dieu a confié aux frères a au moins
le résultat que beaucoup d’hommes vont, sous la libre action de l’Esprit,
annoncer l’évangile dans ce monde; cela en reniant tout caractère ecclésiastique
ce qui n’existait pas auparavant. Ces chrétiens ignorent cependant une vraie
séparation du monde et l’ennemi s’en sert pour nous ébranler dans notre témoignage
et nous amener à les imiter. Dans leur désir d’attirer les âmes, ils usent
des moyens de ce monde par des annonces dans les journaux, des affiches, etc. Si
nous nous associons à ces chrétiens, nous renierons ce qui doit nous
distinguer dans la prédication de l’évangile. Ce que Dieu a confié au témoignage
va plus loin que d’amener des âmes au salut. Pour cela, il faut réaliser ce
qu’est l’assemblée. Nous ne limiterons alors pas l’évangile au pardon
des péchés et à la justification par la foi. C’est ce que représente le
ch. 4, 10 et suivants. Ceux qui annoncent le salut parmi les chrétiens,
et dont nous ne renions aucunement le zèle et le dévouement, au contraire,
disent cependant à ceux qui acceptent le salut : restez où vous êtes
dans vos églises. Nous devrions leur dire qu’il y a un témoignage rendu dans
ce monde, et qu’il y a dans ce monde un seul corps de Christ, une habitation
de Dieu par l’Esprit, et que c’est là et nulle part ailleurs qu’est la
place des rachetés. Cette vérité reçue dans l’âme la sort nécessairement
de tous les systèmes religieux humains.
Il y a, au ch. 4, 15 et suivants, après la mention de dons destinés à l’édification
du corps de Christ dans les v. 9 à 13, il y a donc cet accroissement de lui-même.
N’en est-il pas ainsi de notre corps naturel! Avons-nous compris que chaque
membre a une place dans le corps en relation avec le Chef et que ce membre a un
travail de manière à ce que ce corps fonctionne et s’accroisse. Chaque
croyant a donc une fonction active et chaque partie du corps est appelée une
jointure du fournissement. Ainsi, rencontrer dans l’assemblée des saints et
dans la vie journalière une paresse spirituelle, est affligeant. C’est
pourtant général. C’est aussi l’ignorance de la vérité du corps qui fait
perdre à la plupart des chrétiens tout sentiment de solidarité. Ce sont des vérités
premières et capitales auxquelles il faut revenir. Il y a aussi un appel de
Dieu avec deux caractères qui sont au ch. 4,
17 (la marche) à 5, 21 (la soumission), en rappelant d’abord qu’au ch. 1,
18 il y avait l’appel individuel. Au ch. 4,
1 c’est l’appel dont nous avons été appelés et c’est le côté
collectif de l’appel. Les chrétiens sont donc appelés à être ici-bas
un seul peuple, un seul édifice, un seul corps, autrement dit à une position
collective dans laquelle nous sommes unis avec la tête.
Paul
éclairait les âmes à l’égard de ce mystère et de son ’administration.
Il y a le conseil de Dieu en vue et son accomplissement dans le temps, savoir
son conseil réunissant l’assemblée sous Christ, son Chef. Il y a ainsi une
relation avec Dieu et au v. 12 il y a la
hardiesse et la confiance par la foi en Lui.
Si
Paul est emprisonné, ne soyons pas découragés. En effet, il y a la preuve et
le fruit de cette position glorieuse que Dieu avait accordé aux gentils et dont
les juifs étaient jaloux. Ainsi l’administration des conseils de Dieu peut être
accomplie et elle nous fait voir Christ comme centre de toutes les voies de
Dieu.
Au
v. 14 c’est au Père de notre Seigneur Jésus
Christ que l’apôtre s’adresse tout comme, au chapitre premier, il s’était
adressé au Dieu de Jésus. Ainsi toute famille se range sous ce nom de Père de
notre Seigneur Jésus Christ. Répétons que sous le nom de Jéhova il n’y
avait que les juifs. En pensant à Amos 3,
2, il est question de la famille. Dans les Ephésiens, c’est toute famille.
Oui, comme Père du Seigneur Jésus Christ, il y a l’assemblée, les anges,
les juifs, les gentils, tous sont là. Tout se coordonne sous ce nom de Père de
notre Seigneur Jésus Christ. L’objet de la demande de l’apôtre, dans cette
fin de chapitre, c’est que ces Ephésiens fussent capables de saisir toute la
portée de ses conseils et l’amour du Christ qui en était pour leur cœur, le
centre assuré. Pour cela il faut que l’Esprit habite dans nos propres cœurs
et soit ainsi le centre intelligent de toute connaissance. Celle-ci se perd dans
l’étendue que Dieu seul rempli : longueur, largeur, hauteur, profondeur
(v. 18). Celui
qui a accompli tout de sa gloire, remplit lui-même le cœur d’un amour plus
puissant que la gloire dont il est le centre (v. 17),
cela afin de nous donner la force qui nous rend capables en paix et en amour de
contempler tout ce qu’il a fait, la sagesse de ses voies et la gloire
universelle. Celui qui remplit tout, remplit par-dessus tout, nos cœurs. Et la
gloire n’a pas de limite, c’est la plénitude de Dieu (v.
19). Ce qui est présenté ici est une chose objective avec la réalisation
de ce qui a été placé devant nous. Le v. 21
revient à la thèse posée à la fin du ch. 2
à savoir Dieu qui habite dans l’assemblée par l’Esprit et Paul désire que
les chrétiens, et nous tous, marchions d’une manière digne de l’appel. Cet
appel était d’être un, le corps de Christ, ce corps manifesté sur la terre
dans sa vraie unité par la présence de l’Esprit Saint. Ainsi la position
tout entière du chrétien est comprise dans l’expression: leur
appel. Si le ch. 1 présente
les saints devant Dieu, la prière du ch. 3
présente Christ en eux. Au v. 20 remarquons
une puissance qui opère en nous. C’est ce qui distingue la prière du ch. 1
de celle-ci. Au ch. 1 l’appel et
l’héritage étaient dans le propos arrêté de Dieu; la prière de l’apôtre
était que les croyants les connaissent ainsi que la puissance qui en permet la
jouissance. Dans le ch. 3, c’est ce
qui est en nous et l’apôtre demande que cette puissance existe et cela comme
puissance actuelle dans l’assemblée.
Lecture du chapitre
à commentaires
1 Je vous exhorte
donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de
l’appel dont* vous avez été appelés, 2
avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un
l’autre dans l’amour; 3 vous appliquant à garder l’unité de
l’Esprit par* le lien de la paix. 4
[Il y a] un seul corps et un seul Esprit*,
comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel. 5
[Il y a] un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. 6 [Il y
a] un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout*,
et partout**, et en nous tous. 7
Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de
Christ. 8 C’est pourquoi il dit: «Étant monté en haut, il a
emmené captive la captivité, et a donné des dons aux hommes» [Psaume
68:18]. 9 Or, qu’il soit monté,
qu’est-ce, sinon qu’il est aussi descendu dans les parties inférieures de
la terre? 10 Celui qui est descendu est le même que celui qui est
aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses; 11
et lui, a donné les uns [comme] apôtres, les autres [comme] prophètes, les
autres [comme] évangélistes, les autres [comme] pasteurs et docteurs*;
12 en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service,
pour l’édification du corps de Christ; 13 jusqu’à ce que nous
parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu,
à l’état d’homme fait*, à la mesure de
la stature de la plénitude du Christ: 14 afin que nous ne soyons
plus de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de
doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées
pour égarer; 15 mais que, étant vrais dans l’amour, nous
croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef*,
le Christ; 16 duquel* tout le corps,
bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure du fournissement, produit,
selon l’opération de chaque partie dans sa mesure, l’accroissement du corps
pour l’édification de lui-même en amour. 17 Voici donc ce que je
dis et témoigne dans le Seigneur, c’est que vous ne marchiez plus comme le
reste des nations marche, dans la vanité de leurs pensées, 18 ayant
leur entendement obscurci, étant étrangers à la vie de Dieu à cause de
l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement*
de leur cœur; 19 et qui, ayant perdu tout sentiment moral, se sont
livrés à la débauche, pour pratiquer avidement*
toute impureté.
20 Mais vous
n’avez pas ainsi appris le Christ, 21 si du moins vous l’avez
entendu et avez été instruits en lui selon que la vérité est en Jésus: 22
[c’est-à-dire], en ce qui concerne votre première manière de vivre*,
d’avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises
trompeuses**, 23 et d’être
renouvelés dans l’esprit de votre entendement,
24 et d’avoir
revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité.
25 C’est
pourquoi, ayant dépouillé le mensonge, parlez la vérité chacun à son
prochain; car nous sommes membres les uns des autres. 26 Mettez-vous
en colère et ne péchez pas: que le soleil ne se couche pas sur votre
irritation; 27 et ne donnez pas occasion au diable. 28 Que
celui qui dérobait ne dérobe plus, mais plutôt qu’il travaille en faisant
de ses propres mains ce qui est bon, afin qu’il ait de quoi donner à celui
qui est dans le besoin. 29 Qu’aucune parole déshonnête ne sorte
de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, [propre] à l’édification
selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent. 30
Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés
pour le jour de la rédemption. 31 Que toute amertume, et tout
courroux, et toute colère, et toute crierie, et toute injure, soient ôtés du
milieu de vous, de même que toute malice; 32 mais soyez bons les uns
envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu
aussi, en Christ, vous a pardonné*.
— v. 1: ou: selon lequel. — v. 3: ou: dans. — v. 4:
ou aussi: Le corps est un, et l’Esprit un, et ainsi de suite. —
v. 6*: ou: sur tous. — v.
6**: le «tout» peut s’appliquer à des personnes: parmi tous. — v. 11:
docteur, celui qui enseigne. — v. 13: litt.: à l’homme fait. — v. 15: tête. — v. 16:
= à partir duquel.
— v. 18: ou: aveuglement.
— v. 19: litt.: avec
cupidité.
— v. 22*: = votre conduite précédente. — v. 22**: litt.:
de déception.
Au
v. 1, Paul rappelle qu’il est prisonnier. Le
principal motif est qu’il a annoncé la vérité d’une seule famille entre
juifs et gentils. Etant prisonnier, Paul en profite comme un puissant motif pour
toucher le cœur des chrétiens d’entre les gentils. Avec amour, il montre (v.
2) que la première chose à laquelle il s’attend de la part de ses
chers enfants dans la foi, c’est cette unité et son maintien. Le moyen de la
maintenir sont les vertus du v. 2: humilité,
douceur, support, amour. Nous y avons le vrai fruit de la proximité de
Dieu. Pour cela il faut en jouir dans sa présence, avoir accès auprès de
Dieu, jouir de sa présence par l’Esprit Saint, être un seul corps réconcilié
avec Dieu, voilà l’appel des chrétiens (ch. 2),
et le ch. 3 a développé ces
choses dans toute leur étendue. L’application se trouve dans le ch. 4.
ü le devoir de marcher d’une manière digne de son
appel
ü l’Esprit dans lequel il faut marcher
ü la diligence pour garder l’unité de l’Esprit
par le lien de la paix
Garder
l’unité de l’Esprit n’est pas une similarité de sentiments. C’est
l’unité des membres du corps de Christ établie par le Saint Esprit et
maintenue pratiquement par une marche en harmonie avec l’Esprit de grâce. Il
est évident que cela se rapporte à la terre et à la manifestation de cette
unité sur la terre. Cette unité peut être envisagée en rapport avec le Saint
Esprit, en rapport avec le Seigneur ou encore en rapport avec Dieu. Ainsi dans
le cœur des individus, il y a un effet produit afin qu’ils s’entendent et
plus encore: qu’ils soient un seul corps. L’Esprit est à la source de
l’espérancet. Voilà l’unité essentielle, réelle et qui subsiste.
Au
v. 5, il y a un seul Seigneur auquel se lie
une seule foi et un seul baptême. C’est la profession publique et la
confession de Christ comme Seigneur. Voir 1 Cor. 1,
2.
Au
v. 6, il y a un seul Dieu et Père: voilà les
puissants liens d’unité, à savoir:
ü l’Esprit de Dieu
ü la seigneurie de Christ
ü l’universelle présente de Dieu le Père
Le
tout tend à amener en unité, comme à un centre divin, ceux qui sont en
relation avec chacune de ces choses. Tout s’accorde pour former les croyants en
un seul corps dans ce monde. On ne peut pas être chrétien sans être un
avec tous ceux qui le sont. Mais si tout est là, il y a lieu de maintenir
pratiquement l’unité. Remarquons encore que les trois sphères d’unité
présentées dans les v. 4 à 6 n’ont pas la même étendue. Le cercle
s’agrandit chaque fois. A l’unité de l’Esprit
au v. 3, nous trouvons liée l’unité du corps, l’unité essentielle
et réelle produite par la puissance de l’Esprit, liant à Christ tous ses
membres. Au Seigneur se lie, au v. 5,
l’unité de la foi du baptême. Là, chaque individu a la même foi, le même
baptême: c’est la profession extérieure. Une profession qui se rapporte à
celui qui a des droits sur tous ceux qui s’appellent de son nom. Et le
troisième caractère d’unité se rattache à des droits divins au v. 6.
Et ces droits s’étendent à toutes choses quoi que le lien de cette unité
soit plus étroit pour le croyant parce que celui qui a des droits sur toutes
choses, demeure dans les croyants.
1. un
seul corps et un seul Esprit, une seule espérance de notre appel
2. un
seul Seigneur auquel se rattachent une seule foi, un seul baptême
3. un
seul Dieu et Père de tous qui est au-dessus de tout, partout, et dans tous les
chrétiens.
Voilà
les trois grandes relations dans lesquelles les chrétiens sont placés comme étant,
dans leur nature, les fondements de l’unité et les motifs pour la maintenir.
Ces relations s’étendent successivement en grandeur (extension des cercles).
La relation immédiate s’applique aux mêmes personnes. Au caractère de celui
qui est la base de la relation élargie (le Dieu et Père), l’idée du seul
corps et du seul Esprit est rattachée.
1. un
homme monté en haut
2. un
homme qui a reçu pour les hommes les dons de Dieu
3. un
homme qui a emmené captif celui qui tenait l’homme en captivité
Quelle
belle pensée avec ces caractères de Christ et ces dons: c’est complet. Et la
communication de ces dons n’est-elle pas le témoignage de l’œuvre complète
et glorieuse du Seigneur. Christ est placé sur le trône de Dieu. Il tient
cette position non seulement par son titre de créateur, qui lui appartenait déjà,
mais par celui de Rédempteur qui met à l’abri du mal tout ce qui se trouve
dans la sphère de la puissante efficacité de son œuvre.
Au
v. 11, Christ a donc donné des dons aux hommes et c’est Christ monté en haut
qui a reçu comme homme ces dons de puissance. Reçu, c’est de cette manière
que le Ps. 68 et Act. 2,
33 expriment cela. Soulignons encore que les dons des v. 11 et suivants, ne sont
pas des dons qui sont des signes de puissance spirituelle propre à agir sur
ceux de dehors. Ce sont des ministères pour le rassemblement et l’édification
et sont établis par Christ, comme chef du corps par le moyen des dons, dont il
revêt les personnes de son choix. Ces dons ne sont donc pas ici présentés
comme des dons dispensés par le Saint Esprit. Ici, quelle que soit l’étendue
de la gloire de Christ, Christ a tout premièrement pour objet d’accomplir les
voies de Dieu en amour en rassemblant les âmes et en particulier de les
accomplir envers l’assemblée. C’est dans l’assemblée que la nature de
Dieu, ses conseils de grâce, et l’œuvre efficace de Jésus, se concentrent
dans leur objet. Les apôtres et prophètes posent les fondements du bâtiment céleste.
Les autres appartiennent au ministère de tous les temps et remarquons encore
que l’apôtre, avant l’exaltation de Christ ne voit rien d’existant, sinon
l’homme enfant de colère, ainsi que la puissance de Satan. Puis il voit
l’efficacité de la croix qui nous a réconciliés et a aboli la distinction
entre juifs et gentils. La croix est pleinement manifestée. Les prophètes dont
il est question sont ceux du Nouveau Testament. Ces dons sont des canaux de
communications des grâces du chef, selon les liens que le Saint Esprit forme
entre la tête et le corps, l’effet des dons et le perfectionnement des
saints.
Si
le v. 11 présente les dons spéciaux et
permanents, le v. 16 présente ce que chaque
jointure fournit à sa place propre. Les deux choses ont leur fonction pour la
formation et la croissance du corps, et avec cette croissance de chaque membre
du corps de Christ individuellement, jusqu’à la mesure de Christ, se termine
ce développement des conseils de Dieu relativement à l’union de Christ et de
l’assemblée. Nous avons ce double caractère du corps de Christ en haut, et
de la demeure de l’Esprit sur la terre. Ces deux vérités vont ensemble et
ont chacune leur importance distinctive. Elles concilient les opérations
certaines et immuables de la grâce dans le chef avec les manquements de
l’assemblée responsable sur la terre.
A partir du v. 17
nous trouvons les exhortations pour une marche qui convienne à la position que
Dieu nous a faite. Sa grâce et sa gloire sont ainsi identifiées dans notre
pleine bénédiction. Il y a d’abord le contraste entre l’ignorance et l’état
d’un homme qui a appris Christ, comme étant la vérité en Jésus. Dans les
Ephésiens, il y a plutôt des contrastes et en Colossiens plutôt le développement
de la vie. Ce contraste c’est
d’avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt et d’avoir revêtu le
nouvel homme Christ. Ce n’est pas une amélioration du vieil homme, mais
c’est d’avoir dépouillé et revêtu Christ.
Dans
ces versets, l’apôtre ne perd pas de vue l’unité du corps puisque nous
sommes membres les uns des autres (v. 25). Le
vieil homme est sans Dieu. Le nouvel homme est créé. C’est une nouvelle création,
une création selon le modèle de ce qu’est le caractère de Dieu, justice et
sainteté de la vérité (v. 24). Et pour
subsister dans le bien devant Dieu, il faut cette énergie divine, cette vie
divine. La vérité au v. 25 est cette expression
juste et parfaite de ce qu’est une chose. Ici la vérité n’est pas en
rapport avec Dieu, puisque Dieu n’est pas l’expression de quelque chose.
Tout se rapporte à Lui, il est le centre de tout. Revêtir le nouvel homme,
c’est, comme il est dit ailleurs, être participant de la nature divine.
Adam,
en étant parfait et innocent, n’avait rien de cela. Adam était tenu
d’obéir à Dieu dans une chose où il n’y avait ni bien ni mal à connaître,
mais simplement un commandement. Maintenant en Christ, la part du croyant est la
participation à la nature divine elle-même, et cela en connaissant le bien et
le mal.
A
la fin du ch. 4 (v. 30) il est question de
l’Esprit. Par conséquent, ne donnons pas au diable l’occasion d’entrer et
d’agir sur la chair. D’un autre côté, il ne faut pas attrister le Saint
Esprit qui demeure en nous. La rédemption de la créature n’est pas encore
arrivée, mais nous avons été scellés pour cela. Alors il faut respecter et
chérir ce saint et puissant hôte qui demeure en nous. Alors nous pourrons
faire taire l’amertume, etc. (v.31). Nous
pourrons être des imitateurs de Dieu, selon ch. 5, 1. Et le ch. 4,
32 et le début du ch. 5 montre le
beau et magnifique privilège qui découle de la vérité que nous sommes
participants de la nature divine, et que son Esprit est en nous. Les deux grands
principes subjectifs du chrétien, c’est d’avoir dépouillé le vieil homme
et revêtu le nouvel homme, puis l’Esprit Saint qui demeure en lui. Voilà
le modèle de vie donné au chrétien. Et il n’y a rien de plus précieux,
être une nouvelle création. Le nouvel homme est créé dans la perfection du
caractère moral de Dieu et quant à l’Esprit, il ne faut pas l’attrister.
Les deux éléments de notre état sont donc le nouvel homme et la présence du
Saint Esprit de Dieu nommés ainsi ici en rapport avec le caractère de Dieu.
C’est subjectif et objectivement, nous voyons au début du ch. 5 Dieu comme modèle de notre marche en rapport avec les deux
mots qui expriment l’essence
de Dieu, savoir amour et lumière.
Au
v. 32: «Vous pardonnant les uns aux autres».
N’est-ce pas être imitateurs de Dieu et marcher dans l’amour, comme Christ
a marcher et nous a aimés et s’est livré pour nous! Que Dieu nous donne de
regarder à Jésus de manière à ce que son image soit empreinte sur nous et
qu’en quelque sorte nous marchions comme Lui.
Lecture du chapitre
à commentaires
1 —
Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, 2
et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré
lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne
odeur.
3 Mais que ni la
fornication, ni aucune impureté ou cupidité*,
ne soient même nommées parmi vous, comme il convient à des saints; 4
ni aucune chose honteuse, ni parole folle ou plaisanterie, lesquelles ne sont
pas bienséantes, mais plutôt des actions de grâces. 5 Cela en
effet vous le savez, connaissant qu’aucun fornicateur, ou impur, ou cupide
(qui est un idolâtre), n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu*.
6 Que personne ne vous séduise par de vaines paroles; car, à cause
de ces choses, la colère de Dieu vient sur les fils de la désobéissance. 7
N’ayez donc pas de participation avec eux; 8 car vous étiez
autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur;
marchez comme des enfants de lumière 9 (car le fruit de la lumière
[consiste] en toute bonté, et justice, et vérité),
10 éprouvant ce
qui est agréable au Seigneur. 11 Et n’ayez rien de commun avec les
œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt reprenez-les aussi; 12
car les choses qu’ils font en secret, il est honteux même de les dire. 13
Mais toutes choses, étant reprises par la lumière, sont manifestées; car ce
qui manifeste tout, c’est la lumière; 14 c’est pourquoi il dit:
«Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ
luira sur toi» [Ésaïe
60:1]. 15 Prenez donc garde à
marcher* soigneusement, non pas comme étant dépourvus
de sagesse, 16 mais comme étant sages; saisissant*
l’occasion, parce que les jours sont mauvais. 17 C’est pourquoi
ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du
Seigneur. 18 Et ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la
dissolution*; mais soyez remplis de l’Esprit**,
19 vous entretenant par des psaumes et des hymnes et des cantiques
spirituels, chantant et psalmodiant de votre cœur*
au Seigneur; 20 rendant toujours grâces pour toutes choses, au nom
de notre seigneur Jésus Christ, à Dieu le Père*;
21 étant soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ.
22 Femmes, soyez
soumises à vos propres maris comme au Seigneur; 23 parce que le mari*
est le chef** de la femme, comme aussi le
Christ est le chef** de l’assemblée, lui, le
sauveur du corps. 24 Mais comme l’assemblée est soumise au Christ,
ainsi que les femmes le soient aussi à leurs maris en toutes choses. 25
Maris, aimez vos propres femmes, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée et
s’est livré lui-même pour elle, 26 afin qu’il la sanctifiât,
en la purifiant par le lavage d’eau par [la] parole; 27 afin que
lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache,
ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable.
28 De même aussi,
les maris doivent aimer leurs propres femmes comme leurs propres corps; celui
qui aime sa propre femme s’aime lui-même. 29 Car personne n’a
jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le
Christ l’assemblée: 30 car nous sommes membres de son corps, —
de sa chair et de ses os. 31 «C’est pour cela que l’homme
laissera son père et sa mère et sera joint à sa femme; et les deux seront*
une seule chair» [Genèse
2:24]. 32 Ce mystère est grand;
mais moi je parle relativement à Christ et à l’assemblée. 33
Toutefois, que chacun de vous aussi en particulier aime sa propre femme comme
lui-même; et quant à la femme, qu’elle craigne son mari.
— v. 3: avidité de posséder quoi que ce soit. — v. 5:
ou: de celui qui est Christ et Dieu. — v. 15: litt.:
comment vous marchez. — v. 16:
litt.: achetant. — v. 18*:
débauche, dérèglement moral. — v. 18**: litt.: remplis en Esprit. — v. 19: litt.: dans votre cœur. — v. 20: ou: à celui qui est Dieu et Père.
— v. 23*: ou: l’homme
en contraste avec la femme. — v. 23**: la tête. — v. 31:
litt.: seront pour.
— v. 32: ou: usant de grâce
les uns envers les autres comme Dieu aussi, en Christ, a usé de grâce envers
vous.
Au
ch. 5, 1-2,
il y a ce que l’on voit en Christ, cette grâce qui agit dans l’homme et qui
fait qu’il se dévoue à Dieu, quoi que ce soit en faveur d’autres. Il en
est de même en nous et cette dévotion du cœur vers Dieu est la pierre de
touche de l’activité du cœur chrétien.
Au
sujet de la croissance, v.13, remarquons que les
jeunes sont pressés de jouir des privilèges des adultes. Par contre, combien
il est affligeant de voir que trop souvent il leur est égal de prolonger toute
leur vie un état spirituel infantile.
Dans
les v. 22 à 24, de même qu’on quitte un vêtement
pour un autre, nous avons dépouillé le vieil homme et revêtu le nouvel homme.
Le vêtement de quelqu’un ne passe pas inaperçu. Quel est le nôtre aux
yeux de tous? Remarquons à la fin du ch. 4,
et au début du ch. 5, les trois
personnes divines qui sont là:
-
le
Saint Esprit au v. 30
- Dieu au ch. 5, 1
- Jésus au ch. 5, 2
Reprenons
quelques conséquences pratiques de l’appel. Les deux caractères de
l’appel, à être un seul corps et à être individuellement tel
que Christ dans la gloire, sont réunis depuis le ch. 4,
17 au ch. 5, 21 : il faut marcher
d’une manière digne des deux caractères de notre appel. Le ch. 5
ajoute à ces vérités que nous possédons la vie, l’esprit et la nature
de Dieu. Nous sommes faits lumière et nous pouvons marcher dans l’amour.
Ainsi la conséquence ou la connaissance de l’appel de Dieu est d’une
immense importance pour notre marche. Les exhortations relatives à notre
appel collectif sont au ch. 4, 25 à 32. Le poids est mis sur le fait que nos rapports
seront basés sur Christ et sur l’union des membres de son corps et selon la vérité.
Au sujet du ch. 4, 25, on voit qu’il ne faut pas pardonner à moitié ou ne
pas dire les choses à moitié. Dans la portée de ces exhortations dans un sens
négatif, ce n’est pas maintenir l’unité du corps, mais c’est déshonorer
le témoignage de Dieu. L’unité du corps doit influencer sur nos relations
comme au ch, 5,
21. En étant deux à comprendre l’unité du corps, à l’extrême
même sur toute la terre, il faut être soumis l’un à l’autre, s’exhorter
l’un l’autre, dépouiller le vieil homme. En Col.
3, 5-8, c’est en dépouiller les actes du vieil homme. Le
vieil homme lui est dépouillé, mais il faut en dépouiller les actes.
Quand nous marchons dans l’amour, nous apportons
le parfum de Christ dans nos rapports les uns avec les autres. Et Christ
nous est donné comme modèle à imiter. Encore deux caractères de l’amour: 1)
l’amour descendant quand Christ s’est livré pour nous; 2)
l’amour montant quand son sacrifice à Dieu monte en parfum de bonne odeur.
L’épouse
de Christ et les relations mutuelles.
Les v. 22 et suivants nous montrent les rapports
de Christ avec l’épouse qui sont une forme nouvelle et plus intime d’unité
comme membre de son corps (v. 30). Ces rapports
sont basés sur une relation d’amour avec Christ et cela occasionne des
conséquences pratiques dans notre marche, selon v. 22
et 23. Ainsi nos relations domestiques seront selon Dieu dans la mesure où
nous connaîtrons la relation dans laquelle nous sommes avec Christ. Pour réaliser
sérieusement le mariage chrétien, il nous faut connaître notre union avec
Christ comme son Epoux. Et cette relation de l’épouse avec Christ, que
nous avons en commun avec tous les chrétiens, doit avoir une influence prépondérante
sur notre vie chrétienne. L’épouse c’est: l’attente collective du
Seigneur.
En
Apoc. 22,
16-17 il y aussi ce caractère d’unité sous la forme de l’épouse.
En Apocalypse le Seigneur se présente l’Eglise comme son Epouse. Il est homme
mais il est aussi Dieu et il est l’étoile du matin. Cet astre qui n’éclaire
rien sur la terre mais qui illumine le ciel à son apparition. L’étoile
divine qui va se lever pour nous à l’horizon. En Apocalypse nous avons
l’ensemble de ceux qui lui appartiennent pour lui dire: «Viens». C’est une
attente collective. L’Epouse ne peut exprimer son attente que par l’Esprit.
Des milliers d’enfants de Dieu ne s’occupent pas de cet ensemble et de cette
vérité. Une grande partie de notre faiblesse, dans l’attente de la venue du
Seigneur, vient du manque de jouissance de nos relations avec Lui. Ce qui
produit une attente réelle, c’est l’intensité de désir et la connaissance
du lien qui fait de nous un tout: l’attente individuelle du Seigneur. Il est
aussi dit en Apocalypse: «que celui qui entend dise: viens». C’est
individuel et chaque chrétien est appelé à attendre le Seigneur. Il y a là
un état inférieur de connaissance mais à ceux qui ne comprennent pas la
relation de l’épouse avec l’époux, il est dit: «Que celui qui entende
dise: Viens». Si nous ignorons l’attente collective, le Seigneur fait appel
à notre attente individuelle. Confessons d’une part avec humiliation
l’ignorance de nos relations mais ne nous décourageons pas d’attendre
individuellement le Seigneur.
L’amour:
il est précieux de connaître l’amour dans la relation de Christ avec
l’assemblée et c’est ce qui caractérise la relation entre le mari et la
femme. Puissions-nous sonder l’intimité de nos relations avec Christ.
Dans
les v. 25 et 26, le fait que le Christ s’occupe
de nous en amour, nous purifie et n’opposons pas un obstacle à cette
sanctification et à cette purification dans notre marche. Le Seigneur nous
purifie chacun individuellement mais aussi l’ensemble dans notre passage. L’œuvre
de purification envers l’Eglise ne se terminera que lorsqu’Il se présentera
son épouse glorieuse, v. 27. Ses conseils envers
l’épouse seront pleinement accomplis les conseils de Christ mais aussi les
conseils de Dieu quant à l’unité de sa famille dans son temple et du corps
de Christ. Et si nous avons manqué à notre responsabilité, Christ ne manque
pas à l’accomplissement de ses conseils.
Lecture du chapitre
à commentaires
1 Enfants, obéissez
à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste. 2 «Honore ton père
et ta mère», (c’est le premier commandement avec promesse,) 3 «afin
que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre» [Exode
20:12; Deutéronome 5:16].
4 Et vous, pères, ne provoquez pas vos enfants, mais élevez-les
dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur. 5
Esclaves, obéissez à vos maîtres selon la chair avec crainte et tremblement,
en simplicité de cœur*, comme à Christ, 6
ne servant pas sous leurs yeux seulement, comme voulant plaire aux hommes, mais
comme esclaves de Christ, faisant de cœur la volonté de Dieu, 7
servant joyeusement, comme asservis au Seigneur et non pas aux hommes, 8
sachant que chacun, soit esclave, soit homme libre, quelque bien qu’il fasse,
le recevra du Seigneur. 9 Et vous, maîtres, faites-en de même
envers eux, renonçant aux menaces, sachant que et leur maître et le vôtre est
dans les cieux, et qu’il n’y a pas d’acception de personnes auprès de
lui.
10 Au reste, mes
frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force; 11
revêtez-vous de l’armure complète de Dieu, afin que vous puissiez tenir
ferme contre les artifices du diable: 12 car notre lutte n’est pas
contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités,
contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la [puissance] spirituelle de méchanceté
qui est* dans les lieux célestes. 13
C’est pourquoi prenez l’armure complète de Dieu, afin que, au mauvais jour,
vous puissiez résister, et, après avoir tout surmonté*,
tenir ferme. 14 Tenez donc ferme, ayant ceint vos reins de [la] vérité,
et ayant revêtu la cuirasse de la justice, 15 et ayant chaussé vos
pieds de la préparation de l’évangile de paix; 16 par-dessus
tout, prenant le bouclier de la foi par lequel vous pourrez éteindre tous les
dards enflammés* du méchant. 17
Prenez aussi le casque du salut*, et l’épée
de l’Esprit, qui est la parole de Dieu; 18 priant par toutes sortes
de prières et de supplications*, en tout
temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance et des
supplications** pour tous les saints, et pour
moi, 19 afin qu’il me soit donné de parler à bouche ouverte pour
donner à connaître avec hardiesse le mystère de l’évangile, 20
pour lequel je suis un ambassadeur lié de chaînes, afin que j’use de
hardiesse en lui, comme je dois parler.
21 Mais afin que
vous aussi vous sachiez ce qui me concerne, comment je me trouve, Tychique, le
bien-aimé frère et fidèle serviteur dans le Seigneur*,
vous fera tout savoir: 22 je l’ai envoyé vers vous tout exprès,
afin que vous connaissiez l’état de nos affaires, et qu’il console vos cœurs.
23 Paix aux frères,
et amour, avec la foi, de la part de Dieu le Père et du seigneur Jésus Christ!
24 Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus
Christ en pureté*!
— v. 5: litt.: de votre cœur.
— v. 12: ou: les
[puissances] spirituelles de méchanceté qui sont. — v. 13:
ou: accompli, mené à bonne fin. — v. 16:
ou: brûlants. — v. 17: plutôt
ce qui sauve que le salut en lui-même; comparer
Luc 2:30; 3:6; Actes 28:28.
— v. 18*: litt.: toute
prière et supplication. — v. 18**: litt.:
toute persévérance et supplication.
— v. 21: qui servait Paul, comme servant le Seigneur.
— v. 24: proprement: en
incorruption.
Le
début de ce chapitre indique que les enseignements sont pour les enfants avec
leurs parents, pères et enfants, serviteurs et maîtres, maîtres et
serviteurs. Tout cela ce sont les soins du Saint Esprit. Ainsi le
christianisme élève même des serviteurs à une position que les circonstances
de leur avilissement social ne saurait affecter. Les exhortations pour les
enfants doivent être dans le Seigneur. Et c’est précieux de pouvoir considérer
les enfants qui appartiennent à ceux qui sont dehors et non pas à ce monde
dont Satan est le prince. Ainsi les enfants ont droit à cette précieuse
position d’être l’objet des soins que prodigue l’Esprit Saint à tous
ceux qui sont dans la maison de Dieu. Il est très important de relever le
devoir des enfants envers les parents. C’est le premier commandement auquel
est rattachée une promesse: celle du v. 3. Au v.
4 ce sont les pères qui sont concernés. Les cœurs doivent être engagés
envers eux. Il ne faut pas détruire la puissante garantie pour les enfants
contre le mal qui est dans ce monde.
Cette garantie réside dans le fait que Dieu forme le cœur des enfants autour
de ce centre heureux. Et le père doit veiller là à ce que l’affection des
enfants soit attirée par ce centre et le père doit aussi élever ses enfants
sous le joug de Christ, dans la discipline et sous les avertissements. Il
faut les traiter et les élever comme le Seigneur les élèverait.
Remarquons
dans ces passages que, dans les relations considérées, c’est du côté où
la soumission est due que les exhortations commencent. C’est un caractère du
christianisme dans un monde mauvais où la volonté de l’homme est la
source de tout mal. Le principe de soumission et d’obéissance est le
principe guérissant de l’humanité. Mais il faut y introduire Dieu et le
principe qui gouverne le cœur de l’homme, l’homme pour le bien, c’est
l’obéissance. Se départir de l’obéissance, c’est entrer dans le péché,
et un père qui doit commander et diriger doit le faire en obéissant à Dieu et
à sa Parole, comme Christ qui faisait la volonté de Dieu. Il faut être aussi
soumis l’un à l’autre selon ch. 5,
21. Le point de départ de toute la vie d’un vrai chrétien c’est
l’obéissance, selon 1 Pi. 1, 2. Et quant à l’esclave, quelle élévation, faisant la
volonté de Dieu selon notre v. 6. Cela fait
toute la différence de la condition d’un pauvre esclave. Le maître lui-même
avait dans le ciel le même maître que l’esclave, un maître auprès duquel
il n’y a pas d’égard à l’apparence des personnes (v.
9). Et c’est aux maîtres que l’apôtre donne ce dernier
rapprochement, car le christianisme est délicat dans tout ce qu’il déploie
et qui ne fausse jamais ses principes. Il est beau de voir la manière dont la
doctrine divine entre dans tous les détails de la vie et jette le parfum de la
perfection dans toutes les relations.
Ceci
étant posé, relevons maintenant que le chrétien a des ennemis à combattre.
Ce sont les v. 10 et suivants, bien connus. Pour
le chrétien ces combats sont contre les principautés et les autorités, bref,
cette puissance spirituelle de méchanceté dans les lieux célestes. Et si
nous faisons un parallèle avec Israël, on voit que nous sommes dans le désert
mais aussi dans les lieux célestes, ayant passés le Jourdain, étant morts et
ressuscités avec Christ. Et pour jouir de cette position, le combat est devant
nous et nous voulons en jouir d’une manière pratique. Et pour jouir de cette
position, pour y mettre le pied, il faut la force du Seigneur. Et c’est de
cela dont il est question au v. 10. L’ennemi est rusé et il s’agit
de faire face à ce stratagème. Il faut s’armer de la panoplie de l’armure
complète de Dieu et nos regards sont d’abord dirigés en haut, car c’est
dans l’intimité des conseils de la grâce de Dieu que l’homme se fortifie
pour le combat auquel il ne saurait échapper. Puis il faut l’armure complète
car le manque d’une seule pièce nous expose à Satan de ce côté là. Quant
aux ennemis à combattre, ils ont comme caractère d’être des principautés
et des autorités, de posséder une énergie de mal dont la source et la volonté
dominent ceux qui ne savent pas comment lui résister. Ces êtres ont aussi de
la force pour faire valoir cette volonté. Ils tiennent leur énergie de Dieu,
mais ils l’ont abandonnée. La
source de leurs actions est dans leur propre volonté. C’est une
action indépendante de Dieu. Ce sont des principautés et des autorités. Il y
en a aussi qui sont bonnes et la volonté de celles-ci n’est que celles de
faire ce que Dieu veut. Les principautés et autorités rebelles abritent les
ténèbres de ce monde. Et ce monde qui n’a pas la lumière de Dieu est
dans les ténèbres et les démons y gouvernent. Dieu n’est pas en cela
si ce n’est qu’il tient le pouvoir suprême en toutes choses, faisant tout
tourner à sa gloire et en résultat aux biens de ses enfants. Ces principautés
dominent donc dans ce monde mais elles sont dans les lieux célestes et sont
occupées là avec une méchanceté spirituelle et exécutent une influence
spirituelle comme ayant la place de Dieu. Ces puissances ont aussi comme sphère
de leurs exercices, les convoitises de l’homme et même les terreurs de sa
conscience. Pour résister à ces ennemis il faut donc l’armure de Dieu.
Et quand ces ennemis se manifestent il y a constitution de ces mauvais jours. Et
ces mauvais jours dans un sens c’est
l’absence actuelle de Christ rejeté et dans cette période, cette puissance
de méchanceté se montre parfois d’une manière plus particulière, cette
puissance se fait parfois sentir plus que d’autres fois. Pour résister contre
ces efforts, il faut tenir ferme. Il faut donc non seulement jouir en paix de
Dieu et des conseils de Dieu, mais il faut maintenir ici-bas le témoignage pur
et sans corruption. Il faut donc vaincre les ruses du diable puisque sa
puissance sur nous est brisée. Si nous résistons aux tentations personnelles
du diable, il s’enfuira de nous. Il sait qu’il a rencontré Christ et que
Christ l’a vaincu. Mais les ruses du diable sont toujours là. Et
remarquons qu’en mettant premièrement la chair de côté, l’ennemi n’a
plus de prise. Et le tout se termine par la prière, c’est-à-dire par
l’expression d’une entière et continuelle dépendance de Dieu dans laquelle
le guerrier chrétien se trouve.
Examinons maintenant ces armes
de Dieu pour les connaître.
Ces armes sont pratiques. Il s’agit ici de résister à l’ennemi et de
maintenir notre terrain contre lui. Devant Dieu nous n’avons pas besoin
d’armure, car Christ lui-même est notre justice et nous sommes la justice de
Dieu en lui. Tout est paix, tout est parfait. Mais dans ce monde nous avons
besoin d’une armure réelle et pratique. Premièrement il faut avoir les reins ceints de la vérité au v. 14.
Les reins sont la place de la force et quand ils sont ceints comme il faut, ils
représentent les affections intimes et les mouvements du cœur. Si Satan prend
possession du cœur alors cette pièce de l’armure ne sera plus apte à
appliquer la vérité aux mouvements les plus intimes, au premier mouvement du cœur.
Et ces reins, il faut les ceindre à tout moment, et cette œuvre se fait avec
Dieu en appliquant la vérité à nos âmes en sa présence et en jugeant
tout en nous par ce moyen. C’est brider notre volonté, c’est faire
jouir au nouvel homme d’une communion non interrompue avec Dieu. C’est
aussi, comme ici, être gardé des attaques de Satan, c’est réprimer de
mauvaises pensées, c’est se juger soi-même, mais c’est aussi l’action de
la vérité qui agit dans la révélation de toutes choses comme elles sont de
ce que Dieu enseigne et de garder ainsi le cœur dans ses pensées divines. Les
reins ceints sont donc une figure communément employée pour représenter un
esprit et un cœur gardé en bon ordre pour la Parole de Dieu et dans la présence
de Dieu.
Dans ce même v. 14,
il y a la cuirasse de la justice.
Nous y trouvons donc une conscience qui n’a rien à se reprocher. Nous savons
que Satan se sert de la conscience pour enlacer l’homme dans ses pièges. Et
si l’on maintien la vérité, on a Satan pour ennemi. Et pour avoir une bonne
conscience et marcher ainsi sans crainte, il faut marcher avec Dieu, pour
l’amour de Dieu, pour l’amour de la justice. Voilà comment obtenir cette
cuirasse et que l’on peut avancer sans crainte face à l’ennemi et l’on
acquiert une bonne conscience devant Dieu par le sang de l’Agneau. Si j’ai
une mauvaise conscience, je suis sans force, je suis fâché contre moi-même et
je m’irrite contre les autres. Quand le cœur est en paix avec Dieu, et
qu’il n’a rien à se reprocher, quand la volonté propre est tenue en échec,
la paix règne dans l’âme, étant tels, nous sommes en paix, réalisant ce
qu’est le Dieu de paix et la paix de Jésus remplit le cœur et nous en
arrivons au v. 15 avec les
pieds qui sont chaussés de cette paix, pour marcher dans l’esprit de
paix. Et en rapport avec toutes ces armes, il y a une arme défensive qui est nécessaire
par-dessus toutes les autres pour que nous soyons capables de tenir devant les
ruses de l’ennemi. Cette arme est pratiquement maintenance dans sa force
pour l’emploi des précédentes: c’est le bouclier de la foi (v. 16),
c’est-à-dire une confiance pleine et entière en Dieu, la conscience de sa grâce
et de sa faveur maintenues dans le cœur. Ici la foi n’est pas simplement la réception
du témoignage de Dieu, mais elle est l’assurance présente du cœur à l’égard
de ce que Dieu est pour nous et une assurance fondée sur le témoignage qu’il
a rendu de lui-même. La foi est la confiance dans son amour et dans sa fidélité
ainsi que dans la puissance, et l’œuvre de l’Esprit est de nous
inspirer de cette confiance et lorsqu’elle existe, les attaques de l’ennemi
et ses efforts pour détruire et affaiblir nos cœurs sont inutiles. Les darhes
tombent dans la terre sans nous atteindre. Alors deux choses sont vivantes
dans nos esprits, le salut et la délivrance de Dieu : c’est le
casque du salut et l’épée de
l’Esprit au v. 17. Oui Dieu est pour nous
et il l’a été quand nous n’avions aucune force, en nous donnant ce salut
quand nous ne pouvions rien. Notre confiance est en Dieu lui-même et le casque
du salut est sur notre tête; nous sommes donc munis de ce qui nous protège
dans notre marche ainsi que dans la confiance pratique en Dieu et dans la
connaissance de Dieu qui en découle. Nous devenons en état de nous servir
des armes offensives, c’est-à-dire de l’épée
de l’Esprit, cette arme c’est donc la Parole de Dieu au v.
17. Et c’est de cette arme que Jésus se servait pour répondre à
l’ennemi. Cette arme place l’homme dans sa vraie position selon Dieu, comme
homme obéissant dans les circonstances où il se trouve. Satan ne peut rien
contre un tel homme et pour résister aux ruses du diable, c’est d’agir
selon la Parole. Et cette épée, c’est l’épée de l’Esprit, c’est-à-dire
que l’intelligence et la capacité de l’homme ne sont pour rien. Et
derrière toute cette armure, il y a un état, une disposition: c’est la dépendance
de Dieu qui s’exprime par la prière: «priant en tout temps» (v.
18). Cette prière est l’expression du besoin de l’homme, du désir
du cœur. Soyons vigilants et diligents pour nous servir de cette arme. Et pour
nous en servir en toute opportunité, la prière est fondée sur l’immense
privilège d’avoir avec Dieu des intérêts communs, soit quant à nous-mêmes,
soit quant à ceux qui sont siens et même quant à la gloire de Christ. L’apôtre
connaît ces besoins et demande avec effusion de cœur l’intercession des
saints.
Au
v. 21 la mission de Tychique était
l’expression de la certitude qu’avait l’apôtre de l’intérêt de
l’amour des Ephésiens qui désiraient avoir de ses nouvelles. Il y a une
preuve touchante de la confiance de l’apôtre et de leur affection. L’apôtre
présente les Ephésiens comme jouissant des privilèges les plus élevés en
Christ. Ils ne sont pas blâmés. Et la dernière chose que Paul avait à placer
devant eux, c’était bien cette armure de Dieu pour repousser les assauts de
l’ennemi et croître en paix vers la tête. Si l’apôtre ne parle pas de
la venue du Seigneur dans cette épître, c’est qu’il suppose les croyants
dans les lieux célestes, et non pas sur la terre, traversant ce monde en
attendant qu’Il vienne les prendre et rendre le bonheur au monde. Ce que les
saints attendent dans cette épître c’est que toutes choses soient réunies
sous Christ, leur vrai chef, selon les conseils de Dieu, les bénédictions sont
dans les cieux, le témoignage dans les cieux, l’assemblée est assise dans
les cieux, le combat est dans les cieux.
Et
pour terminer l’apôtre leur souhaite son souhait d’amour, de paix et de foi
au v. 23. Terminant cette épître, par la salutation tracée de sa main, cette
épître exposait la position et les privilèges des enfants de Dieu et de
l’assemblée dans leur union avec Christ.