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Auteur et date Son but Ses particularités Analyse succincte de son contenu
1. Le
royaume de Babylone dans les chapitres 1 à 8
2. Le
royaume des Mèdes et des Perses dans les chapitres 6, 9, 10, 11 et 12
3. La
Grèce dans ces mêmes chapitres
4. L’empire
romain également dans ces mêmes chapitres
Le royaume de Babylone est
symbolisé dans la statue du chapitre deux ainsi que par les animaux du chapitre
sept. Il y a d’un côté la tête d’or et de l’autre le lion portant des
ailes d’aigles. Il est caractérisé par un pouvoir royal absolu. Sous ce règne,
Jérusalem est prise et détruite. Le peuple est emmené en captivité à
Babylone. Le royaume de Babylone a duré soixante-huit ans, soit dès l’an 608
à 538 av. J.-C.
Le deuxième royaume, celui
des Mèdes et des Perses, est symbolisé dans la statue du chapitre deux
par la poitrine et les bras d’argent. Au chapitre sept,
il l’est par l’ours se dressant sur un côté et ayant trois côtes dans
la gueule. Dans les animaux du chapitre huit,
c’est ce bélier à deux cornes inégales. Ce royaume des Mèdes et des Perses
est caractérisé par un pouvoir royal moins absolu que celui de Babylone. Il y
a un déséquilibre des deux éléments constitutifs. Il y a une conquête dans
trois directions. Dans ses relations avec Israël, Cyrus, roi des Mèdes et des
Perses publie un édit ordonnant aux captifs de Juda de retourner en Palestine.
Darius, fils d’Hystaspe et Artaxerxès dit Longue-Main, font reconstruire le
temple et la ville de Jérusalem. Mais les Juifs ne retrouvent pas leur indépendance.
Ce royaume s’étend de l’an 538 à 331 av. J.-C., soit deux cents sept ans.
Le troisième royaume est la
Grèce, symbolisée au chapitre deux par le ventre et les cuisses d’airain. Au
chapitre sept c’est le léopard ailé à quatre têtes et au chapitre huit
c’est ce bouc ayant une grande corne entre les yeux. Ce royaume de la Grèce
est caractérisé par une grande rapidité dans les conquêtes et par une
domination plus étendue que les deux premiers royaumes. Puis l’empire sera
divisé en quatre parties. Quant à ses relations avec Israël, la Palestine est
envahie plusieurs fois et ravagée par les successeurs d’Alexandre le Grand.
Le plus acharné est Antiochus Epiphane, roi de Syrie. Ce royaume dure de l’an
331 à 168 av. J.-C., soit cent soixante-trois ans.
Le quatrième et dernier
empire est l’empire romain. Ce sont les jambes de fer et les pieds de fer et
d’argile du chapitre deux. C’est la bête effrayante ayant de grandes dents
de fer et des ongles d’airain, portant dix cornes, au chapitre sept. Cet
empire romain est caractérisé par une force brutale, domination de fer s’étendant
à l’orient et à l’occident. Cet empire sera reconstitué après la venue
du Seigneur. Il le détruira lors de son apparition en gloire. Les Romains
occupent la Palestine. Dans leurs relations avec Israël, ils prélèvent un
tribu. Ils crucifient le Messie, détruisent la ville et le temple de Jérusalem
et dispersent les Juifs dans le monde entier. Ce royaume dure de l’an 168 av.
J.-C, jusqu’à la fin.
Remarquons encore que la durée
de chaque royaume est proportionnée à la longueur des parties de la statue
qu’ils représentent.
1
La troisième année* du règne de Jehoïakim,
roi de Juda, Nebucadnetsar, roi de Babylone, vint à Jérusalem et l’assiégea;
2 et le Seigneur livra en sa main Jehoïakim, roi de Juda, et une
partie des ustensiles de la maison de Dieu, et il les fit apporter dans le pays
de Shinhar, dans la maison de son dieu: il fit porter les ustensiles dans la
maison du trésor de son dieu.
3 Et le roi dit à Ashpenaz, chef de ses eunuques,
d’amener d’entre les fils d’Israël, et de la semence royale et d’entre
les nobles, 4 des jeunes gens en qui il n’y eût aucun défaut, et
beaux de visage, et instruits en toute sagesse, et possédant des connaissances,
et entendus en science, et qui fussent capables de se tenir dans le palais du
roi, — et de leur enseigner les lettres et la langue des Chaldéens. 5
Et le roi leur assigna, pour chaque jour, une portion fixe des mets délicats du
roi et du vin qu’il buvait, pour les élever pendant trois ans, à la fin
desquels ils se tiendraient devant le roi.
6 Et parmi eux il y avait, d’entre les fils de
Juda, Daniel, Hanania, Mishaël, et Azaria; 7 et le prince des
eunuques leur donna des noms: à Daniel il donna [le nom de] Belteshatsar, et à
Hanania celui de Shadrac, et à Mishaël celui de Méshac, et à Azaria celui
d’Abed-Nego. 8 Et Daniel arrêta dans son cœur qu’il ne se
souillerait point par les mets délicats du roi et par le vin qu’il buvait; et
il demanda au prince des eunuques [de lui permettre] de ne pas se souiller.
9 Et Dieu fit trouver à Daniel faveur et grâce
auprès du prince des eunuques. 10 Et le prince des eunuques dit à
Daniel: Je crains le roi mon seigneur, qui a prescrit votre nourriture et votre
boisson; car pourquoi verrait-il vos visages plus tristes que ceux des jeunes
gens de votre âge? Et vous exposeriez ma tête auprès du roi. 11 Et
Daniel dit à l’intendant* que le prince des
eunuques avait établi sur Daniel, Hanania, Mishaël et Azaria: 12 Éprouve,
je te prie, tes serviteurs dix jours, et qu’on nous donne des légumes à
manger, et de l’eau à boire; 13 et on regardera, en ta présence,
nos visages et le visage des jeunes gens qui mangent les mets délicats du roi;
et tu agiras avec tes serviteurs d’après ce que tu verras. 14 Et
il les écouta dans cette affaire, et les mit à l’épreuve, dix jours; 15
et, au bout de dix jours, leurs visages avaient meilleure apparence et étaient
plus gras* que ceux de tous les jeunes gens qui
mangeaient les mets délicats du roi. 16 Alors l’intendant ôta
leurs mets délicats et le vin de leur boisson, et leur donna des légumes.
17 Et à ces jeunes gens, aux quatre, Dieu donna de
la science et de l’instruction dans toutes les lettres et dans toute la
sagesse; et Daniel avait de l’intelligence en toute vision et dans les songes.
18 Et, à la fin des jours où le roi avait dit de les amener, le
prince des eunuques les amena devant Nebucadnetsar; 19 et le roi
parla avec eux, et entre eux tous il n’en fut trouvé aucun comme Daniel,
Hanania, Mishaël et Azaria; et ils se tinrent devant le roi. 20 Et
dans toutes les choses qui réclamaient de la sagesse et de l’intelligence*,
au sujet desquelles le roi les interrogea, il les trouva dix fois supérieurs à
tous les devins** [et] enchanteurs qui étaient
dans tout son royaume. 21 Et Daniel fut là jusqu’à la première
année du roi Cyrus.*
v. 1: date: A.C. 607. / v. 11: ou:
à Meltsar. / v. 15: litt.: gras de
chair. / v. 20*: litt.: toute chose de
sagesse d’intelligence. / v. 20**: ou:
scribes, comme Genèse 41:8, 24. / v.
21: date: A.C. 536.
12 À cause de cela, le roi s’irrita et se mit
dans une très-grande colère, et commanda de détruire tous les sages de
Babylone. 13 Et un décret fut promulgué [portant] que les sages
fussent tués; et on chercha Daniel et ses compagnons, pour les tuer. 14
Alors Daniel répondit avec prudence et avec sens à Arioc, chef des gardes du
roi, qui était sorti pour tuer les sages de Babylone; 15 il répondit
et dit à Arioc, le grand officier* du roi:
Pourquoi ce décret est-il si rigoureux de par le roi? Alors Arioc fit connaître
la chose à Daniel. 16 Et Daniel entra et demanda au roi de lui
accorder du temps pour indiquer au roi l’interprétation.
17 Alors Daniel s’en alla à sa maison et fit
connaître la chose à Hanania, Mishaël et Azaria, ses compagnons, 18
pour implorer, de la part du Dieu* des cieux,
[ses] compassions au sujet de ce secret, afin que Daniel et ses compagnons ne
fussent pas détruits avec le reste des sages de Babylone. 19 Alors
le secret fut révélé à Daniel dans une vision de la nuit. Alors Daniel bénit
le Dieu des cieux. 20 Daniel répondit et dit: Béni soit le*
nom de Dieu, d’éternité en éternité! car la sagesse et la puissance sont
à lui, 21 et c’est lui qui change les temps et les saisons, qui dépose
les rois et établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la connaissance
à ceux qui connaissent l’intelligence: 22 c’est lui qui révèle
les choses profondes et secrètes; il sait ce qui est dans les ténèbres, et la
lumière demeure auprès de lui. 23 Toi, Dieu de mes pères, je te célèbre
et je te loue, parce que tu m’as donné sagesse et puissance, et que
maintenant tu m’as fait connaître ce que nous t’avons demandé, nous ayant
fait connaître la chose que réclame le roi*.
24 C’est pourquoi Daniel entra auprès d’Arioc,
que le roi avait établi pour détruire les sages de Babylone; il alla, et lui
parla ainsi: Ne détruis pas les sages de Babylone; conduis-moi devant le roi,
et j’indiquerai au roi l’interprétation. 25 Alors Arioc fit
entrer Daniel en hâte devant le roi, et lui parla ainsi: J’ai trouvé un
homme, des fils de la captivité de Juda, qui fera connaître au roi l’interprétation.
26 Le roi répondit et dit à Daniel, dont le nom était
Belteshatsar: Peux-tu me faire connaître le songe que j’ai vu et son interprétation?
27 Daniel répondit devant le roi, et dit: Le secret que le roi
demande, les sages, les enchanteurs, les devins, les augures, n’ont pu
l’indiquer au roi; 28 mais il y a un Dieu dans les cieux qui révèle
les secrets et fait savoir au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera à la fin des
jours. Ton songe et les visions de ta tête, sur ton lit, les voici:
29 Toi, ô roi,… tes pensées, sur ton lit, sont
montées [dans ton esprit], ce qui doit arriver ci-après; et celui qui révèle
les secrets te fait savoir ce qui va arriver. 30 Et quant à moi, ce
n’est pas par quelque sagesse qui soit en moi plus qu’en tous les vivants,
que ce secret m’a été révélé: c’est afin que l’interprétation soit
connue du roi, et que tu connaisses les pensées de ton cœur.
31 Toi, ô roi, tu voyais, et voici une grande
statue*: cette statue était grande, et sa
splendeur, extraordinaire; elle se tint devant toi, et son aspect était
terrible. 32 La tête de cette statue était d’or pur; sa poitrine
et ses bras, d’argent; son ventre et ses cuisses, d’airain; 33
ses jambes, de fer; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile. 34
Tu vis, jusqu’à ce qu’une pierre se détacha sans mains; et elle frappa la
statue dans ses pieds de fer et d’argile, et les broya; 35 alors
furent broyés ensemble le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or, et
ils devinrent comme la balle de l’aire d’été; et le vent les emporta, et
il ne se trouva aucun lieu pour eux; et la pierre qui avait frappé la statue
devint une grande montagne qui remplit toute la terre. 36 C’est là
le songe, et nous en dirons l’interprétation devant le roi.
37 Toi, ô roi, tu es le roi des rois, auquel le
Dieu des cieux a donné le royaume, la puissance, et la force, et la gloire; 38
et partout où habitent les fils des hommes, les bêtes des champs et les
oiseaux des cieux, il les a mis entre tes mains*
et t’a fait dominer sur eux tous. Toi, tu es cette tête d’or. 39
Et après toi s’élèvera un autre royaume, inférieur à toi; puis un troisième
[et] autre royaume, d’airain, qui dominera sur toute la terre. 40
Et le quatrième royaume sera fort comme le fer. De même que le fer broie et écrase
tout, et que le fer brise toutes ces choses, il broiera et brisera. 41
Et selon que tu as vu les pieds et les orteils en partie d’argile de potier et
en partie de fer, le royaume sera divisé; et il y aura en lui de la dureté du
fer, selon que tu as vu le fer mêlé avec de l’argile grasse; 42
et quant à ce que les orteils des pieds étaient en partie de fer et en partie
d’argile, le royaume sera en partie fort et sera en partie fragile. 43
Et selon que tu as vu le fer mêlé avec de l’argile grasse, ils se mêleront
à la semence des hommes, mais ils n’adhéreront pas l’un à l’autre, de même
que le fer ne se mêle pas avec l’argile. 44 Et dans les jours de
ces rois, le Dieu des cieux établira un royaume qui ne sera jamais détruit; et
ce royaume ne passera point à un autre peuple; il broiera et détruira tous ces
royaumes, mais lui, il subsistera à toujours. 45 Selon que tu as vu
que, de la montagne, la pierre s’est détachée sans mains, et qu’elle a
broyé le fer, l’airain, l’argile, l’argent et l’or, le grand Dieu fait
connaître au roi ce qui arrivera ci-après. Et le songe est certain, et son
interprétation est sûre.
46 Alors le roi Nebucadnetsar tomba sur sa face et
se prosterna devant Daniel, et commanda de lui présenter une offrande et des
parfums. 47 Le roi répondit et dit à Daniel: En vérité, votre
Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des rois, et le révélateur des
secrets, puisque tu as pu révéler ce secret. 48 Alors le roi éleva
Daniel en dignité, et lui fit beaucoup de grands dons, et l’établit
gouverneur sur toute la province de Babylone, et grand intendant de tous les
sages de Babylone. 49 Et Daniel fit une demande au roi, qui établit
Shadrac, Méshac et Abed-Nego sur les services de la province de Babylone. Et
Daniel [se tenait] à la porte du roi.
v. 1: date: A.C. 605. / v. 4: ou:
araméen. / v. 8: litt.: acheter le. /
v. 10: litt.: la chose du roi. / v.
11: chaldéen: Élah, ici,
au pluriel, / voir la note à Esdras 4:24. Les
chapitres 2:4 à 7:28 sont écrits en araméen
et ont toujours: Élah. / v. 15:
ou: chef des gardes. / v. 18: voir
note verset 11. / v. 20: litt.:
son. / v. 23: litt.: la chose du roi.
/ v. 31: ou: image / v. 38: ou: hommes, il a mis entre tes mains les bêtes des champs et les,
etc.
|
Chapitre 1 :
Introduction. Décision de Daniel et réponse de Dieu |
|
Chapitres 2 à 6 |
Le
livre de Daniel a deux parties : l’histoire des empires gentils commençant
avec Nebucadnetsar, la tête d’or. Puis, en second lieu, une vision particulière
de Daniel. Cette vision commence au chapitre sept. Elle signale l’état et les
circonstances des saints en relation avec l’histoire plus amplement révélée
de ces empires. Il est aussi question des jugements qui viennent les mettre tous
de côté en faveur d’Israël. Mais Daniel arrive seulement à la porte du
millénium sans en développer le sujet.
Le
chapitre premier présente la position et le rôle de Daniel. Dans le deuxième,
il y a le songe de Nébucadnetsar, qui consiste en une statue, et son interprétation.
Le temps des nations commence.
Le
livre de Daniel traite du temps où Israël, le peuple de Dieu est assujetti aux
Gentils. La première chose présentée est l’accomplissement de la menace
faite à Ezéchias en Es. 39,
6-7. Le trône de Dieu n’est plus à Jérusalem. La puissance et le royaume
sont transportés au milieu des Gentils. Désormais
Israël, en vertu du jugement de Dieu, n’est plus le peuple de Dieu. Ce
peuple est transporté à Babylone. Il est en captivité. Cependant Dieu ne
l’abandonne pas et approprie ses bénédictions à cet état quel qu’il
soit. Il importait donc aux fidèles d’Israël de connaître l’histoire de
la puissance des Gentils à laquelle le peuple de Dieu était assujetti. Il
fallait connaître le caractère et la conduite de cette puissance et quelle
serait la condition du peuple de Dieu sous son empire. Enfin quel serait
l’effet de ces circonstances pour l’accomplissement des promesses faites à
Israël. Dieu avait ainsi confié à des Gentils la puissance sur la terre. En
tout cela, la gloire de Dieu est en vue et il importait aussi de connaître
quelle serait la conduite des Gentils en rapport avec leur responsabilité quant
au gouvernement de la terre. La conduite d’Israël était donc aussi en vue
sous cette domination.
Les
deux sujets principaux de ce livre sont donc 1) le
caractère et la conduite des quatre monarchies qui remplissent la période
appelée «le temps des Gentils», depuis le moment où Dieu s’est retiré de
Jérusalem, où son trône a cessé d’y être, et où il a transféré aux
Gentils la puissance impériale du monde jusqu’au moment du rétablissement de
ce trône en Israël. 2)
le rapport de ces nations avec Israël, son peuple, pendant la période où ces
nations exercent la suprématie qui leur a été confiée.
En
tout cela le chrétien est informé du train de ce monde, averti des choses qui
ne se voient pas encore. Il s’en sépare, s’en éloigne. De plus il est
tranquille et heureux et il ne sent pas le besoin de livrer son cœur au monde
qui l’entoure car Dieu a d’avance ordonné quel en sera le cours et a révélé
quelle en sera la fin. Nous sommes aussi heureux de ce que Dieu s’entretient
avec nous. Il communique et nous sommes joyeux par cet entretien. Dieu nous
parle. Que cela puisse fortifier notre foi et augmenter la sanctification de nos
âmes de même que notre affermissement!
Les
chapitres un à six
de
ce livre renferment les songes du roi Nebucadnetsar ou les circonstances
survenues au chef de l’empire. Nous y trouvons les grands principes généraux
des monarchies des Gentils ou leurs histoires publiques dans ce monde communiquées
prophétiquement à leurs chefs, manifestées dans leur conduite. Les
six derniers chapitres renferment des communications faites au prophète
lui-même. Elles révèlent non seulement les circonstances de l’histoire de
ces empires, mais ce qu’ils sont aux yeux de Dieu, ainsi que les détails de
leur rapport avec les Juifs et avec le culte célébré au milieu de ce peuple.
Il
est intéressant de voir, au premier chapitre, ce qui caractérise Daniel et
pourquoi il devient dépositaire des voies de Dieu pendant ce temps de la détresse
et de la captivité de son peuple. C’est qu’il refuse de se souiller en
mangeant la nourriture de ce monde. En répondant aux prières de Daniel, Dieu
permet que lui et ses compagnons soient en meilleure santé que tous ceux qui
s’accommodaient aux voies et à la nourriture de ce monde. En un mot Daniel est fidèle en ce qu’il constitue la séparation complète
du monde selon la loi juive, et refuse de se nourrir des viandes de la table
du monarque, conduite en apparence condamnable, mais Dieu répond pleinement à
sa foi. Ce fait est donné comme base de
l’introduction de toutes les révélations de ce livre. Il en est de même
pour nous. C’est la séparation du monde qui nous permet de recevoir des
communications de Dieu et c’est par la foi que Dieu nous fait comprendre les révélations
données dans la Parole.
Remarquons
que Daniel connaissait Dieu sous son caractère de «Dieu des cieux».
Au ch. 2,
21, Daniel ne court pas vers le roi pour lui révéler le songe. Non, il
se tourne d’abord avec action de grâces vers Dieu qui l’a exaucé. Et nous
voyons qu’auprès du roi Daniel ne s’élève pas. Il se cache pour ainsi
dire derrière la gloire de Dieu. C’est quand nous nous anéantissons complètement
que nous sommes élevés. Car si Daniel disparaît, Dieu lui-même se manifeste
en lui. Quant à l’interprétation du songe, peu de mots suffisent vu les lumières
généralement répandues aujourd’hui sur ce sujet. Tous y reconnaissent les
quatre grandes monarchies que sont celles de Babylone, des Mèdes et des Perses,
des Grecs et de la romaine.
Au
ch. 2,
37-38 c’est le Dieu des cieux qui donne à Nebucadnetsar une domination
universelle, unique, absolue pour la
terre et non sur les mers. Il ne nous est pas dit sur quelle échelle cela a été
réalisé, mais le don en a été fait et cette monarchie est la première qui,
à ce qu’il paraît, ait possédé
cette puissance de la manière la plus pure et la plus absolue, c’est-à-dire
directement de la part de Dieu. Elle était dans la personne de son chef, la tête
d’or.
Le
fer et l’argile, quatrième empire, montrait cet empire dur, mais partagé, résultat
de l’union de l’empire avec des éléments hétérogènes. Il semble que
cette argile, ce fer, étaient les barbares avec ce qui était proprement
romain. Au sujet de cette pierre qui s’est détachée sans mains. remarquons
que c’est uniquement après avoir exécuté le jugement qui brise et détruit
la puissance des Gentils, que Christ établira son royaume qui remplira la
terre, un royaume de justice et de paix, mais précédé par un grand jugement
(ch. 2,
44).
Dans
ces chapitres un et deux,
il y a l’histoire des monarchies sans qu’elles soient caractérisées
moralement devant Dieu et sans que leur conduite nous soit révélée. Les chapitres trois à six feront état de ces caractères moraux et de
la conduite qui s’y rattache. Les
traits qui en sont donnés peuvent déjà être relevés:
Premièrement :
c’est l’idolâtrie à
la puissance civile s’efforçant de soumettre le peuple à la loi d’une unité
religieuse dont cette puissance a établi l’objet, savoir la statue d’or. Deuxièmement: c’est que les chefs de l’empire deviennent
des bêtes, c’est-à-dire qu’ils perdent la conscience de leur relation avec
Dieu au lieu d’être sous sa dépendance selon les lumières du pouvoir
d’en-haut, ce qui est la seule vraie gloire de l’homme. Ayant perdu ces lumières,
l’homme se place au rang des bêtes. Troisièmement:
c’est l’impiété. Elle se montre dans la conduite de la puissance impériale
envers les Juifs et le Dieu des Juifs dont ils déshonorent le nom ainsi que
tout ce qui sert à son culte. Quatrièmement:
c’est l’exaltation de l’homme, le chef de l’empire se faisant Dieu et défendant
qu’on adresse des prières à d’autres qu’à lui seul.
Dans
tous ces cas, l’histoire se termine par l’exaltation du vrai Dieu. Dans
le premier cas, le Gentil reconnaît le Dieu de ceux qui ont préféré
la fournaise à l’idolâtrie. Dans le
deuxième, les Gentils eux-mêmes reconnaissent le Dieu des cieux qui
les a abaissés, qu’ils marchaient dans leur orgueil, orgueil dont Babylone
avait été le centre. Dans le troisième,
le jugement est exécuté contre le roi impie. Dans
le quatrième ce n’est pas seulement le Dieu des cieux qui est proclamé,
mais sa puissance est établie avec autorité. Il est reconnu que son royaume
est celui qui durera à toujours.
Daniel
se distingue des autres prophètes en ce que son livre embrasse tout le temps
des nations, c’est-à-dire la très longue période allant de la
transportation à Babylone jusqu’au rétablissement futur d’Israël sous le
règne de Christ.
La
tête d’or est donc l’empire de Babylone, la poitrine d’argent le royaume
Médo-Perse, le ventre et les cuisses d’airain l’empire grec d’Alexandre
le Grand tandis que les jambes et les pieds représentent l’empire romain.
Nous
distinguons deux classes de Gentils :
1. Ceux qui étaient ennemis
des Juifs lorsque Dieu était avec eux sur la terre et les reconnaissaient
2. Ceux qui seront ennemis
quand Dieu reconnaîtra de nouveau son peuple sur la terre.
La
deuxième classe concerne les Gentils qui oppriment les Juifs pendant le temps où
Dieu a écrit sur eux «Lo-Ammi », c’est-à-dire «pas mon peuple».
Après
avoir envoyé des prophètes et qu’il n’y eut plus de remède, Dieu fut
obligé d’abandonner les Juifs au jugement. Alors il suscita Nebucadnetsar et
le temps des Gentils a commencé. Il a encore son
cours. L’empire a passé de Babylone à la Perse, de la Perse à la Grèce,
et les Juifs étaient esclaves des Romains, des Gentils, lorsque Christ arriva.
Donc deux classes de prophéties quant à ce qui concerne les Gentils, l’une
se rapportant aux ennemis du peuple de Dieu pendant que Dieu reconnaît ce
peuple, l’autre se rapportant aux oppresseurs d’Israël, pendant qu’Israël
est rejeté, et que Dieu ne reconnaît pas ce peuple. Es. 66,
6-14 montre le rétablissement des Juifs. Depuis
ce temps des Gentils Dieu n’a plus son trône sur la terre. C’est pourquoi
en Daniel nous n’avons pas le Dieu de la terre mais le Dieu du ciel. Ezéchiel
montre le jugement sur Jérusalem dont Nebucadnetsar était l’instrument. Géographiquement
l’Assyrien est maintenant la Turquie d’Asie et une partie de la Perse. Mais
dans les derniers jours l’Assyrien apparaîtra sur la scène dans la puissance
russe, selon Ezé. 37, 38. Les
divisions de la Russie et de l’Empire romain ne sont jamais confondues dans
l’Ecriture. De nombreux passages montrent un jugement général des Gentils,
dont Es. 24; Jér. 25; Soph. 3;
Agg. 2, etc.
Au
sujet de la statue, le fer mêlé avec l’argile présente l’état actuel des
choses. La petite pierre détruit tout avant de grandir. Ce qui grandit, c’est
la pierre qui a détruit la statue. Nous avons ici l’arrivée du royaume de
Christ en jugement, et une destruction totale des empires qui ont présenté
l’action de la pierre, action qui s’est exercée sur le dernier empire, et
plus particulièrement sur les pieds de fer et d’argile, dernière forme de la
statue considérée au milieu de sa distribution géographique et de son état,
en partie fort, en partie faible. Dans les pieds de fer et d’argile, il y a,
à n’en pas douter, les éléments germains et latins.
Le
livre de Daniel est particulier en ce qu’il ne s’adresse pas au peuple dans
son ensemble, mais personnellement à Daniel au sujet de ce peuple. Le «Lo-Ammi»
avait résonné à son oreille par la bouche d’Osée, à peu près deux cents
ans auparavant. Pour la vraie intelligence du livre, il faut se pénétrer
de ce «Lo-Ammi», c’est-à-dire: pas mon peuple. Daniel est le prophète des
temps des nations.
Notons
que le chapitre premier de Daniel sert d’introduction à l’ensemble du
livre. Mais ceci n’empêche pas que des principes moraux de toute importance y
soient contenus, principes propres à soutenir la foi en des jours de déclin et
de ruine.
Daniel
signifie
jugement de Dieu.
Hanania
donné de Dieu
Mishaël
qui est ce qu’est Dieu
Azaria
celui que Jéhovah aide
Au
lieu de ces noms suggestifs, le prince des eunuques leur en donne des nouveaux
tirés des idoles de Babylone.
Avec
le deuxième chapitre, la partie prophétique du livre commence. La première
partie prophétique, qui va jusqu’au
chapitre six, traite surtout des caractères et de la condition des grands
empires gentils. C’est pourquoi les songes s’adressent à Nebucadnetsar
et non à Daniel directement, bien que seul Daniel soit capable de les
interpréter. Si Dieu va juger les différents systèmes de ce monde, politique,
sociaux, religieux, il prend soin de le faire savoir longtemps à l’avance.
L’homme est donc sans excuses.
Par
l’étude de ce livre nous apprenons la grande leçon de se conserver pur du
monde. La conduite individuelle de Daniel est la base des révélations de ce
livre. La division des deux parties de ce livre est encore ponctuée par la
langue propre à chacune, c’est-à-dire que depuis le chapitre 2,
4 jusqu’au chapitre 7, 28 le syriaque ou chaldéen est utilisé, tandis que les
chapitres 8
à 12
sont rédigés en hébreu. Le syriaque était familier aux babyloniens. L’hébreu
est la langue des Juifs.
En
avançant dans l’étude de Daniel, nous verrons deux
catégories distinctes de prophètes. Premièrement, ceux qui, comme Esaïe
s’adressent directement à la nation juive encore reconnue de Dieu. Deuxièmement,
ceux qui, comme Daniel, sont revêtus de leur office après qu’elle ait été
rejetée. Les premiers nous parlent surtout de l’Assyrien, et les
derniers de Babylone et des puissances qui lui succèdent. Jér. 25
établit la durée de l’empire babylonien. Le v.
37 de Daniel 2 n’est dit que pour l’empire de Babylone. Le royaume
des Mèdes et des Perses sera inférieur à celui de Babylone en magnificence,
mais non en étendue, puisqu’il dominera sur toute la terre. Cet empire, qui
dure plus longtemps que celui de Babylone, prend fin en 536-533 av.J.-C., écrasé
sous la puissance nouvelle d’Alexandre le Grand dont les livres profanes
racontent la gloire.
Quand
Rome reparaîtra, ce sera dans la condition figurée par les orteils des pieds.
Les dix orteils correspondent aux dix cornes de Daniel chapitre sept.
Les
deux premiers versets de Daniel se relient à la fin du livre des Rois et des
Chroniques, et résument le dénouement de l’histoire des rois de Juda.
4 Et un héraut cria avec force: Il vous est ordonné,
peuples, peuplades, et langues: 5 Aussitôt que vous entendrez le son
du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion, de la
musette, et toute espèce de musique, vous vous prosternerez et vous adorerez la
statue d’or que Nebucadnetsar, le roi, a dressée; 6 et quiconque
ne se prosternera pas et n’adorera pas, sera jeté à l’heure même au
milieu d’une fournaise de feu ardent. 7 C’est pourquoi, au moment
même où tous les peuples entendirent le son du cor, de la flûte, de la
cithare, de la sambuque, du psaltérion, et toute espèce de musique, tous les
peuples, peuplades et langues, se prosternèrent [et] adorèrent la statue
d’or que Nebucadnetsar, le roi, avait dressée.
8 À cause de cela, en ce même moment, des hommes
chaldéens s’approchèrent et accusèrent*
les Juifs. 9 Ils prirent la parole et dirent au roi Nebucadnetsar: 10
Ô roi, vis à jamais! Toi, ô roi, tu as donné ordre que tout homme qui
entendrait le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion,
de la musette, et toute espèce de musique, se prosterne et adore la statue
d’or, 11 et que quiconque ne se prosternerait pas et n’adorerait
pas, serait jeté au milieu d’une fournaise de feu ardent. 12 Il y
a des hommes juifs, que tu as établis sur les services de la province de
Babylone, Shadrac, Méshac et Abed-Nego: ces hommes ne tiennent pas compte de
toi, ô roi; ils ne servent pas tes dieux, et la statue d’or que tu as dressée
ils ne l’adorent pas. 13 Alors Nebucadnetsar, en colère et en
fureur, commanda d’amener Shadrac, Méshac et Abed-Nego; alors on amena ces
hommes devant le roi. 14 Nebucadnetsar prit la parole et leur dit:
Est-ce à dessein, Shadrac, Méshac et Abed-Nego, que vous ne servez pas mon
dieu, et que vous n’adorez pas la statue d’or que j’ai dressée? 15
Maintenant, si, au moment où vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la
cithare, de la sambuque, du psaltérion, de la musette, et toute espèce de
musique, vous êtes prêts à vous prosterner et à adorer la statue que j’ai
faite…; mais si vous ne l’adorez pas, à l’instant même vous serez jetés
au milieu de la fournaise de feu ardent. Et qui est le Dieu qui vous délivrera
de ma main? 16 Shadrac, Méshac et Abed-Nego répondirent et dirent
au roi: Nebucadnetsar, il n’est pas nécessaire que nous te répondions sur ce
sujet. 17 S’il en est [comme tu dis], notre Dieu que nous servons
peut nous délivrer de la fournaise de feu ardent, et il [nous] délivrera de ta
main, ô roi! 18 Et sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas
tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as dressée.
19 Alors Nebucadnetsar fut rempli de fureur, et
l’apparence de son visage fut changée envers Shadrac, Méshac et Abed-Nego.
Il prit la parole et commanda de chauffer la fournaise sept fois plus qu’on
n’était accoutumé de la* chauffer; 20
et il commanda aux hommes les plus vaillants de son armée, de lier Shadrac, Méshac
et Abed-Nego, et de les jeter dans la fournaise de feu ardent. 21
Alors ces hommes furent liés dans leurs caleçons, leurs tuniques, et leurs
manteaux et leurs vêtements, et jetés au milieu de la fournaise de feu ardent.
22 Parce que la parole du roi était rigoureuse et la fournaise extrêmement
chauffée, la flamme du feu tua ces hommes qui avaient fait monter Shadrac, Méshac
et Abed-Nego; 23 et ces trois hommes, Shadrac, Méshac et Abed-Nego,
tombèrent liés au milieu de la fournaise de feu ardent.
24 Alors le roi Nebucadnetsar, consterné, se leva
précipitamment [et] prit la parole et dit à ses conseillers: N’avons-nous
pas jeté au milieu du feu trois hommes liés? Ils répondirent et dirent au
roi: Certainement, ô roi! 25 Il répondit et dit: Voici, je vois
quatre hommes déliés, se promenant au milieu du feu, et ils n’ont aucun mal;
et l’aspect du quatrième est semblable à un fils de Dieu*.
26 Alors Nebucadnetsar s’approcha de l’ouverture de la fournaise
de feu ardent; il prit la parole et dit: Shadrac, Méshac et Abed-Nego,
serviteurs du Dieu Très-haut, sortez et venez! Alors Shadrac, Méshac et
Abed-Nego sortirent du milieu du feu. 27 Et les satrapes, les préfets,
les gouverneurs, et les conseillers du roi, qui étaient assemblés, virent ces
hommes sur le corps desquels le feu n’avait eu aucune puissance: les cheveux
de leur tête n’avaient pas été brûlés, et leurs caleçons n’avaient pas
changé, et l’odeur du feu n’avait pas passé sur eux. 28
Nebucadnetsar prit la parole et dit: Béni soit le Dieu de Shadrac, de Méshac
et d’Abed-Nego, qui a envoyé son ange et a sauvé ses serviteurs qui se sont
confiés en lui, et ont changé la parole du roi, et ont livré leurs corps,
afin de ne servir et n’adorer aucun autre dieu que leur Dieu. 29 Et
de par moi l’ordre est donné qu’en tout peuple, peuplade, et langue,
quiconque parlera mal du Dieu de Shadrac, de Méshac et d’Abed-Nego, sera mis
en pièces, et sa maison sera réduite en un tas d’immondices, parce qu’il
n’y a pas d’autre Dieu qui puisse sauver ainsi. 30 Alors le roi
éleva* Shadrac, Méshac et Abed-Nego dans la
province de Babylone.
v. 1: ou: image. / v. 8: accuser, ici, et 6:24, litt.: manger les morceaux de. / v. 19: litt.: qu’on ne l’avait vue. / v. 25: ou: des dieux; chaldéen: Élah, au pluriel, comme 2:11. / v. 30: élever, élever à de grands honneurs.
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Chapitres 2 à 6 |
Trois
principes dans ces trois premiers chapitres de Daniel: 1) Etre mis à part pour Dieu quoique puisse coûter
cette séparation. 2) Se
reposer complètement sur lui dans les difficultés. 3) Souffrir avec patience pour son nom. Dans le chapitre
trois, il y a le premier péché qui caractérise la puissance des Gentils
ou la puissance qui règne de leur temps. C’est l’idolâtrie.
Au
chapitre quatre, ces empires deviennent des bêtes. Ils agissent comme telles,
cessant d’être soumises et perdent l’intelligence. Les hommes reconnaissent
leur assujettissement à Dieu, pas les bêtes. Au chapitre cinq l’impiété
est manifestée. Et au sixième, le chef de l’empire s’élève pour se faire
Dieu lui-même.
Dans
la deuxième partie (chapitres sept à douze), vient le détail des
circonstances de ces empires et leur relation spéciale avec le peuple de Dieu.
Chapitre
3
Au sujet des v. 1 à 8, les recherches archéologiques indiquent que le monument
de la statue était colossal. Le piédestal fait état d’une gigantesque
statue et tout porte à croire qu’il y a un rapport avec le premier verset.
Nebucadnetsar, rentré victorieux d’une campagne en Egypte, avait sans doute
vu la colossale image de Ramsès le Grand, qui attire encore aujourd’hui les
regards des voyageurs, et voulait la surpasser en magnificence. Il érigea ainsi
dans son propre pays, non en une image de pierre, mais d’or.
Il
présente les grands principes de conduite de la puissance qui domine pendant le
temps des Gentils. L’idolâtrie est la première chose que la puissance civile
établit dans le but de fonder l’unité religieuse. Pour ce faire, le peuple
du vrai Dieu est mis à distance et autre chose vient en substitution. C’est
le grand principe qui caractérise l’empire des Gentils donnant du même coup
l’occasion au peuple de Dieu de manifester leur fidélité. Adorer une
statue, c’est de l’idolâtrie. Satan pousse les puissances civiles à établir
l’unité, afin que tout soit bien uni, et réglé sous sa domination. C’est
ce que fait Nebucadnetsar dans les versets 1 à 3.
Puis au v. 15 : «Maintenant, si, au moment où vous entendrez le son
du cor, de la flûte, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion, de la
musette, et toute espèce de musique, vous êtes prêts à vous prosterner et à
adorer la statue que j’ai faite...; mais si vous ne l’adorez pas, à
l’instant même vous serez jetés au milieu de la fournaise de feu ardent. Et
qui est le dieu qui vous délivrera de ma main?» La
fin de ce verset 15 est une marque d’impiété doublé d’un principe de
blasphème qui a été celui de la bête, de tout temps et en toutes
circonstances, l’idée de la puissance qu’elle possède et qu’elle tient.
Souvenons-nous que le Dieu qui donne la puissance la domine aussi. L’impiété
s’approprie cette puissance. En Hab. 1,
11 elle est devenue son dieu. L’impiété veut s’arroger tous les droits en
dépit de Dieu. Elle se lie immédiatement à l’idolâtrie, à l’unité en
matière de religion, car elle tombe dans les mains de l’ennemi en s’éloignant
de Dieu. Au milieu de cela, Dieu a des serviteurs, des personnes sous sa dépendance,
et il leur envoie des ordres. Si quelqu’un empêche les serviteurs de recevoir
ces ordres, il empiète non seulement sur leurs droits, mais sur ceux de Dieu et
c’est là le grand point. Dieu tirera vengeance de tout cela. C’est
une chose terrible de violer la conscience d’autrui pour satisfaire à sa
propre méchanceté. Mettre les droits de Dieu de côté
comme Nebucadnetsar est un principe blasphématoire qui s’attache aux Gentils
dès le commencement. Voilà le premier acte de cette tête d’or, fondement même
de la puissance des Gentils, qui nous est présenté dans notre chapitre.
Tenir
les peuples soumis et les unir les uns aux autres est effectivement un moyen très
puissant pour exercer une grande influence sur eux. Cette unité est le fruit
d’une puissance civile ou d’une religion. Par conséquent la persécution
atténuée ou marquée est là pour aboutir à ce dessein d’unité. Ceux
qui ne se joignent pas à cette unité idolâtre reçoivent ainsi la sentence
des v. 6, 15, 20, 21, 22, 23, etc. Verset
23 : «Et ces trois hommes, Shadrac, Méshac et Abed-Nego, tombèrent
liés au milieu de la fournaise de feu ardent».
Une
autre conséquence manifestée, qui est l’une des marques de toute cette
puissance des Gentils, c’est l’impiété qui non seulement ne veut
pas respecter la conscience, mais de plus, ne tient pas compte du droit de Dieu.
La conscience est importante sans doute. Mais les droits de Dieu le sont encore
davantage.
Versets 17 à 29 : il est touchant de voir
que Shadrac, Méshac, Abed-Nego ne s’inquiètent de rien. Malgré cette
confiance, ils n’échappent pas à la persécution. Ils subissent l’épreuve.
Dieu permet à Nebucadnetsar d’accomplir tout ce qu’il veut. Plus tard,
Daniel aussi ne sera pas épargné en étant jeté dans la fosse aux lions. Ces
hommes se soumettent entièrement quant au corps mais ne cèdent en rien quant
à l’âme. Dans le feu, ils trouvent le Fils de Dieu (v. 25): le
creuset de l’épreuve est un lieu de rendez-vous. Souvent le résultat de l’épreuve
du chrétien est le débarras de telle ou telle attache … tout comme ces trois
hommes ont été déliés de leurs liens. Ils sont déliés par le feu et seuls
les liens dont le monde avait réussi à les charger, sont brûlés. Nous y
voyons un témoignage immédiat de l’intérêt que Dieu prend à ces pauvres
serviteurs. Leur délivrance pousse la puissance civile à reconnaître que leur
Dieu est un Dieu qui délivre son peuple et qui daigne allier son nom aux leurs.
La réponse de Nebucadnetsar dans les v. 28 et 29 le confirme.
Le
principe du fidèle est donc d’aller jusqu’à livrer son corps afin de ne
servir aucun autre Dieu que son Dieu. C’est ce que réalisent Shadrac, Méshac
et Abed-Nego. Ils représentent le résidu fidèle.
D’autres
pensées de ce chapitre :
Cet acte d’idolâtrie, cette statue, évoque ce qui gouverne le cœur des
hommes. 1) La statue est
en or. Ce métal qui est l’objet d’une universelle vénération. 2) Elle a la forme d’un homme et l’homme
tend à s’adorer lui-même, à se mettre à la place de Dieu. 3) Elle ressemble à l’image de la bête des
temps apocalyptiques, selon Apoc. 13,
15.
ME
1883 (traitant de Dan. 1,
2,
13-23 et ch. 3, 12-30)
Nous y voyons les temps du résidu mis en lumière et ici la séparation, la dépendance,
et la souffrance. Remarquons qu’il y a
une grande analogie entre le temps de Daniel et le nôtre. La ruine et la
confusion régnant autour de nous, provient de ce que l’homme, livré à sa
propre responsabilité, a comme anéanti le témoignage donné de Dieu en sa
faveur sur la terre où son Fils a été rejeté. Dans de tels temps, il
convient de se séparer complètement des choses d’ici-bas.
ME 1921
Puissions-nous retirer des instructions salutaires. Soit quant au caractère
moral du monde que nous traversons, soit quant au chemin que nous avons à
suivre et au témoignage que nous sommes appelés à rendre au milieu de cette génération
corrompue. Par exemple, dans les premiers versets, il est évident que la
musique agit sur les sens et endort la conscience. Les instruments de musique
ont été inventés par les descendants de Caïn.
Nebucadnetsar
représente la puissance mondaine qui ne s’appuie pas sur Dieu. De par sa
position, il s’est estimé comme un objet à ravir d’être égal à Dieu.
En principe, les Juifs qui acceptaient les jugements de Dieu devaient se
soumettre à Nebucadnetsar. Mais il y avait aussi le principe de garder une
bonne conscience devant Dieu. Si l’autorité royale demandait une chose
contraire à Dieu, le peuple de Dieu ne lui devait pas obéissance. Ceci est pénible,
car l’obéissance amène la souffrance, l’épreuve. Et si la puissance du
monde est visible, seule la foi peut
se reposer sur Dieu. La providence de Dieu consume nos liens.
En
Israël Dieu manifestait sa puissance par des délivrances visibles, matérielles,
comme ce fut le cas sous le Pharaon. Mais avec nous il en use tout autrement.
Etant délivrés au point de vue spirituel, nous attendons des cieux son Fils
qui doit venir. En lisant la Parole, nous pouvons nous rendre compte que ceux
qui sont fidèles à Dieu, passent toujours par l’épreuve. L’obéissance à
Dieu et la confiance en Lui ont aussi toujours caractérisés ceux qui sont
moralement et spirituellement près de Lui-même s’ils sont dispersés. Il est
remarquable de considérer d’un côté le pouvoir absolu du roi et d’un
autre côté la patience absolue aussi de ceux qui souffraient pour leur foi.
S’ils s’étaient opposés au roi, c’en était fait d’eux, car Dieu avait
donné le pouvoir à Nebucadnetsar. Mais ils se soumirent à sa sentence tout en
obéissant à Dieu.
*
1 Nebucadnetsar, le roi, à
tous les peuples, peuplades et langues, qui habitent sur toute la terre: Que
votre paix soit multipliée! 2 Il m’a semblé bon de faire connaître
les signes et les prodiges que le Dieu Très-haut a opérés à mon égard. 3
Ses signes, combien ils sont grands! Et ses prodiges, combien ils sont
puissants! Son royaume est un royaume éternel, et sa domination est de génération
en génération. 4 Moi, Nebucadnetsar, j’étais en paix dans ma
maison, et florissant dans mon palais. 5 Je vis un songe, et il
m’effraya, et les pensées que j’avais sur mon lit, et les visions de ma tête,
me troublèrent. 6 Et de par moi fut donné un ordre qu’on amenât
devant moi tous les sages de Babylone pour qu’ils me fissent connaître
l’interprétation du songe. 7 Alors vinrent les devins, les
enchanteurs, les Chaldéens, et les augures; et je dis le songe devant eux, mais
ils ne m’en firent pas connaître l’interprétation; 8 mais, à
la fin, entra devant moi Daniel, dont le nom est Belteshatsar, selon le nom de
mon dieu, et en qui est l’esprit des dieux saints; et je dis le songe devant
lui.
9 Belteshatsar, chef des devins, puisque je sais
que l’esprit des dieux saints est en toi, et qu’aucun secret ne
t’embarrasse, dis-moi les visions du songe que j’ai vu, et son interprétation.
10 Or les visions de ma tête, sur mon lit, [étaient celles-ci]: je
voyais, et voici, un arbre au milieu de la terre, et sa hauteur était grande. 11
L’arbre crût et devint fort, et sa hauteur atteignit jusqu’aux cieux, et on
le voyait jusqu’au bout de toute la terre. 12 Son feuillage était
beau et son fruit abondant, et en lui il y avait de la nourriture pour tous;
sous son ombre se tenaient les bêtes des champs, et dans ses branches
habitaient les oiseaux des cieux; et de lui toute chair se nourrissait. 13
Je voyais, dans les visions de ma tête, sur mon lit, et voici un veillant, un
saint, descendit des cieux. 14 Il cria avec force, et dit ainsi:
Abattez l’arbre et coupez ses branches, faites tomber son feuillage et
dispersez son fruit; que les bêtes s’enfuient de dessous lui, et les oiseaux,
de ses branches. 15 Toutefois, laissez dans la terre le tronc de ses
racines, avec un lien de fer et d’airain [autour de lui], dans l’herbe des
champs; et qu’il soit baigné de la rosée des cieux, et qu’il ait, avec les
bêtes, sa part à l’herbe de la terre; 16 que son cœur d’homme
soit changé, et qu’un cœur de bête lui soit donné; et que sept temps
passent sur lui. 17 Cette sentence est par le décret des veillants,
et la chose, par la parole des saints, afin que les vivants sachent que le Très-haut
domine sur le royaume des hommes, et qu’il le donne à qui il veut, et y élève
le plus vil des hommes. 18 Ce songe, moi, le roi Nebucadnetsar, je
l’ai vu; et toi, Belteshatsar, dis-en l’interprétation, puisque tous les
sages de mon royaume n’ont pas pu me faire connaître l’interprétation;
mais toi, tu le peux, car l’esprit des dieux saints est en toi.
19 Alors Daniel, dont le nom est Belteshatsar, fut
stupéfié pour une heure environ, et ses pensées le troublèrent. Le roi prit
la parole et dit: Belteshatsar, que le songe et son interprétation ne te
troublent pas. Belteshatsar répondit et dit: Mon seigneur! que le songe soit
pour ceux qui te haïssent, et son interprétation pour tes ennemis. 20
L’arbre que tu as vu, qui croissait et devenait fort, et dont la hauteur
atteignait jusqu’aux cieux, et qu’on voyait de toute la terre, 21
et dont le feuillage était beau et le fruit abondant, et qui avait de la
nourriture pour tous, sous lequel habitaient les bêtes des champs, et dans les
branches duquel demeuraient les oiseaux des cieux: 22 c’est toi, ô
roi, qui t’es agrandi et es devenu puissant; et ta grandeur s’est accrue et
atteint jusqu’aux cieux, et ta domination, jusqu’au bout de la terre. 23
Et quant à ce que le roi a vu un veillant, un saint, descendre des cieux et
dire: Abattez l’arbre et détruisez-le; toutefois laissez dans la terre le
tronc de ses racines, avec un lien de fer et d’airain [autour de lui], dans
l’herbe des champs, et qu’il soit baigné de la rosée des cieux, et qu’il
ait sa part avec les bêtes des champs jusqu’à ce que sept temps passent sur
lui, — 24 c’est ici l’interprétation, ô roi, et la décision
du Très-haut, ce qui va arriver au roi, mon seigneur: 25 On te
chassera du milieu des hommes, et ta demeure sera avec les bêtes des champs, et
on te fera manger l’herbe comme les bœufs, et tu seras baigné de la rosée
des cieux, et sept temps passeront sur toi, jusqu’à ce que tu connaisses que
le Très-haut domine sur le royaume des hommes, et qu’il le donne à qui il
veut. 26 Et quant à ce qu’on a dit de laisser le tronc des racines
de l’arbre, ton royaume te demeurera, quand tu auras connu que les cieux
dominent. 27 C’est pourquoi, ô roi, que mon conseil te soit agréable;
et romps avec tes péchés par la justice, et avec ton iniquité, par la
compassion envers les affligés, si ce peut être un prolongement de ta paix.
28 Tout cela arriva au roi Nebucadnetsar. 29
Au bout de douze mois, il se promenait sur le palais du royaume de Babylone. 30
Le roi prit la parole et dit: N’est-ce pas ici Babylone la grande, que j’ai
bâtie pour être la maison de mon royaume, par la puissance de ma force et pour
la gloire de ma magnificence? 31 La parole était encore dans la
bouche du roi, qu’une voix tomba des cieux: Roi Nebucadnetsar, il t’est dit:
32 Le royaume s’en est allé d’avec toi; et on te chassera du
milieu des hommes, et ta demeure sera avec les bêtes des champs; on te fera
manger de l’herbe comme les bœufs, et sept temps passeront sur toi, jusqu’à
ce que tu connaisses que le Très-haut domine sur le royaume des hommes et
qu’il le donne à qui il veut. 33 Au même instant la parole
s’accomplit sur Nebucadnetsar: il fut chassé du milieu des hommes, et il
mangea de l’herbe comme les bœufs, et son corps fut baigné de la rosée des
cieux, jusqu’à ce que ses cheveux fussent devenus longs comme [les plumes] de
l’aigle, et ses ongles, comme ceux des oiseaux.
34 Et à la fin de ces jours, moi, Nebucadnetsar,
j’élevai mes yeux vers les cieux, et mon intelligence*
me revint, et je bénis le Très-haut, et je louai et magnifiai celui qui vit éternellement,
duquel la domination est une domination éternelle, et dont le royaume est de génération
en génération; 35 et tous les habitants de la terre sont réputés
comme néant, et il agit selon son bon plaisir dans l’armée des cieux et
parmi les habitants de la terre; et il n’y a personne qui puisse arrêter sa
main et lui dire: Que fais-tu? 36 Dans ce temps-là, mon intelligence*
me revint, et, pour la gloire de mon royaume, ma magnificence et ma splendeur me
revinrent, et mes conseillers et mes grands me cherchèrent, et je fus rétabli
dans mon royaume, et ma grandeur fut extraordinairement augmentée. 37
Maintenant, moi, Nebucadnetsar, je loue et j’exalte et je magnifie le roi des
cieux, dont toutes les œuvres sont vérité, et les voies, jugement*,
et qui est puissant pour abaisser ceux qui marchent avec orgueil.
— v. 34, 36: litt.:
connaissance. — v. 37: juste jugement.
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Chapitres 2 à 6 |
Il y a, dans ce chapite, un
nouveau songe de Nebucadnetsar. C’est cet arbre élevé qui domine toute la
terre (v. 10) : «Or les visions de ma tête,
sur mon lit, étaient celles-ci: je voyais, et voici, un arbre au milieu de la
terre, et sa hauteur était grande, etc.». Un
grand arbre est toujours le symbole d’un personnage très puissant sur la
terre. Nous y reconnaissons Nebucadnetsar (v.
22) dont Dieu lui avait confié la puissance et l’avait béni,
temporellement, extrêmement. La conséquence est que le roi est emparé par
l’orgueil et cela malgré les avertissements qui faisaient suite à
l’interprétation de son songe précédent avec la prédiction express de ce
qui allait lui arriver. Le cœur s’aveugle par les choses que les yeux voient.
Cette vision présente
un autre caractère de la statue, le caractère de la puissance des Gentils.
Au ch. 3 il y avait le caractère
de l’unité d’une religion extérieure. Ici l’homme s’élève dans son cœur.
En effet, du moment où Dieu, dans sa providence, élève l’homme, l’homme
s’élève dans son cœur. Alors tout est perdu.
C’est la portée de ce
second caractère des bêtes par rapport aux voies de Dieu.
Le v.
30 indique combien l’homme s’élève, combien il est coupable devant
Dieu. Que ce soit dans une position d’obéissance lorsque les Juifs n’étaient
pas «Lo-Ammi», ou dans une position de se voir confier le pouvoir, comme
Nebucadnetsar, la conséquence est toujours la même, elle est coupable. Incontinent l’homme est changé en bête et perd complètement la
raison. Une bête peut être puissante, énorme,
plus forte qu’aucun homme, faire preuve de beaucoup de sagacité dans sa
conduite, mais elle regarde en bas. Il n’y a
pas pour elle de conscience dans sa conduite, il
n’y a point de relation connue entre elle et Dieu. Nebucadnetsar est donc
là avec les bêtes, ayant perdu la raison. Ce qui élève véritablement
l’homme, c’est d’être soumis, de rechercher la volonté de Dieu. Mais du
moment qu’il dit : «J’ai bâti», alors il prend le caractère d’une
bête. Ce qui était véritablement élevé en lui est perdu.
Versets 36 et 37 : l’effet de tout cela consiste en ce que
Dieu est glorifié. Il en est toujours ainsi. Tel
est l’effet des jugements de Dieu sur la puissance des Gentils. Si nous
ne voyons pas de relations de Dieu avec le résidu, comme au ch. 3, en Shadrac, Méshac et
Abed-Nego, nous voyons par contre que l’orgueil de la puissance terrestre est
abaissé. L’Eternel a le dessus sur celui qui
croit être le plus fort (cf Ex. 18,
11). C’est le grand principe de notre chapitre. Ce chapitre qui montre
donc le principe de la mauvaise conduite de la puissance des nations. Cette
puissance s’élève contre Dieu, descend au niveau de la bête dans son
intelligence, elle est jugée. Un temps passe sur elle. Enfin elle reconnaît
Dieu, c’est-à-dire que la puissance souveraine des Gentils est livrée à un
état de folie et est privée de toute vraie intelligence pendant la période
complète de son existence impériale. Après cela elle reconnaît Dieu.
Autres pensées sur ce chapitre :
Si le ch. 3 nous donnait le premier
caractère des Gentils, c’est-à-dire l’unité d’une religion extérieure,
le quatrième en donne le deuxième caractère
des Gentils, c’est-à-dire l’élévation du cœur de l’homme.
Au v.
4, le roi se croyait en paix, mais la vie d’un homme n’est pas dans
ses biens. Pour l’arracher à cette fausse sécurité, Dieu lui envoie un
songe au v. 5. Bien que l’inquiétude est
souvent un signe du travail de Dieu dans une conscience, le roi se confie
d’abord aux devins (voir 2 Tim. 3, 9) avant de faire intervenir Daniel, en qui il discerne
l’esprit des dieux saints, selon v. 8 et 18.
Seul l’esprit de Dieu peut expliquer la Parole de Dieu. Ce grand arbre, figure
du roi, représente aussi le monde en général. Comme Daniel, n’ayons pas
peur de dire la vérité au monde. Ainsi la patience de Dieu a accordé douze
mois au roi pour rompre avec ses péchés. Mais l’orgueil n’a fait que croître.
Au v. 30 on peut dire que le roi lui-même donne
le signe de son désastre. Il n’a pas fini de parler que la sentence divine
tombe du ciel. A la lecture du v. 37, nous voyons
tout le changement opéré dans le cœur de cet homme. Il reconnaît le
bien-fondé de la solennelle leçon
qu’il a apprise. Dieu arrive à bout avec l’homme le plus orgueilleux
mentionné dans la Parole.
Ces sept temps ont aussi comme
portée prophétique la repentance des nations. Dans le v.
27: «C’est pourquoi, ô roi, que mon conseil te soit agréable; et
romps avec tes péchés par la justice, et avec ton iniquité, par la compassion
envers les affligés, si ce peut être un prolongement de ta paix». Nous y
avons un des plus beaux traits de la vie de Daniel, celui de pouvoir
s’exprimer d’une telle façon au monarque.
Comme conclusion, lisons le
Ps. 2,
10 : «Et maintenant, ô rois, soyez intelligents».
7 Le roi cria avec force d’amener les
enchanteurs, les Chaldéens et les augures. Le roi prit la parole et dit aux
sages de Babylone: Quiconque lira cette écriture et m’en indiquera
l’interprétation sera revêtu de pourpre, et [aura] une chaîne d’or autour
de son cou, et sera le troisième gouverneur dans le royaume. 8 Alors
arrivèrent tous les sages du roi, mais ils ne purent lire l’écriture ni
faire connaître au roi l’interprétation. 9 Alors le roi
Belshatsar fut extrêmement troublé, et il changea de couleur; et ses grands
furent bouleversés. 10 La reine, à cause des paroles du roi et de
ses grands, entra dans la maison du festin. La reine prit la parole et dit: Ô
roi, vis à jamais! Que tes pensées ne te troublent pas, et ne change pas de
couleur: 11 il y a un homme dans ton royaume, en qui est l’esprit
des dieux saints; et, aux jours de ton père, de la lumière, et de
l’intelligence, et une sagesse comme la sagesse des dieux, ont été trouvées
en lui; et le roi Nebucadnetsar, ton père, — ton père, ô roi, l’a établi
chef des devins, des enchanteurs, des Chaldéens, des augures, 12
parce qu’un esprit extraordinaire, et la connaissance et l’intelligence pour
interpréter les songes et pour expliquer les énigmes et pour résoudre les
problèmes difficiles, ont été trouvés en lui, en Daniel, à qui le roi a
donné le nom de Belteshatsar. Que Daniel soit donc appelé, et il indiquera
l’interprétation.
13 Alors Daniel fut introduit devant le roi. Le roi
prit la parole et dit à Daniel: Es-tu ce Daniel, l’un des fils de la captivité
de Juda, que le roi, mon père, a amenés de Juda? 14 Et j’ai
entendu dire de toi que l’esprit des dieux est en toi, et que de la lumière,
et de l’intelligence, et une sagesse extraordinaire se trouvent en toi. 15
Et maintenant, les sages, les enchanteurs, ont été amenés devant moi, afin
qu’ils lussent cette écriture et m’en fissent connaître l’interprétation,
et ils n’ont pu indiquer l’interprétation de la chose*.
16 Et j’ai entendu dire de toi que tu peux donner des interprétations
et résoudre les problèmes difficiles. Maintenant, si tu peux lire l’écriture
et m’en faire connaître l’interprétation, tu seras vêtu de pourpre, et tu
auras une chaîne d’or autour de ton cou, et tu seras le troisième gouverneur
dans le royaume.
17 Alors Daniel répondit et dit devant le roi: Que
tes présents te demeurent, et donne tes récompenses à un autre. Toutefois je
lirai l’écriture au roi, et je lui en ferai connaître l’interprétation. 18
Ô roi*, le Dieu Très-haut donna à
Nebucadnetsar, ton père, le royaume, et la grandeur, et l’honneur, et la
majesté; 19 et, à cause de la grandeur qu’il lui donna, tous les
peuples, les peuplades et les langues, tremblaient devant lui, et le
craignaient; il tuait qui il voulait, et il conservait en vie qui il voulait; il
exaltait qui il voulait, et il abaissait qui il voulait. 20 Mais
quand son cœur s’éleva et que son esprit s’endurcit jusqu’à
l’orgueil, il fut précipité du trône de son royaume, et sa dignité lui fut
ôtée; 21 et il fut chassé du milieu des fils des hommes, et son cœur
fut rendu semblable à celui des bêtes, et sa demeure fut avec les ânes
sauvages; on le nourrit d’herbe comme les bœufs, et son corps fut baigné de
la rosée des cieux, jusqu’à ce qu’il connut que le Dieu Très-haut domine
sur le royaume des hommes, et qu’il y établit qui il veut. 22 Et
toi, son fils Belshatsar, tu n’as pas humilié ton cœur, bien que tu aies su
tout cela. 23 Mais tu t’es élevé contre le Seigneur des cieux; et
on a apporté devant toi les vases de sa maison, et toi et tes grands, tes
femmes et tes concubines, vous y avez bu du vin; et tu as loué les dieux
d’argent et d’or, d’airain, de fer, de bois et de pierre, qui ne voient,
et n’entendent, et ne comprennent point; et le Dieu en la main duquel est ton
souffle, et à qui appartiennent toutes tes voies, tu ne l’as pas glorifié. 24
Alors a été envoyée de sa part l’extrémité de la main, et cette écriture
a été tracée. 25 Et voici l’écriture qui a été tracée: MENÉ,
MENÉ, THEKEL, UPHARSIN*! 26 Voici
l’interprétation des paroles. MENÉ: Dieu a compté ton royaume, et y a mis
fin. 27 THEKEL: Tu as été pesé à la balance, et tu as été trouvé
manquant de poids. 28 PÉRÈS: Ton royaume est divisé, et donné aux
Mèdes et aux Perses.
29 Alors Belshatsar donna des ordres*,
et on vêtit Daniel de pourpre, et [on mit] une chaîne d’or à son cou, et on
proclama qu’il serait le troisième gouverneur dans le royaume. 30
En cette nuit-là, Belshatsar, roi des Chaldéens, fut tué. 31 Et
Darius, le Mède, reçut le royaume, étant âgé d’environ soixante-deux ans.
v. 1: date: A.C. 538, environ. / v. 2: litt.: goûtait. / v. 15: ou: des paroles. / v. 18: litt.: Toi, ô roi. / v. 25: Compté, compté, pesé et divisé. / v. 29: litt.: dit.
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Chapitres 2 à 6 |
Dans ce chapitre, le royaume est donné aux
Mèdes et aux Perses. Nous y trouvons un troisième caractère des Gentils, le
caractère de l’impiété totale. Les deux précédents
caractères étaient celui de l’unité
d’une religion extérieure (ch. 3) et celui
de l’homme qui s’élève dans son cœur (ch. 4).
Le roi
Belshatsar fait un festin et commande qu’on lui apporte les vases d’or et
d’argent que Nebucadnetsar son père, a tiré du temple qui était à Jérusalem,
selon v. 2 et 3. Ici ce troisième caractère de
l’iniquité des Gentils, développé avec plus de détails, c’est l’impiété totale, cause
immédiate de la destruction de la puissance de Babylone. L’impiété,
qui, dès le début forme le caractère de la bête, est vue ici sous cette
autre et troisième forme. L’impiété est toujours en rapport avec les Juifs,
même lorsqu’ils sont entre les mains des Gentils, parce qu’il s’agit du
Dieu de la terre, d’un Dieu exerçant son gouvernement sur la terre et non pas
de l’espérance de l’Eglise dans le ciel. En Lam. 2, 7 déjà, tous les
signes extérieurs de sa présence et de sa gloire sont entre les mains des
Gentils, de son chef.
Les v
.1 à 4 présentent une (belle) image du monde sans Dieu. Quant au
jugement de Babylone, il avait été prédit cent cinquante ans auparavant par
Esaïe (cf Es. 44,
28 et 45, 1). Au v.
6, n’avons-nous pas une image de ceux qui pourront dire: «Trop
tard» ?. Les caractères de la Babylone de Nebucadnetsar
et de Belshatsar se retrouvent dans l’Apocalypse comme traits moraux de
la Babylone spirituelle, dont la formation avance si rapidement (voir Luc 16, 29 et Jean 12,
48).
En
Belshatsar, nous avons le type de la conduite finale du chef de Babylone:
l’impiété ouverte qui comprend l’idolâtrie, l’élévation du cœur de
l’homme, mais par-dessus tout un acte immédiat qui déshonore le vrai Dieu,
le Dieu qui, par son châtiment, a livré lui-même son peuple entre les mains
des méchants. Au moment où le chef de l’empire s’élève contre le Dieu
des Juifs, par cette impiété totale, une main d’homme écrit ce qui nous est
rapporté dans les v. 5, 25 et
suivants.
Versets
7 à 12 : les
devins, etc, ne peuvent pas fournir l’interprétation. On fait alors appel à
Daniel qui rapporte, dans les v. 17 à 28, ce
qui a caractérisé Nebucadnetsar et ce qui caractérise Belshatsar. Le jugement
est mûre. Il tombe sur Belshatsar. Son royaume est détruit.
Si le
temps de Nebucadnetsar était marqué par la persécution des fidèles (ch. 3), celui de son fils
Belshatsar se distingue au contraire par l’indifférence
religieuse, l’abondance facile, la recherche des plaisirs. Notre
période actuelle ressemble beaucoup à celle de Belshatsar. Si les
croyants ne sont plus persécutés dans nos pays, Dieu est outragé d’une
autre manière et nous en avons l’image dans ce festin. Comme
Daniel et la reine-mère, tenons-nous à l’écart, loin de la fête
joyeuse qui bat son plein et où s’étourdit un monde profane.
Dans
les v. 13 à 31, pour la troisième fois, Daniel
entre en scène afin d’interpréter la pensée de Dieu. Daniel ne prend plus
aucun ménagement pour annoncer l’effondrement. Belshatsar n’a pas tenu
compte du témoignage de son père (v. 22), et
Daniel ne peut que lui traduire la sentence irrévocable. Au sujet de ce «Mené,
mené, compté, recompté», c’est comme si le Dieu juste vérifiait avec soin
son addition avant la décision finale (comp. avec Gen. 18, 21).
L’histoire
relate comment Cyrus, le Perse, ayant détourné le cours de l’Euphrate, qui
traverse Babylone, s’est servi de son lit asséché, pour s’introduire dans
la ville avec ses soldats, à la faveur de la nuit, et de l’orgie du palais.
Veillons et soyons sobres pour ne pas être surpris à la venue du Seigneur.
Si
Nebucadnetsar, orgueilleux, insensé, fut arrêté dans sa coupable voie par le
Dieu des cieux, Belshatsar est laissé libre de poursuivre sa voie jusqu’aux
limites irrémédiables. Impie et profane, lil est cause de sa propre ruine et
de la chute de Babylone.
Au sujet de Belshatsar, de fait il était le petit-fils de Nebucadnetsar. Dans les paroles de Daniel, aucune grâce. C’est que la longue patience et les appels de Dieu avaient été foulés aux pieds par Belshatsar et son peuple. L’heure de la rétribution avait sonné.
4 Alors les présidents et les satrapes cherchèrent
à trouver dans [l’administration du] royaume quelque sujet d’accusation
contre Daniel; et ils ne pouvaient trouver aucun sujet d’accusation ni aucune
faute, parce qu’il était fidèle; et aucun manquement ni aucune faute ne se
trouva en lui. 5 Et ces hommes dirent: Nous ne trouverons dans ce
Daniel aucun sujet d’accusation, à moins que nous n’en trouvions contre lui
à cause de la loi de son Dieu. 6 Alors ces présidents et ces
satrapes s’assemblèrent en foule auprès du roi, et lui parlèrent ainsi: Roi
Darius, vis à jamais! 7 Tous les présidents du royaume, les préfets
et les satrapes, les conseillers et les gouverneurs, ont tenu conseil ensemble
pour établir un statut royal et mettre en vigueur une défense, [portant] que
quiconque fera une demande à quelque dieu ou à quelque homme que ce soit,
durant trente jours, excepté à toi, ô roi, sera jeté dans la fosse aux
lions. 8 Maintenant, ô roi, établis la défense, et signe l’écrit
afin qu’il ne soit pas changé, selon la loi des Mèdes et des Perses, qui ne
peut être abrogée. 9 À cause de cela, le roi Darius signa l’écrit
et la défense.
10 Or Daniel, quand il sut que l’écrit était
signé, entra dans sa maison; et, ses fenêtres étant ouvertes dans sa chambre
haute, du côté de Jérusalem, il s’agenouillait sur ses genoux trois fois le
jour, et priait, et rendait grâce devant son Dieu, comme il avait fait
auparavant. 11 Mais ces hommes s’assemblèrent en foule et trouvèrent
Daniel qui priait et présentait sa supplication devant son Dieu. 12
Alors ils s’approchèrent et dirent devant le roi, touchant la défense du
roi: N’as-tu pas signé une défense, [portant] que tout homme qui, durant
trente jours, ferait une demande à quelque dieu ou à quelque homme que ce fût,
excepté à toi, ô roi, serait jeté dans la fosse aux lions? Le roi répondit
et dit: La chose est certaine, selon la loi des Mèdes et des Perses, qui ne
peut être abrogée. 13 Alors ils répondirent et dirent devant le
roi: Daniel, qui est d’entre les fils de la captivité de Juda, ne tient pas
compte de toi, ô roi, ni de la défense que tu as signée, mais il fait sa requête
trois fois par jour. 14 Alors le roi, quand il entendit ces paroles,
en fut fort affligé, et il pensa avec sollicitude à Daniel afin de le sauver,
et jusqu’au coucher du soleil il s’efforça de le délivrer. 15
Alors ces hommes s’assemblèrent en foule auprès du roi, et dirent au roi:
Sache, ô roi, que c’est la loi des Mèdes et des Perses, qu’aucune défense
ou statut que le roi a établi, ne peut être changé. 16 Alors le
roi donna des ordres, et on amena Daniel, et on le jeta dans la fosse aux lions.
Le roi prit la parole et dit à Daniel: Ton Dieu que tu sers continuellement,
lui, te sauvera.
17 Et une pierre fut apportée et mise sur
l’ouverture de la fosse, et le roi la scella de son cachet et du cachet de ses
grands, afin que l’intention à l’égard de Daniel ne fût pas changée. 18
Alors le roi s’en alla dans son palais, et il passa la nuit en jeûnant, et ne
voulut pas qu’on lui amenât des concubines*;
et son sommeil s’enfuit loin de lui.
19 Ensuite le roi se leva avec l’aurore, au point
du jour, et s’en alla en hâte à la fosse aux lions. 20 Et comme
il approchait de la fosse, il cria à Daniel d’une voix triste. Le roi prit la
parole et dit à Daniel: Daniel, serviteur du Dieu vivant, ton Dieu, que tu sers
continuellement, a-t-il pu te délivrer des lions? 21 Alors Daniel
parla au roi: Ô roi, vis à jamais! 22 Mon Dieu a envoyé son ange
et a fermé la gueule des lions, et ils ne m’ont fait aucun mal, parce que
devant lui l’innocence s’est trouvée en moi, et devant toi non plus, ô
roi, je n’ai rien fait de mal. 23 Alors le roi fut très-joyeux et
dit qu’on tirât Daniel de la fosse. Et Daniel fut tiré de la fosse, et aucun
mal ne fut trouvé sur lui, parce qu’il s’était confié en son Dieu. 24
Et le roi donna des ordres, et on amena ces hommes qui avaient accusé Daniel,
et on les jeta dans la fosse aux lions, eux, leurs enfants*
et leurs femmes; et ils n’étaient pas parvenus au fond de la fosse, que déjà
les lions se rendirent maîtres d’eux et leur brisèrent tous les os.
25 Alors le roi Darius écrivit: À tous les
peuples, peuplades et langues, qui habitent sur toute la terre! Que votre paix
soit multipliée! 26 De par moi l’ordre est donné que, dans tous
les gouvernements de mon royaume, on tremble devant le Dieu de Daniel et on le
craigne; car il est le Dieu vivant, et il subsiste à jamais, et son royaume est
[un royaume] qui ne sera pas détruit, et sa domination [durera] jusqu’à la
fin. 27 Il sauve et il délivre, et il opère des signes et des
prodiges dans les cieux et sur la terre: c’est lui qui a sauvé Daniel de la
puissance des lions.
28 Et ce Daniel prospéra pendant le règne de
Darius et pendant le règne de Cyrus, le Perse.
v. 18: quelques-uns: de la nourriture; d’autres: des instruments de musique. / — v. 24: litt.: fils.
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Chapitres 2 à 6 |
Un quatrième principe du mal est mis en évidence dans ce chapitre. Il existait
parmi les nations au milieu de cette puissance des Gentils. Il existe encore. Ce
principe met le comble à toute
cette iniquité. Ce n’est pas seulement l’impiété qui déshonore Dieu, c’est
l’homme qui s’élève et qui se met à la place de Dieu lui-même.
Tout cela soit fort triste. La
puissance des Gentils, par l’intervention de Dieu, est admise à le reconnaître
(cf v. 14). Ceci se vérifie chaque fois que des
fidèles sont mis à l’épreuve. Les v. 25 à 28
le confirment bien.
Au v.
27 : le Dieu de Daniel, c’est le Dieu du résidu fidèle des
Juifs. C’est toujours la délivrance des Juifs, du résidu juif qui est la
manifestation publique de la pensée de Dieu sur la terre. Voilà donc le vrai
Dieu reconnu par la délivrance de son peuple, des Juifs. et en même temps par
les jugements qu’il exécute au temps voulu sur ceux qui s’élèvent contre
lui. Dans les caractères de ces hommes, il est beau de voir le peuple de Dieu
complètement soumis à la puissance temporelle de ces rois car leur puissance
vient de Dieu. C’est le principe tout simple du
chrétien. Il se soumet. Bien que tenant cette puissance de Dieu, les
Gentils s’en servent pour Satan, étant conduits par ce dernier. Si
Dieu a prononcé le «Lo-Ammi», Daniel parle toujours de ce peuple comme le
peuple de Dieu, parce que la foi reconnaît tous les droits de Dieu.
Quand un juif avait la foi dans le cœur, malgré ces circonstances, Dieu le
reconnaît et cela est extrêmement précieux. Ainsi malgré tout ce que Satan a
fait dans l’Eglise de Dieu, il est impossible que Dieu ne reconnaisse pas la
foi existante, car sinon il perdrait ses droits.
Bien qu’ayant une autre espérance,
nous, chrétiens, sommes dans le temps des Gentils. Plus
nous approchons de la fin, plus Israël gagne en importance. Pour comprendre
les choses de Dieu, il est important de bien pénétrer des caractères du temps
des nations. Tout ce qui prédit l’établissement du royaume de Dieu sur les
ruines causées par la folie de l’impiété de l’homme, car ce flot
croissant amènera très bientôt la malédiction de Dieu sur lui.
Dans ce chapitre, Daniel a environ nonante ans. Dominant les événements et les
personnes, il sert toujours avec la même conscience, que ce soit lors du règne
de Nebucadnetsar le vaniteux, Belshatsar le mondain, ou Darius le faible.
Avec ce chapitre
se termine la partie historique du livre
qui en fait contient beaucoup plus que cela. Dans le récit de ce ch. 6, le fait
historique est dépassé: Darius n’a-t-il pas quelque apparence avec
l’Antichrist, … l’exaltation de l’homme voulant se faire égal à Dieu
est toujours un signe de proche jugement.
Ici Daniel est un type du résidu
juif traversant la période terrible du règne de la bête.
Au sujet de la soumission,
remarquons que Daniel ne respecte pas l’édit, car l’accusation tombait
juste dans ce sens que l’obéissance à Dieu demandait ici l’oubli de tout
le reste. Daniel était d’abord serviteur du Dieu vivant comme le confesse
aussi Darius.
La partie de la statue de Dan.
2,
32 et 39 est inférieure à la précédente, non en étendue, mais par son éloignement
de la source, éloignement caractérisé, ici, par la limitation due à la loi
des Mèdes et des Perses.
Auteur
et date
« Daniel »
signifie « Mon juge est Dieu ». Daniel a été emmené captif à
Babylone par Nebucadnetsar en l’an 605 avant Jésus Christ (2 Rois 24, 1; 2 Chron. 36, 6,7; Dan. 1,
1,2). Daniel, avec d’autres, a été choisi pour assumer, après avoir reçu
une instruction complète, un service à la cour chaldéenne. Daniel, qui
faisait partie des descendants de la maison royale juive, devait avoir moins de
vingt ans au début de sa captivité. Daniel, avec ses trois amis, était fidèle
et ferme. Les premiers chapitres en rendent témoignage. Selon le ch. 2, 48, Daniel a eu des fonctions très importantes sous
Nebucadnetsar. Puis il n’est plus question de lui jusqu’au temps de
Belshatsar qui régnait comme vice-roi en l’absence de Nabonide, son père. A
cette époque, Daniel était déjà un vieillard.
Après la conquête de Babylone par les Mèdes, Daniel faisait partie d’un
triumvirat qui dominait sur les cent vingt satrapes de l’empire médo-perse
(Dan. 6, 2,3). Nous sommes alors en l’an 539-538 av JC. La
dernière date que l’on trouve dans ce livre est celle de la troisième année
de Cyrus le Perse soit l’an 536-535 av JC. Daniel avait donc près de nonante
ans lorsqu’il écrivit ses dernières visions.
Daniel était contemporain d’Ezéchiel qui mentionne trois fois Daniel dans
son livre (Ez 14, 14,20; 28,
3). Daniel connaissait aussi le livre de Jérémie (voir Dan. 9, 2). Daniel est aussi cité par le Seigneur (Matt 25, 15 à cf avec Dan. 11, 31, etc). En Héb. 11, 33, en rapport avec ceux qui fermèrent la gueule
des lions, Daniel en fait partie.
Ce livre a bien-entendu aussi été attaqué par les critiques incrédules dès
le 3ème siècle après JC dont un certain Porphyre de Tyr considère
le livre de Daniel comme étant dû à un Juif du 2ème siècle av
JC. Les commentateurs modernes soutiennent de semblables critiques. La cause de
ces attaques, les mêmes que celles à propos du livre d’Esaïe, ont leur
source dans le fait que les incrédules ne veules pas croire à l’exactitude
des prophéties de ces livres. Pour la foi, il n’y a pas de difficulté car
toutes choses sont révélées aux prophètes par le Seigneur, l’Eternel,
lui-même (cf Amos 3, 7).
Dans la bible hébraïque, Daniel fait partie des
« Ecritures » (ketubim) et pas des prophètes. Les Ecritures
constituent la troisième et dernière partie de l’AT. Daniel y est placé
entre Esther et Esdras. Daniel est écrit en partie en araméen (ch. 2, 4 à 7, 28). C’était la langue administrative des Babyloniens
et des Perses. On peut expliquer cela du fait que Daniel a prophétisé
principalement sur les nations païennes. Israël et Juda fait aussi l’objet
de prophéties de Daniel tout en prenant peu de place. Le grand thème du livre de Daniel est bien connu. Ce sont les quatre
puissances qui ont dominé l’histoire mondiale après la chute de Jérusalem.
Cette domination durera jusqu’à l’apparition de Christ avant le règne de
mille an. Le NT mentionne cette période comme étant le temps des nations (Luc 21, 24). Le Dieu
des cieux et de la terre (Gen. 14, 19) est désormais le
Dieu des cieux et c’est sous ce nom que Dieu est mentionné à quatre reprises
dans Daniel qui le mentionne aussi une fois comme le roi des cieux et une fois comme le Seigneur des cieux. Pendant le temps
des nations, Dieu remet le pouvoir entre les mains des nations païennes en
attendant que Christ domine sur le monde.
Ce livre est utile pour les chrétiens
du temps de la grâce car ce temps, pendant lequel l’Eglise se forme, est
compris dans le temps des nations dans
lesquels nous vivons actuellement. Ce qui est décrit dans le livre de Daniel
est ainsi du plus profond intérêt. Ce livre comprend deux grandes divisions.
Les chapitres 1 à 6 et 7 à 12. La première partie présente d’abord ce qui
concerne un résidu fidèle puis la description des différents évènements
historiques concernant la vie de Daniel avec l’interprétation de songes. La
deuxième partie présente une nouvelle révélation à propos des quatre
empires universels. Cette fois, sous un aspect divin. Le dernier chapitre forme
la conclusion du livre et s’adresse au résidu fidèle.
Des relations évidentes existent entre Daniel et les
révélations du NT touchant l’avenir. Matthieu ch. 24 et 25, ainsi que 2
Thessaloniciens ch. 1 et 2, et bien sûr l’Apocalypse, donnent un complément,
resp une vue plus large des révélations que Daniel a reçu. Il faut considérer
les prophéties dans leur ensemble pour comprendre sobrement et sûrement les événements
futurs.
Ses
particularités
Parmi les particularités de ce livre, mentionnons les septante semaines
du ch. 9, 24 à 27 et l’histoire des quatre empires universels.
Quelques notes:
Les septante semaines
Il y a des indications précises en rapport avec la venue du Messie. Ce sont des
semaines d’années (cf Lév. 25, 8). Trois périodes s’y trouvent. D’abord sept
semaines ou quarante-neuf ans, puis soixante-deux semaines ou quatre cent
trente-quatre ans (49 + 434 = 483), et enfin une semaine ou sept ans, à savoir un
total de 490 ans. Le
point de départ a lieu lors de l’ordre de rebâtir Jérusalem, soit
en 445 av. J.C., sous Artaxerxès (Néh. 2). Puis Daniel mentionne quarante-neuf
ans pendant lesquels, non sans difficultés, Jérusalem fut rebâtie. Le récit
se trouve en partie dans le livre de Néhémie. Puis la période suivante de
soixante-deux semaines conduisent jusqu’au Messie…. avec son retranchement.
Cela se rapporte donc à la mort et à l’ascension de Jésus Christ. Dans la
prophétie, les années prophétiques comptent trois cent soixante jours ce qui
fait un total de 173880 jours (483
x 360). En raison des années
bissextiles, cela fait 476 années de calendrier et on arrive finalement à
l’an 31/32 apr J.C.[1]
Quant à la dernière semaines d’années, elle n’est pas encore accomplie.
Cette dernière semaine commencera après l’enlèvement des croyants de l’époque
de l’Eglise qui constitue une parenthèse dans l’histoire prophétique.
Selon Dan. 9, 27, elle sera divisée
en deux et la deuxième moitié est mentionnée plusieurs fois et sous différentes
formes dans l’Apocalypse (12, 14 à cf avec Dan. 7, 25; 11, 2; 13, 5; 11, 3; 12, 6). En partant du principe selon lequel il s’agit toujours de la même période
de trois ans et demi, on admet que ces années prophétiques comportent douze fois trente jours soit trois
cent soixante jours.
L’histoire des quatre empires
universels
A cet égard, dans les ch. 2 et 7, le Dieu des cieux considère
l’histoire du monde d’un autre point de vue que l’homme. Pour Dieu, Israël
est le peuple le plus important de la terre (Deut. 32, 8 et 9)
et le pays de la Palestine en est le centre ou le nombril de la terre (Ez. 38, 12).
Mais en raison de ses infidélités, Israël est rejeté (Lo-Ammi) et Dieu voit
l’histoire du monde comme la succession de quatre grands empires universels
que sont Babylone, la Perse, la Grèce et Rome. En Dan. 2, ces empires
paraissent sous la forme d’une statue qui est finalement anéantie par une
pierre sans intervention humaine. Et en Dan. 7, le prophète reçoit une vision
de la part de Dieu et décrit ces empires comme des bêtes féroces, sauvages,
sans intelligence et qui, à la fin, subissent leur jugement. Dans ces ch. 2 et
7: Babylone est ainsi représentée par la tête d’or et le lion aux
ailes d’aigles (voir ch. 2, 37 et
38). La Perse par la poitrine et les bras d’argent ainsi que par
l’ours (voir ch. 5, 28 et 6, 1). La Grèce par le ventre et les cuisses
d’airain ainsi que par le léopard (voir ch. 8, 20 et 21). Rome par les jambes de fer et les pieds
de fer et d’argile ainsi que par une bête avec dix cornes (voir Apoc. 13, 1; 17, 3,7,12).
Ce dernier empire était en place lors de la première venue de Christ puis elle
a disparu au Moyen Age mais selon Apoc. 17, 8 elle renaîtra puis sera anéantie
avec les autres nations avant le Millénium (Dan. 2, 44-45; 7, 11-14;
Apoc. 13; 19, 19-21, etc).
Analyse
succincte de son contenu
(à venir)
[1]
Selon une source plus ancienne,
l’ordre d’Artaxerxès fut donné en 445 av J.C. Si l’on soustrait 483
ans, on arrive à l’an 28 apr. J.C.